Manon Aubry : Milliardaires «nuisibles», un mot assumé ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Que retiendrez-vous de lui ?
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Il était partisan de la rigueur budgétaire, artisan de la plus grande réforme des retraites. On se rappelle de « Je vous demande de vous arrêter ». Les temps ont bien changé ?
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Ce n'est pas exactement ce que vous faites à la France Insoumise, Manon Aubry.
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Mais on voit bien que votre stratégie, c'est plutôt l'inverse : antagoniser le débat, crisper, anathème, invective.
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Mais l'intérêt des Français c'est aussi de tenir un débat dans leur respect peut-être républicain, maintenant au bruit.
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Quand on voit que lors des universités d'été de la France insoumise, il y a eu une demande d'immigration de l'apologie de terrorisme, la famille traditionnelle s'est pétainiste, l'amitié s'est luttée contre le fascisme, et bien sûr les riches sont nuisibles, on voit que ce n'est pas exactement dans le sens que vous venez d'évoquer.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:37Invité politiqueChiffre
« les 1% les plus riches sont responsables de 2 tiers des émissions de gaz à effet de serre »
- 4:06Invité politiqueChiffre
« 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires »
- 4:25Invité politiqueChiffre
« les 13 000 ménages les plus riches qui ne payent pas un seul euro d'impôt »
- 4:38Invité politiqueChiffre
« on parle de 53 personnes en France »
- 4:54Invité politiqueChiffre
« quand on gagne le salaire médian par mois, c'est-à-dire 2180 euros par mois, il faut, tenez-vous bien, 37 500 ans pour devenir milliardaire »
- 8:49Invité politiquePromesse
« nous ferons en sorte que cette concentration des richesses indécentes qui est faite sur le dos des travailleurs, elle se terminera, notamment avec un héritage maximum à 12 millions d'euros »
- 8:56Invité politiqueChiffre
« Ça ne concerne que 0,01% de la population »
- 11:22Invité politiqueChiffre
« ArcelorMittal, par exemple. 3 milliards d'euros »
- 11:42Invité politiquePromesse
« il faut pouvoir bloquer le prix de l'essence et faire en sorte qu'un certain nombre d'entreprises pétrolières comme totale ne se gavent pas littéralement sur le dos des automobilistes »
- 16:07Invité politiqueFait
« Foutez-leur la paix »
- 17:29Invité politiqueFait
« Fuck Marine Le Pen »
Temps de parole
- Manon Aubry75 %
- Présentateur20 %
- Locuteur 26 %
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Europe 1 La grande interview Europe 1 CNews, Laurence Ferrari Et notre invitée aujourd'hui dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Manon Aubry. Bonjour à vous. Bonjour. Eurodéputée de la France Insoumise, la classe politique rend hommage à Edouard Balladur, ancien Premier ministre décédé à l'âge de 97 ans. C'était un homme d'État. Que retiendrez-vous de lui ? Manon Aubry.
C'était clairement un homme d'État, pas de ma génération, mais de ce que moi j'ai pu voir de lui, ce que ma génération sans doute retiendra de lui, c'est cette grande course de 1995 où il était donné gagnant. Finalement, il n'accède pas au second tour. C'est peut-être une leçon d'humilité que d'aucuns feraient bien de se souvenir à l'aune de la nouvelle campagne présidentielle.
Vous avez raison. En tout cas, il était partisan de la rigueur budgétaire, artisan de la plus grande réforme des retraites. Il demandait aussi à ses militants de ne pas huer le nom de ses adversaires. On se rappelle de « Je vous demande de vous arrêter ». Les temps ont bien changé ? Ce n'est pas exactement ce que vous faites à la France Insoumise, Manon Aubry.
Alors, pour être très précis, le « Je demande de vous arrêter » a été prononcé au moment où il apprend sa défaite et l'annonce son soutien au second tour à Jacques Chirac. C'est en effet compliqué d'annoncer, soutenir quelqu'un qui est hué dans la salle. Je trouve ça assez logique qu'il ait demandé cela. Et de la même manière où si nous devions appeler demain à voter pour un candidat, ce ne serait pas logique qu'on appelle à huer. Par contre, qu'il y ait des réactions dans des salles face à des politiques antisociales, face à des politiques racistes qui ont été menées et qu'elles puissent être exprimées de manière vocale, ça ne me choque pas.
C'est une autre façon de faire de la politique. Mais on voit bien que votre stratégie, c'est plutôt l'inverse. C'est plutôt antagoniser le débat, plutôt le crisper, plutôt l'anathème, l'invective.
Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Alors l'insulte, je vous laisse vos mots. Je crois que je n'ai jamais été insultante ici sur votre plateau. Ni à votre égard, ni à l'égard de celles et ceux qui nous écoutent. Et le truc de c'était mieux avant la politique, franchement, je trouve ça un peu old school, comme on dirait. La politique évolue au gré des réseaux sociaux, au gré aussi de l'implication du plus grand nombre. Et je pense que la politique gagne d'abord quand le plus grand nombre s'implique dans cette politique.
Et je crois que c'est la grande force de la France insoumise d'avoir intéressé à la politique des millions de gens qui s'en sentaient exclus, des millions de gens qui se sentaient dépossédés. Et c'est l'enjeu de cette élection présidentielle de 2027 de réimpliquer ces millions de gens qui peut-être n'ont jamais voté dans leur vie et qui peuvent se dire cette fois-ci on peut gagner, cette fois-ci on peut changer la vie, cette fois-ci on peut augmenter notre salaire, cette fois-ci on peut faire la Sixième République pour donner plus de pouvoir au peuple.
Mais l'intérêt des Français c'est aussi de tenir un débat dans leur respect peut-être républicain, maintenant au bruit. Mais je ne crois pas avoir manqué de respect à qui que ce soit. Non, on va y revenir. Ni moi, ni Jean-Luc Mélenchon. Là je parle de vous de façon générale. Quand on voit que lors des universités d'été de la France insoumise, il y a eu une demande d'immigration de l'apologie de terrorisme, la famille traditionnelle s'est pétainiste, l'amitié s'est luttée contre le fascisme, et bien sûr les riches sont dénuisibles, on voit que ce n'est pas exactement dans le sens que vous venez d'évoquer.
Ce sont quelques résumés un peu hâtifs de nos universités d'été où il y avait plus de 10 000 personnes sur 4 jours avec plus d'une centaine de conférences. Ça tombe bien, elles sont mises en ligne, je vous invite à les regarder, y compris celle à laquelle vous faites référence, celle que j'ai animée qui s'intitulait « Faut-il interdire les milliardaires ? » qui posait un débat qui à mon sens doit être pesé dans le débat public, et j'observe que depuis une semaine ça a fait beaucoup parler, donc c'est bien la démonstration que j'ai appuyée sur un point qui fait mal, où on a aujourd'hui un triple problème qui est posé par les milliardaires dans notre pays.
Le premier, c'est leur impact sur le climat, puisque les 1% les plus riches sont responsables de 2 tiers des émissions de gaz à effet de serre. Un problème démocratique où on a des chiffres qui ont été publiés par plusieurs ONG. Des ONG ? Donc ce ne sont pas des chiffres officiels, on est d'accord. Alors si vous avez d'autres chiffres à affirmer, qui démontrent que le mode de vie des plus riches n'a pas d'impact sur le climat, bon courage pour essayer de démontrer l'inverse.
Deuxième problème qui est posé par les milliardaires, c'est une forme de confiscation démocratique, où on a 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires, je le dis d'autant plus ici, dans une chaîne qui est détenue par Molloré, je pense qu'il faut pouvoir l'affirmer. Et le troisième problème, c'est une question d'inégalité de richesse. Quand vous avez parmi les ménages les plus riches, les 13 000 ménages les plus riches qui ne payent pas un seul euro d'impôt, alors que vous, Laurence Ferrari, vous payez probablement plus d'impôts que les milliardaires. Et moi aussi que les milliardaires dans notre pays.
Les milliardaires, pour bien comprendre ce dont on parle, on parle de 53 personnes en France, sauf si M. Bolloré écoute sa chaîne ce matin, en quel cas je le salue, tous les gens qui nous écoutent ce matin ne sont pas concernés. Et pour bien comprendre ce qu'est un milliardaire, quand on gagne le salaire médian par mois, c'est-à-dire 2180 euros par mois, il faut, tenez-vous bien, 37 500 ans pour devenir milliardaire. Et même pour devenir le niveau de Bernard Arnault, c'est 5,6 millions d'années. Donc ce sont des 5 qui sont complètement déconnectés de la réalité. Donc oui, moi j'assume de dire qu'à terme, il faudra faire en sorte qu'il n'y ait pas une telle accumulisation de richesse.
Vous avez dit, ils sont des nuisibles. Ça a beaucoup choqué. La définition du nuisible dans le Larousse, c'est un animal, souvent rongeur ou insecte, considéré comme parasite ou destructeur, le ragondin ou le renard, qui, accessoirement, est susceptible d'être chassé. C'est ça que vous nous dites ? C'est intéressant parce que je suis allée aussi regarder
la définition du nuisible dans le Larousse. Donc il va falloir qu'on croise un peu nos sources, Laurence Ferraille. Moi j'ai vu qu'il nuis, qu'il fait tort à quelque chose, à quelqu'un qui est susceptible de causer des torts par son comportement. Moi, j'assume, oui mais c'est une des définitions du nuisible là. Et moi j'assume de dire que oui, Il faut les chasser les milliards ? Attendez, attendez. J'assume de dire... Un coup de carabine ? J'assume, non pas un coup de carabine, ne faites pas semblant de comprendre autre chose. L'animalisation dans le débat public, ça a une connotation historique que vous connaissez parfaitement.
J'assume, j'assume de dire que oui, ils sont susceptibles de causer des torts par leur comportement à notre société. Ils causent des torts d'un point de vue climatique, ils causent des torts d'un point de vue démocratique, ils causent des torts d'un point de vue économique. Je vous l'ai dit, 90% des médias qui sont détenus par 9 milliardaires. Oui, c'est un problème démocratique dans notre société. Vous ne pensez pas que les Français sont intéressants ? Je pense que la liberté de la presse... Ils peuvent se faire leur opinion comme ils le veulent.
Je pense que la liberté de la presse est une valeur cardinale dans notre pays et que oui, quand les médias sont détenus par un tout petit nombre d'individus et qu'ils ont des intérêts... Oui, le service public qui invite de plus en plus des chroniques de cœur qui sont venues de l'extrême droite. Donc j'observe... Et puis pas l'extrême droite, c'est... J'observe, valeurs actuelles notamment. Donc j'observe que la liberté de la presse aujourd'hui est une valeur qui est sérieusement remise en question dans notre pays et que les milliardaires y jouent un rôle et d'un point de vue économique, oui, les milliardaires jouent un rôle négatif pour notre société. Ils ne créent pas d'emplois.
Oui, j'y ai arrivé. Ceux qui créent massivement de l'emploi dans notre pays... Vous savez qui c'est ?
LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211. LVMH 211.
LVMH 211. LVMH 211.
LVMH 211.
Marie, savez-vous qui crée le plus d'emplois en France dans notre pays ? Les PM. Très bien. 1,9. J'ai lu votre programme, vous voyez ? Très bien. Bonne lecture le soir. Vous devriez peut-être le lire un tout petit peu plus pour l'intégrer un peu plus. Je l'ai bien lu et j'ai bien en tête. 1,9 million d'emplois créés par les petites entreprises. A l'inverse, sur ces dernières années, les grandes entreprises détenues par les milliardaires, c'est 173 000 destructions d'emplois. Je peux vous parler de l'ensemble des plans sociaux, que ce soit de la famille Muliès, de Décathlon, y compris dans LVMH. Il y a eu un certain nombre de plans sociaux.
Bernard Arnault, lui-même, il a démarré sa carrière avec un grand plan social dont il se vantait d'une suppression de 8 000 postes. Vous le voyez bien, aujourd'hui...
Avec une entreprise qui s'appelait Boussac, qu'il a sauvé. Exactement, avec une entreprise qui s'appelait Boussac. Et dont il a créé l'Empire. 8 000 emplois supprimés. Je vais vous dire, aujourd'hui, si vous voulez...
Il a redressé les entreprises qui étaient condamnées à la faillite. Si vous voulez faire fonctionner notre société et notre économie, notre économie, aujourd'hui, la croissance économique repose en grande partie sur la consommation populaire. Pour que la consommation populaire puisse fonctionner, il faut de l'emploi, des salaires et des capacités de...
La réalité, c'est que vous avez trouvé des punching balls dans la figure de milliardaire.
C'est assez facile. Ça fait du buzz gratuitement. La vérité, madame Ferrari, c'est que... Les Français ne sont pas dupes. C'est que, ici, comme vous n'êtes pas la seule sur d'autres plateaux télé, et je vois bien que, dans le cadre de cette campagne présidentielle... Non, mais nuisible ! Vous vous évertuez à défendre les milliardaires. Moi, j'assume que, en 2027, nous ferons en sorte que cette concentration des richesses indécentes qui est faite sur le dos des travailleurs, elle se terminera, notamment avec un héritage maximum à 12 millions d'euros. Ça ne concerne que 0,01% de la population. Ce n'est pas grand-chose pour nous, 12 millions d'euros. Non, ça ne représente pas grand monde.
Ah, voilà, ça ne représente pas grand monde. Et donc, c'est de cette manière-là qu'on va sortir de cette société d'héritier. Je vais même vous dire, allez, un argument libéral. Pour tous ceux qui aiment la société méritocratique, qui nous disent, c'est le mérite qui doit primer, bah chiche, partons tous à égalité dans la vie, partons du même point de départ, et arrêtons ces héritages maximums qui font que la seule bonne chose, c'est d'être née dans la bonne famille.
Vous voulez limiter l'héritage. Est-ce que quand on prend une petite entreprise qui est en train de faire faillite, qui a deux ou trois employés, dix, et qu'on arrive à la relancer et à en créer, je ne sais pas, 100, 200, 1000, on est coupable, à vos yeux ? Ce n'est pas ça aussi, la France ? Ce n'est pas ça, justement, le rôle des PME ?
Mais les PME, je vous l'ai dit, c'est le tissu économique principal d'une entreprise. On est là quand même, si on est là d'une toute petite entreprise. Mais ça n'a rien à voir avec les milliardaires dont je vous parle. C'est pour ça que j'ai fait ce petit exercice de pédagogie au début pour rappeler les milliardaires que les gens nous écoutent. On ne parle pas de vous. On parle de 53 familles dans notre pays qui détiennent des richesses où il faut des centaines de milliers d'années pour dépenser l'ensemble de leurs factures. Il n'est pas milliardaire, il est millionnaire. Il est juste en dessous.
Il est millionnaire, mais sachez que Mathieu Piguet a dit lui-même qu'il souhaitait payer davantage d'impôts pour qu'il y ait un système plus redistributif des richesses. Vous voyez, peut-être que ça pourrait inspirer M. Bolloré. Non, je ne sais pas, vous lui poserez la question ? Mais il nous écoute ce matin et il vous répondra. Donc il y a un milliardaire qui nous écoute.
Juste sur votre programme, parce que moi je trouve ça très intéressant. Effectivement, vous dites effectivement l'héritage, il faut arrêter avec 12 millions d'euros. Nationaliser les grandes entreprises, industrie stratégique pour garantir notre souveraineté. Vous avez chiffré ça ? Vous êtes au courant du niveau de notre dette ? Vous avez l'argent ? Où est-ce que vous le trouvez en fait maintenant au bruit ?
C'est intéressant qu'on ait le débat sur la dette parce qu'après le débat qu'il y a eu avec le MEDEF, on a eu toute une volée de propositions de la droite et de l'extrême droite qui voulaient supprimer tous les impôts de production, etc. Et étrangement, personne ne leur demande mais attendez, comment vous allez financer ça ? C'est 100 milliards en moins dans les caisses de l'État. Et pas de problème, personne ne pose la question. Il n'y a que la gauche qu'on nous pose la question comment on va financer ça. Mais si vous voulez un plan de financement, il se trouve que dans le cadre de la campagne, je vous donnerai rendez-vous, on présentera un plan de financement.
Est-ce que ça n'a jamais bien marché les nationalisations ? On se rappelle de 1981, de ce que ça a coûté aux Français, 500 millions de francs ?
Non, ce n'est pas vrai. Un certain nombre de nationalisations, je pense, ne se feraient pas de mal. ArcelorMittal ? ArcelorMittal, par exemple. 3 milliards d'euros. ArcelorMittal pour pouvoir produire ce dont nous avons besoin, c'est-à-dire de l'acier en France. Je pense aussi à un volet de l'entreprise totale, pas toute l'entreprise totale. Mais là, alors que c'est la rentrée scolaire, qu'on a les Français qui se saignent pour prendre la voiture, amener leur enfant à l'école, un prix de l'essence qui est à 2,10 euros, 2,20 euros.
Oui, moi j'assume de dire qu'il faut pouvoir bloquer le prix de l'essence et faire en sorte qu'un certain nombre d'entreprises pétrolières comme totale ne se gavent pas littéralement sur le dos des automobilistes qui n'ont d'autres choix que de prendre la voiture pour aller faire les courses. Donc oui, il y a des sources de financement et il y a la nécessité de réguler les prix dans un certain nombre d'activités qui sont essentielles pour les gens.
Se déplacer en fait partie. Il y a la question du pouvoir d'achat qui est évidemment extrêmement importante pour les Français. Il y a aussi le voile islamique qui refait surface dans le débat politique à la faveur d'une proposition du Rassemblement National qui veut sanctionner le port du voile dans la rue avec des amendes selon Jean-Philippe Tanguy dans le cadre d'une grande loi sur la lutte contre les idéologies islamistes mesure nuancée par Jordan Bardella qui dit ne pas vouloir d'une police du vêtement et propose un référendum aux Français. Qu'est-ce que cela recouvre pour vous ?
Vous le disiez à l'instant, le pouvoir d'achat c'est une des problématiques principales posées par les Françaises et les Français en cette rentrée scolaire et quelle est la proposition du Rassemblement National ? Interdire le voile. C'est tout ce qu'ils ont à proposer sur le pouvoir d'achat, sur les enjeux matériels quotidiens des gens qui sont en train de galérer. Interdire le voile ? Faire la police du vêtement ? Vous imaginez, on va aller mesurer la taille du bout de tissu dans la rue et comment on fera la différence entre une femme voilée et par exemple une femme religieuse catholique ? Vous voyez que tout ça n'a aucun sens.
C'est facile à faire la différence. Ah bon ? Et vous la faites ? Vous voyez très bien
à la taille du vêtement ? Ou une jeune femme ? Mais du coup c'est bien la démonstration que l'objectif, l'unique objectif du Rassemblement National c'est de s'en prendre aux femmes de confession musulmane. Et je vous le dis Laurence Ferrari, franchement, ça suffit. Laissez ces femmes tranquilles, laissez ces femmes tranquilles, laissez ces femmes décider par elles-mêmes.
Ce n'est pas dégradant pour les femmes, le voile, Manon Brie. Une femme n'a pas à considérer qu'elle était un gibier, qu'un homme ne peut la regarder qu'avec un oeil de prédateur. Vous savez qui je cite ? Jean-Luc Mélenchon.
Et de quoi parlait-il ?
Avril 2010. Et de quoi parlait-il Laurence Ferrari ? Allez-y, je vous en prie. On écoute Jean-Luc Mélenchon puis on va mesurer le chemin qu'il a partout pour arriver à la position de 2020. Je vous en prie. Jean-Luc Mélenchon, avril 2010.
Et dans ce pays, on va tous ensemble et on se tramènera pas avec des fantômes qui se promènent dans la rue et qui interdisent qu'on les regarde. Ça, pas question. C'est comment on se positionne par rapport à un traitement. Donc moi, je considère que c'est un traitement dégradant, primo. Secondo, je considère que c'est une provocation d'un certain nombre de milieux intégristes contre la République. Et par conséquent, la République a gagné et elle va gagner encore une fois. Ça sera interdit.
Et on le fera non seulement pour empêcher une absurdité qui consiste à accepter l'idée qu'une femme considère qu'elle est un enjeu, un gibier, qu'un homme ne peut la regarder qu'avec un oeil de prédateurs, première chose. Et deuxièmement, parce que c'est obscène cette histoire de burqa, ça part de l'idée que les hommes ne sont que des prédateurs. Et deuxième idée, c'est qu'on donnera un signal au monde entier et aux femmes du monde entier qui se battent contre cette histoire-là. Par conséquent, on interdira les Pemechauds qui proposent l'interdiction.
Quel signal vous donnez à des femmes qui portent la burqa volontairement ?
Je leur donne le signal suivant. En République française, les hommes et les femmes sont égaux. J'ai le droit de te regarder dans les yeux. J'ai le droit de te regarder. Tu as le droit de me regarder.
Voilà pour Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce qui s'est passé depuis avril 2010, Manon Aubry ? Otez-moi d'un doute,
de quoi parle Jean-Luc Mélenchon ? Le voile. Non, il parle de la burqa. Est-ce que la burqa est la même chose que le voile, Madame Ferrari ? Effectivement, ce n'est pas la même chose. La réponse est non. Dans le cas de la burqa, vous ne pouvez pas voir les yeux, le visage de la femme. Dans le cas du voile, vous pouvez. Et je vais vous dire parce que je ne suis pas prête diviser le peuple français et prendre les femmes de confession musulmane pour la seule cible des ambitions politiques et racistes du Rassemblement national. Ce n'est pas un acte politique pour vous, le voile. C'est insupportable. C'est insupportable. Mais vous pensez qu'une femme n'est pas... Je vous pose la question.
Est-ce que c'est un acte politique, le voile ? Conviction religieuse et conviction politique. Si, je vous le dis. Je vous le dis. Non, non, je vous le dis. Ce n'est pas un acte politique, le voile. C'est une conviction religieuse. Et la laïcité dans notre pays respecte la liberté de culte. Je vais même plus loin interdire le voile dans l'espace public. Pour moi, c'est même une discrimination religieuse et qui pourrait mériter des poursuites judiciaires en la matière. Et j'observe que le Rassemblement national toujours, toujours, toujours s'en prend aux personnes de confession musulmane et particulièrement aux femmes. Eh bien, moi, j'ai envie de leur répondre avec une immense fermeté.
Foutez-leur la paix. Foutez-leur la paix. Laissez-les décider comme elles veulent. Et occupez-vous plutôt des réelles problématiques, des réels problèmes. des Françaises et des Français. Parce que vos obsessions islamophobes qui consistent à dire, à donner des injonctions aux femmes sur la manière dont elles doivent s'habiller, c'est juste insupportable.
Madame Ombry, Bruno Rotaillot a dit ce matin que vous étiez des collabos de l'islamisme. Est-ce que vous voulez répondre ?
Je crois que Bruno Rotaillot ne sait plus quoi faire pour exister dans cette campagne présidentielle. Il déroule son programme. Il est en train de disparaître dans les méandres des sondages. Et donc, je le vois bien courir après le Rassemblement national en se disant mince, comment je peux être le Rassemblement national ? Comme le Rassemblement national vient de mettre la barre très haute avec l'interdiction du voile, j'imagine qu'il ne sait plus quoi faire et donc il se dit chouette, on va prendre la France insoumise, on va les traiter de collabos, ça va faire parler de moi, résultat, ça marche, vous m'interrogez dessus. Il vous pose la question.
Tout ça est ridicule, ça ne m'intéresse même plus. Vous n'êtes pas des collabos de l'islamisme. Non mais de la part de celui qui a fait toutes les insultes pas possibles qui a dit d'ailleurs à balle-voile, à balle-voile, franchement, si ce n'est pas une insulte pour... Si, il a bien dit à balle-voile. Mais ce n'est pas le genre à insulter. En faisant cela, il insulte là aussi des centaines de milliers de femmes qui portent le voile dans notre pays. Donc d'un point de vue-là, il s'inscrit dans la droite continuité du Rassemblement national. Ils n'ont qu'à faire cause commune et campagne commune. Moi, ça ne m'intéresse pas, je fais campagne pour les Français.
Fuck Marine Le Pen, ça vous a choqué lors du festival Rock en Seine sur la Seine ? Non.
Non, on peut insulter
l'adversaire. Moi, je ne le fais pas. Ce n'est pas moi qui l'ai fait et moi, je ne le ferai pas. Donc vous ne le verrez ni dans mes paroles ni dans mes tweets. Maintenant qu'il y a une colère dans notre pays à l'encontre de politiques d'extrême droite, je la comprends évidemment et cette colère, moi, je souhaite qu'elle puisse s'exprimer d'abord dans les urnes et que le meilleur moyen de faire barrage à l'extrême droite, le meilleur moyen d'avoir un avenir qui soit meilleur pour nos enfants, d'avoir la retraite à 60 ans, d'avoir la 6ème République, d'avoir l'augmentation du salaire minimum.
C'est Jean-Luc Mélenchon. Le duel RN et les filles, il est inéluctable pour vous à l'heure où on se parle, Manon Aubry. C'est votre meilleur adversaire ? La leçon de la mort
d'Edouard Balladur invite un peu d'humidité sur les paris à 8 mois d'une élection. Ce que je sais, c'est que nous n'avons jamais été autant en capacité d'accéder au second tour que la campagne va encore être longue, qu'il peut se passer beaucoup de choses. Mais ce que j'ai envie de dire à tous ceux qui nous écoutent et qui se disent bon, peut-être 350 000 parrainages citoyens. On a besoin d'être le plus grand nombre parce que chacun, à notre niveau, on va pouvoir convaincre autour de nous et si chacun convainc ne serait-ce que 10 personnes, alors en 2027, on peut gagner. Qui t'a appelé à la désobéissance civile
si vous n'étiez pas, évidemment, à l'Élysée, Manon Aubry ? Ça veut dire quoi désobéissance civile ? On a du mal à comprendre la limite entre sédition, émeute, révolution.
C'est ça le chemin ? Vous savez, le Rassemblement National dirige un certain nombre de grandes villes déjà, y compris là d'où je viens, à Fréjus, je ne crois pas qu'on ait mené des petites guerres civiles au niveau local. Donc vous l'excluez ? Par contre, à chaque fois que le Rassemblement National s'attaquera à nos droits, aux droits des personnes LGBT, aux droits des femmes, oui, ils nous trouveront sur leur chemin, y compris si parfois il faudra désobéir. C'est l'histoire des luttes sociales qui est l'histoire de la désobéissance. Avec des manifestations pacifiques, j'imagine.
Vous savez, sans désobéissance, on n'aurait pas eu le droit à l'avortement, on n'aurait pas eu le droit de vote pour les femmes et donc c'est dans cette continuité-là que moi, je m'inscris singulièrement en tant que femme.
Manon Aubry a été l'invité ce matin de Sénégal Européens. Merci à vous d'être venus. Bonne journée sur nos antennes.
Merci Manon Aubry, merci Laurence Ferrari. Dans un instant, vos signatures du mardi, Emmanuel Ducro, Eugénie Bastier, votre club culture, Nicolas Carreau. A tout de suite.
Manon Aubry