AQC 97 : L'EUROPE SE MOQUE DE L'ETHIQUE COMME DES VIES D'EXILES EN MEDITERRANEE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:56Invité politiqueChiffre
« plus de 80 % de nos votes sont communs au Parlement européen, qui a étudié plus de 15 000 votes qu'on a fait depuis le début du mandat. »
- 5:48Invité politiqueFait
« des députés qui sont mis en cause s'apprêtent à revenir au Parlement européen. »
- 7:15Invité politiqueFait
« cette autorité n'a aucun pouvoir d'enquête et de sanction. »
- 8:38Invité politiqueFait
« ils vont faire siéger dans cette autorité éthique, non pas des experts indépendants ou des ONG. Ce serait intéressant d'avoir Anticor, Transparency International, et cetera Non, ce qu'ils vont proposer, c'est d'avoir de nouveau des députés, des commissaires européens des gens qui sont juges et parties. »
- 9:22Invité politiqueChiffre
« Budget ridicule, c'est 600 000 € de budget. Pour vous donner une idée, c'est trois fois moins que le prix des valises de billets qui ont été trouvés dans le scandale du Qatargate. »
- 13:39Invité politiqueFait
« les autorités grecques ont tenté de tracter le bateau en dehors des eaux territoriales grecques et que ce serait à ce moment là qu'il aurait chaviré. »
- 15:07Invité politiqueChiffre
« Frontex tout singulièrement. Je rappelle que c'est l'agence européenne qui est la mieux financée. Je vous parlais de mon autorité éthique indépendante tout à l'heure, c'est 5 milliards d'euros de budget pour Frontex »
- 17:19Invité politiqueChiffre
« 25 000 personnes mortes en mer Méditerranée depuis 2014. »
- 18:04Invité politiqueFait
« cette solidarité, elle prévoit seulement 30 000 relocalisations par an de migrants. Donc c'est une solidarité très faible. Et surtout, elle donne la possibilité aux États membres de l'Union européenne de dire : “non, Moi, je ne veux pas trop accueillir de migrants et à la place, je paye 20 000 € par migrant que je n'accepte pas”. »
- 19:32Invité politiqueFait
« vous pourrez même être expulsés vers des pays qui seraient considérés soi disant comme sûrs. Mais c'est au choix et à la discrétion des États. »
Temps de parole
- Manon Aubry100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à toutes et tous, Bienvenue dans ce nouvel AQC. Alors pas trop d'originalité dans le décor, On revient à ce que vous connaissez bien le petit studio du bureau à Paris et je vous tourne cet AQC alors qu'on sort tout juste de l'assemblée représentative de la France insoumise. On a eu une journée de travail avec des représentants de tous les départements, ce qui nous a permis à la fois de faire le bilan de la séquence sociale qui a été six mois de mobilisation historique. Macron croit qu'il a gagné. Moi, je pense qu'il a perdu et que ça ne s'est pas encore traduit. La question, c'est comment ça va se traduire dans les prochaines semaines et les prochains mois ?
Aujourd'hui, le pouvoir d'Emmanuel Macron ne tient qu'à un fil, celui des Républicains. Quand on doit son sursis politique au soutien des républicains, j'ai envie de dire le mec qui est plutôt mal barré. Et du coup, ça a été le moment de faire un petit bilan de la séquence. L'utilité et le rôle de la France insoumise, d'avoir collecté plus d'un million d'euros en soutien aux grévistes et puis évidemment, de se tourner vers l'avenir, se tourner vers l'avenir et de se dire stratégiquement quels sont nos objectifs dans les mois qui viennent ? De faire le bilan de la NUPES, de dire à quel point c'est un bien précieux qu'il faut renforcer et en même temps qui est fragile, qui est fragile.
Parce que certains, au sommet de certaines organisations, veulent la fin et la mort de la NUPES. On est tout juste un an là, aujourd'hui, après le second tour des élections législatives qui nous a permis d'emmener plus de 150 députés à l'Assemblée nationale, et aujourd'hui, il faut passer à une nouvelle phase. Si demain on veut être l'alternative à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen, alors il faut renforcer la NUPES et dire c'est le cadre qui va permettre d'accéder et d'exercer le pouvoir, pas juste pour exercer le pouvoir, mais pour changer la vie des gens. Et donc on a travaillé aussi dans le cadre de cette assemblée représentative.
Un texte d'orientation qui permet de poser les jalons de la collaboration de la NUPES pour dépasser juste le seul cadre parlementaire à l'Assemblée nationale lui donner une réalité de terrain. C'était intéressant de voir que la situation est en fait assez différente d'un département à l'autre. Et puis surtout, nous disons aussi une nouvelle chose, c'est que nous sommes prêts à ouvrir des discussions programmatiques avec les autres organisations de la NUPES sur la question européenne pour étudier la possibilité d'une liste commune aux élections européennes.
C'est pour ça, vous qui me regardez vous toutes et vous tous, qui êtes insoumis inscris sur la plateforme, on vous invite à voter sur ce texte d'orientation pour nous donner un mandat et nous dire si vous êtes d'accord avec la nécessité d'approfondir la NUPES, d'avoir une liste commune aux européennes, de travailler à l'unité et finalement de dépasser le blocage des institutions et des organisations par la base, lui donner de la force. Et vous, vous donnez mandat pour engager le débat aussi localement et démontrer la nécessité de faire cause commune aux élections européennes. Parce qu'on peut l'emporter.
Parce qu'il y a une nouvelle étude de la Fondation Rosa Luxembourg qui est sortie la semaine dernière, qui démontre que plus de 80 % de nos votes sont communs au Parlement européen, qui a étudié plus de 15 000 votes qu'on a fait depuis le début du mandat. Et puis, il y a aussi un espoir qui est venu des organisations de la jeunesse qui nous montrent la voie. Les organisations jeunes NUPES ont signé une tribune ensemble la semaine dernière dans le JDD pour nous dire unissez vous et ouvrons le chemin d'un travail programmatique commun. Et donc j'ai envie de leur répondre. Nous sommes prêts à cela et c'est ce que dit ce texte en substance.
Donc vous toutes et vous tous qui nous ont regardé insoumis, insoumis. Vous avez jusqu'au 28 juin pour voter sur ce texte et j'espère que ça permettra aussi de servir d'électrochoc pour renforcer, solidifier la NUPES à un moment où on en a plus que jamais besoin. Au vu de la menace de l'extrême droite, de la colère contre Emmanuel Macron qui continue à ne rien faire contre la flambée des prix. Et puis sur des sujets qui sont aussi essentiels au niveau européen. Et c'est de ça dont je vais vous parler après cette longue introduction d'AQC qui est à la fois le combat qu'on mène sur les questions éthiques au niveau européen.
Et puis, évidemment, le drame, un nouveau drame tragique en mer Méditerranée avec un bateau qui a chaviré. On va voir que la responsabilité de l'Union européenne est majeur dans ce drame et on va voir comment, enfin, nous, à gauche, on doit affronter la question migratoire dont on doit absolument pas avoir peur. Malgré l'extrême droite qui l'agite, un peu comme une espèce de menace. Je vous décris tout ça et pourquoi finalement c'est utile qu'on continue à faire cause commune sur tous ces sujets, Aller c’est parti ! D'abord, je voulais commencer par vous causer d'un de mes dadas qui est la question de l'éthique, de la lutte contre la corruption et les lobbies au niveau européen.
Vous allez me dire que je vous soule avec ça, mais parce que le combat avance et en même temps on se fout un peu de notre gueule et c'est ça que je voulais un peu vous décrire. Vous vous souvenez ? La bataille, le scandale du Qatargate, avec des députés européens qui prenaient des valises de billets qui se faisaient acheter notamment par le Qatar. On est à peu près six mois après. Et d'ailleurs des députés qui sont mis en cause s'apprêtent à revenir au Parlement européen. Donc on va les croiser dans les couloirs. Moi, ce qui me frappe le plus, c'est qu'en fait ils vont revenir dans un Parlement européen où quasiment rien n'a changé.
Et aucune leçon n'a été tirée de cette affaire, alors que très clairement, ce n'était que la face émergée de l'iceberg et qu'en dessous il y a un iceberg beaucoup plus gros à cause des pratiques d'opacité au Parlement européen qui fait que finalement il est facile pour des députés de rendre des comptes à des lobbies privés ou à des états tierces plutôt qu'à des citoyens, parce que tout est fait pour que rien ne filtre de la décision européenne. Et moi, vous me connaissez, Ça fait des années qu'on se bat depuis le début du mandat sur ce sujet. J'avais lancé l'alerte avant que le scandale n'éclate pour dire Mais il y a un problème sur l'influence du Qatar au Parlement européen.
Au moment de l'émotion, on a réussi à faire voter des résolutions. Et puis très vite, les promesses sur le cœur Allez, pouf enterré, circulez, y'a rien à voir. Et il y a une de ces promesses là sur laquelle on a vraiment bataillé, qu'est la question de mettre en place une autorité éthique indépendante. L'idée, c'est que on ne va pas demander à des criminels de se juger soi même. Donc il faut sortir de la dynamique d'autocontrôle en matière éthique au niveau européen et il faut mettre en place un cadre indépendant avec des règles, des moyens d'investigation.
Et on leur dit c'est eux qui sont en charge de vérifier qu'il n'y a pas de conflits d'intérêts, que des députés ne travaillent pas en même temps qu'ils déposent des amendements pour des entreprises qui vont bénéficier de ces amendements. Je dis ça parce que je vous renvoie vers l’AQC où je parlais du devoir de vigilance des multinationales. J'ai encore eu le cas plein de fois. Et donc, cette autorité d'éthique indépendante La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, nous l’a promis en 2019, au début du mandat, puis après vous comprenez, il y a eu la crise du Covid, tout ça, bref. Pas prioritaire.
Et au moment où le scandale du Qatargate éclate, il y a six mois, ils nous disent “Cette fois ci, on va vraiment la proposer” très bien. On a attendu quatre ans, ça valait le coup d'attendre. On va avoir un truc intéressant. Pas de pot, j'ai envie de dire tout ça pour ça. C'était bien la peine qu'on attende quatre ans . Déjà ils ont repoussé encore de mois en mois. Et finalement, la semaine dernière, on a fini par avoir la proposition de la commission. Je vous le donne. En clair, en bref, et en net Ils se foutent de notre gueule !
cette proposition d'autorité éthique indépendante n'a d'autorité, d'éthique et d'indépendance que le nom En gros pour faire simple, cette autorité n'a aucun pouvoir d'enquête et de sanction. Donc quand bien même les règles ne seraient pas respectées, tranquille, c'est un peu des règles qui ne servent pas à grand chose. Si derrière vous n’êtes pas sanctionnés. En fait, cette autorité indépendante, c'est un peu un club de lecture où on va écrire des règles communes. Sauf qu'ils vont prendre le plus petit dénominateur commun à toutes les institutions européennes. Et en plus, ils vont faire siéger dans cette autorité éthique, non pas des experts indépendants ou des ONG.
Ce serait intéressant d'avoir Anticor, Transparency International, et cetera Non, ce qu'ils vont proposer, c'est d'avoir de nouveau des députés, des commissaires européens des gens qui sont juges et parties. Vous imaginez les petits copains qui vont se protéger entre eux et c'est exactement ce qui va se passer. En plus de cela, le champ d'application est très limité. Donc tous les fonctionnaires de la Commission européenne sont sortis du champ d'application. Donc globalement, les lobbies pourront continuer à passer par eux et 99 % des acteurs des décisions européennes sont exclus. Et cerise sur le gâteau évidemment, Budget ridicule, c'est 600 000 € de budget.
Pour vous donner une idée, c'est trois fois moins que le prix des valises de billets qui ont été trouvés dans le scandale du Qatargate. Et je crois que c'est quinze fois moins que le budget de l'agence Frontex dont je vais vous parler après et qui est absolument problématique. En gros, leur autorité éthique indépendante pour agir contre la corruption et les conflits d'intérêts. C'est comme si on voulait agir pour la sécurité routière en fixant la limite de vitesse à 300 kilomètres heure et en enlevant tous les radars. Vous pouvez être sûr que niveau sécurité routière, ça ne fera pas beaucoup de progrès.
C'est exactement la même chose au niveau lutte pour, pour l'éthique et contre la corruption. Bref, nous, on va demander à ce que la Commission européenne revoie de fond en comble sa proposition et de revenir sur ce que serait un véritable contrôle éthique indépendant et une véritable autorité éthique indépendante digne de ce nom.
C'est une autorité qui a un budget pour agir, qui peut sanctionner, qui peut contrôler, qui peut mettre en place des règles qui couvrent un large champ, que ce soit la question du pantouflage, les allers retours entre la Commission européenne et le privé, que ce soit la question de l'encadrement des lobbies privés, des États qui ont la mainmise sur les institutions européennes, des rémunérations annexes des députés qui se trouvent pas assez bien payés pour faire la loi. Tout ça, ça doit être régulé. Et le fond, l'affaire c'est lutter contre la culture de l'opacité. Au Parlement européen, j'en ai la conviction.
Si le cœur des discussions ne se déroulait pas à huis clos, comme c'est le cas, mais de manière publique, et moi, je fais partie des rares députés qui va vous raconter ce qui s'y passe. Mais la vérité, c'est que les citoyens n'y ont pas accès. Alors on continuera à maintenir cette culture de l'impunité où les représentants européens font n'importe quoi, font n'importe quoi, pas tous évidemment, mais ont la possibilité de faire n'importe quoi. Et c'est pour ça qu'il faut remettre de l'ordre. Faire le ménage dans les institutions européennes et je pense que ce sera un des gros enjeux des élections européennes de l'an prochain.
La question qui devrait être posée pour ces élections est ce que vous voulez continuer comme cela avec des lobbies qui ont pignon sur rue pour faire la loi ? Ou est ce que vous voulez faire le ménage, remettre de la transparence, remettre de l'éthique, contrôler l'activité des députés qui sont payés par l'argent public, qui sont payés pour agir, pour faire des lois progressistes et vous voyez que c'est possible quand on mène les batailles. Je vous l’ai montré sur le devoir de vigilance, mais en même temps, clairement, on a été parasité par des lobbies et c'est la raison pour laquelle il nous faut absolument des règles de contrôle. Et nous, on va continuer à se battre pour ça.
Et en tout cas, vous pouvez compter sur moi pour continuer à lancer l'alerte. Deuxième sujet d'actu européen dont je voulais absolument vous parler, qui est le terrible naufrage qui a eu lieu en mer Méditerranée la semaine dernière. D'ailleurs, petite anecdote frappante et qui est en même temps assez symptomatique de la manière dont l'Union européenne traite ce type de drame. C'est que la semaine dernière, on était en session plénière au Parlement européen et devant l'hémicycle, il y avait un livre d'hommage. Donc moi, je me suis dit naïvement ça doit être un livre d'hommage pour les centaines de personnes disparues dans ce drame.
Non, c'était pour Silvio Berlusconi, celui là même qui a mené des politiques anti-migrants. Et personne n'a vu le problème au Parlement européen. Bref, je ferme cette parenthèse parce que ça m'a vraiment choqué. Pour en revenir à ce qui s'est passé la semaine dernière, vous en avez tous entendu parler ! C'est probablement l'un des pires naufrages de ces dernières dizaines d'années dans la mer Méditerranée. Un bateau avec à son bord plus de 750 personnes, une centaine de rescapés. 78 corps ont été retrouvés, mais des centaines de disparus. Il y avait notamment des enfants dans les cales.
Bref, c'est une situation assez horrible et on a tous les images et les scènes d'horreur potentielles en tête. Mais surtout, ce qu'il faut en retenir, c'est comment on en est arrivé là, comment des hommes et des femmes et des enfants meurent noyés en mer Méditerranée ? D'abord parce qu'il semble que les autorités grecques, d'après un certain nombre de témoignages. J'ajoute au passage que les rescapés, les autorités grecques, les ont parqués dans un centre de rétention pour surtout qu'ils ne parlent pas aux journalistes. Mais il semble que les autorités grecques ont tenté de tracter le bateau en dehors des eaux territoriales grecques et que ce serait à ce moment là qu'il aurait chaviré.
Donc, double faute à la fois non-assistance à personne en danger et en plus, ils ont tenté de directement rejeter la faute en renvoyant en dehors des eaux territoriales grecques, ce qui est une pratique assez commune et qui est déjà arrivé un certain nombre de fois de la part des autorités grecques et des pratiques de refoulement qui sont complètement illégales d'un point de vue du droit international. Et puis, Frontex, qui est l'agence européenne de gestion des frontières, aurait vraisemblablement repéré le bateau la veille. Elle aurait refusé de lui porter assistance sous le prétexte que les gens dans le bateau n'auraient pas fait la demande.
Mais sauf que, en fait, un bateau en grande difficulté, surchargé et dont les gens risquent de se noyer, on ne demande pas l'autorisation, excusez moi. Est ce que vous voulez vous noyer ? Non, en fait, c'est un devoir en droit maritime. C'est d'ailleurs codifié. Et Frontex, et là aussi, porte une lourde responsabilité. Et là aussi, ce n'est pas la première fois de la part de Frontex. Et on voit ce jeu de ping pong morbide insupportable, qui est en train de se dérouler depuis plusieurs jours entre les autorités grecques et Frontex qui disent c'est pas moi, c'est l'autre. Mais à la fin, il est probable que les deux portent une responsabilité très lourde. Et Frontex tout singulièrement.
Je rappelle que c'est l'agence européenne qui est la mieux financée. Je vous parlais de mon autorité éthique indépendante tout à l'heure, c'est 5 milliards d'euros de budget pour Frontex, C'est 10 000 hommes prévus d'ici 2027. C'est 17 bateaux, c'est quatre avions et des hélicoptères. Tout ça pour quoi ? Pour laisser les gens mourir en mer Méditerranée. Voilà le bilan de Frontex. Et d'ailleurs, je vais plus loin que ça. Frontex. On a documenté avec des ONG et notre groupe comment l'agence en réalité dissimule voire contribue à des refoulements.
Que je vous ai expliqué complètement illégaux de migrants en les renvoyant notamment dans les eaux et les terres libyennes où ils savent pertinemment qu'ils vont se faire torturer. Bref, c'est un jeu morbide, insupportable, dont le bilan est celui là. 25 000 personnes mortes en mer Méditerranée depuis 2014. Voici le bilan de leur politique de l'Europe forteresse. C'est pour ça que nous allons demander, avec mon groupe de la gauche, une commission d'enquête pour tirer au clair la responsabilité des autorités grecques et la responsabilité de Frontex dans ce terrible drame dont je formule un vœu.
C'est que le Parlement européen rende hommage à ces migrants et en tire toutes les conclusions et les responsabilités. Alors, à l'extrême droite qui cible directement les ONG, je veux rappeler que non seulement l'assistance en quand des gens sont en train de se noyer est un devoir d'humanité le plus élémentaire. Mais surtout, je veux leur rappeler qu'on monte jamais sur un radeau de survie dans des conditions de surcharge, comme on monte sur un bateau de croisière et que personne n'a fait le choix de dire tiens, je vais traverser la mer Méditerranée au péril de ma vie que dans ce bateau, il y avait notamment plusieurs centaines de Syriens qui fuient la guerre.
Et oui, ils n'avaient pas d'autre alternative. Mais je pense qu'il faut aussi désormais déconstruire parce que tout ça se déroule dans un contexte où l'Union européenne est en train de durcir sa politique en matière migratoire pour que la forteresse se barricade encore plus à double, à triple, à quadruple tour et que ce drame arrive une semaine après un accord au niveau européen sur le pacte asile et immigration. Cet accord pour vous donner les grandes lignes. Il est présenté comme fermeté et solidarité. Mais en réalité, c'est surtout la fermeté qui prévaut. En gros, il y a deux volets. Il y a un premier volet qui prévoit soi disant une solidarité obligatoire dans l'accueil des migrants.
Sauf que cette solidarité, elle prévoit seulement 30 000 relocalisations par an de migrants. Donc c'est une solidarité très faible. Et surtout, elle donne la possibilité aux États membres de l'Union européenne de dire : “non, Moi, je ne veux pas trop accueillir de migrants et à la place, je paye 20 000 € par migrant que je n'accepte pas “. Donc, on met un prix sur une vie humaine.
Je ne sais pas quelle va être la prochaine étape faire un marché un marché des migrants comme on a fait un marché carbone, je sais pas vu que Union européenne aime beaucoup le marché et on voit très bien que il y a une approche assez cynique en fait dans cela et que la nécessaire solidarité qu'il devrait y avoir entre les États membres pour aider l'Italie, la Grèce, ces Etats qui accueillent en priorité les migrants. Mais en réalité, si on les redistribuait à l'ensemble des Etats membres, ce serait un infime pourcentage au regard de la population européenne. Mais non. En fait, c'est cette idée qui prévaut que finalement on peut se débarrasser du problème.
Et surtout, le deuxième volet qui est le plus problématique, c'est celui de l'externalisation et de l'accélération des procédures de demande d'asile qui, de facto, sont une attaque au droit d'asile qui est lui aussi protégé dans le droit international. Globalement, tout est fait pour que votre demande d'asile ne puisse plus être examinée dans l'Union européenne, mais soit encouragée à être examinée en dehors de l'Union européenne à la frontière et que vous pourrez entrer sur le territoire européen que si on est sûr de votre droit d'asile. Sauf que des gens parfois. En fait, ils n'ont pas d'autre choix de quitter leur pays puisqu'ils sont en guerre.
Et surtout, vous pourrez même être expulsés vers des pays qui seraient considérés soi disant comme sûrs. Mais c'est au choix et à la discrétion des États. Dans le même temps, l'Union européenne multiplie la signature la signature d'accords de la honte. Il n'y a pas d'autre mot pour justement renvoyer les migrants, par exemple avec la Libye ou la Tunisie. La Libye, grande démocratie comme tout le monde le sait. L'objectif, c'est simple, c'est de refouler un maximum les migrants en dehors de l'Union européenne qui doit se barricader encore plus. En bref, Meloni, Orban ont gagné. Ils ont gagné la bataille culturelle.
On criminalise les migrants, on criminalise les ONG qui viennent leur leur venir en aide, qui leur viennent en aide. On refoule en mer et on externalise l'examen des demandes d'asile. Bref, c'est le vœu et l'espoir de l'extrême droite qui est en train de se réaliser. Et ce débat, c'est exactement le même en France. Macron il fait exactement la même chose en France avec sa loi asile-immigration où il agite les peurs, Il présente aussi fermeté et humanité. On va régulariser des travailleurs sans papiers, mais on ne va pas vraiment leur donner de perspectives d'intégration. Et surtout le revers de la médaille. On va faciliter les expulsions.
On va faciliter aussi les OQTF, même si on ne sait pas très bien où est ce que les migrants vont être envoyés et s'ils sont renvoyés dans des pays sûrs. Bref, on voit très bien que le gouvernement en la matière il court derrière les Républicains qui eux mêmes courent derrière le rassemblement national. J'ai envie de dire entre l'original et la copie. Je ne sais pas très bien quelle est la différence. Notre rôle à nous là dedans, évidemment. C'est un combat culturel difficile, un combat politique qui est difficile. Mais je pense qu'il faut tenir la tranchée, tenir la tranchée de notre devoir d'humanité.
Et moi, j'ai envie de dire à tous ces fachos néo fachos là vous voyez quelqu'un mourir devant vous se noyer en mer Méditerranée, Vous le regardez en disant tu l'as bien cherché ? Non, évidemment qu'on a un devoir d'humanité, d'accueil digne des migrants. D'avoir un corps européen de sauvetage en mer. C'est ce qu'on continue à défendre plutôt que cette agence Frontex de cow-boys qui laissent les gens mourir. On a besoin d'une vraie véritable solidarité entre les États membres qui soit une solidarité obligatoire et non pas les États peuvent dire finalement je n'en veux pas en donnant un prix aux migrants.
Et surtout, on a besoin que le droit d'asile et le droit international soient respectés et non pas externalisés comme veut le faire l'Union européenne. Bref, toute cette politique, c'est qui commence par un accueil organisé et coordonné. C'est la seule politique qui est raisonnable, qui est humaine et qui est réaliste. Toute autre politique revient à faire de la non-assistance à personne en danger et je pense que ce serait complètement irresponsable de le faire. Et donc cette bataille à mener au niveau européen. Parce que je peux vous dire que ce rapprochement droite extrême droite en France sur ces sujets, on a la même chose au niveau européen.
Et ce drame, je crois en mer Méditerranée, nous rappelle la responsabilité de mener ce combat Fin de ce 97ᵉAQC on arrive bientôt à 100, ça nous fait prendre un coup de vieux. On voit que là, on arrive vers la fin de mandat. D'ailleurs, la porte est toujours ouverte aux suggestions. Dites nous qu'est ce qu'on fera ? Qu'est ce qu'on peut faire de chouette et qui réponde à vos attentes pour le 100ᵉ AQC qui arrive maintenant très bientôt. Donc n'hésitez pas à nous faire des suggestions en commentaires d'ailleurs. Entre temps, on a gagné plein de nouveaux gens qui nous suivent et tout.
Donc si vous passez par là pour la première fois, vous pouvez vous abonner pour avoir les notifications pour les prochaines vidéos et nous faire des retours de manière plus générale et likez si vous aimez bien bref tout ça, vous êtes des grands youtubeurs. De toute façon, si vous nous regardez. Moi je vous laisse sur plein de choses, plein de combats qu'on va mener là d'ici l'été, Je vous en reparlerai. On mène la bataille notamment contre la mise en concurrence au niveau européen du fret. Alors alors, ils nous donnent des leçons sur le Lyon-Turin et en réalité, ils sont en train de solder le fret au niveau français.
Parce que vous comprenez, la Commission européenne l’a demandé pas mal de combat aussi à mener d'ici l'été sur un certain nombre de textes. Climat. Je vous en reparle parce que la droite et l'extrême droite continuent à être à l'offensive. Bref, on ne va pas s'ennuyer. Mais en attendant, puisque je vous laisse comme d'hab sur une chanson. Et puisque Macron pense qu'il a gagné la bataille des retraites, je vais lui faire la démonstration inverse et que même les rappeurs qui d'habitude parlent pas trop de politique. JUL si vous le connaissez forcément c’est un des rappeurs français les plus connus qui d'habitude vraiment parle pas de politique.
Dans sa dernière chanson, il a placé une petite ref à la réforme des retraites. 64 ans, si je me souviens des paroles exactes : “64 ans, la retraite le peuple tu le respecte pas” un truc comme ça. En gros il s'adresse à Manu pour dire ta réforme des retraites. On n'en veut pas. J'ai envie de dire voilà, si même JUL le dit, je crois qu'on a tous raison et que un jour ou l'autre, Emmanuel Macron on l'aura. Même si Richard Ferrand dit que peut être il faudrait changer la Constitution pour aller avoir un troisième mandat, Non, j'ai dit que je vous ai laissé sur une note positive, pas sur comment Macron va étendre son règne en France. Rassurez vous, on ne va pas le laisser faire.
Donc je vous laisse avec JUL. Et puis je vous retrouve pour le prochain AQC !
Manon Aubry