Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, condamne les excuses "pathétiques" du gouvernement après le piratage "cataclysmique" du fisc
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Vous êtes le président du groupe socialiste au Sénat et à ce titre, vous venez de réclamer une commission d'enquête parlementaire sur ces piratages à grande échelle.
- 0:45OuverteRéponse directe
Alors, on loue généralement les sénateurs pour leur calme. Est-ce que vous êtes en colère ?
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Patrick Cannaire, vous demandez donc, avec les sénateurs socialistes, une commission d'enquête parlementaire.
- 4:59OuverteRéponse directe
Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, annonce un audit approfondi. Mais là, à court terme, qu'est-ce qu'on fait ? La prévention ? La répression ? On travaille sur la lutte via la technologie ? Parce que, si ça se répète, il va falloir agir très, très vite.
- 6:44OuverteRéponse directe
Patrick Caner, un mot de politique. Vous êtes sénateur socialiste. Vous êtes resté proche de François Hollande. Tous les partis la font leur rentrée, notamment à gauche. Ce sera le cas dans quelques jours pour l'EPS. On apprend ce matin que Raphaël Glucksmann pourrait se déclarer candidat à la présidentielle dimanche. Vous voyez comment cette annonce a venir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58Invité politiqueFait
« Je suis surtout en colère pour les Français et quelque part, à travers ma demande, celle de mon groupe, nous voulons donner aux Français les explications auxquelles ils ont droit. »
- 1:15Invité politiquePromesse
« C'était assez pathétique, pour ne pas dire frisant le ridicule, au regard de la gravité exceptionnelle de la situation, et annoncer hier une troisième attaque en quatre jours. »
- 1:49Invité politiqueFait
« La situation est dramatique, elle est cataclysmique. »
- 4:06Invité politiquePromesse
« Et aujourd'hui, les explications de l'État ne sont pas suffisantes. »
- 5:12Invité politiquePromesse
« Ça va se répéter. »
Temps de parole
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Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les services informatiques de l'Etat sont-ils devenus des passoires à l'intérieur desquels les cybercriminels s'infiltrent à volonté ? La question se pose vraiment, elle est très inquiétante parce que nous pouvons, toutes et tous, en être les victimes collatérales. Après les données du FISC, celles du ministère de l'Éducation, on a appris hier soir de la bouche même du ministre de l'Action des Comptes Publics, David Amiel, qu'une troisième fuite, concernant cette fois les successions, avait eu lieu avant d'être stoppé. Le ministre a présenté ses excuses. Bonjour Patrick Cannaire. Bonjour M. Boutok.
Vous êtes le président du groupe socialiste au Sénat et à ce titre, vous venez de réclamer une commission d'enquête parlementaire sur ces piratages à grande échelle. Alors, on loue généralement les sénateurs pour leur calme. Est-ce que vous êtes en colère ?
Écoutez, je suis surtout en colère pour les Français et quelque part, à travers ma demande, celle de mon groupe, nous voulons donner aux Français les explications auxquelles ils ont droit. J'ai écouté, comme vous, les excuses de M. Amiel. Je ne doute pas de sa sincérité, mais permettez-moi quand même de dire sur votre antenne que c'était assez pathétique, pour ne pas dire frisant le ridicule, au regard de la gravité exceptionnelle de la situation, et annoncer hier une troisième attaque en quatre jours, notamment sur ce qu'on appelle les successions vacantes, c'est-à-dire les successions où il n'y a pas d'héritier connu ou pas d'héritier du tout.
Ça signifie simplement que ceux qui ont piraté disposent des adresses d'appartements, peut-être de maisons, aujourd'hui qui peuvent être cambriolées, tout simplement, sans qu'il y ait de risques particuliers pour celui qui commettrait cette infraction. Donc, oui, la situation est dramatique, elle est cataclysmique. L'État a failli, l'État a failli et a créé de fait une crise de confiance entre des centaines de milliers, des millions de Français et les services publics de l'État, notamment le service public du fisc, à qui on peut quand même faire confiance. C'est un service intrusif, nous le savons tous, mais nécessaire pour, je dirais, les grands équilibres financiers du pays.
Et ce service a été hacké par, effectivement, ce groupe Zero Bytes, groupe français, entre guillemets, étranger, on n'en sait rien à ce stade, mais connu, puisque vous-même, si j'ai bien compris, à RTL, vous avez réussi à les contacter.
Alors oui, justement, notre journaliste Jonas Chabas, elle nous le raconte ce matin, a réussi à entrer en contact assez facilement, d'ailleurs, via une messagerie cryptée avec eux. Ce qui est frappant, c'est qu'ils disent qu'ils vont continuer, qu'ils vont recommencer et continuer à vendre ces données. Ça, c'est encore plus inquiétant, sans doute.
Bien sûr, vous avez parlé des tapassoirs, c'est le hashtag qui fait floresse actuellement sur les réseaux sociaux. Le ministre et M. Lecornu, dans le cadre d'une cellule interministérielle de crise qui a eu lieu le 17 août, ont demandé des sécurisations complémentaires, notamment à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, ce qu'on appelle l'ANSI, mais excusez-moi, mais c'est le boulot de l'ANSI, que de sécuriser d'ores et déjà, et pas pour demain, les services informatiques de l'État les plus sensibles.
Je vous rappelle quand même que dans la DGFIP, on a votre identité, vos revenus, les patrimoines, la composition des foyers fiscaux, le patrimoine immobilier, la situation fiscale des uns et des autres, notamment des entreprises. Donc, ce sont des informations vendables pour des escrocs, voire même pour des puissances étrangères. Et d'ailleurs, un des éléments de demande de ma commission d'enquête parlementaire au Sénat, c'est de savoir si ce sont des individus isolés qui vendent, entre guillemets, leur savoir-faire, ou s'il y a des puissances étrangères qui sont, je dirais, mobilisées dans ce type de dossier. Et donc, c'est une vérification à obtenir.
Et aujourd'hui, les explications de l'État ne sont pas suffisantes. Et donc, puisqu'elles ne sont pas suffisantes, le Parlement, dans son rôle constitutionnel de contrôle de l'action de l'exécutif, peut engager une commission d'enquête. C'est la demande que j'ai formulée dès le 15 août auprès de Gérard Larcher. Je ne vous cache pas qu'il n'y a à ce stade pas de réponse, mais j'espère qu'elle sera entendue, cette demande, et que, dès le mois de septembre, même avant, la commission des finances, qui est compétente en la matière, puisse se transformer en commission d'enquête. Les sénateurs, certes, sont renouvelables en septembre. Une moitié d'entre eux est renouvelable en septembre.
Nous sommes en élection sénatoriale. Mais d'ici là, rien n'empêche les sénateurs, notamment les non-renouvelables, de pouvoir prendre leurs responsabilités. En tout cas, c'est ce que je demande.
Patrick Cannaire, vous demandez donc, avec les sénateurs socialistes, une commission d'enquête parlementaire. Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, annonce un audit approfondi. Mais là, à court terme, qu'est-ce qu'on fait ? La prévention ? La répression ? On travaille sur la lutte via la technologie ? Parce que, si ça se répète, il va falloir agir très, très vite.
Mais, vous évoquez, si ça se répète... Ça va se répéter. Ça va se répéter. Ça va se répéter. Et Zero Bytes laisse entendre que, voilà, ils ont encore d'autres informations à lâcher après leurs différents hackages opérés avec succès. Et là aussi, c'est une demande que nous faisons. C'est quelle chronologie des événements ? Comment cela a pu se faire ? Est-ce qu'il y a eu des diagnostics de faits ?
Le fait, par exemple, que des serviteurs de l'État, des fonctionnaires, puissent rentrer dans des sites sécurisés et très sensibles, sans double identification, comme vous et moi, nous pouvons faire l'objet de cette double identification quand on veut accéder à nos comptes bancaires, eh bien, on nous envoie un code pour vérifier que c'est bien nous qui sommes demandeurs. Eh bien, ça n'existe pas aujourd'hui dans l'administration centrale française, notamment dans la Direction Générale des Finances Publiques. Ce n'est pas un scandale. Mais c'est quand même, si vous voulez, totalement anormal au regard de l'évolution des technologies. Donc, oui, l'État a failli.
Et aujourd'hui, le Parlement n'a pas d'autorité pour modifier le fonctionnement de l'État, bien évidemment. Mais il a une responsabilité, encore une fois, c'est de faire la clarté et de permettre aux Français de savoir comment cela a pu être possible. Et c'est en posant un bon diagnostic qu'on pourra trouver de bonnes solutions. Et aujourd'hui, on est plutôt dans le mea culpa, mais un mea culpa qui traduit une forme d'impuissance qui est fortement coupable au niveau de l'État.
Patrick Caner, un mot de politique. Vous êtes sénateur socialiste. Vous êtes resté proche de François Hollande. Tous les partis la font leur rentrée, notamment à gauche. Ce sera le cas dans quelques jours pour l'EPS. On apprend ce matin que Raphaël Glucksmann pourrait se déclarer candidat à la présidentielle dimanche. Vous voyez comment cette annonce a venir. Est-ce que ça peut être l'homme providentiel pour la gauche et le PS ?
Vous savez, nous avons voté, enfin les socialistes ont voté le 9 juillet dernier pour choisir le type de primaire qu'ils souhaitaient mettre en œuvre. Ce choix donc a été très largement majoritaire, même s'il a été un choix opposé à celui préféré par le premier secrétaire Olivier Faure. Mais Olivier Faure met en œuvre la décision, ce qui est bien normal dans un parti démocratique, met en œuvre la décision des socialistes. Nous allons délibérer des conditions de cette primaire qui devra avoir lieu mi-octobre, le 25 août prochain, dans ce qu'on appelle chez nous le Conseil national du Parti socialiste, c'est-à-dire le Parlement du Parti socialiste.
Je pense que Raphaël Glucksmann, qui a été très associé aux conditions de cette mise en œuvre, de cette primaire, je pense, est satisfait. Et donc il y a une logique, effectivement, à ce qu'il soit candidat à cette primaire. Avec d'autres, si j'ai bien compris, ça dépendra des critères d'éligibilité qui seront prévus en la matière. Mais vous savez que chez nous, Jérôme Guède, Philippe Brun, Céline Royale...
Et peut-être François Hollande, et peut-être François Hollande.
François Hollande, je pense, ne participera pas à cette primaire. Il l'a dit, il se prépare plutôt pour la fin de l'année, voire le début de l'année 2027. Mais ça n'en veut rien à la démarche démocratique que nous allons engager. Et Raphaël Glucksmann, pour répondre à votre question, est évidemment dans la solution. Il est dans la solution. Et cette solution, il faudra à un moment donné qu'elle soit totalement incarnée. Nous sommes au premier stade de la démarche. Il avait dit, je me prononcerai dans les trois mois. Nous sommes dans les trois mois, avec un élément qui est pour nous majeur, à gauche.
Et c'est pour ça que je suis un peu étonné de la démarche qui a été engagée par Mme Tondelier. Mais la gauche démocratique, pour les écologistes, l'enjeu pour la gauche démocratique, ce qu'on appelle parfois la sociale, la démocratie, mais surtout la gauche européenne, progressiste, non révolutionnaire, entre guillemets, mais réformiste, c'est de savoir si elle est capable d'être devant Jean-Luc Mélenchon, qui a représenté la gauche au présidentiel en première position en 2017 et en 2022. C'est le premier enjeu.
Le deuxième enjeu, c'est de savoir se qualifier pour le second tour et ensuite de rassembler pour battre l'extrême droite qui, malheureusement, semble évidente en termes de présence au second tour, ce que je regrette, évidemment. Donc, vous voyez, nous sommes au début d'un processus. Il faut que chacun prenne sa part pour que ce combat démocratique et que la réforme et le progrès puissent l'emporter en avril et mai 2027. C'est ça l'enjeu majeur aujourd'hui. Patrick. Merci.
Patrick Kanner