Arlette Chabot sur les voeux d'Emmanuel Macron : "Il n'est pas très optimiste"
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Mes meilleurs vœux ?
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Quel sentiment a dominé hier à l'écoute des vœux d'Emmanuel Macron ?
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Est-ce que vous attendiez à une allocution d'une telle nature ?
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Il a évoqué hier pour une fois les efforts de l'Europe de la défense, qu'il avait été les premiers à dessiner.
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Est-ce qu'après cette allocution, vous pensez que le président de la République a compris qu'il fallait se mettre en retrait ?
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Est-ce que quoi qu'il fasse, malheureusement aujourd'hui, le président de la République, il n'est pas bloqué ?
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« on avait l'impression, on a fini par se demander si on était le 31 décembre 2026 ou si on était effectivement le 31 décembre 2027, 25 »
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« C'est une Europe qui est en sérieuse difficulté aujourd'hui. »
- 2:36Invité politiqueFait
« il croit en l'Europe, c'est vraiment ce qui restera la marque de ce président »
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« il a été, j'allais dire, assez soft »
- 3:42Invité politiqueFait
« un service militaire, même s'il est volontaire »
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« le président qui n'a pas envie de décrocher »
- 5:41Invité politiqueFait
« chaque jour qui passe, c'est un jour qui lui signifie qu'il aura de moins en moins de pouvoir »
- 6:05Invité politiqueFait
« 10 ans, ça suffit »
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« La première à laquelle je ne participerai pas depuis 10 ans. »
- 7:06Locuteur non identifiéFait
« Pour autant, je serai jusqu'à la dernière seconde au travail »
- 11:01Locuteur non identifiéFait
« Fort de ses institutions, de ses services publics, fort de ses armées qui sont les plus efficaces d'Europe »
- 11:10Locuteur non identifiéChiffre
« où jamais autant de Français n'ont eu un emploi, où la croissance se tient et où notre inflation est l'une des plus faibles de la zone euro »
- 15:52Invité politiqueFait
« la funesse, pour reprendre l'adjectif qu'il aime beaucoup, décision de dissoudre l'Assemblée »
- 16:11Invité politiqueFait
« il disait il y a justement un an que la décision n'avait pas été comprise, qu'elle n'avait pas clarifié comme il l'imaginait »
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Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Maxime Liedot. Il est 8h13 sur Sud Radio et mon interview politique ou mon regard politique ce matin est Arlette Chabot. Bonjour Arlette. Bonjour. Mes meilleurs vœux ?
Meilleurs vœux à vous et meilleurs vœux bien sûr à tous les auditeurs de Sud Radio.
Que cette année soit peut-être un peu plus passionnante et un peu plus revigorante d'un point de vue politique cette année que celle précédente.
Vous avez déjà un mauvais esprit le 1er janvier à à peine 8h13.
C'est presque 8h14, il n'y a pas de limite ici si vous commencez à me connaître. Vous qui avez l'expérience des vœux présidentiels, ma chère Arlette, avant que nous entrions dans le détail des éléments du président, quel sentiment a dominé hier à l'écoute des vœux d'Emmanuel Macron ?
C'était très étrange parce qu'au fond on avait l'impression, on a fini par se demander si on était le 31 décembre 2026 ou si on était effectivement le 31 décembre 2027, 25 parce que le président de la République évoquant la prochaine élection présidentielle, on pouvait trouver que c'était un peu tôt de nous dire, même si effectivement ce sera pour lui une grande difficulté de vivre cette période de campagne qui est déjà ouverte. C'est un peu étrange dans le temps, il fallait bien regarder, non pas l'heure, mais effectivement le calendrier pour se dire nous sommes en 2025, 31 décembre.
Je n'ai pas été dans un coma brutal durant plusieurs mois. Est-ce que vous attendiez à une allocution d'une telle nature en discutant dans les différentes rédactions que vous fréquentez avec vos contacts autour du président ? On pensait à une allocution anti, je cite, « French bashing », on a évoqué une grande allocution dédiée à l'international et on a eu ces 10 minutes.
Oui, on pouvait imaginer que le président auquel on a demandé de s'effacer de la scène nationale allait se concentrer sur l'international et finalement il n'est pas allé sur ce terrain aussi loin qu'on pouvait l'imaginer, sauf à nous dire que c'était le retour des empires et ça, ce n'est pas nouveau, ce n'est pas particulier à cette année 2025. Malheureusement, ça a commencé bien avant ce retour des empires, des difficultés de l'Europe, même s'il se montre encore confiant dans l'Europe. C'est une Europe qui est en sérieuse difficulté aujourd'hui.
Il a évoqué hier pour une fois les efforts de l'Europe de la défense, qu'il avait été les premiers à dessiner. Malgré les complications, il se dit confiant comme vous le dites dans ce mécanisme-là.
Oui, et puis c'est vrai, il a raison, il croit en l'Europe, c'est vraiment ce qui restera la marque de ce président, avec une Europe de la défense qui, on ne va pas dire existe, parce que si on regarde du plan industriel, à quel point c'est compliqué, même quand la France et l'Allemagne veulent construire ensemble un nouvel avion, on voit bien que les querelles, les rivalités industrielles.
Entre chefs d'industrie, entre diplomates.
Voilà, mais surtout les industriels, parce qu'il y a des intérêts, c'est ce qui mine au fond l'Europe, c'est l'incapacité à se mettre d'accord, ou la difficulté extrême à se mettre d'accord sur des projets communs, parce qu'il y a des rivalités, notamment industrielles, je ne parle pas, bien sûr, des compétitions politiques, qui de temps en temps peuvent s'effacer, c'est le cas aujourd'hui entre la France et l'Allemagne. Et puis, il y a peut-être aussi une occasion perdue, je trouve, pour le président de la République. Occasion perdue ? Oui, parce que c'était de redessiner, effectivement, de nous parler de l'enjeu international.
Vous vous souvenez que le 14 juillet, il y a eu des mots très forts sur la menace qui vise la France. Là, il a été, j'allais dire, assez soft. Et quand le président de la République a décidé de recréer un service militaire, même s'il est volontaire, un service militaire, c'était aussi une occasion pour le président de s'adresser aux Français. Bien sûr, il est volontaire, encore une fois, pas obligatoire, mais c'est très important et très symbolique de recréer ce service. Il n'a pas saisi cette occasion et donc, je dirais qu'on lui avait demandé d'être en retrait, mais il l'a très bien entendu, il est vraiment en retrait.
Et je lui dis, je pense qu'il a participé d'une certaine manière à son effacement hier.
Et vous, vous évoquez cette question du recré, c'est en tout cas la question qu'on vous pose sur Sud Radio 0826 300 300. Est-ce qu'après cette allocution, vous pensez que le président de la République a compris qu'il fallait se mettre en retrait ? On en parle avec vous à partir de 9h. Vous parliez de cette allocution du président de la République, Arlette Chabot, en disant qu'il n'a pas su finalement redessiner la France, on va dire peut-être rebondir sur un bilan dont il aurait pu s'emparer avec les quelques chantiers pour les mois à venir. Est-ce que s'il n'avait fait ça, il n'aurait pas été critiqué ?
De toute façon, on lui aurait reproché de voir que ce qui va bien, de surfer sur son bilan. Est-ce que quoi qu'il fasse, malheureusement aujourd'hui, le président de la République, il n'est pas bloqué ?
Non, mais je pense, encore une fois, je pense qu'il a compris, et c'est au fond ce qui se passe depuis que Sébastien Lecornu est à Matignon. Il s'efface, il se met en retrait, mais il en fait trop en quelque sorte.
Même sur le retrait, il en fait trop ?
Le retrait, il en fait trop, la tonalité aussi, même, le ton de la voix était hier. C'était presque une voix blanche entre nous. Beaucoup utilisent aujourd'hui le qualificatif de crépusculaire. C'est vrai que même s'il dit qu'il sera à la tâche jusqu'à la dernière minute, on sent que, bah oui, le président qui n'a pas envie de décrocher, qui parle déjà de l'élection présidentielle de 2027, mais c'est un cauchemar pour un président qui est quand même en fin de mandat.
Vous savez, chaque jour qui passe, c'est un jour qui lui signifie qu'il aura de moins en moins de pouvoir, et que la France s'organise autour d'autres personnalités, d'autres personnages, parce que la compétition est évidemment ouverte, c'est très douloureux. Et la raison pour laquelle il dit qu'il ne sera pas candidat pour la première fois depuis 10 ans, c'est quand même une phrase, bah oui, c'est le jeu, et on sait qu'il avait qualifié de funeste le choix de Nicolas Sarkozy.
De limiter à 2 ans, c'est ça ?
Voilà, 2 ans, et en 10 ans, avec l'argument de Nicolas Sarkozy, qui était de dire, au bout de 10 ans, ça suffit, comme on disait en regardant le général de Gaulle à une certaine époque, 10 ans, ça suffit, bah au bout de 10 ans, il faut, et de toute façon, une alternance, parce qu'un président est fatigué, à moins d'être un dictateur, mais nous sommes dans une démocratie.
C'est ça, encore le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait même utilisé le terme pendant un temps de drogue dure, en disant, il faut savoir se séparer du pouvoir.
Et après, quand ils quittent le pouvoir, ça leur manque, et ça veut dire que, effectivement, l'addiction reste, demeure, après même le départ de l'Elysée.
Et ça prouve que c'est une addiction, parce que même ceux qui en ont conscience, ont du mal, après, en effet, à lâcher un peu le manche. Vous avez évoqué cette partie. Pour ceux qui n'étaient pas forcément à l'écoute religieuse du président de la République, ma chère Rallette, je vous propose qu'on réécoute le président de la République sur, justement, cette échéance à venir lointaine, mais échéance qu'il tenait visiblement à évoquer hier soir.
À la fin de l'année, quand le moment sera venu, s'ouvrira peu à peu la prochaine campagne pour l'élection présidentielle de 2027. La première à laquelle je ne participerai pas depuis 10 ans. Pour autant, je serai jusqu'à la dernière seconde au travail, tâchant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié. Et je ferai tout pour que l'élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l'abri de toute ingérence étrangère.
Ça devait faire, ça doit faire la deuxième, troisième, quatrième fois que vous entendez ce passage à Arlèche Chabot. Mais pour ceux qui nous entendent, deux choses quand même résonnent de manière particulière. La première, celle à laquelle je ne participerai pas depuis 10 ans. Mais pour autant, les adjectifs, pour autant, je resterai à la tâche, au travail, jusqu'à la dernière seconde. Étonnant, cette partie-là.
Oui, mais ça c'est assez logique. Encore une fois, un président en fin de mandat, sachant qu'il ne peut pas être candidat, les prédécesseurs ont vécu, au fond, encore une fois, ce douloureux moment où c'est un goutte-à-goutte, c'est-à-dire que vous perdez le pouvoir. Le supplis chinois. Le supplis chinois avec l'organisation d'une campagne, autour d'où elle est déjà lancée, la campagne. Il l'a très bien compris, Emmanuel Macron, bien entendu, que la campagne est déjà lancée. Ceux qui sont sur la ligne de départ ne font pas particulièrement référence ou fidélité, au contraire, c'est plutôt la rupture. On se souvient de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac.
C'est la rupture qu'il faut acter pour espérer emporter et succéder à celui qui a terminé son mandat. Non, je crois que ce qui est très nouveau, en revanche, c'est l'ingérence, les risques d'ingérence.
Il avait déjà connu dès 2017, rappelons-nous quand même.
Lui-même, il connaît bien ce sujet parce qu'il a été victime de l'ingérence. Et là, pour le coup, c'était clairement la Russie. Et on se souvient même de cette conférence de presse commune avec Vladimir Poutine reçue à Versailles par Emmanuel Macron. Et ce tacle sur les ingérences. Et le tacle sur les ingérences, qui était quand même un moment assez étonnant. Il le sait. Et puis aujourd'hui, on voit bien ce qui se passe dans toute l'Europe avec effectivement des ingérences, notamment russes, sur des élections qui ont perturbé l'organisation des scrutins en Europe. Et puis je dirais qu'aujourd'hui, il y a ingérence.
On regarde du côté de la Russie, mais il y a aussi ingérence, celle qui peut venir des États-Unis, puisque du côté américain, le vice-président...
Disons qu'on n'est plus tellement gêné par rapport à ce genre de choses.
On n'est plus gêné et on dit même qu'on souhaite effectivement, que Washington souhaite l'arrivée au pouvoir de partis très conservateurs et avec un soutien appuyé. On l'a vu dans des scrutins en Allemagne, par exemple, vis-à-vis de l'AFD, qui est un parti qui est plus que d'extrême droite, mais un peu avec une connotation de nostalgie nazie, ce qui quand même pose des problèmes, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc il y a des ingérences des deux côtés, sans doute. Et ce sera un risque, effectivement, pour les scrutins français. Après, on verra déjà s'il y a un début d'ingérence pour les élections municipales.
Parce qu'il ne faut pas oublier qu'il y a un premier test avant l'élection présidentielle, ce sont les municipales de cette année. Vous me direz, ce n'est pas du tout du même niveau ? Bah si, parce que...
Généralement, la vague qui arrive aux municipales se concrétise parfois au niveau national dans les mois à venir.
Oui, et puis il y a aussi, effectivement, des alliances qui se feront ou ne se feront pas. Ça vise aussi bien la gauche que la droite, et qui seront testées à l'occasion des élections municipales, qu'on peut voir comme, encore une fois, peut-être une répétition, ou en tout cas un moment où les partis politiques regarderont les réactions des électeurs, et ça leur donnera une idée pour l'élection présidentielle.
Arlèf Chabot, l'allocution du président de la République hier soir. Lui, qu'on connaissait si optimiste, si positif concernant l'avenir, il a décrit un état du pays auquel, on va dire, il ne nous avait pas forcément habitués. J'aimerais qu'on réécoute les mots choisis du président de la République.
Grâce à l'engagement de tous, grâce à vous, nous tenons. Oui, notre pays tient. Fort de ses institutions, de ses services publics, fort de ses armées qui sont les plus efficaces d'Europe par l'engagement de ses soldats. Fort de notre économie où jamais autant de Français n'ont eu un emploi, où la croissance se tient et où notre inflation est l'une des plus faibles de la zone euro. Fort de notre recherche, de notre excellence académique, de nos initiatives diplomatiques aussi, qu'il s'agisse de celles prises pour la paix, le climat ou nos océans. C'est la méthode Coué ?
Non, ce n'est pas faux. C'est un peu un paradoxe parce qu'on regarde une situation politique compliquée. La France qui cherche désespérément à trouver un budget, à trouver un accord. D'ailleurs, c'est intéressant de voir que là aussi, le président de la République se met en retrait. Il dit bien que le gouvernement et le Parlement auront à bâtir des accords.
C'est indispensable.
C'est indispensable, évidemment, pour le budget. Mais voilà, donc il laisse le Parlement et le gouvernement, méthode Lecornu, totalement validée par cette formule.
Il a remercié hier le Premier ministre, qui est suffisamment rare pour le souligner concernant Emmanuel Macron.
Ça prouve qu'il a totalement confiance en Sébastien Lecornu et qu'il le laisse faire, contrairement aux prédécesseurs qu'il regardait avec un certain regard critique sur les prédécesseurs. Mais il faut dire que Sébastien Lecornu a réussi au moins à faire adopter une partie du budget, celui de la sécurité sociale. Donc le président de la République n'est pas forcément très optimiste, mais c'est vrai qu'il y a un contraste en France. Pas de budget, mais sur la croissance, on fait mieux que l'Allemagne, par exemple, qui risque à nouveau une récession. Et donc on tient plutôt pas trop mal sur la croissance et l'inflation qui est contenue, même si les Français ne le perçoivent pas.
Donc au bout du compte, la situation n'est pas aussi mauvaise que cela, mais pour le chef de l'État, ce n'est pas l'heure du bilan. Le bilan, ce sera encore une fois un peu plus tard, dans un an.
Est-ce que vous pensez, puisque lui-même l'a évoqué, cette année 2027 et cette présidentielle qui s'annonce du côté du pays au drapeau bleu-blanc-rouge, c'est-à-dire chez nous, est-ce que vous pensez qu'à un moment ou un autre, Emmanuel Macron participera à la construction d'un héritier ?
Alors je pense que personne, encore une fois, n'aura envie d'être l'héritier d'Emmanuel Macron.
Est-ce que lui-même essaiera néanmoins de...
Je crois qu'il a compris, l'héritier pouvait être Gabriel Attal, et franchement, ce n'est pas ce que Gabriel Attal souhaite. Et la rupture est... On ne peut plus franche avec Emmanuel Macron, c'est le moins qu'on puisse dire. Du côté d'Edouard Philippe, c'est aussi grave pour Emmanuel Macron, puisque son ancien Premier ministre a souhaité, comme d'autres, plutôt qu'il renonce à terminer son mandat et qu'il organise plutôt une élection présidentielle anticipée. Mais il n'y a jamais, encore une fois, je rappelais tout à l'heure la rupture entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Elle était ancienne, les rapports étaient difficiles, mais elle a été claire et franche.
Non, mais certains pouvaient s'inscrire dans un courant de pensée, sans que ce soit la législature précédente, ils pouvaient s'inscrire dans un courant de pensée de telle et telle grande personne.
Y a-t-il une pensée ? Est-ce que le macronisme existe ? La question est posée. Et vous avez quatre heures, d'ailleurs. Est-ce qu'il y a une pensée d'Emmanuel Macron ? Il y avait des choix politiques, très clairement, sur l'Europe, des choix en faveur de l'entreprise, pro-business, une volonté de réformer la France. En grande partie, tout a été bousculé, ou les promesses pas tenues. Hier, par exemple, le président de la République nous a parfait le coup du référendum, de la consultation des Français sur des sujets essentiels, parce que cette promesse faite il y a un an, il ne l'a pas tenue. Donc, franchement, ce sera la rupture.
Et forcément, contre un président, surtout après dix ans de pouvoir, il faut trouver un successeur. Ceux qui sont dans la compétition n'ont qu'une envie, c'est de rompre et de montrer qu'il y aura effectivement une nouvelle étape qui s'ouvrira.
On parle souvent de la haine dont ce président fait l'objet. Est-ce que là aussi, c'est un manque de recul que nous avons par rapport aux autres présidents, où celui-ci a vraiment, Emmanuel Macron, une capacité à la provoquer, à la cristalliser ?
Alors, après dix ans, encore une fois, et beaucoup de déceptions, je pense que c'est toujours la même détestation. Là, la détestation est quand même aggravée par les choix du président. C'est-à-dire qu'il y a l'usure du pouvoir, il y a les promesses non tenues, il y a les espérances qui paraissent être trahies, il y a les familiers qui s'éloignent, et il y aura attaché à ce président de la République la funesse, pour reprendre l'adjectif qu'il aime beaucoup, décision de dissoudre l'Assemblée. C'est-à-dire quand un président décide lui-même d'ajouter à la confusion, de créer le désordre, une responsabilité immense qui sera attachée à Emmanuel Macron.
C'est ça aussi qui alourdit vraiment le bilan. Il disait il y a justement un an que la décision n'avait pas été comprise, qu'elle n'avait pas clarifié comme il l'imaginait, les Français... effectivement ne lui pardonneront jamais.
Et puis, dernière question, Arlette Chabot, vous, qu'est-ce que vous retiendrez des deux quinquennats d'Emmanuel Macron ? Qu'est-ce qui vous aura le plus frappé, le plus stupéfait, le plus intéressé, le plus surpris ?
Eh bien, on se donne rendez-vous dans un an.
Dans un an. Je vous le dirai.
Au bon vœu, les derniers vœux d'Emmanuel Macron. Et attention, les vrais derniers vœux d'Emmanuel Macron, contrairement à ce qu'on imagine encore une fois, ce n'était pas ces derniers vœux auxquels on a assisté et qu'on a regardé hier soir. Mais il ne faut pas oublier une chose, c'est qu'après, les vœux du 31 décembre 2026, il faudra tenir jusqu'au printemps, avril, mai. C'est très très long, une campagne présidentielle.
C'est très très long.
Et la fin de ce mandat sera très longue, sans doute pour les Français, avec un spectacle d'une compétition qui a déjà commencé.
Et en effet, je crains que le spectacle soit excessivement long et que beaucoup le ressentent déjà. Merci beaucoup, Arlette Chabot, d'avoir été avec nous ce matin pour essayer de comprendre les messages passés par le président de la République.