Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 juin 2020 27 min

Liberté de manifester, financement de la crise sanitaire, présidentielle... le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Invité

20 000 personnes ont bravé l'interdiction de manifester hier soir à Paris pour apporter leur soutien à la famille d'Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans qui a été tué en 2016 après son arrestation par des gendarmes. Est-ce que vous aussi, vous voulez connaître la vérité dans cette affaire ?

0:22
Olivier Faure

Bien sûr. Il faut de la justice et il n'y a pas d'ordre sans justice. Donc ça suppose effectivement qu'en cette affaire, comme dans toutes les autres, on puisse connaître la vérité et que, comme on le dit souvent, justice soit faite.

0:35
Invité

— Le Parti Socialiste était présent dans cette manifestation ?

0:38
Olivier Faure

— Non, nous n'étions pas présents. Mais enfin, je comprends très bien que celles et ceux qui, aujourd'hui, voient se multiplier un certain nombre de faits racistes... Je pense à l'île Saint-Denis, il y a quelques jours, où on a traité un homme qui se noyait de bico, à cet enfant qui a été aussi molesté. Eh bien je pense effectivement qu'aujourd'hui, la question du racisme est malheureusement très présente et qu'elle doit être traitée. Et qu'on ne peut pas être dans un déni de réalité et faire comme si tout ça n'existait pas.

1:07
Invité

— Et donc vous comprenez qu'ils aient bravé l'interdiction qui leur est faite de manifester, comme à l'ensemble des Français, puisque tant que durera l'état d'urgence sanitaire, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits.

1:17
Olivier Faure

— Moi, je souhaite qu'y compris, maintenant que nous sommes dans une forme d'urgence sanitaire, mais avec le déconfinement, que si les conditions de distance physique soient respectées, qu'on puisse aussi manifester. On ne peut pas... — Comment vous respectez les conditions de sécurité dans un cortège ? — On ne peut pas maintenir aujourd'hui, jusqu'au 31 août, l'impossibilité de manifester dans ce pays. Il y a quelque chose qui ne colle pas. Et donc il y a effectivement besoin aussi de permettre aux Françaises et aux Français de déconfiner la démocratie. La démocratie, ça passe aussi par le droit d'exprimer une opinion.

Et donc je pense que si on accepte l'idée que les gens peuvent se retrouver dans un parc, ils peuvent aussi se retrouver pour manifester. — Renaud Delis.

1:56
Invité

— Vous avez vu les conditions sanitaires. Vous avez vu la manifestation d'hier. Il est impossible de respecter les conditions sanitaires, les mesures de sécurité sanitaire dans un rassemblement de la sorte.

2:04
Olivier Faure

— Je souhaite qu'on puisse manifester dans des conditions où on respecte ces conditions-là. Donc ça suppose que les manifestants tiennent compte de la gravité de la situation et de la possible reprise épidémique. Mais je souhaite aussi qu'on puisse maintenant exprimer une opinion dans ce pays. Ça doit être possible.

2:20
Invité

— Alors hier soir, il y a eu des incidents à la fin, au moment de la dispersion de cette manifestation porte de Clichy. Voici ce que Maître Bouseroux, qui est l'avocat de la famille Traoré, dit de l'origine de ces incidents. — Les rassemblements qui ont été organisés par le comité d'Ama Traoré depuis le début de l'affaire ont toujours été pacifiques. Et donc je considère aujourd'hui que cette décision d'interdire ce rassemblement pacifique qu'au dernier moment a mis de l'huile sur le feu. Et donc je pense que le seul responsable, c'est le préfet de police de Paris, qui est le pire préfet de police de Paris de l'histoire, selon moi.

— Il ne fallait pas interdire ce rassemblement, d'après vous, Olivier Faure ? — Je viens de vous dire à l'instant que moi, je souhaite qu'on puisse, dans des conditions

2:59
Olivier Faure

qui sont celles de la période, mais enfin que nous puissions effectivement reconnaître la possibilité aujourd'hui de manifester. On ne peut pas maintenir en état de léthargie la démocratie. On ne peut pas accepter l'idée que, et c'est pour l'instant le cas, que jusqu'au 31 août prochain, vous ne puissiez pas manifester votre opinion dans la rue. Alors même que ça peut se justifier. Et donc, en l'occurrence, je souhaite qu'on puisse manifester en ce pays.

3:22
Invité

— S'il y a d'autres manifestations de ce type, Olivier Faure, est-ce que vous appellerez vos sympathisants à les rejoindre ? Ça n'avait pas été le cas. Il y a deux ans, la plupart des partis de gauche avaient appelé à manifester aux côtés de la famille d'Adama Traoré, pas le Parti socialiste. Est-ce que ce serait le cas cette fois-ci ? — Mais... — On rappelle que c'est Bernard Cazeneuve qui était ministre de l'Intérieur au moment de cette affaire, et que l'accueil des socialistes n'aurait peut-être pas été très bon dans cette manifestation.

3:48
Olivier Faure

— Je ne sais pas, en fait, ce que je... — C'est pour ça que vous n'y étiez pas allé à l'époque ? — Non, mais le fait que ce soit passé sous Bernard Cazeneuve et sous les socialistes n'a rien à voir avec le fait que les faits, s'ils étaient, en fait, vérifiés, eh bien, ils seraient graves, parce que dans ce pays, tout le monde a le droit à la sécurité et que les forces de l'Europe seront faites pour nous protéger, pas pour nous tuer.

4:07
Invité

— Vous irez manifester vous-même s'il y a de nouvelles manifestations de ce type ?

4:10
Olivier Faure

— Ça dépend des mots d'ordre qui seront utilisés. Moi, je souhaite qu'on puisse raison garder, c'est-à-dire qu'à la fois, je souhaite que la justice passe, mais je souhaite aussi qu'on ne bascule pas dans une forme de dérive qui laisserait penser que la police en France est raciste et qu'elle est de manière systémique l'otage de pensées, d'idéologies qui seraient fascistes. Ce n'est pas vrai. Et donc, il y a aujourd'hui un problème, notamment le problème, il est sur la doctrine de maintien de l'ordre. Ça fait des mois et des mois que nous le disons, mais il y a un sujet sur cette doctrine. Pourquoi, en France, a-t-on maintenu la possibilité du plaquage ventral ?

Pourquoi continue-t-on à tirer avec des flashballs ? Pourquoi a-t-on des grenades qui contiennent de la TNT et qui peuvent provoquer des lésions qui sont irréversibles ? Voilà des questions qui se posent et voilà des questions sur lesquelles il faut avancer, effectivement.

5:01
Invité

On est à un peu plus de trois semaines du second tour des élections municipales, Olivier Faure, dans les 5000 communes qui n'ont pas élu leur maire au premier tour. Est-ce que vous serez le patron du PS qui pourra dire ça y est, on a touché le fond, on rebondit à présent, c'est le retour de la gauche ?

5:15
Olivier Faure

Écoutez, je peux dire qu'en tout cas, après le premier tour... Vous pouvez dire qu'on a touché le fond, mais est-ce que vous pouvez dire qu'il y a un rebond ? Après le premier tour, j'ai le sentiment que quelque chose s'est produit et que ça va s'amplifier maintenant parce que la gauche, enfin, enfin, se rassemble. Enfin, elle comprend qu'il y a face à elle un bloc qui se constitue aussi. Ce bloc, c'est le bloc des libéraux, de la droite, des droites, de La République En Marche jusqu'aux Républicains. Et même, finalement, ce qu'on comprend en ces heures-ci, c'est que de La République En Marche aux Républicains, il y a un pas et il a été franchi.

Et donc maintenant, à la gauche, d'être responsable et de montrer qu'un autre avenir est possible. Et je vois que dans toutes les villes où presque, nous avons réussi l'accord, c'est une formidable performance que nous n'avions pas réussie depuis très longtemps.

6:03
Invité

Vous avez raison de dire presque, Olivier Faure, c'est pas le cas quand même. À Lille, à Dijon, vous n'avez pas voulu, vous, les socialistes sortants, vous alliez avec les écologistes. Et eux, les écologistes n'ont pas voulu de vous, par exemple à Grenoble et dans quelques autres villes. Elle est parfois difficile à faire cette union avec les écologistes. L'union, ça reste toujours un combat à Grenoble et je n'ai jamais cru

6:22
Olivier Faure

que depuis deux ans, quand je me suis lancé dans cette idée que nous pouvions construire une gauche des combats communs, une gauche sociale et écologique, je n'ai jamais cru qu'il n'y aurait pas de résistance. Bien sûr qu'il y aura des résistances. Bien sûr qu'il y a encore sur les sujets locaux...

6:35
Invité

Est-ce que la résistance vient aussi de chez vous, sur les sujets d'environnement et d'écologie, ou est-ce que ce sont uniquement de côté de vos partenaires ? Mais bien sûr qu'il y a des résistances chez les socialistes,

6:46
Olivier Faure

il y en a chez les écologistes. C'est-à-dire que le PS n'a pas fait sa révolution écologique ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Non, ce n'est pas ça. Ce que je dis, c'est qu'il y a des résistances chez les écologistes et chez les socialistes parce qu'il y a des dilemmes locaux, parce qu'il y a des dossiers sur lesquels on n'est pas d'accord sur la construction, pas construction de telle ou telle infrastructure, tel ou tel type de logement, etc. Et que ça provoque encore des dissensions qui n'ont pas été dépassées. Mais pour l'essentiel, ce que je vois, c'est y compris l'enthousiasme que crée cette dynamique nouvelle.

Regardez ce qui se passe à Nantes, ce qui se passe à Rennes, ce qui se passe à Paris, ce qui se passe à Clermont-Ferrand, ce qui se passe... Enfin bref, dans toutes ces villes... Ce sont à chaque fois des villes que vous aviez déjà. C'est plus facile de faire l'annonce qu'on tient déjà. Regardez à Nancy, regardez ce qui se passe à Lyon, regardez ce qui se passe à Toulouse, regardez ce qui se passe... Bref, regardez ce qui se passe à Montpellier. On a partout des listes qui se constituent avec des gens qui ont envie de travailler ensemble. Pas seulement un accord électoral, mais qui ont envie de travailler ensemble parce qu'ils ont compris quelque chose.

C'est que nous avons un combat qui nous est commun. Pourquoi ? Parce que nous avons à lutter contre les mêmes prédateurs sur le plan social comme sur le plan écologique et que nous protégeons les mêmes victimes. Les victimes du climat, ce sont aussi les victimes sur le plan social. Et donc nous devons nous allier, nous retrouver et avancer ensemble parce que c'est la seule façon de promettre un autre avenir que celui que nous promettent les libéraux. On a eu un président de la République qui a tenu un discours qu'on aurait presque pu tous signer au premier jour de la crise du coronavirus. On devait avoir un jour d'après qui serait très différent du jour d'avant.

Et c'était à ce moment-là un président qui se faisait le chantre, y compris de la social-démocratie, de tout ce qui pouvait permettre et de l'écologie politique. Bref, il était en train d'opérer une mutation. Et puis qu'est-ce qu'on observe ? Qu'aujourd'hui, ce sont ses propres amis qui expliquent qu'il faut faire barrage à l'écologie dans les villes parce que ce serait dangereux d'avoir des pistes cyclables.

8:34
Invité

Notamment de Gérard Collion, qui a fait alliance avec la droite région et qui a d'ailleurs été exclu dans la foulée de la République. Vous avez raison, Olivier Faure, non pas pour le plaisir de vous interrompre, mais parce qu'il est 8h41. Et c'est l'heure de Filinfo. Et vous y revenez juste après, si vous voulez bien. Marc Podvin pour le Filinfo. 18 interpellations après des incidents en marge d'une manifestation contre les violences policières. À Paris, hier soir, 20 000 personnes réunies au pied du tribunal de la capitale. « Rien ne justifie ces débordements alors que les rassemblements sur la voie publique sont interdits pour protéger la santé de tous.

» C'est la réaction du ministre de l'Intérieur. Aux Etats-Unis, plus d'une semaine après la mort de George Floyd, la colère ne faiblit toujours pas. Nouvelle manifestation ces dernières heures dans plusieurs villes, dont Houston, la ville où ce père de famille noire a grandi. Au moins 60 000 personnes lui ont rendu hommage. L'Assemblée nationale dit oui à une proposition de loi « La République en marche » qui permet de donner des congés aux soignants sous forme de chèques vacances. Le texte doit maintenant être examiné au Sénat. Un plan pour le petit commerce, l'artisanat et les indépendants pour début juillet, promesse de la secrétaire d'État à l'économie.

Agnès Pannier-Runacher fait aussi le bilan sur France Inter de la première soirée de réouverture des bars et restaurants. Les gens étaient hier au rendez-vous.

9:58
Présentateur

France Info Et tout est plus clair.

10:02
Invité

Toujours avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, vous vouliez ajouter un mot. Je vous ai interrompu sur la situation à Lyon.

10:08
Olivier Faure

Non, parce que Lyon, c'est une histoire formidable. On a un parti, La République en marche, qui explique qu'au nom des valeurs, c'est pas n'importe quoi, les valeurs, ceux qui fondent un engagement, ils ne peuvent pas accepter l'idée que Gérard Collomb fasse alliance avec les Républicains à Lyon. Mais qu'est-ce qu'on observe depuis hier soir ? Cette alliance, elle est générale. Regardez ce qui se passe à Angers, à Toulouse, à Clermont-Ferrand, à Paris dans le 5ème arrondissement. À Toulouse,

10:34
Invité

c'est différent parce que le maire sortant, Jean-Luc Moudin, qui est Macron-compatible depuis longtemps, c'est pas une énorme surprise.

10:39
Olivier Faure

Si vous voulez dire que les Républicains sont Macron-compatibles, vous avez raison. Mais moi, ce que je vous dis, c'est que partout, ils font, eux, alliance avec les Républicains. Et c'est d'ailleurs assez logique puisqu'y compris le Premier ministre en est issu. Et qu'aujourd'hui, ceux qui dominent la scène pour La République en marche, ce sont M. Darmanin, M. Le Maire, etc., qui ont des propositions, qui sont des propositions qui sont tout simplement celles que portait autrefois la droite et qu'ils portent à nouveau à leur compte désormais. Donc tout ça a sa logique. Mais voilà un moment de clarification

11:08
Invité

qui était attendu. Renaud Delis. Vous voulez dire, Olivier Faure, qu'ils font cette alliance pour faire front contre les écologistes. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la vraie force ou la vraie révolution idéologique à gauche, c'est effectivement l'écologie. Il faut se convertir à l'écologie.

11:21
Olivier Faure

Ça veut dire que quand la droite nous explique aujourd'hui qu'elle est écologique, la réalité, c'est que quand elle est confrontée à la question de savoir si l'écologie doit s'imposer au plan local, elle dit non. Ça ne veut pas dire que l'écologie soit le seul sujet. Entendons-nous bien. Moi, je suis bien sûr pour une offre politique qui soit à la fois sociale et écologique parce que la question écologique n'a pas absorbé les autres questions. Mais il faut la prendre en compte, évidemment.

Comment pourrons-nous expliquer à nos enfants que nous n'avons pas entendu l'alerte qui était donnée par les scientifiques et qui fait que dans dix ans peut-être, le climat va basculer et que nous allons connaître des dommages irréversibles pour la planète ?

12:00
Invité

Jusqu'où la prendre en compte justement cette urgence écologique Olivier Faure. Par exemple, un cas concret, la fusion entre les socialistes et les écologistes à Nantes, elle donne lieu à une proposition qui est un moratoire sur la 5G, un moratoire d'au moins cinq ans avant éventuellement de se convertir à la 5G. Le Parti Socialiste est hostile au développement de la 5G ? Un moratoire, ça veut dire ce que ça veut dire. Ça veut dire que dans l'attente, on ne fait pas. Ça veut dire que pour l'instant, on ne fait pas tant qu'on ne sait pas si ça représente un danger pour l'homme. La 5G... Ce n'est pas vrai seulement à Nantes, c'est vrai partout. Le PS est contre le développement

12:32
Olivier Faure

de la 5G partout en France. Moi, ce que je vous dis, c'est que je vis avec la 4G et la Wi-Fi et je me porte bien. Donc, je vous demande simplement si la marche en avant pour la technique vaut pour elle-même ou si on n'a pas parfois à interroger aussi la technique. Est-ce que nous avons besoin de tout cela ? Est-ce que nous avons besoin à chaque fois d'aller toujours plus loin, plus fort, plus vite, etc., au péril parfois de la santé publique ? Donc, moi, je ne sais pas si la 5G est dangereuse ou pas. Pourquoi la 5G ? Je ne vous dis pas, je ne vous dis pas, je ne vous dis pas, que c'est plus dangereux que la 4G.

Je vous dis simplement que je comprends qu'il y a aujourd'hui des gens qui s'interrogent et que nous avons parfois besoin de nous interroger

13:10
Invité

avant d'avancer. Très concrètement, ce n'est pas seulement valable à Nantes. Ce que vous dites, vous demandez donc un moratoire sur la 5G pour 5 ans partout en France ? Là, ce que vous me dites, c'est qu'à Nantes,

13:19
Olivier Faure

il y a dans l'accord qu'ils ont passé un moratoire. C'est un moratoire qui vaut pour Nantes. Quelle est la position

13:24
Invité

du premier secrétaire du PS ?

13:25
Olivier Faure

Il n'y a pas de position parce que nous n'avons jamais délivré sur cette question-là. Si les écologistes le souhaitent, nous en délibérerons et nous verrons ensemble quels sont les éléments qu'ils mettent sur la table. Moi, je suis pour le dialogue permanent et ce que je vous dis ce matin simplement, c'est qu'il faut aussi interroger ce qu'on appelle de manière générale le progrès parce que le progrès technique n'est pas toujours un progrès pour l'homme. Mais est-ce que l'interroger le progrès, c'est commencé par dire on met un moratoire et on réfléchit ensuite ? Non, un moratoire, ça sert à réfléchir.

Ça sert à dire que pendant ce temps-là, si on s'aperçoit que ce n'est pas dangereux, pourquoi attendre 5 ans ? C'est vrai. En revanche, s'il y a un danger et qu'on n'arrive pas à l'identifier, il faut en prendre le temps.

13:59
Invité

Encore un cas concret, si vous voulez bien, Olivier Faure, vous nous dites depuis un quart d'heure maintenant l'union fait la force. A gauche, on ne s'en sortira que comme ça. Vous aviez eu une occasion en or au Havre de soutenir le candidat communiste qui sera opposé au second tour à Édouard Philippe, au Premier ministre. Il n'y a pas eu d'alliance au Havre. Est-ce que vous ne venez pas d'offrir un boulevard formidable à Édouard Philippe ?

14:19
Olivier Faure

Moi, j'appelle à voter pour le candidat communiste au deuxième tour au Havre sans aucune hésitation. La raison pour laquelle il n'y a pas eu de fusion, c'est que le candidat communiste n'a pas voulu fusionner avec la liste sociale et écologique qui était présentée par l'EPS Europe Écologie-Les Verts au Havre. Il n'a pas voulu cette fusion. Donc, vous l'interrogerez lui sur les raisons qui l'ont motivé. Moi, ce que je vous dis, c'est que sans hésitation, j'appelle à voter pour ce candidat au deuxième tour.

14:45
Invité

Vous portez un discours d'union, Olivier Faure. Est-ce que ce discours d'union, il est valable aussi, évidemment, pour l'échéance présidentielle qui est maintenant dans moins de deux ans, en 2022 ? Est-ce que pour offrir une alternative à la répétition éventuelle du duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la gauche doit être capable de présenter un candidat unique dès le premier tour ? Oui. Et ce candidat, est-ce qu'il peut ne pas être forcément socialiste ? Aussi. Pour la première fois depuis 1965, l'EPS n'aura peut-être pas de candidat à la prochaine élection présidentielle ? Ce que je vous dis, c'est que pour gagner

15:15
Olivier Faure

l'élection présidentielle future, il faut un candidat unique pour l'ensemble de la gauche et des écologistes. Comment est-ce qu'on le choisit ? Et donc, il faudra choisir celui ou celle qui peut nous rassembler sur un projet que nous aurons défini ensemble et qui sera en mesure de nous emmener à la victoire. Qui sera-t-il ? D'où viendra-t-il ? Est-ce qu'il sera issu des rangs écologistes, des rangs socialistes, des rangs d'un autre parti de gauche ? Je n'en sais rien. De la France insoumise, par exemple ? Je n'en sais rien. Jean-Luc Mélenchon pourrait être ce candidat ?

Jean-Luc Mélenchon, pour l'instant, ne veut pas rentrer dans l'histoire que je vous raconte, celle d'un bloc social et écologique puisqu'il est sur une autre offre politique, celle qu'il a baptisée de populisme de gauche. Ce n'est pas votre tasse de thé, ça ? Non, pas vraiment. Donc, c'est à lui de dire ce qu'il est prêt à faire et d'observer où sont les dynamiques. S'il continue à vouloir rester dans un splendide isolement, eh bien, libre à lui. Moi, ce que je dis, c'est que...

16:12
Invité

Si c'est lui pour dire les choses de manière un peu triviale, ce sera sans vous. Le PS ne rejoindra pas Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

16:18
Olivier Faure

Moi, je ne suis pas là pour dire qui peut être désigné ou qui ne peut pas l'être. Je dis simplement que... Mais s'il y va, sans passer par l'accord programmatique que vous venez de rappeler, ce sera sans vous. Non, mais... Disons-nous les choses simplement. En fait, il n'y a pas de... Il n'y a pas quelqu'un qui a déjà à mettre son étiquette en disant... Mon nom de sa diète en disant c'est moi qui le serai ou pas. Moi, ce que je dis, c'est qu'il faut choisir le moment venu quelqu'un qui portera un projet qui sera un projet commun. Je parle bien d'un projet commun. Je ne parle pas de chacun venir avec son projet et puis dire c'est moi le nouveau Jupiter.

Non, je veux un projet commun sur lequel on puisse s'engager et celui ou celle qui peut nous mener à la victoire en étant capable de montrer qu'il est capable de nous gouverner autrement, eh bien celui-là ou celle-là sera notre candidat. Vous dites celui ou celle

17:06
Invité

pour l'instant dans les présidentiables possibles à gauche, mais peut-être qu'on se trompe. On ne voit que des hommes, Mélenchon, Jadot, Ruffin. Vous pourriez nous citer une femme aujourd'hui qui pourrait être la candidate de la gauche à la présidentielle ?

17:18
Olivier Faure

Mais j'en vois plein. Mais je ne veux pas les dénoncer. Allez-y. Non, parce que non. Vous n'en voudrons pas.

17:24
Invité

C'est Goème-Royal ?

17:25
Olivier Faure

Mais regardez le nombre de femmes qui sont aujourd'hui dans de grandes responsabilités, notamment municipales. Anne Hidalgo ? Non, je ne pense pas spécialement à l'une ou à l'autre. Je dis simplement que vous cherchez des femmes. Des femmes, il y en a beaucoup aujourd'hui qui, en politique, incarnent une autre façon de faire de la politique, sont aux avant-postes de cette sociale-écologie. Qui ? Mais je n'en sais rien. Mais je ne veux pas, surtout que je n'ai aucune idée en tête. Au moment où je vous parle, nous sommes dans deux ans à l'élection présidentielle et six mois avant, la règle générale désormais, c'est qu'on ne sait pas qui va l'emporter. Donc je ne me pose pas cette question.

Donc il faut sortir le plus tard possible. Mais de toute façon, le plus tard possible. Et surtout, faire un choix qui soit un choix collectif. Il y en a ras-le-bol de ce moment où chacun pense qu'il est le candidat prédésigné, où on part avec des écuries présidentielles qui s'affrontent pendant des mois et des mois voire des années. Et à la fin, personne ne se met d'accord. Et au fond, c'est la victoire de l'un sur les autres qui rend impossible ensuite la victoire sur le camp d'en face. Moi, je souhaite l'inverse. Je souhaite qu'on inverse les polarités et qu'on fasse en sorte que cette fois-ci, on arrive rassemblés et qu'on gagne. Parce que le moment, il est crucial.

On ne peut pas dire tous les jours qu'il y a une urgence climatique, sociale, économique, etc. et en même temps, faire en sorte à chaque fois de dérouler le tapis rouge sous les pieds de Marianne Le Pen et sous les pieds de Jean-Luc Mélenchon.

18:45
Invité

8h51, Olivier Faure, le patron du PS, reste avec nous. Le fil info, Marc Potvin tout d'abord. Houston, aux Etats-Unis, honore la mémoire d'un des siens. George Floyd, mort aux mains de la police la semaine dernière, a grandi sur place. 60 000 manifestants ont défilé dans cette ville du Texas. Manifestations aussi à Washington, New York et Philadelphia ces dernières heures. La mort de George Floyd, instrumentalisée par la sœur d'Adama Traoré, décédée lors de son interpellation il y a 4 ans. Accusation portée sur France Info par la déléguée nationale du syndicat de police Unité SGPFO lors d'une manifestation contre les violences policières à Paris hier.

Assa Traoré a déclaré quand on se bat pour George Floyd, on se bat pour Adama Traoré. Ce rassemblement a été interdit en raison de la crise sanitaire. On ne peut pas maintenir jusqu'au 31 août l'impossibilité de manifester, réagit Olivier Faure sur France Info. Le premier secrétaire du Parti Socialiste estime qu'il faut permettre aux Français de déconfiner la démocratie. Fini les tractations en vue du second tour. Maintenant que les listes sont déposées, les candidats vont pouvoir se concentrer sur la campagne. A Strasbourg, La République en marche fait alliance avec les Républicains. Pas d'accord entre les écologistes arrivés en tête et les socialistes.

20:03
Présentateur

France Info et tout est plus clair.

20:07
Invité

Toujours avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, avec Renaud Dely. A propos du déconfinement qui est toujours en cours et qui a franchi une nouvelle étape depuis hier, le 2 juin, Olivier Faure, vous répétit à la fin du mois d'avril lorsqu'avait été fixée la date du 11 mai pour entamer ce déconfinement que rien n'était prêt pour un déconfinement le 11 mai. Le 5 mai, vous accusiez encore le gouvernement, je vous cite, de brader la santé des Français. Finalement, est-ce que vous reconnaissez que vous vous êtes trompé ?

20:32
Olivier Faure

Mais le 11 mai, rien n'était prêt.

20:36
Invité

Donc depuis le 11 mai,

20:37
Olivier Faure

tout se passe mal ? Non. Je dis, enfin, la question qui était posée, moi j'ai toujours dit que j'étais pour le déconfinement et un déconfinement progressif. Donc vous pouvez chercher dans toutes vos notes, vous verrez que je suis constant sur le sujet. Le 11 mai, qui était une date qui avait été fixée de manière arbitraire par le Président de la République, rien n'était prêt et la preuve, c'est que la réalité, c'est que le déconfinement général, il a eu lieu le 2 juin. Pourquoi ? Parce que le gouvernement a eu besoin entre le 11 mai et le 2 juin de remettre en route un certain nombre de choses. C'est un déconfinement progressif

21:07
Invité

tel que celui que vous réclamiez. Mais effectivement, c'est... Vous réclamiez un déconfinement général le 11 mai ? Non.

21:12
Olivier Faure

Moi, je disais que le 11 mai, il était artificiel de vouloir tout déconfiner parce que nous ne serions pas prêts et que les écoles ne seraient pas prêtes, qu'il y a un certain nombre de services publics qui ne seraient pas prêts, qu'on ne pourrait pas assumer un déconfinement général le 11 mai. Le Premier ministre qui a entendu pour partie ce que nous disions a fait les choses de manière plus habile. Il a dit on déconfine le 11 mai mais en réalité, il a fait en sorte que le déconfinement se fasse progressivement entre le 11 mai et le 2 juin. Et entre le 11 mai et le 2 juin, le déconfinement est de manière progressive

21:42
Invité

et il se passe dans de bonnes conditions. Depuis le début, le gouvernement, depuis le début du déconfinement, le 11 mai, le gouvernement gère bien cette manœuvre extrêmement périlleuse à mettre en avant. Depuis le 11 mai, effectivement,

21:54
Olivier Faure

je trouve... Mais jamais vous m'avez entendu critiquer le gouvernement quand il se comportait bien. Moi, j'ai toujours appelé, y compris sur la question sanitaire, à ce que nous soyons dans l'unité nationale et que nous puissions avoir une responsabilité partagée. Ce que j'ai regretté, c'est que le gouvernement souvent mette en scène des consultations qui n'en étaient pas. Mais je suis bien entendu d'accord avec cette idée simple que quand nous sommes face à des périls imminents, graves et qui mettent en péril la nation, nous devons nous retrouver. Et sur la question de la gestion de l'épidémie, nous devions nous retrouver.

Je regrette que nous ne l'ayons pas fait plus tôt, mais bien sûr, depuis le 11 mai, le déconfinement progressif réussi, fonctionne. Et d'ailleurs, vous noterez que ça se fait en bonne intelligence avec les collectivités locales, nombreuses, dirigées par les socialistes et que nous avons tout fait pour que le déconfinement se passe dans de bonnes conditions.

22:42
Invité

Est-ce que tous les parents devraient pouvoir remettre leurs enfants à l'école dès maintenant ?

22:46
Olivier Faure

Il faut voir...

22:49
Invité

Quitte à assouplir le protocole sanitaire,

22:50
Olivier Faure

pour le coup. Il faut voir au cas par cas. Il faut voir... Il y a des écoles qui peuvent le faire, il y a des écoles qui ne le peuvent pas parce que les olcos sont trop exigus.

22:58
Invité

Est-ce qu'il faudrait lever en partie le protocole sanitaire dans l'éducation nationale pour permettre à tout le monde d'y revenir au plus vite, en tout cas avant les grandes vacances ?

23:06
Olivier Faure

Écoutez, moi je ne suis pas la scientifique, je ne sais pas quelles sont encore les menaces qui pèsent sur la santé des Français.

Je ne veux pas précéder les avis du conseil scientifique, mais je crois que si nous avons à constater pendant les semaines qui viennent que le virus continue à décélérer, que la menace faiblit, eh bien il faudra effectivement aussi revoir à la baisse les mesures de prévention parce qu'il faut que l'école puisse se reprendre pour le plus grand nombre et il faudra, y compris après l'école, c'est-à-dire pendant les vacances, que nous puissions avoir là des mesures prises par le gouvernement pour aider les collectivités locales à faire en sorte que ces vacances soient des vacances qui permettent à tous ceux qui ont décroché de raccrocher et de revenir à la rentrée dans des conditions qui soient moins douloureuses que celles que nous connaissons aujourd'hui.

Parce que tout le monde l'a dit, mais tout le monde l'a déjà oublié, le confinement, la sortie de l'école a été gravissime pour nombre d'enfants qui étaient déjà les plus en difficulté à l'école et les inégalités se sont creusées et donc il faut absolument y revenir et ne pas lâcher cette affaire-là. La France a eu raison,

24:17
Invité

contrairement à d'autres pays étrangers qui n'ont pas rouvert leurs écoles, la France a eu raison d'inciter sur ce plan. Il fallait effectivement rouvrir les écoles,

24:25
Olivier Faure

il faut les rouvrir de manière progressive là aussi et il faut aussi mettre en œuvre maintenant un plan d'accompagnement pendant l'été pour que tous les enfants qui ont décroché puissent évidemment retrouver progressivement là aussi le goût de l'école, le goût de l'apprentissage et qu'on rattrape pour partie le retard qu'ils ont accumulé.

24:45
Invité

Parmi toutes les idées de taxes qui ont fleurie ces derniers jours, Olivier Faure, il y a l'acteur Vincent Lindon qui propose une taxe Jean Valjean sur les patrimoines de plus de 10 millions d'euros. Il propose les taxes de 1 à 5%. Vous y êtes favorable vous aussi ?

25:00
Olivier Faure

Moi je suis favorable à l'idée que la crise sanitaire va entraîner une crise économique sociale qui va coûter très cher au pays et donc je suis favorable à l'idée que ce n'est pas aux français les plus modestes de l'appayer mais d'abord à ceux qui ont le plus. C'est une idée de justice très simple. Comment peut-on expliquer encore ces derniers jours au gouvernement que bien sûr il faut d'abord faire confiance aux premiers de cordée et que c'est aux premiers de trancher de payer l'addition ? Donc une taxe générale sur les gros patrimoines ?

Une taxe générale sur les gros patrimoines est une idée parmi d'autres mais oui je suis favorable à l'idée que ceux qui peuvent doivent payer et que ceux qui ne peuvent pas doivent être accompagnés et aidés. Ça, ça peut paraître la mesure de justice la plus élémentaire et quand je vois que c'est l'inverse que vous avez proposé aujourd'hui on nous dit écoutez les grands patrimoines on n'y touche pas l'ISF on n'y touche pas la flat tax on n'y touche pas en revanche on dit aux français si vous voulez donner vos congés aux soignants faites-le mais qui va les donner ces congés ? Vous croyez que ce sont les grandes fortunes qui vont donner leurs congés ?

Non, ce sont encore les gens modestes qui vont encore faire cet effort-là parce qu'eux ils ont le sentiment qu'ils doivent quelque chose aux soignants mais nous devons tous quelque chose aux soignants et le devoir que nous avons aujourd'hui c'est de rétablir de la justice sociale pour permettre enfin dans ce pays que la cohésion revienne parce qu'y compris ce que vous vivez on a commencé cette émission avec la question donc On va la conclure d'un mot Oui mais juste parce que je fais le parallèle on a célébré pendant le confinement tous ces premiers de tranchées qui allaient tous les jours au travail qui étaient dans le RER le matin dans le métro c'était des gens souvent de couleur qui faisaient quoi ?

Le ménage qui sont éboueurs qui sont soignants qui n'ont pas fait

26:41
Invité

de télétravail qui n'ont pas fait de télétravail

26:43
Olivier Faure

et ce sont ces gens-là aujourd'hui qui souffrent aussi de la discrimination et il faut y penser

26:47
Invité

Merci infiniment Olivier Faure Premier secrétaire du Parti Socialiste