"On essaie d'accompagner les personnes en première ligne" (Roland Lescure Ministre de l'Économie)
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Je suis effectivement avec Roland l'escure, ministre de l'économie et des finances. Bonjour, merci d'être avec nous depuis Global Industrie, salon à ville qui dure 5 jours où tous les industriels sont là évidemment pour parler de souveraineté, pour parler d'investissement dans l'intelligence artificielle, dans la décarbonation. Mais évidemment, on parle de la question du Moyen-Orient avec l'augmentation des prix du Brent avec les tensions sur l'ensemble des matières premières. Ce salon global industrie RCUR, il commence avec des agriculteurs qui ne sont pas contents. Ce matin, on a des membres de la FNSEA qui disent "C'est pas des miettes, c'est du foutage de gueule. Ce sont les mots des responsables de la FNSEA dans les échos ce matin. On a sur le périphérique quelques opérations
escargot avec des routiers. Il semble que les 70 millions qui ont été annoncés en fin de semaine ne sont pas suffisantes pour ces secteurs d'activité. Est-ce que c'est un début ? Est-ce que vous avez d'autres d'autres mesures prêtes à l'emploi pour ces secteurs ? Bon, d'abord je comprends qu'on soit dans une situation difficile, notamment pour les secteurs que vous avez mentionné, les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs et d'autres d'ailleurs. Est-ce que c'est un début ? C'est déjà un début. Effectivement, 70 millions sur un mois, on parle juste du mois d'avril. Concentré sur trois secteurs qui sont effectivement les plus exposés. Vous savez que aujourd'hui commence la campagne, ce qu'on appelle du chèque énergie. On va avoir près de 4 millions
de ménages français, plus de 6 millions de français qui vont recevoir un chèque dans les jours qui viennent. C'était déjà prévu ça. Mais non, mais bien sûr, mais c'est quand même 150 € en moyenne qui vont arriver, j'allais dire dans les boîtes aux lettres, des ménages qui sont concernés. La prime d'activité, c'était aussi prévu, mais c'est 50 € de plus par mois pour ceux qui ont des rémunérations faibles. Donc, on essaie d'accompagner du mieux possible les secteurs en première ligne, les gens les plus concernés, les gens les plus précaires dans un environnement oui budgétaire qui est contraint, mais surtout dans un environnement où il faut que l'europ. On va suivre la situation de très près. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que évidemment dans le courant du mois
d'avril, on va faire le point sur la situation et si on doit poursuivre, amplifier ou réduire les mesures au mois de mai, on le fera. C'est une crise qui bouge tous les jours. On était en dessous de 100 € le 100 dollars le baril, on est aujourd'hui à 115. Donc évidemment, on suit ça au jour le jour et on va s'adapter. Il faut être agile, il faut être juste et il faut être rapide et pas se planter en arrosant dans le désert par exemple. subventionner l'essence, c'est ce que demandent les agriculteurs ou les gros rouleurs. En fait, ils veulent des subventions directes à l'essence. C'est ça qui demande. D'abord, d'abord c'est ce qu'on fait indirectement mais on organise des baisses de 20 centimes litre pour les pêcheurs, pour les transporteurs notamment. De subventionner directement
l'essence, c'est contre-productif. D'abord parce que la volatilité des prix est telle que vous risquez assez vite d'être balayé même si vous baissez de quelques centimes. Ça c'est vu dans le passé par des forte hausse lié à ce qui se passe dans le golf. Et puis ensuite on est aujourd'hui face à une crise dans lequelle la solidarité, je l'ai vu ce matin ici d'ailleurs, est essentiel. Donc ça veut dire sur les délais de paiement par exemple être avec le MDF et la FEP. trois grandes entreprises, trois grandes organisations patronales, parabon se sont engagés à s'assurer que les délais de paiement seraient respectés de ce qu'on appelle des grands donneurs d'ordre vers les plus petits. Il faut que vous savez qu'aujourd'hui les transporteurs routiers, notamment les
grands, ils ont la capacité de passer la hausse du gazoile dans leur facture. Il faut qu'on accélère ce mouvement là. Philippe Tabora l'a permis dans un certain nombre de mesures qui fait qu'auparavant, ça veut dire partager avec vos clients. C'est ça que ça veut dire, c'est avec vos clients participent à votre facture de carburant. On fait face à un choc extérieur important qu'on va devoir payer tous ensemble. La question c'est comment on partage ce coût ? Comment on partage ce coût de manière aussi solidaire que possible ? Y compris avec l'État qui fait sa part. 70 millions sur un mois. Vous imaginez si ça dure un an ce que ça veut dire ? J'espère que ça ne durera pas un an. Donc on est sur un état qui fait sa part sur des grands donneurs d'ordre qui doivent faire sa
part sur les ménages qui doivent faire leur part. Acheter du poisson. On est à Pâqu. Le poisson, c'est important à acheter du poisson parce qu'aujourd'hui, il y a des pêcheurs effectivement qui font face à une hausse du gasoile qui est importante. Et puis dernier et le choc sera pas gratuit, il faut faire bien comprendre. Il va falloir le choc le choc ne sera pas gratuit. On va essayer d'en prendre d'en dans d'amortir au maximum l'impact sur la croissance. Mais regardez ce qui se passe ailleurs dans le monde. On est aujourd'hui en Asie. Là-bas, c'est un vrai choc pétrolier, je peux vous le dire, où on a des mesures de restriction, on a des mesures de forte hausse de prix sur le gaz, sur l'essence aussi. Donc il faut qu'on qu'on soit à la fois conscient qu'on est dans une
période et dans une capacité de la France à absorber plus importante qu'en 22. On n'est pas en 2022. Mais qu'on fait face à un choc qu'on doit partager ensemble. L'État fait sa part. Chacun doit faire la sienne. Alors chaque journée euh un nouveau sujet d'actualité. Désormais c'est l'aluminium. Il y a eu des attaques contre des des grossites cette nuit enfin ce weekend au Moyen-Orient et au Baragne notamment Alba qui est touché. Le Moyen-Orient c'est 9 % de l'aluminium primaire. Est-ce que vous êtes inquiet pour des sites comme Aluminium d'Inker ? C'est le repreneur. Est-ce qu'il peut y avoir des difficultés de stock, d'approvisionnement ? Alors, d'abord aluminium d'Unker, vous l'avez dit, c'est la plus grande aluminium d'Europe et elle est à Dunker. Donc, évidemment, elle tourne elle
tourne à plein régime et j'allais dire tant mieux qu'on ait gardé de l'industrie importante comme celle de l'aluminerie, elle est en passe d'être reprise par euh un aluminium, une aluminerie du Barin. Nous, on a été en échange avec eux à ce stade. D'abord, les dégâts sont pas encore complètement évalués pour ce qui est des attaques sur place, mais surtout ils continuent évidemment. à vouloir se diversifier et notamment acheter la plus grande aluminerie d'Europe. Donc non, il y a un effet prix. Le l'enjeu sur l'aluminium comme sur les engrais, comme sur l'essence, comme sur l'hélium aujourd'hui en Europe et en France la liste commence à être longue. Ouais. C'est un enjeu de prix, c'est pas un enjeu d' Non mais c'est important quand même de dire qu'aujourd'hui on ne manque
pas d'essence, on ne manque pas d'engrais, on ne manque pas d'hélium. Donc c'est un sur le polypropy par exemple, on commence à avoir des problèmes de stock de gens qui disent je vais arrêter l'activité. Oui, on en est pas encore là. Mais ce qui est vrai c'est qu'on a mis en place un suivi filière par filière avec France industrie, la chimie, la plasturgie, euh la microélectronique dans lequel il y a des enjeux liés à l'hélium. Donc on va suivre ça. On a appris en fait de 2022 où on s'est retrouvé au sortir de la crise face à des problèmes d'approvisionnement sans trop savoir exactement ce qu'on avait, ce qu'on avait pas. Tout ça, on le suit au quotidien et on pourrait avoir du chômage partiel par exemple dans les cas où faud ministre du travail l'a déjà annoncé dans des
secteurs particuliers par exemple le secteur des agences de voyage. Évidemment aujourd'hui le tourisme fait bah face à une crise énorme. Il y a des gens qui allés au Moyen-Orient qui n'y vont plus dans le golf et donc il faut qu'on ait une mesure adaptée pour chaque secteur. Il y a pas de mesure à taille unique qui va concerner tout le monde, qui va coûter une fortune et qui va être efficace. Il faut qu'on regarde secteur après secteur. C'est pour ça que les ministres concernés sont tous impliqués. La ministre de l'agriculture, la ministre de la pêche, le ministre des transports Philippe Tabarot qui est très impliqué pour que à chaque secteur on puisse adapter la réponse et notamment, vous l'avez dit avec l'activité partielle pour des secteurs qui font face à un enjeu de demande. Mais
aujourd'hui, l'enjeu majeur c'est les prix. Déficit public 5,1 % au lieu des 5,4 % qu'on attendait. Est-ce que ça représente une cagnotte, une sorte de d'argent don pourrait dont on pourrait discuter ? que vous venez de prononcer du paradoxe, une cagnotte alors qu'on a 5,1 % de déficit. Non, c'est une bonne nouvelle, on l'apprend, mais qui montre qu'il faut continuer les efforts face à une situation budgétaire qui clairement n'est pas durable. Pour qu'elle soit durable, faut passer en dessous de 3 %. C'est le seul chiffre qui permet de stabiliser la dette. On a cet objectif pour 2029 et on le maintient. Maintenant, ça veut quand même dire que quand on veut, on peut. On a suivi, on a pas beaucoup baissé les dépenses quand même, plus 40 milliards effectivement et on a fait voter en tout cas
surtout faire rentrer des des recettes. On a fait adopter un budget cette année où l'équilibre entre dépenses et recettes est plus important. L'année dernière, c'est des dépenses qui ont été tenues mais essentiellement des recettes qui ont augmenté. Il faut que cette année en 2026 on tienne les dépenses et c'est pour ça qu'on est parsimonieux dans dans nos aides sectorielles. C'est pour ça qu'on les gage par d'autres économies parce que ce que vous dépensez aujourd'hui, quelqu'un devra le payer demain. Le contribuable euh notamment l'État qui doit payer des frais sur les taux d'intérêt de plus en plus élevés, nos enfants, nos petits enfants. Voilà, moi je je souhaite qu'on soit dans cette crise solidaire, qu'on se qu'on se qu'on se rassemble, que les secteurs qui sont le plus concernés, on
puisse les aider mais qui comprennent aussi et je pense qu'ils comprennent que notre situation est une situation difficile face à un choc externe dans lequel le quoi qu'il en coûte n'a aujourd'hui aucun sens. Soyons-en concl. Est-ce que est-ce que l'OAT vous empêche de dormir là ? 3 % on est quand même sur des plus hauts de 20 ans. Alors certes, on a déjà beaucoup émis de dette donc on a fait quasiment tout le programme mais on on ne peut on a fait un tiers du programme. Merci aux services qui l'ont fait de manière efficace et ça fonctionne bien et la demande de la dette est toujours d'abord. On a toujours des investisseurs qui croient dans la signature de la France donc tant mieux, ils achètent notre dette et on arrive à se financer. 2 janvier-février a plutôt été meilleur qu'attendu mars
évidemment du fait de la crise un peu moins bon. Donc sur les taux d'intérêt en moyenne, sur le premier trimestre, on est en phase, mais il est évident que l'intensité, la durée de la crise va avoir des conséquences sur tous les sujets dont on parle, l'économie, l'inflation, les secteurs et la charge de la dette. Et c'est pour ça qu'il faut que au fond cette crise, elle soit la moins longue possible, que les efforts du président de la République, du ministre des affaires étrangères pour désescalader, c'est la seule chose qui compte parce que tant que le détroit d'ormous est fermé, tant qu'il manque du pétrole, tant qu'il manque du gaz, tant qu'il manque de l'hélium ou des arg, on va avoir des sujets d'approvisionnement, des enjeux de prix et donc des enjeux de
croissance. Mais on a l'impression relant l'excure des sujets ici c'est la décarbonation qu'on attend quand même d'avoir le pétrole à 112 dollars pour réfléchir aux investissements un moment donné on a toujours ce même discours. On nanticipe pas quand il était à 50 franchement on parlait beaucoup moins d'investissement green hein. Moi, j'ai porté la décarbonation de l'industrie depuis 2022 quand j'ai été nommé ministre de l'industrie. Depuis le pétrole, il a fait yoyo, des haut et des bas, il faut le faire. En dans les années 70, on était à 90 % d'hydrocarbure dans notre énergie. Aujourd'hui, on est à 60, c'est bien mais c'est encore trop. La programmation purale d'énergie, elle vise qu'on passe à 40 puis à 35. Mais on est en dessous en terme de demande d'électrification. On est on est
on est en dessous de ce qu'on devrait faire. C'est la raison pour laquelle le premier ministre a annoncé dès cette semaine un grand plan d'électrification. Il faut qu'on ait plus de pompes à chaleur, ça tombe bien, ell sont fabriqué à France. Il faut qu'on ait plus de véhicules électriques, ça tombe bien, ell sont fabriqués en France. Il faut qu'on ait davantage de four électrique dans les artisans, chez les artisans qui consomment encore du gaz. Il y a 20 25 % des boulangers qui ont des des fours à gaz. C'est Churchill qui disait faut jamais gâcher une bonne crise. Dans cette crise, il faut en profiter pour accélérer la réindustrialisation, la décarbonation, l'électrification. La France, elle a des atouts, elle a une électricité pas chère, des carbonés en
volume. Elle a des ingénieurs, elle a des jeunes qui veulent travailler dans le vous parler norme et impôt là dans dans les années sur les normes. Simplifie et il faut continuer sur les sociétés. raison, il faut baisser les impôts. Mais on baissera pas les impôts si on arrive pas à baisser les dépenses. Sinon, on renvoie ça aux générations d'après. Il faut à la fois baisser les dépenses et baisser les impôts, aider les plus fragiles, accompagner la décarbonation, c'est pas facile mais c'est mon travail. C'est le travail de Sébastien Martin qui est ici pendant 4 jours pour accompagner les industriels et c'est aussi le travail des industriels. Ils sont très pr il y a 63000 je pense exposant pendant 4 jours qui vont montrer que l'industrie
française elle peut se développer elle peut s'exporter elle peut se décarboner. On a une chance énorme. Ça fait 10 ans qu'on a changé de braquette sur l'industrie. Il faut continuer. Et l'Europe elle a changé suffisamment ? Elle a changé dans les mots. On parle maintenant de préférence européenne contenu local 75 % pour les véhicules électrique. Il faut qu'on accélère, il faut qu'on change là aussi un peu de logiciel. Stéphan Sourné était là avec nous tout à l'heure, je pense qu'il est convaincu. Il faut qu'on fabrique en Europe. On peut pas être les derniers ravis de la crèche à aller chercher ailleurs ce qu'on pourrait faire chez nous. Il faut qu'on le fasse de manière compétitive, de manière innovante. Moi ici là, il y a un tiers des exposants qui sont
étrangers, des Portugais, des Italiens, des Roumains, je viens de les voir. Eux, ils disent "C'est la première fois que je viens en France pour un salon parce que je trouve qu'il se passe des choses chez vous. Il faut qu'on continue ça." Vous savez que la France est le pays le plus attractif d'Europe depuis 7 à 8 ans. Il faut qu'on continue ça. Tus France, choisissez la France, y compris si vous êtes français. On fait face à des vents de fa énormes. Il faut qu'on continue à se développer. Et j'allais dire j'entends les colères des uns et des autres, mais plus on sera solidaire, déterminé et ensemble, plus fort on sera. Donc par exemple, le droit de manifester, il existe manifester. Mais n'oublions pas que l'enjeu majeur, il est aujourd'hui de préserver l'activité, pas de l'interrompre.
Merci beaucoup Rolandourcour d'avoir été sur le plateau de BFM Business. Retour avec Guillaume Paul sur le plateau de Tout pour investir. Je vous retrouve demain 6h 9h dans la matinale de l'économie.
Roland Lescure