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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 3 juin 2026 4 min

Déjeuner d’Annie Genevard en présence de Xenia Fedorova : Laurence Rossignol interpelle l'exécutif

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, si vous êtes là, tous, enfin presque tous, au banc du gouvernement, c'est parce que les Français, par deux fois, en 2022 et en 2024, ont voté pour que notre pays ne tombe pas entre les mains de l'extrême droite. C'est parce que nous avons, avec mes collègues socialistes aussi, refusé le chaos. Pas par soutien à la politique de votre gouvernement, loin de là, mais parce que que nous savons que le chaos ne profite jamais à la République.

Et nous apprenons qu'une de vos ministres se rend chez le patron du groupe de presse totalement dévoué à l'extrême droite et à son élection. Quelle idée jeune avec une propagandiste de Poutine, qu'il ne lui vient même pas l'idée de se demander si elle est bien à sa place et de quitter la table ? Vous avez traité cette affaire comme une anecdote.

Or, ce n'est pas une affaire anecdotique, c'est une affaire symptomatique. Symptomatique à la fois bien sûr de la collusion entre le groupe Bolloré et la Russie, symptomatique de la porosité entre une partie de la droite, peut-être même dans votre gouvernement et l'extrême droite. C'est ça dont nous voulons parler aujourd'hui monsieur le Premier ministre.

Alors j'ai trois questions à vous poser. Comment comptez-vous être fidèle à l'équation qui vous a donné votre légitimité ? Quelle valeur morale entendez-vous développer pendant les dix mois à venir ?

Et enfin, quelle politique économique, sociale, environnementale allez-vous présenter aux Français pour préparer le pays qui va être soumis à une confrontation inédite et majeure dans laquelle la République sera menacée par une extrême droite désormais convertie au trumpisme et soumise à la Russie Pour vous répondre, la parole est à la ministre déléguée porte-parole du gouvernement, madame Maude Préjean Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, madame la Pour commencer, je voudrais être extrêmement claire. Personne ne peut suspecter Annie Gennevar d'avoir la moindre connivence avec l'Union des droites que vous pointez dans votre question. Et l'insinuer, comme vous l'avez fait, est un manque de respect vis-à-vis de l'ensemble de son parcours, de l'ensemble de son engagement, y compris par ailleurs contre son propre parti politique.

C'est pas très sérieux de votre part. Je commencerai par le dire, encore une fois, très simplement. Et ensuite, je crois que la manière dont nous avons discuté, notamment avec vous, Madame la Sénatrice, et avec vos obologues socialistes à l'Assemblée nationale depuis la nomination du Premier ministre, démontre précisément le contraire de ce que vous relatez dans votre question.

Nous n'avons pas de majorité, nous l'avons bien noté, il fallait donc trouver des groupes avec qui discuter, nous avons fait le choix et ça nous a d'ailleurs été reproché de discuter avec les socialistes et non avec leur rassemblement national. Et il s'agit d'être extrêmement clair là-dessus, d'ailleurs tout le monde devrait l'être, tout le monde devrait l'être, et l'ensemble, toute la manière dans laquelle on On travaille depuis le départ, précisément parce qu'on a refusé toutes les discussions, toute connivence possible avec le Rassemblement national, démontre de la sincérité de notre engagement. Et la manière dont vous incriminez indirectement le gouvernement et indirectement une ministre, n'est pas à la hauteur du travail qui a été mené des principes et des valeurs que nous avons portés depuis plusieurs Madame la Ministre, vous n'avez pas répondu à ma question qui était de savoir comment vous alliez mobiliser les Français contre l'extrême droite, vous vous êtes justifié très mal, vous avez défendu une ministre qui ne mérite pas d'être défendue et je n'aurai pas la cruauté de répondre à l'indigence de votre réponse.