Entretien d'actualité n°51 - 19/10/2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les 18 et 19 novembre, l'Union Populaire Républicaine organise son université d'automne à Valère, près de Tours. Au programme, table ronde avec des personnalités en vue, discours du président François Asselineau, grande tombola, mais aussi la tenue du Congrès National. Une surprise vous sera également réservée le dimanche après-midi. Réservez vos places dès maintenant sur le site de l'UPR, upr.fr. Bonjour M. Asselineau. Nous nous retrouvons aujourd'hui, 19 octobre, pour le 51e entretien d'actualité. Et avant de commencer cet entretien, je voulais tout de même noter que vous aviez une bien jolie pochette.
Ah oui, une pochette tricolore. Bonjour à toutes et à tous. Oui, c'est sympathique de la faire remarquer. Figurez-vous que je porte cette pochette. Elle est en soie et je la porte en remerciement à deux adhérents de l'UPR qui vivent au Japon et qui me l'ont envoyée. Ils me l'ont envoyée pour une raison particulière. C'est en réalité produit par une filature de soie qui a été construite à partir de 1870 par un Français qui s'appelait Paul Brunat et qui est entrée en fonctionnement en 1872. L'usine de la filature de soie de Tomioka, c'est au nord de Tokyo. Il s'agit de la grande période d'ouverture du Japon vers l'extérieur. En 1870, c'est les débuts en France de la Troisième République, 1872.
Et les Japonais se tournent vers l'Europe pour en importer la plupart des productions industrielles, mais aussi intellectuelles, comme par exemple différents codes de droit ou des brevets. Alors les Japonais vont chercher ce que l'on appelle en Japon « Daiichi », c'est-à-dire le numéro 1, le meilleur. Et pour avoir des filatures de soie, ils vont s'adresser à la France, parce que la France, à l'époque, a des grandes filatures de soie, notamment dans la région de Lyon, les soyeux lyonnais. Donc Paul Brunat, qui est un Français, va travailler à partir de 1870 à Yokohama. Et puis ensuite, il va devenir le premier directeur de cette filature de soie.
Alors cette filature de soie, elle est émouvante à voir, parce qu'elle est au nord de Tokyo. Elle a continué à fonctionner jusqu'aux alentours, je crois, des années 1985, donc pendant à peu près 115 ans. Et puis après, elle a été désaffectée. Pas tout à fait. Elle a été transformée en musée et elle a été également inscrite sur le patrimoine de l'humanité en matière de patrimoine industriel. C'est une marque du début de l'industrialisation du Japon et de l'extrême-orient, de son ouverture sur l'étranger, en particulier vers la France. Alors je l'ai mise aujourd'hui, cette jolie pochette bleu-blanc-rouge qui m'a été offerte par nous deux adhérents, que j'en profite pour remercier.
J'espère qu'ils me verront. Je l'ai mise aujourd'hui, cette pochette, également en signe d'une époque qui est en train d'être révolue. C'était l'époque où la France, et l'Europe en général, mais la France en particulier, étaient des pays où il y avait une industrie qui était à la pointe de la technique et de la modernité. C'était à la fin du XIXe siècle. Malheureusement, au début du XXIe siècle, la France est en train d'être détruite industriellement.
Alors sans transition, ma première question sera la suivante. Que pensez-vous des risques qui pèsent sur Airbus ?
Sans transition, si, justement. Je trouve que c'est une bonne transition. Ce qui se passe en ce moment, c'est une catastrophe. Une catastrophe tous azimuts, pas seulement concernant Airbus. Alors Airbus, c'est un dossier qu'il faut suivre de très très près. La presse commence à s'en faire l'écho. Il semble qu'il y a des menaces qui pèsent sur Airbus du fait de comportements délictueux qu'auraient commis un certain nombre de responsables d'Airbus il y a plusieurs années, notamment dans les opérations de marketing mondial, où il y aurait eu, paraît-il, des soupçons de corruption. Donc, naturellement, les États-Unis se focalisent là-dessus parce qu'ils ont des juridictions extraterritoriales.
Ils se précipitent sur le dossier Airbus en essayant d'invoquer je ne sais quel artifice de droit de leur ministère, qui est d'ailleurs considéré comme une espèce de ministère voyou parce qu'ils passent leur temps à faire de la guerre commerciale en invoquant des règles de droit inventées par les États-Unis pour essayer de torpiller les petits copains. Je n'ai pas d'action dans Airbus. Ce que je sais, c'est que Airbus, c'est quand même une grande réussite d'abord française. Airbus avait été inventé dans les années 64-65.
Du temps de Charles de Gaulle qui était à l'Élysée, Airbus était un consortium qui ralliait l'aérospatiale française, mais également les Allemands et puis également les Anglais de British Aerospace, puisque de Gaulle voulait développer les coopérations internationales. Il était contre l'Europe supranationale. D'ailleurs, il refusait l'entrée du Royaume-Uni dans le marché commun. L'histoire a montré ô combien il avait raison. Mais ce n'est pas parce qu'il refusait l'entrée du Royaume-Uni dans le marché commun qu'il refusait toute coopération avec les Britanniques. Au contraire, Airbus est le fruit de cette volonté.
Airbus est devenu une histoire vraiment à succès, une « success story » comme on dit en américain. C'est devenu vraiment une histoire à succès dans les années 80 avec le premier Airbus, l'Airbus A300 dans les années 60-70, puis l'Airbus A300-310, puis l'Airbus A320 qui était une version raccourcie. Alors il y a eu toute une déclinaison d'Airbus jusqu'au fameux Airbus A380 qui est le très gros porteur avec deux ponts, qui peut embarquer, je crois, dans les configurations à plus haute densité, jusqu'à 700 passagers, et qui est en fait une œuvre internationale. Je l'explique dans mes conférences. Ça n'a rien d'européen en particulier.
La construction européenne n'est absolument pour rien dans Airbus. Mais ce qui est grave, c'est qu'Airbus, c'est quand même le fleuron, un des fleurons technologiques français, avec le fleuron technologique allemand, et que du fait de ces malversations possibles, qu'il a pu y avoir il y a plusieurs années, du fait de la guerre commerciale que les Américains sont en train de livrer, comme si les Américains n'avaient rien fait eux-mêmes. Parce que nous avons affaire, en termes économiques, à ce qu'on appellerait un oligopole avec quelques producteurs mondiaux d'avions.
Moi, de ce que je crois savoir, dans un certain nombre de pays, dans les années 80, 90 ou même 2000 du XXe siècle et du XXIe siècle, il n'y avait pas que Airbus, semble-t-il, qui faisait des pots de vin. Boeing était également, ou Lockheed, tout ça, c'était des choses. Voilà. Mais le problème, c'est que la France, malheureusement, est un peu démunie pour lutter contre ça. En tout cas, c'est une affaire à suivre de très près, puisqu'il y a un risque de démantèlement d'Airbus. Or, ce risque est en train de prendre forme, alors que la liste des entreprises industrielles françaises qui ont été bradées à des intérêts étrangers commence à devenir impressionnante.
Je rappelle par exemple que Technip, de l'exploration pétrolière, qui était un fleuron industriel français d'exploration pétrolière, eh bien Technip, dont le PDG Thierry Pilenko, a été cédé à une entreprise américaine qui s'appelle FMC Technologies. Alstom, faut-il revenir sur Alstom ? Je crois que j'en ai déjà parlé lors d'entretiens précédents. J'insiste sur le fait qu'Alstom est en train d'être entièrement bradé. Alstom a été cédé par son PDG Patrick Cron à General Electric, qui est une entreprise américaine. Puis de là, une partie à Zimins, comme j'en parlais l'autre fois. Donc Alstom, bientôt, n'aura plus rien de français.
La France est en train de se dépouiller de ces géants industriels. Et ils ne disparaissent pas dans la nature. Ils sont récupérés essentiellement par les Américains, les Britanniques ou les Allemands. Citons Alcatel pour la téléphonie, qui a été cédé à la société américaine de Lucent, Lucent Technologies, puis ensuite a été recédé à l'entreprise finlandaise Nokia. Citons également parmi les grands fleurons industriels sur lesquels nous devons être inquiets. On a parlé déjà des chantiers navals autrefois, de STX et de l'entreprise italienne. Citons Areva, Areva qui ne se porte pas bien, Areva dont la situation financière est extrêmement précaire.
Donc là, il est possible que ça reste en France, mais pour combien de temps et dans quel état ? C'est-à-dire l'ancienne framatome, c'est quand même fondamental. J'ajoute d'ailleurs que la filière nucléaire est en train d'être perdue par la France, puisque les chaudières, les turbines fabriquées par Alstom, notamment pour les centrales nucléaires, sont en train d'être avalées par les Américains. Alors il y a Airbus. Ben Airbus, on ne sait pas ce qui va arriver. Il est possible que la division commerciale des avions parte à l'Allemagne. Et puis il y a toute une série d'entreprises dans le domaine de l'aéronautique qui, on a l'impression, suscite les convoitises des uns à des autres.
ATR pour les transports régionaux, certains observateurs disent que peut-être l'Italie pourrait mettre la main dessus. MBDA pour les missiles, ça pourrait peut-être intéresser le Royaume-Uni. Space Systems, c'est-à-dire pour l'espace, les satellites, les États-Unis, l'Allemagne, un troisième larron, peut-être l'Inde, comment se paraît-il à tourner dessus comme des requins. Et puis rappelons aussi que Schlumberger, qui était quand même aussi un fleuron de l'ingénierie française à l'étranger, Schlumberger est passé comme ça, discrètement, sous contrôle étranger, il n'y a pas si longtemps, et n'est plus français. C'est-à-dire qu'en fait, nous avons affaire à une situation gravissime.
— Gravissime, parce que c'est une espèce de débandade, de débâcle, un peu comme la débâcle de juin 1940. La débâcle de juin 1940 face aux armées hitlériennes, c'était une débâcle militaire, politique et morale. Eh bien aujourd'hui, face à la mondialisation prétendument inévitable, face aux règles léonines fixées par les États-Unis, face à la perversité du système européen, face au fait que les élites françaises ne défendent plus l'intérêt de leur propre pays, elles considèrent que ces vieillots... Elles sont les seules, hein ! Les dirigeants allemands, britanniques, japonais, chinois, russes, américains défendent bec et ongle les intérêts de leur État et de leurs citoyens.
Eh bien nous, en France, on considère que c'est extrêmement chic de tout bazarder. Voilà. C'est exactement la pensée politique fine d'un roi comme Louis XV qui, après la bataille de Fontenoy, avait dit « Je fais la guerre en roi et non pas en marchand ». Et au lieu de récupérer les avantages que cette belle bataille nous avait valu, eh bien il a mis le pied à l'étrier à Frédéric de Prusse, ce qui avait fait qu'à l'époque, les Français furieux de constater que le roi de France ne défendait plus l'intérêt des Français et préférait défendre les intérêts du roi de Prusse, les Français avaient dit « On s'est battus pour le roi de Prusse ».
Eh bien là, en ce moment, la France, nous avons des dirigeants qui, en fait, sont en train de trahir la France pour le roi de Prusse, pour la reine de Prusse, si j'ose dire, pour Angela Merkel, mais aussi pour les États-Unis d'Amérique, les Britanniques, les Italiens, les Chinois. Enfin c'est la curée. La France est en train d'être dépecée. C'est la raison pour laquelle j'insiste encore. Je lance ici un appel à toutes et à tous, notamment les gens qui travaillent dans les industries.
Je vais d'ailleurs essayer d'aller, au cours des semaines qui viennent, sur des sites industriels en sinistre, pour essayer d'avertir les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs qui travaillent sur le fait que tout ça peut être évité, mais que la seule chose qu'il faut faire, la première et unique chose qu'il faut faire, c'est qu'il faut commencer par sortir de l'Union européenne. Tous les autres, là, tous les docteurs diafois russes qui se précipitent, Mme Le Pen, M. Mélenchon, M. Montebourg, M. Macron, M. Tartampion qui sont là pour expliquer qu'ils vont se battre, etc., en fait, ils ne sont démunis puisqu'ils n'ont plus les manettes.
Il faut absolument redresser la situation, et au plus vite.
Quelle est votre analyse de la situation sociale en France ?
Mon analyse de la situation sociale en France, c'est que là aussi, c'est une catastrophe. Alors on vient de voir les conséquences en matière industrielle du fait que nous sommes dirigés par des élites qui, en fait, ont perdu la foi en la France, dans la mesure où il faut fusionner avec l'Estonie, la Lettonie, en fait, il s'agit de tout bazarder. C'est ça, l'esprit des élites français. C'est un esprit d'abandon. Mais c'est également dû aux contraintes européennes, au fait que nous sommes pieds et poings liés par les articles qui favorisent totalement la libre circulation des mouvements de capitaux.
Et bien notre appartenance à l'Union européenne a également un impact majeur sur les questions sociales. Avant de parler de l'impact majeur sur les questions sociales, je voudrais faire une petite réflexion de nature philosophique, ou même, si je peux dire, théologique. Je vais faire quelque chose que je fais très rarement. Je voudrais citer un texte saint, qui est tout simplement l'évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, le chapitre 7, article 15 à 20, verset, pardon, 15 à 20. C'est le fameux passage où le Christ dit qu'il faut juger d'un arbre à ses fruits. Je vais me permettre de citer les évangiles. Dans ce passage de saint Matthieu, il est écrit ceci.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables. » Alors pourquoi je cite ce beau passage de l'Évangile selon Matthieu et cette métaphore ? Parce qu'il faut juger de notre appartenance à la construction européenne en fonction des fruits obtenus. On a vu qu'en matière industrielle, c'est un désastre.
En matière sociale. En matière sociale, on apprend aujourd'hui, enfin hier, on a appris qu'il y a, à Paris, intramuros, plus de 500 enfants qui dorment dans la rue. C'est le SAMU social qui tire la sonnette d'alarme. Il y a 44% de familles qui sont logées dans des hôtels de première nécessité en région parisienne. 44% de ces familles sont là depuis 2 ans. Il y a des enfants qui, depuis qu'ils sont nés, sont dans la même chambre d'hôtel avec leurs parents. Il y a, je crois, quelque chose comme 35 000 chambres d'hôtel dans toute la région parisienne qui ont été réquisitionnées.
Et désormais, il y a de plus en plus d'affluidia, du malheur, de la pauvreté, de la misère, de la détresse sociale qui se répand à toute allure dans notre pays. Où sont les promesses du traité de Maastricht ? Il paraît que l'euro devait nous apporter plus de croissance et plus d'emploi. Ça devait être le bonheur. Où sont les promesses du traité de Lisbonne ? Où sont les promesses des accords de Marrakech qui devaient nous créer, paraît-il, la mondialisation, devaient apporter le bonheur et la richesse ? On a appris également hier, au même moment que l'on apprenait qu'il y a 500 enfants qui dorment dans la rue chaque nuit à Paris.
On apprenait également que le nombre de pauvres en France, selon l'INSEE, c'est-à-dire les gens qui gagnent moins de 1 015 euros par mois, le nombre de pauvres a augmenté de 1 million de personnes depuis 2008, en l'espace de 9 ans. Parmi lesquels, d'ailleurs, sur ces 1 million de personnes pauvres en plus, 400 000 enfants. Voilà les fruits que nous avons recueillis avec la construction européenne.
Et au niveau environnemental ?
Au niveau environnemental, là aussi, les fruits, c'est le cas de le dire, puisqu'il s'agit d'un végétal, eh bien là aussi, les fruits sont épouvantables. On a appris quoi ? On a appris – c'est une enquête de l'Institut de consommateurs UFC que choisir – c'est pas que c'est sorti dans l'Obs – que c'est UFC qui tire la sonnette d'alarme sur le fait que les eaux souterraines en France sont polluées d'une façon absolument considérable. Il y a quelque chose comme un tiers des nappes phréatiques qui sont polluées avec des engrais très au-dessus des normes.
Et je crois que c'est peut-être, je ne sais plus, plus de la moitié des rivières qui contiennent des nitrates, qui contiennent des engrais très supérieurs à ce qui normalement est autorisé. Et pourquoi cela ? Pourquoi cela ? Tout ça aussi découle directement des contraintes vers une agriculture de plus en plus intensive, de plus en plus productive. J'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer souvent, notamment lorsque je me suis rendu, récemment encore, au sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand, lorsque je vais chaque année au sommet de l'agriculture qui se tient à Paris, Porte-de-Versailles.
On voit chaque année le nombre d'agriculteurs qui diminuent, soit des gens qui partent à la retraite qui ne sont pas remplacés par leurs enfants, soit des gens qui font faillite, parfois à l'hélas, même certains agriculteurs qui mettent fin à leur jour parce qu'ils n'arrivent plus à joindre les deux bouts. On a mis l'agriculture française dans des contraintes qui sont épouvantables de productivité. Et ça, ce sont directement les traités européens qui nous l'ont imposé. Et ça va s'aggraver encore avec l'adoption, c'est d'ailleurs la mise en œuvre du traité canadien, l'Union européenne qui s'appelle le CETA et qui a été mis en œuvre avant même qu'il ait été ratifié.
J'avais expliqué ça l'autre jour à Clermont-Ferrand. Ceci va encore une fois pénaliser un certain nombre de productions françaises, mais aussi nous entraîner vers une agriculture encore et encore plus productive. Alors il faut savoir ce que l'on veut. Je m'adresse ici notamment à toutes les personnes qui sont de sensibilité environnementaliste, écologiste, etc. Ceux qui votaient pour ce leur qui est EELV. On ne peut pas être à la fois pour la construction européenne et pour la défense de l'environnement. Ce sont deux choses totalement contradictoires.
Parce que la construction européenne place les États sous la domination d'une oligarchie financière et industrielle qui pousse par l'intermédiaire des traités européens à ce que l'on ait une agriculture qui soit de plus en plus hyper productive. On en voit les fruits, les fruits vénéneux, comme le disaient les Angiles selon Mathieu, les fruits pourris. On les voit justement avec là, cette fois-ci, c'est la qualité des eaux. D'autrefois, ça sera la montée en puissance, je ne sais pas, des produits chimiques dans l'agroalimentaire. J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur cette question.
Et dans le reste de l'Europe ?
Alors, dans le reste de l'Europe, eh bien, deux choses qui me viennent à l'esprit. La première, c'est que les fruits vénéneux se mesurent un peu partout. Je vais prendre un exemple qui me paraît extrêmement grave, qui n'a pas fait la une des journaux. Je voudrais parler de l'île de Malte. Malte, c'est un pays, un petit pays. Il n'y a d'ailleurs... Ce n'est pas une île. C'est un petit archipel, capitale Lavalette. L'île de Malte, qui est l'un des 28 États membres de l'UE.
Eh bien, il y a eu un fait divers, sordide, que les Français n'ont pas eu l'occasion de suivre précisément, parce que les grands médias, j'ai eu l'impression, ont traité ça au mieux en 15 secondes, sans expliquer ce qui s'est passé. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a une femme qui avait une cinquantaine d'années, 53 ans, je crois, qui est une maltaise, qui s'appelait Daphne Caruana Galizia, qui était une journaliste et une journaliste d'investigation.
Et cette journaliste, qui était très respectée à Malte, avait un blog qu'elle avait nourri depuis maintenant un certain nombre de mois, même, je crois, depuis plusieurs années, où elle avait montré comment les dirigeants maltais, notamment du Parti national, actuellement au pouvoir, étaient mêlés à des affaires de corruption, de grand banditisme. Elle avait notamment accusé Joseph Muscat, qui est le Premier ministre, que l'on voit sur cette photo au milieu, mais également Konrad Mitzi, qui est le ministre de l'Énergie, et puis Keïs Chembrie. Alors je ne parle pas le maltais, c'est peut-être Keïs Chembrie, je ne sais pas comment ça se prononce, chef de cabinet du Premier ministre.
Elle a accusé ces hommes, entre autres, d'être corrompus, d'avoir placé des fonds dont on ne connaît pas bien l'origine au Panama. Joseph Muscat, le Premier ministre, a démenti formellement. Il a dit que c'était le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise. En revanche, il a été avéré que Konrad Mitzi et Keïs Chembrie, c'est-à-dire ses bras droits, enfin bras droits et bras gauches, en effet, avaient des intérêts au Panama. Ils sont restés au pouvoir, mais comme Joseph Muscat et Mme Caruana Galizia, la journaliste, en fait, étaient en train de sortir de nouvelles affaires. Eh bien, qu'est-ce qui s'est passé ?
Il s'est passé que, tout simplement, elle était dans sa voiture et puis sa voiture a explosé, un peu comme les explosions qu'il y avait parfois au moment de la guerre civile au Liban, comme à l'assassinat de Hariri, qui avait explosé comme ça avec une très forte détonation sous la voiture. Eh bien, la journaliste, donc, la voiture a explosé, a été partie dans un champ. Son fils, qui est arrivé juste après, a découvert, il a dit, enfin c'est sordide, mais il a dit qu'il avait vu des morceaux de sa mère à travers le champ un peu partout. Et son fils a saisi les médias à Maltais pour mettre en cause directement le pouvoir maltais. Alors ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que si c'est avéré l'île de Malte, un des 28 États membres de l'Union européenne est tenu par la mafia, est gangrené par la mafia, la vraie. Qu'est-ce que fait la France ? Macron qui est là à donner des leçons de morale, vous savez comment il avait donné des leçons de morale à Vladimir Poutine, à Maduro, au Venezuela, etc. Qu'est-ce qu'il fait là ? Pourquoi nous n'avons pas rappelé notre ambassadeur à Malte ? Pourquoi nous n'avons pas convoqué l'ambassadeur de Malte en France en lui demandant des explications ?
Pourquoi nous n'avons pas saisi un conseil extraordinaire de l'Europe en mettant, comme ils vous ont voulu le faire sur la Hongrie ou sur la Pologne récemment, parce que les gouvernements polonais ou hongrois voulaient défendre leurs intérêts nationaux, là c'est autrement plus grave, c'est la mafia. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu une réunion immédiate, un conseil européen immédiat, éventuellement retirant les droits de membres à Malte, comme on peut suspendre ses droits de vote et demandant des explications ? Comme le disait l'Évangile de Matthieu, on reconnaît un arbre à ses fruits.
La construction européenne est en train de sécréter un peu partout des États mafieux, évidemment, puisque les dirigeants ne sont plus là pour respecter l'autorité des peuples, ils sont là pour appliquer les directives d'une oligarchie. On voit bien comment M. Macron fait un bras d'honneur aux Français. Il n'est pas là pour respecter ce que veulent les Français. Il a été élu par une pression médiatique colossale. M. Macron n'a de compte à rendre qu'aux gens qui l'ont fait élire par cette pression médiatique. C'est un petit peu partout pareil. Ça favorise, bien entendu, l'apparition un peu partout des scrocs.
Il y en a un beau spécimen qui vient d'arriver au pouvoir, d'ailleurs, en Autriche, avec un type qui s'appelle Sébastien Kurz, qui a 31 ans. 31 ans, chancelier d'Autriche. C'est du jamais vu dans l'histoire. Bientôt, ils vont les prendre à la maternelle. On aura bientôt un Premier ministre en France qui aura 19 ans. C'est ça l'objectif, probablement, parce qu'en fait, on attire l'attention des gens sur des choses qui n'ont aucun rapport sur la jeunesse, sur la beauté. D'ailleurs, sur Sébastien Kurz, il y a eu un scandale.
Il avait fait manipuler des fausses pages Facebook et des faux blogs, je crois, pour faire tenir des propos négationnistes sur la Seconde Guerre mondiale par des pseudo-partisans de son adversaire. Je ne sais pas si vous voyez le truc. Ça a fait un scandale qui a été étouffé. On a également... On voit comment certains États, notamment à l'Est, soutiennent les néo-nazis en Estonie, en Lettonie, comment on glorifie les Waffen-SS. Voilà les fruits de la construction européenne. Elle est belle.
La fameuse Europe avec des États mafieux comme Malte, avec des États qui glorifient les Waffen-SS comme l'Estonie, la Lettonie, ou avec des États qui tout simplement piétinent les intérêts les plus fondamentaux de leur peuple comme la Grèce, ou avec des États qui piétinent les résultats des consultations référendaires comme les Pays-Bas ou la France en 2005. Voilà ce qu'est la construction européenne. Alors, dans ce désastre-là, vous avez Macron. Macron qui est là avec sa petite épée en carton. Macron qui était allé... Rappelez-vous, cet été, il était allé en Europe de l'Est. Il avait fait la tournée des popotes. On allait voir ce qu'on allait voir.
Vous vous rappelez, c'est là qu'il avait insulté la première ministre de Pologne depuis la Bulgarie. Macron était allé voir en lui disant « Je vais me battre pour les travailleurs détachés ». En réalité, Macron n'a rien du tout. Son épée, c'est une épée en carton. Voilà l'épée de Macron. En réalité, au Parlement européen, il a été décidé justement que la France serait complètement isolée sur cette directive des travailleurs détachés. Rien. M. Macron ne sert à rien si ce n'est que de servir les intérêts de l'oligarchie. Il y a quelques semaines, il y a 15 jours, j'étais passé sur Sud Radio. Macron avait fait, vous savez, un discours sur la refondation de l'Europe. Il était allé à Athènes.
Qui s'en souvient ? J'avais dit, je me rappelle, devant le journaliste Philippe David qui m'avait très gentiment intéressé. J'avais dit, écoutez, on emballera les oeufs demain ou après-demain avec son discours. C'est exactement ce qui s'est passé. Tout le monde s'en fiche. Il faut que les Français commencent à comprendre l'extraordinaire manipulation de tout ça. Il faut que les Français se ressaisissent. On n'a pas besoin de l'épée en carton de Macron. On a besoin simplement de quelqu'un qui soit un dirigeant, qui défend les intérêts du peuple français et qui fasse, comme le font les Britanniques, contre vents et marées, sortir de l'Union européenne.
Souhaiteriez-vous aborder d'autres sujets ?
Parmi les questions diverses, on va poursuivre pendant qu'on y est cette espèce de long martyrologe que nous procure la construction européenne. On parle beaucoup ces temps-ci des questions d'agressions sexuelles. Il y a eu cette affaire aux États-Unis, Harry Weinstein, qui abusait sexuellement d'un certain nombre de recrues puisqu'ils étaient en mania de l'audiovisuel. Cette affaire fait grand bruit. Il faut savoir qu'il y a eu une révélation qui a été faite hier en Suède par Margot Wallström. Margot Wallström, c'est la ministre suédoise des Affaires étrangères. Elle fut sous la commission José Barroso II, je crois, donc il y a quelques années, la commission européenne.
Elle a été commissaire européenne pour une nationalité suédoise. Eh bien Margot Wallström a dit, a révélé dans les médias suédois que même lors d'un conseil européen, lors d'un conseil européen, c'est-à-dire des sommets des dirigeants des chefs d'État de l'Union européenne, elle avait été assise à une table donc en tant que commissaire européenne et son voisin, alors elle n'a pas précisé qui, elle n'a pas donné plus de précisions que son voisin avait eu des gestes pour le moins déplacés à son égard. Alors ça a fait un petit scandale.
José Barroso, l'ancien président de la commission qui maintenant passe des jours extrêmement bien rémunérés chez Goldman Sachs pour service rendu à la mère patrie américaine et à l'oligarchie, eh bien José Barroso a dit, ben oui, que tout ça était tout à fait scandaleux. Alors ce sont des affaires qui remuent l'opinion publique dans tous les pays du monde et en France en particulier. Ce sont des affaires qui sont parfois un petit peu mises en avant dans les médias, pas forcément toujours, d'ailleurs, pour de parfaites et bonnes raisons pendant qu'on parle de ça. Ça évite de parler de la destruction de l'industrie française.
Ça permet de passer sous silence ce qui se passe, mais c'est pour autant des sujets quand même très graves. J'en profite pour rappeler que pendant la campagne pour l'élection présidentielle, j'avais été, j'avais appelé à signer une pétition pour Change, pour, comment dirais-je, allonger le délai de non-prescription de crimes pour des violences sexuelles commises sur des mineurs. Alors ça, c'est un sujet sur lequel on a déjà eu l'occasion de s'exprimer. Je reviens sur cette question. Nous, ce n'est pas dans le corps même de notre mouvement politique de parler de ces sujets, mais ce sont des sujets sociétaux qu'il est important d'évoquer, puisque j'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer.
Nous sommes très respectueux du droit, et je pense qu'il y a des sujets sur lesquels on ne doit pas transiger, notamment aussi tout ce qui concerne les agressions sexuelles contre des mineurs, des mineurs qui, d'ailleurs, devraient être considérés, à partir du moment où ils sont mineurs, il devrait y avoir un principe de droit, c'est qu'ils ne soient considérés comme par principe non consentant. Il y a eu une affaire qui a ému l'opinion publique française, une affaire sordide récemment avec une petite fille de 11 ans, qui est assez scandaleuse.
Je pense que la justice doit, sur ces côtés, sur ces aspects-là, être intransigeante, de même que sur, de façon générale, tout ce qui est agression sexuelle, également, dans la rue, agression, ou tout simplement, on ne sait plus tout ce qui est la plaisanterie et qui, parfois, tourne à l'agression.
Souhaiteriez-vous ajouter un mot pour conclure cet entretien ?
Je vais le terminer simplement en rappelant que nous avons notre université qui se tiendra exceptionnellement au mois de novembre, à la mi-novembre, le 18 novembre, suivi du Congrès le 19 novembre. Dans les tout prochains jours, nous allons commencer à présenter au public le projet de réforme des statuts proposés par le Bureau national qui sera soumis au vote. Et puis ensuite, il y aura la publication de la ou des listes qui se présenteront pour l'élection. Et puis, je vous expliquera tout ça et on vous expliquera tout ça le moment venu. de telle sorte que les gens puissent voter. Il y aura un système de vote qui s'étalera sur plusieurs jours pour que les gens puissent voter.
Mais je voudrais dire un mot sur l'université. Donc le 18 novembre, qui se situe, je renvoie sur notre site, dans un endroit qui est situé pas loin du tout du château d'Azelrideau, il y aura un programme tout à fait intéressant. Je vous signale que nous avons ouvert il y a quelques jours les premières inscriptions et que nous sommes très satisfaits, puisqu'il y a déjà plus de 300 personnes qui se sont inscrites alors que nous sommes encore à un mois de l'événement et que nous n'avons pas encore diffusé le programme. Voilà.
Donc j'en profite pour dire à toutes les personnes qui m'écoutent qui sont prévoyantes de s'inscrire au plus vite, d'abord parce qu'il faut quand même prévoir les ressources hôtelières. Heureusement, c'est quand même un endroit il y a beaucoup de ressources hôtelières dans un rayon de 15-20 km, y compris des hôtels bon marché, mais également de s'inscrire pour être présent à l'université et en particulier les tables rondes du samedi. Il y aura deux tables rondes qui seront, je crois, très intéressantes. Il y aura, je ferai un discours et puis ça se clôturera par la traditionnelle tombola.
Mais également, je signale que le dimanche après-midi, pour ceux qui le souhaitent, il y aura une visite spécifique qui nous sera consacrée pour les gens qui se seront inscrits du château d'Azelle-Rideau, qui est un des fleurons du patrimoine français, du patrimoine historique. Le château d'Azelle-Rideau, un fleuron de la Renaissance, très joli, dans un petit écrin de verdure et avec une petite pièce d'eau. Le château d'Azelle-Rideau qui d'ailleurs a été restauré récemment. Nous aurons une visite qui nous sera spécialement consacrée, suivie d'ailleurs d'une présentation de produits régionaux, notamment des vins qui seront en dégustation avec un certain nombre de viticulteurs qui y viendront.
Donc ça, c'est quand même quelque chose de sympathique mais, mais, il y a un mais. Seules les 300 premières personnes inscrites pourront y participer. Alors c'est la raison pour laquelle j'ai un conseil à vous donner. Inscrivez-vous au plus vite. Sur ce, je vous remercie d'avoir regardé cet entretien d'actualité et je vous dis à la prochaine fois. Vive la République et vive la France.
Les 18 et 19 novembre, l'Union populaire républicaine organise son université d'automne à Valère, près de Tours. Au programme, table ronde avec des personnalités en vue, discours du président François Asselineau, grande tombola, mais aussi la tenue du Congrès national. Une surprise vous sera également réservée le dimanche après-midi. Réservez vos places
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François Asselineau