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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 26 février 2021 25 min

Retour à la normale du trafic SNCF, politique tarifaire, trains de nuit... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Pierre Farandou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Pierre Farandou, 20 départements en suspens susceptibles de faire l'objet le 6 mars à la fin de la semaine prochaine de mesures de confinement le week-end comme c'est le cas déjà à Nice et à Dunkerque. Écoutez la proposition faite hier soir sur France Info par Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la maire de Paris.

0:18
Locuteur 2

Ce couvre-feu qui ressemble à un confinement de fait est déjà très contraignant. Il ne porte pas ses fruits et donc l'une des options que nous souhaiterons mettre sur la table c'est plutôt qu'un confinement le week-end, un confinement tout court. Ne faut-il pas mieux poser la question d'un durcissement du confinement à court terme de façon à vraiment redonner de l'oxygène et avoir la perspective dans trois semaines de tout réouvrir ?

0:42
Présentateur

Trois semaines d'un confinement tout court comme le dit Emmanuel Grégoire, c'est une proposition uniquement pour l'instant de la mairie de Paris qui ne fait pas du tout l'unanimité mais si jamais Paris devait être sous cloche pendant trois semaines, qu'est-ce que ça impliquerait Jean-Pierre Farandou pour la circulation des trains, des TGV ou même des Transiliens ?

1:00
Jean-Pierre Farandou

Depuis le début de la crise, il y a presque un an maintenant, nous suivons avec application les instructions gouvernementales. C'est sûr qu'en fonction des décisions au confinement, des confinements au couvre-feu, nous adaptons l'offre de transport par rapport aux directives qui nous sont données.

1:13
Présentateur

Mais vous l'adaptez au jour le jour, décision par décision ? Ou est-ce que vous avez des plans déjà prévus au cas où il fallait confiner toute l'île de France par exemple ?

1:24
Jean-Pierre Farandou

Alors on a acquis une certaine expérience, puisqu'au mois de mars on avait un confinement général, donc là on a vu que l'offre de transport a été considérablement baissée, on n'avait plus que 7% des TGV qui circulaient, 1% de trafic, ça c'est le confinement très dur quand le pays est quasiment à l'arrêt. On a eu ensuite des confinements partiels de type couvre-feu, où là les trains roulent, les trains roulent davantage, dans les transports de la vie quotidienne les trains roulent quasi normalement, aussi bien en région qu'en Ile-de-France, il peut y avoir quelques adaptations.

1:48
Locuteur 8

Ni c'est Dunkerque, ça ne change rien par exemple ?

1:50
Jean-Pierre Farandou

Non, on dit Dunkerque, ça ne change quasiment rien, les trains régionaux dans la région sud autour de Nice ou dans le Nord-Pas-de-Calais, Hauts-de-France, circulent à peu près normalement, il peut y avoir un petit peu moins de monde dans le train, on cale ça avec les régions où Ile-de-France mobilité pour la région Ile-de-France, et sur les trains de longue distance, on observe, on s'adapte, on voit comment la demande évolue, si elle baisse, on la réduit.

Je rappelle aussi qu'on peut prendre le train, il y a des dérogations possibles qui sont prévues, il y a des attestations de dérogation, il faut avoir des bons motifs bien sûr, il ne faut pas oublier de cocher sur son application cette dérogation, et je rappelle que sur la longue distance, le billet de train frais fois, aujourd'hui par exemple, si on dépasse le couvre-feu, si on peut prouver qu'on a pris le train, il y a la case transit ferroviaire qui permet de se déplacer.

2:29
Présentateur

Mais juste, vous nous dites, pas d'adaptation de l'offre ferroviaire à Nice ou Dunkerque, malgré le confinement ce week-end ?

2:35
Jean-Pierre Farandou

Non, pour le moment non, c'est aux gens de respecter le couvre-feu, nous on laisse des trains, je vous le redis, sur les trains régionaux, on travaille avec la région Hauts-de-France pour Dunkerque, ou région sud, Provence-Alcôte d'Azur pour Nice, et sur la longue distance, c'est sûr qu'on peut adapter légèrement à la baisse, parce qu'on peut penser que la demande va baisser, on l'observe via les réservations de TGV, on voit comment la demande évolue, et on peut donc adapter les trains en fonction de la demande qui s'exprime.

3:00
Locuteur 8

Jean-Pierre Farandou, le président Emmanuel Macron, en visioconférence, réunion des 27, a émis l'hypothèse d'un pass sanitaire au niveau national, qui ne sera pas un passeport vaccinal, en vue de la réouverture des lieux culturels et des restaurants.

3:15
Locuteur 3

Nous allons mettre en place une organisation à travers ce que j'appellerais un pass sanitaire, c'est-à-dire on va demander à ce que d'abord les gens s'enregistrent, pour faciliter, vous savez, le système d'alerte. Sans doute, on pourra intégrer des éléments de tests négatifs récents, on pourra regarder aussi si vous avez été vacciné.

3:33
Locuteur 8

Le pass, est-ce qu'il pourrait s'appliquer au train ? Tiens, on monte dans le train, j'ai un pass dans la poche.

3:39
Jean-Pierre Farandou

Là encore, on fera vraiment ce que les...

3:41
Locuteur 8

Vous avez une idée quand même, vous avez un avis là-dessus ? Vous êtes favorable ou pas ?

3:44
Jean-Pierre Farandou

Ah non, là-dessus, on est agnostique. Vous savez, à la SNCF, on est entreprise publique, on est là pour appliquer les consignes sanitaires.

3:50
Locuteur 8

Un grand patron comme vous, avec le transporteur numéro 1 des Français, la vie quotidienne n'a pas d'avis sur l'idée d'un pass ou pas d'un pass pour simplifier la vie dans les trains.

3:58
Jean-Pierre Farandou

Non, je vous dis, il faut être cohérent. Chacun est à sa place. Nous, ce qu'on nous demande, c'est de faire tourner la SNCF pendant cette période de crise. On le fait plutôt pas mal. Je crois que l'année dernière, on a été exemplaire. On a été au rendez-vous du confinement. On a été au rendez-vous des grands départs en vacances des Français pour l'été. On l'a fait. 85% de la fréquentation est revenue. Ça a été la même chose pour les départs de vacances de Noël. 70% de la fréquentation. Voilà, donc là-dessus, j'allais dire, nous appliquons les consignes avec beaucoup de rigueur. Et c'est très important. On parle de sanitaire, on parle de la santé des Français.

Et nous respectons strictement les orientations données par le gouvernement.

4:29
Présentateur

Mais est-ce qu'on peut l'imaginer, ce parce qu'on bip son téléphone, comme on le fait déjà d'ailleurs maintenant pour ouvrir les portiques, ne serait-ce que pour dire qu'on a bien une place à bord d'un TGV par exemple, est-ce qu'on peut imaginer qu'on doive bipper pour dire j'ai un test PCR négatif qui date de moins de 3 jours par exemple ?

4:46
Jean-Pierre Farandou

Nous, on sera capable de mettre en place des moyens modernes. C'est clair que maintenant, l'accès au train, notamment les TGV, passe souvent par des portiques. On pourra effectivement mettre en place des systèmes très pratiques où avec son application par exemple, on pourra montrer qu'on a le fameux pass ou la fameuse autorisation. Voilà, ça on peut penser à une modernité dans la déclinaison, mais la règle elle-même, la SNCF n'intervient pas dans les règles elles-mêmes.

5:06
Locuteur 8

Ça serait quand même utile pour remplir, pardonnez-moi, ces wagons, ces trains, dans une période difficile pour vous. 3 milliards d'euros de pertes en 2020, vous l'avez dit en conférence de presse. Dans quel état, Jean-Pierre Farandou et la SNCF aujourd'hui, est-ce qu'elle vous fait très mal ? Est-ce qu'elle vous empêche d'atteindre vos objectifs ?

5:23
Jean-Pierre Farandou

La crise nous a touchés bien sûr. Je le rappelais, le premier semestre 2020 a été violent. Je le disais, seulement 7% des trains qui circulent, 1% de la fréquentation, les trains de la vie quotidienne, on était à 30% d'offres à peu près. Donc on voit bien que la crise nous a touchés. On l'a vu d'ailleurs dans les résultats du premier semestre de l'année dernière, où nous avions perdu 2,5 milliards d'euros de pertes. Alors on a réagi...

5:43
Présentateur

Sur les 3 milliards, il y a 2,5 milliards de pertes en fait qui datent du premier trimestre. Exactement. Et seulement 500 millions d'euros seulement, entre guillemets, sur le reste de l'année.

5:51
Jean-Pierre Farandou

Voilà, quand on a vu d'ailleurs l'ampleur de la crise, on l'a mesuré très vite, on a réagi bien sûr, on a réagi sur le plan économique en mettant en place un plan d'une grande ampleur. On n'a jamais fait autant d'efforts sur une année donnée, puisqu'on a réussi à récupérer 2,5 milliards de cash, ce qui fait qu'on a presque divisé par deux l'impact du Covid. L'impact du Covid, c'est en gros 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires de perdus, beaucoup sur le TGV. On a récupéré 2,5 milliards d'euros d'économies, ce qui fait qu'au total, on arrive à ces 3 milliards d'euros de pertes.

6:16
Locuteur 8

On va relativiser les pertes, quoi.

6:18
Jean-Pierre Farandou

Voilà, c'est beaucoup. 500 millions d'euros de perdus au second semestre, c'est encore beaucoup d'argent. Mais on voit bien que c'est 5 fois moins qu'au cours du premier semestre. On peut voir là la résilience de la SNCF, sa capacité de réaction. On a aussi été tiré par des filiales du groupe, je pense à Geodis en particulier, notre grande filiale logistique, grâce à qui d'ailleurs on a eu des masques.

6:35
Présentateur

Qui n'est pas vraiment du train, c'est plutôt des camions de livraison, Geodis.

6:38
Jean-Pierre Farandou

Geodis utilise tous les modes de transport quand vous allez en Chine.

6:41
Présentateur

Mais pas que le train.

6:42
Jean-Pierre Farandou

Non, pas que le train, non, non, pas que quand vous voulez chercher...

6:44
Présentateur

C'est un peu le paradoxe. C'est ce qui marche le mieux au sein de la SNCF, et ce n'est pas forcément du train.

6:47
Jean-Pierre Farandou

Ça marche le mieux parce que ça va chercher les marchandises très loin, notamment en Asie. C'est Geodis qui est allé chercher un milliard de masques, alors en avion ou en bateau, bien sûr dans les containers pour les ramener à Marseille par exemple. Donc c'est Geodis qui tire partie de la reprise économique d'autres zones du monde. Et la logistique est le dernier kilomètre aussi aux Etats-Unis en particulier. Et grâce à Geodis qui termine l'année à plus 4,5%, au grand total nous n'aurons perdu que 14% de chiffre d'affaires pour l'ensemble du groupe. Donc il y a un choc, bien sûr, on est impacté, mais on est prêt au rebond aussi.

Tout de suite on se projette sur l'après-crise pour être complètement prêt à reprendre la reprise de la mobilité lorsque la crise sanitaire sera terminée.

7:23
Présentateur

On va continuer avec vous d'analyser la situation actuelle de la SNCF et de se projeter, comme vous venez de le dire, Jean-Pierre Farandou, juste après un coup d'œil sur le Fil Info à 9h moins 20 avec Pauline Renoir.

7:33
Locuteur 1

Le virus ne sera pas terrassé en trois semaines. La réponse de Gabriel Attal à la proposition de la mairie de confiner Paris et sa région. Le porte-parole du gouvernement dit que l'idée va être étudiée. Premier week-end à la maison pour les habitants de Nice et de Dunkerque. Littoral azuréen et l'agglomération du Nord sont confinés dès ce soir 18h et jusqu'à lundi matin. La même menace plane sur les Hauts-de-France. La région parisienne l'est des endroits où le virus gagne du terrain. L'espoir de mettre fin à la crise avec les vaccins. Les plus de 65 ans vont recevoir une première injection à partir d'avril.

Et selon le gouvernement, les plus de 50 ans auront une proposition de rendez-vous avant la fin du mois de mai. Trois individus auditionnés ce matin après des violences contre un commissariat à Sarcelles. Ils sont une trentaine à avoir jeté des projectiles et tiré des mortiers de feu d'artifice sur le bâtiment. Il n'y a pas de blessés. Un immense barbecue clandestin à Melun. 150 participants hier après-midi. Les forces de l'ordre ont eu du mal à disperser les invités. Quatre jeunes sont en garde à vue. Un policier est blessé. France Info.

8:40
Locuteur 6

Le 8.30 France Info. Laurent Sénéchal. Jean-François Guilly.

8:45
Locuteur 8

Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF. Vous évoquiez ces pertes que vous relativisez. Bon, ce n'est pas votre faute, c'est la faute à la crise sanitaire. Mais tout de même, la SNCF alourdit de nouveau sa dette. L'État vous a soulagé de 25 milliards au miracle au début de l'année sur les 38. De nouveau, de la dette qui s'ajoute. Qui va payer cette dette une fois de plus ?

9:07
Jean-Pierre Farandou

Sur la dette de la SNCF, elle est liée à des investissements. Vous parliez de la reprise des 25 milliards d'euros de dette. C'était lié à la construction des lignes à grande vitesse, où la SNCF avait investi pour le compte de la nation. À un moment donné, ses investissements étaient trop lourds. Et l'État, en 2018, a pris la décision, effectivement, de reprendre 25 milliards d'euros de la dette de la SNCF réseau.

9:27
Présentateur

Elle est de combien aujourd'hui, la dette, Jean-Pierre Farrandou ? 38 milliards d'euros ?

9:33
Jean-Pierre Farandou

La dette est d'environ 38 milliards d'euros. Donc ça reste immense. Oui, alors cette dette, elle provient de cette dette historique, de cette fameuse dette accumulée pour financer la construction du réseau ferroviaire français, notamment des lignes à grande vitesse. Exactement, ça vient de là. D'autres pays avaient fait le choix, d'ailleurs, de la reprendre. Je pense à l'Allemagne, qui a fait ce choix-là beaucoup plus tôt que nous. Et là, tout récemment, effectivement, l'État a aidé la SNCF à travers le plan de relance, qui nous a permis d'avoir 4,7 milliards d'euros. Pourquoi faire ? C'est ça, la bonne question.

C'est pas, d'ailleurs, pour désendetter la SNCF, ça va nous permettre de poursuivre la régénération du réseau ferroviaire français. C'est très important.

10:07
Locuteur 8

Vous voyez quoi ? Ce n'est pas assez ?

10:09
Jean-Pierre Farandou

Non, c'est ça. Peut mieux faire ? Non, non, ça nous va très bien.

10:12
Locuteur 8

Vous êtes actionnaire, ne vous donne pas assez ? Ou ça vous va ?

10:13
Jean-Pierre Farandou

Non, pas du tout. Ça nous va très bien, bien sûr. C'est un gros effort, on est parfaitement conscient. Ça nous permet de poursuivre cet effort de renouvellement du réseau, de remplacer les rails, de remplacer le balas, de remplacer les caténaires.

10:24
Locuteur 8

Est-ce que vous êtes d'accord, Jean-Pierre Farandou ? Au bout de la chaîne, il y a l'usager du train, vous dites, vous, le client, enfin le voyageur, et il y a aussi le contribuable, tout de même.

10:32
Jean-Pierre Farandou

Oui, mais pour les clients que vous évoquez, si les clients veulent prendre le train dans des bonnes conditions, avec des conditions de fiabilité, qu'il n'y ait pas de retard, etc., il faut que le réseau ferroviaire soit de bonne qualité. Donc, il était très important que l'État nous aide à continuer. Si l'État, à travers le plan de relance, ne nous avait pas aidés, on aurait été obligés de réduire les travaux, et à nouveau, on risquait de repartir vers une spirale négative. Je rappelle qu'en France, l'âge moyen du réseau ferroviaire français est de 37 ans, quand on le compare à l'âge moyen du réseau allemand, qui est de 17 ans.

Voilà, on a un réseau ancien, on a un réseau un peu vieux, il faut absolument qu'on le rajeunisse par la poursuite de ces travaux dans la durée.

11:03
Présentateur

Jean-Pierre Farandou va continuer de parler de cette dette, de la question que posait Jean-François Kili, qui va payer au final, et de la question des prix également, mais juste pour être bien clair sur la situation actuelle, combien de trains roulent actuellement ? Est-ce que le trafic est à 100% malgré la crise sanitaire qui continue de durer ?

11:23
Jean-Pierre Farandou

Alors aujourd'hui, les TGV, c'est à peu près 3 sur 4. On a 3 TGV sur 4 qui circulent, alors que la demande n'est que de 50%. Donc le trafic a baissé de 50%, l'offre a baissé de 25%. On a moins baissé l'offre que le trafic. Sur les trains de la vie quotidienne, on est à quasi normal, à peu près 90%. Il y a quelques régions qui ont procédé à des ajustements. Il peut y avoir quelques ajustements à cause du couvre-feu, mais on est à un trafic quasi normal pour les trains de la vie quotidienne, les TER et les Transiliens en Ile-de-France.

11:49
Présentateur

Avec un taux de remplissage qui est satisfaisant donc ?

11:52
Jean-Pierre Farandou

Un taux de remplissage qui est correct, autour de 50%. Le taux de remplissage est un peu moins de 60%, puisqu'on a baissé l'offre un petit peu. Donc on arrive à un taux d'occupation qui n'est pas suffisant encore pour être complètement à l'équilibre, puisque l'équilibre économique est plutôt autour de 60% ou 65%.

12:09
Locuteur 8

Le retour à la vie normale, c'est-à-dire l'équilibre, comme vous le dites, le remplissage des trains. Bon, vous êtes tributaire comme tout le monde dans la crise sanitaire. C'est pour quand ?

12:17
Jean-Pierre Farandou

C'est ça, c'est exactement ça. C'est la crise sanitaire. Nous, tant que la crise sanitaire est là, on voit bien, elle freine la mobilité, c'est compliqué de bien remplir nos trains. Ce qu'il faut souhaiter, on dit à l'automne, l'automne 2021, quand la vaccination des Français aura fait son effet, on peut espérer un plein retour à la normale. Je peux vous dire qu'on y est prêt, on s'y prépare, on a envie de rebondir, on a envie de reconquérir tous nos clients le plus vite possible. On en a besoin aussi, puisque le TGV, c'est vrai, c'est un grand moteur économique de la SNCF, on a absolument besoin que le TGV se porte bien.

12:46
Présentateur

Un taux de remplissage de deux tiers, j'imagine que ce n'est pas la même chose quand c'est les heures de pointe ou pas, donc parfois les trains sont quand même bondés. Est-ce qu'on risque de se contaminer aujourd'hui à bord des trains, sachant que le masque est obligatoire, sauf quand on mange ?

12:59
Jean-Pierre Farandou

Non, il n'y a pas de risque à bord des trains, ça a été démontré par des études sérieuses scientifiques, il n'y a aucun cluster qui s'est établi... Même quand le train est bondé ? Non, alors pourquoi ? Vous l'avez dit, d'abord il y a le port du masque qui est vraiment bien respecté, à 90-95% de respect, dans les gares, dès l'entrée dans la gare, il faut mettre son masque dès qu'on rentre dans la gare. Si d'ailleurs on se rendait compte qu'un passager n'avait pas son masque, nos personnels vont vers ce passager pour lui demander de mettre le masque, et vraiment dans la plupart des cas c'est fait, c'est vraiment fait.

Deuxièmement, c'est la désinfection totale avec des produits virucides très puissants. Tous les jours, nous désinfectons à fond toutes les rames avec des produits dont l'effet dure plusieurs jours, vous voyez, donc tous les jours, plusieurs jours, dont c'est tout à fait sain, plus des reprises de nettoyage en cours de journée.

Et enfin, vous avez la ventilation, vous savez que le conseil général c'est d'ouvrir ses fenêtres, nous c'est comme si on ouvrait les fenêtres des trains toutes les 3 minutes ou toutes les 6 minutes selon les trains, quand vous combinez l'ensemble de ces facteurs, prendre le train c'est tout à fait sûr, on peut prendre le train en confiance, il n'y a pas de problème sanitaire quand on prend le train.

13:54
Présentateur

Je vous posais la question parce qu'il y a une forme d'inquiétude de la part des voyageurs et une forme de jalousie presque de la part de certains secteurs de l'économie qui eux n'ont pas pu rouvrir, ne peuvent pas fonctionner normalement. Par exemple la culture, écoutez ce que disait Julien Doré, le chanteur invité de France Info il y a quelques mois.

14:11
Locuteur 5

Il y a des endroits comme le TGV que je prends toutes les semaines pour venir à Paris parler de ma musique où je me dis que si au fond je me trouvais dans ce même wagon avec une guitare, j'aurais peut-être la possibilité de créer un sourire, une émotion aux voyageurs nombreux qui sont dans ce wagon-là. Je comprends que ce soit extrêmement bordélique et complexe à gérer, mais je suis forcément étonné que ce soit une nouvelle fois la culture qui subisse beaucoup de choses.

14:41
Présentateur

Jean-Pierre Farandou, on peut être nombreux dans un train presque entassé et même presque assisté à un concert, mais on ne peut pas aller dans les salles de concert. C'est le paradoxe que relève Julien Doré.

14:51
Jean-Pierre Farandou

Je le redis, les consignes sanitaires, c'est le gouvernement qui les décide, ce n'est pas la SNCF. Vous savez, le gouvernement, je pense qu'il gère beaucoup de sérieux la santé des Français. Donc s'il permet l'accès au train avec des conditions très précises qu'il faut absolument respecter, c'est que ça attire. Après, je suis ravi que Julien Doré prenne le TGV et comme lui, je regrette un peu, moi aussi, la culture me manque. J'aimerais bien aller au spectacle, j'aimerais bien aller au cinéma.

15:13
Présentateur

Mais vous ne conseillez pas non plus à Julien Doré de sortir sa guitare au milieu du train ?

15:16
Jean-Pierre Farandou

Non, non, pas quand même. Non, non, non, il serait embêté. J'apprécie beaucoup le talent de Julien Doré, mais il serait embêté par le contrôleur, ce n'est pas possible. Non, non, il ne faut pas le faire.

15:24
Locuteur 8

Jean-Pierre Farandou, puisqu'il était question du TGV, c'est le fleuron de la SNCF. Le TGV déguste aujourd'hui, pardonnez-moi l'expression, avec cette crise sanitaire. A combien les pertes ? A qui la faute ?

15:37
Jean-Pierre Farandou

Alors, la SNCF, c'est le TGV, mais ce n'est pas que le TGV, je le redis, et heureusement.

15:40
Locuteur 8

Oui, mais c'est le fleuron qui était quand même un peu la cache-machine de la SNCF.

15:44
Jean-Pierre Farandou

Oui, oui, alors le TGV, c'est 40 ans de croissance, le TGV. Il a démarré, on va fêter le 40e anniversaire d'ailleurs. Je crois même qu'aujourd'hui, on va même fêter le record du monde de 1981. Donc, c'est 40 ans de croissance continue, avec même parfois des coups d'accélération. Mais qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Il se passe qu'à cause des mesures sanitaires, la mobilité est réduite, la longue distance est réduite. Je vous dis, vous avez 50% du trafic. C'est particulièrement marqué sur la clientèle professionnelle, qui a vraiment réduit drastiquement... À cause du télétravail ?

Le télétravail, la crise sanitaire, les systèmes de téléréunion, les différentes applications par lesquelles on peut se voir à distance, ont comprimé drastiquement tous les déplacements d'affaires. La clientèle privée de loisirs, ça va mieux. Les week-ends, les TGV sont pleins. Dès que les mesures sanitaires se relâchent un petit peu, les gens reviennent massivement dans les trains. On l'a vu l'été, on l'a vu l'hiver. À combien les pertes, Jean-Pierre Farandou ? Les pertes de chiffre d'affaires sur le TGV, c'est environ 5 milliards d'euros de perdus en 2020. C'est considérable. Oui, c'est considérable.

16:40
Présentateur

De chiffre d'affaires. Ce n'est pas la même chose que les 3 milliards de pertes dont on parlait tout à l'heure pour l'ensemble du groupe. Jean-Pierre Farandou, le TGV est-il encore la locomotive de la SNCF ? On vous pose la question dans un tout petit instant, juste après un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec Pauline Renoir.

16:55
Locuteur 1

Trois semaines ne vont pas suffire à terrasser le Covid. La réaction du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'idée de confiner la région parisienne. Le député Les Insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, accuse sur France Info un coup de communication politique de la mairie. Rien n'est encore décidé. 20 départements en sursis. Il y aura des restrictions si la situation ne s'améliore pas. Ça concerne les Hauts-de-France. La région parisienne, l'Est, la Drôme, le Rhône. Le gouvernement se laisse jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Une date importante pour les plus de 65 ans. La vaccination leur sera ouverte en avril.

Dans les EHPAD, c'est désormais 80% des seniors qui sont vaccinés. Un pass sanitaire pour aller au musée, au restaurant. Emmanuel Macron va en discuter avec son gouvernement. Le troisième affrontement en moins d'une semaine en Essonne. Une vingtaine de jeunes se sont battus hier à Évry. L'un d'entre eux est blessé. Trois sont en garde à vue. Je suis innocent et je n'ai rien à craindre. Gérard Depardieu n'y avoir violé une jeune comédienne. Il a été mis en examen en décembre dernier pour des faits qui remontraient à l'été 2018.

18:01
Présentateur

France Info.

18:03
Locuteur 6

Le 8.30 France Info. Laurent Sénéchal. Jean-François Guilly.

18:08
Présentateur

Avec ce matin, Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, on parlait du TGV qui a été longtemps la locomotive, le moteur de l'entreprise. Aujourd'hui, c'est plus un boulet. Est-ce que c'est d'abord durable et surtout, comment vous vous adaptez à cette situation ?

18:22
Jean-Pierre Farandou

Je pense qu'on travaille déjà à la relance du TGV. Il est évident qu'il faut que le TGV reparte vite et fort à la fin de la crise sanitaire. Il y a deux leviers qu'on a utilisés. D'abord, on va utiliser le levier tarifaire. Moi, quand je suis arrivé à la SNCF il y a un an et demi, j'ai entendu les clients, les usagers, les associations dire le TGV c'est cher. Alors, ils ont raison, pas complètement. On a quand même vendu 8 millions de billets Ouigo en 2020 à moins de 25 euros. Donc, c'est quand même beaucoup de petits prix. Mais ça, vous le payez aujourd'hui, finalement. La politique des petits prix,

18:54
Locuteur 8

elle pèse aujourd'hui.

18:55
Jean-Pierre Farandou

Non, non, on n'a pas de regret. Franchement, on va poursuivre cette politique de TGV accessible. Il faut que le TGV soit accessible à tous. Il faut que tout le monde puisse prendre le train. Les Ouigo, pas cher, ça reste. Oui, bien sûr, ça va rester. Et même sur la gamme des TGV inouïes, puisqu'on va garder le service inouïe, on va venir avec des adaptations, je pense profondes de la gamme tarifaire, pour que tout le monde puisse accéder au train, qui n'a pas de problème de pouvoir d'achat. Il faut que tout le monde puisse accéder au train avec une tarification. Qu'est-ce que ça veut dire ? Une adaptation de la tarifaire ? C'est plus simple. Il faut quelque chose de plus simple.

Aujourd'hui, c'est un peu le maquis tarifaire. Les gens s'y perdent dans les tarifs.

19:24
Locuteur 8

Vous reconnaissez que c'est le maquis. Chaque fois qu'on vous posez la question, c'est non,

19:37
Jean-Pierre Farandou

il faut par exemple que les gens qui ne peuvent pas s'organiser à l'avance, il y a des gens qui ne peuvent pas réserver trois mois avant, puissent trouver des prix accessibles même quelques jours avant le départ du train. Et puis, plus logique quelque part, il y a aussi, ça va un peu avec la compréhension, il faut que les gens soient transparents, qu'ils comprennent le prix maximum, le prix minimum, quelles réductions ils ont, qu'on ait quelque chose de plus clair avec nos clients. On y travaille. Donc, il y aura des gammes, 20 euros, 40 euros, 60 euros maximum, il y aura un prix maximum ? On y travaille. Je ne peux pas encore vous dire ce qui se passera.

Par contre, les premiers éléments, moi, je s'attirais qu'ils soient là proposés à nos clients dès les vacances d'été pour accompagner les vacances d'été dans la mesure où le sanitaire irait mieux. Il faut qu'on soit très dynamique, plein d'allant pour l'été. Le deuxième élément, c'est l'écologie. Moi, je pense que de plus en plus des Français sont aussi des consommateurs citoyens et vont faire le choix du train. Quand vous pensez que le train, un voyage en TGV, c'est 50 fois moins de CO2 qu'un voyage en voiture, 80 fois moins qu'un voyage en avion. Franchement, si vous êtes sensible et que vous voulez sauver la planète et préserver le climat, il faut prendre le train.

20:34
Présentateur

Il y a encore beaucoup de TER diesel quand même.

20:36
Jean-Pierre Farandou

Oui, on en travaille.

20:36
Présentateur

Et qui circulent parfois à vide.

20:38
Jean-Pierre Farandou

On va les décarboner, on va décarboner les diesels. D'ailleurs, dès cette année, nous lançons des TER hybrides, des TER à batterie. Nous travaillons sur les solutions hydrogènes. Vous savez que l'objectif, c'est qu'en 2050, il n'y ait plus un diesel à la SNCF. Voilà, on va décarboner totalement à la SNCF en mettant bien sûr l'accent d'abord sur la motorisation des terres régionaux.

20:54
Locuteur 8

Vous dites écologie, vous êtes plus camion, Géodice, les vôtres, sur les autoroutes ou fret sur les wagons ?

21:01
Jean-Pierre Farandou

Non, on est les deux. Il y a une contradiction quand même. Non, non, parce que tout ça est complémentaire. Puis vous savez, notre part de marché dans le fret ferroviaire, c'est 9%. Le reste, c'est la route quasiment. Il y a un peu de la voie d'eau, etc. Donc, il y a de la place.

21:13
Locuteur 8

Vous dites qu'on voulait doubler en 10 ans. C'est ce que vous argumentez à chaque fois. Oui, on veut doubler en 10 ans. Pourquoi il faut autant de temps pour passer de 10 à 20% ?

21:20
Jean-Pierre Farandou

Il faut du temps parce qu'il faut construire des voies nouvelles. Si on veut doubler, le réseau actuel n'est pas capable d'absorber 2 fois plus de trains. C'est ça le problème. Donc, il faut construire des voies nouvelles, notamment les grands contrôlements sur les métropoles françaises, dans le nord, autour de l'île, autour de la région parisienne, autour de Lyon. L'Union européenne nous incite d'ailleurs. Vous savez qu'il y a le Green Deal. L'Union européenne est prête à financer les infrastructures. Nous pensons qu'il y a un gros effort à faire pour effectivement permettre de doubler le trafic de fret ferroviaire dans notre pays dans les 10 ans qui viennent.

21:44
Présentateur

Le problème, c'est que le train de fret n'est pas prioritaire. On doit attendre parfois que les TGV ou même les TER passent avant et c'est ce qui ralentit le fret. Ce n'est pas forcément très fiable.

21:54
Jean-Pierre Farandou

Les trains de fret roulent la nuit. La nuit, il y a beaucoup de travaux. Donc, souvent, c'est ça le sujet. C'est qu'ils doivent attendre que les travaux se terminaient pour passer. Il faut absolument, effectivement, qu'on puisse accélérer un train de fret. Un train de fret, sa vitesse commerciale, c'est 100 km heure. Ce qui n'est pas mal. Le problème, c'est que s'il est garé tous les 200, les 300 km, sa vitesse réelle tombe à 50 km heure. Donc, il faut absolument qu'on ait de bons sillons. On appelle ça des sillons. C'est des horaires de passage sur le réseau de qualité pour que les trains de fret puissent ailler vite et que leur transport soit fiable. Alors, il roule la nuit

22:20
Présentateur

le train de fret. Il y aura donc la concurrence bientôt du retour des trains de nuit cette fois-ci pour les voyageurs avec ce Paris-Nice qui va partir le 16 avril, il me semble. Quelles vont être les prochaines lignes ouvertes très rapidement par la SNCF ?

22:36
Jean-Pierre Farandou

Ce train de nuit Paris-Nice, je crois qu'il illustre complètement la politique que j'indiquais. C'est accessible en matière de prix puisqu'on démarre... On peut acheter son billet aujourd'hui. On peut acheter son billet aujourd'hui, exactement. Ça roule à partir du 16 avril. Le premier prix, c'est 19 euros. C'est du siège inclinable. C'est équivalent à du car.

22:50
Présentateur

C'est les mêmes trains qu'avant, ceux qu'on avait arrêtés en 2017.

22:53
Jean-Pierre Farandou

Oui, modernisés. Toutes les voitures ont été refaites. C'est comme si elles étaient neuves. Alors, il y a l'architecture de la voiture d'avant. Vous savez,

22:58
Locuteur 8

nous avons tous des souvenirs olfactifs des trains de nuit. Ça a changé, ça ou pas ?

23:01
Jean-Pierre Farandou

On a surtout des bons souvenirs par la destination. Moi, d'aller à Nice, d'aller à Perpignan. Moi, j'allais dans les Pyrénées. On va relancer un Paris-Tarbe. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau ? Qu'est-ce que vous avez changé ? Ce qu'il y a de nouveau, c'est que les jeunes ont envie de reprendre le train. Ça vient de là. C'est la demande qui est là. Pendant longtemps, les gens se sont détournés du train de nuit. C'est pour ça qu'il y en avait moins. Je l'ai redit. Nous, on s'adapte à la demande. Vous avez notamment chez les jeunes un désir de ne plus prendre l'avion pour la longue distance. Et donc, on a essayé le car. Ça marche en partie. Je pense que le train a toute sa place.

C'est vraiment une très bonne idée de faire une longue distance pendant qu'on dort pour arriver le matin à sa destination. Ça reste une très bonne idée. On va la relancer en France avec le Paris-Nice au 16 avril. On aura à la fin de l'année un Paris-Toulouse-Tarbe vers les Pyrénées. On discute avec nos collègues européens, nos collègues allemands, autrichiens et suisses pour relancer les trains de nuit au niveau européen. Moi, je crois au futur des trains de nuit.

23:48
Présentateur

Paris-Berlin, Paris-Rome ?

23:49
Jean-Pierre Farandou

On va... Alors, pour le moment, on est avec l'Europe centrale, on va dire. Donc, les projets concrets passent à travers un accord que nous avons passé plutôt sur l'Autriche, sur l'Allemagne, sur la Suisse. On est plutôt là-dessus. Mais c'est sûr que les destinations du Sud seront aussi pertinentes certainement dans les années qui viennent.

24:04
Présentateur

Rapidement, Jean-Pierre Farando, vous disiez donc des nouveaux sièges, en tout cas un nouvel habillage intérieur. Est-ce qu'il y aura des wagons réservés aux femmes ?

24:10
Jean-Pierre Farandou

Oui, bien sûr. Bien sûr, il y aura des wagons réservés aux femmes. On sait que c'est important pour la sécurité. Mais en général, on fait très attention à la sécurité de nos passagers, aux sûretés, à la sûreté aussi des passagers. On sait que c'est important pour les femmes d'être parfaitement tranquilles à bord des trains. Donc, oui, il y aura des compartiments à réserver aux femmes pour qu'elles soient parfaitement tranquilles. Dès le 16 avril, dans ce Paris-Niveau. Dès le 16 avril, voilà. Donc, on repart avec une offre effectivement revue, revisité, des matériels neufs ou rénovés, plus rénovés que neufs pour être honnête. Et je suis convaincu pour la place assise qui peut s'incliner.

29 euros pour la couchette seconde classe, 39 euros pour la première. C'est une illustration concrète de l'esprit tarifaire que je souhaite souffler sur la SNCF pour reconquérir beaucoup de clients dès que la crise sanitaire sera terminée.

24:55
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, d'avoir accepté ce matin l'invitation de France Info. Bonne journée à vous.