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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 26 août 2024 68 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Matignon : le coup de poker de Mélenchon #cdanslair 24.08.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'on peut dire que c'est rusé? Pas de ministre LFI mais un gouvernement qui appliquerait toutes les mesures du Nouveau Front populaire.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    A.Oberdorff, votre regard sur ce coup de poker?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Ce sera difficile pour E.Macron de dire qu'il ne veut pas L.Castets car derrière elle, il y a les Insoumis?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous interprété le fait qu'ils étaient très satisfaits hier, les représentants du NFP avec E.Macron?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça met dans l'embarras même un L.Wauquiez, qui disait qu'il voulait censurer LFI?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'E.Macron est pris de court? Est-ce qu'il faut qu'il sorte un nom de son chapeau, sinon, L.Castets va s'imposer?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00J.-L.MélenchonPromesse
    « Je voudrais poser une question au gouvernement Matignon. Le gouvernement de madame L.Castets, s'il ne comportait aucun ministre insoumis, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure et à lui permettre d'appliquer le programme pour lequel nous sommes arrivés en tête des élections législatives? »
  • 7:00A.SchwartzbrodFait
    « G.Attal a fait une longue lettre hier dans laquelle il détaille tous les ministres LFI qu'il ne voudrait pas voir. »
  • 13:00A.OberdorffFait
    « J.-L.Mélenchon reprend le fil de l'histoire en se remettant dans le rôle de Thorez. »
  • 17:00A.BerthelierFait
    « Il abat cette carte dans un week-end de concertation à l'Elysée qui devait permettre à E.Macron d'acter l'impossibilité de nommer L.Castets à Matignon. »
  • 23:00M.SzafranFait
    « Le président de la République ne s'y attendait pas. Personne ne s'y attendait. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Yeah ... - A.de Tarlé: Bonsoir à toutes et à tous.

Un Parlement de gauche issu du NFP, mais sans ministre LFI. Le leader de LFI ajoute une condition. Alors que tous les partis de droite et du centre refusent l'idée de voir des ministres issus de LFI au gouvernement.

J.-L.Mélenchon abat sa dernière carte.

Cette proposition de J.-L.Mélenchon a-t-elle une une chance d'aboutir?

Que faire en cas de blocage, alors que tout le monde a en tête la prochaine élection présidentielle? C'est le sujet de ce "C dans l'air". Pour répondre à ces questions, nous accueillons A.Schwartzbrod, directrice adjointe de la direction de "Libération".

En une hier, ce titre: "Finie la vacance". "Macron et Matignon, une comédie qui a trop duré". M.Szafran, vous êtes éditorialiste au magazine "Challenges".

A.Oberdorff, vous êtes journaliste politique à "L'Opinion". A.Berthelier, vous êtes journaliste politique au "Huffpost".

Les discussions de Matignon avec les autres partis ont de quoi doucher les espoirs du NFP, on va revenir sur cette proposition de J.-L.Mélenchon qui était l'invité du journal d'A.-C.Coudray. - J.-L.Mélenchon: Je voudrais poser une question au gouvernement Matignon.

Le gouvernement de madame L.Castets, s'il ne comportait aucun ministre insoumis, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure et à lui permettre d'appliquer le programme pour lequel nous sommes arrivés en tête des élections législatives? - A.de Tarlé: Est-ce que l'on peut dire que c'est rusé?

Pas de ministre LFI mais un gouvernement qui appliquerait toutes les mesures du Nouveau Front populaire. - A.Schwartzbrod: Ca y est, il renverse la table.

Tout est bloqué depuis quelques jours. On voit bien que ça ne risque pas de s'arranger. Il fait cette proposition qui est assez maligne.

G.Attal a fait une longue lettre hier dans laquelle il détaille tous les ministres LFI qu'il ne voudrait pas voir. Il va être un peu embêté.

Que va-t-il répondre? Il y a un tel rejet de la part d'E.Macron de la gauche.

Pour l'instant, le problème, c'est LFI, mais il n'y a pas longtemps, G.Darmanin disait que s'il y avait des ministres écologistes, il s'opposerait à ce gouvernement. Il est facile aussi de trouver une autre façon de désavouer un gouvernement du NFP.

Tous les moyens vont être bons pour éviter de nommer un gouvernement NFP. Mais c'est amusant parce que cela remet les choses. Ca renverse la table et ça va être très intéressant de voir comment tout le monde se repositionne par rapport à cette proposition. - M.Szafran: C'est un coup politique au sens propre.

Il a été écrit qu'il y avait l'hypothèse que J.-L.Mélenchon fasse cette hypothèse.

Il faut être précis avec nos téléspectateurs. Il parle de la censure préalable. Tant parmi les macronistes qu'à droite, on a dit que s'il y avait un ministre ou un secrétaire d'Etat issu de LFI au gouvernement, on vote immédiatement la censure.

Mais sur les textes qui vont suivre, sur la politique qui va suivre, il y aura sans doute... - A.de Tarlé: A priori, on ne censure pas le gouvernement. - M.Szafran: C'est exactement cela que demande J.-L.Mélenchon et c'est plus que malin.

Sur le plan politique, c'est très intelligent. C'est la position du Parti communiste en 1936 au moment du Front populaire. Ils soutiennent le Front populaire sans participation. - A.de Tarlé: Parce que c'était un épouvantail? - M.Szafran: Encore pire que LFI aujourd'hui.

C'est un vrai coup politique au sens le plus fort de ce que peut être un vrai coup politique. - A.de Tarlé: A.Oberdorff, votre regard sur ce coup de poker? - A.Oberdorff: J.-L.Mélenchon reprend le fil de l'histoire en se remettant dans le rôle de Thorez.

Il est gagnant dans tous les coups. Si un gouvernement de L.Castets est nommé et qu'il est entravé dans son action et qu'il ne peut pas appliquer tout le programme du NFP, il sera de l'extérieur, il aura tout le loisir de matraquer ses partenaires en tenant des positions maximalistes.

Et dans ce cas-là, il refabrique une nouvelle génération de sociaux-traîtres et il ouvre une voie vers 2027. Si l'efficacité est censurée assez rapidement et que les macronistes prendraient le prétexte de la présence des écologistes pour renverser ce gouvernement, J.-L.Mélenchon aura beau dire que la diabolisation ne le concerne pas simplement lui...

Les Insoumis et leur conflictualité permanente sont un prétexte. Il est temps que tout le monde se rallie à sa position, celle d'une gauche de rupture. Il n'y a qu'en voulant abattre communément la citadelle qu'ils arriveront à leur fin.

Dans les 2 cas, c'est très habilement joué à un moment où nous étions dans une paralysie totale. - A.de Tarlé: Ce sera difficile pour E.Macron de dire qu'il ne veut pas L.Castets car derrière elle, il y a les Insoumis? - A.Berthelier: Ce qui est macabre, c'est le timing.

Il abat cette carte dans un week-end de concertation à l'Elysée qui devait permettre à E.Macron d'acter l'impossibilité de nommer L.Castets à Matignon.

C'était le sens des négociations vendredi et ça devait aussi être le cas avec le RN. On envisageait peut-être même une petite parole du président de la République pour acter le fait qu'il avait sondé tous les partis. Avec le NFP, ça n'était pas possible.

J.-L.Mélenchon sort du bois à ce moment-là.

C'est le moment parfait pour faire un mouvement et cela rend la tâche des macronistes encore plus compliquée aujourd'hui. Ils sont arrivés devant 2 solutions délicates à assumer. La première, c'est de dire que c'est d'accord pour le gouvernement de L.Castets, mais le gouvernement ne veut pas de la gauche au pouvoir.

Ils ont un programme trop éloigné. Et le deuxième choix, c'est de dire: toujours pas de gouvernement du NFP, même sous les Insoumis. Et ils prendraient le risque de passer pour les mauvais joueurs, voire d'alimenter un peu le procès antidémocratique qui leur est fait à gauche. - A.de Tarlé: C'est l'enseignement majeur des consultations d'hier à l'Elysée.

Un gouvernement avec des ministres LFI serait immédiatement censuré. De quoi faire douter de la nomination de L.Castets à Matignon et attiser la colère de J.-L.Mélenchon.

Il a fait sa grande rentrée ce week-end dans la Drôme. Voici notre reportage. - Union réclamée, enthousiasme affiché pour les militants Insoumis réunis aux universités d'été du parti, galvanisés par un J.-L.Mélenchon qui presse E.Macron d'arrêter son choix pour Matignon. - Il se transforme en Premier ministre à la place du Premier ministre.

C'est quoi, la suite? Cela fonctionne comme une vis sans fin, le dérèglement. Je n'en fais qu'à ma tête, alors je continue à n'en faire qu'à ma tête.

Cela s'appelle un autocrate qui dirige tout seul. - J.-L.Mélenchon agacé car l'hypothèse de L.Castets à Matignon pourrait bien s'éloigner.

C'est l'analyse de la presse au lendemain de la 1re journée de consultation à l'Elysée. Dans les colonnes du "Parisien", un témoin se confie. "Je pensais qu'il consultait pour la forme.

Le sentiment que ça donne, c'est qu'il n'a pas d'option viable." A l'issue du déjeuner entre le président et les représentants du bloc central, une certitude se dégage. En cas de présence de ministres Insoumis dans le gouvernement, ils voteront une motion de censure.

Même ligne rouge ici. - Les valeurs de LFI sont en rupture avec les valeurs de la France et notamment la laïcité. Plusieurs élus tiennent des propos antisémites et leur approche est extrémiste.

Nous avons appelé très clairement ce qui serait notre position si un gouvernement devait compter les membres de LFI, nous voterons immédiatement une motion de censure. Les Français n'ont pas voté pour porter la France insoumise de Mélenchon au pouvoir et nous assumerons notre responsabilité. - Réplique immédiate de J.-L.Mélenchon ce midi par médias interposés. - A mon tour de poser une question au chef des 3 partis macronistes de la droite.

Le gouvernement de madame L.Castets, s'il ne comportait aucun ministre Insoumis, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure et d'appliquer le programme pour lequel nous sommes arrivés en tête des élections législatives? Répondez-nous.

Si vous nous répondez non, on dira que les ministres Insoumis, c'est un prétexte. C'est du programme dont vous ne voulez pas. Vous ne valez pas plus cher que monsieur Macron. - J.-L.Mélenchon ouvre-t-il la porte à un gouvernement de L.Castets sans LFI? - Aujourd'hui, dans les hôpitaux et dans les urgences, il y a des gens qui meurent parce que c'est mal géré.

On ne peut pas accueillir tout le monde dignement. - Il y a un énorme programme commun qui peut changer la vie des gens dès qu'il est appliqué dans plein de domaines. Sur l'écologie, la vie, la retraite.

C'est hyper important que ce soit mis en place rapidement et c'est là-dessus que le NFP se concentre. - Le président pourrait annoncer le nom du nouveau Premier ministre en début de semaine prochaine. - A.de Tarlé: Question de Louise.

Si J.-L.Mélenchon valide un gouvernement NFP sans LFI, y a-t-il encore un obstacle à la nomination de L.Castets à Matignon? - A.Schwartzbrod: A priori, non.

Mais E.Macron n'en fait qu'à sa tête. Il y avait quelque chose de lunaire quand on entendait les échanges entre les uns et les autres.

Il y a un côté très condescendant d'E.Macron qui a perdu les 2 derniers scrutins. Il a reconnu hier qu'il y avait eu une envie d'une autre politique de la part des Français par leur vote.

Souvenons-nous quand même qu'il y a eu au soir des législatives à gauche, une espèce de vent d'espoir qui a soufflé...

Comme si une charte se soulevait, et le bonheur d'avoir pu faire obstacle au RN. Tout cet espoir, toute cette envie d'une autre politique, puisque objectivement, ça ne marche pas. La France, depuis tout ce temps, ne marche pas.

Il y a quelque chose qui ne va pas. Les gens ont envie d'autre chose. Cette réforme des retraites qui a été passée au forceps, cela poursuit E.Macron.

Il refuse de le voir et il refuse de l'entendre. Il parle aux responsables de gauche comme s'il était le maître d'école qui donne des consignes, qui tape sur les doigts quand il faut et qui dit que madame Castets n'a pas assez d'expérience. Mais c'est quelqu'un qui a perdu et qui n'a plus de solution.

Certains élus LFI ont eu des propos indignes. Mais sans LFI, il n'y aurait pas eu le NFP. Il n'y aurait pas du tout cet espoir et toute cette envie d'autre chose.

Et surtout, ce barrage au RN. Et sans LFI, madame Borne ne serait peut-être pas là. Et ça lui permet aujourd'hui de demander la tête de Renaissance.

Il y a 30 élus de la majorité qui ont été élus grâce au désistement du LFI. Ce sont des gens qui peuvent parfois avoir des propos irresponsables, mais dans les moments importants comme celui qui a eu lieu aux dernières législatives qui ont su se montrer responsables. - A.de Tarlé: Comment avez-vous interprété le fait qu'ils étaient très satisfaits hier, les représentants du NFP avec E.Macron?

M.Bompard a dit: "E.Macron est spécialiste pour vous dire ce que vous avez envie d'entendre." C'est ce qu'il a dit hier? - A.Oberdorff: L.Castets a eu droit à un grand oral de l'ENA, y compris la question sur la Nouvelle-Calédonie.

Mais pour être honnête, il y a toujours une part de mise en scène dans les consultations à l'Elysée tant à l'entrée qu'à la sortie. Il y a eu un peu de pensée magique à dire qu'avec E.Macron, on s'approchait de la nomination de L.Castets, qu'il avait une utilité relative sur la nécessité d'une réorientation et d'un changement de cap dans la conduite des affaires du pays.

Et qu'il était disposé à inclure toutes les forces républicaines car LFI a permis l'élection de 35 députés Renaissance. Mais il y avait à ce stade un peu de pensées magiques et de volonté de croire que la nomination de L.Castets était possible.

Ce qui change la donne, c'est la déclaration de J.-L.Mélenchon sur le soutien sans participation.

Toutes les consultations qui s'en sont suivies hier, nous avions un G.Attal qui nous disait: "Comment pouvez-vous imaginer que nous pourrions présenter nos policiers comme des assassins et nos patrons comme des bandits? C'est orthogonal avec notre vision de la République." Il va faire faire preuve de beaucoup de ruse de leur part pour justifier auprès des Français qu'ils ne nomment pas L.Castets.

Le timing est désormais contraint entre les débuts des Jeux paralympiques mercredi et le départ du président de la République à l'international. - A.de Tarlé: Refuser la nomination de L.Castets, il faut dénoncer le programme.

On va vous dire qu'il faut restaurer le programme, l'école. - M.Szafran: Que ce soit plus compliqué, il n'y a pas l'ombre d'un doute.

Le coup de J.-L.Mélenchon rebat les cartes.

Le président de la République ne s'y attendait pas. Personne ne s'y attendait. Maintenant, il y a beaucoup de choses à dire sur le programme.

Il faut expliquer aux Français ce problème-là, que ça va être très difficile pour le président de la République et l'actuelle Premier ministre, d'ici la semaine prochaine. Les Français ne comprendraient plus que le Premier ministre ne soit pas nommé dans les jours qui viennent. Il va falloir qu'E.Macron "prenne sa chance" et qu'il annonce aux Français ce qu'il va se passer dans les jours qui viennent. - A.de Tarlé: Est-ce que ça met dans l'embarras même un L.Wauquiez, qui disait qu'il voulait censurer LFI?

Il va laisser se constituer un gouvernement L.Castets? - A.Berthelier: Ca met dans dans l'embarras énormément de monde, le camp présidentiel, L.Wauquiez et une partie de la gauche.

Il faut regarder les opposants à O.Faure, qui exacerbent un peu les tensions avec LFI ces derniers temps pour pousser leur vision, et donc une rupture avec LFI. Aujourd'hui, ils sont silencieux, depuis l'appel de J.-L.Mélenchon.

Aujourd'hui, c'est silence radio. Ca embarrasse beaucoup de gens. Je voulais revenir sur le programme. - A.de Tarlé: On va s'intéresser au programme, maintenant que la perspective de L.Castets à Matignon n'est plus plausible. - A.Berthelier: Ce n'est plus le même débat.

Si on en vient à discuter du programme, c'est autre chose. E.Macron pouvait argumenter son refus de mettre le NFP à Matignon parce qu'il se ferait censurer par une coalition qui ne voulait pas de LFI.

Il ne parlait pas forcément du programme. Il ne parlait pas forcément d'un programme radical, qui allait nous ruiner. En tout cas, pas en public.

Si le débat se déplace sur "le programme est dangereux, vous avez mal voté", ce n'est pas le même débat et c'est beaucoup plus compliqué. - M.Szafran: On ne va pas discuter en 4 jours.

Le président de la République et les Français ont maintenant 3 ou 4 jours devant eux. On ne va pas discuter sur le fond, dans le détail, du programme du NFP. C'est ce qu'il faudrait faire, mais une fois de plus, le temps nous est compté, volé.

On passe de campagne en campagne sans que jamais on puisse arguer sur l'essentiel: le programme. On va avoir 3 ou 4 jours grand maximum. C'est une situation complètement dingue. - A.de Tarlé: A.Berthelier parlait de l'aile centriste du PS qui était embarrassé.

Est-ce que F.Hollande endosse le programme du NFP, qui est à peu près l'opposé de ce qu'il a fait quand il était président? - A.Oberdorff: Au PS, il est évident que F.Hollande... - A.de Tarlé: Quel regard portent-ils sur ce programme? - A.Oberdorff: Pour eux, c'est tout sauf un programme socialiste.

Ils souffrent de voir J.-L.Mélenchon, devant ses partisans, dire que le programme du NFP est assez inspiré du programme de la Nupes.

J.-L.Mélenchon prend un malin plaisir à le rappeler.

Tous les marqueurs de radicalité sont au rendez-vous, sur l'abrogation de la réforme des retraites, sur le Smic à 1600 euros...

J.-L.Mélenchon, même s'il reste à l'extérieur du gouvernement de L.Castets, aura réussi quelque chose: arrimer l'ensemble de la gauche à une gauche de rupture.

C'est pour lui une victoire idéologique. Il raisonne en termes de bataille culturelle, J.-L.Mélenchon.

C'est ce qui compte. Là, c'est cranté. S'il un gouvernement arrive au pouvoir avec cette feuille de route, peu importe après qu'il y ait M.Bompard ou M.Panot en son sein.

Les marqueurs sont là. Il pourra prendre à témoin le peuple de gauche. - M.Szafran: Ce n'est pas tout à fait ce qu'a dit L.Castets.

Dans les derniers jours, elle elle a eu une approche beaucoup plus raisonnable du programme, avec des compromis. Maintenant, il faut dire la vérité: les leaders socialistes qui ont signé ce programme ne croyaient pas une seconde qu'il y aurait une possibilité d'être au gouvernement. Ils se retrouvent dans un piège sur un point du programme absolument terrible. - A.de Tarlé: Est-ce qu'on pourrait imaginer que certains finissent par se détacher de ce programme? - A.Schwartzbrod: Il y a ce qu'on propose quand on est en campagne électorale.

Il faut un cadre. Ce programme est un compromis entre les différentes branches de la gauche. - A.de Tarlé: Mais très inspiré du programme de J.-L.Mélenchon. - A.Schwartzbrod: Oui, mais la rénovation des services publics, qui est l'une des priorités, que l'on soit à la droite de la gauche ou à la gauche de la droite, tout le monde est d'accord.

Même la hausse du Smic à 1600 euros...

La gauche a une politique radicalement différente de celle de la majorité, qui est le fameux "ruissellement". Les macronistes sont pour une politique de l'offre qui fait que les plus riches doivent s'enrichir encore plus pour faire ruisseler l'argent vers le bas. On a bien vu que ça ne marchait pas.

La gauche essaye de proposer une politique de la demande, en disant que c'est en redonnant des moyens aux couches les plus basses de la société qu'on va faire repartir l'économie. Il va y avoir un gros problème de déficit. Il y a beaucoup de dépenses à faire, dans un premier temps.

Le problème du déficit va se poser, si la politique de la gauche est mise en oeuvre. On a bien vu, ces derniers jours, que L.Castets commençait à dire qu'on pourrait peut-être discuter, aménager.

Si elle devait être nommée à Matignon, si elle devait constituer une équipe avec essentiellement des socialistes, des écologistes, peut-être des gens de la société civile...

Ils sont de gauche, mais ils ont entendu ce que demandent les Français. Les Français demandent un gouvernement le plus élargi possible, avec une politique qui fonctionne le mieux possible. Au NFP, ils ont entendu cette demande des Français. - M.Szafran: Il faut tout de même rappeler que le futur possible gouvernement de L.Castets, y compris sans ministre LFI... - A.de Tarlé: On parle de l'abrogation de la réforme des retraites, de la hausse du Smic, de l'augmentation des salaires pour les soignants...

C'est difficile de voter contre. - M.Szafran: Sur le Smic, il y a toute une partie, depuis le RN...

Les choses ne sont pas claires. Mais sur chacun de ces dossiers, il peut éventuellement y avoir une motion de censure. - A.Schwartzbrod: Sur la retraite, au RN, ça va être compliqué. - M.Szafran: C'est un gouvernement qui sera minoritaire.

On est dans une situation très compliquée. - A.de Tarlé: "Jean-Luc Mélenchon a-t-il demandé l'avis des Insoumis avant d'évoquer la non-participation de LFI à un gouvernement L.Castets?" - A.Berthelier: J'ai écouté religieusement le grand oral de J.-L.Mélenchon hier à Valence.

Je le sais particulièrement agacé quand nous, journalistes, laissons penser qu'il agit seul et que ses lieutenants ne seraient que des perroquets. De mon point de vue, oui, quand J.-L.Mélenchon décide de prendre tout le monde de vitesse, il n'a pas besoin de s'entourer d'un aéropage de conseiller.

La fameuse purge, les investitures retirées aux dernières législatives nous en ont apporté la démonstration. - A.de Tarlé: Est-ce qu'E.Macron est pris de court?

Est-ce qu'il faut qu'il sorte un nom de son chapeau, sinon, L.Castets va s'imposer? Mardi, il sera bien obligé d'avoir L.Castets et son programme. - A.Berthelier: J'en ai l'impression.

Pour l'instant, c'est silence radio. E.Macron a longtemps fait des paris sur la gauche.

Il s'est souvent trompé sur la gauche. Avant les élections législatives, il pariait sur une gauche désunie, sur laquelle il allait pouvoir surfer. Après les législatives, rebelote, mais cette fois, avec la nomination de quelqu'un pour Matignon.

Je pense qu'il est pris de court. Il lui reste maintenant 2 jours de consultations s'il veut respecter son calendrier. - A.de Tarlé: Est-ce que le bloc central, face à la perspective d'une L.Castets et son programme à Matignon, pourrait mettre de l'eau dans son vin et s'accorder sur des noms qui étaient jusque-là rejetés, comme B.Cazeneuve, X.Bertrand ou le maire de Saint-Ouen, K.Bouamrane? - M.Szafran: Le bloc central, pour l'instant, c'est mythologique.

Macron n'a plus de soutien dans son camp, aujourd'hui. C'est tout son problème. Qui sont ses soutiens?

E.Philippe? G.Attal?

F.Bayrou? E.Philippe trouve que son ami E.Macron se trompe sur tout depuis 3 mois.

Toutes ses analyses sur la gauche, dont on avait l'impression qu'elles étaient fondées, se sont révélés...

Tout ce qui a été prévu par E.Macron sur le plan de ses rapports à la gauche a échoué. Il est tout seul.

Il est aujourd'hui tout seul. Il a 3 jours pour prendre la bonne décision. - A.Schwartzbrod: Si ça se trouve, la récente sortie de J.-L.Mélenchon va peut-être lui donner un prétexte.

Que ce soit pour faire durer les consultations, pour faire durer le plaisir. Il va peut-être dire qu'il faut qu'il reconsulte. Mardi, il voulait reconsulter, alors qu'il n'y avait rien de prévu au départ.

Il va essayer d'étirer le plus longtemps possible ce temps qui est un peu suspendu, pendant lequel c'est encore lui le meneur. Pendant ce temps suspendu où il est seul en son palais à recevoir...

Il reçoit. Pour lui, c'est agréable, il est au centre, il doit décider. Pour l'instant, tous les regards convergent vers lui.

Il n'est pas impossible qu'il fasse durer ce moment le plus longtemps possible. - A.Oberdorff: Il y a une expression très juste qui avait été trouvée par un communicant, qui était que progressivement, le maître des horloges se meut en spectateur du sablier.

S'il est au centre du jeu, il n'y a plus de fusible. Le fusible est le Premier ministre, dans notre Ve République. Donc ça devient lui, de fait.

Si on ne veut pas s'enliser dans une crise institutionnelle qui nous emmène vers des solutions extrêmes...

Je vous passe le déclenchement de l'article 16 de la Constitution et les pleins pouvoirs... - A.de Tarlé: J.-L.Mélenchon a de nouveau agité la menace d'une destitution. - A.Oberdorff: Il y a cette menace de la part des Insoumis.

Et enfin, l'hypothèse déjà écartée par le président de sa démission. Il n'en reste pas moins qu'il n'y a plus cette interface entre le président de la République et les Français qui est le Premier ministre. Le fusible devient donc E.Macron. - A.de Tarlé: Est-ce que ce coup de poker de J.-L.Mélenchon, qui rend plus crédible la possibilité de voir L.Castets et son programme en rupture à Matignon, ne peut pas débloquer des choses dans le bloc central et remettre sur la table certains noms qu'on avait peut-être un peu balayés?

B.Cazeneuve, K.Bouamrane, le maire socialiste pro-business et pro-sécurité de Saint-Ouen, ou d'autres noms issus de la société civile?

On avait cité le nom de l'ancien patron de Michelin. - A.Berthelier: On verra la réaction des prétendus soutiens au président de la République.

C'est à leur réaction que l'on mesurera leur soutien. Il n'y a pas de prise d'initiative de G.Attal par rapport à ce que veut le président de la République non plus.

E.Macron fait comprendre depuis des semaines que lui-même ne veut pas de LFI au gouvernement. G.Attal a suivi cela.

Est-ce que ça peut créer une ouverture? J'ai plutôt l'impression que ça crée une ouverture pour L.Castets.

J'ai plutôt l'impression que ça affaiblit les hypothèses de K.Bouamrane ou B.Cazeneuve. - M.Szafran: Selon les propos qui nous ont été rapportés par nos collègues journalistes, le président de la République aurait reconnu que LFI appartenait à l'arc républicain.

Il y a eu une phrase comme ça. Il faut en tenir compte. Ca peut jouer dans le choix qu'il va annoncer.

Si, in fine, il choisit la candidate du NFP, il va se raccrocher à cette phrase et à l'attitude qu'a eue le NFP et Mélenchon durant les élections législatives. - A.de Tarlé: Si on appliquait cette recette, on aurait donc un gouvernement avec L.Castets à sa tête et des ministres issus du PC, des écologistes et des socialistes? - A.Schwartzbrod: Et pourquoi pas des personnalités de la société civile, des techniciens, comme on dit? - A.de Tarlé: C'était en 1981, la dernière fois qu'on a eu des ministres communistes?

Ah, non, c'était sous Jospin. - A.Schwartzbrod: Ca peut être un gouvernement.

Ils ne sont pas obtus, au NFP. Ils ont entendu les problèmes suscités par leur possible arrivée au pouvoir. S'ils sont malins, ils vont ouvrir au maximum le gouvernement pour pouvoir essayer de tenir le plus possible et, pourquoi pas, à une personnalité de centre ou de centre-droit?

Pourquoi ne pas créer de la surprise en essayant d'intégrer quelqu'un qui serait compatible avec ce programme? De toute façon, je ne vois pas quelle est l'alternative. - A.de Tarlé: Tous les autres noms qui circulent, vous n'y croyez pas? - A.Schwartzbrod: Il faut voir aussi sur le moyen ou le long terme, ce que n'a pas voulu voir E.Macron.

La réforme des retraites a créé la colère du printemps dernier. S'il ne nommait pas L.Castets ou quelqu'un du NFP, cela créerait une telle colère chez les gens de gauche, que tôt ou tard, il finirait par le payer d'une manière ou d'une autre.

Tout autre personnalité risquerait la censure de la même façon que L.Castets. Il faut passer par L.Castets.

Il faut la nommer. On essaye de lui faire confiance 5 minutes, essayer de composer un gouvernement avec des ministres qui tiennent la route et qui sont les plus ouverts possible et on voit ce qui se passe. Et ensuite, on imagine autre chose.

Mais cela pourrait créer une trop grande passion que de passer à côté de cette carte. Ce sont des gens qui se sont assis sur leurs divergences et qui ont réussi à trouver un nom qui leur convient à tous. C'est assez rarissime.

Il n'y a qu'à voir le boxon qu'il y a à droite aussi. Ils se détestent tous. Il y a un énorme boulot qui a été fait.

La moindre des choses serait d'en tenir compte. - A.Oberdorff: Pourquoi les hypothèses X.Bertrand ou B.Cazeneuve ne fonctionnent plus?

C'est parce que le mode de fonctionnement du macronisme pour mener jusqu'à quasiment leur extinction, si l'on regarde les LR, touche désormais à ses limites. On prend X.Bertrand, on n'est pas certains de la discipline de vote qu'il y aura ensuite, y compris venant des LR.

B.Cazeneuve est une figure qui, compte tenu de la topographie du groupe PS à l'Assemblée nationale, n'emporte personne dans son sillage. Les structures politiques, par des débauchage successifs, il ne peut plus jouer ce coup-là.

Nous sommes prisonniers du fait que l'échéance reine, c'est la présidentielle...

Jusqu'à la prochaine probable éventuelle dissolution dans 1 an, c'est quand même un sacré bourbier dans lequel va s'avancer notre future Première ministre. - A.de Tarlé: Le nouveau Premier ministre ne sera pas issu du RN.

Depuis les élections législatives, M.Le Pen et J.Bardella se font discrets.

Ils seront reçus à l'Elysée mardi matin. - A quelques jours du mois de septembre, Paris s'éveille et la classe politique fait sa rentrée. Première matinale radio de la saison pour P.Ballard, porte-parole du RN.

Et il l'assure, le moral est bon. - On est combatifs parce que nous avons eu un score que nous n'avions jamais eu auparavant. Ca nous renforce. - Aux législatives, le RN n'a pas obtenu de majorité absolue.

Mais avec 126 députés, plus qu'avant, le parti compte bien peser dans la bataille politique. Il ne participera pas au futur gouvernement et distribue les coups. - La situation est grave.

E.Macron nous a mis dans un bourbier sans nom. Pendant 1 an, la France va être bloquée. - Quant au scénario pour Matignon, aucune des coalitions imaginées ne peut selon lui. - On voit les noms s'égrainer dans cette coalition.

Même si elle voit le jour, elle n'a aucune chance d'être pérenne. Ce sont des gens qui, depuis 40 ans, sont au pouvoir et qui ont planté le pays. Centre-gauche, centre-droit.

On voit X.Bertrand, V.Pécresse, monsieur Cazeneuve.

Ils ont planté la France au niveau du déficit. Ils nous ont vendu la mondialisation heureuse. C'est un vrai cauchemar pour de nombreux Français.

Ce sont ces gens que l'on veut remettre à la tête du gouvernement. Ca n'a aucun sens. - Le ton est donné.

Après le tourbillon des élections législatives, le parti a été discret cet été. Quelques tweets. C'est le sport qui a fait réagir J.Bardella. - "La France a fait rêver le monde en faisant de la ville de Paris le décor somptueux de ces Olympiades et nos sportifs ont fait rêver les Français." - Un peu de politique pour M.Le Pen. "A quel titre L.Castets participait à la réunion de vendredi à l'Elysée concernant les chefs de parti les présidents des groupes parlementaires à l'Assemblée nationale et au Sénat?" Cette semaine, ce sont les lieutenants qui esquissent la stratégie du parti. - La seule issue politique possible, c'est que le président de la République procède à une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale.

Nous sommes d'ores et déjà en train de préparer les prochaines élections. Le pays ne peut pas se satisfaire de la situation dans laquelle il se trouve actuellement et nous envisageons de redresser le pays. Il nous faudra gagner les prochaines élections. - Des élus RN bien conscients de la désillusion de nombreux Français.

A Beauvais, le vote pour l'extrême droite a été majoritaire. Les tractations politiques de ces dernières semaines ont déçu les électeurs. - C'est dommage que le RN ne soit pas du tout représenté alors qu'une bonne partie de la population a voté pour eux. - On n'est pas pris en compte.

On n'est pas considérés. On est abandonnés et laissés au sort des citoyens. On voit depuis des semaines, et bientôt des mois, qu'il y a eu une dissolution et il n'y a pas de gouvernement qui se met en place.

On nous donne des dates et enfin de compte, rien n'est fait. - J.Bardella et M.Le Pen seront reçus à l'Elysée lundi prochain pour discuter du futur gouvernement. - A.de Tarlé: A.Schwartzbrod, le RN se fait rare depuis plusieurs semaines.

Est-ce que c'est une bonne stratégie? - A.Schwartzbrod: En général, ça leur réussit plutôt de rester en retrait et d'arriver pile au bon moment.

Le problème, c'est que le RN se nourrit de la colère des gens. Cette espèce de parenthèse qu'il y a eu avec les JO, et pas seulement à Paris, dans la France entière, c'était un tel soulagement après cette pesanteur des 2 scrutins coup sur coup, cette dissolution, les guerres...

Il y a eu une parenthèse. Chacun savait que c'était le moment de savourer la légèreté. C'est difficile pour le RN de se nourrir de cette joie.

On ne peut surfer sur rien. Il n'y avait pas de revendications. Ils ont préféré se faire petits pendant cette période-là, d'autant qu'ils avaient pris à juste titre pas mal de coups sur la tête pendant les élections avec les élus qui n'étaient pas des gens convenables.

Ils se sont dit: "Laissons-les profiter des JO et nous arriverons en sauveurs quand ils auront tous touché le fond." C'est ce qu'ils espèrent au RN, c'est que la situation se délite le plus possible et qu'ils apparaissent soi-disant comme les sauveurs. - A.de Tarlé: Ils se sont quand même pris une claque.

Ils devaient être à Matignon et ils sont arrivés en 3e position. - M.Szafran: Ils ne sont pas concernés par la discussion politique.

Ils n'entrent dans aucune majorité, sans aucune négociation. Cela ne les concerne pas. Et tant mieux.

C'est une position qui les renforce. Secundo, c'est très étrange qu'aucun de nous ne l'écrive, ils sont en crise. Ils ont réussi un score formidable aux récentes législatives, mais ils ont gagné.

Et toute la France a cru qu'ils allaient gagner. Et nous avons écrit qu'il était possible qu'ils gagnent. Pour eux, c'est un choc absolument incroyables, ils sont K.-O...

Et ils doivent s'interroger s'ils peuvent arriver au pouvoir? Est-ce que ces élections législatives ne montrent pas qu'il y a réellement 60 % des Français qui sont décidés à ce qu'ils n'arrivent jamais au pouvoir? Ils sont dans une réflexion extrêmement difficile et profonde. - A.de Tarlé: Il y a beaucoup de Français qui ne comprennent pas qu'un parti qui ait fait 10 millions de voix aux législatives soit totalement mis hors jeu, stigmatisé, mis sur la touche. - A.Berthelier: Depuis les élections législatives, certes, le RN a perdu, mais le climat actuel et la recomposition des forces ne lui est pas défavorable non plus.

Ils peuvent s'extraire de toutes ces discussions qui peuvent être vues comme des discussions de systèmes et d'appareils avec ces mots qui résonnent auprès de l'électorat du RN. Et ils sont quand même dans une position de faiseur de roi ou de reine à Matignon. Ils appuient sur le bouton de la motion de censure.

Ils ont, avec l'alliance d'E.Ciotti, 150 députés à peu près. Ils se sont fait bouter des postes à responsabilités.

Mais ils restent incontournables pour cette motion de censure. Ils vont être dans la position de pouvoir donner une bénédiction à un gouvernement ou non. Je pense que le contexte ne leur est pas complètement défavorable pour la suite. - A.de Tarlé: On disait que tout le monde avait en ligne de mire la présidentielle.

M.Le Pen plus que jamais? - A.Oberdorff: Le calme des vieilles troupes, c'est une expression de M.Le Pen.

C'est une expression employée par M.Le Pen. Le fait de se faire discrète contre les autres sont en train de se démener dans la mamaille politicienne pour revenir sur le devant de la scène.

Le RN a connu ce qu'ils espèrent être une croissance à la faveur des investitures aux élections législatives. Ils ont investi des profils avec des gens qui avaient des passifs de casiers judiciaires, avec des déclarations antisémites. Ils doivent engager un travail profond dans l'intégralité de leur fédération, un travail de ressources humaines pour épurer le système à la base, s'ils le peuvent.

C'est passé par la démission du directeur général du RN. Il y a un jeune eurodéputé qui fait aujourd'hui la revue de l'inventaire de toutes les fédérations. Donc, ce travail de fond, M.Le Pen, pensait que ça pourrait lui conférer une victoire différée, mais ce travail est indispensable aujourd'hui au RN. - A.de Tarlé: C'est ce qui conduit au blocage. - A.Oberdorff: Ils ont la conviction que chaque fois que le système en rajoute sur leur marginalisation, leur relégation, leur excommunication du champ républicain, ça ne fait que renforcer le sentiment des Français qui ont voté pour eux.

Donc, ils prospèrent sur cela. - A.de Tarlé: Est-ce qu'un triomphe de J.Bardella le 7 juillet dernier n'aurait pas un peu fait de l'ombre ou déstabilisé M.Le Pen qui vise le poste pour 2027? - A.Schwartzbrod: De ce point de vue, je pense qu'elle n'est pas mécontente qu'il ait pris un gros coup sur la tête.

Cela se voyait le soir et le lendemain. Il a déjà fait son mea culpa. On sentait qu'il accusait le coup.

Pour M.Le Pen, ce n'était pas une bonne nouvelle, parce que le RN se voyait au pouvoir. C'était quand même un gros travail à faire.

Et c'est pour ça aussi que J.-L.Mélenchon ne veut pas de Matignon car il vise la présidentielle.

C'est pour cela que dans la classe politique, tout est bloqué aujourd'hui. C'est à cause de cette fichue présidentielle. En ce moment, ce n'est pas le moment d'occuper Matignon pour gérer tout un tas de dossiers extrêmement difficiles: le déficit, les services publics, la Nouvelle-Calédonie.

Tout est une bombe à retardement. - A.de Tarlé: J.-L.Mélenchon et M.Le Pen ne veulent pas de gouvernement pour l'instant, pour à la limite se retrouver en duel. - A.Schwartzbrod: Plus ça va être catastrophique et plus ils vont se retrouver face à face. - M.Szafran: M.Le Pen et J.Bardella étaient convaincus que le front républicain, ça ne marchait plus.

La plupart d'entre nous ont écrit que le front républicain ne marchait plus. Mais cela a parfaitement fonctionné. Qu'est-ce qui prouve à M.Le Pen, à J.Bardella et à nous, que dans 1 an, s'il y a des prochaines élections législatives, le front républicain ne fonctionnera pas aussi bien que cette année?

Ca fait des années qu'on nous explique que c'est mort. Chaque année, on nous dit que c'est plus mort. On s'interroge.

On constate que ça marche de moins en moins bien. - A.Oberdorff: Le front républicain a fonctionné.

Le report de voix nous a tous surpris. Que des électeurs macronistes aient consenti à voter pour des candidats du NFP nous a tous surpris. A chaque fois, nous avons cette inquiétude, ce point de vigilance, sur le fait que nous assistons aux derniers spasmes de ce front républicain.

En cela, de fait, la non-nomination de L.Castets à Matignon est susceptible de générer énormément de désenchantement auprès d'un certain nombre d'électeurs qui se révéleront beaucoup moins disciplinés la prochaine fois, quand on leur demandera de respecter les consignes du front républicain. Ce n'est pas à négliger.

Si les électeurs enregistrent que le front républicain qu'ils ont appliqué pour faire du "tout sauf le RN" a entraîné la déstabilisation de nos institutions, c'est un signal désastreux. - C'est l'histoire d'une revanche. La maire de Paris applaudie en mondovision lors de la clôture des JO.

Un succès dont elle se félicite dans la presse. Pleine page dans "Le Monde" et invitation au 20h. - A.Hidalgo: On a réussi quelque chose de grand.

Le pays a été rassemblé autour de sa capitale. La force de ce moment que nous vivons, c'est que le message de fraternité, le message humaniste, a écrasé tout le reste. - A.Hidalgo savoure le moment. 2 ans après son humiliation au 1er tour de la présidentielle.

Elle avait décidé de faire des JO sa carte maîtresse. Elle avait décidé de se baigner dans la Seine. Une vieille promesse tenue qui devient un événement international.

Réponse en anglais. - Mais tout au long de la préparation des Jeux, les critiques ont été nombreuses. - A.Hidalgo: Ras-le-bol du bashing des Jeux.

Arrêtez! Ras-le-bol! A tous ces peine-à-jouir qui n'ont pas du tout envie qu'on puisse célébrer quelque chose ensemble... - Il y a pourtant un sujet sur lequel c'est elle qui a lancé les hostilités. - A.Hidalgo: Les deux choses sur lesquelles on n'est pas prêts, c'est d'abord les transports... - Ca, c'est V.Pécresse. - A.Hidalgo: Le gouvernement un peu, aussi. - Une critique que la présidente de la région Ile-de-France n'a pas digérée.

En témoigne un extrait capté par des journalistes lors d'une réunion qu'elle est amenée à écouter. *-V.Pécresse: J'apprécierais qu'on dise du bien des transports en commun et des tarifs JO. - Vous étiez bien agacée.

Vous n'êtes pas copines. - V.Pécresse: Si.

C'est mon caractère. Je dis les choses franco et et je n'aime pas les coups de poignard dans le dos. C'est un travail monumental.

Je n'ai pas apprécié qu'on le critique. - Les critiques, elle y est pourtant habituée. V.Pécresse revient de loin.

Souvenez-vous de sa défaite cinglante en 2022 au 1er tour de la présidentielle. Elle avait été obligée de lancer un appel aux dons. - V.Pécresse: Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros. - Plutôt discrète depuis sur la scène nationale, la présidente de région se consacre à l'Ile-de-France, sauf quand LR est en crise après l'alliance entre E.Ciotti et le RN. - V.Pécresse: Il n'y a pas de place pour les traîtres et les putschs à la petite semaine.

Je veux que la droite républicaine s'incarne en opposition aux extrêmes. - Quant aux spéculations à Matignon... - V.Pécresse: La politique bonne pour le pays, c'est remettre de l'ordre. - Pourquoi pas une femme?

Le nom de V.Pécresse circule depuis quelques jours et "Le Figaro" s'en fait l'écho. "Il se trame quelque chose avec E.Macron', veut croire un ami de V.Pécresse, qui observe que celle-ci a arrêté d'en dire du mal.'"Une chose est sûre, après le succès des JO, V.Pécresse et A.Hidalgo espèrent peser davantage au niveau national. - A.de Tarlé: Que vous inspire ce portrait croisé?

Est-il judicieux? Y a-t-il un parallélisme de destin? - A.Schwartzbrod: Un peu.

Ce sont deux femmes qui ont pris de gros coups sur la figure ces dernières années. A.Hidalgo a pris très cher.

Il y a tous ceux qui disaient qu'on était en train de faire de Paris un enfer, alors que ça s'est révélé un vrai bonheur. J'ai passé l'été à Paris. Tout le monde avait l'air heureux dans ce Paris rénové, beau, dans lequel on circulait sans problème de transport.

Cela dit, s'il y avait eu le moindre problème aux JO, c'étaient les deux qui prenaient très cher. Il se trouve que ça s'est bien passé. Elles sont revenues un peu sur le devant de la scène.

Je crois qu'elles reviennent de très loin. Elles ont toutes les deux étaient extrêmement marquées. V.Pécresse financièrement, aussi. - A.de Tarlé: 5 millions d'euros pour V.Pécresse. - A.Schwartzbrod: En politique, il ne faut jamais dire jamais.

Un vrai politique se remet toujours. C'est la marque d'un vrai politique, de se remettre de ses échecs. Là, ça a quand même été dur.

Je ne les vois pas revenir tout de suite sur le devant de la scène, mais je pense qu'il faut leur tirer notre chapeau pour la façon dont ces JO se sont déroulés cet été. Ca a été plutôt un sans-faute. - A.de Tarlé: Elles ont su faire taire leurs divergences politiques pour réussir ensemble un projet: de faire les plus beaux JO de la terre. - M.Szafran: On peut revenir d'un échec spectaculaire, en politique.

L'élection présidentielle précédente, pour l'une comme pour l'autre, a été une catastrophe. Dans de nombreux pays démocratiques, quand on atteint des scores aussi faibles, on quitte la politique. Chez nous, non.

Elles l'ont montré de manière spectaculaire. Ce qu'a pris A.Hidalgo sur la tête depuis cette élection présidentielle et avant, c'est stupéfiant.

Elle a une force incroyable. Elle a tenu le choc. C'est pareil pour V.Pécresse.

Elles se sont retrouvées sur les JO. On peut ne pas désespérer complètement dans cet univers politique. - A.de Tarlé: L'hypothèse V.Pécresse à Matignon?

Les LR seraient bien obligés d'accepter. - A.Oberdorff: Tout à fait.

Si ce n'est que je ne le crédite pas d'une probabilité plus forte que l'hypothèse de X.Bertrand. Quand la ministre démissionnaire S.Agresti-Roubache a déclaré sa flamme à V.Pécresse, qu'elle lui prêtait les mêmes qualités qu'à X.Bertrand...

C'est une des hypothèses qu'on a fait prospérer, mais qui n'a pas vocation à aller au bout. On a affaire à deux femmes inoxydables qui ont eu, après leur débâcle aux présidentielles, le sentiment d'être méprisées par leurs appareils. C'est extrêmement vrai pour A.Hidalgo au sein du PS.

Elle a eu le sentiment d'être lâchée en rase campagne. Il y a une échéance municipale pour A.Hidalgo. - A.de Tarlé: Elle pourrait se présenter pour un 3e mandat à la mairie de Paris? - A.Oberdorff: Je pense.

C'est elle qui employait avant E.Macron l'expression "maîtresse des horloges". - A.de Tarlé: Ca ferait 18 ans d'A.Hidalgo à Paris. - A.Oberdorff: C'est énorme.

On a vu qu'elle n'avait aucune velléité de passer la main à son dauphin, E.Grégoire. Aujourd'hui, quand on voit toute la hargne avec laquelle elle défend son bilan, il y a tout lieu de penser qu'elle a envie de rempiler. - A.de Tarlé: On en vient à vos questions.

Jacky, de Haute-Savoie: "Pourquoi pas R.Glucksmann comme Premier ministre?" - M.Szafran: D'abord, parce qu'il n'a pas su prendre sa chance.

Après les élections européennes, il y avait un coup à jouer pour devenir le représentant et le chef de la social-démocratie française. Il ne l'a pas joué, ce coup-là. Aujourd'hui, c'est trop tard.

Aucun des responsables du NFP, qu'ils soient socialistes, verts ou LFI, ne seraient prêts à se ranger derrière lui. - A.de Tarlé: Il promet une initiative pour le mois d'octobre. - A.Oberdorff: Son mouvement Place publique est en pleine reconfiguration.

R.Glucksmann a été marqué par la manière dont il s'est trouvé broyé par des appareils partidaires lors des négociations du NFP. Il a eu le sentiment d'être dépossédé de son capital de 14 %.

Je me souviendrai longtemps de cette image de R.Glucksmann au siège du PS le soir du résultat du 9 juin, dépité. Il n'a pas su reprendre l'ascendant sur la situation.

Il fait un travail avec Place publique, qu'Hidalgo pourrait d'ailleurs rejoindre. - A.de Tarlé: "L.Castets disait qu'il faudrait faire des compromis, mais J.-L.Mélenchon propose qu'elle applique tout le programme." Le piège est gros, non?

Est-ce que c'est toujours J.-L.Mélenchon qui tire les ficelles de ce NFP? - A.Berthelier: Je n'en suis pas sûr.

Mais les Insoumis sont assez ambivalents sur le programme, tout le programme. Derrière, il y a des prises de parole qui diffèrent. Ce sera à eux de clarifier leur position.

Une chose est sûre, ils joueront le rôle de la gauche radicale. Si L.Castets arrivait à Matignon, ce serait sous le regard bienveillant mais exigeant de LFI et de J.-L.Mélenchon pour un respect le plus proche possible de la ligne et de l'esprit du NFP.

Pour l'instant, les mélenchonistes doivent aussi clarifier leur vision du compromis, jusqu'où ils peuvent aller, ce qu'ils accepteraient. Pour l'instant, ce n'est pas clair. - A.de Tarlé: "L.Castets a-t-elle su gagner le coeur des Français qui l'écoutent?" Il y a ce sondage de "Challenges". 17 % d'opinions positives.

Mais beaucoup disent ne pas la connaître assez pour se prononcer. - A.Schwartzbrod: Elle est quand même assez impressionnante cette femme, qui, il y a 2 mois, n'était pas dans le jeu politique et qui, d'un coup, a su s'imposer.

Elle a bossé. Elle a arpenté la France. Elle est allée à la rencontre des gens.

Elle a bâti un projet. Je la trouve assez impressionnante. Simplement, elle n'est pas encore connue.

J'ai l'impression que les gens ont envie d'autre chose. E.Macron l'a reconnu hier.

Les Français ont montré lors du dernier scrutin qu'ils avaient envie d'autre chose. Tous ces vieux briscards dont on nous rabat les oreilles, X.Bertrand, B.Cazeneuve...

Ils ont envie de quelque chose de neuf, quitte à ce que ça ne fonctionne pas. Mais au moins qu'on essaye autre chose, une autre personnalité. - A.de Tarlé: On sait que L.Castets avait été approchée pour entrer au cabinet de B.Le Maire. - A.Oberdorff: Tout à fait.

Lors de sa nomination, j'avais échangé avec l'une de ses anciennes collègues au trésor, C.Ridel. Elle a ce bagage qui la crédibilise.

Imaginez-vous un sondage sur J.Castex au moment où les Français ne le connaissaient pas. En revanche, elle a réussi à crédibiliser sa démarche, au-delà du peuple de gauche. - A.de Tarlé: "La France est-elle majoritairement à droite?" - M.Szafran: C'est la grande question.

Dans toute la démonstration d'Alexandra ce soir, il y avait cette idée qu'une partie de la France attendait ce gouvernement NFP et que, s'il n'était pas nommé, il y aurait une grande déception. Mais quelle est la part de cette déception? Ca fait plusieurs années que nous expliquons que la température culturelle et idéologique est plutôt à droite, avec un RN extrêmement puissant, un parti macroniste plus à droite qu'il y a quelques années... - A.de Tarlé: Il y aurait un paradoxe à avoir une France de plus en plus à droite? - M.Szafran: Effectivement, c'est une question qui va se poser de façon très aiguë. - A.Oberdorff: Ca dépend du terrain sur lequel on se positionne.

En matière économique, il y a les similitudes de programmes entre le RN et les Insoumis. Mais il y a une demande forte sur le régalien. - A.de Tarlé: E.Macron sera-t-il capable de passer en mode cohabitation? - A.Schwartzbrod: Il n'aura pas le choix.

Ca va être compliqué. - A.de Tarlé: M.Bompard disait qu'il avait toujours la tentation d'être arbitre et sélectionneur. - A.Schwartzbrod: Oui.

Mais c'est lui qui dirige, c'est lui qui sait ce qui est bon pour les Français. Donc, ça va être compliqué. - M.Szafran: Ca serait une cohabitation particulière car il n'y a pas de majorité en face.

Généralement, le président était face à une vraie majorité de droite quand il était de gauche et de gauche quand il était de droite. Là, il va avoir tendance à jouer dans les différents trous de cette cohabitation. - A.de Tarlé: "La déclaration de J.-L.Mélenchon prend-elle tout le monde par surprise?" - A.Berthelier: Oui.

Apparemment, les Insoumis en ont discuté hier soir pendant leur université d'été.