Nicolas Dupont-Aignan invité de Bourdin Direct (23 décembre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Êtes-vous député de l'Essonne, président de Debout la France, 19ème jour de grève aujourd'hui contre la réforme des retraites. Est-ce que vous soutenez les grévistes ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
Vous refusez ce projet de réforme, mais simplement, aujourd'hui, 19ème jour de grève, en pleine vacances scolaires, est-ce que vous soutenez les grévistes ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'auriez pas espéré, vous dites, on aurait pu avoir d'autres moyens de faire grève ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Vous savez que beaucoup de grévistes ont voté Macron ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Donc au deuxième tour, vous estimez que c'était vraiment une erreur.
- 3:56OuverteRéponse directe
Vous dites que ce qui se passe aujourd'hui, si Marine Le Pen était présidente, ce ne serait pas le cas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéChiffre
« Totalement, 150%. »
- 0:45InvitéFait
« Cette réforme c'est la démolition, mais la démolition j'emploie le terme fort, d'un système de justice sociale qui a été mis en place par le général de Gaulle à la fin de la guerre, qui visait à ce que la retraite ne soit pas un piège à pauvreté. »
- 1:20InvitéFait
« le système à points, qui est un système qui partout où il a été mis a baissé massivement les pensions de retraite, conduit des millions de gens dans la pauvreté, et est un scandale absolu. »
- 5:45InvitéFait
« Non, parce que le gouvernement, oui, promet cela. Mais en même temps, si je puis dire, il va asseoir, c'est ça qu'il faut comprendre, le calcul de votre future retraite, non plus sur les six derniers mois pour les fonctionnaires, ou les 25 meilleures années, mais sur les 43 années. »
- 6:30InvitéFait
« Non, fausse. Et je vais vous dire pourquoi. »
- 7:55InvitéChiffre
« 1 milliard par an. »
- 7:58InvitéChiffre
« Il y a 6 milliards et demi donnés aux retraites à des personnes qui vivent à l'étranger. »
- 8:12InvitéChiffre
« Capital. Qui explique que tous les contrôles de la sécurité sociale qui ont été faits prouvent qu'il y a à peu près 15% de fraude. »
- 9:25InvitéChiffre
« C'est 5 à 10 milliards. »
- 9:31InvitéChiffre
« Le rapport du corps est très précis, madame. Le rapport du corps est très précis. Il dit entre 5 et 17 milliards. »
- 10:01InvitéFait
« Car il faut 41,5 annuités pour avoir une retraite à taux plein. »
- 11:53InvitéFait
« pantoufler chez Rothschild où il a gagné 2,8 millions d'euros en trois ans »
- 16:39InvitéFait
« La France doit revoir son système de retraite pour faire des économies supplémentaires. »
- 18:01InvitéFait
« Gaulliste, je suis pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur17 %
- ?10 %
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Bonjour
Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour
Apolline de Malher.
Merci d'être avec nous.
Vous
êtes député de l'Essonne, vous êtes président de Debout la France, 19ème jour de grève aujourd'hui contre la réforme des retraites. Est-ce que vous soutenez les grévistes
? D
'abord je dis quel gâchis,
quel
gâchis pour le pays, quel gâchis pour la souffrance des gens qui galèrent dans les transports. Mais je combats de toutes mes forces cette réforme
et
je dis que la grève pourrait s'arrêter d'un coup
si
le gouvernement entendait la douleur des Français.
C'est un
gâchis
imputable au gouvernement pour vous ? Totalement, 150%.
Car
les Français ont compris au fond d'eux-mêmes ce que c'était que cette réforme. Cette réforme c'est la démolition, mais la démolition j'emploie le terme fort, d'un système de justice sociale qui a été mis en place par le général de Gaulle à la fin de la guerre, qui visait à ce que la retraite ne soit pas un piège à pauvreté.
Il
y a des réformes à faire en matière de retraite, il y a des corrections à faire, il y
a
des inégalités auxquelles il faut remédier. Ce système n'est pas parfait. Mais
est
-ce une raison
pour
tout changer et mettre en place un
système à
points,
et
j'insiste sur le système à
points, qui est un système qui partout où il a été mis a baissé massivement les pensions de retraite, conduit des millions de gens dans la pauvreté, et est un scandale absolu. Donc, moi je dis au gouvernement, arrêtez !
Arrêtez ! Vous refusez ce projet de réforme, on a bien compris, mais simplement, aujourd'hui, 19ème jour de grève, en pleine vacances scolaires,
est
-ce que vous soutenez les grévistes
? Mais je vais vous dire, moi j'ai proposé... Vous ne
pouvez pas dire cette phrase,
je soutiens les grévistes.
J'ai proposé la grève de la gratuité, je suis le seul,
à avoir trouvé une solution,
mais il faut le rendre légal, je suis député, j'ai proposé que ce soit légalisé. Et si le gouvernement ne voulait pas bloquer la France,
et
prendre en otage les Français, il aurait autorisé la grève de la gratuité, les gens montraient dans le train, ils seraient heureux, ce serait gratuit. En fait, le gouvernement prend en otage les Français, et après dit, vous voyez, vous souffrez, c'est la faute des grévistes. Eh bien, je dis que les Français ont compris cette manipulation, moi je ne souhaite qu'une chose, qu'une chose. Mais je soutiens bien sûr, je soutiens le mouvement social, mais je souhaiterais qu'ils prennent une autre forme, et je souhaiterais qu'ils s'arrêtent le plus vite possible pour libérer les Français de cette souffrance.
Mais le responsable, parce qu'à un moment il faut poser les responsabilités, c'est le gouvernement qui prend de front
le
corps social français, les Français, et qui pire que tout, plonge le pays dans le chaos, alors que notre pays n'a pas besoin de cette grève, notre pays a besoin de préparer l'avenir, d'ailleurs de construire des emplois, de développer l'économie pour payer les retraites.
Donc c'est aberrant.
Tout en soutenant
les grévistes,
est-ce que vous n'auriez pas espéré, vous dites, on aurait pu avoir d'autres moyens
de faire grève ? Et j'ai même proposé une
trêve, je l'ai proposée, sur votre antenne, samedi
dernier. Vous
comprenez que les grévistes répondent que ça n'est pas possible parce qu'une grève reconductible qui s'arrête, ils n'arriveront pas à la remettre en
route.
Écoutez,
je ne
suis
pas à la place des grévistes, je dis simplement
qu
'il ne
faut
pas inverser les responsabilités. La responsabilité, elle vient au gouvernement et il divise les Français. Ce que je n'aime pas dans ce gouvernement et dans ce président, vous voyez, au-delà des désaccords, on peut avoir des désaccords en politique.
On
peut en avoir. C'est la démocratie. C'est la démocratie. Et je m'incline devant le vote des Français. D'ailleurs, je fais une parenthèse, je remarque que beaucoup de grévistes ont voté Macron, alors que je les avais prévenus en la présidentielle que cet homme était dangereux pour la France. Mais c'est une parenthèse. Comment
vous savez que beaucoup de grévistes ont voté Macron
?
Écoutez, les syndicats, CGT, tout ça, qui appellent à la grève, ont appelé à voter Macron quand même, ce qui est quand même incroyable.
Au
deuxième tour. Oui, mais enfin, c'est quand même incroyable.
Donc au deuxième tour, vous estimez que c'était vraiment une erreur. Effectivement, vous vous étiez
associé avec Marine Le Pen. Je maintiens. Mais moi, je maintiens que j'ai eu
raison.
Vous dites que
ce
qui se passe aujourd'hui, si Marine Le Pen était présidente, ce ne serait pas le cas ?
Ça ne serait sûrement pas le cas. Et ce que je vais vous dire d'ailleurs, une parenthèse,
c
'est qu'au-delà de la grève, si c'est par malheur pour les Français, cette réforme visait à les passer, par malheur,
je
ferais de 2022
l
'enjeu politique. Si vous voulez annuler la réforme des retraites,
ne
votez pas Macron. Si vous votez Macron
à nouveau,
pourquoi Marine Le Pen ?
Ce
sera peut-être un autre ou une autre.
Personne ne sait.
On verra. Ce n
'est
pas la question
pour l'instant.
Si c'était à refaire, vous le referiez en tout cas ?
2017, eh bien, beaucoup de Français aujourd'hui me donnent raison. Mais en revanche, il va falloir faire de la réforme des retraites un enjeu de 2022. Car, et là, je peux vous dire que ça peut changer beaucoup de choses sur la motivation des députés En Marche pour voter cette réforme scélérate et dangereuse. Car si nous ne faisons pas seulement une pression syndicale, mais une pression politique, si vous réalisez Emmanuel Macron en 2022, vous aurez l'application de la réforme des retraites. Si, en revanche, moi, en tout cas, je m'engagerais,
si
je ne suis pas sûr d'être candidat, mais je m'engagerais, quelle que soit ma position de candidat ou de soutien, je m'engagerais à l'annulation de la réforme des retraites. Car cette réforme de retraite, il faut que les Français le comprennent, va ouvrir la voie des fonds de pension, comme pour les plus hauts revenus, là, très vite. Va ouvrir la voie de l'injustice, de la pauvreté de masse. Alors même que pour
résoudre le problème des retraites, on peut faire
autrement.
Et bien comment vous feriez, on va revenir quand même sur ce que vous
avez dit sur Marine
Le Pen dans un instant, mais sur cette réforme
des
retraites, vous, vous feriez quoi ? Est
-ce qu'on reste au
système actuel ? Est-ce qu'on l'améliore ? Est-ce qu'on le change
?
Deux choses. D'abord, on corrige ses
défauts. Les
défauts, c'est quoi ? C'est les petites retraites, notamment des conjoints d'agriculteurs, de commerçants, d'artisans, qui ont des retraites de misère.
Ça, pour le coup, le gouvernement va le changer. Il n
'y
aura pas de retraite en dessous de 1 000 euros.
Non,
parce que
c'est faux. Et je vais vous expliquer pourquoi. Mais je reviens sur mes propositions quand même. Je reviendrai après là-dessus. Ma
proposition est très simple. Elle ressemble
à ce que promet le
gouvernement.
Non, parce que le gouvernement, oui, promet cela. Mais en même temps, si je puis dire, il va asseoir, c'est ça qu'il faut comprendre, le calcul de votre future retraite, non plus sur les six derniers mois pour les fonctionnaires, ou les 25 meilleures années, mais sur les 43 années. Et quelles sont les premières victimes de cet élargissement de l'assiette de calcul des retraites sur les 43 années ? Ce sont les femmes. Car les femmes
ont des carrières beaucoup plus
assurées. Et c'est là l'injustice insupportable. Alors, qu'est-ce que je propose ? Parce qu'il faut être dans la proposition.
Je propose de maintenir à 62 ans. Quand tu dis
qu'il n'y aura pas de petites retraites en dessous de 1 000 euros, c'est une promesse, pour le coup, sonante et trébuchante. Non,
fausse. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il ajoute, vous savez, c'est comme dans les contrats d'assurance, il
faut
lire en bas de
la page. Les petits
astérix.
Les petits astérix,
c
'est carrière complète. 43 ans. C'est même plus les 25 meilleures années. D'ailleurs, comment vous pouvez croire un président de la République ? J'ai repris une phrase. Avril 2019, c'est pas en 2017. Avril 2019, conférence de presse. Tant qu'on n
'a
pas réglé le problème du chômage, ce serait assez hypocrite de reculer l'âge légal. Bon courage déjà pour arriver à 62 ans. C'est ça la réalité de notre pays. Alors, on va nous dire, non, non, il faut aller jusqu'à 64 ans. Alors, vous ne savez même pas quoi faire après 55 ans. Qui a dit ça ? Qui a dit ça ? Monsieur Dupont-Aignan ?
Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron, en conférence de presse. Emmanuel
Macron
ne
modifierait pas l'âge de départ légal.
Alors
certes, techniquement, il le met à 64 ans puisque ce sera l'âge pivot. Mais on sera autorisé à partir à 62
ans. Avec une
retraite de misère puisqu'il y
aura
une décote. Non mais attendez, de qui se moque-t-on ? Alors, comment voulez-vous que les Français le croient ? Mais moi, je vais vous dire ce que je propose. Je propose qu'on corrige sur les basses retraites avec une remontant la possibilité, mais par palier. Premier point. Et deuxièmement, comment je finance ? Parce que c'est ça le problème. Comment on finance ? La lutte contre la fraude sociale aux retraites et à la sécurité sociale
qui est considérée. C'est quoi les fraudes
sociales à la retraite et
à la sécurité sociale ? Je vais vous donner un exemple. Première chose.
A peu près 1 milliard donné aux retraites de personnes décédées à l'étranger. Le budget des retraites versées à des personnes qui
résident à l'étranger... Qui vous a donné ce chiffre ? 1 milliard ?
Journal Capital.
1 milliard par an ? 1 milliard par an.
1 milliard par an. Il y a 6 milliards et demi donnés aux retraites
à
des personnes qui vivent à l'étranger. Mais il
y
a beaucoup de gens qui sont morts à qui on verse encore les retraites. Notamment en Algérie. Il y
a
eu un article de Capital. Ce n
'est
pas un journal révolutionnaire. Capital. Qui explique que tous les contrôles de la sécurité sociale qui ont été faits prouvent qu'il
y a
à peu près 15% de fraude. Ça représente 1 milliard. Il y a eu un rapport de la Chambre régionale des comptes. Le cours des comptes, pardon. On ne peut pas continuer comme ça. C'est comme les fausses cartes vitales. On nous
explique qu'il y a
une crise
de l'hôpital. Pourquoi vous
nous parlez de fausses cartes vitales, de complots,
de choses qui ne fonctionnent pas ? Mais
madame, c'est tellement plus facile de s'attaquer sur ceux qui ont travaillé durement dans leur vie et qui méritent leur retraite, plutôt que de traquer les fraudeurs.
Vous
savez que j'ai été à l'origine, en 2013, d'un rapport sur la fraude fiscale.
A
l'époque, on me disait, oui, monsieur Dupont-Aignan, vous êtes complotiste, il y
a
des milliards. Et je vois que monsieur Darmanin, aujourd'hui, récupère beaucoup d'argent parce que l'État a pris conscience de la fraude fiscale en France. Donc là, vous dites tant mieux. Tant mieux. Mais moi, quand il y
a
quelque chose de fait, je ne
vais
pas dire que ce
n'est
pas bien, parce que c'est ce gouvernement. Pourquoi on ne fait pas la même chose sur la fraude sociale ? On pourrait récupérer entre 5 et 10 milliards sur la fraude à la sécurité
sociale. Au-delà de la fraude, est-ce que vous n'avez pas un problème
qui lui-même puisse être tout seul, vertueux, sans être uniquement dans la chasse
?
Écoutez, la vertu, c'est de récompenser ceux qui ont travaillé
et
de ne pas récompenser ceux qui
n
'ont pas travaillé. Vous savez, dans notre pays, si on faisait respecter la loi, il y aurait beaucoup de problèmes qui seraient réglés. Le système des retraites est équilibré à la marge. Il manque 5 à 10 milliards. C'est 5 à 10 milliards. Il
sera déséquilibré précisément 100% à partir de
2025,
après le rapport du corps. Le rapport du corps est très précis, madame. Le rapport du corps est très précis. Il dit entre 5 et 17 milliards. Si on lutte contre la fraude, on règle le problème. On
règle le problème si c'est 5 milliards, mais si c'est 17
milliards, comme l'évoque aussi le corps. On a
en plus les fonds de réserve et on a la recette à partir de 2024 de la CRDS qu'on ne paiera plus, puisque la dette sociale sera remboursée. Donc il est faux de dire que le système est en faillite. Et je vais vous rajouter quelque chose.
Et
les Français le savent bien. C'est que déjà la réforme Fillon est touraine, est déjà très dure. Car il faut 41,5 annuités pour avoir une retraite à taux plein. Et il n
'y
a pas beaucoup de Français qui l'ont. Donc attention à ne pas charger la barque. On ne peut pas avoir un pays
qui
repose sur une injustice permanente. Et j'ajoute un dernier point. On peut régler beaucoup mieux le problème des retraites en créant de l'emploi, en relocalisant les activités.
Ça, dans l
'absolu, tout le monde est d'accord avec vous. Après, la question, c'est qu'ils sont nombreux à avoir tenté de remettre le plein emploi. Et
si c'était facile, ça serait fait depuis longtemps. Et
dans la conférence de presse du Premier ministre, que j'ai écoutée de A à Z, il fallait du courage, il n
'y a
pas eu un mot
sur
la relocalisation des emplois, sur la baisse des charges pour les PME, sur cette compétitivité qui permettra de porter notre système social. Vous me connaissez, je ne
suis
pas quelqu'un qui dit « on rase gratis », ce n
'est
pas mon style. Je veux qu'on lutte contre la fraude. Je veux qu'on crée de l'emploi en baissant les charges des PME qui relocalisent. Et je veux qu'on taxe l'évasion fiscale de grandes entreprises multinationales qui ne payent pas d'impôts en France. C'est
ça la
question. Et le problème des retraites, il est réglé. Qu'on arrête d'affoler les Français. On arrête de culpabiliser les Français d'avoir travaillé dur.
Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il allait renoncer à sa retraite, en fait sa rémunération d'ancien président. Est-ce que vous estimez que c'est courageux ?
Non.
Non.
Je vais vous dire pourquoi. D'abord, le général de Gaulle l'avait fait et avait renoncé même à sa retraite de général.
Et
il vivait de ses droits d'auteur, modestement. Je croirais Emmanuel Macron... Il a
travaillé très très très longtemps.
Oui, c'est vrai. Donc la
retraite, elle a été assez courte.
Malheureusement pour lui. Mais je vais vous dire... Ce
qui ne serait évidemment pas
le cas d'Emmanuel Macron.
Non, mais Emmanuel Macron, j'aimerais qu'il s'engage devant les Français
à
ne pas travailler dans un fonds de pension auquel il ouvre les portes. À ne pas travailler dans une multinationale américaine à laquelle il a vendu les plus belles entreprises françaises, Alstom et d'autres. S'il s'engageait à ne pas
pantoufler
chez Rothschild où il a gagné 2,8 millions d'euros en trois ans,
ce
serait pas mal.
Vous estimez que c'est ça le risque ?
Mais bien sûr, c'est là le risque. Il a déjà
un pied dans ses entreprises,
si on vous écoute.
Bien sûr. Et c'est ça qui me désole pour le pays. Vous savez, si Emmanuel Macron relocalisait les emplois, s'opposait à la vente des entreprises... Tiens, une des plus belles entreprises françaises, la Técoère, personne n'en a parlé. La Técoère de la région toulousaine,
vous
savez, 5000 emplois qui fabriquent
tous
les sous-traitants d'Airbus. Des plus belles entreprises, là, dans l'indifférence générale, est passée sous le contrôle d'un fonds vautour américain.
L
'enjeu des retraites, je vais vous surprendre, l'enjeu des retraites, si on était un pays qui arrête de regarder vers le passé, l'enjeu des retraites,
c
'est de faire en sorte qu'il
y ait
une force économique française, que nos entreprises ne
soient
pas bradées à l'étranger, pour qu'après elles soient délocalisées, qu'on baisse les charges, qu'on incite au travail. Moi, je suis pour le travail qui paye. Cette réforme, vous savez, elle est paradoxale. Cette réforme, elle tape sur les gens qui ont travaillé. Mais vous croyez que vous allez motiver les jeunes en leur disant que
vous
n'allez pas avoir de retraite ?
Une
retraite de misère, alors que vous travaillez. Et en revanche, ceux qui fraudent, ceux qui se la coulent douce, ceux qui sont eux, en revanche,
il
y
a
toujours de l'argent pour eux, qu'ils soient au sommet ou
à la base. Mais c
'est
le cas,
vraiment, ça ?
Ah ben oui. Vous savez, moi je veux par exemple que les gens qui aient le RSA, qui souffrent d'ailleurs, parce que vous savez, beaucoup de gens qui
ont
le RSA aimeraient travailler, puissent avoir une journée d'insertion où ils travaillent dans une collectivité locale, un hôpital, pour leur redonner une chance d'insertion. Donc, il ne s'agit pas de punir les gens qui
ont
des difficultés, il s'agit de les aider,
d'inciter au travail. Et de les intégrer,
si on vous
entend. Mais il faut qu'au sommet,
les plus riches, comme les plus modestes, soient incités au travail, et qu'on aide ceux qui ont bossé, qui bossent durement dans notre pays. Nicolas
Dupont-Aignan, vous ne m'avez pas vraiment répondu sur cette retraite à laquelle a renoncé Emmanuel Macron.
Vous
dites,
s'il s
'engageait à
d'autres choses. Mais est-ce que
vous, président, vous renonceriez ? Est-ce que c'est une bonne chose qu'il y ait renoncé ? Est-ce que c'est une bonne chose qu'il le supprime, et qu'on prie pour les suivants ?
Mais pourquoi pas ? Moi, j'ai toujours demandé la fin des privilèges.
Donc, c'est pas mal qu'il le fasse.
Oui, mais je préfère entre nous un président qui a sa retraite. Il ne
faut
pas qu'il ait une retraite supplémentaire, il a une retraite des 5 ans qu'il a exercées. C'est ce qui va
être dans les cas,
c'est-à-dire qu'il renonce à la rémunération
d'anciens
présidents.
Je l'ai demandé 20 fois. Pour autant, il cotisera
comme tout
un chacun. Très bien,
je lui ai demandé 20 fois. Vous savez, on peut réformer le pays si, comme le général de Gaulle, on s'astreint soi-même à renoncer aux
privilèges. Mais vous vous
revendiquez tous du général de Gaulle, lui comme vous
?
Très bien, au moins, il y
a
un point d'accord.
Nicolas Dupont-Aignan, les députés de La République En Marche, à la suite de cette annonce d'Emmanuel Macron, ont dit qu'ils étaient prêts à accepter d'intégrer le régime universel et à renoncer aussi à ce régime spécial des députés. Excusez
-moi, heureusement,
mais
heureusement. Mais attendez, ils vont faire souffrir des millions de Français,
donc
ils peuvent souffrir aussi. Mais moi, je vais vous dire, je n
'ai
pas envie que les Français souffrent.
Et
je suis convaincu qu'on peut
sauver les retraites
des Français sans casser le système de la répartition et ouvrir aux fonds de pension. Car derrière cela, il y a l'affaire des fonds de pension. M. Marlech, ce n
'est
pas un député de Debout-la-France, c'est un député républicain, a mis sur la table à l'Assemblée, j'étais en séance, le scandale de BlackRock, qui est
une entreprise américaine... C'est un fonds de pension qui a été reçu à l'Elysée.
Et qui va bénéficier de la fin des cotisations sur les plus hauts salaires, au-dessus d'un plafond, 3 milliards de cotisations qui vont être perdues pour le système des retraites français.
Et qui va peut
-être encourager les plus hauts revenus à aller vers la cotisation.
M.
Marlech, avec
les fonds de pension, c'est 3 milliards de perdus. Alors, on nous dit qu'il
y a
un déficit, et on va enlever 3 milliards de cotisations, et on va continuer à payer pour les plus hauts revenus qui ont déjà cotisé, c'est normal. Donc, c'est n'importe quoi cette réforme. Le gouvernement... D'ailleurs, si cette réforme... Apolline de Malherbe, quand même, il y
a
un truc que je pensais en venant.
Si
cette réforme était si géniale,
pourquoi
il ne
l
'applique pas à tout le monde ? Pourquoi il s'arrête à 1975, 1975 ? Parce
que vous l'avez vu,
quand
même, le pays est très bloqué.
Il
y
a un moment où il faut peut-être faire un petit chemin. Si cette
réforme était si géniale,
que
le gouvernement s'engage, comme l'a dit le Premier ministre, à mettre dans la loi
que
personne ne sera perdant, qu'il n
'y aura
aucune baisse des retraites. Et je vais vous dire autre chose...
C'est très
théorique, ça, quand même.
Ah non, ce n'est pas
théorique du tout pour les Français qui vont toucher 500 euros de moins, ou 1000 euros par an. Et je vais vous donner un exemple. J'ai retrouvé, dans les papiers européens, la grande orientation de politique européenne. Vous savez, ce sont des recommandations très
insistantes
par
la Commission de Bruxelles. Et j'invite les Français qui auront le temps à regarder sur Internet le 5 juin 2019. 5 juin 2019, il est purement écrit. La France doit revoir son système de retraite pour faire des économies supplémentaires.
Donc, ça veut bien dire que ça s'en perdant.
Que répondre ?
Ils obéissent.
Cela dit, vous pourrez aussi retrouver sur Internet le programme d'Emmanuel Macron qui était candidat. Là, pour le coup, c'était avant que la Commission ne fasse ses recommandations.
C
'était dans son programme.
Mais pas sous cette forme
-là. Pas
l'équilibre,
mais la réforme universelle par point. Non, mais même,
la réforme universelle par point, qu'on s'entende bien, elle est dangereuse. Parce qu'une fois que vous avez le
système par point... Je ne dis pas qu'elle est
dangereuse ou pas. Je réponds simplement à votre point sur
l'Europe.
Ça n'était pas en réponse
à l'Europe, puisque c'était une décision alors qu'il était candidat. Il faisait croire qu'elle ne ferait aucun perdant. Nicolas Dupoignan,
je voudrais qu'on puisse parler également du voyage d'Emmanuel Macron en Côte d'Ivoire. La fin du France CFA, c'est une page qui se tourne.
Est
-ce que c'est bien ainsi ?
Moi,
ça ne me déplaît pas. A une condition, c
'est
qu'on aille au bout. Or, j'ai remarqué que la France garantit toujours la monnaie, la nouvelle monnaie. Alors, c'est quand même extravagant. On nous dit, c'est la fin. On enlève les représentants français.
Et
ça, pourquoi pas ? Et je comprends que les Africains aient envie de gérer leur monnaie seule. Moi, j'aimerais qu
'on
gère notre monnaie seule. Donc, je les comprends fort bien. Mais alors, pourquoi la Banque de France reste garante de la monnaie ? Donc, vous voulez dire, allons jusqu'au bout ? Allons au bout. Et puis, parce que... Mais je comprends cette volonté. Ça, ça ne me gêne pas du tout. En revanche, j'ai été un peu surpris des paroles du président.
Il a dit, le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République.
Alors, moi, je vais vous dire. Gaulliste, je suis pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Mais là, depuis 60 ans, 60 ans, les États africains sont indépendants. Et j'aurais aimé que le président de la République...
Donc,
ça
veut dire que vous
êtes quand même d'accord sur le fond ? Ça a été une erreur ? Ça a été une faute ?
Il y a eu
un
phénomène historique qui a produit beaucoup de drames, beaucoup de douleurs, qui a aussi apporté des bienfaits. Le bilan n'est pas tout noir, tout blanc. Certains veulent qu'il soit tout noir, d'autres veulent qu'il soit tout blanc. Moi, je crois qu'on est heureux quand on est libre. Et donc, je comprends que les États africains aient voulu retrouver leur liberté.
Ça a été une erreur ? Ça a été une faute de l'État français ?
C'est l'histoire de France. C'est l'histoire de ses poids. Donc, vous ne voulez pas la qualifier ? Je ne veux pas la qualifier parce que j'en ai assez de la repentance permanente. Ça fait 60 ans. Et j'aimerais plutôt qu'on s'occupe de décoloniser la France.
C
'est
-à
-dire
quoi, décoloniser la France ?
Monsieur Macron, il laisse la France coloniser.
Coloniser
par qui ? Coloniser économiquement, c'est entreprise américaine et chinoise. Coloniser en permanence. C'est-à-dire que nous ne
sommes
plus maîtres de notre politique par Bruxelles, politiquement.
Par
l'Allemagne qui décide à notre place. Alors, je trouve extraordinaire qu'un président de la République française aille rappeler les événements d
'il
y a 60 ans, alors que les États africains sont libres,
qu
'ils sont colonisés en ce moment par la Chine,
qui
colonise le monde.
Donc,
pour
vous, la France
est un pays qui n'est pas libre aujourd'hui ?
Ah
non, il n'est pas libre. Et on le paye très cher. Et cette réforme des retraites
est
une des marqueurs de cette absence de liberté. Moi, je suis gaulliste. Je crois à la France libre. Libre. Je veux qu'elle soit libre.
Encore une fois, vous êtes gaulliste. Ils le sont tous. Merci
en tout cas Nicolas Dupont-Aignan. Ce n'est pas toujours les mêmes enseignements entre nous. Merci
Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été avec nous ce matin.
Merci à vous. Vous êtes député
de l'Essonne, président de Debout la France. Il est 8h53 sur RMC et BFM TV.