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interviewC dans l'air· 13 octobre 2021 4 min

L'atome revient à la mode dans les discours, Jadot et Mélenchon font figure d’exceptions 12.10.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Dans un début de campagne présidentielle où la majorité des candidats se dit en faveur de l'atome, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot font figure d'exception. Alors pour se faire entendre, l'un comme l'autre tente de marquer les esprits sur la sécurité de nos centrales.

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Jean-Luc Mélenchon

Ici nous sommes à Paris, n'est-ce pas ? Bien. Il y a une centrale nucléaire, où est-elle ? En amont de Paris, du fleuve, la Seine. C'est la centrale de nos gens. Si un jour il y avait un problème, parce que les autres disaient qu'il n'y aura jamais de problème, eh bien ce jour-là, qu'est-ce que vous avez prévu, grand cerveau, pour faire face à cette situation ? A déplacer 12 millions de personnes ?

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Présentateur

Un futur potentiellement cataclysmique pour Jean-Luc Mélenchon, quand Yannick Jadot lui martèle qu'il faut tirer les leçons du passé. Le nucléaire est dangereux, il y a quand même eu Fukushima. Enfin on ne va pas oublier qu'un réacteur nucléaire, ça peut péter. Que reste-t-il aujourd'hui du traumatisme de Fukushima et de son onde de choc mondial ? A l'époque, le mouvement anti-nucléaire a le vent en poupe, et accueille des convertis de fraîches dates, comme Jean-Luc Mélenchon. Mais pour Yannick Jadot, l'engagement vient de beaucoup plus loin.

Lorsqu'il était porte-parole de Greenpeace, et que l'ONG menait des actions notamment contre des convois de déchets nucléaires, transportés à travers la France.

1:17
Invité

Nous avons pu, en février 2003, arrêter en plein chalon-sur-Saône un convoi de plutonium pendant plusieurs heures, sans qu'il n'y ait aucun dispositif de sécurité qui se soit révélé efficace. Les autorités publiques en matière de sûreté nucléaire ont montré que ce type de convoi ne résistait pas à des armes anti-chars, qui sont maintenant largement utilisées par les gangsters quand il s'agit de fourgons transportant de l'argent.

1:43
Présentateur

17 ans après, le débat autour des déchets radioactifs est toujours aussi vif. Pas plus tard que ce matin, Greenpeace déployait cette banderole pour dénoncer l'envoi d'uranium usagé vers la Russie, alors que la France s'était engagée à ne plus le faire depuis 2010. De quoi donner au camp écologiste matière à mobiliser l'opinion publique.

2:05
Invité

Le bilan du nucléaire, c'est déjà qu'on importe le combustible. La France ne produit pas d'uranium. Et ensuite, on ne sait pas gérer les déchets. Quand vous avez une durée de vie de 10 à 100 000 ans, rendez-vous compte qu'on a inventé l'écriture il y a 5 000 ans seulement. C'est ça l'héritage du nucléaire. C'est des déchets que nous légons aux générations futures et qui pourront demain peut-être empoisonner les nappes phréatiques. C'est hors de question.

2:31
Présentateur

Mais à l'approche d'une présidentielle pourtant décisive en matière de choix énergétiques pour les prochaines décennies, les opposants historiques à l'atome ont bien du mal à se faire entendre. Pour eux, la bataille se joue surtout en coulisses face à un lobby du nucléaire particulièrement actif en ce moment, d'après cette association.

2:49
Invité

Quand, par exemple, vous avez EDF qui incite tous les salariés d'un site nucléaire à voter dans le cadre d'un plébiscite pour la construction de nouveaux réacteurs organisés par les élus locaux d'une communauté de communes vers le Tricastin dont le président est un ancien EDF, ça c'est un lobby à l'œuvre. Ces lobbies ont des entrées, ces lobbies existent, ils ont des moyens considérables et des moyens que nous, associations, nous n'avons pas du tout.

3:24
Présentateur

Le site du Tricastin dans la Drôme, une centrale vieillissante au cœur d'une lutte d'influence pour y développer un réacteur nouvelle génération, les fameux EPR, une décision qui devrait être prise après l'élection présidentielle.