Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewSud Radio (sur YouTube)· 4 septembre 2026 4 min

"L'immigration économique est inévitable en France" Les 3 minutes pour convaincre de Clément Beaune

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est Clément Bone, le haut commissaire à la stratégie et au plan qui est notre invité sur Sud Radio. Ce matin, nous poursuivons cet entretien avec dans cette deuxième partie votre carte blanche euh Clément Bone et euh vous avez choisi la démographie. Oui, je voulais parler de démographie parce que c'est avec le climat le deuxième grand choc qu'on va devoir affronter dans les années, les décennies qui viennent en France et partout en Europe d'ailleurs, même au-delà.

Euh pour donner un seul chiffre, nous avons 25 % de naissance en moins en 2025 par rapport à 2010. C'est donc une chute extrêmement rapide. On a longtemps pensé que la France était un peu exceptionnelle, qu'elle avait une natalité forte, certes encore un peu plus forte que la moyenne européenne, mais en forte baisse, ça se traduit très concrètement.

Dans les écoles, on a déjà perdu 10 % d'effectif dans le primaire en 10 ans et ce sera 15 % de mo Et quelles seraient vos propositions dans les années qui viennent ? Je pense qu'il faut avoir deux types de réponses. D'abord, si je puis dire, inverser la courbe.

Tout faire pour inverser la courbe, c'est-à-dire essayer de soutenir la natalité par des politiques familiales adaptées. On a fait un travail de comparaison. On a une bonne politique familiale en France, faut le dire.

Non, parce qu'il y a pas de miracle. On ne décrète pas le nombre d'enfants d'ailleurs, heureusement que font les familles ou les Français. Mais on a regardé quand même au plan les méthodes qui marchaient le mieux ou le moins mal ailleurs en Europe.

Ce qu'on voit que ce pas tellement ce ne sont pas tellement les allocations qui déclenchent des projets d'enfants. Ce sont plutôt des politiques d'accompagnement, des places en crèche, des congés de naissance pas trop longs mais bien rémunérés pour aider les parents dans leur organisation. Maintenant, les deux parents travaillent le plus souvent.

Ça veut dire investissement, qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Ça veut dire sans doute que notre niveau d'investissement en politique familiale est assez bon. il reste bien plus important que dans la moyenne européenne, mais qu'il faut qu'il se concentre davantage sur les modes de garde, sur le congé de naissance, ce qui a été fait depuis le 1er juillet avec un congé de naissance va dans la bonne direction.

Mais il faut aussi dire très franchement les choses, même si on fait tout ça, ça va pas suffire et ça ne va certainement pas inverser la courbe très rapidement. Il va pas y avoir un babyibou dans l'année qui vient. Et donc il faut affronter cette courbe.

Ça veut dire que comme tout notre modèle social est fondé sur la démographie, la natalité, les actifs qui finance ce modèle social et bien il faut affronter cette situation. Trois choses essentiellement. Soit comme on est moins nombreux à travailler par rapport à aux années précédentes, il faut être plus productif.

C'est l'IA, c'est la robotique, première piste. Soit il faut travailler collectivement un peu plus dans sa vie. Et c'est la question, il faut l'assumer de l'âge de la retraite.

Il faudra partir en moyenne un peu plus tard. C'est inévitable si on veut sauver notre modèle social et puis c'est la question évidemment sensible de l'immigration économique mais j'insiste que tous les pays européens traitent même ceux qui le cachent un peu comme l'Italie. L'Italie de madame Méloni qui est très ferme sur l'immigration illégale en tout cas qui l'affiche.

C'est 1 million de travailleurs légaux en 5 ans qui ont été accueillis à la demande du patronat d'ailleurs pour compenser la baisse démographique. C'est-à-dire ça veut dire une immigration économique, une politique des quotas. Ça veut dire après les modalités sont un débat politique mais ça veut dire en tout cas qu'avoir de l'immigration économique de travail c'est certainement inévitable en France et en Europe les années qui viennent.

Il y a pas une seule solution. Ce que je dis c'est qu'on peut pas dire à la fois on veut pas toucher à la retraite, on veut pas d'immigration économique et on veut pas des politiques pour être plus productif. On peut pas fermer les trois portes à la fois.

Dans ce que vous entendez, quel est celui parmi les candidats aujourd'hui à la présidentielle qui correspond le mieux à ce que vous venez de définir ? Je reste sur la méthode que j'ai définie. Moi, je donne pas de bons et de mauvais points.

J'ai trouvé en tout cas en écoutant le débat au MEDF que ce [grognement] sujet venait un petit peu mais on peut pas être comme bah moi ce qui m'a inquiété par exemple c'est la position du Rassemblement national qui veut reculer [raclement de gorge] sur l'âge de la retraite. Donc on écarte mais qui veut pas non plus d'immigration, j'écarte personne mais qui veut pas non plus d'immigration économique et qui se prévaut monsieur Orban qui vient de quitter le pouvoir ou de madame Mélonie alors qu'ils ont fait eux-mêmes exactement le contraire. Ils régularisent, ils accueillent de manière organisée des travailleurs étrangers pour compenser cela.

Yeah.