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interviewFrance Inter — Questions politiques· 23 novembre 2025 55 min

Pas en phase avec Tondelier, Jadot regrette que "l'écologie" soit devenue la "thérapeute de couple de la gauche"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Dans un monde en lutte, parlons ce midi des combats et surtout des chemins pour remporter des victoires. A l'échelle de la planète, nous sommes en lutte contre le réchauffement. A l'échelle de l'Europe, en lutte pour stopper la guerre en Ukraine et maintenir la paix dans nos propres frontières. A l'échelle de l'Hexagone, nous sommes en lutte contre le narcotrafic. 5 millions de consommateurs de cannabis, plus d'un million de citoyens qui touchent à la cocaïne, quasiment 8 villes sur 10 touchées.

Et maintenant l'assassinat, pour rien, comme le dit Amine Kessassi après la mort de son petit frère, sans doute quand même pour l'intimider ce militant écologiste très engagé contre les mafias de la drogue. Notre invité était hier à la marche blanche organisée à Marseille, et maintenant que faut-il faire ? Il a été le candidat écologiste à la présidentielle de 2022, député au Parlement européen pendant 14 ans. Il est aujourd'hui sénateur de Paris. En quatrième de couverture du livre qu'il vient de publier, il écrit « Pour la première fois, j'ai peur ».

Yannick Jadot est en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Question politique. Alexandra Ben Saïd Bonjour et bienvenue Yannick Jadot. Bonjour mesdames. Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés, des dames en effet, pour vous interviewer. Je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Alix qui fera votre portrait tout à l'heure, Yannick Jadot.

1:46
Yannick Jadot

Oui, on verra que vous êtes un homme d'action, vous êtes aussi un homme de raison, et parfois c'est un petit peu le grand écart.

1:52
Présentateur

Et Françoise Fressoz est également en plateau du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et à tous. Vers 12h50, on va se projeter sur une grande question de 2027 à laquelle les écologistes, n'est-ce pas Françoise, n'échapperont pas. Y a-t-il place pour une candidature écologiste ? Et si oui, quelles leçons tirer des échecs passés ? Mais d'abord, 5 minutes d'actu entre 4 yeux. Yannick Jadot, vous étiez donc hier à Marseille en hommage à Médic et Sassi, assassiné. Sans doute pour intimider son frère, Amine, très engagée contre le trafic de drogue. Qu'avez-vous ressenti lors de ce rassemblement ?

2:26
Invité

Beaucoup d'émotions, de gravité, de fraternité. Amine, qui vous le savez est un écologiste engagé à Marseille, qui a déjà été candidat, fait preuve pour son âge, 22 ans, d'une force et d'une dignité assez extraordinaire.

2:49
Présentateur

Vous lui avez parlé ?

2:49
Invité

Hier, non. On s'est parlé cette semaine, on a échangé cette semaine. Il faut imaginer ce que ce jeune homme vit, quand même, au-delà de son combat. Évidemment, il n'est coupable de rien, mais il va porter la mort de son frère comme un terrible fardeau toute sa vie. Donc, il a fait preuve d'un incroyable courage. Et puis, voilà, ses mots, il ne se taira pas, il restera debout. Avec sa mère, qui aussi a fait preuve d'une incroyable force, d'une incroyable force par rapport à ce qu'il vive. Et ce qu'il faut, ce n'est pas simplement avoir de l'empathie, de la sympathie et de l'émotion pour la famille qui s'assit, évidemment. Il faut écouter ce qu'il dit. Et puis surtout, il faut mener le combat.

Il faut mener le combat contre le narcotrafic et la façon dont cette industrie, parce que c'est une industrie extrêmement puissante, extrêmement riche, gangrène les quartiers, gangrène toute la société et nous fait basculer dans quelque chose qui est dramatique.

4:00
Présentateur

On va parler en effet de ce combat, mais encore une question quand même sur ce rassemblement. 6 200 personnes, selon la préfecture de police. Alors, il y avait certains témoignages sur place qui s'étonnaient qu'il y ait peu de monde. D'autres, que ce soit essentiellement des gens des quartiers concernés qui se soient déplacés. On a beaucoup parlé d'une sidération de la nation, d'une prise de conscience du pays. Est-ce qu'on ne pouvait pas espérer un rassemblement plus massif ?

4:23
Invité

On peut toujours espérer, c'était l'appel d'Amine Kessassi.

4:28
Présentateur

Mais est-ce que vous avez trouvé qu'il y avait peu de monde ?

4:30
Invité

Écoutez, sur place, c'est compliqué à dire parce que c'est sur un dôme. Donc, en fait, on n'a pas forcément une énorme visibilité du monde. C'était plein. Encore une fois, beaucoup d'émotions. Je crois qu'on sait que certaines personnes avaient peur de venir parce que les narcotraffics sont très présents dans tous les quartiers de Marseille. Et que donc, il y a des gens qui avaient peur de venir exprimer leur solidarité et la nécessité de mener le combat. Et puis, peut-être, moi, j'ai entendu aussi dans un certain nombre de vos reportages des personnes de quartiers moins défavorisés qui s'interrogeaient sur leur légitimité à venir manifester dans un quartier populaire.

Donc, voilà, je veux croire que l'effet de sidération que vous avez évoqué concerne chacune et chacun. Et surtout, qu'on va se donner les moyens, collectivement, chacune et chacun à sa place. Nous, comme parlementaires, de faire en sorte qu'on se dote des outils pour combattre ces mafias.

5:40
Présentateur

Et sur la sidération, c'est un sondage aujourd'hui dans le JDD. Il y a plus de 7 Français sur 10 qui considèrent désormais que la France est en voie de mexicanisation, pour reprendre l'expression de Bruno Retailleau l'an dernier. Quelle est votre analyse ? Est-ce que la France est en train de devenir un narco-État ? Est-ce qu'on peut dire ça ?

5:55
Invité

Non, non, non, non, je ne veux pas croire ça. Un, oui, il y a du narcotrafic. Oui, aujourd'hui, et c'est toute la loi que nous avons portée au Sénat, notamment après la commission d'enquête que nous avons menée sur les narcotrafics, il y a aujourd'hui du blanchiment d'argent qui concerne tous les secteurs de la société. Donc ça, on n'est pas sur, on n'est pas à la télé, dans les séries à la télé. On a des systèmes qui sont extrêmement intégrés à notre économie et qui gangrènent notre économie.

Est-ce qu'à partir du moment où vous avez des telles masses financières, on parle de 4 milliards de revenus générés par an, c'est du crime organisé, ce n'est pas simplement des stupéfiants, c'est du crime organisé, vous avez effectivement aussi, et c'est un des piliers de la lutte contre le narcotrafic, de la corruption qui s'installe dans la société. Est-ce qu'on est au Mexique ? Non, parce que c'est quand même, il faut voir ce qui se passe au Mexique. Les premières mesures portées par les différents gouvernements, suite notamment à la loi sur les narcotrafics, ont quand même fait baisser le nombre de jeunes, notamment tués par le narcotrafic. Ça n'est pas assez. Il faut faire plus.

On a commencé à s'organiser. Il faut surtout plus de moyens, une meilleure coordination. Mais dire qu'aujourd'hui, la France, c'est le Mexique, c'est quand même méconnaître ce qui se passe au Mexique.

7:25
Présentateur

La loi narcotrafic, vous en parlez, celle qui a été promulguée en juin, elle instaure un parquet anticriminalité organisé, des quartiers hauts de sécurité dans les prisons, s'est inspirée de la lutte anti-mafia et anti-terroriste. Cette loi-là, est-ce qu'elle est suffisante ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Ce que vous dites, c'est qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'elle est positive ?

7:44
Invité

Elle est positive. Elle est incontestablement positive. Surtout, l'objectif de cette loi, et c'est la nouveauté, et c'est là qu'on est sortis d'une forme de déni, c'est que cette loi va attaquer ce qu'on appelle le haut du spectre. Pas simplement s'attaquer aux petits vendeurs dans la rue, mais s'attaquer à ceux qui organisent le crime organisé, qu'ils se planquent à Dubaï ou ailleurs.

8:10
Présentateur

La production, c'est l'Amérique du Sud, et les têtes de ponts, c'est peut-être dans nos prisons ?

8:15
Invité

Et c'est peut-être à l'étranger ? C'est aussi dans nos prisons, c'est à l'étranger. Donc l'idée de cette loi, c'est vraiment s'attaquer en haut du spectre, s'attaquer à leurs propriétés, parce que... Mais quoi de plus alors ? Terrible constat, c'est qu'en fait, ils n'ont pas peur de l'enfermement, de l'incarcération, parce qu'ils considèrent que jusqu'à maintenant, ils pouvaient gérer leur business depuis la prison, y compris ordonner des assassinats. Évidemment, il faut renforcer la sécurité, les isoler pour qu'ils ne puissent plus être à la tête.

Mais il faut surtout s'attaquer à toutes leurs propriétés, que ce soit des magasins dont on voit bien qu'ils servent le blanchiment, que ce soit leurs propriétés injustifiées, c'est comme ça que c'est catégorisé, c'est-à-dire que vous avez des gens qui n'ont pas de revenus et qui ont des propriétés extraordinaires. Eh bien, dans cette présomption-là, on peut saisir les propriétés de manière... C'est la méthode italienne. Oui, bien sûr. Que ce soit la question du statut des repentis, qu'il faut évidemment renforcer. Donc, on est en train de s'attaquer, encore une fois, à haut du spectre, là où tout s'ordonne, s'organise et pourrit le plus directement. Mais je veux aussi dire que...

Et c'est quand même aussi le message d'Amin Kessassi. C'est-à-dire que si on veut tarir, il faut tarir les ressources sur les mules, sur tout ce qui vient d'Amérique latine, vous avez raison, ou d'Afghanistan ou d'ailleurs. Mais il faut aussi tarir les ressources humaines. Qu'il n'y ait pas des jeunes qui soient en situation de telle perte de repère et de telle précarité sociale que tous ces jeunes deviennent malheureusement la chair à canon de ces trafiquants.

10:04
Présentateur

Yannick Jadot,

10:05
Yannick Jadot

on ouvre la discussion avec une question d'Alix Bouillaguet. Certains disent qu'il faut aussi taper les consommateurs. Emmanuel Macron lui-même a étrié les bourgeois du centre-ville qui financent parfois le narcotrafic. Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que ce sont des complices ou des victimes ? Est-ce qu'il faut durcir les sanctions vis-à-vis de ces consommateurs ?

10:25
Invité

Non, ce n'est pas mon point de vue. Je pense que tout le monde ici va considérer que Roberto Saviano, qui lui-même vit caché, qui est le journaliste italien qui a pris bille en tête de front la mafia italienne,

10:43
Locuteur non identifié

il dit

10:45
Invité

que légaliser le cannabis c'est le coût le plus dur porté à la mafia. Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous voyez bien qu'aujourd'hui, il y a les drogues dures et les drogues, on va dire, récréatives. Nous, si on soutient la légalisation du cannabis, c'est par exemple pour à la fois organiser le suivi sanitaire des jeunes qui sont dans l'addiction, c'est contrôler ce marché et c'est déconnecter l'acte d'achat d'une barrette de shit qui est très largement répandue dans notre pays de l'achat de drogues dures qui sont évidemment les plus dangereuses et celles qui financent le crime organisé.

11:25
Yannick Jadot

Mais je ne comprends pas, c'est-à-dire que vous dites à partir du moment où on légalise le cannabis, on va faire baisser systématiquement la consommation de cocaïne ? Enfin, il va y avoir un changement ?

11:32
Invité

Non, je dis qu'en légalisant le cannabis que vient de faire par exemple l'Allemagne dans un système extrêmement organisé, vous concentrez les moyens sur les drogues dures et sur le crime organisé. Le problème, vous voyez par exemple, la justice est engorgée autour de ce sujet des stupéfiants. 80% des affaires, c'est des affaires de consommation. Quand il y a eu entre septembre 2023 et avril 2024, là où il y a eu le plus d'opérations place nette que la commission d'enquête du Sénat à majorité sénatoriale de droite considère que c'est très largement inefficace. On a mobilisé 50 000 gendarmes et policiers pour quelques millions de saisies.

Donc il faut concentrer nos moyens là où ça fait mal au crime organisé, là où ça fait mal à la mafia, donc sur le haut du spectre et puis sur les drogues dures. Est-ce que ce n'est pas un tabou sur la consommation de cocaïne en France ? Je reprends les propos d'Éric Piolle en février sur RTL, maire écologiste de Grenoble. Il suggérait de faire passer des tests salivaires anti-drogues et anonymes aux députés et aux sénateurs. L'idée, disait-il, c'est de démontrer qu'il y a une grande hypocrisie autour du narcotrafic et de la consommation de drogue en France et de mettre sur la table un diagnostic qui dit nos institutions sont aussi pénétrées par ce narcotrafic.

Est-ce que vous êtes aussi alarmiste qu'Éric Piolle ? Écoutez, il y a régulièrement des scandales autour de parlementaires qui ont consommé de la drogue. Il y en a eu au Sénat, il y a eu un cas dernièrement, il y en a à l'Assemblée. Mais est-ce que du coup, il n'y a pas une chape de plomb là-dessus ? Je fais vraiment la distinction entre le cannabis qui est une drogue douce, récréative et encore une fois dont il faut, dont je veux, le contrôle sanitaire parce que nos jeunes sont en train de se bousiller la tête avec cette saloperie, très clairement, et les drogues dures dont évidemment l'usage est interdit. C'est pour ça que moi, qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur la forme de l'accessibilité.

Encore une fois, je pense que Saviano et d'autres, je veux dire, quand vous discutez qu'il y a un certain nombre de responsables de la police ou de la justice, ils disent on perd notre temps sur le cannabis, ça nous empêche de nous occuper de ce qui est grave et de ce qui est criminel.

13:57
Présentateur

Yannick Jadot, en janvier dernier, vous parlez de la police. En janvier dernier, dans une interview aux médias reporters, Amin Kessassi aborde le thème de la sécurité. Certains, dit-ils, prônent de désarmer la police, de retirer les caméras de vidéosurveillance, il n'est pas d'accord. Il dit que la sécurité, ça doit être aussi une question de gauche dont il ajoute que la gauche a abandonné trop de combats ces dernières années. Est-ce que vous êtes d'accord ?

14:21
Invité

Oui.

14:21
Présentateur

Il faut plus de policiers, il faut plus de caméras de vidéosurveillance ?

14:24
Invité

Bien sûr. La sécurité ? Écoutez, nous, on a toujours défendu la police de proximité, c'est d'avoir de la présence policière dans les quartiers. Pourquoi police de proximité ? Vous combattu les vidéosurveillances et tout ? Non, regardez nos mères. Pendant des années. Oui, mais parce qu'à un moment donné, si vous voulez, on a perdu le combat sur la police nationale dans les villes. C'est-à-dire que pendant des années, notre combat a été de dire c'est une mission régalienne, la police, et donc le travail doit être fait par des personnes formées et qui ont cette délégation de pouvoir régalien de l'État, la police nationale. Bon.

Les effectifs ont sérieusement baissé, les problèmes de sécurité, d'insécurité ont augmenté, donc y compris, vous le savez, nos maires écologistes recrutent de la police municipale pour pallier l'absence de policiers nationaux.

15:25
Présentateur

Il faut l'armer, cette police municipale ?

15:26
Invité

Et le maire de Bordeaux a armé une partie de sa police municipale à Lyon, à Strasbourg, ils sont armés et je ne vois pas comment aujourd'hui on pourrait revenir. Mais reconnaissez qu'il y a eu une prise de conscience tardive. À un moment, les écologistes ont dit qu'il n'y a pas de problème de sécurité, c'est un problème de droite, ce n'est pas pour nous. Non, je ne crois pas. Vous regardez tous les programmes que j'ai portés moi-même comme candidats, oui, mais je les ai portés comme candidats de l'écologie. Donc, encore une fois, il faut évidemment de la sécurité, il faut voir comment elles s'organisent pour être présentes.

Mais, vous voyez, il y a mobilisation, y compris, heureusement, heureusement, il y avait des représentants de la droite dans les marches blanches hier. Mais, quand on regarde, on y viendra sûrement, quand on regarde le budget. On y viendra tout à l'heure, oui. Tous les budgets qui concernent les quartiers populaires, la vie sociale dans les quartiers populaires sont en train de s'effondrer.

Tout ce qui est, tous les outils que petit à petit on a réussi à mettre en place pour que les jeunes ne soient pas laissés sans rien faire, pour qu'ils soient occupés, pour qu'ils puissent accéder au sport, à la culture, aux colonies, à des activités dans tous les sens, qu'il y ait des services publics, tout ça est en train de s'effondrer. Donc, ça ne suffira pas, et ça c'est le message d'Amine Kessassi et c'est important, ça ne suffira pas, il faut le faire, la répression, si on ne remet pas de la vie sociale, de l'activité et si on ne donne pas une perspective aux jeunes qui soit autre que d'être des chouffres.

16:59
Présentateur

Autre choc des consciences, Yannick Jadot, cette semaine, face à l'éventualité d'une guerre avec la Russie, le chef d'état-major des armées a affirmé, c'était mercredi au Congrès des maires, qu'il fallait que le pays soit prêt à accepter de perdre ses enfants.

17:13
Locuteur non identifié

Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple, si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque.

17:38
Présentateur

Fabien Mandon, le chef d'état-major des armées. Une question de François Sressose. Alors, ces propos-là ont offusqué

17:45
Invité

beaucoup de personnalités à gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Sébastien Chenu, jugeant à la fois le personnage illégitime pour parler de cette chose-là. Sur le fond, est-ce que vous partagez cette indignation où vous dites non, il a bien fait, au fond, il faut nous alerter ? Écoutez, en vrai, je me moque complètement de la forme de son intervention. Est-ce qu'il aurait dû dire ? Est-ce qu'il aurait dû parler de nos enfants ? Peut-être pas. Le sujet, c'est le message qu'il nous envoie.

Il nous envoie un message très sérieux d'alerte, message corroboré par ses collègues européens dans les mêmes fonctions que ce soit l'armée ou les services de renseignement et donc, on ne va pas tuer Cassandre parce que la nouvelle est mauvaise. Je suis sidéré. D'ailleurs, ce n'est pas surprenant. Ce sont les mêmes qui ne voulaient pas qu'on soutienne l'Ukraine. Ce sont les mêmes qui ont dit Poutine va régler le problème des révoltes démocratiques syriennes à coup de bombe. Donc, que ces gens ne veuillent pas y voir la menace de Poutine, il n'y a rien de surprenant. Non, moi je prends, vous savez, nous on est censé défendre les lanceurs d'alerte. C'est un lanceur d'alerte en fait.

Dans le débat public, il est chef d'état-major, attention, je ne réduis pas son statut. Mais il nous dit qu'effectivement, et y compris les échéances qu'il donne quand il dit trois à quatre ans sur le risque, son sujet, c'est pas qu'on a été à la guerre à la Russie, son sujet, c'est qu'on se défendre, c'est qu'on sera toujours sur mandat de Donald Trump. C'est-à-dire qu'en fait, la perspective qu'il évoque, l'échéance qu'il évoque sur les quelques années et la menace russe, parce que c'est essentiellement de celle-là dont on parle, ça sera sous mandat de Donald Trump, dont on sait qu'aujourd'hui, il ne souhaite plus garantir la sécurité européenne. Donc nous sommes face à notre destin.

Et ne pas assumer ce qui se passe, ne pas faire les efforts de politique de défense au regard de la menace, c'est sacrément être dans une forme d'irresponsabilité politique grave.

19:59
Présentateur

Et assumer jusqu'où alors ? Parce que selon les informations de la tribune dimanche, jeudi prochain, Emmanuel Macron va proposer un service militaire volontaire aux filles et aux garçons âgés de 18 ans, ça serait payé entre 900 et 1000 euros par mois pour une durée de 10 mois à partir de 2026. Ça, c'est une façon d'assumer ? C'est une façon

20:16
Invité

de se préparer ? Quand vous en parlez avec nos responsables de l'armée, quels que soient les corps d'ailleurs, le retour au service militaire, c'est vraiment pas leur demande. C'est pas exactement la même chose. Oui, mais il repart sur son SNU, son truc. Enfin, il faut qu'il arrête avec ça en fait. Je veux dire, si on veut s'occuper des jeunes, il y a mieux à faire. Encore une fois, et là, on est dans un moment où il faut mobiliser notre armée, notre défense, notre industrie de défense pour contribuer. Oui, mais ce qu'ils disent, c'est que c'est pas suffisant. C'est-à-dire qu'il faut aussi faire appel aux réservistes, il faut former une partie des jeunes et avoir une armée de métiers.

Écoutez, qui est des jeunes qui volontairement aient envie de se former, moi, j'ai pas de problème. Évidemment, si c'est volontaire. Mais c'est pas ce qu'avait été la démarche du SNU que tout le monde a critiqué d'abord dans l'armée. Donc, le sujet aujourd'hui, c'est effectivement comment la France, contribue à l'effort de défense européen et il y a des exemples qui parfois ne vont pas dans le bon sens. Regardez, prenons l'avion de défense européen. C'est un enjeu majeur.

21:30
Présentateur

Le scoffe avec les Allemands.

21:32
Invité

Y compris si on veut s'affranchir de la dépendance de beaucoup de pays européens vis-à-vis des armements américains. Bon, là, aujourd'hui, Dassault est en train de sortir d'une alliance avec Airbus pour faire un avion de défense européen. Donc, on est en train de renationaliser l'effort de défense au moment où faudrait être au contraire plus européen pour garantir qu'effectivement les pays européens achètent européens. Mais dans cet effort... Oui, je vous en prie, Madame. Pour en rester sur la scène nationale. Vous vous dites... Il y a des alertes sur la nécessité de se remuscler militairement. Vous dites qu'on est dans une inconscience générale en France.

Comment vous qualifiez au fond ce climat où on voit parfois quand il y a des attaques très précises sur l'Ukraine on se mobilise puis après ça retombe et puis on se dit finalement c'est pas notre souci. Ça a clairement été le cas avant le 24 février 2022 et l'invasion meurtrière de l'Ukraine par la Russie. Souvenons-nous les services de renseignement américains ils auraient plus le droit de le faire aujourd'hui. C'était sous Biden. Nous ont alerté sur l'imminence de l'attaque et nous étions dans la performance oratoire de nos dirigeants européens. Non je crois pas. Non je crois pas. Je pense qu'il y a quand même on est sorti du déni.

22:56
Présentateur

Il faut voter le doublement du budget de la défense entre 2017 et 2027.

23:00
Invité

On l'a voté le sublime mais il faut le faire encore une fois il faut le faire avec il faut le faire avec intelligence. La question c'est pas simplement de mettre de l'argent dans le complexe militaro-industriel. La question c'est qu'est-ce qu'on fait à l'échelle européenne. La question de mettre 3 milliards et demi de plus sur le budget militaire et de supprimer deux jours fériés et bien non il n'y a absolument aucun consensus pour le faire et on ne sait pas s'il y aura de l'argent pour la défense.

Oui mais je pense alors un quand même là dans le budget on remet près de 6 milliards on voit que Oui voilà d'accord mais bon il y a un consensus très large ou en tout cas une majorité très large pour le faire après il faut aussi que notre système ait les capacités d'absorption de l'argent il ne suffit pas d'avoir de l'argent enfin il ne vous a pas échappé que ça fait 2 ans qu'on dit qu'il faut livrer beaucoup plus d'obus d'armes à l'Ukraine et la France à la différence d'autres pays européens est incapable de renforcer très significativement le soutien en armement à l'Ukraine

24:02
Présentateur

Alors parlons de l'Ukraine je vous coupe parlons de l'Ukraine on y arrive les Etats-Unis ont annoncé une réunion ce dimanche à Genève des négociateurs américains et ukrainiens des équipes de négociation de l'Union Européenne de l'Allemagne du Royaume-Uni et de la France s'y rendront également Kiev a repoussé le plan de paix qui a été écrit par Washington c'est un texte qui fait la part belle à des revendications russes mais est-ce que Volodymyr Zelensky a le choix est-ce qu'il peut vraiment échapper à la pression américaine

24:26
Invité

ça dépend de nous ça dépend de nous

24:28
Présentateur

et qu'est-ce qu'on peut faire

24:29
Invité

nous ? 1.

l'Ukraine a fait le choix de résister enfin quand la Russie a commencé à envahir l'Ukraine si les Ukrainiens ne s'étaient pas mobilisés la victoire de Poutine était totale en quelques jours et donc les Ukrainiens les Ukrainiens sont sortis dans la rue avec parfois des fusils de chasse pour arrêter les chars russes à l'entrée de Kiev donc ce que je veux dire c'est que il n'y a pas d'ambiguïté sur la volonté ukrainienne mais il est évident à ce stade que l'Europe est face à son destin jusque là ça jouait des coudes et des ambiguïtés avec la puissance américaine et heureusement qu'elle a été là ces dernières années pour soutenir l'Ukraine là l'Europe est face à son destin est-ce que on assume de soutenir potentiellement seule l'Ukraine et dans quelles conditions ?

25:27
Yannick Jadot

mais vous voyez bien Yannick Jadou que ce n'est pas du tout ce qui se passe c'est-à-dire dans ce plan de paix qui est mis sur la table par les américains les européens ils sont totalement hors jeu Emmanuel Macron

25:35
Invité

c'est pour ça qu'on est face à notre destin on n'a pas été associé

25:38
Yannick Jadot

ça veut dire quoi concrètement on n'a pas été associé

25:40
Invité

si on devait mettre des mots sur ce plan côté américain c'est lâcheté trahison cupidité il y a beaucoup de cupidité chez Donald Trump pour ce que ça veut dire pour l'Ukraine c'est la capitulation y compris avec un accord qui donne plus de bénéfices territoriaux à la Russie qu'elle n'en a aujourd'hui donc si l'Europe accepte de se faire humilier j'ai un papier dans votre journal qui parlait de vassalisation heureuse le monde je pense que tout le monde est au courant ici qui parlait de vassalisation heureuse qui concluait là-dessus et je trouvais que c'était un bon terme mais c'est notre choix aujourd'hui je pense qu'on a su réagir en 2022 je pense que Poutine ne s'attendait pas du tout à ce que l'Europe soit unie derrière

26:34
Yannick Jadot

mais là on a quand même l'impression que ce sont des vœux pieux c'est-à-dire que il y a d'un côté des américains qui sont proactifs effectivement Donald Trump qui à un moment met le couteau sous la gorge des uns des autres est-ce que je vais me faire l'avocat du diable mais est-ce qu'il ne faut pas à un moment se dire il faut arrêter cette guerre

26:49
Invité

alors oui il faut arrêter cette guerre c'est tout l'enjeu moi je ne suis pas pour la guerre contre la paix

26:58
Présentateur

mais là on dit qu'aux ukrainiens c'est la question d'Alix c'est ce qu'on vous dit

27:00
Invité

c'est un enjeu pour les européens

27:03
Présentateur

c'est plus d'argent c'est des hommes peut-être qu'est-ce qu'il faut faire pour pouvoir se passer de l'allié américain très puissant

27:10
Invité

souvenons-nous quand même alors la Russie est une puissance militaire incontestable la Russie en termes de PIB c'est l'Espagne donc quand on dit la Russie met 10% de son PNB dans l'armement c'est 10% du PNB de l'Espagne

27:26
Présentateur

mais ça n'est pas une démocratie comme l'Espagne donc les Russes se plaignent moins que les espagnoles

27:30
Invité

non mais ce que je veux dire c'est que si l'Europe ne considère pas à un moment donné qu'elle a les moyens par exemple il ne s'agit pas forcément aujourd'hui de mettre des soldats mais de faire en sorte qu'il y ait comme on dit une no-fly zone c'est-à-dire qu'en fait protéger l'Espagne c'est rien ukrainien on a des avions qui peuvent intervenir la Russie aujourd'hui intervient dans nos pays elle intervient sur les menaces hybrides sur les cyberattaques sur du sabotage comme on l'a vu en Pologne il y a 10 jours 15 jours de voies ferrées elle envoie des drones un peu partout donc la Russie est en mode elle est en train de nous agresser

28:11
Yannick Jadot

et donc

28:11
Invité

donc on est je pense que ça fait longtemps que cette histoire de co-belligérance ne fait plus grand sens donc on est en capacité à la fois de fournir plus et mieux non déjà commençons par protéger l'espace aérien commençons par protéger l'espace aérien ça veut dire quoi

28:28
Yannick Jadot

concrètement

28:28
Invité

on a des avions on a des on a des des missiles des missiles anti-missiles on n'est pas obligé juste de dépendre des missiles patriotes américains donc aidons plus sérieusement l'Ukraine de toute façon on n'a pas le choix en vrai on ne peut pas à la fois dire le message envoyé par notre chef d'état-major Mandon sur la menace russe bien au-delà de l'Ukraine parce que quand il parle de de conflits potentiels c'est bien au-delà de l'Ukraine et ne pas agir sur ce qu'est le front notre front européen aujourd'hui l'Ukraine

29:05
Présentateur

je vous emmène sur un autre territoire du multilatéralisme qui a des problèmes c'est celui de la COP qui vient de s'achever à Bélème on a dit que c'était une COP qui aboutissait sur un texte peu ambitieux une COP pour rien une COP de plus pour rien et surtout sans les Etats-Unis

29:22
Invité

alors bon ça les Etats-Unis on le savait en positif commençons par le positif de temps en temps ça nous change

29:30
Présentateur

parlons d'écologie positive

29:32
Invité

oui il y a quand même un espace de multilatéralisme qui fonctionne à peu près vous êtes optimiste là quand même oui non mais on va venir non mais quand même je veux dire donnez-moi l'organisation mondiale du commerce est morte l'assemblée générale le conseil de sécurité tout ça rien ne fonctionne vous avez quand même là 200 pays alors évidemment il n'y a pas les Etats-Unis vous avez raison qui arrivent à se mettre d'accord dans le monde d'aujourd'hui on y vient je parle du côté positif deux le climat est une question globale une tonne de CO2 émise dans cet arrondissement de Paris est exactement pèse aussi lourd sur notre avenir que celle émise en Chine ou au Burkina Faso donc c'est un problème global il faut une coopération internationale donc ça continue un peu à fonctionner il y a eu rappel de l'accord de Paris donc il faut quand même améliorer de très loin nos trajectoires après évidemment de manière très insatisfaisante ce qui est le coeur du problème est abordé de manière extrêmement floue le coeur du problème c'est le charbon le pétrole le gaz il y a deux ans on avait réussi à commencer à mettre ce sujet dans la négociation

30:49
Présentateur

c'est le bâclage non mais c'est le retour en arrière

30:50
Invité

le patron de l'ONU Guterres disait avec les énergies fossiles on a ouvert les portes de l'enfer donc évidemment là sous pression des états producteurs et puis sous pression en interne il faudrait quand même expliquer ce que fait Total Energy et son patron Pouyannet dans la délégation officielle française en charge de sortir des énergies fossiles quand le Total Energy veut investir encore plus dans le pétrole et le gaz là il y a un moment donné il va falloir quand même que quand vous faites un plan de paix vous invitez pas les vendeurs d'arbres c'est qui aujourd'hui les alliés pour essayer d'avancer sur la question climatique est-ce que c'est la Chine finalement plutôt que parce que même les pays en développement même Lula il est décevant dans cette COP il a pas beaucoup pesé oui mais vous savez le pays organisateur a une responsabilité mais c'est pas le pays organisateur qui décide en réalité alors quels sont nos alliés un la réalité la réalité c'est que le dérèglement climatique s'accélère que 80% des citoyens du monde des citoyens du monde pas simplement en France pas simplement dans les pays dits développés sont conscients du dérèglement climatique le vivent quotidiennement et appellent appellent à une action plus ambitieuse deuxième allié la réalité économique 80 plus de 90% des nouvelles capacités de production électrique dans le monde aujourd'hui c'est des énergies renouvelables elles sont moins chères ça s'installe partout notamment vous avez évoqué la Chine notamment en Chine

32:27
Yannick Jadot

est-ce que justement vous n'êtes pas totalement bluffé par ce qui est en train de se passer en Chine qui est en train de faire sa transition écologique effectivement à marche forcée avec des scooters il n'y a plus un seul scooter qui n'est pas électrique dans les rues de Shanghai notamment des panneaux voltaïques partout et d'après l'agence internationale de l'énergie les sources à faible émission ont dépassé les 40% du mix de production électrique est-ce que la Chine n'est pas devenue un modèle ?

32:52
Invité

c'est ce que j'écris dans mon livre la bataille climatique aujourd'hui c'est une guerre économique c'est une guerre économique est-ce que nous on est capable d'investir en recherche innovation sur ces secteurs-là est-ce qu'on est capable d'installer des usines et je décris combien nous avons besoin à tout point de vue pour la transition écologique pour l'aménagement de nos territoires pour la politique on a besoin d'usines sur nos territoires on veut des usines et après c'est aussi une question de volonté politique les citoyens sont prêts les gouvernements ne le font pas regardez le débat

33:27
Yannick Jadot

mais nous on a plutôt l'impression d'Europe qu'on fait la marche arrière le débat débile que nous avons en Europe

33:31
Invité

et en France sur l'industrie automobile oui cette industrie s'effondre depuis des années c'est par décennie on perd 100 000 emplois dans l'industrie alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

et on a l'Europe à un moment donné s'est dit et bien on joue le jeu un, pour le climat on a besoin d'électrifier nos transports donc on a des constructeurs moi j'ai fait on a interrogé Tavares quand il était patron de Peugeot Sénat patron de Renault et ils nous disent bon ok 2035 c'est chaud mais en fait on sera prêt en 2030 en 2030 nous serons prêts à ne vendre parce qu'on parle bien de vente que des voitures électriques et puis d'un seul coup mais les allemands freinent et d'un seul coup vous avez l'extrême droite et les droites qui s'emparent d'un sujet sans rien connaître sans rien connaître à l'industrie automobile en disant regardez on veut vous enlever votre voiture et ça coûte cher en Chine l'Indonésie la Thaïlande le Brésil sont en train de nous rattraper sur les voitures électriques et en plus là-bas ils font des petits modèles ça coûte moins cher que les voitures thermiques donc ayons quand même l'intelligence de sauvegarder voire de développer nos industries européennes autour de ce sujet majeur

34:49
Présentateur

et de garder la date de 2035 pour l'interdiction

34:52
Invité

bien sûr parce que sinon comment vous voulez l'argument c'est de dire on est en retard sur la Chine et en fait s'arrêter reculer c'est rattraper le retard

35:00
Présentateur

ça n'existe pas Yannick Jadot il faut absolument qu'on parle du budget monsieur le sénateur puisque au Sénat justement la discussion arrive ce mardi les députés eux ils ont rejeté massivement le texte c'était vendredi soir les sénateurs de droite promettent aussi de tout détricoter bon alors question simple est-ce que vous croyez comme certains de plus en plus à l'hypothèse d'une loi spéciale

35:21
Invité

c'est une c'est peut-être aujourd'hui l'hypothèse la plus probable sauf sauf si on fait notre boulot vous savez c'est à dire moi j'ai défendu l'abandon du 49-3 je sais que c'est discuté aujourd'hui parce qu'au fond on s'enlève un outil qui permettrait peut-être d'adopter le budget de ne pas faire tomber le gouvernement ça se voit bien mais dans l'état de défiance où on était personne n'aurait cru le premier ministre le cornu arrivant en disant bon je garde le 49-3 mais je vous promets on fait les débats parlementaires et j'essaierai de ne pas l'utiliser personne ne l'aurait cru donc là on a fait un premier pas vers le parlementarisme c'est une bonne nouvelle mais regardez ce qui se passe là là où on a un problème vous avez raison madame il n'y a aucun compromis c'est qu'en fait le parlementarisme c'est trois choses un effectivement les députés les sénateurs votent et ils décident la deuxième chose pour qu'un système parlementaire fonctionne c'est qu'il y ait des accords pas simplement parce qu'un système à 2500 amendements je veux dire un accord global en gros avec les instabilités et les divisions à l'assemblée évidemment tout le monde voit les lignes rouges dix fois franchies et enfin je veux dire il y a un député qui a voté pour un député c'est la blague absolue bon

36:45
Yannick Jadot

est-ce que vous demandez le retour du 49-3

36:48
Invité

non je demande qu'avant la seconde lecture à l'assemblée parce que là les républicains vont faire n'importe quoi au sénat maintenant qu'ils se sentent en dehors du gouvernement qu'ils se sentent hors jeu donc ils vont revenir sur ils vont casser un peu plus nos outils sociaux et bon bref donc il va y avoir une seconde lecture à l'assemblée moi ce que j'ai toujours demandé c'est qu'avant cette seconde lecture il y ait la tentative d'un accord global entre les écologistes les socialistes et le bloc central pour voir quels sont nos grands équilibres parce qu'on se perd parfois dans les débats ça fait longtemps en effet que vous l'avez fait cette proposition vous demandez les socialistes ils disent nous nous nous on est éventuellement sur un accord de nos censures mais jamais on ira vers un compromis jamais mais ils font déjà des compromis je veux dire on a fait des compromis sur un certain nombre de votes il y a eu des positions bon si vous voulez le cornu a démarré avec le budget de Bayrou qui était évidemment inacceptable pour tout le monde on a eu cette phase on connaît maintenant en fait le champ de bataille est-ce qu'on est capable avant la seconde lecture de se dire voilà quel est le niveau de déficit qu'on réduit quelles sont nos nouvelles recettes qui paye quelles sont les baisses de dépenses sur quoi comment on fait pour protéger les populations les classes populaires et moyennes et comment on investit quand même dans l'avenir moi j'ai un sujet c'est le logement je pense que ce sujet qui est la préoccupation première première première des français elle est passée sous silence c'est une sorte de spirale du silence autour du logement sur cette idée de compromis Sébastien Lecornu je crois veut en tout cas recevoir les chefs de parti et les chefs de groupe la semaine prochaine est-ce que vous dites il doit être au coeur de ce compromis ou le compromis doit être trouvé en dehors du Premier ministre ce qu'il faut il faut que ce soit l'un ou l'autre parce que pendant ces premières semaines Attal renvoyait à Lecornu qui renvoyait à Attal ça ça peut pas marcher donc il nous faut on a fait les parlementaires ont le pouvoir de comme dans toute coalition parlementaire et bien il faut un accord et ça sera pas un accord de coalition à l'allemande parce qu'on est à un an des élections qu'on est dans l'urgence et tout ça mais qu'on ait un accord sur les grands équilibres et la troisième chose s'il n'y a pas de dissolution il nous faut la proportionnelle avant 2027 si on n'a pas la proportionnelle on va continuer à avoir un parlement aussi ah ben quand vous avez la proportionnelle la logique de la proportionnelle c'est que vous savez que vous n'allez pas gouverner seul vous allez gouverner par compromis et donc vous n'arrivez pas en disant ah ben moi j'ai mon programme c'est tout tout ça ou rien donc il nous faut ça et encore une fois souvenons-nous le budget alors c'est des taxes c'est des machins tout ça mais c'est l'école de nos enfants c'est ce qu'on fait dans les quartiers populaires et je l'ai dit il y a un sujet si c'est l'extrême droite qui récupère le sujet du logement qui est l'espace de dignité l'espace d'intimité l'espace parfois de souffrance en ce moment avec les vagues de froid si c'est l'extrême droite qui s'en empart on aura tout perdu c'est notre sujet il faut le faire

40:02
Présentateur

Yannick Jadot vous êtes l'invité de questions politiques on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui et celle qui dévoile nos invités c'est Alix Bouillaguet elle fouille les archives

40:17
Invité

vous resterez vous resterez dans l'histoire monsieur le président de la république le président de l'inaction climatique parce qu'au fond vous êtes un climato arrangeant vous préférez signer des armistices avec les lobbies plutôt que de mener la guerre contre le dérèglement climatique

40:39
Yannick Jadot

nous sommes le 19 janvier 2022 on vient de vous entendre

40:44
Invité

c'était le seul débat de la campagne présidentielle

40:46
Yannick Jadot

exactement vous étiez à la tribune du parlement européen effectivement pendant 6 minutes vous étriez Emmanuel Macron venu inaugurer la présidence française du conseil européen pour votre famille politique c'est le moment fort de cette campagne présidentielle mais à l'arrivée votre candidature fait pchit 4,63% seulement dans votre camp certains disent que vous auriez dû multiplier ce genre de coup d'éclat mais que non décidément vous n'aimez pas la castagne est-ce qu'il faut être radical chez les Verts pour réussir ?

41:17
Invité

alors il y a plusieurs questions un j'aurais aimé et je m'étais préparé au débat ce qui était le coeur d'une campagne présidentielle je pense que notre pays souffre terriblement qu'il n'y ait pas eu de campagne présidentielle parce que comme c'est l'élection maire dans notre pays on a besoin de purger démocratiquement les grands sujets même quand on perd on se dit au moins il y a eu un débat un arbitrage c'est le vote donc on souffre qu'il n'y ait pas eu de campagne donc j'aurais aimé avoir des débats pas simplement avec le président Macron mais évidemment avec les autres candidats à l'élection présidentielle après moi j'ai toujours porté une écologie réalo je l'assume complètement je le raconte dans mon bouquin moi je suis pour une écologie des compromis je suis pour une écologie qui ne flatte pas les militants mais essaye de convaincre celles et ceux qui doutent et il y en a beaucoup aujourd'hui vous voyez bien comment finalement malheureusement l'écologie politique est en train sur le fond de disparaître du paysage politique ça ne me convient pas

42:20
Yannick Jadot

mais c'est ce qui est surprenant dans votre profil c'est que les coups d'éclat médiatiques ça vous connaît vous avez fait des études d'économie de développement à Paris-Dauphine vous partez en mission humanitaire au Burkina face au Pio-Bangladesh et l'activisme s'impose d'abord pour l'ONG Solagral qui conseille associations et syndicats agricoles puis chez Greenpeace est-ce que paradoxalement aujourd'hui vous n'êtes pas trop sages on entend Marine Tondelier on entend Sandrine Rousseau vous avez du mal à vous imposer on va dire dans le son médiatique

42:54
Invité

peut-être vous avez raison j'avoue que j'éprouve certaines difficultés avec la façon dont se mène le débat politique aujourd'hui je ne vais pas vous raconter d'histoire j'ai écrit un bouquin qui essaye de démontrer c'est un livre enquête sur pourquoi nos sociétés n'avancent pas qu'est-ce que doit devenir l'écologie politique je ne fais pas un bouquin sur ma vie mon oeuvre ce que je veux dire c'est que aujourd'hui je pense que les françaises et les français attendent du compromis ils le disent à chaque enquête ils attendent des formes de modération de bienveillance de sérénité mais reconnaissons que ça n'est pas et vous êtes des expertes du débat médiatique ça n'est pas ce qu'on valorise aujourd'hui dans le débat médiatique on préfère le buzz à l'argument l'invective à la controverse et des coupables aux solutions mais est-ce que

43:55
Yannick Jadot

vous n'auriez pas dû finalement peut-être avoir une autre stratégie je reviens à votre bascule politique en 2009 vous cofondez Europe Ecologie pour réanimer des verts qui sont en crise vous faites élire au Parlement votre mentor Daniel Cohn-Bendit est devenu macroniste en 2017 et vous vous justement qui prenez une écologie de gouvernement est-ce que ça ne vous a jamais traversé l'esprit de se dire allons-y

44:19
Invité

allons-y

44:19
Yannick Jadot

avec Emmanuel Macron faire cette fameuse écologie de gouvernement Daniel Cohn-Bendit a fait le grand saut

44:26
Invité

d'accord enfin regardez le bilan là on va être à moins 0,8% de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre quelles sont les grands l'écologie avec la jeunesse et les associations et l'aide publique au développement sont les budgets les sacrifiés on est mais vous prêchez dans le désert

44:48
Yannick Jadot

Yannick Jadot

44:49
Invité

oui non mais attendez vous connaissez trop la politique pour penser que quand vous êtes ministre c'est vous qui décidez en dehors de Bercy en dehors du premier ministre en dehors du président de la république je vois sur une autre chaîne là sur un de vos écrans Jean-Louis Borloo il a payé très cher le fait que tous les engagements que nous avions construits au Grenelle de l'environnement ont été sabordés par le président de la Sarkozy à l'époque et dit l'environnement ça commence à bien faire le président Macron a dit il faut faire une pause environnementale rénovation des logements divisé par 3 3 vagues de froid 30% des français ont froid aujourd'hui 40% des français n'arrivent pas à payer et on réduit là où il y a 100 000 emplois à mettre sur la rénovation des logements aide à la mobilité on parle de la voiture électrique réduction par 3 fonds verts de nos collectivités pour nous adapter

45:46
Présentateur

vous mèneriez une autre politique je crois on a compris Yannick Jadot le temps avance je vous emmène sur la carte blanche on vous a demandé comme tous les dimanches de venir avec une carte blanche un focus sur quoi ce dimanche votre carte blanche

45:59
Invité

justement parce que on est souvent percuté par les mensonges le lait les idées les idées les comportements vils ma carte blanche c'est autour du beau de la beauté quand j'étais à cette marche blanche hier il y avait du beau au sens de il y a quelque chose qui nous dépassait quelque chose qui faisait fraternité quelque chose qui nous rapprochait qui nous réconciliait j'ai ressenti la même chose le 13 novembre sur les cérémonies du 13 novembre et je ressens la même chose quand je suis dans la nature moi je pense qu'il faut il y a du beau partout qui nous entoure chez les personnes comme dans la nature il faut retrouver nos capacités d'émerveillement le beau c'est quelque chose à la fois qu'on ne maîtrise pas et je pense que l'humanisme c'est quoi le message que vous voulez faire passer ?

c'est qu'il y a plein de choses super dans la société il y a plein de choses la nature est magnifique il faut la protéger d'abord parce qu'elle est magnifique moi je n'ai jamais dit il faut sauver la planète il faut l'aimer je n'ai jamais dit presque il faut sauver l'humanité comme espèce je veux dire c'est une des espèces qui doivent disparaître il faut la sauver comme culture comme civilisation et je pense que dans notre société on est percuté encore une fois par le mensonge par le lait et qu'il y a dans le beau une vérité qui s'impose à nous et je pense que on ne peut pas on ne peut pas simplement être soulagé on ne peut pas simplement vivre un moment de soulagement quand il y a les JO parce que d'un seul coup on refait société et ne pas s'intéresser à ce qui nous anime et ce qui est supérieur j'ai vu cette semaine un tableau de de la tour qui est en ce moment en exposition quand vous écoutez de la musique quand vous regardez

47:48
Présentateur

est-ce que vous êtes contre les actions radicales écologistes par exemple quand on jette de la sauce tomate

47:53
Invité

sur du beau ça oui en plus on le fait déjà je suis contre parce que je pense que la nature et la culture c'est exactement le même combat mais quand vous le faites sur Van Gogh qu'a magnifié le beau de la nature par sa beauté intérieure et bien je trouve ça je pense que personne ne comprend rien et je pense que ça ne nous aide pas

48:13
Présentateur

vous êtes contre ce genre d'action vous dites aussi on ne fait rien de pire et là c'est en référence à Sandrine Rousseau chez les écolons on ne fait rien de pire que de condamner les barbecues c'est le pire ça

48:24
Invité

ben oui parce qu'en fait qui est et nous le portons un débat sur et un enjeu sur la réduction de notre consommation de vente c'est une évidence tous les médecins le disent tous les climatologues le disent en revanche s'attaquer à ces moments de convivialité c'est toujours mettre les écologies dans quelque chose où on va vous dicter votre vie et effectivement l'écologie politique que je porte et ben aujourd'hui quand les françaises et les français comme dans toutes les démocraties sont angoissés par le futur tétanisé angoissés par le présent qui s'interroge sur leur identité et ben oui on doit répondre à ce sujet là parce que c'est une angoisse on ne peut pas laisser l'extrême droite répondre seul à cette angoisse intime et collective de la société française avec un registre de nationalisme xénophobe

49:12
Présentateur

l'écologie politique à quoi ressemblera-t-elle en 2027 c'est la séquence de Françoise Fresseuse

49:17
Invité

y a-t-il place pour une candidature écologique serez-vous vous candidat à la prochaine élection présidentielle c'est pas mon intention première je l'ai déjà dit pas première mais ça peut être seconde non mais moi je laisserai pas le paysage politique de 2027 sans l'écologie pour laquelle je me suis battu et qui concerne énormément aujourd'hui d'entreprises énormément de collectivités de chercheurs évidemment de citoyennes et de citoyens engagés qui ont je crois envie que nos sujets ne disparaissent pas de l'agenda politique et que vous voyez bien il n'y a plus que les écolos qui parlent d'écologie et trop souvent je trouve qu'ils n'en parlent pas comme il faudrait alors Marine Tandelier est candidate à l'élection présidentielle est-ce que vous allez la soutenir au nom de cette défense de l'écologie politique écoutez j'ai une relation très saine et très amicale avec Marine Tandelier qui fait un boulot extraordinaire mais on se dit les choses très franchement et qu'est-ce que vous lui dites très franchement la ligne politique qu'elle défend aujourd'hui ne me convient pas alors dites-moi pourquoi parce que en fait l'écologie aujourd'hui c'est devenu la thérapeute de couple de la gauche entre les insoumis et les socialistes c'est-à-dire qu'en fait notre rôle c'est d'organiser la gauche et je pense qu'il y a quelques années et je pense que c'est une nécessité absolue nous devons recomposer le paysage politique autour de nos sujets qui sont essentiels je l'ai dit les usines le logement évidemment derrière le climat et l'agriculture bon et donc moi je ne satisfais pas que là là là encore une fois l'écologie politique soit réduite à ce rôle d'animateur de la gauche et puis avec une sorte de où on bidore les enjeux de valeur où on considère qu'en fait on invite toute la gauche du NPA à Hollande de Mélenchon à Glucksmann à participer à une prime donc ça veut dire quoi c'est-à-dire que si Mélenchon il la gagne nous soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon c'est un no-go pour moi même pas il y a une telle dérive sur les questions démocratiques est-ce qu'un profil à la Glucksmann ça vous convient mieux ?

on va voir on va voir qui s'affirme pour l'instant personne n'est en campagne moi je ne connais pas le projet de Raphaël Glucksmann ni des autres personnes du spectre que j'appelle la social-écologie en fait qui est la gauche non-mélenchoniste aujourd'hui qui va de Ruffin à Glucksmann à Marine Tondelier donc j'attends de voir quelle sera l'offre qui sera sur la table est-ce que et je l'espère nous pourrons cheminer ensemble à avoir une candidature commune mais moi effectivement je veux une écologie qui pèse dans le débat politique qui permet d'agir et qui convainc les non-convaincus ou celles et ceux qui doutent c'est-à-dire élargir y compris par exemple le macroniste macroniste de gauche ou je ne sais pas bien ce que ça veut dire aujourd'hui macroniste de gauche il y a une telle dérive du macronisme alors que c'est l'aile gauche du macronisme à ce moment-là voilà mais à eux et à elles de se retrouver quand je lis Pascal Canfin et il est aujourd'hui chez Macron défendre l'industrie automobile ou critiquer au fond une bonne partie de ce qu'est le macronisme aujourd'hui j'espère qu'il se retrouvera dans cette sociale écologie mais c'est leur démarche ça n'est pas moi encore une fois la question c'est comment on s'adresse à la société et je dis dans ce livre j'explique à quel point nous devons avoir une approche absolument obsessionnelle du vécu et du quotidien des français je veux dire en fait c'est pas les limites de la planète le climat la neutralité carbone et au bout de 5 minutes quand vous avez perdu tout le monde vous parlez du logement on commence par le logement on va transformer votre logement on va améliorer votre santé on va faire que votre quartier vive et que les associations soient présentes et si ça permet et ça permettra de lutter contre le dérèglement climatique vous voyez c'est une inversion complète de notre de nos hiérarchies

53:18
Présentateur

on termine avec 50 secondes de vrai ou faux je démarre sous les halles sur un camion poubelle devant une piste cyclable vous ne ratez aucune vidéo de Rachida Dati en campagne à Paris vrai ou faux ?

53:30
Invité

alors je les rate

53:31
Présentateur

vrai ou faux ?

53:32
Locuteur non identifié

je ne sais pas je n'ai pas compris la question est-ce que je regarde les vidéos de Rachida Dati ? non

53:37
Présentateur

il faut interdire Chine vrai ou faux ? c'est pas vrai ou faux

53:42
Invité

c'est oui

53:42
Présentateur

il faut reprendre les propositions de la convention citoyenne sur les temps scolaires

53:47
Invité

ah oui c'est ce que j'avais porté dans ma campagne présidentielle je suis très heureux que les conclusions corroborent ce que j'ai porté pour améliorer et évanouir nos enfants vous voyez ils mettent l'éveil à l'émerveillement et à la nature

54:01
Présentateur

vous avez refusé le ministère de la transition écologique que vous a proposé François Bayrou vrai ou faux ? Raphaël Glucksmann a raté cette semaine son duel face à Éric Zemmour vrai ou faux ?

54:10
Invité

je suis désolé j'étais entre le congrès des maires entre les congrès des maires et le débat budgétaire mais il y a des replays parfois je n'ai pas regardé

54:18
Présentateur

vous achèterez le livre de Nicolas Sarkozy le journal d'un prisonnier vrai ou faux ?

54:22
Invité

sûrement pas j'achèterais plutôt celui des victimes du décès 10 des 170 victimes dont 54 français qui sont morts du fait des terroristes libyens avec qui Nicolas Sarkozy a fait des affaires

54:34
Présentateur

Yannick Jadot merci d'avoir répondu à nos questions politiques à toutes et tous un excellent week-end donc