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interviewC à vous· 23 janvier 2025 10 min

Les annonces de Gérald Darmanin pour le milieu carcéral - Le 5/5 - C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous pouvez foncer directement dans les salles. Vous serez les 1ers à voir "La Joconde". Il y a énormément de salles du Louvre qui sont presque désertes. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté notre invitation.

Je renvoie à votre enquête. C'est l'heure du 5/5. On a appris aujourd'hui la mort de J.-F.Kahn C'était un centriste révolutionnaire.

J.-F.Kahn a été un soutien. - L.Sénéchal: Il a été intellectuel, journaliste, grand patron de presse et un personnage incontournable des plateaux télé.

Il était éloquent et engagé, comme ici, dans "L'Heure de vérité", en 1984. Il venait de lancer "L'Evénement du jeudi" et s'emportait contre la concentration des médias. - Ces problèmes de journalistes, leur possibilité d'informer, leurs sources...

C'est peut-être moins nous que cela intéresse que vous. Je vous en prie, occupez-vous-en. - L.Sénéchal: Tout cela est encore très actuel.

J.-F.Kahn a marqué "Le Monde", Europe 1...

Il laisse en héritage "Marianne", qu'il a dirigé. - Il y a une espèce de discours unique. Il y a nécessité démocratique qu'il y a au moins un journal qui apparaisse comme cassant ce discours.

Nous voulons être un journal positif. Que faire pour créer des emplois? Que faire pour qu'il y ait moins d'injustice dans ce pays?

C'est un journal qui veut que les gens se bougent pour bouger la France. - L.Sénéchal: Jusqu'au bout, il aura participé au débat.

Il venait d'écrire un ouvrage sur le retour du fascisme. Il s'inquiétait de la montée de l'extrême droite. - Si on continue les conneries, évidemment que l'extrême droite va gagner les élections.

Ce n'est pas le fascisme ou la dictature, mais l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, compte tenu d'une radicalisation générale et d'une course à l'extrémisme, c'est le climat de guerre civile que ça va provoquer. Un climat de violence. On le voit déjà.

Ca m'angoisse terriblement. - L.Sénéchal: P.Cohen, vous vouliez dire un mot. - P.Cohen: C'était un géant du journalisme.

Un esprit brillant, curieux et universel. J'ai eu cet après-midi au téléphone un grand ancien d'Europe 1 qui a travaillé avec lui pendant plusieurs années. Il m'a dit: "C'est l'un des grands privilèges de ma vie d'avoir travaillé avec une pointure pareille." - R.Glucksmann: Ce qu'il dit sur la concentration oligarchique des médias et sur le risque de l'extrême droite, on a les 2 risques actuels qui se rejoignent.

On a aujourd'hui, y compris sur les réseaux sociaux, des sortes d'oligarchie qui surfent sur le populisme qui menace le coeur même de nos démocraties. Ces paroles sont particulièrement actuelles. - A.-E.Lemoine: G.Darmanin concrétise cette annonce contre les narcotrafiquants. - L.Sénéchal: Il annonce l'ouverture dès cet été d'une 1re prison de haute sécurité qui regrouperait les 100 narcotrafiquants les plus importants. - G.Darmanin: J'ai annoncé la création d'une prison de haute sécurité.

Ce sera un lieu de détention inviolable. 2 autres établissements seront créés dans les 2 prochaines années afin que les plus de 600 personnes que les renseignements pénitentiaires nous désignent comme particulièrement dangereuses dans le narcobanditisme puissent être dans la même enseigne. - L.Sénéchal: Le narcotrafic est en plein essor en France malgré quelques victoires, comme l'extradition au Maroc d'un chef de gang.

Les dockers sont infiltrés, menacés eux ainsi que leurs familles pour les forcer à dealer. Témoignage de l'avocat de ces dockers. *-Ce qui était, il y a 10 ans, mis en doute par les magistrats eux-mêmes...

On croyait que c'était un faux alibi, on sait aujourd'hui que c'est vrai. Il y a des menaces, de l'intimidation et de l'argent. L'argent leur est parfois promis sans même qu'ils n'en voient... - L.Sénéchal: G.Darmanin promet aussi la création d'une police pénitentiaire avec une formation plus longue qu'actuellement.

Il n'est pas revenu sur la création d'un parquet national dédié à la criminalité organisée qui examine en ce moment le Sénat et contre laquelle s'est prononcée récemment l'une des plus hautes magistrats de France. Elle n'est pas convaincue et craint un miroir aux alouettes. - A.-E.Lemoine: L'ombre de l'attentat de l'UTA plane sur le procès de N.Sarkozy. - L.Sénéchal: Selon l'accusation, c'est pour financer la campagne de N.Sarkozy que B.Hortefeux rencontre en Libye cet homme condamné par la justice française pour la mort de 170 personnes dont plusieurs Français dans l'explosion. - Il y a tellement d'histoires, de personnages...

Il y a des intermédiaires véreux, des hommes politiques... - Des histoires de copinage à tous les étages qui font qu'on sent bien que les liens qui les unissent... - On aimerait qu'au moins l'un d'entre eux, déjà ça suffirait à mon bonheur, disent: "OK, on a mal fait." Au bout de 3 semaines, presque, de procès, on ne le sent pas.

Ils soutiennent très fort. - L.Sénéchal: La défense parle d'un guet-apens tendu à un ministre candide.

B.Hortefeux affirme qu'il ignorait quel était son interlocuteur lorsqu'il se rend en Libye. Il plaide l'ignorance.

C'est aussi la stratégie de N.Sarkozy. Depuis le témoignage et l'émotion des victimes, le procès n'est plus le même, estime le journaliste qui a suivi les audiences. - Ce procès a changé de dimension.

On a même le sentiment que ce ne sera plus pareil. L'électricité de cette salle d'audience aurait changé radicalement. Maintenant, il faut faire avec la douleur des familles.

On n'est plus seulement dans un procès de corruption, mais aussi dans un procès de corruption sur fond de terrorisme. - L.Sénéchal: Ce procès est censé durer jusqu'au 10 avril.

N.Sarkozy encourt 10 ans de prison. - R.Glucksmann: Ca souligne que tous ces dirigeants européens qui ont cru pouvoir passer des deals avec des régimes comme celui de Kadhafi se retrouvaient à dealer avec des terroristes. - P.Cohen: Il le conteste. - R.Glucksmann: Il plaide l'ignorance, dit qu'il ne savait pas. - L.Sénéchal: Qu'il n'y a pas d'argent libyen... - R.Glucksmann: Sans me prononcer sur le fond...

Une rencontre qui a été organisée par la France et le gouvernement d'alors. On ne joue pas avec ce type de gens. Je ne parle pas sur le fond du procès.

On ne joue pas avec ce type de gens. Ce n'est pas sulfureux. Ce ne sont pas des coups tactiques.

Ce sont des criminels. - A.-E.Lemoine: Le carton de "Emilia Perez" en tête des nominations aux Oscars. - L.Sénéchal: Du jamais-vu pour un film non anglophone.

Meilleur film, meilleure réalisation...

C'est déjà un triomphe pour le film de J.Audiard sur la seconde vie d'une femme transgenre, ancien chef de cartel au Mexique. L'actrice est la 1re femme trans nominée aux Oscars.

Elle me racontait comment elle avait obtenu le rôle. - J'ai changé ma voix pour qu'il comprenne que je pouvais faire les 2 personnages. Finalement, un jour, il m'a appelée pour me dire OK.

Il est vraiment comme ça. C'est un génie. C'est le meilleur directeur du monde. - L.Sénéchal: Les Oscars ont décidément un accent français.

Au-delà des "Emilia Perez", C.Fargeat est en concurrence avec J.Audiard pour le film "The Substance". - A.-E.Lemoine: Cette scène, vous l'avez tellement faite devant la caméra de C.Fargeat, que vous en étiez presque à vous arracher la peau. - D.Moore: Ma peau était à vif, ce jour-là.

Mais, à nouveau, je pense que ce moment est un moment plein d'humanité. - L.Sénéchal: P.Lescure, ancien patron du Festival de Cannes, je disais que c'est presque un triomphe pour "Emilia Perez", et ça vous fait plaisir. - P.Lescure: G.Gerwig, présidente du Festival de Cannes est une figure de proue du cinéma indépendant...

J.Audiard, qui ne parle pas très bien anglais ni espagnol a recréé ce film qui a touché toute l'Amérique. Il a tourné dans les studios de Bry-sur-Marne avec une actrice américaine et une autre merveilleuse hispano-américaine...

Et la musique française aussi a une nomination, avec Camille et son compagnon. Elle qui revient après une carrière météorique. C'est la magie de la création du cinéma quand ça devient