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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 5 mai 2026 23 minActualité / polémiqueCulture, médias & sportSécuritéJustice

Les cambrioleurs du Louvre "ont voulu entrer dans la légende", dit Patricia Tourancheau, autrice du "Casse du Louvre"

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:31OuverteRéponse directe

    qu'est-ce qui vous a marqué ? Est-ce que c'est le caractère exceptionnel du cambriolage

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Patricia Touranchot, qu'est-ce qui vous a fasciné dans cette histoire ?

  • 18:11FerméeRéponse directe

    le nouvel renaissance promis par Emmanuel Macron

  • 21:24OuverteRéponse partielle

    où sont les bijoux ?

Temps de parole

  • Invité50 %
  • Présentateur20 %
  • Présentateur 216 %
  • Présentateur 315 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. C'est un cambriolage qui a stupéfié le monde entier. Il y a six mois, le casse du Louvre, trois hommes repartent avec une partie des bijoux de la couronne d'une valeur de 88 millions d'euros grâce à une simple nacelle et à une disqueuse. Le plus grand musée du monde était donc à ce point vulnérable. On a découvert à cette occasion la faiblesse de la sécurité des musées de France et un trafic en hausse, celui juteux des œuvres d'art. On en parle avec deux invités ce matin dans le grand entretien, Benjamin. Bonjour Patricia Touranchot. Bonjour. Merci d'être avec tous ce matin sur Inter.

Vous êtes journaliste, spécialiste de la police, du banditisme et des criminels et vous publiez Le Casse du Louvre, un livre enquête fascinant sur les dessous de ce vol encore non élucidé et ses protagonistes hauts en couleurs. On va en parler. Tout cela sort après-demain aux éditions du Seuil. À côté de vous, Jean-Baptiste Félicité, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes colonel de gendarmerie et chef de l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, l'OCBC, au sein de la police judiciaire. Et n'hésitez pas, chers auditeurs, vos questions et réactions sont les bienvenus au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.

Alors à tous les deux, mais peut-être d'abord, Jean-Baptiste, félicitez-vous qui enquêtez sur ces bijoux volés. Vous êtes évidemment tenu au secret sur l'enquête et on le comprend bien. Mais si vous deviez faire un constat six mois après ce stupéfiant vol des bijoux du Louvre, qu'est-ce qui vous a marqué ? Est-ce que c'est le caractère exceptionnel du cambriolage par sa valeur symbolique, le montant du butin, l'audace des voleurs ou bien finalement l'aspect très rudimentaire de leur mode opératoire ?

Alors effectivement, comme vous le dites, ce vol a un caractère exceptionnel par la réputation du musée, qui est peut-être un des plus grands musées de France, le plus grand musée du monde, par la caisse de résonance dans les médias qu'a eu ce vol, par la pleure du préjudice. Mais malheureusement, il a aussi quelques points communs avec d'autres vols dans des musées. En septembre et octobre 2025, nous avons enregistré sept vols dans des musées, avec des marques de la criminalité organisée, des équipes qui sont en connexion avec d'autres infractions, d'autres milieux comme le trafic de stupéfiants, et qui peuvent être commandités avec des relais des fois en prison ou à l'étranger.

Donc le Louvre, c'est la partie émergée de cet iceberg, de cette nouvelle tendance de vol dans les musées ? Le Louvre est une affaire emblématique, mais elle n'a pas forcément tous les caractères de ce que je vous ai évoqué, mais elle est la plus vue, puisque ça s'est passé en plein Paris, avec une forte audience. Et on va détailler ce qui s'est passé au Louvre, mais aussi les leçons qu'on peut en tirer sur le développement de trafic de biens culturels. Patricia Touranchot, qu'est-ce qui vous a fasciné dans cette histoire ?

Vous décrivez en ouverture de votre livre, je vous cite, un casse à la franchouillard, brut de décoffrage, rustique, mais audacieux, et le culot monstre avec lequel les voleurs ont opéré. Qu'est-ce qui vous a fasciné avec ce casse du Louvre ?

3:08
Invité

Moi, j'ai été totalement aimantée par l'image du camion à sel déployé devant le Louvre, et les mecs en gilet jaune, en tenue de prolétaire. Et ça, c'est un grand truc quand même des voleurs, de se déguiser en ouvriers, parce qu'on passe inaperçu. Et dans Paris, franchement, il y a tellement de bâtiments et des échafaudages, etc., qui se font dans la masse. Et la preuve, c'est que les deux qui sont avec leur gilet jaune, en tenue de moto, etc., qui montent sur le camion à sel avec leur disqueuse à la main, qui pètent la porte-fenêtre de la galerie d'Apollon au Louvre, etc., tout ça est passé totalement inaperçu.

Qu'un camion de déménagement se gare à contresens de la circulation devant le Louvre un dimanche matin, ça n'a étonné personne. Et donc, moi, c'est dingue. Tout de suite, j'entendais les commentateurs, j'entendais les trucs. Évidemment, puisque le Louvre est attaqué, ça ne pouvait être que des voleurs, des bandits d'envergure, des parrains de la drogue, des commanditaires richissimes, des collectionneurs fortunés. Et franchement, avoir leur mode opératoire, moi, je me disais, ça, c'est une équipe de pas des jeunos, pas des jeunos, parce qu'on sent que les mecs ont une certaine expérience. En même temps, pas trop vieux, mais pas trop jeunes. Et les mecs sont des sportifs.

Et franchement, ce culot monstre, ce défi à la France, au cœur de Paris, d'aller attaquer le Louvre, il faut quand même être sacrément gonflé. Donc, c'est tout ça qui a fait que moi, j'étais passionnée tout de suite.

4:42
Présentateur

Alors, on va s'apercevoir et on va en parler, puisqu'on les a arrêtés, que ce sont des gars d'Aubervilliers, en fait, qui ont fait ce coup-là. Mais Jean-Baptiste Félicité, d'abord, rappelez-nous le détail du butin. Ils sont partis avec quoi, ces malfaiteurs ? On rappelle que le butin n'a pas été retrouvé. Combien de diamants, de perles, d'émeraudes, d'or ? On a dit 88 millions d'euros, mais ça représente quoi ? Alors, ce sont huit bijoux qui ont été volés dans ce vol qui a duré environ huit minutes. Et pour 88 millions d'euros, c'est une évaluation par rapport à des ventes qui sont constatées sur le marché de dollars. Donc, ce n'est pas forcément une valeur précise.

Ces bijoux, je crois, seront décrits par Mme Touranchot dans son ouvrage. Tout un chacun peut les voir sur le site d'Interpol, qui dispose d'une application ID Art, qui permet d'identifier des objets volés. Par exemple, si on achète un tableau, on peut utiliser cette application pour reconnaître par la photographie si l'objet est volé. Mais est-ce que vous avez compris pourquoi, précisément, ces bijoux et pas d'autres ? Alors, nous avons une analyse sur tous les vols qui sont produits dans les musées. Et un point commun de ces vols, c'est les métaux précieux. L'or a été ciblé, par exemple, au Muséum d'Histoire Naturelle avec un vol de pépites d'or.

Mais aussi dans des petits musées plus ruraux, sur des croix Huguenotes en or au Musée du Désert. On a aussi des pierres précieuses. Le musée Jacques Chirac à Saran, la semaine précédente, le vol du Louvre, a aussi été cambriolé avec des parures de bijoux. Et puis, on a un vol à Limoges de porcelaine chinoise, qui est un autre phénomène européen aussi. Mais Patricia Torchevou, vous avez compris pourquoi ces bijoux spécifiquement ?

6:18
Invité

Parce qu'il y en avait plein d'autres dans cette galerie Apollon. Mais oui, mais moi, je n'ai pas bien compris pourquoi les voleurs s'attaquent à ces bijoux-là. Alors, quand même, je pense qu'ils y vont pour les pierres, pour les diamants. Parce qu'il y a 8728 diamants sur ces huit joyaux de la couronne et de l'Empire. Et en même temps, à côté, dans une vitrine aussi sécurisée, mais pas plus, il y a des bijoux magnifiques. Il y a le diamant, le région, qui est un bijou incroyable, qui fait 328... Enfin, un bijou qui tient dans la main et qui... Ce diamant est d'une pureté incroyable. Et si des voleurs le prennent et le font péter en huit morceaux, ils peuvent le revendre plus facilement.

Alors que là, les pierres... Et même quand ils sont arrivés dans la galerie d'Apollon, ils étaient à côté d'une vitrine plus ancienne, où il y avait les trésors, les trésors, les gemmes de Louis XIV. Donc une vitrine plus fragile. Qui était plus jolie, plus originaux et plus facile à péter, en fait.

7:22
Présentateur

Et pour autant, ils ne se sont pas pris à ces bijoux. Ce qui nous pousse à nous interroger sur le profil, là encore, de ces cambrioleurs. Et ce qu'on a pu entendre dans les heures qui ont suivi ce cas, c'est l'idée que c'était au fond des pieds nickelés, que peut-être cette opération, elle n'était pas tout à fait... Pensez-vous, au contraire, ce que vous expliquez très bien dans votre livre, c'est qu'en fait, c'était préparé de façon assez minutieuse. Alors, est-ce que c'est des pieds nickelés ou pas des pieds nickelés ? Est-ce que ce sont de grands professionnels ?

7:50
Invité

Ils sont hybrides. Ce sont des voleurs qui sont à la fois exercés. Il est obligé qu'ils se soient exercés à l'avant. Ils ont repéré. Ça, l'enquête démontre que trois à quatre semaines avant, les portables de guerre, c'est-à-dire des portables éphémères, ouverts, des lignes ouvertes pour l'occasion, pour ce cas, ont été activés dès le 22 septembre, et qui sont en repérage déjà autour du Louvre. Donc, ces mecs-là, ils ont pensé, ils ont repéré. À l'intérieur, je ne sais pas, mais à l'extérieur, en tout cas, ils se sont exercés avec des disqueuses à essence sur ce genre de verre, qui résiste aux coups de masse et aux balles, mais pas forcément aux disqueuses.

Et aussi, ils ont quand même volé un camion à sel. Oui, sur lequel ils ont laissé leur ADN.

8:40
Présentateur

Donc ça, ce n'est pas très professionnel.

8:41
Invité

Alors, ça dépend, il y a un ADN mélangé sur la télécommande qui n'a pas été utilisée, le camion à sel. Ah, donc, il n'y a pas leur ADN sur le camion à sel ? Non, pas sur le camion à sel. Non, non, non, sur une vitrine pour l'un, à l'intérieur de la galerie d'Apollon, où il a d'ailleurs, en essayant d'extraire un joyau, le voleur a déchiré sa doudoune et a laissé un bout de manche.

9:05
Présentateur

Un mot sur ce camion à sel, puisque vous racontez une anecdote qui est très amusante dans le livre, puisque ce camion à sel a été livré dans la ville de Louvre, avec un S. Donc là, c'est quoi ? C'est une volonté de provocation des voleurs ?

9:19
Invité

Alors franchement, au départ, j'ai cru que c'était une coïncidence. Et après, en regardant de plus près l'histoire, le loueur du camion à sel, il est basé à Paris 18e, et en fait, il raconte que neuf jours, enfin, deux semaines avant le casse, en fait, un certain Oussama Diallo, un monsieur qui voulait soi-disant déménager, l'a poussé à beaucoup insister pour se faire amener le camion à sel à Louvre avec un S dans le Val d'Oise. Et là, deux voleurs ont braqué le camion à sel, ils ont agressé en fait le conducteur, ils l'ont viré, ils ont piqué le camion à sel qui, a priori, a été planqué au Bervilliers pendant neuf jours, neuf jours, sans que personne s'en aperçoive.

Et là, moi, je me dis, les types, ils ont voulu entrer dans la légende. C'est un défi. Là, franchement, ils se sont marrés. Ils savaient très bien qu'ils allaient casser le Louvre. Alors, c'est pas ce qu'ils disent, les voleurs, dans leur déclaration, à minima, ils disent pas ça. Ils disent, en tout cas, celui qui est surnommé Doudou Crosbitum, parce que c'est un fou de motocross, il a raconté que des types, enfin, typés pays de l'Est, à l'accent slave, l'avaient approché dans un jardin public d'Aubervilliers deux jours avant le casse.

Il lui avait proposé un cambriolage, sans lui dire qu'il s'agissait du Louvre, pour, contre 15 000 euros, et qu'il lui avait donné un gilet orange, et il lui avait dit de conduire un camion à sel, voilà. Donc, lui, il dit, le camion à sel, on nous l'a apporté.

10:58
Présentateur

Alors, justement, parmi les mises en examen, on a donc quatre hommes, le fameux Doudou Crosbitum, c'est son alias, il s'appelle Abdoulaye, Ayedjé, Rachidash, Slimane K, ça, c'est quatre gars du même quartier d'Aubervilliers, c'est ça, et qui ont un casier, déjà un peu long ?

11:13
Invité

Oui, alors, en ce qui concerne Doudou Crosbitum, Abdoulaye et Slimane, mais Slimane K, lui, il a un casier, il a à peu près 11 vols, assez significatifs à son casier. Lui, il a commencé en 2003, il avait 15 ans, donc c'était le juge des enfants, et là, ses premiers faits sur le casier, c'est des vols, en fait, de sacs à main à scooter dans Paris, enfin, en fait, il volait les sacs à main de touristes fortunés devant les grands magasins Boulevard Haussmann, à scooter. Donc, c'est des gens qui ont une carrière de voleur, quoi. Oui, mais lui, Slimane, dit qu'il n'est pas dans le casse du Louvre.

11:51
Présentateur

Mais, justement, Jean-Baptiste Félicité, vous nous disiez tout à l'heure que lors d'autres vols dans d'autres musées, vous étiez remonté, enfin, les soupçons, c'était la criminalité internationale des commanditaires haut placés, et que, pour ce qui est de ce vol au Louvre, ça n'est pas forcément le cas. Qu'est-ce qu'on peut dire, aujourd'hui, six mois plus tard, d'éventuels commanditaires ou pas ? Alors, je ne vous parlerai pas du Louvre, mais, effectivement, par le passé, on a déjà eu des réussites en interpellant les auteurs avant qu'ils commettent les faits.

Par exemple, au musée de Fontainebleau, en visant le musée chinois en 2019, des renseignements de l'étranger avaient permis de distinguer, donc, d'identifier une équipe espagnole avec un logicien chinois. Tous ont été interpellés avant les faits. Mais donc, Patricia Touranchot, puisque vous avez peut-être un peu plus de liberté que Jean-Baptiste Félicité, même si le regard de le colonel dit un certain nombre de choses.

12:40
Invité

Moi, je ne suis pas soumise au secret d'instruction.

12:42
Présentateur

Vous n'êtes pas soumise au secret d'instruction. On est quand même plutôt sur un alliage de délinquants qui ne seraient pas liés à des personnes à l'étranger. C'est vraisemblablement plutôt pas de la criminalité organisée.

12:56
Invité

Oui, c'est une petite équipe de voleurs, voilà, middle class, je dirais. La procureure a dit que ce n'est pas le haut du panier, en fait, de la... ce n'est pas le haut du spectre de la criminalité organisée. Il n'empêche que des équipes comme ça, il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup en France et pas qu'en Seine-Saint-Denis. Ceux-là, la particularité, moi, je trouve, enfin, c'est qu'ils sont issus quand même de la commune, la deuxième commune la plus nécessiteuse du département de la Seine-Saint-Denis, qui lui-même est le département quand même le plus pauvre et défavorisé de France.

Et en plus, ils sont d'un quartier, enfin, en tout cas, Doudou Crossbitum, du quartier du Landy, qui était vraiment le quartier coupe-gorge et c'était un quartier vraiment pourri. Enfin, il n'y a pas de mystère. Les voleurs, enfin, la délinquance, elles poussent sur le terreau de la misère.

13:49
Présentateur

Vous, vous ne croyez pas à la grande criminalité organisée. Pour autant, ce qu'il faut dire, c'est que le trafic d'œuvres d'art colonel, c'est une part importante de cette criminalité organisée aujourd'hui dans le monde ? Oui, alors, il est difficile de chiffrer le chiffre d'affaires du trafic illicite de biens culturels volés ou pillés. Mais néanmoins, il y a eu des présentations par l'UNESCO il y a quelques années comme le troisième trafic après les stupéfiants et les armes. C'est difficile à établir parce qu'il y a une part de chiffres noirs. Donc, c'est très important. C'est très important.

Un éclairage particulier a été porté par rapport aussi à la mobilisation par les groupes terroristes armés comme l'État islamique. Donc, l'Union européenne s'est mobilisée face à cette menace du financement du terrorisme et TRACFIN a encore publié début février un focus mettant en exergue les failles ou les fragilités du marché de l'art avec la possibilité de blanchir des capitaux ou de financer le terrorisme et donc, a fortiori, la criminalité organisée.

Et donc, on s'est aperçu à l'occasion de ce vol au Louvre des immenses failles de sécurité des musées de France et notamment dans ce plus grand musée du monde qui est le Louvre avec plusieurs rapports internes qui sont restés sans aucune conséquence avec une commission d'enquête ensuite qui a pointé en février des défaillances systémiques, une hyper présidence du musée, une dilution des responsabilités. Patricia Touranchot, vous qui avez enquêté, est-ce que vous avez compris ce qui ressemble à une succession de négligences dans la sécurité de ce musée ?

15:22
Invité

Alors, j'ai fini par comprendre cette succession de négligences mais franchement, on hallucine. Pour moi, le Louvre, c'est un lieu merveilleux, c'est un lieu qui rayonne dans le monde entier avec des super expositions, des super collections, un super bâtiment mais à l'intérieur, c'est quand même dingue que ce soit au niveau alors, la sûreté, la sécurité, tout le monde a compris que les caméras, il n'y en avait pas tellement, la surveillance, il n'y en avait pas tellement mais ce palais royal qui a huit siècles, il se détériore de partout, il prend l'eau de partout.

Donc, les toitures, là par exemple, les toitures du Louvre où il y a des inondations sans arrêt dans des galeries comme encore récemment les galeries Campana, elles devaient être faites qu'en 2032. Et alors, en attendant, en fait, le Louvre investit dans des événements énormément, dans des collections, dans des objets qui sont très peu entreposés finalement, puisqu'il y a 35 000 ou 38 000 objets, œuvres d'art qui sont exposés alors que le Louvre en possède 509 000.

16:29
Présentateur

Il y a la question de la vétusté qui est un sujet absolument central avec certaines galeries qui effectivement tombent quasiment en ruine. mais sur l'aspect sécuritaire. On avait reçu, c'était au mois de décembre, Laurence Descartes qui, dans sa ligne de défense, expliquait, alors parce qu'il faut redire aussi et réexpliquer aux éditeurs qu'il y avait un audit notamment réalisé pour Van Cleef et par la joaillerie, la maison de joaillerie Van Cleef-Rppel, qui documentait précisément les failles de la galerie Apollon avec un scénario de ce type et là, l'argument de Laurence Descartes c'était de dire qu'il n'y a pas de transmission d'informations.

17:04
Invité

Non mais là, on hallucine. C'est quand même assez stupéfiant. Bien sûr. Ce rapport, la date de 2018 est sur deux pages et demie avec des schémas. Les experts de ce joaillier expliquaient le scénario. Et en fait, elle dit, Laurence Descartes, qu'elle ne l'a pas reçu. Il n'empêche que elle a eu, enfin, la direction précédente a conçu des schémas directeurs pour la sûreté qui n'ont pas été appliqués par la suite par la gouvernance de Laurence Descartes parce qu'elle avait plus d'ambition.

17:39
Présentateur

Parce qu'il y avait des choix d'investissement qui, ce que vous dites, privilégiaient d'autres développements plutôt que de consolider l'aspect sécuritaire.

17:46
Invité

Exactement. Privilégiaient, voilà, par exemple, Madame Descartes, elle a voulu, dès son arrivée, créer un neuvième département des arts de Byzance et des chrétiens en Orient. Pour ça, il fallait casser quasiment les arts de l'islam qui avaient été inaugurés en 2012 et qui, de l'aveu de tout le monde, étaient en très bon état. Il fallait casser un escalier et tout ça pour 79 millions d'euros

18:10
Présentateur

minimum. Mais est-ce que, du coup, l'annonce, enfin, le nouvel renaissance promis par Emmanuel Macron estimé à 1 milliard d'euros, ça relève du même principe ?

18:20
Invité

Mais bien sûr, alors, la direction disait qu'il fallait prendre en compte tout, pas seulement la sûreté, l'électricité, etc. Il fallait prendre tout en compte et faire ce projet pharaonique, là, plus d'un milliard, avec une nouvelle entrée colonnade, avec une salle spéciale pour la Joconde en souterrain, mais dans des zones inondables, la zone la plus ancienne du Louvre, ça pose quand même problème. et cette galerie d'Apollon, enfin, tout le monde, moi, je connais plein de voleurs qui savaient que le Louvre était prenable, plein, et ils savaient que le Louvre était prenable à cet endroit, par cet accès de la porte-fenêtre de la galerie d'Apollon.

19:01
Présentateur

Voilà. Jean-Baptiste, félicité, les préconisations que vous avez à votre place pour mieux protéger les musées, puisque, on a parlé du Louvre, vous avez cité les autres exemples, vous expliquez qu'il faut, au fond, un plan sécurité au même type qu'il y a eu un plan sécurité cathédrale qui a été mis en place après l'incendie de Notre-Dame. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que sont vos préconisations et toute la difficulté de l'équilibre entre exposition de ces œuvres d'art et de ces biens culturels au plus grand nombre et en même temps, assurance pour la sécurité de ces biens ? Donc, ce n'est pas moi qui ai préconisé ces choses-là.

L'Office a été créé il y a une cinquantaine d'années, en 1975, suite à une recrudescence de vols contre les musées déjà à l'époque, contre des églises, contre des châteaux et nous sommes depuis 50 ans partenaires du ministère de la Culture pour la prévention des vols de biens culturels et nous travaillons donc activement avec la Direction Générale des Patrimoines et de l'Architecture et le Service des Musées de France pour partager justement cette évaluation de l'état de la menace et c'est de faire prendre en compte ce qu'il se passe, cette pénétration de la climatité organisée dans les atteintes au musée et pas simplement dans les stupéfiants ou dans les vols de bijouteries donc les musées doivent faire évoluer leur sécurité à hauteur de la menace actuelle donc c'est dans ce travail de partenariat après nous ne sommes pas forcément donc l'office est orienté plus sur l'enquête et par le renseignement et par le point de contact international qui constitue avec Interpol et Europol dispose aussi d'éléments avec l'étranger nous ne sommes pas forcément les spécialistes de la sûreté pour dire à tel endroit il faut telle petite belle arme ou telle détection mais nous sommes là pour éclairer sur le contexte et réagir sur tous les les signaux faibles qui remontent sur un repérage éventuel pour démanteler une équipe en amont

20:51
Invité

sur la galerie d'Apollo par exemple c'était assez simple quand même et il n'y a pas que le rapport du joaillier en 2018 il y avait un rapport dix ans plus tôt et aussi ce musée-là à cet endroit-là a été victime déjà d'un vol en décembre 76 et des voleurs étaient entrés avaient ligoté les gardiens et avaient piqué l'épée de Charles X en or, argent, etc.

21:19
Présentateur

Comme il nous reste très peu de temps il faut qu'on termine avec cette question centrale aujourd'hui où sont les bijoux ? ça fait six mois quelles sont les hypothèses ?

21:27
Invité

Alors les hypothèses bon a priori il n'y a pas un commanditaire un collectionneur richissime qui voulait ses bijoux et en tout cas à ce jour les quatre suspects ils sont suspects du vol et d'avoir guetté et d'associations malfaiteurs donc peut-être qu'il n'existe pas le grand donneur d'ordre la deuxième hypothèse c'est que soit les bijoux ont déjà été désossés pour les vendre les pierres d'un côté et fondre l'or pour le vendre de l'autre et puis la troisième hypothèse c'est que ces bijoux là sont alors la procureure a dit il n'y a pas de signaux indiquant que ces joyaux auraient franchi la frontière donc ils sont peut-être tout simplement cachés

22:10
Présentateur

donc il y a un scénario Patricia Tourant où on les retrouve dans quelques années on peut avoir cet espoir

22:15
Invité

oui parce que dans tous les vols d'oeuvres d'art il y a une période d'oubli les voleurs ils font oublier les bijoux voilà le temps que les médias se calment que tout le monde se calme le temps de faire quelques années de prison potentiellement voilà parce que là la vol en bande organisée la peine maximale c'est 15 ans et vu le défi et l'affront au Louvre je pense que la justice aura la main lourde mais voilà ils peuvent être cachés planqués un enquêteur me disait ils ont bien été capables de planquer un camion à sel 5 personnes s'en aperçoivent pendant 9 jours donc des petits joyaux comme ça c'est relativement facile à enterrer ou à planquer

22:53
Présentateur

bon écoutez l'enquête se poursuit en tout cas et on a hâte de découvrir la suite merci Patricia Tourangeau merci beaucoup et merci colonel Jean-Baptiste félicité d'avoir été au micro de France Inter ce matin