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interviewBFMTV· 14 février 2025 10 min

Attaque à la grenade à Grenoble: l'intervention de Bruno Retailleau en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Bruno Retailleau

Bien, je suis à Grenoble aujourd'hui, ça fait plusieurs semaines que j'avais choisi de présenter à Grenoble notre nouvelle stratégie contre la criminalité organisée, contre le narcotrafic, mais évidemment ma visite prend une tournure particulière puisque mardi tout près d'ici, à quelques pas d'ici, il y a eu cet attentat, cette grenade qui a été lancée dans un café associatif. Ce que je veux dire, c'est que toutes les limites sont désormais dépassées. Évidemment, ce qui s'est produit ici est absolument inadmissible, inacceptable. Les limites sont dépassées en termes de violence.

Les limites sont dépassées parce qu'on voit bien qu'on a des jeunes délinquants qui sont là aussi de plus en plus jeunes. On me rappelait il y a quelques instants à la préfecture qu'il y a à peu près un tiers de la délinquance ici sur Grenoble avec un âge de moins de 19 ans, entre 15 et 19 ans, un tiers. Et on le voit d'ailleurs de façon beaucoup plus générale en France en matière de narcotrafic, qu'il y a à la fois un rajeunissement des victimes et un rajeunissement des auteurs. Là, on est sur une opération criminelle inédite puisqu'on a utilisé des techniques de guerre.

Une grenade très spécifique qui a un double effet avec 3000 petites billes, faites plutôt d'ailleurs pour blesser que pour tuer, et un effet blast, ce qui a provoqué beaucoup de dommages. 15 personnes ont été hospitalisées hier, 6 personnes étaient blessées très grièvement. Et bien entendu, il faut se mobiliser, il faut dénoncer ce genre d'actes. Il y a ici, vous le savez, un contexte de trafic, un contexte de criminalité organisée.

C'est la raison pour laquelle je suis venu à Grenoble pour que je puisse présenter notre nouvelle doctrine parce que, compte tenu de cette hyper-violence, compte tenu de ce que nous ne luttons pas toujours à armes égales, il faut revoir de fond en comble notre approche pour qu'on puisse précisément se battre à armes égales et pour qu'on puisse avoir un certain nombre de résultats. Je veux signaler aussi les efforts de la police, de la gendarmerie nationale qui sont sur le pied de guerre, qui payent un lourd tribut aussi. L'an dernier, je veux simplement rappeler qu'il y a eu 300 policiers de blessés ici, en Isère, 150 gendarmes, 450 donc gendarmes et policiers. Ce n'est pas rien.

C'est un tribut qui est très très lourd. Et je veux aussi dire à nos forces de l'ordre, qu'elles soient police nationale ou gendarmes nationales, notre admiration, notre fierté. Je veux aussi dire au procureur général de la République, l'autorité judiciaire qui nous accompagne, le fait que ce continuum de sécurité qu'on invoque souvent, c'est aussi le fait que le ministère de la Justice, le ministère de l'Intérieur sont au service de mêmes objectifs en termes de rétablissement de l'ordre public. Et nous nous mobilisons notamment avec 20 enquêteurs, 10 enquêteurs qui sont du CRU d'ici, de Grenoble.

Nous avons fait appel à un renfort sur Lyon, un renfort de notre unité aussi nationale, ce qui fait qu'il y a 20 enquêteurs qui sont dédiés spécifiquement à cette opération. Nous retrouverons bien entendu celui ou ceux qui ont fait cela. Et j'espère qu'il sera châtié à la juste mesure. Je veux simplement quand même indiquer et donner une information qui pour le moment n'a pas fait l'objet d'une publication. C'est que dans une procédure particulière administrative d'un CODAF, les CODAF sont des comités départementaux antifraude qui se réunissent régulièrement sous la double autorité de la justice, de l'autorité judiciaire et de l'autorité préfectorale.

Cet établissement avait fait l'objet de recherches, d'investigations et un certain nombre de trafics avaient pu être décelés. Et il était sous le coup d'une procédure de fermeture qui n'avait pas encore été annoncée. Mais on voit bien qu'il y a là encore un contexte qui est particulier, qui doit nous mobiliser. Il n'y a jamais, jamais de hasard. C'est ce que je voulais dire.

Et j'annoncerai cet après-midi la nouvelle doctrine de lutte contre le narcotrafic parce que là encore, il faut tout changer et il faut avoir une stratégie beaucoup plus globale, plus durable aussi en matière de durée d'action, d'occupation de l'espace public et là encore mieux articulée entre les forces de sécurité et l'autorité judiciaire. Mais ça, je le présenterai très précisément cet après-midi.

4:47
Invité

— Éric, vous m'attendez des réponses. Quelles sont les réponses que vous avez apportées au maire de Grenoble aujourd'hui ?

4:52
Bruno Retailleau

— Moi, ce que j'attends comme réponse, c'est qu'il y ait une collaboration entre ce qu'on appelle le continuum de sécurité. Le continuum de sécurité, c'est bien sûr les forces de sécurité intérieure, police, gendarmerie, mais aussi la police municipale, mais aussi la vidéosurveillance. J'ai indiqué au maire que nous allions, dans les mois prochains, renforcer les services de police à un niveau de 16 effectifs pour honorer la promesse de mes prédécesseurs et faire en sorte que les chiffres que je lui donnerai, en toute transparence, parce que je tiens à cette transparence, c'est ce que je lui ai indiqué, mais que l'État sera au rendez-vous.

Ces 16 policiers seront à la fois des enquêteurs pour la police judiciaire et seront aussi des policiers qui sont rattachés à la police des frontières. Parce que là encore, on voit bien que dans ce cadre-là, il y avait aussi un contexte où il y a du travail clandestin, en tout cas des étrangers en situation irrégulière. Donc c'est des réponses très concrètes que je lui ai déjà données. Mais j'apporterai... C'est la raison pour laquelle je suis ici, à Grenoble. Un Grenoble, en 2024, vous avez vu 48 fusillades, 6 morts. Voilà.

Grenoble, avec d'autres villes, fait partie de la vingtaine de villes qui nous préoccupent énormément et pour laquelle nous avons élaboré justement une nouvelle méthode, une nouvelle modalité, une nouvelle doctrine pour passer à la vitesse supérieure, avant même d'ailleurs que le texte de loi qui était voté à l'unanimité au Sénat. Ce qui montre bien que la question de la sécurité et de l'ordre public, ce n'est pas une question de droite ou de gauche. Ça concerne tous les Français. Ce sont nos compatriotes, et souvent les compatriotes qui habitent des quartiers plus modestes que d'autres, qui nous demandent de rétablir l'ordre public.

L'ordre public, c'est la condition pour que la devise républicaine soit concrètement incarnée. Il ne peut pas y avoir de liberté sans ordre public. Quand on n'a pas la liberté d'aller venir dans la sécurité, ça veut dire qu'il n'y a pas de liberté du tout. L'ordre public, c'est aussi la condition de l'égalité. Quand il n'y a pas d'ordre, c'est la loi du plus fort sur le plus faible qui prévaut. Et puis l'ordre public, c'est la condition de la fraternité. Il faut l'ordre pour que règne la concorde. Parce que sinon, c'est la violence qui impose sa loi.

7:16
Présentateur

Cette nouvelle doctrine s'adaptera-t-elle aux armes de guerre utilisées, comme ici, par exemple, des coronales ? L'État peut y faire ?

7:22
Bruno Retailleau

Je dirai tout cela cet après-midi, chaque chose en son temps. Ce que je vous dis, ce que j'ai déjà dit, c'est que c'est la première fois en France qu'on a ce type d'attaque à la grenade. On a déjà des armes de guerre. Vous savez que la Kalichnikov est une des armes privilégiées des Narcourakai. Mais là, on est passé à un stade supérieur, puisque c'est une grenade. Une grenade très spécifique, avec des milliers de petites billes, qui se propagent évidemment sous l'effet de la déflagration, et avec un effet blast. Et cette grenade, elle vise à faire un maximum de dégâts corporels.

Peut-être pas à tuer, mais en tout cas à blesser, et à blesser grièvement, comme vous avez pu le voir avec le bilan humain qui était celui de cet attentat. En tout cas, on n'est pas, le parquet et le procureur général me le confirmaient ce matin, on n'est pas sur une nature terroriste de l'attentat. On est plutôt dans un contexte plus large. Plus large, l'enquête devra le définir, de trafic et de criminalité organisée.

8:22
Auditeur

Qu'est-ce que vous auriez pu...

8:28
Bruno Retailleau

Je développerai, je développerai l'approche cet après-midi, pour donner des réponses très concrètes, très concrètes et novatrices.

8:34
Invité

Quel est l'objectif de la circulaire sur les villes que vous avez adressé en précieux ? On n'a pas assez.

8:39
Bruno Retailleau

Je présenterai l'ensemble. Il y a une conférence de presse qui est prévue à la préfecture cet après-midi. Ça nécessite du temps, ça nécessite de développer les différents points qui seront plusieurs réponses à plusieurs niveaux. Et je ne vais pas le faire ici, dans la rue, de façon trop précipitée.

8:58
Invité

Est-ce que vous pouvez nous faire commencer par téléphone ?

9:01
Bruno Retailleau

Écoutez, on a des désaccords et on a échangé sur nos désaccords. On n'est pas ailleurs des élus républicains. Voilà, chacun connaît mes positions en matière d'ordre public, en matière de police municipale, armée, en matière de vidéosurveillance. M. Puel a aussi un certain nombre de ses convictions. On n'a pas les mêmes convictions. Est-ce que ça vous étonne ? Non, ben voilà.

9:29
Auditeur

Est-ce que vous avez des nouvelles des victimes ? Deux ou trois pronostics vitaux engagés ?

9:35
Bruno Retailleau

Non, à ma connaissance, à ma connaissance. Oui, au moment où je vous parle, il n'y a pas de pronostics vitaux engagés. Mais il y avait 15 personnes qui ont été hospitalisées. Sur les 15, je le répète, il y avait 6 personnes qui étaient blessées grièvement. Hier, elles étaient encore en service de réanimation. Ça ne veut pas dire qu'elles étaient placées sous le coma, etc., artificiel. Mais elles étaient quand même suffisamment grièvement blessées pour qu'elles aient été hébergées dans le service, justement. de réanimation. Merci.