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interviewAssemblée nationale· 12 juillet 2025 53 min

🤝 Ouverture de la séance plénière de la 50e session de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Je déclare ouverte la 50e plaignière de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Monsieur le président du Sénat.

Monsieur le président de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, mesdames et messieurs les présidents d'Assemblée, monsieur le ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères chargé de la francophonie et des partenariats internationaux, madame la déléguée générale, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs, avant de commencer mon intervention, je voudrais saluer saluer l'accord qui est intervenu cette nuit au sujet de la Nouvelle-Calédonie, terre qui est chère au cœur de la France et cher au cœur de la francophonie. Cette nuit, par le dialogue, par le dépassement de soi, les différentes parties ont réussi réussi à signer un document qui entérine un accord de paix qui assurera la Nouvelle-Calédonie. Un avenir prospère, nous le souhaitons tous.

Et donc c'est la victoire des hommes et des femmes de bonne volonté. Bravo à eux. [Applaudissements] Ce sont les peuples qui par l'intermédiaire de leurs élus pousseront les gouvernements à aller de l'avant.

Il faudrait réunir dans une association interparlementaire les parlements de tous les pays où l'on parle le français. Vous l'aurez reconnu en 1966, ce sont les mots de Léopold Sédar Sengor, le poète président du Sénégal, qui tissent ainsi les fils d'une utopie, créer un parlement des parlements francophones. Près de 60 ans plus tard, nous continuons à donner chair et corps à l'intuition de Singor.

Il aurait été fier de nous voir réunis ici dans cet hémicycle où il a lui-même siégé pour cette 50e plaignière de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Tous ensemble, mes chers collègues, nous sommes les défenseurs et les petits sœurs de cette francophonie qui désormais, pour citer le poète Martiniquet Édouard Glissant, fait courir à la langue les hasards du monde. Car la langue française a depuis longtemps échappé à la France qui ne compte plus qu'un quart de ses locuteurs au plan mondial.

Elle est devenue ce soleil qui brille hors de l'hexagone dont parlait Singore. Un soleil qui jamais ne se couche. Un soleil qui rayonne depuis les neiges du Québec jusqu'aux pendentes de l'Atlace qui réchauffe les rives du Mekong et du bassin du Congo.

Qui éclaire de Beout à Bruxelles, de Pon de Pen à Port au Prince, de Dakar à Douala, de Paris à Port Gentil. C'est sur tous les continents que les 320 millions de francophones que nous représentons font vivre notre langue commune. Cela proprie l'enrichisse comme le prouve avec éclat le noui d'Abidjan. cet argot urbain ivoirien Abidjan où je m'étais rendu en 2023 à l'invitation de notre collègue et ami Adama Btogo pour l'ouverture des travaux de l'Assemblée nationale ivoirienne et la session annuelle de la région Afrique de l'Assemblée parlementaire francophone.

Ce fut ma première expérience de notre assemblée commune, celle d'une francophonie vivante, vibrante, agissante. Mais ce qui nous fédère, chers collègues, ce n'est pas seulement un leg ou un lexique, c'est un lien. C'est une grammaire du cœur et des valeurs.

Ces valeurs universelles rappelées par notre charte de la francophonie, la paix, la solidarité, l'état de droit, la diversité culturelle. Nous pouvons être collectivement fiers que le français soit aujourd'hui la langue des gens qui se parlent, la langue du multilatéralisme, la langue des médiateurs dans laquelle ont été formulés les premiers projets de paix perpétuelle. Cet idéal de paix et de dialogue, cet idéal francophone, nous en avons tant besoin aujourd'hui car regardons la situation internationale telle qu'elle est.

Les Nations Unies sont bloquées, entravées. L'unilatéralisme étouffe le multilatéralisme et le dialogue des puissances tend le plus souvent au dialogue de sour face à cette paralysie des piliers de l'ordre international, la francophonie en général et notre assemblée en particulier font figure d'exception. Elles ne sont pas un simple refuge, elles représentent une alternative possible.

Elle représente un contrepoids, elle représente un remède. Cette crise systémique du multilatéralisme ouvre par conséquent pour notre assemblée une fenêtre d'opportunité. L'occasion de nous saisir pleinement de notre rôle politique.

L'occasion de prouver que la francophonie est non seulement un espace linguistique mais une force agissante de régulation, de médiation, de paix. Oui, la francophonie a tout le potentiel pour devenir une ancre dans un monde en crise, une ancre avec un a, mais aussi une ancre avec un e pour écrire ensemble notre destin commun. Et cet ancre, c'est vous, c'est nous, c'est l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Alors après Kigalide, Sibili, Montréal, nous sommes fiers avec le président l'archer que cette plaignière se tienne ici à Paris qui accueille le secrétariat général de l'Organisation internationale de la Francophonie. Et nous sommes aussi fiers de vous voir réunis en nombre puisque vous êtes plus de 59 sections venues de 51 pays différents. Je voudrais saluer particulièrement les 28 présidents d'assemblée qui sont avec nous. une participation exceptionnelle.

Votre présence n'est pas seulement un honneur, elle est un signe, le signe d'une attente, d'un vrai besoin d'assemblée parlementaire francophone. Et ce signe, ce message sont encore amplifiés par les quatre nouvelles adhésions que notre plinière s'apprête à approuver. le Ghana, Saotomé et Principé, le Lande de SAR et l'Assemblée parlementaire de l'océan Indien comme observateur.

En notre nom collectif, je voudrais leur souhaiter chaleureusement la bienvenue dans la famille parlementaire francophone. Alors, pourquoi ce besoin ? cette demande d'assemblée parlementaire de la francophonie.

J'y vois trois raisons fondamentales qui sont aussi trois forces, trois atouts politiques de notre assemblée. Notre première force, c'est notre nature même. Nous sommes des parlementaires.

Nous ne sommes pas la voix des États, nous sommes la voix des peuples. et notre indépendance nous permet de transcender les antagonismes entre exécutifs pour bâtir une fraternité des parlement et une francophonie transpartisane et transfrontière. Notre deuxème force, c'est notre utilité concrète face aux crises, une plusvalue tangible politique.

Bien sûr, notre assemblée parlementaire a d'abord un rôle consultatif. Elle ne peut pas tout, mais elle peut beaucoup. Elle agit à travers cette diplomatie parlementaire qui est un axe fort de son action.

Elle agit en participant au mission d'observation électorale initiée par l'Organisation internationale de la francophonie 10 depuis 2024. Elle agit par des missions de bons offices comme récemment en Afrique dans la région des grands lacs. Cette mission a été menée par notre président Hilario Etong et la déléguée générale Amélia Lacraffi dans le droit fil de la résolution adoptée à Montréal par cette assemblée.

Elle a apporté sa pierre aux efforts de paix qui ont conduit à la signature d'un accord entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous le paronage des États-Unis. Ce rôle politique de la francophonie pour construire un monde plus solidaire, moins solitaire, nous avons ainsi voulu avec le président l'archer le mettre au centre de cette plaignière. Cette vocation, cette mission, notre commission politique continue à la porter en cette plaignère avec l'examen de plusieurs résolutions sur des crises qui loin d'être régionales nous concernent toutes.

La tragédie en Haïti, l'instabilité persistante et la tentation de l'isolement au Sahel, la situation en République démocratique du Congo, l'embrasement au Moyen-Orient. Et nous traiterons enfin de cette autre guerre. insidieuse, déstabilisatrice pour toutes nos sociétés, celle de la désinformation.

Notre troisème force enfin, c'est d'être une assemblée enracinée dans le réel et dans le vécu des citoyens. Car l'assemblée parlementaire de la francophonie, c'est un écosystème en action permanente avec ses commissions, ses réseaux pour les femmes, pour les jeunes. Et c'est cette capacité d'ancrage dans les sociétés que nos travaux reflètent à travers des délibérations sur la justice transitionnelle, les libertés à l'air du numérique ou la restitution des biens culturels.

Mais pour agir sur le monde, il faut d'abord être exigeant avec nous-même. Cette 50e plaignère n'est donc pas seulement un miroir tendu aux crises, elle est aussi un miroir tendu à nous-même. Comment rendre notre assemblée plus forte ?

Comment rendre notre assemblée plus visible, plus efficace ? Le récent rapport présenté à la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale par mes collègues Amélia Lacraffi, Aurélien Tacher peut à cet égard nous inspiré. Personnellement, je pense que nous avons devant nous trois chantiers stimulants à mener.

Le premier chantier, c'est celui de notre affirmation institutionnelle. Notre assemblée doit devenir le véritable pendant parlementaire et politique de l'Organisation internationale de la francophonie. Pour cela, il faut capitaliser sur nos atouttres le partage de nos expertises et de nos meilleures pratique.

Nous devons mieux les diffuser pour aider tous les parlements francophones à mieux légiférer. Et c'est précisément ce sur quoi nous travaillons durant cette plaignère en finalisant plusieurs corpus législatifs ambitieux sur la pollution plastique, les lanceurs d'alerte ou le droit foncier. Mais notre plusvalue va au-delà du pur travail législatif.

Notre assemblée est une agora d'expérience qui nous offre une précieuse opportunité, celle de pouvoir confronter nos pratiques, de croiser nos cultures parlementaires, notamment en matière d'exemplarité et de déontologie. C'est dans cette optique que notre commission des affaires parlementaires a examiné hier un projet structurant, celui de recenser tous les codes éthique et de déontologie de nos assemblées. Cette cartographie nous permettra de comparer nos règles, de nourrir les échanges entre nos déontologues afin que la transparence, la probité soit le bien commun de tout l'espace parlementaire francophone.

Le deuxième chantier qui est amené, c'est celui du combat pour le droit des femmes. Il doit se poursuivre, il doit s'amplifier. Et c'est pourquoi l'Assemblée parlementaire francophone portée par le dynamisme de son réseau des femmes parlementaires dont je salue la présidente qui est ici même, ce réseau a pris à bras le corps tous les facteurs systémiques des inégalités de genre. la sécurité des femmes dans les conflits, le droit à l'avortement, la lutte contre l'appartête de genre, autant de combats cardinaux qui sont au cœur de cette semaine et que nous devons porter tous ensemble.

Un an après le premier sommet des présidentes d'Assemblée que nous avions réunis ici à Paris, je me réjouis de voir cette diplomatie féministe être toujours portée au plus haut niveau. Comme en témoigne la participation de huit présidentes d'Assemblée à notre plainère. Notre présence, chers homologues, n'est pas que symbolique, elle est éminemment politique.

Le troisème chantier enfin, c'est celui de la transmission à la jeunesse pour que le français se conjugue toujours au futur. Madame la déléguée générale, c'est dans ce but que vous proposez de créer une académie francophone de la langue commune ou de lancer enfin cet Erasmus de la francophonie. Nous en parlons depuis longtemps, il est temps de le faire.

Alors mesdames et messieurs, mes chers collègues, notre mandat, notre mission, un géant de la poésie, de la francophonie, mais aussi de l'Assemblée nationale nous l'a tracé dans son cahier du retour au pays natal. Une œuvre magistrale dont le tapuscrit original est conservé dans notre bibliothèque à de pas d'ici. Une œuvre d'imé César, député de la Martinique pendant 48 ans et camarade de classe de Saint-Gorge et je vais citer ces a bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche. avoir la liberté de celle qui s'affesse au cachot du désespoir.

Voici notre serment, être la voix des sans voix. Et pour cela, notre plus belle âme, c'est notre âme. Cette langue de l'universel que nous parlons, partageons et aimons.

Cette langue qui nous relie et nous rallie, la langue française. Je vous remercie. [Applaudissements] Je vais avoir le plaisir de céder à présent la parole à monsieur Gérard Larchet, président du Sénat de la République française.

Monsieur le président, [Applaudissements] Madame la présidente de l'Assemblée nationale, merci de nous accueillir tous dans cet hémicycle. Monsieur le président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, mesdames et messieurs les présidents d'Assemblée, de Sénat, de Parlement, monsieur le ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères en charge de la francophonie et des partenariats internationaux, madame la déléguée générale, chers collègues parlementaires, mesdames et les messieurs, un Sénégalais, un africain, un homme ouvert au souffle du monde par la francophonie. Ainsi se définit l'ancien secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, le président Abdouf.

On ne saurait de façon plus synthétique évoquer le sens de la francophonie politique. Le français est bien davantage que la langue des français. Ce n'est plus depuis longtemps une langue de domination coloniale.

Il s'agit, pour reprendre les mots du président Miteran, je le cite, d'une langue de coexistence, d'une langue qui coexiste avec beaucoup d'autres langues, d'autres références, d'autres mondes. Ici avec l'arabe là avec les langues africaines dans leur diversité extrême, le vietnamien, le Laos, le CER. Ailleurs avec les langues slaves anglo-saxonnes ou latines et j'en oublie.

Et que dire de ce français venu hors de France où breuvage signifie boisson où bouloter signifie travailler ou ardiè signifie insolence ou enceinte signifie enceinté. Oui, je ne crains pas de le dire. La langue française a été enceintée, fécondée par la francophonie.

Oui, la francophonie est l'autre nom de la langue française au contact du monde. C'est là sa portée éminemment politique. Elle est l'antidote aux tentations souverainistes, au repli nationalistes, à une histoire revisitée du point de vue de la stricte idéologie.

Un homme de lettre francophone, de culture et de nationalité plurielle, jugé par le tribunal d'un pays qui pourtant aurait toute sa place au sein de notre assemblée, mais a toujours refusé de la rejoindre, a été récemment condamné pour la teneur de ses écrits. Mais peut-on faire le procès d'une langue et de la littérature ? Je cite telle est la question qu'il a posé en français avec courage face à ses juges.

Cet homme de lettre, c'est Boem Sansal et je souhaite lui rendre hommage ici en votre nom. Oui, nous espérons, nous réclamons sa libération. [Applaudissements] Mesdames et messieurs, mes chers collègues, la francophonie dérange.

Et bien, soyons fiers de déranger. Oui, la francophonie dérange ceux qui tentent d'opposer systématiquement les pays du nord et les pays du sud pour servir leur appétit hégémonique. La francophonie dérange parce qu'elle est rebelle aux grandes puissances qui voudraient embrigader ses États dans la nouvelle configuration qui se dessinerait entre l'est et l'ouest.

La francophonie dérange parce que face aux gintes militaires qui sugomb à l'attrait de régime autoritaire étranger, elle oppose la force tranquille des vérités simples. La liberté, le parlementarisme, l'esprit critique sont l'apanage de tous. La francophonie dérange parce qu'elle est irréductible à la désinformation qui diabolise.

Adhérer à la francophonie, c'est dépasser les logiques toutes faites et les clivage nord-sud. C'est montrer que des coopérations sont possibles. C'est proposer une autre voie, une autre politique.

Ce déclarer francophone est affirmer sa souveraineté et sa différence. En 2005, il y a 20 ans, l'UNESCO adoptait la convention sur la diversité des expressions culturelles. Sans la mobilisation du monde francophone.

Alors, pour clamer haut effort que les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres, cette convention n'aurait jamais vu le jour. Aujourd'hui, la convention de 2005 a besoin de notre mobilisation. Je soumets donc à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie et à ses commissions compétentes la proposition de soutenir l'enrichissement de la convention de 2005 par un protocole additionnel sur le sujet si crucial pour l'avenir de la francophonie de l'accès au contenu en ligne et à l'intelligence artificielle.

C'est me semble-t-il un objectif tout à fait essentiel. 2015, il y a bientôt 10 ans, était conclu l'accord de Paris sur le climat. Là aussi, la mobilisation du monde francophone a pleinement joué son rôle.

Concentré de l'humanité dans sa diversité, le monde francophone est confronté aux effets du changement climatique dans toute son ampleur, dans toute leur portée. Parce que le multilatéralisme est en crise, la francophonie doit prendre conscience du rôle d'influence qui peut être le sien encore plus pour peu qu'elle se coordonne davantage. Vous l'avez rappelé madame la présidente, 58 sections membres, sans compter les sections associées ou les observateurs.

L'Assemblée parlementaire de la francophonie est en quelque sorte une assemblée générale des Nations Unies en puissance dont les membres seraient élus et qui feraient entendre sa voix en français. L'avenir du multilatéralisme s'écrit donc aussi en lettre francophone. Mes chers collègues, la francophonie est politique.

Oui, madame la présidente, la francophonie est politique parce que les questions qu'elle doit trancher sont éminemment politiques. Je souhaite que l'Organisation internationale de la Francophonie fasse retentir à nouveau la voix d'une francophonie politique. On a besoin de mieux l'entendre dans le fracas du monde.

La voix de l'Assemblée parlementaire de la francophonie quant à elle n'a pas faibli. Au contraire, je tiens à remercier son président, notre collègue Hilarion Etong et il associé son prédécesseur Francis Drouin. Ils sont parvenus à conforter l'autonomie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie mais aussi à renforcer sa dimension politique.

Il s'agit du Liban pour rappeler au respect de sa souveraineté et à la mobilisation à son chevé de la communauté internationale. Qu'il s'agisse d'Haïti en proie à la violence des gangs et qu'il faut aider à se relever. Oui, notre assemblée n'a cessé d'agir et de rechercher des solutions.

L'Assemblée parlementaire de la francophénie n'a pas à rougir de ses résolutions et de sa médiation visant à mettre un terme aux incursions étrangères. Chers collègues, en République démocratique du Congo. Oui, ces médiations et ses résolutions ont ouvert la voie à un accord de paix.

La réforme des mécanismes de vigilance démocratique adopté à Montréal l'an dernier illustre à la fois un souci de flexibilité face aux évolutions notamment en Afrique Sao-saharienne mais aussi la fidélité de notre assemblée à ses valeurs ancré sur une conviction le parlementarisme et l'antichambre de la démocratie. Vous me permettrez de saluer le rôle décisif de celui qui présidait adore la commission politique, le sénateur Christophe André Fr. Ce qui me permet de saluer le nouveau président, notre collègue André Reichart dans l'adoption de cette réforme.

Alors que plusieurs États y ont connu des coups d'état militaires ont pris la décision de quitter l'OIF, notre assemblée a fait le choix d'adopter une démarche progressive incitative. et de maintenir autant que faire ce peu le dialogue avec tous en définitif d'écouter sans exclure, d'expliquer, de proposer de proposer des mesures aussi notamment pour le rétablissement progressif d'institution parlementaire un traitement à la francophone qui a déjà donné des résultats concrets. Notre assemblée ne cesse par ailleurs de s'élargir.

Je tiens à saluer oui je tiens à mon tour saluer les parlements du Ghana de Saotomé principe du LTAc de Sar d'ailleurs dont la présidente est présidente du boundesrat de nos amis allemands et de l'assemblée parlementaire de l'océan Indien qui devrait rejoindre l'Assemblée parlementaire de la francophonie à l'issue de cette session. Qu'ils soi donc les bienvenus dans la grande famille parlementaire francophone. Mes chers collègues, l'écrivain Bengelo l'a bien défini.

C'était un trait d'humour. La francophonie, je le cite, la francophonie est une maison pas comme les autres. Il y a plus de locataires que de propriétaires.

Il me semble à à dire vrai que la francophonie abolit propriétaire et locataire et qu'elle est plutôt une grande maison de famille et comme toutes les grandes maisons de famille avec ses tiraillements, ses divergences parfois mais toujours à un moment et solidaire. Tel est dans tous les cas l'état d'esprit qui préside à cette assemblée entre ces délégations. Alors vivent les parlements francophones.

Vive monsieur le président l'Assemblée parlementaire de la francophonie et vive la francophonie. [Applaudissements] Merci beaucoup monsieur le président du Sénat. La parole est à présent à monsieur Hillarion Etong, président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Monsieur le président, je l'ur Vous levez légèrement le micro micro. Vous me dites stop. Ah oui, c'est bon, c'est bon.

C'est bon. Madame la présidente de la l'Assemblée nationale française, monsieur le président du Sénat de la République française, mesdames et messieurs les présidents d'Assemblée parlementaire, Assemblée nationale et Sénat, honorables collègues parlementaires, monsieur le ministre être délégué auprès du ministre de l'Europe chargé de la francophonie et des partenariat internationaux. Mesdames et messieurs les ambassadeurs et les membres du corps diplomatique ainsi que les représentants des organisations internationales.

Distingués invités. Excellence mesdames et messieurs, en ce mois de juillet 2025, Paris berceau le temps d'idées universel accueille la 50e session de l'Assemblée parlementaire la francophonie. C'est un moment d'histoire, un rendez-vous de mémoire mais aussi un temps d'espérance.

Permettez-moi tout d'abord de remercier nos autres, madame Yaelle Brand Fivier et monsieur Gérard. À travers eux, c'est toute la France que je tiens à remercier pour l'accueil chaleureux et solennel réservé à cette 50e session. En réunissant ici les voix de la francophonie parlementaire, elle honore notre histoire commune et réaffirme son rôle moteur dans la construction d'un espace francophone de paix, de dialogue et de démocratie.

Je salue avec émotion et gratitude toutes les délégations venues des quatre coins du monde témoin de la vitalité et la diversité de notre assemblée. Votre présence en grand nombre avec autant d'illustre personnalité donne corps à cette francophonie de cinq continents, riche de ses cultures, de ses expériences et de son engagement commun en faveur des libertés. Oui. 50 sessions d'échange de débat et d'engagement au service des peuples, des droits humains, de la paix et de la démocratie.

En revisitant les origines de notre institution, nous saluons la vision des pères fondateurs. En 1966, Singor lançait cet appel prophétique. Ce sont les peuples qui par l'intermédiaire de leurs élus pousseront les gouvernements à aller de l'avant.

Un an plus tard, naissé à Luxembourg, l'AIPLF, l'Assemblée internationale, l'association internationale des parlements de langue française rassemblant 23 parlements de tous les continents. Ce geste fondateur dans une époque marquée par les indépendances africaines créait une maison commune, un espace de dialogue entre élu où le français devenait pont, non plus seulement héritage. Dès le début, notre institution insuffle un élan.

Elle contribue à la création en 1970 de la CCCT, l'agence de coopération culturelle et technique devenue organisation internationale la francophonie OIF. La francophonie internationale, la francophonie parlementaire est ainsi dès l'origine la pierre angulaire du projet francophone. Entre 1975 et 1997, notre assemblée prend son essort.

Voie politique de la francophonie. Elle mène des missions d'observation électorale, promut la démocratie, élargit le dialogue. En 1993, le sommet de Maurice consacre son rôle de lien démocratique.

En 1997, la charte de la francophonie fait de l'AIPLF son institution consultative. rebaptisé APF en 1998. Elle incarne alors la maturité politique d'un espace parlementaire en coconstruction avec les peuple et les institutions.

La déclaration de Bamako des années 2000 et celle de Saint- Boniface en 2006 affirme un attachement indéfectible à une démocratie inclusive, enracinée et vivante. Au fil des décennies, nous avons appris à conjuguer nos différences. Parlementaires régionaux, parlementaires d'état fédéraux ou centralisés, de grande puissance ou de jeunes nations.

Nous avons toujours trouvé dans notre diversité une force et dans notre langue commune un levier d'action. Cette dynamique s'incarne dans nos quatre commissions que je considère comme étant des laboratoires, j'allais dire des incubateurs. la commission des affaires parlementaires, la commission des affaires économiques, social et environnemental, la commission éducation, culture, éducation et la commission politique ainsi que nos deux réseaux, réseau des femmes parlementaires, réseau des jeunes parlementaires.

En fait, c'est un dynamisme qui est universellement reconnu avec le concours d'Organisation internationale de la francophonie. Nous avons bâti un espace unique où les femmes, les jeunes, les anciens, les experts peuvent faire entendre leur voix. Excellence mesdames et messieurs, le monde a changé.

L'histoire n'avance plus en ligne droite. Les repères vaccillent, les tensions se multiplient, les fractures s'élargissent. instabilité régionale et crise urbanitaire au Moyen-Orient, insécurité persistante et conflit en Afrique, compétition stratégique dans l'Indo-acifique, solidarité fragilisée en Europe, redéfinition stratégique et polarisation politique en Amérique et fondement étatique dans les Caraïbes.

À cela s'ajoute des enjeux transversaux, bouleversement climatique, crise sanitaire, crise migratoire, des informations galopantes, menace contre les libertés fondamentales, loi du plus fort. Oui, nous vivons une époque d'interrogation, de crises et parfois de vertige. Mais dans cette incertitude, notre institution a su demeurer un phare, une vigie la démocratie.

Comme le disait si bien le président Abdou Diouf, l'APF, l'Assemblée parlementaire la francophonie a affirmé avec force sa vocation de diplomatie parlementaire. Nous avons envoyé des missions de bons offices, soutenu le dialogue interparlementaire accompagné des transitions démocratiques. Nous avons aussi préparé l'avenir par la coopération parlementaire en proposant notamment des formations pour les parlementaires, les cadres administratifs, les femmes et les jeunes.

Que voulons-nous pour demain, Excellence mesdames et messieurs ? D'abord une francophonie parlementaire qui ose parce qu'il faut oser. Il faut oser affronter les urgences notre temps.

Nous voulons une francophonie qui défend la paix, combat les discours de haine et s'engage pour la justice sociale. Ensuite, nous voulons une francophonie qui innove face aux cyber menaces et aux dérives informationnelles. Il nous faut inventer une citoyenneté numérique ancrée dans l'éducation, la culture et la lucidité démocratique.

Une francophonie aussi qui donne toute leur place aux femmes, aux jeunes, non pas une victime mais en responsabilité au cœur des décisions et des institutions. Et enfin, nous voulons une francophonie qui s'ouvre, une francophonie qui tend la main à celles et ceux qui sans avoir le français pour langue première reconnaissent en lui un vecteur d'humanisme. Ce que nous construisons n'est pas un club fermé, mais une communauté vivante et solidaire, capable de parler au marge, d'enrichir le centre et de faire naître de nouveaux engagements dans un monde en quête de sens.

Notre avenir se joue aussi dans l'accueil de nouvelles sections, dans le dialogue avec les autres espaces linguistiques. La l'adhésion récente de nouvelles sections qu'a évoqué le président Géral Arché tout à l'heure. La participation d'État non francophone mais francophile montre que la francophonie est un espace d'influence croissante.

J'ajoute que la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles n'est pas un combat du passé ou d'arrièregarde comme nous le rappelle aujourd'hui la convention de l'UNESCO de 2005 à la matière et qui fête cette année son 20e anniversaire. L'APF a toujours été à mon sens et continue d'être un fervant défenseur du multiculturalisme et entendant continuer d'agir pour que les objectifs de la convention soient poursuivis dans un environnement numérique accessible et inclusif. Mesdames et messieurs, cettee session n'est pas simplement une commémoration, elle est aussi un passage de témoins.

Nous avons ensemble une obligation faire entrer notre assemblée dans une nouvelle ère. En 2027, dans 2 ans à peine, nous fêterons les 60 ans de notre institution. Ce sera un moment de réflexion. mais aussi un nouvel élan.

Il y a dans notre réunion une symbolique forte. Je voudrais terminer en saluant ici chacune des délégations présentes pour leur engagement constant. Je considère que chacune d'elles, chacune d'entre elles à sa manière est un cœur battant de la démocratie francophone.

Et je veux dire aux jeunes générations, notre institution est votre maison. Elle a été bâtie pour vous. Elle vous appartient, elle vous attend.

L'histoire de l'Assemblée parlementaire la francophonie est une histoire d'idéalisme lucide. une histoire de conviction, une histoire d'hommes et des femmes qui ont fait le choix de la coopération contre l'indifférence et du dialogue contre le silence. Alors, honorons ce passé, soyons dignes de ce présent et surtout préparons l'avenir afin d'ancrer durablement nos valeurs communes.

Vive la francophonie parlementaire ! Vive la démocratie ! Vive l'Assemblée parlementaire de la francophonie et je vous remercie.

Merci beaucoup monsieur le président. Merci. La parole est à présent monsieur Tani Mohamed Swaili, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères chargé de la francophonie et des partenariats internationaux. [Applaudissements] ministre madame la présidente de l'Assemblée nationale française cher Yahë Bronpivet monsieur le président du Sénat français cher Gérard Larchet monsieur le président de l'Assemblée parlementaire de la francophonie cher Ilarion Entongesdames les présidentes messieurs présidents d'Assemblée.

Madame la déléguée générale de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, chère Amélia LCrafi, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames les ambassadrices, messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs, chers amis de la francophonie, en tant que ministre chargé de la francophonie et ancien sénateur, vous connaissez mon attachement profond à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. C'est donc un véritable plaisir doublé d'un honneur d'être parmi vous aujourd'hui et merci d'être aussi nombreux. Plus d'un demi-siècle d'engagement, de débats et de conviction échangé au service d'une idée puissante, celle d'une francophonie vivante, plurielle, porteuse d'opportunités et résolument tourné vers l'avenir.

Depuis sa création, la PF a su démontrer que le parlementarisme francophone n'était pas qu'un idéal. Il est devenu une réalité politique tangible qui irrigue chacun de nos parlements et bien au-delà. Vous avez fait de cette institution un espace unique de dialogue et de coopération interparlementaire.

Un lieu où s'élabore la solidarité francophone, y compris dans les périodes de crise. Cette solidarité s'est illustrée lors du 19e sommet de la francophonie tenu en octobre. dernier à Vill Côtré et à Paris.

Le sommet de Vill Cotré a rappelé avec éclat que la francophonie n'est pas seulement un espace culturel, mais qu'elle est aussi un espace politique de plein exercice, d'influence, de solidarité et d'action collective face au grands défis contemporains. L'accueil de cin nouveaux membres au sein de l'Organisation internationale de la francophonie a témoigné de l'attractivité croissante de cet espace devenu un espace affinitaire et de coopération nord-sud. Ce sommet a également permis l'adoption de textes fondamentaux qui affirment plus encore la vocation de notre communauté à porter la voix de la paix, du droit et du multilatéralisme, la déclaration de Vill Côtré, la résolution sur les situations de crise et la déclaration de solidarité avec le Liban.

Porter cette ambition politique exige de la constance et une mobilisation de chaque instant. C'est tout le sens de notre engagement. faire de la francophonie un levier pour renforcer l'état de droit, stimuler le développement économique, accompagner la jeunesse et affirmer notre solidarité environnementale.

La francophonie politique que nous bâtissons ensemble est aussi celle qui fait entendre la voix de la dignité, de l'inclusivité, du plurilinguisme et de la responsabilité partagée. Elle est aussi celle qui entend peser de façon concrète sur les grands débats globaux qu'il s'agisse de la régulation du numérique, de la lutte contre les inégalités ou de la préservation de nos écosystèmes. face à la montée des tensions, des rapports de force brutaux et au retour des obscurantismes.

Il doit aussi être un espace qui fonde l'espérance d'un avenir plus humain, plus juste et plus solidaire à la mesure des valeurs qui nous unissent. Je veux saluer à cet égard l'action déterminée de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Votre engagement aux côté des populations francophones confrontées aux tensions et au conflit en République démocratique du Congo, au Sahel, en Arménie, en Ukraine ou en Haïti par exemple, illustre la fidélité de votre assemblée aux libertés démocratiques.

La création des mécanismes de vigilance démocratique s'inscrit dans cette volonté de défendre partout les droits et les libertés. Ces derniers mois, la francophonie a également affirmé sa capacité à rassembler et à innover la mission d'information de l'Organisation internationale de la francophonie conduite en RDC. Notre soutien à Haïti ou encore la mise en œuvre de l'appel de Villé Côeré pour un espace numérique intègre et de confiance démontre combien notre action commune embrasse tous les enjeux décisifs.

En septembre prochain, l'inauguration du collège international de Villé Côer symbolisera cette volonté commune de transmettre et de faire rayonner la langue française en formant enseignant, cadres éducatifs, traducteurs et interprète. Ce collège permettra ainsi de renforcer notre force de frappe au sein des organisations international. Je souhaiterais évoquer aussi la montée en puissance du centre européen sur les technologies des langues alt et dique lancé le 20 mars dernier pour la journée internationale de la francophonie qui permettra avec sa composante francophone langue IA de valoriser les contenus francophones en ligne.

Mesdames et messieurs, ce cette 50e session n'est pas qu'un moment de célébration, il est un appel à la responsabilité. La francophonie politique dont vous êtes les artisans a un rôle essentiel à jouer dans le monde d'aujourd'hui et à venir. Un monde traversé, je le disais, par des incertitudes et des fractures, mais aussi riches d'opportunités si nous savons conjuguer nos efforts.

Je suis convaincu que l'Assemblée parlementaire de la francophonie devrait continuer de porter quatre grandes ambitions. Premièrement, faire vivre la démocratie et l'état de droit en consolidant la culture parlementaire et la confiance des citoyens dans leurs institutions. Deuxièmement, accompagner la jeunesse en investissant dans l'éducation et la formation pour que chaque jeune francophone puisse bâtir son avenir.

Troisièmement, stimuler l'économie francophone en favorisant l'entrepreneuriat, l'innovation et le développement de partenariats ambitieux entre nos pays. À cet égard, la réussite de la première édition de Francotek lors du sommet de Vill Côré a démontré le dynamisme de l'écosystème francophone d'innovation. Enfin, s'engager pour la transition écologique car notre espace francophone doit devenir un exemple de solidarité environnementale.

Chers collègues, plus de 50 ans après sa création, votre assemblée reste fidèle à sa vocation. Être un pôle de dialogue, un relais d'influence, un ferment de solidarité. La France est fière de vous accueillir aujourd'hui, fière de partager avec vous la conviction qu'ensemble nous pouvons construire une francophonie plus forte, plus innovante et plus juste.

Nous serons au rendez-vous même dans un contexte budgétaire difficile. Je forme le vœu que cette session soit aussi un nouvel élan résolument tourné vers l'avenir. Au nom du gouvernement français, je vous adresse mes vœux les plus chaleureux de succès dans vos travaux.

Vive la francophonie ! Vive l'Assemblée parlementaire de la francophonie ! Merci beaucoup monsieur le ministre.

Donc mes chers collègues, nous avons terminé cette cérémonie d'ouverture. Ça a été un réel plaisir pour moi de la présider, un réel plaisir pour nous avec le président du Sénat de vous accueillir. Nous vous souhaitons des débats très riches, très fructueux.

Avant de suspendre la séance et de céder le perchoir à votre président, à notre président, le président Hillarion Etong, je vais vous inviter à rester à vos places pour que nous fassions notre traditionnelle photo de famille. C'est une vraie fierté d'avoir pu pavoiser l'hémicycle de l'Assemblée nationale aux couleurs de l'Assemblée parlementaire de la francophonie et donc nous allons pouvoir faire notre photo officielle qui restera gravée dans toutes nos mémoires. Je vous remercie.

Vous précisez alors pour vous préciser en fait comme l'hémicycle est très grand, il y aura cinq photos successives. et après on fera un montage qui permettra de représenter sans distorsion l'hémicycle. Donc en fait pendant les prises de photos, il faut vraiment que vous ne bougiez pas pour que cette photo soit globalement réussie.

Merci à tous.