Richard Ferrand aurait-il censuré le Général De Gaulle ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Fait
« Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. C'est l'article 89. Il n'y a pas de débat. »
- 1:19Fait
« De Gaulle décide de passer par l'article 11 pour provoquer un référendum car il sait très bien que le Sénat fera obstacle à sa réforme. »
- 2:39Fait
« Richard Ferrand : "Que le parlement peut changer la constitution mais pas le peuple." »
- 3:00Fait
« face à des enjeux complexes, une demande populaire grandit, celle de réponse simple, rapide, immédiate. »
- 3:15Fait
« La démocratie n'est pas une machine à produire des réponses miraculeuses. »
Temps de parole
- ?100 %
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Place à votre seconde signature du vendredi. Bonjour Junny Bastier. Bonjour à tous. Vous revenez ce matin sur le bras de fer opposant Marine Le Pen à Richard Ferrand. Le président du Conseil constitutionnel a balayé d'un revers de manche la possibilité pour la patronne du RN de recourir au référendum pour changer la constitution si jamais elle remportait l'élection présidentielle. Oui. Rappelons un peu l'objet du litige qui est un peu technique mais tout à fait central. Pour pouvoir appliquer son programme notamment en matière de priorité nationale et de mesures restrictives sur l'immigration sans être bloqué par le Conseil constitutionnel, il faut que le RN change la constitution. Le recours à l'article 11 lui permettrait de soumettre son projet directement aux électeurs par référendum
sans devoir passer par le parlement avec un Sénat qu'elle n'aura pas à sa main en 2027. Ce serait impossible. Mais pour Richard Ferrin Ferrand, cette hypothèse est inadmissible car on ne peut pas modifier la Constitution par référendum. Je le cite, "Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. C'est l'article 89. Il n'y a pas de débat. Alors, d'abord, on peut s'étonner que le président du Conseil constitutionnel s'exprime publiquement pour décréter à l'avance qu'il n'y a pas de débat juridique avant même toutes ces officielles. Ensuite, il est faux de dire que ça n'a jamais existé. Il y a eu un précédent historique et pas des moindres." Mais en l'occurrence le général de Gaulle 1962, il passe outre le parlement pour faire voter par
référendum l'élection du président de la République au suffrage universel. Tout à fait. De Gaulle décide de passer par l'article 11 pour provoquer un référendum car il sait très bien que le Sénat fera obstacle à sa réforme. C'est un séisme politique et juridique. Les juristes crient à la violation de la Constitution. Gaston Monerville, président du Sénat, dénonce une forfaiture. François Mitteran en voit l'illustration du coup d'état permanent. On annonce la mort de la République, la dérive autoritaire, le retour du césarisme. Et qu'arrive-t-il ? Et ben rien. Les Français votent pour, la République survit et l'élection du président au suffrage universel devient l'un des piliers de notre démocratie. Alors, le général de Gaulle serait sans doute accusé aujourd'hui de piétiner
l'état de droit et on imagine sans peine Richard Ferrand sans censurant de gaul au nom de la constitution que celui-ci avait lui-même fondé. Tout le monde aujourd'hui se dit gauliste, célèbre le film La bataille de Gaulle d'Antonin Baudri. mais qualifie d'apprentis dictateur quiconque veut appliquer ses méthodes et redonner la parole au peuple. Richard Ferrand a même eu cette phrase lapidaire : "N'est pas de Gaulle qui veut." On pourrait lui rétorquer "N'est pas Jean Moulin qui veut." Et se donner des allures de résistance face à une menace autoritaire imaginaire ne masquera pas le fait qu'il n'a aucune légitimité pour dicter la politique que veut se donner la nation. Alors ça pourrait paraître une querelle juridique éloignée des préoccupations des citoyens mais selon vous en fait
c'est essentiel. Bien sûr, parce que que nous dit Richard Ferrand ? Que le parlement peut changer la constitution mais pas le peuple. Lors d'une conférence, il a précisé sa pensée, je le cite, face à des enjeux complexes, une demande populaire grandit, celle de réponse simple, rapide, immédiate. Or, la démocratie n'est pas une machine à produire des réponses miraculeuses. On aura compris la leçon. Le peuple est trop impatient pour être souverain et les citoyens trop simplistes pour décider de leur destin. La démocratie n'est plus le gouvernement du peuple mais celui de Mandarain en chambre chargé de protéger les institutions contre les emballements de la volonté populaire. Drôle de conception de la démocratie où le premier devoir des gouvernants serait de se méfier des
gouvernés. signature Gény Bastier.
Richard Ferrand