Mouvement contestataire du 10 septembre: l'interview en intégralité de Sandrine Rousseau
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François Bayrou est en train de faire monter l'opposition contre lui, si le besoin s'en faisait sentir, avec la préparation du budget et l'histoire des deux jours fériés. Voilà ce que dit Emmanuel Macron, le président de la République, dans un entretien à Paris Match, qui est publié là, aujourd'hui. Voilà ce qu'il dit Emmanuel Macron à propos de François Bayrou, du chef du gouvernement. Il a les capacités pour tenir ce gouvernement qui n'est pas habituel. Je pense que le plan qu'il a proposé est un bon plan. Il est lucide et courageux, dit le chef de l'État. Qui continue, les responsables politiques doivent faire attention à ce qu'ils feront.
Dans le contexte international, le pays a besoin de stabilité. Donc, dit le président de la République, pas de coût politique. Nous sommes avec Sandrine Rousseau, députée des écologistes de Paris. Bonsoir Madame la députée. Bonsoir. Vous avez signé une tribune dans laquelle vous soutenez le mouvement qui est parti des réseaux sociaux. On verra qu'elle ait son ampleur, mais le mouvement Bloquons Tout du 10 septembre prochain. Donc, vous êtes dans le coup politique, comme le dit le chef de l'État ?
Je ne sais pas si c'est un coup politique, mais en tout cas, c'est une manière de soutenir les personnes qui se révoltent et qui n'arrivent plus à vivre. Je crois qu'il y a une trop grande proportion de la population aujourd'hui qui est en mode survie, qui ne sait pas comment demain va se passer, qui vit au jour le jour, qui n'a pas un euro d'avance, qui souffre au travail, qui souffre dans leur logement, qui souffre dans leur vie. En fait, on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas.
Mais ce Bloquons Tout, vous l'avez décrypté, ce mouvement ? Vous pouvez m'expliquer ce dont il s'agit, là, précisément ?
C'est un mouvement de révolte contre des conditions de vie qui sont inacceptables pour les gens, contre l'augmentation d'une pauvreté laborieuse, c'est-à-dire d'une pauvreté qui travaille. Il faut comprendre que là, les niveaux de pauvreté aujourd'hui en France ont atteint les mêmes niveaux qu'en 1996, il y a 30 ans. On a gâché 30 ans de lutte contre les inégalités, contre la grande pauvreté. Et les personnes qui sont les plus... Il n'y a pas que ça, mais il y a aussi ça. Et en fait, à un moment, on n'a pas de système économique ou de priorité qui ferait que les gens crèvent chez eux tranquillement. Donc on crève chez soi aujourd'hui en France ? Je pense que oui.
Je pense qu'il y en a certains, oui. Parce qu'il y a des déserts médicaux bien trop importants, parce qu'il y a des bâtiments et des appartements qui sont invivables, parce qu'il y a des métiers qui sont absolument trop durs et qui sont dans une perte de sens avec des notions de rentabilité qui n'ont aucun sens. Moi, je pense que là, il y a une espèce de perte de sens. Pour moi, c'est une manifestation qui dit qu'on veut retrouver du sens à ce qu'on fait, à notre vie.
On n'en a qu'une de vie. Dans ce mouvement Bloquons-tout du 10 septembre, bonsoir Alexis Cuvillier, on trouve aussi un mouvement anti-fiscalité. Notamment, on entend dire stop à la fiscalité, restons chez nous, retirons notre argent des banques. C'est ce qu'on peut lire parmi les mots d'ordre qui sont assez divers quand même.
Les revendications sont extrêmement diverses. Le mouvement est arrivé à émerger un peu au cours de l'été, notamment dans la foulée des propositions de François Bayrou, les propositions budgétaires du Premier ministre présentées le 15 juillet dans cette conférence de presse qui a marqué évidemment l'agenda politique de cet été. Des propositions de François Bayrou qui sont évidemment des sujets de débats politiques intenses pour tenter de trouver des économies.
Et alors que les oppositions politiques étaient nombreuses, vous en faites partie bien sûr, Madame Rousseau et vos autres collègues ont été nombreuses à commenter sur le fond ces propositions, à dire à quel point elles n'étaient pas toujours d'accord avec, et souvent pas d'accord avec un certain nombre de propositions. On a vu d'un autre côté ce mouvement émerger, cette proposition de bloquer tout, de bloquer tout le 10 septembre. Dans un premier temps, les partis politiques s'en sont tenus assez éloignés. En disant que ça ne venait de l'extrême droite.
En disant, en tout cas certains remarquaient en effet que ça pouvait venir de l'extrême droite, qu'il y avait aussi un certain nombre d'anciens gilets jaunes qui partageaient ces revendications. Et puis comme souvent évidemment, quand un mouvement n'est pas lancé en lien avec un parti politique, on laisse le mouvement se créer indépendamment. Et puis c'est vrai que là, ce week-end, Jean-Luc Mélenchon, lui-même assez prudent avec ce mouvement lorsqu'il s'est exprimé à ce sujet au mois de juillet, cette fois-ci a dit qu'il fallait le soutenir et qu'il fallait soutenir ce mouvement pour d'une certaine façon participer à une protestation globale contre le gouvernement de François Bayrou.
Ce bloquant tout, vous êtes pour la paralysie du pays ?
C'est un jour, ça va, on va survivre à ça. Quand même, ça peut faire mal à bon nombre d'entreprises. Par ailleurs, pour moi c'est une révolte, une volonté de vivre en fait. En tous les cas, on verra ce que ça donne le 10 septembre. C'est pour ça que moi je l'ai soutenu, c'est que j'entends derrière ça des gens qui sont dans des situations de famille monoparentale, des gens qui sont dans des situations de temps partiel, de souffrance au travail, de souffrance dans leur vie. Et qu'en fait, ils veulent arrêter ça. Et ils veulent retrouver du sens, et un sens collectif. Alors évidemment, ça n'est pas un mouvement...
En quoi bloquer toute une journée pour redonner du sens à leur vie ? Quelle est la finalité derrière ?
Mais de dire à quel point ils ne vont pas bien. Enfin, vous regardez les chiffres de la santé mentale, ils s'effondrent, mais ils s'effondrent chez les jeunes. Le taux de suicide est en explosion, mais dans une proportion qui devrait faire la une de tous les journaux. Le nombre de personnes qui consomment des psychotropes, des anxiolytiques, explose. Le nombre d'arrêts de travail pour souffrance au travail, explose. En fait, la France ne va pas bien, je pense qu'il faut qu'on se le dise. La France ne va pas bien. Donc là, évidemment, ce n'est pas un mouvement très organisé. Donc évidemment, il y a des revendications qui sont multiples.
Et après quoi de ce jour-là, par exemple ?
Moi, ce jour-là, je pense que je vais aller dans les cortèges. Je pense que je vais aller soutenir. Mais à ma place, c'est-à-dire en arrière-plan, puisque c'est un mouvement qui est un mouvement spontané, citoyen, moi, je ne me mettrai pas en tête de ce cortège, je me mettrai à l'arrière en soutien. Et c'est normal.
Et vous, en tant qu'élu de gauche, vous, ça ne vous pose pas de difficulté, éventuellement, de cohabiter dans un cortège avec des personnes qui ont des idées politiques extrêmement éloignées, possiblement des personnalités qui sont plutôt en soutien du Rassemblement national ?
Mais là, en l'occurrence, c'est un mouvement citoyen. Donc on va voir comment ça évolue. Mais à ce stade, je vous le dis, la situation de la santé de la France, d'une manière générale, mais d'une partie de la France, vraiment, moi, je suis extrêmement inquiète de ce qui peut se passer.
Ça justifie qu'on dépasse des clivages, d'après vous, ce type de situation ?
Ça justifie qu'on soutienne les personnes qui vont arrêter le travail et se mettre en remise. Je vais vous dire, moi, ce matin, j'ai fait un tour à pied dans ma circonscription comme ça. En fait, le nombre de gens qui m'ont dit qu'ils allaient y aller, c'est incroyable. Il y a tout le monde, les commerçants qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois, les gens qui travaillent dans l'entretien et qui me disent, mais nous, on n'en peut plus, on a mal au dos, on a notre balai, on n'y arrive pas, etc. Et en fait, tout cela, ces gens-là vont se retrouver sur une revendication au fond commune qui est de dire, nous voulons vivre dignement.
Moi, je trouve que c'est un slogan qui se suffit à lui-même, d'une certaine manière.
Mais la finalité, c'est quoi ? C'est la chute du gouvernement Bayrou derrière ? Parce que vous êtes pour la censure du gouvernement Bayrou.
Ça, c'est à un deuxième temps, c'est à la rentrée. Moi, je pense que quand on a fait des annonces pendant l'été où on fait deux jours fériés travailler sans aucune compensation salariale, c'est-à-dire qu'en fait, les gens vont avoir le même salaire, ils vont juste travailler deux fois de plus.
La proposition a été faite aux partenaires sociaux. Ensuite, c'est les partenaires sociaux, s'ils disent oui, ils vont discuter et éventuellement le rejeter.
D'ailleurs, je crois qu'ils vont faire une manifestation aussi ce jour-là. Donc voilà, les propositions qui ont été mises sur la table cet été sont encore une fois des propositions qui tapent sur les gens qui souffrent le plus, sur les gens les plus vulnérables, sur les gens qui n'arrivent pas à finir le mois, qui se demandent comment ils vont tenir demain, qui croisent les doigts tous les jours pour que leur voiture tienne, pour que la facture de chauffage ne soit pas trop importante, etc. Et en fait, tout ça n'est pas tenable. Tout cela n'est pas tenable.
Mais est-ce que vous êtes pour la chute du gouvernement Bayrou ?
Ah mais moi, je voterai la censure. Je voterai absolument la censure.
Mais c'est là où le président de la République dit il ne faut pas ajouter de l'instabilité, discutons, mettons-nous d'accord. C'est ce qu'il demande aux partis politiques.
Évidemment qu'Emmanuel Macron, il n'a pas intérêt à ce que son gouvernement tombe. Je n'ai pas de très le manque de doute là-dessus. Et à chaque fois, il nous fait le coup d'il y avoir une situation internationale compliquée. C'est vrai que la situation internationale est compliquée. Est-ce que pour autant, on doit laisser une partie des Français sur le bord de la route ? La réponse est non. La réponse est non. Est-ce qu'on doit pour autant sacrifier une partie des services publics ? Non. Est-ce qu'on doit diminuer les arrêts maladie comme c'est proposé par le gouvernement ? La réponse est non. Donc oui, il y a une situation internationale difficile. Personne ne le nie.
Pour autant, on ne laisse personne au bord de la route.
Dans cette interview à Paris Match, on a vu quelques extraits. On sent quand même le président de la République préoccupé par ce qui pourrait se passer à la rentrée. C'est-à-dire que, François Béron, on l'a vu, le chef du gouvernement fait monter un front d'opposition contre lui. Il y a ce fameux mouvement dont nous venons de parler avec madame la députée Rousseau, que vous avez évoqué, dont on ne sait pas trop ce qui peut se passer. Donc c'est pour ça que le chef de l'État a l'air de dire, oh là là, attention, il faut que chacun prenne ses responsabilités. C'est d'ailleurs ce qu'il dit, ne pas faire de coups politiques.
Il y a donc cette mobilisation pas toujours très bien identifiée autour du 10 septembre qui est née au mois de juillet.
Il doit faire attention à ce qu'ils feront.
Et il y a bien sûr aussi le contexte politique puisque c'est aussi ça la principale inquiétude pour François Bayrou, c'est la possibilité d'être censuré peut-être même plus vite que certains ne l'avaient imaginé. Alors dans un premier temps, il n'y a pas de session parlementaire. Les choses vont arriver à la fin du mois de septembre au moment où les travaux du Parlement reprendront. Ensuite, il y a cette discussion budgétaire. Est-ce que le Premier ministre peut tomber à ce moment-là assez rapidement sur un obstacle de censure ? C'est la volonté de M. Mélenchon de dire, nous, nous voulons le censurer tout de suite.
Je ne sais pas si sur le calendrier de cette censure vous avez une opinion, Mme Rousseau. Vous voulez une session extraordinaire aussi ? Est-ce qu'il faut le faire au cours du débat budgétaire ?
Ça, ça ne dépend pas de nous. Donc on peut appeler à une session extraordinaire. Je veux bien qu'on se mette à travailler. Plus on a de temps pour travailler sur le budget, mieux c'est en vérité. Mais en tous les cas, à la censure, au moment de l'étude du budget, ça je le voterai, mais il n'y a pas l'ombre d'un doute. Ça n'est pas possible de tenir un budget de cette nature-là. Donc je rappelle que les inégalités explosent, qu'il n'y a pas une mesure écologique qui a été annoncée alors qu'il y a... Non mais on vient de vivre 15 jours de canicule. Chez certaines personnes, c'était invivable.
Maintenant, on va voir les orages et les inondations.
Absolument. Chez certaines personnes, c'était invivable. Invivable. Il y a des personnes âgées, il y a des personnes handicapées, il y a des personnes qui ont des problèmes de santé, des enfants en bas âge. C'était invivable. Quelle est l'annonce qui a été faite ? Vous avez entendu quelque chose, vous ? C'est scandaleux. En fait, on laisse les gens seuls face à une espèce de défi majeur qui est le principal défi que l'humanité a eu à affronter qui s'appelle le réchauffement climatique. Et on a l'impression que le gouvernement fait du golfe pendant ce temps-là. Enfin, ce n'est pas possible en fait. Vraiment, ça n'est pas possible.
Quelles ont été les mesures annoncées suite à ces canicules, à ces feux ? Quelle est la protection qu'on met en place ? Quelle est l'adaptation que l'on met en place ? Comment on diminue l'effet de ce réchauffement climatique ? Et au contraire, on a l'impression qu'il faut produire, produire, produire, produire, produire et être rentable, rentable, rentable, faire de la croissance, de la croissance et qu'on crèvera de ça. On crèvera collectivement de ça et tout le monde sera très content. Enfin, moi, ce n'est pas mon projet politique. Mon projet politique est de sortir de ce système.
Oui, justement, sortir de ce système. Admettons que le gouvernement Bayrou chute. Rien ne dit que ce sera à vous, votre famille politique. Alors, c'est plus...
Non, puisqu'on est arrivé en tête et que personne n'a voulu...
Voilà, une UPS qui puisse venir aux commandes à ce moment-là. Donc, c'est quoi le coup d'après ? Vous demandez quoi à ce moment-là ? Vous demandez des élections législatives ? Vous demandez une élection présidentielle anticipée ?
Mais déjà qu'on arrête cette espèce d'austérité budgétaire qui, encore une fois, tape sur les plus vulnérables. Qu'ensuite, on fasse un gouvernement qui respecte le résultat des urnes qui fait que la gauche est arrivée en tête. Je sais que ça défrise certains, mais la gauche est arrivée en tête et à un moment donné, il va falloir l'accepter. Et trois, que si ça ne se passe pas, eh bien qu'on fasse des élections législatives anticipées, voire qu'on fasse une élection présidentielle. Enfin, je veux dire, il ne faut pas avoir peur de retourner aux urnes, en fait.
Pour vous, ça ne paraît pas inenvisageable d'avoir une élection présidentielle avant 2027 ? Non. C'est-à-dire que vous demandez à Emmanuel Macron de prendre ses responsabilités ?
Je pense que son bilan est catastrophique. Catastrophique. Et donc, dans ce cadre-là, en fonction de l'aggravation, pas de la crise politique, mais il a une partie des clés en main. C'est-à-dire que c'est lui aussi qui décide de maintenir Bayrou, c'est lui qui a décidé de mettre Bayrou, c'est lui qui se satisfait du budget qui a été mis en place, enfin, qui a été annoncé cet été. En fait, voilà, il a une partie soit de la solution, soit de la crispation entre les mains. Et sa responsabilité est engagée. C'est trop facile de dire c'est aux autres d'agir, c'est aux députés d'être responsables. Il dit aux formations politiques, mettez-vous d'accord, discitez.
Oui, et moi je dis, Emmanuel Macron, vous avez une responsabilité dans la situation de blocage du pays. C'est lui qui a fait la dissolution. Enfin, personne ne l'a forcé à faire ça. Donc, il a une responsabilité première dans la crise du pays et il doit ne pas la rejeter sur les autres, mais en prendre toute la dimension. Aujourd'hui, force est de constater qu'il continue à...
Mais c'est vous aussi qui avez la responsabilité en étant au Parlement, parce qu'il y a trois blocs au Parlement, il n'y a pas de majorité. Donc, c'est à vous aussi à voir sur quoi vous pouvez peut-être vous mettre d'accord.
En fait, Emmanuel Macron n'a jamais voulu changer de politique. Jamais. Et malgré le résultat des urnes, il a toujours pensé avoir raison et mettre la France sur le bon chemin. Permettez que je ne partage pas cette opinion. Permettez qu'au regard de l'aggravation de la situation économique, de l'aggravation de la situation écologique, de la situation sociale, je ne partage en rien le fait que ce soit sa stratégie qui soit la bonne. Donc, oui, je me battrai pour que ce soit une autre stratégie politique.
C'est au responsable politique de savoir travailler ensemble. C'est ce qu'il vous demande, de travailler ensemble.
Qu'a fait Emmanuel Macron pour travailler avec nous ? Sur la retraite, qu'est-ce qu'il a fait ?
Il a laissé la main aux partenaires sociaux. C'était le fameux conclave.
Non, ça, ça a été obtenu par le PS lors des discussions après la dissolution. Il n'a jamais travaillé avec nous. Il n'a jamais passé un seul amendement. En fait, il est dans cette idée que lui sait ce qu'il faut faire parce que dans sa toute puissance et dans sa toute grandeur, il sait ce qu'il faut faire et que tous les autres se trompent. Non seulement je ne suis pas d'accord, mais je pense qu'il nous met tous et toutes en danger.
Les écologistes vont recevoir Olivier Faure jeudi soir à l'occasion de leur université d'été autour de Marine Tondelier. Quel est le message qu'il faut passer aux socialistes ? Est-ce que vous êtes convaincu que cette fois-ci, toute la gauche sera réunie autour de la censure ?
Eh bien, le message que j'ai envie d'envoyer à Olivier Faure, c'est de dire l'esprit, l'éthique, la droiture du socialisme et de se battre pour les droits du peuple et que là, le budget qui est annoncé est à l'inverse de cela. Donc, ne fais pas défaut parce que ce défaut-là serait de la trahison.
C'est encore un partenaire ou pas ?
Oui, c'est bien sûr un partenaire.
Et la FI est toujours un partenaire ?
Bien sûr, c'est un partenaire.
Donc là, le bloc de gauche existe toujours pour vous ? Absolument.
Absolument. Ça vous surprend ?
Non, mais moi je vais aller aux Amphi.
Par exemple, Olivier Faure... Parce qu'on a entendu
bon nombre de dissensions ces derniers temps.
Au moment où Olivier Faure est chez les écologistes aux journées d'été. Moi, je serai aux universités d'été de la France Insoumise. Et comme ça, il y a des croisements qui se font pour qu'on puisse discuter de notre projet. Et en fait, là...
Vous avez toujours un projet commun ?
Bien sûr qu'on a toujours un projet commun. Et ce projet commun, c'est de changer la vie des gens.
Mais sans changer la vie des gens, rien ne dit que s'il y a des élections législatives anticipées, ce soit vous qui gagnez. Rien ne dit que s'il y a une présidentielle, ce soit vous qui gagnez
de toutes les manières. Absolument. Absolument. Mais accordez-moi le fait qu'Emmanuel Macron joue avec la démocratie comme il jouerait dans une partie de poker. C'est-à-dire que des fois, il a des cartes en main, alors il les utilise. Des fois, il utilise des argusies de la Constitution et des articles de la Constitution qui n'avaient quasiment jamais été utilisés dans l'histoire de cette Constitution. Des fois, il fait tapis comme au moment de la dissolution. En fait, c'est un joueur de poker.
Moi, j'ai en très haute estime notre démocratie, j'ai en très haute estime notre Constitution et je pense qu'on ne joue pas avec notre Constitution et avec notre démocratie comme Emmanuel Macron le fait. Moi, je voudrais qu'il y ait un respect des équilibres démocratiques de ce pays et donc, ça nécessite, aujourd'hui, si on respecte ces équilibres, ça nécessite d'avoir un programme et un projet politique bien plus écologiste, bien plus social
qu'il ne l'est actuellement. Ça, ça peut se passer au Parlement. Ça peut se passer dans le budget. Il y a des amendements, il y a des discussions, il y a des propositions.
Vous me dites ça à moi. Moi, j'ai fait une mission d'information avec une autre députée de Renaissance, donc du camp de Macron, sur les urgences psychiatriques et la crise incroyable de la psychiatrie en France. On a extrêmement bien travaillé. Mais quand je dis extrêmement bien, c'est extrêmement bien travaillé. Donc, je veux dire, on n'est pas dans une fermeture. On n'est pas dans quelque chose où on a des pics autour de nos bureaux. mais il y a une ligne politique et Emmanuel Macron, dans son obstination à ne pas vouloir en changer, nous met non seulement en danger, mais la démocratie en danger, mais derrière, aggrave aussi les crises.
Donc, le 10 septembre, c'est la résultante de cette tendre politique de Macron. Enfin, je ne vois pas comment on peut l'interpréter autrement.
– Allez, c'est qu'un billet ? Je pensais que vous aviez, vous avez fait une question. Moi, j'ai une question pour vous au cœur de l'été, avant de se quitter. Vous avez acheté votre résidence secondaire, en fait, ou pas ?
– Alors, ce n'est pas une... Enfin, c'est une ruine. C'est une ruine. C'est une ruine totale. Enfin, je le dis. Non, parce que sur Twitter, il est dit que j'avais deux piscines, etc. Alors, il n'y a que trois murs, il n'y en a même pas quatre. Donc, c'est pour vous dire à quel point c'est une ruine.
– Vous allez rénover, retaper en Bretagne ? – Voilà.
Alors, non, j'ai juste signé un compromis. – Vous avez bien l'intention d'y aller ? – Je ne sais pas encore, mais les violences... Enfin, il y a quand même un droit d'installation. Il y a un droit de vivre dans ce pays. Et les violences qui ont été manifestées à cette occasion-là sont des violences qui pourraient très bien tomber sous le coup de la loi. Et donc, je me réserve aussi la possibilité d'une action en justice.
– Mais vous avez bel et bien l'intention de vous installer.
– Je ne sais pas encore. Je ne peux pas vous le dire encore parce que je n'ai pas encore pour ma décision.
– Ça pourrait vous faire reculer, cette tension.
– En tous les cas, j'attends quelques informations encore et je vous donnerai ma décision à l'issue de ça. Et je remercie vraiment tous les Bretons qui m'ont soutenue parce que j'ai reçu des centaines, voire des milliers de messages. Et je voudrais dire que pour moi, c'est un lieu que je concevais comme un lieu de refuge parce que la politique est extrêmement dure. Ce que je fais en politique est extrêmement dure. Et donc, un lieu où je puisse être comme ça en confiance. Et je dois dire qu'il y a de la résistance en Bretagne. C'est vraiment un lieu de résistance citoyenne et que tous les messages que j'ai reçus m'ont fait très chaud. – Mais vous-même, dans ces cas-là,
vous dites pas, j'en ai fait un peu trop en braquant les agriculteurs, en disant votre rentabilité, je m'en fous.
– Je pense que les agriculteurs sont malades de la rentabilité. Je pense que les 27 fermes qui sont supprimées par jour, c'est par défaut de rentabilité. Et précisément, le sur-endettement, les suicides bien plus nombreux que dans le reste de la population, les maladies professionnelles, psychiques, etc., devraient être interrogées en regard de cette obligation de rentabilité. Moi, je veux un revenu digne pour les agriculteurs. Par contre, je pense que la rentabilité, surtout quand elle se fait au détriment de notre santé, ne peut pas être une priorité. – Sous-titrage Société Radio-Canada –
Sandrine Rousseau