Câbles sous-marins : audition d'Alcatel et Orange
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
vous salue les uns les autres et nous allons débuter notre réunion de commission des affaires économiques et nous avons la chance et le plaisir d'accueillir ce matin en audition commune monsieur Alain Biston qui est PDG d'Alcatel Submarine Networks et monsieur Didier Dillard qui est PDG d'Orange Marine. Donc nous sommes très heureux, ils vont avec nous évoquer un sujet qui est celui de la question des câbles sous-marins de télécommunication. Les câbles sous-marins en fibres optiques constituent une infrastructure stratégique puisqu'ils assurent le transit de 99 % du trafic mondial de données numériques.
Plus de 500 câbles sont actuellement en service pour une longueur cumulée de 1,3 million de km, soit 33 fois le tour de la Terre. 10000 milliards de dollars de transaction financière transiterait chaque jour par ses câbles. La France, en raison de sa position géographique, constitue un carrefour de ce réseau mondial.
Six câbles translantiques reliant l'Europe aux États-Unis arrivent sur les côtes de notre pays. À Marseille, 18 lignes arrivent de l'Asie, du Moyen-Orient et de l'Afrique où partent vers ses destinations, ce qui en fait le 9e hub numérique mondial juste après New York mais devant Hong Kong. Héritière de la Submarine Telégraphe Compagnie créée en 1858, Alcaltel Submarine Networks ASN était une filiale d'Alcaltel puis d'Alcaltel Lucin jusqu'à son rachat par le groupe finlandais Nokia en 2016.
L'État français a acquis 80 % de son capital en novembre 2024. Nokia restant propriétaire des 20 % restants. Seul fabricant européen de câble sous-marin Télécom en fibre optique, ASN détient environ 1/3 de ce marché mondial au côté de l'américain subcom et du japonais Nec. présente en Norvège, au Royaume-Uni et en France, l'entreprise conçoit et fabrique des câbles sous-marins transocéaniques et régionaux, en particulier dans son usine de 160000 m² de calé.
Elle les installe et les entretient également grâce à sa flotte de sept navires de pause et de maintenance opéré par Louis Drefus, armateur. ASN a ainsi contribué à la pose de plus de 650000 km de câble sous-marin dans le monde. Elle est aussi en activité depuis le milieu du 19e siècle et l'apparition du télégraphe, la branche des câbles sous-marins du ministère des Postes et Télécommunication qui est devenue une filiale à 100 % du groupe Orange en 1999 sous le nom d'Orange Marine.
Doté de sep navires, l'entreprise est spécialisée dans la pose et la réparation de câbles sous-marins télécom en fibre optique. Elle en a installé 288000 km dans tous les océans. À noter également qu'Orange, en tant qu'opérateur télécom exploite plus de 4500 km de câble sous-marin connectant tous les continents.
Les navires câliers de vos deux entreprises messieurs ont été intégrés par un décret de 2017 à la flotte à caractère stratégique définie par le code de la défense. Grâce à eux, la France dispose de plus du quart de la flotte mondiale de ce type de navire. Il existe une cinquantaine de navires câbliers dans le monde.
Notre pays jouit dans ce domaine d'une souveraineté industrielle presque complète puisqu'il maîtrise l'ensemble de la chaîne de valeur à l'exception des brins de fibres optiques qui sont principalement fournis par l'américain Corning et par le japonais Soumitomo. Alors que dans le domaine de numérique, nous sommes plutôt habitués à déplorer la dépendance française et européenne vis-à-vis des États-Unis, confirmez-vous que votre secteur fait exception. Comment conforter votre position dans la durée ?
Ces dernières années, le trafic internet mondial a connu une croissance exponentielle encore accélérée par l'essort fulgurant de l'intelligence artificielle. Dans ce contexte, les géants américains du numérique que sont Alphabet, la la maison mer de Google, Meta et dans une moindre mesure Amazon et Microsoft ont souhaité à partir du début des années 2010 déployer leur propre câble sous-marin de fibre optique afin de ne plus dépendre des opérateurs télécom et de totalement maîtriser leurs infrastructures. Pourriez-vous nous expliquer en quoi l'arrivée de ces entreprises au moyens financiers quasi illimités est venue rebattre les cartes du secteur dans lequel vous opérez ?
Comment vous êtes-vous organisé pour répondre à leur demande avec un marché qui a doublé en quelques années pour atteindre 5 milliards de dollars annuels. Alors que les projets de câble étaient historiquement portés par des consortiums d'opérateurs télécom, est-il encore possible aujourd'hui de déployer des câbles sous-marins sans les gaffables ? Enfin, nous souhaiterions bien sûr vous entendre sur les annonces faites par la Commission européenne il y a tout juste quelques jours.
Nouvelle boîte à outils pour la sécurité des câbles contenant des mesures d'atténuation des risques. Liste de projets de câble d'intérêt européens. Modification du programme de travail du mécanisme pour l'interconnexion en Europe afin d'allouer 347 millions d'euros à des projets stratégiques de câble sous-marins, y compris un appel de 20 millions d'euros visant à renforcer les capacités de réparation.
Voilà messieurs, quelques sujets que notre commission souhaite aborder avec vous. Une fois que vous serez intervenu dans l'ordre que vous souhaitez et avec la latitude que vous souhaitez également, je laisserai la parole au sénateur Anne-Catherine Loisier et Patrick Chaz que je remercie encore une fois puisque c'est particulièrement à leur instigation que nous organisation que nous organisons aujourd'hui cette audition et ensuite nos commissaires prendront la parole pour vous poser des questions par série de trois. Je signale enfin que cette audition fait l'objet d'une captation vidéo et qu'elle est diffusée en direct sur le site internet du Sénat.
En vous remerciant encore de votre présence, je vous laisse la parole. Bonjour madame la présidente, messieurs et mesdames les sénateurs et sénatrices. Bon, je représente donc Alcatel Submarine Network.
J'en suis le président depuis 2019 comme vous l'avez mentionné depuis le 1er janvier 2025 donc nous sommes détenus par l'Agence des participations de l'État à hauteur de 80 %. Ce rachat a été motivé pour deux raisons. Premièrement la souveraineté le fait que en France nous avons la chance de disposer de tous les éléments de la technologie.
Donc nous ne dépendons absolument pas de l'extérieur et nous avons rien à rapatrier. Donc c'était vraiment une préservation de la connaissance et pas du tout parce que la société était en péril. Donc ça faut bien faire la différence par rapport à ça.
Et je pense aujourd'hui quand on voit les défis qui se passent au niveau donc de l'internet comme vous l'avez mentionné 99 % du trafic mondial passe par les câbles sous-marins. Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui le trafic internet augmente d'à peu près 33 % par an indépendamment de l'intelligence artificielle. Donc vous rajoutez l'intelligence artificielle au-dessus et vous voyez que ce marché est en pleine croissance. pour une raison simple, c'est que les acteurs doivent prévoir 4 années en avance leurs besoins puisqu'il nous faut 4 ans pour faire un projet de câble sous-marin.
Donc aujourd'hui, ce que vous voyez, c'est leur prédiction du trafic dans les 4 années qui viennent. Très compliqué au niveau de l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, personne ne sait prédire quelle est l'augmentation qu'on va avoir parce qu'il faut bien comprendre que leurs besoins, c'est la connexion des data center.
Et aujourd'hui, ce qui se passe que quand vous prenez les data center, le point particulier c'est le coût de l'énergie. Et le coût de l'énergie, il est moindre. Plus vous montez au nord et plus vous descendez au sud.
Conclusion, ils veulent mettre des datas senders dans des pays comme la Norvège, comme la Nouvelle-Zélande qui ne sont absolument pas desservis par ce qu'on appelle nous les autoroutes de l'information. Donc conclusion, ça fait encore de nouveaux projets qui viennent sur la table pour connecter ces pays aux autoroutes de l'information. Donc comme vous l'avez mentionné, le marché augmente mais il augmente bien plus si je puis me permettre que ce que vous avez mentionné.
étant donné que ce que l'on voit depuis maintenant à peu près 18 mois, c'est un marché glissant sur les deux années à venir de 20 milliards de dollars qui a énormément augmenté depuis l'intelligence artificielle et bien entendu de façon prépondérante par les gars femmes. Aujourd'hui, il faut comprendre que sur l'ensemble des câbles en prévision, 70 % seront financés par les GAF femmes. Donc nous, nous avons décidé en tant qu'Alcatel Submarine Network de conserver une part de notre capacité pour les opérateurs, ce qui nous différencie sur le marché.
Nous avons décidé de ne pas être 100 % gafam, mais de garder une partie de notre capacité pour un certain nombre d'opérateurs dont on range évidemment, mais en même temps, nous venons juste de gagner pour la première fois de notre histoire NTT du Japon. Donc, on a aussi gagné TCAL donc d'Italie. Donc vous voyez, on garde aussi une part de notre capacité pour les opérateurs pour éviter justement que ça soit complètement mis, je dirais, la main mise par les sociétés gafabes.
La chance qu'on a Alcatel Luin, enfin Alcatel Submarine Network, c'est que nous faisons l'ensemble du portefeuille produit. Donc nous commençons, je dirais tout ce qui est les études en amont. Nous avons toute la recherche et développement qui est basée sur notre site des Ulisses.
Nous avons aussi la réalisation complète comme vous l'avez mentionné à part la fibre. Tout le reste, nous prenons des matières premières et nous faisons absolument tout sur le câble. Donc nous maîtrisons totalement la technologie.
Nous avons notre usine à Calais et à Greenich à Londres pour tout ce qui est l'électronique et nous avons nos bateaux qui nous permettent donc de poser nos câbles et après de faire ce qu'on appelle la maintenance des câbles sous-marins. Aujourd'hui, nous maintenons à peu près 350000 km de câble à travers le monde. Et nous avons, si vous le savez pas, les zones de maintenance, il y en a plusieurs.
Donc mon ami Didier en a quelques-unes, nous en avons quelques-unes. Donc ça nous permet justement d'avoir je dirais une industrie particulière puisque les trois acteurs que sont subcom NIC et ASN que vous avez mentionné se sont mis d'accord il y a bien longtemps sur un ce qu'on appelle un joint universel qui permet à chacun de réparer les câbles des autres. Donc en fin de compte, chacune des sociétés a cet appareil particulier et donc on peut avoir une société qui gère une zone géographique.
Donc pour exemple, nous sommes dans l'Atlantique, nous sommes dans le Pacifique Nord et le Pacifique Sud. Pacifique sud, nous sommes tout seuls et nous réparons les câbles de tout le monde grâce justement à cet accord qui a été fait dans cette industrie d'avoir un joint universel. Voilà, donc ça vous donne un petit peu toutes nos activités.
Euh clairement, comme je l'ai dit euh dans le passé, si vous avez suivi notre activité, nous avions ce qu'on appelle un problème de cyclicité, c'est-à-dire il y avait des projets, il y avait plus de projets, il y avait des projets. Donc c'était assez compliqué à gérer. Depuis qu'il y a les gafes, puisque vous avez posé la question, le changement c'est que c'est en croissance perpétuelle.
Il n'y a plus du tout de cyclicité. Et donc ils ont amené un avantage, je dirais dans notre domaine, c'est que c'est eux qui nous forcent à développer des nouveaux produits. Leurs besoins sont croissants.
Donc juste pour vous donner quelques idées, on vous l'avait mentionné, on met des paires de fibres dans nos câbles. Donc ils font 2 cm. Juste pour vous donner une idée, le câ fait 2 cm.
Nous sommes passés de quatre paires de fibres, 8 paires de fibres, 12 paires de fibres, 16 paires de fibres, 20 24 en l'espace de 4 ans avec les gars femmes. Et maintenant, il nous demande 48 paires de fibres. Donc 48 paires de fibres, c'est un équivalent de pétabit par seconde.
En gros, vous faites passer Netflix, ça vous donne une idée. L'intérêt aussi, c'est que maintenant, on nous demande de regarder des routes qui passent par l'Arctique. Pourquoi ? parce que comme vous l'avez mentionné, nous utilisons beaucoup les Cap sous-marins pour les échanges boursiers et donc vous pouvez gagner 8000 km pour connecter l'Europe au Japon si vous passez par l'Arctique plutôt que par les routes habituelles.
Et ça veut dire qu'au niveau d'une transaction, vous gagnez des microsecondes. Donc il faut voir aussi l'intérêt des cap sous-marins, de comment on optimise les routes. Il y a beaucoup beaucoup d'intérêts qui sont derrière, je dirais, le tracé des câbles sous-marins.
Et le dernier point, avant que je passe ma parole à Didier, c'est vous nous avez aussi parlé quel problème on pouvait avoir. Alors, il faut savoir, je juste vous donner une idée, le plus grand câble aujourd'hui au monde, c'est ce qu'on appelle tout Africa que nous sommes en train de terminer pour MTA qui fait 45000 km de long à lui tout seul. Et juste pour vous donner une idée, ça connaît 45 pays entre l'Afrique et le Moyen-Orient.
Il nous a fallu déposer 462 permis. Donc c'est vraiment l'élément majeur pour nous avec toutes les législations qu'il y a. Vous avez les eaux territoriales, vous avez la plage, vous avez les I.
Donc vous imaginez juste c'est ça qui fait le délai du projet. C'est pas la fabrication, c'est pas la pose. C'est est-ce qu'on a bien le permis au bon moment pour poser ?
Et dans certains pays, si je compare, je vais dire la France avec l'Inde par exemple, le même permis 6 mois en France, 36 mois en Inde, c'est le même permis. Conclusion, quand vous regardez, voilà, [rires] je je je me suis dit que ça vous ferait plaisir. Voilà.
Mais donc ça veut dire que lorsque vous avez un projet qui touche l'Inde et ben les délaises ne sont absolument pas donnés par la fabrication ou par la pose. C'est tout ce qui est permis. Donc pour nous ça c'est un vrai problème parce qu'il y a pas d'harmonisation mondiale du tout sur les permis.
Et je dirais même par un point particulier pour l'Europe c'est tous les deux on fait de la maintenance. Et ben si vous avez un câble à réparer que nous on considère que c'est une urgence et ben il faut demander un permis. et vous demandez le permis dans le pays qui a la coupure en face.
C'est pas le même process. Donc des fois, on vous dit ben faut attendre 3 mois pour avoir le permis alors que vous êtes censé réparer le câble. Donc, on voit bien que le permis est quand même un vrai sujet euh qu'on a déjà aussi remonté à la Commission européenne puisqu'on pense que c'est un frein.
Alors, je pense qu'il y a une autonomie des pays dans leur décision pour les nouveaux câbles. Par contre, je pense qu'il faudrait avoir un guichet unique dans le cadre de la maintenance pour qu'on puisse réparer beaucoup plus rapidement et qu'on soit pas soumis à un certain nombre de d'attentes qui des fois peuvent aller extrêmement longtemps. Et le dernier point, je dirais, c'est la situation géopolitique.
Nous sommes une société qui est très soumis à la géopolitique. Pourquoi ? Parce que si vous regardez aujourd'hui, je ne peux pas poser de câbles en mer rouge.
Donc ça bloque les projets. Je peux pas franchement aller en mer noire, c'est quand même assez déconseillé. Maire de Chine, c'est un petit peu compliqué pour avoir les permis parce qu'il faut plutôt être chinois.
Donc on voit bien que partout où il y a des zones de conflit, il y a un impact sur la réalisation de nos projets. Donc je dirais pour nous, c'est un petit peu les deux sujets, la notion de permis et la notion donc géopolitique associée. Puisque quand vous avez un projet de 5 ans et que vous prenez une décision sur un projet au début, en 5 ans, il y a beaucoup de choses qui changent d'un point de vue géopolitique qui sont dures à prévoir en terme de je dirais société.
Quelles sont les bonnes décisions à prendre pour les 5 années à venir ? Voilà, ce sera mon résumé. Je te passe la parole Didier.
Merci. Madame la présidente, mesdames et messieurs et sénateurs, euh je vais vous compléter un petit peu ce qu'a dit la présidente dans son introduction pour pour présenter notre entreprise. Donc Orange Marine, filiale à 100 % d'Orange, mais en fait nous sommes les héritiers de l'exploitant de la flotte de navire cablier de l'État français.
Euh, depuis le 19e siècle, la France a une flotte de navir câlier qui a posé des câbles euh principalement aux alentours de la France, mais pas seulement. Euh c'est une flotte au long cours et et cette flotte existe toujours et elle se porte bien. Et non seulement nous avons la flotte française avec trois navires à pavillon français, mais nous avons aussi fait l'acquisition de il y a quelques années de la flotte italienne de navire cablier et donc à cette flotte française s'ajoute deux navires cabliers italiens et puis un navire cablier que nous avons positionné en Afrique du Sud qui assure la maintenance de toute la moitié sud de l'Afrique.
Vous imaginez que c'est une très large zone qui couvre évidemment pour la France réunion Mayotte mais évidemment pas seulement. Donc notre activité, vous l'avez compris, est une activité qui est par essence internationale, qui est mondiale et et on ne peut pas faire de câble sous-marin sans penser au-delà de nos frontières. Et nous nous sommes fiers de d'être un acteur qui a une une empreinte mondiale puisque nos navires interviennent partout dans le monde.
En fait, on fait partie des quatre ou cinq armateurs de navir cabliers au monde qui ont une telle empreinte mondiale. Les autres armateurs de navire cablier, il y en a une douzaine au monde, hein. Donc sur la douzaine qui existe au monde, vous en avez quatre ou cinq qui ont une empreinte mondiale, dont à SN mais aussi Orange Marine. vous avez les Américains, les Anglais et les autres ont plutôt une empreinte régionale.
Cette activité, ce qu'il faut bien aussi avoir en tête, c'est c'est que c'est une activité qui est totalement commerciale. Euh elle est aujourd'hui totalement commerciale. C'était pas le cas il y a 30 ans.
Aujourd'hui, tous les câbles sous-marins sont le résultat d'investissement privés, sauf quelques rares exceptions, des investissements privés qui donnent eu à appel d'offre, qui donnent eu à concurrence. Donc notre marché est concurrentiel et nos concurrents sont étrangers. Donc pour nous, madame la présidente, vous parliez de de conforter dans la durée.
Pour moi, la façon de conforter dans la durée, c'est de rester concurrentiel sur ce marché mondial. C'est évident. Il y a les règles du jeu, elles nous sont imposées et et ce sont des règles, ce sont des règles commerciales.
Euh ce ce que je peux vous dire aussi, c'est que euh sur ce marché mondial concurrentiel, donc la partie d'Orange Marine, c'est la pause, la réparation des câbles sous-marins. Dans les deux cas, nous nous sommes soumis à à cette concurrence. Notre challenge, c'est pour nous en parquet de maintenir les navires à pavillon français.
C'est une volonté que nous avons. Nous avons nos trois navires à pavillon français. Nous souhaitons le faire.
Donc évidemment là, nous avons des des points communs avec l'ensemble des amateurs de la la du secteur marchand français. C'est toute mesure qui qui permet de de de ne pas être pénalisé par rapport à nos concurrents et la bienvenue que ce soit en matière de de coût du personnel marin, nous avons nous allons au-delà de des minimum légal pour les pavillons international français. dans dans nos marins français, nous avons plus de la moitié de de de nos personnels sur nos navires à pavillon français qui qui sont nationalité française alors que le pavillon international permet d'avoir euh 35 % voire moins de de français.
Donc nous nous essayons d'aller au-delà de de cette marge. C'est un c'est un défi. C'est un défi pour nous de pouvoir continuer à le faire.
Nous souhaitons le faire. L'autre point majeur qui est important, je pense euh euh en matière de de de positionnement de la France, euh donc la France, le pays numéro 1 en matière de pavillon français euh des navires cabliers euh grâce à n nos entreprises. Nous avons aussi en France les entrepôts de câbles sous-marins qui servent aux réparations de câbles sous-marin.
Et donc quand vous devez réparer un câble sous-marin, vous avez nécessairement besoin de d'avoir avec vous des réserves de câbles, plusieurs kilomètres, plusieurs dizaines de kilomètres de câble pour une réparation. Ça peut arriver et c'est aujourd'hui grâce à Orange Marine et puis à Essen au nord de la France, nous avons plusieurs entrepôts en France, ce qui est rare, ce qui n'est pas le cas des autres pays européens. Vous n'avez aucun entrepôt en Allemagne, vous n'avez aucun euh vous avez un entrepôt en Italie qui est celui que nous que que nous que nous que nous dirigeons, voilà, qui est à Catan.
Les nôtres sont à Brest et à la scène surmer. Nous sommes comme la Marine nationale. Nous avons nos deux bases euh une en Bretagne et et une dans le dans le sud de la France.
Et et c'est aussi important, je pense, pour vous, d'avoir en tête que c'est une chance pour la France d'avoir ces ces entrepôts basés en France. Si aujourd'hui la situation n'est pas problématique d'une manière générale, c'est-à-dire que le marché fonctionne bien. Effectivement, comme l'a dit Alain, nous avons des des problèmes de de délai de de permis, mais c'est ce sont des des des problèmes qui qui sont gérables qu'on arrive à gérer, qui ne font que retarder un petit peu les opérations mais qui mais qu'on arrive à gérer.
Si la situation devenait plus problématique, je pense que la France pourrait se féliciter d'avoir ses entrepôts de Capsumain avec ses réserves sur son territoire. Euh j'insiste là-dessus parce que euh il peut nous arriver d'être soumis à d'être à des réglementation des des des lois qui nous pénalisent et qui pénalisent cette situation. Euh il y a il y en a il y en a une qui est une réglementation européenne sur les émissions euh carbone qui est qui a été conçu euh pour la marine marchande et pour la marine de transport de passagers et de et et de et de marchandises totalement adapté à ce secteur d'activité puisque elle s'applique à tous les navires qu'ils soient euh pavillon européen ou pavillon non européen de la même façon.
Alors que quand on applique cette même règle au navir cablier, et bien ça pénalise les navires cabliers basés en Europe et les entrepôts basé en Europe. Pourquoi ? Parce que les le coût de ces émissions carbone est dû suivant le port de départ ou d'arrivée du navire en question.
Donc quand vous quand nous allons partir de notre base européenne pour aller réparer un câble même au milieu de l'Atlantique et que nous reviendrons dans notre base européenne, nous serons pénalisés. nos amis anglais en face de la Manche partiront de de l'Angleterre, iront faire la même réparation au milieu de l'Atlantique, reviendront en Angleterre, ne seront pas pénalisés, n'auront pas à payer des émissions carbone. Donc nous essayons de demander à la Commission européenne de suspendre cette l'application de cette règle pour les navires cabliers, pour les navires offshore parce qu'elle n'est simplement pas adaptée à à notre activité.
à ce stade, nous n'avons pas réussi à avoir gain de cause, mais j'espère que que que cela pourra changer euh dans dans les prochains mois. D'autant plus que un des arguments de la Commission européenne était de dire qu'il y aurait une réglementation mondiale au niveau de euh de de l'Organisation maritime internationale qui qui gommerait tous ces toute cette distorsion de concurrence. Et peut-être que certains d'entre vous ont suivi qu'il y a une la dernière réunion de l'Organisation mondiale euh internationale euh de le maritime euh a donné lieu à un échec puisque les Américains ont ont on ont mis leur véau à l'application d'une règle mondiale de un peu de taxe carbone enfin d'émission de de d'achat de de certificat carbone he suivant qui est en phase avec la la position politique de l'administration américaine depuis depuis la dernière année.
Voilà. Donc nous sommes face à ce genre de de problématique ponctuelle. De temps en temps, nous pouvons être pénalisés par rapport à nos concurrents non européens, non français à cause de réglementation mal adaptées à notre activité.
Notre activité étant très spécifique. Elle est très spécifique notre activité. Il y a très peu de choses qui qui qui qui s'y qui qui ressemblent.
Et donc on peut être soumis à à ce genre de choses. Quelques mots sur les gars femmes que vous avez évoqué. Comme l'a dit Alain, la le principal impact des gafemes dans notre activité, c'est l'augmentation des investissements dans les câbles sous-marins.
C'est une nouvelle vague d'investissement qui s'ajoute aux investissements des opérateurs et qui non seulement s'ajoute mais est supérieur aux investissements des opérateurs. Nous faisons en sorte que cela nous donne plus de travail. Je pense que c'est la même chose pour ASN et Orange Marine.
Et donc au strict point de vue de notre activité, nous ne pouvons pas nous en plaindre puisque grâce à ça et bien on peut estimer que nos navires seront plus euh occupés euh et que ce soit côté pause ou côté maintenance puisque tous les investissements d'aujourd'hui donnent lieu à 25 années de maintenance pour le futur. Et c'est évidemment grâce à cette euh ce marché favorable par exemple que nous avons pu décider. de renouveler euh de navire de notre flotte de maintenance puisque nous sommes conscients que dans les 25 ans qui viennent, il y aura toujours énormément de câbles à réparer et c'est en partie euh grâce à l'investissement des gafames.
Après, effectivement, ça pose d'autres problèmes du côté opérateur mais mais ça on pourra répondre à vos questions si vous le souhaitez. Euh peut-être le dernier point avant de de vous euh de vous laisser la parole pour vos questions, c'est que nous nous félicitons euh de la par contre de la euh l'initiative européenne de de subventionner euh des des des nouveaux projets de câble sous-marin. Il est clair que la résilience d'un réseau de câble sous-marin tient d'abord à la redondance de ce réseau.
He là je prends un petit peu le le la casquette d'opérateur télécom. Un opérateur télécom comme Orange dans son réseau de câble sous-marin est capable en cas de coupure d'un câble de router la totalité d'un câble sous-marin du trafic de du câble en question sur d'autres câbles sous-marins. Donc les cette redondance est très importante et donc dans par contre vous doutez bien que investir pour de la capacité de réserve qui n'est pas 100 % du temps utilisé ça a un coût et donc il est totalement il est très sain pour l'intérêt général je dirais pour l'intérêt général d'avoir des réseaux résilients que il y ait des subventions complémentaires comme la Commission européenne a décidé de le faire et a continué de le faire.
Voilà. Donc euh donc en gros, il y a d'autres d'autres décisions qui ont été prises par la commission qui dans ce domaine spécifique des câbles sous-marins pour nous nous paraît aller dans le bon sens. Ce dont je vous parlais tout à l'heure, les émissions carbone, c'était évidemment une autre commission, une autre direction de la commission qui était dans qui n'était pas très sensibilisée par le secteur des télécommunications.
Je vous remercie. Merci beaucoup messieurs déjà pour ces premières interventions absolument je dire époustoufflante. Et donc nous allons passer la parole à Anne-Catherine Noisier et à Patrick Chaz.
Je vous proposais ensuite de répondre à leurs questions avant que nous ouvrions les questions aux autres commissaires. Anne- Catherine, merci beaucoup madame la présidente et messieurs, merci de de nous faire plonger dans un univers qui finalement est peu connu. On connaît les connexions, le spatial, on connaît bien le le terrestre, mais le sous-marin finalement le connaît très peu et c'est d'autant plus dommage que vous l'avez dit madame la présidente et messieurs, on a un un niveau d'excellence et la France est très présent dans ce secteur.
Euh donc vraiment merci de de venir vous éclairer. Alors moi j'aurais trois questions. La première en fait revient sur ce paramètre de résilience enfin de l'aspect stratégique de de ces câbles de ces câbles sous-marin et l'aspect géopolitique et sur la nécessité pour être résilient d'une certaine redondance donc aussi d'une d'une capacité de de maintenance de suivi et de surveillance de ces millions de kilomètres de câbles déployés.
Donc je voudrais savoir si comment vous appréhendez les dégradations. Est-ce que quel est votre rôle par rapport à à cette maintenance et comment vous traitez les éventuelles dégradation ? Est-ce qu'il y a un volet particulier concernant peut-être des des dégradations volontaires ?
Enfin, j'entends par là les menaces en fait. on est sur des équipements stratégiques, donc on peut penser qu'il y a des menaces géopolitiques importantes. Donc je comprends que dans la maintenance en fait on on dans une dans certains cas, on récupère le câble et on le remet en état dans dans vos ateliers d'Orange Marine.
Mais quelle est la part en fait des drones sous-marins ? parce que c'est un c'est un secteur sur lequel on n'est pas mauvais non plus en France he les drones sous-marins. Donc je visais savoir ce qui ce que ce que vous avez comme partenariat peut-être ou ce que vous faites en en terme d'intervention avec les les drones sous-marins.
Euh peut-être plutôt à monsieur Biston sur les le déploiement. Est-ce que vous pourriez nous en dire plus sur en fait le le coût des déploiements ? Est-ce qu'il y a un coût moyen au kilomètres ?
J'imagine que ça dépend de la nature des fonds marins. Mais du coup voilà parce que quel est le modèle économique en fait ? Est-ce qu'il y a finalement est-ce que est-ce que vous faites beaucoup de marges dans vos industries ?
C'est un sujet actuel ou est-ce que l'enjeu stratégique et et l'enjeu technologique voilà euh prend le pas. Et puis pour Orange Marine euh donc vous nous avez dit monsieur que vous investissiez dans de dans de nouveaux navires câliers plus modernes parce que je pense il y a un vrai enjeu aussi d'innovation et que vous en avez commandé deux dont la livraison est attendue en 2028 et 2029 mais apparemment vous avez fait appel à à un chantier naval srilancais donc ça nous interpelle un petit peu donc si vous pouviez nous expliquer la raison de ce choix. Merci messieurs.
Merci Anne-Catherine. Patrick Chaz. Merci madame la présidente, messieurs les présidents directeurs généraux, mes chers collègues.
Alors, les câbles sous-marins sont des infrastructures critique. Ils sont fragiles. Ils sont soumis aux aléas géologiques, les séismes, les éruptions volcaniques, aux accidents d'origine anthropique, les ancres de navire, les filets de pêche, mais également au sabotage et aux opérations d'espionnage.
Le Comité international de protection des câbles a recensé 199 défauts par an en moyenne entre 2010 et 2023, soit quatre par semaine avec une tendance plutôt stable ces dernières années. Dans le contexte de la guerre en Ukraine et des conflits au Moyen-Orient, des cas d'actes malveillants à l'encontre de ces câbles ont notamment été évoqués en mer Baltique ou en mer rouge. Comment vous adaptez-vous à cette nouvelle donne géopolitique qui peut faire de ces infrastructures la cible de guerre hybride ?
Êtes-vous en mesure de réparer très rapidement ? Vous nous avez déjà donc évoqué les problèmes plutôt administratifs de ces caps sousmarins qui feraient l'objet d'acte malveillant. un sabotage de grande ampleur avec plusieurs coupures bien placé, j'allais dire vous paraît-elle un scénario envisageable et quelles seraient ces ces conséquences ?
Comment plus globalement améliorer la résilience du réseau des câbles sous-marins qui relient notre pays au reste du monde ? Je souhaiterais également savoir comment vous gérez certaines contraintes géopolitiques sensibles ? Est-ce que vous êtes amené à travailler sur des câbles reliant la Chine ou bien avec des opérateurs chinois chinois tels que Huawei ?
Devez-vous vous conforter à des interdictions américaines, par exemple, s'agissant du Venezuela ou de Cuba ? Et puis vous n'avez pas répondu à à la question de la de la présidence sur les récentes annonces de la Commission européenne. Donc, j'aimerais aussi que vous puissiez nous en parler.
Merci. Oui, si si vous commencer par la tout ce qui est résilience, maintenance, dégradation des câbles. Euh donc effectiv Orange Marine et SN, nous sommes tous les deux, nous avons tous les deux une activité de maintenance des câbles.
Cette activité, elle consiste en quoi ? Elle consiste à maintenir euh opérationnel des navires cabliers dans des bases marines prêt à intervenir sous 24 heures en cas de en cas de défaut. Et donc c'est le c'est le propriétaire du câble sous-marin qui est sous contrat avec nous.
C'est un contrat de service qu'il a avec nous. quand il constate que il a besoin d'un navire cablier pour réparer, il fait appel à nous et nous avons des navires qui sont qui chargent les ces fameuses réserves de câbles depuis l'entrepôt et qui vont réparer. La bonne nouvelle pour les câbles à télécom et elle est très importante, c'est que nous avons ce dispositif fonctionne très bien.
C'est-à-dire que en particulier pour les la zone autour de l'Europe, il y a l'Europe est est bien euh et comment dire est bien équipé en navire de maintenance puisque euh non seulement vous avez un un navire qui est à Calais hein le tien à Brest, la scène surmer, un navire italien à Catan et puis aussi un navire anglais qui est en Angleterre qui est susceptible de réparer tous ces câbles par rapport à d'autres parties du monde. que on est bien équipé et ça marche bien. Euh et le point peut-être un point majeur sur lequel les médias ne ne font pas ne souligne pas, c'est que certes, il y a eu des problèmes un peu bizarres dans la mer Baltique, mais quand on regarde nous statistiques en particulier autour de l'Europe, et bien le nombre de réparations a tendance à baisser.
Le nombre de réparations a tendance à baisser. Et ça pourquoi ? parce que les propriétaires de câbles protègent mieux leur câbles, les câbles sont mieux enfouis et puis il y a tout un système de de sensibilisation des pêcheurs en particulier qui en Europe en tous les cas fonctionnent relativement bien.
Les pêcheurs savent qu'il y a des câbles et donc et puis il y a même des des des prestataires de services qui sont capables de détecter des navires qui sont en train de chaluter et de les alerter quand ils s'approchent dangereusement d'un câble. Et ça fonctionne et ça fonctionne de vous savez, il y a le système de l'IS qui permet de de repérer des donc quand vous avez vous analysez une position d'un navire, vous pouvez en déduire vous pouvez connaître le navire et vous pouvez en déduire qu'il est en train de chaluter en fonction de sa vitesse et de sa trajectoire. Et donc voilà, donc vous ce genre de de de choses se mettent en place et au final euh permettent de euh de réduire le nombre de de de pannes.
Alors ce qui s'est passé en Mer Baltique, de mon point de vue, je pense que Alain sera d'accord avec moi. Pour nous, c'est très localisé aujourd'hui. Parle d'aujourd'hui, évidemment, c'est très localisé.
Là où on a vu évidemment l'autre zone, on a vu des des pannes multiples anormales, c'était la mer rouge. La mer rouge et ça là pour le coup la l'origine est bien connue. Au large du Yémen, certains navires marchands ont été euh abattus par un missile des outils.
Euh ils ont jeté l'encre avant de couler et l'encre a arraché quelques câbles. Donc c'est pas un sabotage par les outils directement, mais c'est le c'est un c'est une conséquence de de l'action des des des outils sur les navires marchands qui ont provoqué ces câbles dans une zone sur lesquelles en très peu d'endroits, vous avez énormément de câbles qui passent. Le le D3 de Babel Landem, l'entrée de la mer rouge, vous avez 16 17 câbles qui passent dans une petite zone.
Donc c'est c'est très c'est très vulnérable. Donc, mais la bonne nouvelle, c'est que on on a beaucoup de navires cabillés et on répare vite. La et ça c'est une différence entre les navires euh entre pardon les câbles euh sous-marins Télécom à fibre optique et les câbles d'énergie sous-marin.
Un câble Télécom fibre optique se répare vite en quelques jours une fois qu'on est sur place. En quelques jours, on a réparé le câble. Et donc c'est pour ça que euh tout ce qui s'est passé en Mer Baltique, même si c'était un peu anormal, euh à ma connaissance, il y a pas eu d'impact majeur pour les télécom.
Il y avait de la redondance de réseau et puis ils ont été réparés hein. Ils ont été réparés assez vite ces câbles et donc c'est vraiment la bonne nouvelle des câbles Télécom par rapport au câbles d'énergie qui sont beaucoup plus compliqués à réparer et beaucoup plus coûteux et pour lequel n'existe pas ce système de maintenance avec des navires prêt à intervenir au cûp sifflé comme il comme il existe pour nous. Euh la surveillance la surveillance des câbles sous-marins, c'est le travail d'abord des propriétaires de câbles sous-marin.
Donc Orange en tant que propriétaire des câbles sous-marins dispose d'un centre de supervision de ces de ces de ces réseaux et en particulier de son réseau international. Et 24h sur 24, vous avez des techniciens qui sont là et qui sont à même de réagir à une alarme quelconque quand on voit que le trafic ne passe pas bien ou ne passe plus sur une liaison donnée. Donc il y a tout un système de surveillance 24h sur 24.
C'est le cas de de tout pour tous les les grands opérateurs de de réseaux internationaux. Et encore une fois, je pense qu'aujourd'hui dans une situation normale, ça fonctionne bien. Euh après, effectivement, la question que vous vous êtes tout à fait en droit de vous poser, c'est mais est-ce que qu'est-ce qui se passerait si on on éétait plus dans une situation normale, s'il y avait de multiples coupures qui pouvaient se produire simultanément ? et et et là à mon avis clairement en Europe nous avons la chance d'avoir beaucoup de navires cabliers et là peut-être que le non seulement vous avez la redondance des câbles qui est évidemment la première chose à faire et ça elle existe hein de faire en sorte que même si vous avez beaucoup de coupures, le trafic sera sera ne sera pas complètement perturbé mais si vraiment le nombre de coupures est trop important, il sera perturbé.
Euh et dans ces cas-là, effectivement, il faut réparer euh nous sommes prêts euh Orange Marine, mais je laisserai à euh confirmer euh que c'est le cas. Nous sommes prêts à collaborer avec des autorités compétentes pour faire en sorte que nos navires, même s'ils ne sont pas des navires de maintenance parce que nos navires de pause sont capables aussi de réparer des câbles, puissent être utilisé dans le cas dans ce cas de de scénario euh je dirais euh exceptionnel d'urgence pour que euh tout navire de la flotte d'Orange Marine soit mis à disposition d'une autorité compétente pour pouvoir aller réparer des câbles dans une situation d'urgence. La seule chose que je je je dois dire, c'est que c'est très bien d'être d'accord sur le principe, mais après, il y a quand même du travail à faire pour préciser les modalités, comment ça se passerait, qui aurait le droit de nous réquisitionner et puis combien on serait rémunéré parce que comme on vous l'a dit, on est quand même une une activité commerciale.
Si notre navire doit être détourné d'une mission commerciale pour aller faire une mission de service public, il est normal qui qu' qu'il ait qui qui qu' qui a une compensation financière. Tout ce genre de choses mérite à mon avis encore des des discussions. Mais le ce que je peux vous dire c'est que nous sommes tout à fait euh ouverts et et et prêt à à travailler dans cette optique là pour faire face à une situation exceptionnelle.
Euh juste pour vous avez parlé des des drones sous-marins, ce que je peux vous dire c'est que pour la réparation des câbles sous-marins aujourd'hui, ce que nous utilisons des robots sous-marins, ce qu'on appelle des des rofs, des robots télécommandés depuis depuis le navire. hein, qui a à la fois un un un qui qui est relié par un nom bilical comme on dit qui dit qui qui qui porte bien son nom hein qui qui permet d'alimenter électriquement et et de et de voir ce que les caméras du robot nous envoient comme donné. Et bien figurez-vous, ces robots sous-marins sont nous les fabriquons en Orange Marine et ils sont fabriqués en Provence à Fuva près d'Ex en Provence.
Et donc c'est une une petite équipe qui qui qui a maintenu cette de de passionné, qui a maintenu ce savoir-faire et et donc c'est et ces robots de câble sous-marin sont de plus en plus utilisés pour les réparations mêmes, pas nécessairement pour la surveillance des câbles, mais quand on va réparer, on commence par envoyer le robot, le robot trouve le défaut, peut couper le câble, on s'est coupé des câbles et et et peut et peut amener à à faire en sorte que le le défaut soit réparé à bord du navire beaucoup plus vite. Le robot peut aller nos robots peuvent aller jusqu'à 2000 m voir plus de fond. Mais en fait la la grande majorité des défauts sont par quelques centaines de mètres de fond parce que la grande majorité des défauts, comme on l'a dit, c'est quand même des des origines humaines, chalutage, ancre de navire et statistiquement, on trouve beaucoup plus de défauts par petit fond.
C'est pour ça que là nos robots sont adaptés. De temps en temps, on doit aller aussi réparer des câbles par 5000 m de fond, hein. Ça ça arrive et ça on sait faire, on n pas besoin d'envoyer le robot, mais avec des grappins qui coupe et qui relève le câble, on sait réparer des câbles par 5000 m de fond ou 6000 m de fond.
On remonte à bord. Voilà, exactement. Ça prend du temps, hein. [rires] Merci Didier.
Ben, je vais compléter. Donc ce qu'il faut comprendre c'est que ce que font les opérateurs en parlant de résilience c'est qu'ils regardent les différentes routes d'information et ils essayent d'avoir au minimum entre trois à cinq câbles sur le même chemin. ce qui leur permet lors d'une coupure de basculer le trafic, ils font des échanges, c'est-à-dire vous pouvez avoir un câble d'un opérateur X, un câ d'un opérateur Y et il s'échange en fin de compte de paires de fibres, ce qui fait qu'ils ont fait leur résilience sur le cadre de l'autre pour se balancer le trafic en cas de coupure.
Donc ça c'est le premier élément qui est fait. Le deuxième pour rebondir ce que vous avez dit sur la Commission européenne, donc ASN a participé aux travaux de la Commission européenne pour parler de la sécurisation des câbles sous-marins. Donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quand on met un câble dans l'eau, on le met pour 25 ans et on a droit à une panne pendant 25 ans.
C'est-à-dire que nos contraintes sont plus élevées que celles des satellites. Si on veut un nouveau composant, on a 36 mois de certification sur le produit. Juste pour vous donner une idée, comme quoi, c'est assez compliqué de faire des caps sousmars.
Et donc le point particulier qu'on a regardé avec eux, c'est que lorsque vous avez 25 ans, et ben il faut essayer de réfléchir qu'il y a pas que votre industrie mais il y a les autres industries qui s'améliorent. Et on n pas eu de chance hein, c'est les chalutiers, il y en a de plus en plus gros et de plus en plus profond. Ce qui fait qu'avant ce qu'on faisait c'est queon enterrait comme l'a dit Didier le câble lorsque vous aviez à peu près 1000 m de profondeur.
Or maintenant les chalutiers et ben ils vont plus loin. Ce qui fait que les trois coupures, je peux vous donner un exemple qu'il y a eu en Angleterre, c'est des chalutiers et c'est parce que c'était 1200 m. Donc maintenant les nouvelles règles, on essaie d'enterrer le câble jusqu'à 1500 m de profondeur.
Ce qui veut dire, vous imaginez une charrue qui est tirée par un bateau à 1500 m de profondeur. Ça vous donne un peu l'idée de la capacité du bateau qu'il va falloir mettre en place. Donc nos bateaux coûtent très cher.
Voilà, il faut bien le comprendre justement parce que il faut faire ses tranchées à 1500 m de profondeur de plus en plus. Ça c'est le premier point queon fait. Le deuxième point qu'on a regardé, c'est le point particulier, je dirais, des réseaux Télécom, c'est la station d'atterrage.
Donc lorsque votre câble arrive à terre, bah il y a une station et c'est quand même honnêtement plus facile d'accéder à la station que d'accéder au câble en mer. Donc il y a toute une, je dirais panel de mesures qui sont réfléchis à comment protéger ces stations d'atterrage. Donc là-dessus, on regarde un certain nombre de solutions.
L'autre point qu'on essaie de mettre, c'est le ce qu'on appelle et comme l'a dit Didier Orange le fait, nous le faisons pour tous nos clients, donc la surveillance des câbles et donc on invente un nouvel équipement qui s'appelle le DAS. Donc il nous permet de sur une fibre, il faut savoir que la fibre c'est comme une éponge, donc elle capte absolument tous les bruits qui peut y avoir sous la mer. Donc avec le DAS, on récupère ces informations et on peut suivre par exemple et on l'a démontré quelqu'un qui vient taper sur le câble, on le voit en temps réel.
Alors, les sous-marins, ça c'est plus compliqué à regarder, hein. Nous ce qu'on regarde, c'est la protection du câble et donc les bateaux en surface. Donc, on peut savoir comme l'a dit Didier si le bateau a le filet qui est dans l'eau et on peut l'appeler et lui demander de relever son filet.
Et l'intérêt qu'on y voit maintenant, c'est qu'on maîtrise totalement lors d'une coupure quel était le bateau qui était là. Donc conclusion, les assureurs savent se retourner sur les bonnes personnes qui auraient endommagé le câble et qui n'auraient pas respecté les signaux d'alerte. Donc on est en train de réfléchir à pas mal d'éléments qui feraient aussi que dans certains cas on peut détecter un objet qui tomberait à côté du câble et donc ça permettrait d'avoir une base comme vous l'avez mentionné de drone et dans ce cas-là on enverrait une alerte en temps réel au drone pour aller visualiser qu'est-ce qui est tombé à côté du câble.
Donc, il y a beaucoup d'éléments qui sont en train d'être travaillés avec la Commission européenne qui sont plus des recommandations qui sont maintenant à la charge de chacun des États de décider qu'est-ce qu'il veut appliquer. Mais on pense que il commence à y avoir un certain nombre d'éléments et de nouveaux produits qui vont permettre, c'est la zone la plus importante, c'est je dirais celle qui est à moins de 1500 m de profondeur parce que c'est vraiment là qu'arrive la majorité des incidents. Et comme vous l'avez mentionné, si on regarde un peu les statistiques, oui, à peu près trois quatre coupures par semaine.
La majorité sont quand même tout ce qui est les ancres de bateau et les filets de pêcheur, plus quelques éléments, on va dire naturels comme le volcan de Tonga qui avait bien détruit le câble. Donc quand les îles n'ont qu'un seul câble, évidemment ça devient très problématique en terme de réparation. Mais ça ça vous donne tout ce qui est en train d'être mis en place et en train d'être réfléchi.
Et il faut voir que quand on dit que un DAS est capable de réellement savoir ce qui se passe sous l'eau, je vais juste vous donner un exemple puisque nous on le fait avec notre équipe de Norvège. On l'a mis sur un câble qui fait juste la manche entre l'Angleterre et on a réussi à détecter un tremblement de terre de 0,1 sur l'échelle de Richer à 32 km du câble, juste en écoutant la fibre du câble. Donc on voit bien que ça ouvre un certain nombre de perspectives pour justement travailler sur la protection et la résilience des câbles.
Alors maintenant, vous m'avez posé une question un peu plus compliquée. Quel est le coût de déploiement ? Alors, je vais vous répondre un peu normand.
Ça varie. Voilà pourquoi parce que il faut comprendre que sur un projet donné, le bateau, il va d'abord faire du transit. Donc là, il a pas d'activité mais bon, il coûte quand même pour arriver au bon endroit.
Le deuxième point, c'est soit vous utilisez la charrue pour enfouir le câble et vous faites à peu près 30 km par jour, moins même. Voilà, des fois moins. Et puis si vous êtes en grand fond, nous on dépose les câbles jusqu'à 8000 m de profondeur, bah là vous pouvez faire 120 km dans la journée.
Donc on voit bien que le taux d'utilisation du bateau et son activité impacte, je dirais le coût du déploiement. Donc, il y a ce qu'on appelle des routes faciles. Donc, on va prendre un transatlantique, un trans-acifique.
Il y a toute une période en grand fond vous allez extrêmement vite. Par contre, si vous faites euh concrètement un Singapour, euh Marseille, bah c'est plus compliqué parce que la mai rouge c'est plus compliqué. Vous devez passer par le canal de Suèse, la Méditerranée, il y a des eaux disputées, donc c'est très compliqué.
Donc on voit bien que à chaque fois je dirais le coût est dépendant du trajet du du projet. Les plus faciles, c'est quand même ce qu'on appelle les transpacifiques et les transatlantiques. Voilà.
Mais ça n'empêche qu'un transpacifique, je dirais c'est de l'ordre de 600 millions. Donc c'est pour ça qu'il y a quand même peu de gens qui peuvent se permettre de se payer des câbles sous-marins. Oui.
Oui. La question du chantier SANCA, elle est très simple. Je vous comme je vous l'ai dit, nous sommes soumis à une concurrence mondiale.
C'est un marché mondial. Je l'ai nous avons plus de 90 % de notre chiffre d'affaires qui vient d'hors de France hein. Je sais pas s'il y a beaucoup d'entreprises comme ça en France hein.
Et donc avec des concurrents, certains sont chinois. D'ailleurs, entre parenthèses, j'ai entendu dire qu'il y avait un navire chinois qui allait bientôt venir poser un câble en Méditerranée alors qu'on aurait été heureux de faire le de faire de faire le le travail. Euh notre volonté, elle est claire, elle est simple, c'est d'être présent et de maintenir notre position de premier plan mondial.
Nous avons donc la première chose à faire quand on avait des navires qui vieillissent, c'est remplacer les navires. Nous avons décidé et c'est pas le cas de tous les armateurs de navires cabliers de de remplacer nos navires par des navires neufs parce que c'est ça qui donne le le qui nous positionne pour le plus longtemps à plus long terme. Un navire neuf.
Grâce à un navire neuf, on aura du travail pour nos marins encore pendant 40 ans. Un navire, ça une durée de vie de 40 ans. C'est c'est quelque chose qui est qui est aussi une décision difficile.
Et quand nous pour choisir un chantier naval, quand nous avons décidé de remplacer des navères, qu'est-ce que nous faisons ? Ben nous faisons un appel d'offre mondiale. Nous sommes une activité à Nous sommes une activité sur un marché mondial avec des concurrents mondiaux.
Nous ne pouvons pas nous permettre de nous fixer des contraintes que nos concurrents n'ont pas. Et donc nous faisons un appel d'offre mondial. C'est ce que nous avons fait.
Euh nous avons consulté des chantiers partout dans le monde. Je peux vous dire que certains chantiers français ont répondu mais jamais jamais avec construction en France. Les seules réponses de un ou deux chantiers français c'était construction au Vietnam par exemple.
Donc vous voyez donc ça évidemment si on avait eu le choix à avec peu de différence entre un chantier français et un chantier nonfançais, bien évidemment qu'on aurait choisi un chantier français mais la différence était beaucoup trop important et le il se trouve que le chantier de Sri Lanka que nous avons donc on parle de plusieurs millions d'euros de d'écart de coût hein. C'est c'est un navire cablier, c'est quand c'est c'est un navire de maintenance et de de l'ordre maintenant de d'investissement de 60 à 70 millions ou plus de d'investissement. Et quand vous avez 5 ou 10 millions d'écart de de coût, vous ne pouvez pas ne pas choisir le mieux disant.
C'est une question de survie de l'entreprise. Voilà, c'est tout simple. Et il se trouve que le chantier de Sri Lanka avait construit le Sophie Germain, notre dernier euh navire, et l'avait construit et et avait donné satisfaction.
Les choses s'étaient passées de manière très satisfaisante. Euh alors que le pays était dans une situation très difficile, hein, le Sri Lanka était dans une situation économique très difficile ces dernières années, on a eu face à nous un industriel qui a mis tout en place et qui a fait tous ses efforts pour nous livrer le navire dans les temps. Un navire tel qu'on l'avait commandé.
Et donc il y avait aucune bonne raison de ne pas le retenir alors qu'il était significativement mieux disant que ses concurrent. Et voilà, c'est c'est on ne peut pas, je pense nous demander à la fois d'être présent, d'être concurrentiel sur le marché mondial encore une fois et nous fixer des contraintes que n'ont pas nos concurrents. Vous voulez rajouter quelque chose ?
Non, je vais compléter parce que je pense qu'on a'a pas répondu à une question si ma liste si ma liste est bonne. Donc euh au niveau donc d'ASN et je pense c'est la même chose pour Orange Marine. Donc nos nos contraintes sont liées euh aux sanctions prononcées au niveau des Nations- Unies.
Donc ça ça vous donne déjà une liste d'exclusions avec les pays auxquels on ne travaille pas. Et vous avez une deuxième liste qui vient au niveau donc du donneur d'or donc de l'opérateur du câble. Et donc il s'avère que un certain nombre de sociétés américaines nous demandent de ne pas utiliser de bateaux chinois, de ne pas utiliser de composants chinois.
Voilà, donc on a ces demandesl qu'il faut que l'on respecte à côté. Ça nous empêche pas à côté de faire des câbles où il y a des opérateurs chinois. Donc tout Africa, vous avez China Mobile qui est un actionnaire du câble.
Et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'un certain nombre de projets chinois vont bien sûr au fournisseur chinois puisqu'il y en a un qui s'appelle HFM. Et donc à côté, ils s'aperçoivent que ils n'attirent pas de clients étrangers sur leur câble. Donc du coup, il regarde aussi une conception où les opérateurs chinois prendraient un fournisseur étranger pour justement attirer un certain nombre de je dirais clients étrangers qui viendraient sur leur câble sous-marin.
Donc ça c'est actuellement on voit un peu cette tendance d'avoir des câbles dit chinois et des câbles dit étrangers avec des opérateurs chinois. Mais nous ce que nous faisons, c'est que nous suivons euh les sanctions et euh la liste nous dit exactement les pays avec lesquels on peut travailler et les pays avec lesquels on ne peut pas amener le câble et on ne peut pas discuter. J'espère avoir répondu à votre question.
Merci beaucoup. Alors on va attaquer les questions de nos commissaires. On va les prendre trois par trois et on vous permettra d'y répondre.
Martine Berté. Merci madame la présidente. Messieurs les présidents, je suis rapporteur pour avis au nom de notre commission. sur le compte d'affectation spéciale participation financière de l'État et j'aurai deux questions en lien avec l'Agence des participations financières de l'État.
La première s'adresse à vous monsieur Biston. Fin 2024, l'État a donc acquis une participation majoritaire dans SN afin de sécuriser son contrôle sur les infrastructures numériques critiques que sont les câbles sous-marins. Nous l'avons dit, cette opération était absolument nécessaire pour assurer notre souveraineté numérique car vous êtes le seul acteur européen effectivement à disposer des capacités technologiques et industrielles pour à la fois concevoir, fabriquer, installer et entretenir ces câbles.
Pouvez-vous nous expliquer au-delà bien sûr de l'intérêt pour notre souveraineté l'impact du point de vue du développement et de la croissance d'ASN de disposer d'un actionnariat public notamment peut-être par rapport au sujet dont nous venons de parler. Ma deuxième question s'adresse à vous deux, messieurs les présidents. L'État est également actionnaire historique d'Orange.
Or, vos deux sociétés sont plutôt en concurrence dans les domaines de la pose et de l'entretien des câbles. Aussi, pouvez-vous nous dire quelles synergies sont prévues par l'État dans le cadre du portefeuille de la PE, synergie ou éventuellement rapprochement entre vos deux sociétés sont-ils envisagées ? Voilà.
Est-il prévu une évolution ? Merci Martine Franck Montoger. Merci madame la présidente.
Merci à à vous deux pour vos présentations très très intéressantes. Je voudrais revenir sur le début du propos de monsieur Biston euh relatif au finalement au modèle économique. Euh quelles sont les différences de performance technique entre le modèle Starling et et et votre modèle ? c'est-à-dire la transmission satellitaire et et la transmission par fibre fibre optique.
Et moi, j'ai moi j'ai compris mais peut-être mal que effectivement la performance via la fibre optique était pouvait être supérieure peut-être dans certaines conditions, pas toutes. Et mais est-ce que c'est la raison pour laquelle vous avez fait le choix stratégique d'une cible opérateur plutôt que gafam comme vous l'avez expliqué dans dans votre propos ? J'ai j'ai en tête un exemple parlant, la question en matière de santé des opérations chirurgicales à distance à très très longue distance.
Voilà, c'est c'est ce genre ce genre d'activité nécessite-t-elle de passer effectivement plutôt par votre solution technique que par les les voies satellitaires ? Voilà. euh parce que par rapport notamment au développement de l'intelligence artificielle, à l'apparition de data center à peu près partout, vous l'avez vous l'avez évoqué, effectivement ça laisse ça laisse comprendre qu'il y a un potentiel de développement considérable.
Et et dernière dernière question, c'est toujours en rapport avec le modèle. Qu quels sont les principes euh du sans les sans les dévoiler dans le détail évidemment. Quels sont les principes du modèle économique qui est le votre ?
La la rémunération, elle se fait par vos clients, elle se fait sur quelle base ? Une location euh des quantités de données proportionné à la vitesse et cetera. Bon voilà, quel est le principe finalement de de de valorisation auprès de par auprès de vos clients de de votre de votre activité ?
Merci. Merci Franck Gérard Laéec. Merci madame la présidente.
Merci messieurs. Euh je suis sénateur des codes d'armor, plus précisément du secteur de l'Agnon Pleurbou. Ça peut peut-être vous rappeler quelques souvenirs.
En tout cas, je veux commencer par vous remercier de m'avoir rappelé au bon souvenir du théorème de Tvenin euh qui m'a été grandement utile dans mon activité professionnelle et je ne vous cacherai pas que le théorème de Tfna m beaucoup plus familier que la conjecture de Ferma étant entendu que le Pierre de Ferma est quand même un superbe navire. de cette flotte des des cabliers. Permettez-moi permettez-moi de vous le dire.
Non, et pour ceux qui voudront, je vous le réciterai par cœur le [rires] télé. Il avait bref tout ça pour vous dire qu'on a lieu d'être fier quand même de nos épopés des télécomes. Et je dirais aussi que on a lieu d'être fier de ce qui a été réalisé.
Je pense au E10, au E10B d'Alcatel et cetera. premiers centraux temporels fonctionnement monde bref c'était pas si mal et les câbles cela aussi merci de nous faire rêver parce que vous nous avez convaincu que la mer qui peut être une frontière infranchissable devient une voie de communication entre tout le monde. Donc c'est bien.
Donc on a vécu des glorieuses épopées. Je pense qu'on peut dire que ces glorieuses épopées que nous avons vécu sont derrière nous, mais on le doit quand même à une certaine ambition publique et permettez-moi de le dos d'oser le mot d'une ambition golienne. C'est quand même dans ce contexte là que ça s'est beaucoup développé.
Alors on refera pas l'histoire mais aujourd'hui le contexte j'ai pas dit que c'était ça pourrait être autrement. Donc le nombre d'opérateurs diminue aujourd'hui. Je ne reviendrai pas sur la turbulence qui secoue les accords.
Bon voilà, on va se retrouver avec vraisemblablement quatre opérateurs de télécom en France. Le nombre d'équipement mentiers diminue. Nous n'avons plus que deux équipes mentiers de télécom au niveau européen, Nokia et Erikson.
Sachant que Nokia n'a pas fait exactement les promesses, n'a pas réalisé en tout cas intégralement les promesses qu'il avait faites au moment du rachat d'Alcatel. On est dans une situation quand même avec un peu d'inconnu. Les maîtres du numérique, ce sont les gafas à l'heure actuelle.
Et enfin, les usages échappent de plus en plus à l'autorité publique. C'est tellement vrai d'ailleurs qu'on est amené à faire du coup par coup au plan institutionnel. Alors moi ma question est la suivante, c'est que vraisemblablement me répondrez-vous qu'on a besoin de tout le monde pour constituer les marchés et que vous ne refusez de répondre à personne.
Mais l'ambition publique ne peut pas être seulement de gagner des marchés. Enfin, autant je peux comprendre que ça peut être la vote. Autant nous ne pouvons pas circonscrire notre ambition, nous à seulement gagner des marchés.
Donc se pose pour nous une question de stratégie. Et enfin, je je dis cela parce que je considère que notre rôle ne peut pas être réduit seulement à lever des obstacles réglementaires ou de normes. Nous avons besoin de plus que ça.
Il y a une publicité d'un opérateur d'énergie qui disait il y a pas si longtemps, "Nous vous devons plus que la lumière." Et ben moi je dis nous vous devons plus que l'arrangement des réglementations est des normes. Donc ça s'appelle une nouvelle ambition publique.
Alors à vos yeux, quelle serait pour vous ce que pourrait être une ambition publique pour assurer votre développement ? Voilà messieurs, si vous pouvez répondre à cette série de questions. [rires] On y va.
Euh alors je vais essayer parce que le problème c'est non parce qu'il y a l'actionnariat je crois que c'était votre première question là sur l'actionnariatou l'actionnariat public. Donc par rapport à ça, comme vous l'avez dit, c'était d'abord on a dit la souveraineté liée à la souveraineté. Le le point particulier qu'on regarde c'est comment utiliser en fin de compte maintenant que ASN est je veux dire dans le giron de l'État. euh comment on peut servir de catalyseur à un certain nombre de start-ups qui réfléchissent dans le domaine du monde sous-marin.
Donc c'est euh ce que nous a demandé l'APE de voir maintenant et donc c'est ce qu'on a lancé comme activité. Et donc on est en train d'aider un certain nombre de sociétés en participant à leur développement, c'est-à-dire en mettant des sous tout simplement sur leur développement et que on voit que c'est des éléments connexes à ce que nous faisons et donc continuer à développer la souveraineté française sur tous ces domaines, je dirais, du monde sous-marin. Donc ça peut être aussi bien au niveau de senseur, au niveau de drone, donc tout ce qui complète un petit peu notre panoplie qui a du sens aussi pour ASN.
Euh, on regarde, on soumet à la PE ces idées-là et donc on est en train d'avancer maintenant avec ce qu'on appelle, je dirais, un funnel d'opportunité euh de tout ce qui pourrait être start-up du monde sous-marin français et qu'on étendrait au niveau de l'Europe lorsqu'on aura fait notre première étape en place. Donc ça c'est un petit peu je dirais le complément qu'on est en train de regarder puisque un petit peu comme disait Didier euh je vais vous dire que mon chiffre d'affaires en France c'est zéro. Je fais tout à l'international donc je n'ai absolument aucun marché français puisqu'il y a pas de câble France France.
C'est aussi simple que ça. Voilà. À part oui, on a essayé de faire on a fait la Corse.
OK. Voilà. [rires] Et on a quelques territoires d'autres mer mais il se relie pas entre eux.
Donc voilà. Voilà. Si je suis là.
Mais complètement, c'est on est tout à l'international. Donc ça, faut bien le comprendre euh basé sur ce que nous faisons. Après, je vais essayer, je vais continuer puis je te passerai la main.
Donc, je vais continuer sur votre question. Euh alors, il faut bien comprendre que si 99 % du trafic mondial d'internet passe par les câbles sous-marins, il y a une bonne raison. C'estàd Starling, c'est 1 %.
Je réponds déjà rapidement à la question. Pourquoi ? Parce que c'est un problème de débit.
Voilà. Et aujourd'hui, les satellites, c'est dans le gigabit à peu près, hein. Je suis pas un spécialiste des satellites, mais nous on est euh pratiquement au pétit.
Hm. Donc, je veux dire, c'est on n'est plus du tout dans la même discussion. Et puis quand ils vont faire un petit effort, et ben les gars femmes nous demandent de passer à 5 pétabites.
Donc là, il y a même plus de discussion. Donc, il faut bien voir que le point majeur, c'est celui-là. C'est-à-dire c'est quelle capacité on offre en temps réel.
Donc je veux dire un pétabite par seconde. Je sais pas si vous imaginez ce que c'est mais c'est colossal ce qu'on offre. C'est je sais pas comment vous le dire.
C'est vous prenez le trafic le trafic de Netflix en Europe en une seconde on le fait passer comme ça pour tous les abonnés. C'est énorme, c'est énorme ce que ce qu'on met en et on nous demande encore d'en faire plus hein. Donc ça c'est le premier point donc qui explique votre deuxième point qui était de dire pourquoi je réserve aux opérateurs c'est c'est parce que je je suis un adepte de la concurrence et que si les trois grands fournisseurs mondiaux que nous sommes, nous privilégions les GF femmes, ça veut dire que petit à petit il n'y aura plus de projet opérateur et le monde entier va devenir dépendant des réseaux des gafames.
Or nous nous pensons que dans le passé ceux qui ont fait vivre l'activité c'était les opérateurs. Les gars femmes, ils était pas là. Donc aujourd'hui, moi ce que j'ai pris comme décision, c'est pour ça je vous ai dit le 7030, c'est en gros 70 % de ma capacité est alloué au projet GAFAM et 30 % je l'ai réservé pour les projets opérateurs.
Donc ça soit Orange, Saudi, Télécom, ETISAT, Télécom Italia. Donc on se garde nous de faire des projets purement opérateurs puisqu'on pense que c'est quand même bien de garder cette diversité au niveau je dirais du marché mondial. Et aujourd'hui, si je prends mes deux autres concurrents américains et japonais, ils font pratiquement 95 % voire plus avec les gars femmes.
Ce qui fait qu'il y a peu de place pour les opérateurs et donc les opérateurs viennent plutôt voir à SN puisque ils savent queon a mis en place une politique un peu où on va leur donner, je dirais pas des quotas mais une partie de notre capacité. On essaie de s'assurer quel est à l'eau opérateur, c'est pour ça qu'on fait des câbles aussi avec Orange. Voilà, sur un certain nombre de sujets.
On regarde aussi bien entendu euh les projets qui sont subventionnés par la Commission européenne puisque je pense que c'est quand même bien que les subventions vont finalement à un fournisseur européen puisque la subvention en fin de compte et je vais revenir sur le modèle économique, bah ça sert surtout à payer la recherche et développement. Donc si vous subventionnez en tant qu'Europe le fournisseur américain, ben vous êtes pas là pour aider la recherche et développement française ou européenne. Alors c'est vrai que dans ce cas-là, c'est plutôt français puisque on est tout seul, bon il faut bien l'admettre.
Donc des fois ça embête un peu la Commission européenne parce que il y en a qu'un, c'est nous. Il y a pas franchement de choix à donner. Mais clairement nous ce qu'on dit c'est qu'à partir du moment où il y a un support européen, bah ça devrait privilégier vous touchez du crédit recherche aussi.
Vous touchez du crédit pour recherche aussi. Mais il faut voir que c'est très très cher ce que nous faisons. Pourquoi ?
Parce que un programme si vous voulez de RD chez nous, c'est des fois je discute avec Google et Meta, eux ils font un petit feature et 3 semaines après il est sur le réseau. H moi je fais quelque chose c'est disponible au bout de 4 ans. Donc c'est 4 ans d'investissement, de thèse, de certification.
Imaginez des composants électroniques vont quand même dans une boîte à 8000 m de profondeur. Donc avant qu'on puisse le faire et qu'on dise ça marche, ça coûte extrêmement cher en terme de test et d'investissement. Donc voilà.
Donc le modèle économique chez nous, il est assez simple si je puis dire, c'est euh nous n'avons pas euh je dirais une rente sur le câble qui a été installé. H nous ce que nous touchons c'est jusqu'à la fin de l'installation du câble. Après on passe au câble suivant.
Donc en fin de compte nous notre modèle économique c'est la rentabilité de la production. Donc clairement le premier point chez ASN c'est s'assurer que l'usine est bien chargée. C'est le premier point de fonctionnement d'ASN c'est prendre l'activité de manière à assurer que l'usine tourne à plein rendement.
à partir de ce moment-là, ben vous avez du câble produit, vous amenez vos bateaux et vous allez les poser. Donc c'est un cercle, je dirais un petit peu vertueux de fonctionnement, mais nous notre premier point, c'est de regarder la charge de l'usine en terme de modèle économique. C'est notre premier point.
Et donc, on doit aussi regarder est-ce que il faut qu'on augmente euh les capacités de l'usine. Aujourd'hui, on a la plus grande usine du monde de câble sous-marin qui est à Calais. Mais clairement, on est en train de regarder notre production annuelle, les demandes du marché et faut-il envisager, comme on l'a déjà fait en 2021, une nouvelle phase d'investissement à l'usine ?
Pourquoi ? parce qu'aujourd'hui les délais pour les nouvelles machines sont à peu près de 2 ans et demi. Donc vous pouvez pas décider demain matin de dire je veux 10000 km de production de plus après-demain.
Donc conclusion, on est en train de regarder l'évolution du marché et donc ça va rejoindre votre première question. la PE. Donc on a fait notre bord de fin d'année et nous nous sommes mis d'accord pour faire un nouvel investissement en terme de capacité à l'usine de calé, à l'usine de Greenich pour augmenter les capacités d'ASN pour le marché.
Voilà, j'espère que j'ai répondu à votre question. La rémunération. Ma question c'était la je comprends bien le le la rémunération c'est le prix c'est le prix que auquel comme j'ai dit je vous ai donné un exemple j'ai dit que un projet transpacifique donc on va le faire le plus simple possible vous reliez le Japon aux États-Unis c'est de l'ordre de 700 millions d'euros.
Donc vous avez des étapes tout au long du projet sur 4 années nous allons être payés je dirais de 700 millions d'euros et c'est notre seule rémunération il y en a pas d'autres. Après, tout ce qui est, je dirais le trafic qui passe sur le câble, c'est du ressort de l'opérateur ou du GFAM. Nous, nous ne touchons absolument rien.
Nous mettons en place le moyen de communication et après on passe au projet suivant. Les seuls points où je dirais où nous avons, comme vous dites dans le modèle économique, un complément, c'est si nous assurons la maintenance de cette région géographique comme Orange avec nos bateaux. Et à ce moment-là, oui, il y a des revenus complémentaires mais qui sont dans le cadre de la maintenance et non plus dans l'installation du projet.
Je vois ça ? Oui. Donc je vais je vais compléter les propos d'Alin par quelques petits points.
Un premier petit point sur la différence satellite câble sous-marin. Il y a ce qu'on appelle l'autre point. Il y a le débit bien évidemment qui est le point majeur de différence, mais vous avez la latence qui est le délai de transmission des données.
Et effectivement, vous avez cité un un cas d'usage, un cas d'usage qui nécessite une latence la plus faible possible, chirurgie à distance et cetera. Donc rien ne vaut la fibre optique, rien ne rien et donc mais de bout en bout hein, il faut que depuis l'hôpital jusque donc il faut que ça soit 100 % fibreoptique euh pour que pour que ça ça marche au mieux. Donc et et la latence est aussi importante pour des usages qui qui sont qui qui sont différents qui tout ce qui est financier, trading, haut fréquence et cetera.
Il y a beaucoup de gens qui qui cherchent à gagner une une fraction de de diè de seconde dans la dans la transmission de données pour pour et donc le câble sous-marin et évidemment la voie la plus la plus efficace. Euh euh ce que je peux dire alors pour répondre à à madame sur les euh les relations ASN Orange Marine euh les relations entre ASN Orange elles sont elles sont multiformes et et d'une manière générale, je peux je peux dire, j'espère que Alain ne me contradira pas, c'est qu'elles sont bonnes. Elles sont bonnes.
Pourquoi elles sont bonnes ? C'est parce que finalement dans beaucoup de cas nous nous nous avons une certaine complémentarité. Nous avons une complémentarité parce que bon Orange Marine est une filiale d'orange comme l'a dit Alain, Orange a besoin d'ASN pour pour faire certains de ses câbles et Orange continue à investir dans les câbles sous-marins.
ASN aujourd'hui dans la situation actuelle sur le marché de la pose n'est pas en mesure de poser la totalité des câbles dont il assure la fabrication. Donc c'est une très bonne chose. Et donc ASN régulièrement fait appel à des navires d'orange marine pour poser pour poser des des des liaisons qui sont fabriquées par SN.
Donc nous pouvons agir soit en sous-traitance d'AS SN, soit en cotraitance. C'est-à-dire que nous allons voir ensemble un client et d'ailleurs on a signé un contrat la semaine dernière avec Télécom Italia Sparkle un un très beau câble en Méditerranée et nous disons aux clients nous sommes conjoints responsables conjointement et ASN assure la fabrication Orange Marine assure la pause euh voilà et ce genre de de cas sont réguliers et puis par contre c'est vrai que nous nous avons une activité en concurrence qui est la maintenance mais uniquement dans l'Atlantique. Voilà, donc vous avez une activité localisée en concurrence.
Effectivement, il y a des questions qui se posent et non seulement entre ASN et Orange Marine mais aussi de la part de nos clients pour se dire est-ce que une telle concurrence est est souhaitable ou pas souhaitable ? Parce que pour la maintenance, si vous avez trois navires d'un côté, trois navires de l'autre qui se font concurrence, mais si les trois navires d'un côté sont occupés, même si les trois navires de l'autre sont disponibles, ils n'interviendront pas pour réparer le câble s'il est sous contrat avec votre concurrent, hein. Donc pour la maintenance, cette concurrence effectivement n'est pas peut-être la meilleure solution et nous sommes tout à fait ouverts côté ASN Orange Marie.
On a commencé à discuter avec nos clients aussi à à envisager un un nouveau modèle. Voilà, je ne je suis désolé, je ne pourrais pas vous parler de réflexion côté actionnaire de rapprochement parce que je n'en ai pas connaissance s'il y en a. C'est c'est ce n'est pas de mon niveau, hein.
Donc là-dessus, je vous invite à discuter avec la PE si vous le souhaitez. Euh voilà. Euh quel quel autre ?
Oui, je monsieur le sénateur, vous aviez une très très belle question sur quelle ambition publique pour pour l'activité des Capsuma qui Je vous cache pas que pour moi, elle raisonne cette ambition parce que j'ai je j'étais fonctionnaire ingénieur du corps des télécom et quand je suis sorti de mon école, j'avais comme ambition de de de de déployer quelque chose pour pour le pays. C'était mon ambition, qu'est-ce que je peux faire ? Et j'étais j'étais jeune ingénieur dans les câbles sous-marins.
Et à l'époque, je ne vous cache pas que et ben on était France Télécom, enfin même avant France Télécom mais on était 100 % l'État et on avait une mission de de aussi de industriel de piloter la stratégie industrielle et commerciale des télécomés de télécom de France Télécom mais aussi pour les industries comme Alcatel. C'était et il y avait tout un dispositif. Beaucoup de choses se sont passées qui ont fait que que qu'on n'est plus dans ce modèle-là.
On est dans un modèle de marché, on est dans un modèle de concurrence. Néanmoins, je pense que on arrive quand même à discuter et non seulement comme je vous l'ai dit tout à l'heure et à pouvoir travailler ensemble et à réaliser ensemble des beaux projets. Voilà.
Mais euh ça nous dépasse votre question vous savez bien dépasse. Merci messieurs. Nous continuons avec Annique Chakmé.
Anque. Merci présidente. Vous avez déjà partiellement répondu à la question que je voulais vous poser justement sur le site industriel de Calais qui est finalement au cœur de votre production mondiale de câble sous-marin.
Donc je voulais savoir les investissements supplémentaires et les évolutions technologiques que vous envisagiez pour renforcer sa compétitivité. Monsieur Dillard, vous nous avez parlé tout à l'heure des bateaux que vous alliez faire fabriquer à à Sri Lanka. Et donc au niveau des câbles, bah vous avez le même marché concurrentiel international.
Euh vous nous avez dit que les Chinois avait remporté des marchés. Alors est-ce qu'au niveau des câbles euh vous envisagez éventuellement d'en faire fabriquer ailleurs à moindre coût ou bien la technologie est telle qu'il vous faut quand même, j'allais dire une main d'œuvre largement qualifiée que je suppose vous trouvez chez nous. Voilà.
Merci. Merci Daniel Fargeot. Merci madame la présidente.
Messieurs présidents, alors merci de vos interventions qui sont passionnantes et alors sauf erreur de ma part si j'ai bien suivi, 1 gabit vaut 1000 Mbit, 1 TB vaut 1000 gabit et maintenant un pétabit vaut 1000 Tabit. Cela va très vite, beaucoup trop vite pour nous. moi.
Alors, j'aurais j'aurais simplement deux questions à vous soumettre. Face au GAF, les géants du Net, vous êtes vous, grâce à vos câbles sous-marins, les géants de la base de l'économie mondiale à travers le développement de l'internet, les autoroutes de l'information comme vous le mentionnez. Aujourd'hui, l'expertise française et l'enjeu stratégique en matière de câblage sous-marin ne sont plus à démontrer et vous êtes tous les deux à la tête de champion européens du secteur.
Les enjeux économiques se portent aujourd'hui sur les pays émergents en phase de forte croissance. Je pense notamment à l'Inde et au pays africains qui reste à connecter au monde entier. Comment se pr Alors, ma première question est comment se prémunir contre la concurrence tant américaine que chinoise sur ces marchés qui sont l'objet de lutte d'influence importante et rencontrez-vous des difficultés pour vous fournir en matériaux, je pense notamment en terres rares pour réaliser vos câbles et autres installations.
Merci Serge Milou. Serge Oui, merci madame la présidente. Moi vous m'avez fait découvrir un monde que j'ignorais totalement.
Franchement, en venant ici, je me demandais d'ailleurs ce que c'était, est-ce que j'y vais ? J'y vais pas et je regrette pas euh je regrette pas d'être venu, mais je seraiit pas un concurrent, rassurez-vous. Euh moi, mon inquiétude c'est quand même, ça a été abordé, c'est la vulnérabilité de ces câbles et dans un monde qui est en guerre partout.
Je suis même étonné parce que vous aviez dit qu'il y avait pas plus de sabotage, je sais pas si on peut l'appeler comme ça, euh que par le passé. Alors que là, il y a vraiment une vulnérabilité parce qu'on est dépendant pour les multiples usages multiples usages. Donc voilà, je je m'inquiétais.
Vous dites qu'on peut descendre à plusieurs milliers de de mètres de profondeur, mais je suppose que pour péter un câble, on doit pouvoir plus facilement aller le péter que le poser. Voilà. Donc voilà mes interrogations, mais je vais pas péter un câble, rassurez-vous. [rires] Mais mais euh voilà, moi je m'inquiète de cette vulnérabilité parce qu'on peut devenir dépendant, plus rien.
Quand il y a pas d'électricité, on est euh on sait plus quoi faire là. Euh voilà. Voilà messieurs, série de questions.
Question. OK. Ben je déjà prendre la première euh concernant Cala.
Donc elle est, comme je l'ai dit, on a la plus grande usine de cap sous-marin du monde. On est le deuxième employeur de la ville et donc à chaque fois, oui, c'est vrai, on a des discussions, je pas le cacher, de se poser la question de faut-il continuer à développer Calais ou faut-il faire un autre site ? Alors, il faut savoir que dans le passé, lors de la cyclicité du marché, ASN avait trois usines.
On a fermé l'usine des États-Unis, on a fermé l'usine d'Australie, donc on a gardé l'usine de Calais. Et donc, du coup aujourd'hui, notre philosophie est de dire on va continuer à développer Cala. On a la possibilité au niveau des terrains de regarder là, on est en train de construire un nouveau bâtiment une nouvelle fois.
Donc oui, on va continuer à investir. Alors, c'est clair que il faudra pas qu'à un moment, je dirais le bassin d'emploi du Calaisi ne nous permett de personnes. Mais euh si je puis me permettre de le dire, et je vais le dire pour eux, je pense que la plupart sont extrêmement fiers de travailler à SN.
On a, je dirais par famille, on a la grand-mère, la mère, la fille, tout le monde veut venir travailler chez ASN. Voilà. Oui oui, on a ça et et moi je trouve ça extrêmement bien.
Ça veut dire qu'on est attractif sur le bassin du Calaisi en terme d'une société qui est unique en Europe et qui est donc vraiment a des atouts en terme de je dirais ce que nous offrons et ce que nous permettons de faire. Donc pour l'instant, je vais répondre à la question. Nous avons plutôt la philosophie de continuer à faire grandir Cala et donc de permettre que toutes les nouvelles technologies qu'on est en train de mettre en place seront bien entendu mises en place au niveau du site de Calais en terme d'extension future dans les années à venir en terme de nouvelles technologies.
Donc la philosophie est assez simple. Ces calet et Greenich ont fait croître nos deux sites existants. Voilà donc ça je pense que c'était votre première question.
Alors, concernant tout ce qui est concurrence, donc ce qu'il faut bien comprendre qu'aujourd'hui le marché a trois acteurs majeurs. Donc, je dirais à peu près 35 % de part de marché entre ASN et l'Américain SUCOM à peu près. Et puis une vingtaine de pour c'est plutôt le japonais NEC qui est plus régional, c'est-à-dire subcom et nous nous sommes mondial et NEC est assez régional sur l'Asie.
Donc si vous prenez les projets en fin de compte, on pourrait imaginer qu'à trois c'est pas beaucoup mais en vérité les deux plus gros donneur donne il y en a que deux. Donc c'est MTA et Google. Voilà donc il faut bien voir que ça s'équilibre.
C'est pas nous qui allons dire quelque chose s'ils sont quand même deux. Et donc ce que l'on voit c'est que le choix des opérateurs c'est surtout surtout une contrainte quelque part dans leur vision assez régionale. C'est-à-dire je dirais que ASN est plus favorisé sur l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
Pourquoi ? Parce que amener le câble, c'est pas loin de Cala. Par contre, quand je dois livrer un projet à Tokyo pour faire un Pacifique, c'est sûr que NEC dans le modèle économique a plus d'avantag parce que c'est juste à côté.
Donc si vous prenez les trois, je dirais que notre zone géographique est là où nous avons la plus grande présence en terme de part de marché et puis il y a je dirais à peu près 30 % du marché mondial où là c'est la grande bataille mais certains opérateurs ont des je dirais des relais affectifs régionaux. Voilà, je vais le mettre comme ça. Donc on voit un petit peu comment se répartit la carte du monde en terme de concurrence.
Et puis oui, vous aviez raison, au niveau sommes très tributaires des prix des matières premières. Donc nous, il faut savoir qu'on utilise du cuivre, de l'aluminium, de l'acier et puis surtout le fioule. Donc notre problème c'est que nous avons besoin sur un projet à 5 ans de faire des couvertures long terme.
Et ben ça n'existe pas. C'est-à-dire que vous trouvez 18 mois, vous trouvez 24 mois, mais 4 ans, 5 ans, c'est extrêmement compliqué. Donc on a développé un certain nombre avec des instituts financières pour voir comment on pouvait se protéger sur justement les fluctuations des matières premières.
Et donc depuis le Covid et l'Ukraine, tout ceci a énormément augmenté très clairement. Et donc ça veut dire que poursuivre votre précédente question, nous avons fait augmenter le prix euh des câbles parce qu'il y avait pas d'autres choix pour justement suivre l'évolution. Et si aujourd'hui ben je vois que tout à l'heure vous avez regardé les gigabit théabites, [rires] si vous voulez regarder le prix du cuivre, vous allez voir qu'on est au sommet maximum de 14000 € la tonne.
Voilà. Alors que dernièrement c'était 8000 €. Donc ça veut dire que si on a fait nous une cotation d'un projet pour les 5 années à 8000 € et qu'on doit l'acheter à 14000 € je vous laisse imaginer donc on est très très dépendant des fluctuations des matières premières en terme mais je dirais c'est pas un élément plus concurrentiel qu'un autre puisque les trois fournisseurs bah font des câbles et donc ont les mêmes matières premières et je crois pour conclure nous n'avons pas de besoins direct de terre rare.
Je sais plus qui a posé la question, si tu Voilà. Donc non, ça c'est plus pour les téléphones et cetera. Non, nous pas franchement.
Et puis on a surtout regardé quels étaient nos fournisseurs majeurs de composants et donc il y a certains pays qu'on a évité. Voilà, je me m'arrêterai là. Oui.
Bon, je je vais répondre à au point sur la vulnérabilité des câbles. Vous avez vous avez raison, les les câbles sous-marins fibre optiques sont vulnérables, on ne s'en cache pas. Euh par contre par contre, et c'est très très important, ils sont réparés facilement. ils sont réparés facilement euh à et donc et non seulement techniquement euh c'est pas si compliqué que ça, même si ça demande un savoir-faire assez unique hein que que nos personnels ont, hein, qui est qui est qui est rare.
Le évidemment le savoir-faire est est unique, mais euh en pratique nous euh pour nous c'est notre quotidien de de donc nous nous savons le faire et euh et et le et le dispositif existe, c'est-à-dire que les navires existent et sont là. Euh quand on regarde la aujourd'hui le nombre de de défauts qui sont constatés, qui sont à peu près stables comme cela a été dit, euh et bien euh la flotte de maintenance qui est en face de ces défauts est tout à fait bien dimensionnée. Il y a il est très rare que un défaut surtout en Europe he surtout aux alentours de l'Europe ça peut arriver dans des zones éloigné au large de l'Afrique ou dans mais mais à proximité de l'Europe.
Il est très rare que il y ait pas un navire qui soit disponible très rapidement s'il est pris sur une réparation quelques jours après il il sera disponible. Et puis la redondance, on l'a dit, la redondance des réseaux qui est essentielle pour assurer pour le fait faire en sorte que une coupure ou deux ne pas de de de conséquences et comme et puis aussi bien sûr le fait que les les câbles sont sont mieux protégés. Donc au fur et à mesure de au fur et à mesure de que du temps et et des évolutions, il y a de plus en plus de câbles.
Il y a de plus en plus de câbles pour entre les États-Unis et la France. même si euh on passe au pétabit, le nombre de kilomètres de câble augmente quand même. C'est-à-dire donc vous avez une double augmentation, les débits par câble et puis le le le nombre de câbles lui-même augmente.
Donc c'est c'est tout tout cela est très favorable et effectivement euh permet de permet de de d'être relativement euh confiant en matière de risque pour les câbles. Je suis d'accord avec vous. On n'est jamais à l'abri du pire.
Il peut se passer des des des choses qui qui qui pourront se poser problème. Aujourd'hui, on en a on n jamais été confronté à une telle situation depuis depuis la dernière guerre mondiale, je dirais. Euh ce que Oui, enfin vous évidemment je l'ai je pense que je je l'ai déjà dit, on est soumis à la concurrence mondiale.
Donc le message que moi je peux faire passer à à à au législateur, c'est euh ayez en tête le fait que euh l'impact que peut avoir vos décisions réglementaires législatives sur des sociétés comme les nôtres qui sommes soumis à une concurrence mondiale, hein. C'est pas la même chose et je moi j'ai c'est c'est peut-être un avis personnel que je vais me permettre de vous donner. J'ai l'impression que cette dimension concurrence mondiale versus franco-français pour la vie des entreprises, pour la réglementation des entreprises n'est pas toujours suffisamment prise en compte.
Une réglementation n'est pas adaptée. Une même réglementation peut être adaptée à une société française qui est en France qui est soumise à une concurrence avec d'autres sociétés françaises et ne pas du tout être adapté à des sociétés comme les nôtres qui sommes soumis à à des à des à une concurrence mondiale. Et ça, s'il vous plaît, prenez-le en compte dans vos décisions sur sur les lois réglementaires.
De temps en temps, on est face à des des choses qui nous impactent nous tout seul euh alors que ça ne devrait pas l'être quoi. Et voilà. Merci.
Il nous reste quatre questions donc nous allons les prendre. Viviane Artigalas. Merci madame la présidente.
Je voulais tout d'abord vous vous remercier moi aussi parce que c'est un sujet que je connaissais pas du tout et vraiment j'ai trouvé ça absolument passionnant. J'ai deux questions. J'ai été d'abord particulièrement bluffée par la façon dont vous arrivez.
C'était une question. À voir d'où viennent les dégradations là votre les le DAS là que dont vous avez parlé. assz impressionnant et donc je vois bien comment c'est peut-être ça qui doit qui peut éviter des attaques volontaires parce que vous de suite vous savez qu'est-ce qui qui est qui est là.
Ma ma question qui complète celle-là, est-ce que vous avez pas peur que dans le temps avec ces enjeux stratégiques autour de ces câbles sous-marins qu'il y ait que ça se développe des des euh des attaques volontaires contre contre les câbles ? Je vois bien qu'ils sont moins vulnérables que les câbles de l'énergie que les tuyaux d'énergétiqu mais et plus facile moins facile à à dégrader aussi peut-être ou je sais pas donc est-ce que vous voyez pas qu'il peut y avoir une évolution ? Et ma deuxème question, vous avez parlé de développement de de câbles sur l'article.
Voilà. Et donc vous avez dit aussi que c'était très difficile d'avoir des autorisations, des permis pour pour dans certains lieux. Est-ce que c l'article fait partie des endroits où il est difficile d'avoir des autorisations et de qui elles dépendent ?
Quels sont les pays qui dépendent de ça ? Et puis donc voilà, est-ce que ça va pas être difficile ? Est-ce que le coût du coût va pas être plus important que dans d'autres dans d'autres ?
Merci Yannick Jadu. Merci madame la présidente. Merci messieurs.
Euh effectivement euh vos sociétés nous rendent fier euh et c'est une c'est une très bonne nouvelle pour notre pays. Alors euh plusieurs points. Euh vous avez évoqué la question de la concurrence mondiale.
Est-ce que vos concurrents ont un peu près le même modèle économique, c'est-à-dire présence de l'État et toute une série de soutiens publics qui vous permettent d'investir, d'exister et de progresser, de croître parce que ça a été assez peu abordé ou en tout cas dans vos réponses. Certes, nous ne sommes pas la commission de défense, mais les enjeux stratégiques sont majeurs autour de vos activités. Et si un certain nombre de pays, par exemple ont bloqué HW, c'est parce que nous considérons que les tuyaux sont pas neutres et vous faites des tuyaux.
Enfin, si je je caricature, hein, mais euh l'idée que vous êtes le le par où passe l'information et que à travers cette technologie, il y a des enjeux de souveraineté, il y a des enjeux stratégiques euh qui sont majeurs. Donc, au-delà de la question euh des sabotages, comment se gère cette question stratégique autour du contrôle de l'information ? Si s'il y a des systèmes qui peuvent être parfois longs d'autorisation, c'est parce que évidemment chacun regarde les menaces ou les intérêts pour sa souveraineté en matière d'information.
Et on sait qu'on est rentré dans une dans une ère de guerre de l'information à tout point de vue et de menace hybride autour de l'information. Donc ma question est plus aujourd'hui sur quand vous dites les Américains nous imposent par exemple un certain nombre de de restrictions sur les composants chinois, vous semblez considérer que ça n'est qu'une contrainte pour vous et pas un intérêt stratégique y compris quand l'État possède 80 % de vos sociétés. que le fait que les deux principaux donneurs d'ordre aujourd'hui soient Google et Meta dans le système d'évolution de la politique aux États-Unis, ça nous interroge.
Et donc je il y avait eu ce débat autour de Hway qui voulait passer des contrats avec Orange. C'est quand même la régulation publique qui a mis fin à un certain nombre de choses en considérant qu'il y avait un enjeu de souveraineté pour la France de pas avoir qui installe des tuyaux partout sur notre territoire. Et j'ai l'impression que vous votre discours est beaucoup autour de la concurrence, de la compétitivité et tout ça est légitime, mais vous évacuez alors je pense que c'est au cœur de votre métier, mais dans la discussion que nous avons aujourd'hui, vous évacuez, je trouve un peu facilement les gens les enjeux géostratégiques par rapport à à tout ça.
Et puis une dernière question et c'est fini, le D3 de Taiwan. Taïwan considère que un des enjeux de sa souveraineté, c'est aussi pas simplement la la question du commerce et des cargos qui passent dans le D3, mais aussi la question des câbles qu'il y a dans le D3 de Taiïwan. Est-ce que quelque part à travers votre activité vous êtes vous êtes impliqué sur ce sujet ?
Merci. Merci Yannick Michelinjqu. Merci madame la présidente, messieurs les présidents.
Le 22 mai 2024, la Nouvelle-Calédonie a été frappée par une cyberattaque d'envergure. Un piratage de type dénit de service a ciblé un fournisseur d'accès saturant le réseau en quelques heures. Cette attaque qualifiée d'inédite pose de nombreuses questions sur l'état des infrastructures numériques dans les outres mers essentielles compte tenu de leur éloignement et de leur isolement dans leur bassin océanique respectif.
Les infrastructures numériques sont-elles suffisamment développées enremè ? Quelles sont leur leurs vulnérabilités ? Le coût du déploiement des câbles peut-il expliquer le surcoût des abonnements téléphoniques en outre ?
Je vous remercie. Et dernière petite question avec Marie-Lise Oussau. Merci madame la présidente.
Tout d'abord également vous remercier pour vos interventions. On se sent finalement fier d'avoir en France des entreprises comme les vôtres qui un peu plus intelligents. [rires] Alors moi, j'ai une question qui est un peu un peu à part.
Euh je voulais savoir euh quel était euh euh votre empreinte sur euh sur euh comment dire les fonds sous-marins euh parce que vous avez dit que avec vos navires vous traînez des charrues euh et que donc moi je pensais que les câbles étaient posés mais j'ai bien compris qu'ils étaient quand même un peu enfouis et je voulais savoir si cette empreinte écologique elle était prise en compte dans dans vos travaux, si elle était suivie et et notamment bah sur le plateau côtier où c'est peut-être plus perceptible. Merci. Voilà messieurs, c'est la fin de ces questions mais elles sont encore extrêmement denses importantes.
Donc concernant je sais pasendre donc concernant donc l'article, je crois qu'il y a une question sur l'article. Donc donc l'article, ce qu'il faut bien comprendre, c'est surtout les conditions météorologiques qui sont plus compliquées. C'est-à-dire que si vous voulez poser du câble en Artique, il vous avez une fenêtre d'ouverture de 3 mois.
Donc comme le ce trajet passera évidemment au nord du Canada puisque le précédent projet était au nord de la Russie mais tout a été arrêté donc du coup on a rebasculé de l'autre côté donc c'est un projet qui fait Finlande Japon. en passant au nord du Canada. Donc c'est un projet qui va être extrêmement long puisque d'abord vous devez vérifier la route et vous avez les mêmes fenêtres météorologiques.
Et le problème complémentaire et si vous regardez c'est les décisions qui sont actuellement prises au niveau de l'Europe, c'est que la seule façon de vérifier cette route est d'utiliser un briseglace russe. C'est un problème. Donc du coup, la Suède et la Finlande se sont lancé dans la construction de briseglace puisqueaujourd'hui la majorité des briseglaces sont russes.
Donc c'est pour ça que ce projet qui a été initié il y a déjà quelques années va tout doucement. C'est-à-dire aujourd'hui, on a fait, je dirais, une reconnaissance de la route de la Finlande jusqu'à l'Islande et on est en train de faire le Groenland. Mais la partie nord, on est bloqué parce qu'il faut avoir un certain nombre de moyens et puis il faudra aussi qu'on ait des câbliers qui soient adapté aux conditions arctiques.
Donc ça aussi on est en train de regarder ces sujets-là. Donc ça prendra un certain temps. Tu veux comp si si non vas-y vas-y je continuerai.
Je me permets juste de faire un petit complément sur le projet article puisque euh ça ne sera pas Orange Marine qui va poser ce câble. Pourquoi ? parce que figurez-vous que le Canada a une loi de cabotage qui impose l'utilisation de navires canadien dans les eaux canadiennes et y compris cette loi s'applique aussi au navires cablier.
Et donc c'est quelque chose qui avait échappé je crois à la au négociateurs européens quand ils ont négocié l'accord de libre échange entre les deux puisque le cabotage a été exclu de l'accord de libre échange simplement il y avait pas la même définition de cabotage entre le Canada et l'Europe. L'Europe c'était uniquement des transports de marchandises et de passagers. Donc ça qui était réservé au navire européen quand c'était entre deux ports européens.
Et le Canada avait une définition beaucoup plus large à toujours d'ailleurs puisqu'elle inclut toute activité commerciale dans les eaux canadiennes. Toute activité commerciale aux eaux canadiennes est réservé au navires canadien et donc il y a quelques navires canadiens qui attendent que tout cela soit prêt pour pouvoir poser le câble dont on parle. Voilà. concernant euh le point que vous avez mentionné euh aujourd'hui la différence, on dit qu'on est dans un univers concurrentiel, c'est-à-dire il n'y a pas euh de projet réservé câble sous-marin européen.
Ça n'existe pas. Tous les projets font un appel d'offre. Par contre, il faut savoir que notre concurrent américain a un budget annuel du Pentagone pour poser des câbles militaires.
Donc ça c'est une activité à part qu'il a que nous n'avons pas. Et là je pense pas qu'il y ait beaucoup d'appels d'offre. Et concernant le Japon, il y a ce qu'on appelle les appels d'offre de détection de tsunami qui sont directement à Nec.
Donc on voit bien que de chaque côté, il y a ce que vous avez mentionné, je dirais une allocation publique directement à un fournisseur. Et quand nous prenons notre marché européen, il n'y a pas d'équivalent en Europe de marché qui nous serait directement alloués dans le cadre de nos activités. Voilà.
Donc je pense que j'ai essayé de montrer un petit peu la la différence. Donc c'est vrai que nous on est vraiment soumis à du concurrentiel sur la totalité de notre activité et il y a pas d'activité si je pourrais dire complémentaire. Voilà, si je peux me permettre juste à la fin parce qu'il y a la règle puis il y a comment les à la fin qui gagne des appels d'offre.
Est-ce que sur le tout ce qui concerne le marché européen est-ce que vous citez maltraité à la fin ? Alors dans le je vais répondre assez simplement. Je dirais qu'il y a eu une énorme évolution dans les années passées et on voit maintenant que lorsque il y a un financement européen, il y a je dirais une poussée côté fournisseur européen qui est notable.
Voilà donc une énorme avancée par rapport à ce que je dirais il y a 6 ans ou 7 ans où là on était un peu dans le libre échange. Voilà mais c'était pas totalement partagé mondialement. Voilà.
Et tu veux compléter, je je rejoins ce que dit Alain, mais il convient toujours d'être vigilant. Il convient toujours d'être vigilant puisque il me semble, mais j'attends de voir d'avoir des confirmations que il y a un projet qui sera qui bénéficiera d'une subvention européenne que comme je vous l'ai dit qui sera posé par un navire chinois. Voilà.
Donc c'est c'est quelque chose qui qui moi me paraît assez anormal et et et on attend pour le voir. C'est c'est peut-être pas sûr. Oui.
Ouais. Et alors après pour répondre à votre point euh donc Taïwan, je crois que vous avez mentionné Taïwan. Donc nous on a la chance, on fait la maintenance du Pacifique Nord.
Donc le bateau d'ASN est basé à Taïwan. Donc on est déjà intervenu justement pour réparer les câbles de Taiwan. Voilà.
Donc ça c'est ce que nous offrons nous puisque nous avons le Pacifique Nord et le dépôt est à Taïwan. Donc euh on est directement, je dirais euh proche des activités qui ont eu lieu dernièrement et donc de pouvoir faire les réparations. Je sais pas si ça répond à votre question mais oui, nous suivons et nous sommes impliqués concernant les je dirais alors je vais passer peut-être à l'empreinte écologique.
Je crois que c'était votre question et après je reviendrai. Je tourné. Donc nous ce qu'on a fait c'est que il y a plusieurs sujets.
Donc le premier point c'est que on a les câbles restent à peu près 25 30 ans dans l'eau. Donc on a démontré que lorsqu'on les relevait ce qui est arrivé dernièrement, il n'y avait absolument aucune dégradation du câble. Donc c'estàd il va pas s'effilocher, on va pas polluer.
Donc clairement là-dessus, on a pu démontrer que ce qu'on avait mis au fond de l'eau ne n'altérait pas en fin de compte l'environnement. on fait lorsqu'on fait la pause, on est dans l'obligation de faire toutes les études écologiques zones marines pour comprendre l'impact sur l'environnement. Donc ça ça fait aussi partie.
Et ce qu'on a décidé de faire en tant qu'ASN, c'est de d'avoir notre rôle dans ce que moi j'appelle le changement climatique. Et donc, nous avons inventé un nouveau produit qui est disponible puisque le premier projet qui va avoir, c'est le Portugal qui va l'avoir. On va avoir des capteurs donc qui va permettre de connaître la température, la salinité, les tremblements de terre, les tsunamis et la pression au niveau d'une boîte qui va émettre des données à pour la communauté scientifique pour les 25 années qui viennent et donc leur permettre de créer en fin de compte des databases qui n'existent pas aujourd'hui.
C'est-à-dire aujourd'hui, vous demandez à quelqu'un à 8000 m de profondeur, c'est quoi la température de l'Atlantique ? Et ben on le sait pas. Par contre, on connaît mieux la Lune qu'on connaît la mer, ça c'est clair.
Donc nous ce qu'on va offrir et ça va être la contribution d'ASN, c'est d'avoir développé le produit qui va être intégré sur nos câbles sous-marins. Comme on voit partout, bah si le client décide, il peut mettre ses capteurs et partager l'ensemble de ces informations avec la communauté scientifique. Et en même temps, ce que l'on regarde, c'est notre empreinte carbone comme vous l'avez mentionné.
Et donc on essaie de regarder comment on peut l'améliorer. Ce qui est clair, c'est que un élément majeur d'amélioration, c'est les nouveaux bateaux à terme qui ont sûrement des nouvelles technologies et qui vont nous permettre de des d'avoir moins d'émission de CO2 dans le futur. Donc on regarde tout ce qui est hydrogène et cetera, mais c'est à plus long terme aujourd'hui, on essaie de réduire petit à petit chaque année notre empreintte carbone.
Vas-y, tu peux le prendre. Je je m'efforcer de répondre à la question sur les autres mères. Euh ce et là je je vais vous répondre aussi en tant que en tant que filiale d'Orange du groupe Orange.
Euh depuis depuis depuis tout temps, les outremères et la connectivité des outresemères a été un souci majeur pour euh pour pour le groupe Orange et et continuer à l'être. Euh et aujourd'hui, ce que bon, ça fait euh dans ces dernières années, il y a eu plusieurs câbles sous-marins nouveaux qui ont été installés pour mieux raccorder euh les les outremers. Euh euh câble pour la la Guyane française entre la Guyane et et la Martinique, euh de câbles à la Réunion. avec ASN, on a travaillé sur un câble pour la Nouvelle-Calédonie il y a quelques années.
Donc on a on a posé un un un câble supplémentaire en en pour accorder la Nouvelle-Calédonie au reste du monde. Et il y a d'autres projets en cours. Il y a un projet en cours euh qui va bientôt être posé en 2027 qui s'appelle le projet Celia qui va raccorder la Martinique au reste du monde avec un câble dernière génération qui sera un câble d'ASN posé par Orange Marine.
Euh et puis nous travaillons ensemble aussi avec ASN sur un un câble futur qui pour accorder la réunion à l'Afrique du Sud. Euh euh et euh donc de temps en temps euh très souvent Orange fait partie des investisseurs mais pas seulement. À la Réunion, par exemple, il y a tous les tous les opérateurs de la Réunion qui qui qui vont cofinancer ce futur câble. souvent euh et fort heureusement je dirais ces câbles bénéficient aussi d'un soutien financier de de de l'Europe hein.
Donc donc ça fait partie des des évidemment des des des points des points d'attention majeurs. Euh et il me semble que les dans chaque zone que ce soit dans les Caraïbes, que ce soit dans la Réunion, les territoires français sont parmi les mieux connectés de des territoires de la région. Il est évident que une île est toujours plus vulnérable que qu'un continent en terme de connectivité.
C'est c'est clair, on les connaît les câbles qui raccordent chaque île au reste du monde. Voilà. Mais je pense qu'il y a quand même un gros effort qui est fait en matière d'infrastructure pour que pour que pour que nos îles et nos territoires soient soient parmi les mieux connectés et raccordés au monde, y compris de la part des opérateurs locaux.
C'est pas uniquement de notre fait parce qu'évidemment ceux qui décident de de de racorder les territoires, c'est d'abord les les opérateurs locaux. Aujourd'hui, je peux vous dire c'est pas tellement les gars femmes qui qui rapportent nos territoires d'autres mer. Tu c'est d'abord nos opérateurs et et en plus si je complète ce que vient de dire Didier, on va même offrir ce que je mentionnais la nouvelle technologie donc qu'on appelle climat change va être sur le prochain projet là qui est lancé qui est entre Vanouatou et la Nouvelle-Calédonie.
Donc tamtam. Donc ça c'est un projet que nous faisons, que nous allons poser et qui va offrir en fin de compte aussi la technologie du changement climatique qui va être opéré parremer. Donc on voit qu'aussi on fait bénéficier des nouvelles évolutions technologiques nos territoires d'outre mer.
Le seul point que je mentionnais qui est un peu dommageable, donc toi tu as ton côté chinois, moi j'ai mon côté, je trouve dommageable que tous les nouveaux câbles de la Polynésie française sont faits par des Américains et pour des Américains. Je trouve ça légèrement dommage que ça ne soit pas fait par des acteurs français. Voilà, ça sera ma dernière remarque.
Et bien écoutez messieurs, encore excusez-moi madame la présidente. Je Oui, monsieur Yannick Jadu, je probablement par manque de temps, vous n'êtes toujours pas répondu sur les enjeux de sécurité nationale en fait qui me paraît sur ces au regard de ce qui se joue à un élément un peu central. Alors soit c'est compliqué parce que la séance est retransmise, je sais pas, vous pouvez avoir plein d'arguments de sécurité mais pour nous il y a quand même un enjeu de sécurité nationale autour de cette gestion des câbles ou d'ingérence étrangère qui nous paraît assez central.
Et donc si vous pouvez nous en dire quelques mots quand même. Ben c'est ce qu'on a mentionné au début qui était de dire que il y a tout un travail qui a été fait avec la Commission européenne sur quelle est la liste possible des mesures à prendre pour protéger les Cap sous-marins. Donc on en a vu que certaines sont prises par les opérateurs, c'est-à-dire maintenant enfouir le câble jusqu'à une profondeur de 1500 m, c'était pas le cas avant.
Donc, il y a un certain nombre d'éléments qui se mettent en place. Il y a la surveillance et je dirais le monitoring temps réel des câbles pour pouvoir avoir des alertes immédiates avec des stations de drone. Donc on a contribué nous à des à exposer les différentes solutions possibles, y compris comment sécuriser une station d'atterrage et puis surtout la notion de cypersécurité d'accès du réseau.
Nous ce qu'on peut faire c'est aider la commission avec un je dirais un élément technologique de qu'est-ce qui est disponible. Ils ont émis dans un document des recommandations mais aujourd'hui ce ne sont pas des obligations. À ma connaissance alors je suis pas un expert mais je pense qu'il y a un mois l'Italie a voté des lois qui vont forcer les opérateurs de télécom à faire des éléments particuliers de protection sur leur câble.
Donc, c'est-à-dire l'appropriation des recommandations et de les transformer en obligation. Je pense que le même sujet est regardé par l'État français de voir comment on va s'approprier l'ensemble de ces recommandations. Nous, ce qu'on a dit, c'est des solutions techniques qui sont disponibles aujourd'hui.
Si l'opérateur ne veut pas, bah il est pas obligé. Est-ce que maintenant, comme le fait l'Italie, on va le transformer en une obligation ? Si vous voulez faire atterrir un câble en France, vous devrez justifier d'avoir mis un certain nombre d'éléments de protection sur ce câble.
Voilà, ça vous convient, monsieur Jadeau ? Bien, très bien. Et bien écoutez, voilà vraiment du fond du cœur et au nom de l'ensemble des commissaires de la commission des affaires économiques, un grand merci messieurs pour l'intérêt de l'audition passionnante où on a tous appris quelque chose, beaucoup un peu moins pour certains je pense à Anne-Catherine ou à Patrick, mais quand même je pense que eux aussi ont appris beaucoup à travers vos interventions et puis pour la qualité de vos interventions parce que vous maîtrisez parfaitement les sujets sans notes, tout dans votre tête et avec quand même une pédagogie et une vulgarisation et une fluidité qui véritablement pour nous qui étions quand même des béoiens pour la plupart d'entre nous voilà c'est plus facile d'accès.
Merci et on vous souhaite bien évidemment de continuer à exceller dans donc dans dans vos activités parce que bon voilà c'est vraiment une question de souveraineté pour notre pays. on en a bien besoin par les temps qui courent quand on voit combien la souveraineté dans d'autres secteurs elle est malheureusement de plus en plus attaquée et tant mieux et puis vous êtes aussi voilà vigilant parce qu'on a bien compris que vous êtes dans un monde concurrentiel et que la concurrence est particulièrement féroce. Merci et bonne continuation à vous.
Merci beaucoup messieurs.
Dominique Estrosi-sassone