Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 12 décembre 2016 65 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Macron défie Valls et le PS #cdanslair 10-12-2016

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Comment marquer sa différence face à Emmanuel Valls et François Hollande ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Yves Tréhard, c'est important pour lui ce qui se passe aujourd'hui ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Quelle trajectoire, quel destin pour Macron ?

  • 4:06RelanceRéponse directe

    Rebondir sur ce que vient de dire Yves Tréhard : quelle est la trajectoire de Macron ?

  • 7:33OuverteRéponse directe

    Cécile Cornulet, certains disent que le programme de Macron est flou. Qu'en pensez-vous ?

  • 9:15FerméeRéponse directe

    Emmanuel Macron, certains n'ont pas compris, ils pensent encore que vous avez peur. Vous avez peur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Porté par des sondages plutôt flatteurs, le candidat qui se dit anti-système développe petit à petit ses propositions et veut prendre de court ses concurrents. »
  • 9:40Invité politiqueFait
    « Ils n'ont pas compris parce que nous avons déjà, nous, pris les risques, le risque de faire, le risque de tenter ce que tout le monde nous disait comme impossible. »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « Ce que nous voulons, ça n'est pas rassembler la gauche, ça n'est pas rassembler la droite, c'est rassembler les Français. »
  • 24:35PrésentateurChiffre
    « Il veut supprimer les cotisations chômage des salariés pour redonner du pouvoir d'achat. »
  • 24:40PrésentateurFait
    « Il veut transformer l'assurance chômage. »
  • 24:43PrésentateurFait
    « Il veut un big bang des retraites. »
  • 24:45PrésentateurFait
    « Il veut s'attaquer au modèle social qui est arrivé de 1945. »
  • 26:42InvitéFait
    « L'une de ses idées, ce serait de faire la même allocation pour tout le monde. »
  • 31:08Invité politiqueFait
    « Il faut un président de la République qui ait de l'autorité, de l'expérience, qui sache montrer ce qu'est la France, c'est-à-dire un pays indépendant qui défend ses idées et ses valeurs. »
  • 31:51Invité politiqueFait
    « Je suis au centre, au cœur même de ce qu'est la gauche. Je corresponds à cette alliance d'une République ferme et bienveillante. »
  • 42:25Invité politiqueFait
    « Toute la lutte de la gauche du Front populaire à 1981, 1997 et 2017, c'est l'Union, c'est l'obsession de l'Union. »
  • 44:08Invité politiqueFait
    « Il défend l'instauration d'un revenu universel pour les 18-25 ans. »
  • 44:12Invité politiqueFait
    « Il remet aussi en cause la course à la croissance. »
  • 50:13Invité politiqueFait
    « Je sais ces millions de Français qui veulent rentrer dans le travail et qui, de Cahors à Bobigny, en passant par Brest, sont aujourd'hui bloqués, comme entravés. »
  • 50:25Invité politiqueFait
    « Je sais toutes celles et ceux qui voudraient embaucher et n'y arrivent pas. Parce qu'ils ont peur. »
  • 50:39Invité politiqueFait
    « Parce qu'il n'y a aucune fenêtre ouverte. »
  • 50:46Invité politiquePromesse
    « Je veux être le candidat de la justice. Je suis le candidat du travail. »
  • 51:41PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a dit qu'il ne toucherait pas aux 35 heures. »
  • 1:00:06InvitéChiffre
    « Marine Le Pen est aux alentours de 24% des suffrages exprimés. »
  • 1:00:15InvitéChiffre
    « Emmanuel Macron est à 15%, c'est-à-dire il est 9 à 10 points derrière Marine Le Pen. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité11 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %
  • Emmanuel Macron3 %
  • Invité 43 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il est officiellement candidat depuis trois semaines, mais pour Emmanuel Macron, c'est aujourd'hui le vrai top départ de sa campagne présidentielle. L'ex-ministre de l'économie réunit ses partisans à Paris, porte de Versailles, depuis le début de l'après-midi. Et c'est une démonstration de force. Plus de 15 000 personnes réunies. Macron sort les muscles et défie Emmanuel Valls dans cette course à l'Elysée. Pas seulement l'ex-premier ministre d'ailleurs, mais aussi le PS et toute la gauche.

0:45
Emmanuel Macron

Porté par des sondages plutôt flatteurs, le candidat qui se dit anti-système développe petit à petit ses propositions et veut prendre de court ses concurrents. Alors quelles sont les chances d'Emmanuel Macron dans cette campagne ? Posons la question. Peut-il gagner ? A quoi ressemble son projet ?

1:02
Présentateur

Comment marquer sa différence face à Emmanuel Valls et François Hollande, dont il a été le conseiller et puis le ministre ? Les électeurs de gauche déboussolés peuvent-ils se retrouver dans cette démarche ? Pour répondre à ces questions et à toutes vos questions à SMS et à Internet, voici nos invités. Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Pascal Perrineau, vous êtes professeur à Sciences Po. Cécile Cornulet, vous êtes éditorialiste aux Echos. Et Éric Fautorino, vous êtes directeur de l'hebdomadaire Le 1. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission. Regardez cette foule impressionnante, il faut bien le dire.

Porte de Versailles à Paris. Emmanuel Macron est en train de réussir le premier pari de sa campagne. Il fait ça le comble. Il réunit plusieurs milliers de sympathisants. 15 000, a-t-il dit en commençant son discours. Il s'est offert un long bain de foule, comme une rockstar, avant de rejoindre la scène. Yves Tréhard, c'est important pour lui ce qui se passe aujourd'hui. Il veut montrer que la dynamique est de son côté ? Clairement. Tout est important, je dirais, pour lui. Contrairement à d'autres candidats qui peuvent connaître des faux plats, parce qu'ils sont dans des structures qui sont plus classiques. C'est le cas du candidat de la droite.

Ce sera le cas du candidat de la gauche du Parti Socialiste, même si ce Parti Socialiste est bien fatigué. Macron, il n'a pas le droit au faux pas. Pourquoi ? Parce qu'il est attendu au tournant. C'est l'invité surprise de cette élection présidentielle, au sens où c'est un homme qui n'était pas connu il y a deux ans, au sens où il n'a pas de parti traditionnel derrière lui, au sens où il a un discours qui se veut nouveau. Donc, au moindre faux pas, il est sûr qu'il sera extrêmement critiqué, notamment par les médias qui ne le louperont pas. Parce que les médias aiment bien la nouveauté et il en bénéficie. Il y a un effet média incontestable qui bénéficie à Emmanuel Macron.

Parce qu'il faut le dire, il faut être honnête avec nos téléspectateurs, ça renouvelle un peu quand même, quand on est observateur, les acteurs qu'on a devant nous. Et ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu quelqu'un comme lui. Donc, il n'a pas le droit au faux pas. Et il est d'autant plus étonnant, je dirais, ce jeune homme, c'est qu'il déroule son action, son plan, lentement. Sûrement. Il est très sûr de lui. Mais tout est très calculé et il n'est pas précipité. Si vous me permettez cette comparaison, c'est l'anti-Sarkozy, de ce point de vue. C'est-à-dire qu'il va doucement, à son rythme. Parfois, il essuie quelques critiques dans les médias en disant « Mais qu'est-ce qu'il dit ?

Il ne dit pas rien de très nouveau. » Non, mais lui, il continue son petit bonhomme de chemin. Et la preuve que ça marche, c'est qu'aujourd'hui, ils sont 15 000 ou 16 000 à la porte de Versailles, à Paris. Et je crois que ça fait très longtemps, peut-être Jacques Chirac, en 1976, qu'on n'avait pas vu. Non, mais je vais vous dire. Sarkozy en 2007. Oui, janvier 2007. Qu'on n'avait pas vu autant de monde que ça. Alors, je pourrais rebondir sur une chose que vient de dire Yves Tréard. C'est qu'effectivement, il y a deux ans, deux ans et demi, personne ne connaissait Emmanuel Macron. Aujourd'hui, il réunit en effet une foule impressionnante, encore une fois, porte de Versailles.

Quelle trajectoire, quel destin ? Parce que c'est une aventure solitaire au départ, Emmanuel Macron. C'est une aventure solitaire qui a besoin de faire sentir maintenant que, voilà, s'il veut vraiment troubler le jeu, il faut que cette aventure solitaire devienne une aventure collective. Et là, on voit qu'il y a, derrière Emmanuel Macron, aujourd'hui, je n'oserais pas dire des militants, des adhérents de ce nouveau type de mouvement qui s'appelle le mouvement En Marche. Mais il faut tout de même noter que la tâche n'est pas facile. Parce que jamais, dans une élection présidentielle sous la Vème République, mais c'est vrai qu'en ce moment, tous les schémas les plus prévisibles sont bousculés.

Mais jamais un objet politique non identifié comme Emmanuel Macron n'a réussi à perturber le jeu. Il y a eu des surprises. Les surprises venaient de l'extrême droite, avec Jean-Marie Le Pen. Les surprises ont pu venir du centre, avec Alain Poher en 1969. Mais il n'y a jamais eu d'hommes ou de femmes jouant sur le créneau qui est celui de Macron. Mais il faut aussi noter qu'il bénéficie, pour l'instant, d'une conjoncture particulièrement favorable. Il y a surtout deux éléments qui sont importants. Il y a d'abord le fait que la gauche n'est pas en ordre de bataille.

Il n'y a pas de candidat de la gauche de gouvernement, à laquelle Macron a été associé pendant des années, depuis, au fond, 2012, sous des formes différentes. Il n'y a pas de candidat de la gauche de gouvernement. Donc, quelque part, il profite de ce vide. Mais ce vide va être comblé, allez, fin janvier. Et deuxièmement, il bénéficie d'une deuxième conjoncture favorable, c'est que le centre n'est pas en ordre de bataille. On ne sait pas, par exemple, si le candidat, j'allais dire, historique du centre, François Bayrou, va être candidat ou non. Et cela peut changer le niveau auquel peut prétendre Emmanuel Macron aujourd'hui. Et cela ne durera pas pendant des mois et des mois.

Dites-moi, le rappel historique fait par Islard sur 76, en effet, donc il y a tout juste 40 ans, Jacques Chirac porte de Versailles. La comparaison est bonne, à la fois sur l'engouement, la ferveur et puis l'émergence. Il ne présente pas la même chose. On voit en effet que l'engouement a commencé par un engouement médiatique. C'est vrai que les médias aiment bien celui par lequel la nouveauté arrive. Donc c'est nouveau, donc tout le monde se précipite sur la nouveauté. Mais là, on voit bien que ça dépasse le stade de ce qu'on a pu appeler pendant de nombreuses semaines la bulle médiatique. Le mouvement prend parce que, quelque part, il y a un malaise aussi.

Il faut rajouter un élément fondamental. Il y a un profond malaise par rapport à la gauche, à la droite, à ces catégories qui peuvent apparaître comme usées. Et Emmanuel Macron parle de nouveaux clivages. Il parle de nouveaux clivages et il en parle à tout le monde. Alors, il faut noter que son électorat reste un électorat majoritairement de gauche. L'homme vient de la gauche. Il a été ministre, jusqu'à une date extrêmement récente, de gouvernement de gauche. Sa carrière politique est une carrière politique de gauche. Donc, voilà, c'est une majorité d'électeurs de Macron qui viennent de la gauche. Alors, il crée une dynamique, mais il crée aussi une attente.

On a envie de savoir, au fond, ce qu'il prépare, ce qu'il veut faire. Et là, son programme, comment le définiriez-vous, Cécile Cornulé ? Certains disent flou.

7:38
Invité

En construction, je dirais. En construction. Work in progress, comme on dit en bon anglais. Il y a des faux pas, de temps en temps. Par exemple, son entrée en campagne, il y a 15 jours, c'était moyennement réussi. Effectivement, on a l'impression qu'il a un calendrier très dilaté parce que c'est stratégique, mais aussi parce qu'il est en train de le construire. Et que, de temps en temps, on a le sentiment qu'il ne sait pas exactement où il va. Il a des intuitions sur ce qu'il faudrait, notamment dépasser, effectivement, le clivage gauche-droite.

Donc, il essaye de repenser les problèmes français d'autres points de vue, de nouveaux points de vue, en piochant dans des solutions à gauche et à droite. Et, voilà, il était en train de devenir peut-être un personnage un peu flou. François Béraud a dit un hologramme. Marine Le Pen a dit le candidat Plexiglas. Là, aujourd'hui, il montre qu'il y a une assise, qu'il est hors parti, or il réussit à faire ce que les partis ne réussissent plus à faire. Il fait venir 15 000 personnes. Et on m'a raconté, il paraît qu'il n'y a pas de car venu de toute la France, comme ça veut faire le RPR, par exemple, pour remplir les salles de Jacques Chirac.

Donc, il y a quand même un mouvement un petit peu spontané. Et il est en train, depuis deux jours, de mettre sur la table des propositions, clairement à gauche, parce qu'effectivement, il essaye de profiter de ce grand flou de la gauche, qu'il est estampillé libéral, et qu'aujourd'hui, les mots qu'il met sur la table, c'est travail, c'est pouvoir d'achat, c'est quartier, territoire défavorisé, c'est fonctionnaire, on l'a entendu tout à l'heure à son discours, voilà. Donc, il commence et il est en construction. C'est un échafaudage.

9:11
Présentateur

Sur le clivage, c'est intéressant, on va écouter tout de suite Emmanuel Macron, qui a pris la parole tout à l'heure à Paris-Porte de Versailles, justement, gauche-droite.

9:19
Emmanuel Macron

Alors, écoutez ce qu'il répond, justement, lorsqu'on essaie de le positionner.

9:23
Présentateur

Certains n'ont pas compris, ils pensent encore que vous avez peur. Ils n'ont pas compris. Vous avez peur ? Ils n'ont pas compris parce que nous avons déjà, nous, pris les risques, le risque de faire, le risque de tenter ce que tout le monde nous disait comme impossible. Ce que nous voulons, ça n'est pas rassembler la gauche, ça n'est pas rassembler la droite, c'est rassembler les Français. C'est cela, notre projet.

10:06
Emmanuel Macron

Alors, Éric Fautorino, qu'est-ce qu'il nous dit, là ?

10:10
Présentateur

C'est quoi le sous-texte, comme on dit ? Prenez-nous au sérieux ? Bien sûr.

10:14
Invité

Et d'ailleurs, si on dit que la politique est un art d'exécution, ça commence. C'est-à-dire que là, il est vraiment dans l'exécution de ce qu'il veut faire. Et que ça commence par le verbe. Je crois qu'il faut rappeler que Macron, c'est un intellectuel. C'est quelqu'un qui a une formation philosophique poussée. Quelquefois, on a un peu sous-estimé ça, mais non. Le travail qu'il a fait auprès de Ricoeur, notamment sur la phénoménologie du mal, sur tout ce qui est... Lui, il se vit comme un traducteur, traduire la théorie avec le réel, dans le réel. Donc ça, pour lui, c'est très important. Après, le gauche...

10:40
Présentateur

Alors, il cite Bernanos, par exemple, dans ses discours.

10:42
Invité

Oui, il ne faudrait pas trop le citer, d'ailleurs, je pense. Il perd les gens aussi.

10:46
Présentateur

C'est ce que j'allais vous demander. C'est pas très populaire de citer Bernanos. Je pense que tout le monde n'a pas lu Bernanos dans les territoires, comme il dit, enclavés, isolés. Mais, plus sérieusement, je dirais que Macron, il veut reformuler le clivage gauche-droite en un clivage progressiste-conservateur.

11:01
Invité

Et à partir de là, le progressisme, il est à gauche et à droite. Il est partout, et au centre aussi, évidemment. Donc, si vous voulez, Macron, ce qui est très intéressant, et ce qui est insaisissable pour les autres politiques, il faut mesurer la force de Macron au nombre d'injures ou d'insultes qu'il a reçues au moment de sa candidature.

11:16
Présentateur

De Bayrou, même de Valls, à sa manière, etc. Pourquoi ? Parce que le spectre de Macron est inédit. J'allais dire, je me penche de mon voisin sur la Vème République, mais même avant. C'est-à-dire quoi ? Il incarne la République des professeurs. Il est philosophe, il est diplômé. Il incarne le service public, la haute fonction publique, il est énarque. Il incarne le monde de la finance qui a été le monde vedette des années 80 avec ses 4 ans chez Rothschild. Et il incarne la nouvelle économie, l'économie numérique, l'agilité d'un côté et le souci de la fragilité de l'autre. Et donc, je pense que Macron, si vous voulez, une présidentielle, c'est, j'allais dire, c'est les 3 P.

C'est un personnage, une personnalité, c'est un parcours et c'est un programme. Je dirais qu'il est très fort sur le personnage, parce qu'il est atypique, pas seulement la jeunesse, l'innovation. Il est très fort sur le parcours, parce que justement, il est inédit. Là où je crois qu'il est encore faible, mais on va voir si cette faiblesse se répare et il a le temps, c'est sur le programme.

12:11
Emmanuel Macron

Alors, on va en parler, évidemment, dans un tout petit instant. Mais d'abord, ce baptême du feu pour Emmanuel Macron, premier grand meeting à Paris.

12:18
Présentateur

Qui sont les fans de Macron ? Qui sont ces militants qui croient au message d'espoir de l'ancien ministre ? Reportage, Portes de Versailles, Cécile Guirier-Riquier, Romain Becker et Olivier Prédomme. Sur scène, Emmanuel Macron s'affiche décontracté et conquérant pour le premier grand meeting depuis l'officialisation de sa candidature. Face à lui, dans une salle archi-comble, 15 000 personnes, dont certaines sont là depuis déjà quelques heures.

12:49
Auditeur

C'est mon premier meeting politique, donc voilà.

12:52
Invité

Ça va être, je crois, un moment important, non seulement pour les militants d'En Marche, dont je fais partie, mais aussi pour le futur en France. Je veux changer les choses, je veux participer au renouveau politique.

13:04
Présentateur

J'ai voté socialiste tous les coups, mais maintenant, je suis de gauche, mais je pense qu'il a un programme de gauche quand même. A Paris, cet après-midi, Emmanuel Macron a réussi sa démonstration de force. La conclusion d'une semaine au cours de laquelle sa campagne a connu un coup d'accélérateur. Mercredi soir, au QG d'Emmanuel Macron, 200 jeunes centristes, notamment issus de l'UDI, sont réunis. Ils ont choisi de se rallier à l'ancien ministre de l'économie.

13:35
Invité

On a rarement fait des réunions à l'Union des jeunes avec autant de monde, et ça montre qu'on a vraiment touché une carte sensible.

13:44
Présentateur

Un ralliement qui vaut à ces jeunes centristes l'expulsion de leur parti, mais constitue une belle prise pour celui qui assure dépasser les clivages politiques traditionnels. On a un point en commun, on en a beaucoup d'autres, mais il y en a un qui est très important.

14:04
Invité

On est en train de prendre des risques. Vous avez pris des risques pour beaucoup. Je sais que certains ont eu des pressions, ont eu même plus que ça, certains ont été punis, etc.

14:21
Présentateur

Je sais ça. J'ai vécu un peu la même chose. Transgressif, progressiste et résolument pro-européen, Emmanuel Macron a réussi ici son opération séduction.

14:36
Locuteur non identifié

C'est une nouvelle photo de famille ? C'est une nouvelle photo de famille ?

14:41
Présentateur

C'est la nouvelle famille, mais c'est une famille ouverte. Donc on attend toujours que nos cousins et nos frères qui étaient dans notre famille de cœur viennent nous rejoindre. Voilà tout simplement. En attendant, le candidat a atteint son objectif, démontrer sa capacité de rassemblement au centre, voire à droite. Un positionnement hors parti qui conforte sa stratégie de ne surtout pas s'engager dans la primaire de la gauche. Je ne suis pas au Parti Socialiste. Je m'honore d'avoir des militants du Parti Socialiste qui sont chez moi. Je m'honore d'avoir des femmes et des hommes de gauche qui sont en effet avec nous et qui portent mon projet.

Mais je ne m'inscris pas dans la dynamique de la primaire du Parti Socialiste. Et je dis maintenant à toutes ces femmes et ces hommes, moi j'ai pris mes responsabilités. Avec celles et ceux qui m'accompagnent, qu'ils prennent les leurs. Mais qu'ils ne me mettent pas sur le dos, leurs divisions, voire leurs échecs. Seul obstacle pour l'instant sur la route du candidat, le financement de sa campagne. Faute d'élus, le mouvement En Marche n'a droit à aucune dotation publique. Alors Emmanuel Macron était à New York cette semaine pour récolter les fonds nécessaires à d'autres démonstrations de force, comme celles de ce soir. Première question SMS. Macron a déclaré être ni de gauche ni de droite.

Pourquoi les médias et une partie des socialistes le classent-ils à gauche, Yves Tréhard ? C'est vrai ? Alors il est classé à gauche pour deux raisons à mon avis. La première c'est que pour le moment c'est un vaste chantier la gauche. Donc comme il vient de la gauche, on le catalogue à gauche. La deuxième raison pour laquelle il est à gauche, c'est parce qu'il y a quelque chose de nouveau chez lui, qui inspire plus, vous savez, le progressisme. Le mot progressisme est davantage référence à la gauche qu'à la droite. Mais je voudrais attirer l'attention sur deux choses très importantes.

C'est qu'il y a beaucoup de gens qui goûtent la politique, et il y avait un exemple tout à l'heure, une dame qui parlait en disant c'est mon premier mythique politique. C'est que je crois qu'il y a beaucoup de gens qui s'étaient détournés ou qui n'ont jamais fait de politique depuis longtemps, qui là vont chez Macron. Parce que justement c'est neuf, c'est pas comme d'habitude. Et beaucoup de gens, beaucoup d'abstentionnistes, et oui, mais il fait le, j'allais dire, il ne fait pas le plein, mais il va beaucoup chercher dans ce vivier-là. Je vous en parle parce que j'en connais beaucoup, moi, qui se sont détournés de la politique.

Je discute avec des gens qui, et même dans les banlieues, dans les banlieues, il fait un malheur. Parce qu'il y a la nouvelle économie, tous ces jeunes qui se sont fait un emploi grâce à l'auto-entrepreneuriat et la numérisation de l'économie. Et le fait que ces gens-là ne voulaient pas des vieux barbons, pour dire la vérité, qui peuplaient leur écran de télévision. Et là ils ont trouvé un type qui fait la rencontre des deux. Ça c'est la première des choses. La deuxième des choses, qui est très importante si on veut comprendre, Macron. Il ne dit pas « je ». C'est pour ça qu'il n'y a pas de programme. Il dit « vous ». C'est vous qui faites le programme. Et qu'est-ce qui se passe ?

Alors moi je ne connais pas, je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais il y a des comités Macron partout. Ces comités-là travaillent, font remonter des propositions, je ne sais pas si c'est classement vertical ou... Il y a plus de 400 comités, en France au total. Moi j'en connais quelques-uns, je sais qu'ils travaillent vraiment. Ils se réunissent dans des bars. Il n'y a rien d'original là-dedans d'ailleurs, mais bon. Et moi j'étais frappé dans ce discours. Jamais il ne dit « je ». C'est vous qui réussirez, c'est vous qui travaillerez, c'est vous qui gagnerez. Que disent les autres ? Je ferai ça, je ferai ça, je ferai la retraite à temps.

18:26
Invité

En même temps, la démocratie participative, c'est un peu à l'âme de tout le monde.

18:29
Présentateur

Oui mais qui ne l'a fait ? Personne ne l'a fait.

18:31
Invité

François Fillon dit « j'ai fait mon programme avec les Français ».

18:34
Présentateur

Sauf que François Fillon, quand il a fait ses discours, c'est « je ». C'était Ségolène Royal. C'était Ségolène Royal, ce qu'elle n'a pas réussi à faire. Alors attendez, avant de revenir sur le fond et sur ses propositions, est-ce que cet effet Macron est aussi dû au fait qu'il a su mettre en scène sa vie, son histoire, le fameux storytelling, son jeune âge, son couple, sa liberté par rapport au monde politique, Pascal Perrineau ? Oui, certainement. Comme il n'a pas d'ancrage politique très déterminé, du moins dans la perception qu'en ont les Français, il faut qu'il se donne d'autres systèmes de repères.

Alors on voit bien, il joue, et c'est normal, c'est un des plus jeunes candidats, il joue énormément en effet de son âge, en laissant entendre que l'âge biologique permettrait le renouveau. On peut s'interroger, est-ce que l'âge biologique permet toujours le renouveau ? Je n'en suis pas complètement persuadé, mais en effet, ça porte bien l'image du renouveau. Avoir moins de 40 ans, être candidat à la présidence de la République, en effet. Et puis, bien sûr, il a besoin d'autres systèmes d'ancrage.

Et on sait très bien qu'à côté du social-libéralisme dont il est porteur, Emmanuel Macron cultive une différence par rapport à Emmanuel Valls, qui pourrait partager ce social-libéralisme, et qui est au fond un libéralisme culturel assez profond. Il cherche à jouer la différence avec Emmanuel Valls, en disant, avec Valls, c'est l'autorité républicaine classique, ce sont des valeurs un peu verticales, avec moi, c'est beaucoup plus branché. Et bien sûr, il envoie là des signaux, à partir de ce qu'il est, à partir de sa vie personnelle, incarnant, donnant de la chair à ce côté un peu avant-gardiste d'Emmanuel Macron.

Et là, il s'adresse, en effet, à des milieux sociaux bien particuliers, ceux qu'on appelle souvent les bobos, les bourgeois bohèmes. Et d'ailleurs, quand on regarde les enquêtes aujourd'hui, c'est très frappant de voir que dans ce milieu de la bourgeoisie, de la bourgeoisie bohème, très internationalisée, très ouverte sur l'Europe, sur le monde des gens qui vont bien et qui le font savoir, eh bien, Emmanuel Macron, là, fait des scores tout à fait significatifs. C'est ce que je disais il y a quelque temps. C'est vraiment le candidat de la mondialisation heureuse. Oui, bien sûr. Alors, son programme est-il avant tout économique ?

20:59
Invité

Non. Non ? Enfin, les thèmes qu'il met aujourd'hui sur la table sont économiques. Le travail, parce qu'il considère que les Français souffrent dans leur quotidien. Mais non, il a aussi une réflexion sur la mondialisation heureuse, l'immigration un peu plus ouverte. Alors, on sent qu'il est prudent sur ces sujets.

21:19
Présentateur

Je précise ma question. Est-il à la hauteur des grands défis de la France ? Le terrorisme, l'international ?

21:28
Invité

C'est un point d'interrogation. Il manque d'expérience, quand même, sur ces sujets-là. Oui, c'est sûr. C'est un point d'interrogation. Il va faire des déplacements à l'étranger pour essayer de muscler un peu cette image-là. Mais je pense qu'il n'est pas dans cette étape-là. Ce sera l'étape d'après. Il y a eu l'étape image. C'est un personnage, comme vous disiez, sympathique. Il joue dessus. Et peut-être, d'ailleurs, en contraste là-dessus avec Manuel Valls. Il a fait beaucoup d'images. Parce que, aussi, le fait qu'il soit très neuf en politique, il n'avait pas une notoriété énorme encore aujourd'hui. Nous, on a l'impression de le voir sur toutes les covers des magazines.

Mais je pense que, dans le territoire français, ce n'est pas le cas. Donc, il y a eu une phase communication très forte. Là, on rentre dans le dur des propositions plus économiques. Et viendra une période plus régalienne, stature d'homme d'État.

22:14
Présentateur

Il y a un sondage, Elab, qui donne 6 points. Il a gagné 6 points de popularité ce mois-ci à 39% d'opinions favorables. C'est pas mal. Mais, en fait, maintenant, il doit transformer ça en intention de vote. C'est ça, le défi, Éric Fautorino. C'est populaire, c'est bien. Mais, est-ce que ça suffit à être élu ? De mon point de vue, la grande conversion qu'on attend de Macron, c'est en effet qu'il complète ce qu'a dit Pascal Perrineau sur les bobos par ceux qui appartiennent à cette France, justement, qui se sent un peu paumée, qui se sent abandonnée, qui se sent déclassée.

22:46
Invité

Et là, jusque-là, je pense que, chez Macron, en fait, l'enjeu, c'est la société de mobilité par rapport à la société de place, de rente, avec des statuts, etc.

22:54
Présentateur

Ça, il veut casser ça. Il l'a dit souvent. Ce qui bloque en France, c'est les corporatifs. Donc, son hostilité avec la CGT est assez manifeste.

23:03
Invité

Mais, en revanche, ce qu'il dit, c'est qu'il faut protéger les plus fragiles. C'est-à-dire qu'il dit, on ne peut pas traiter également les choses inégales. Donc, les gens qui réussissent, il faut les aider à réussir encore plus.

23:14
Présentateur

Mais, pour autant, ceux qui ne sont pas, justement, dans la mobilité, tout le monde n'est pas en marche, justement. Et d'ailleurs, il faut quand même souligner...

23:19
Invité

Qui est très libéral, qui a le sens de l'État et qui réfléchit beaucoup à l'État.

23:22
Présentateur

Absolument. Mais il faut quand même souligner ça, cette adéquation. On voyait avec les marcheurs tout à l'heure.

23:26
Invité

Mais c'est que, EM, Emmanuel Macron, c'est en marche. Donc, il a vraiment créé un mouvement assez initial.

23:32
Présentateur

Et ça, je trouve ça, quand même, assez fort. Parce que la seule qui fait ça, d'une certaine manière, c'est Marine Le Pen, avec le mouvement Bleu Marine. Donc, je pense qu'il est là pour incarner quelque chose.

23:41
Invité

Et lui, il a dit souvent. Il dit, l'incarnation n'est pas encore venue. Maintenant, il est dans l'incarnation.

23:45
Emmanuel Macron

Son programme est-il de gauche ?

23:47
Présentateur

Yves Tréhard, tout à l'heure, lorsque cette question a été évoquée, je vous ai vu hausser les yeux. Il n'est pas de gauche. Je vais vous dire pourquoi. Ou alors, il est de gauche au sens libéral du 19e siècle. Pourquoi ? Parce qu'il ne parle pas du collectif, si vous prenez bien toutes ses propositions concrètes qu'il ait faites. Il parle toujours de l'individu. Et c'est l'individualisation, justement, de... Enfin, c'est l'homme dans l'économie. L'homme qui peut passer d'un métier à l'autre et qui garde ses droits. Il parle rarement du collectif.

Toutes les propositions qu'il fait en matière de couverture sociale, qu'il fait en matière de chômage, ce sont des propositions qui ne sont pas vraiment de gauche. Attendez, je vous coupe. Je donne deux, trois exemples. Il veut supprimer les cotisations chômage des salariés pour redonner du pouvoir d'achat. Il veut transformer l'assurance chômage. Il veut un big bang des retraites. Il veut s'attaquer au modèle social qui est arrivé de 1945. Il veut complètement s'attaquer au modèle social. Et en cela, il est assez proche, d'ailleurs, de ce que disait Nathalie Kosciusko-Morizet pendant la primaire de la droite et de la gauche.

Là où il peut être assimilé de gauche, et ce n'est pas tellement sur les questions de terrorisme qu'il va avoir du mal, et sur les questions de sécurité, c'est sur certains sujets qui sont vraiment des marqueurs de gauche. Par exemple, la libéralisation de la consommation du cannabis. Ça, j'attends de voir. Il l'a énoncé il n'y a pas longtemps. J'attends de voir quel effet ça va avoir. Sur la famille. Alors, il a dit que la famille était importante tout à l'heure. Mais il ne nous a pas dit pourquoi elle était importante. Il y a beaucoup de sujets comme ça, où il va passer, alors là, aux yeux de beaucoup de Français, pour un bobo, un libertaire.

C'est-à-dire, si vous voulez, la définition d'Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est libéral, libertaire, européen. Voilà, c'est ça. C'est un peu facile, mais c'est un peu ça. Et pour rassembler l'arge, ce côté libertaire me paraît un obstacle, un handicap pour lui. C'est vrai, je voulais juste revenir sur sa position quand il était au gouvernement sur la déchéance de nationalité, où il avait dit que là, il était vraiment plus dans une position de gauche que l'ensemble du gouvernement, et surtout de François Hollande. Et je pense qu'il y a des marqueurs à gauche chez Macron, mais je pense qu'il va en trouver d'autres.

26:07
Invité

Mais en effet, pour rassembler cet électorat de gauche qu'il soutient, mais pas seulement, il faut qu'il trouve des marqueurs un peu originaux par rapport à ce qu'on voit aujourd'hui.

26:15
Présentateur

Je reviens au modèle social auquel il veut s'attaquer, il va se retrouver avec les syndicats. Moi, je pense que c'est plus compliqué que ça. En contre-attaque immédiate. C'est réaliste, c'est utopique.

26:25
Invité

Ce n'est pas s'attaquer au modèle social comme François Fillon veut le faire.

26:28
Présentateur

Non, c'est une autre forme de...

26:30
Invité

C'est certes ne plus aborder la question sous l'angle du collectif, mais de l'individu, mais c'est travailler à une égalisation des droits. Il est beaucoup dans l'égalité. Par exemple, sur l'allocation chômage, l'une de ses idées, ce serait de faire la même allocation pour tout le monde. Ça, ce n'est pas tellement libéral version droite, c'est plutôt libéral version gauche. Aujourd'hui, même en économie, je trouve qu'il est assez inclassable et qu'on ne peut pas le mettre en...

26:57
Emmanuel Macron

Quand il veut casser le plafond des indemnités chômage, de l'assurance chômage, ça c'est plutôt libéral.

27:03
Invité

C'est pour l'égaliser, pour qu'un cadre supérieur ait la même allocation chômage qu'un ouvrier licencié de ça. Je ne sais pas comment ça va être lu, sincèrement, s'il va vraiment jusqu'au bout. Et sur les syndicats, il était effectivement assez offensif contre les corporatismes jusqu'à présent, mais là, il est en train un peu de changer et de dire qu'on a besoin de syndicats, notamment au niveau de la branche, notamment au niveau des entreprises. Donc, c'est quand même... Il essaye de réhabiliter un peu le dialogue social, mais au niveau local, pour que le dialogue social fasse quand même bouger les choses, mais qu'il existe.

27:37
Présentateur

Il y a une chose, par exemple, la loi Macron. On a beaucoup parlé des autocars. Oui. Mais ce qu'il faut en revenir, c'est le détail de sa loi sur les notaires, par exemple. Les notaires où il a voulu ouvrir les portes de la profession pour qu'on puisse s'installer davantage, qu'on puisse ouvrir une étude, tout ça. Il s'est mis à dos quand même pas mal, la corporation des notaires, justement, parce que... Quand il a dit qu'on pouvait être coiffeur sans avoir de diplôme, ou d'ouvrir des métiers sans avoir, en fait, les diplômes requis pour les exercer. Ça, c'est compliqué aussi. Vous voyez, il est revenu en arrière, d'ailleurs, là-dessus. Pascal Perrineau.

Oui, mais en cela, il est au fond assez proche, j'allais dire, d'une gauche qui maintenant est déjà ancienne, qui était la gauche de la troisième voie, la gauche blériste en Bretagne, la gauche de Gerhard Schroeder en Allemagne, les gauches très réformistes des pays d'Europe du Nord. En cela, quelque part, il incarne assez bien ce tempérament, qu'on pourrait qualifier d'un tempérament de troisième voie. Simplement, la gauche française était tellement sur des fondamentaux hostiles à ce type de tempérament, qu'Emmanuel Macron apparaît aujourd'hui comme vraiment quelqu'un de radicalement nouveau.

Mais si vous élargissez, si on sort un peu de l'hexagone, c'est un réformiste de la gauche sociale-démocrate,

29:03
Invité

tel que la loi El Khomri a ouvert un peu la voie. C'est de la loi El Khomri x 10.

29:09
Emmanuel Macron

Alors, de son côté, Manuel Valls est entré en campagne, lui, cette semaine. L'ex-premier ministre a tenu son premier grand meeting dans le Doubs, à Odincourt.

29:18
Présentateur

C'est une terre de gauche qui est tentée par le FN. La partie n'est pas simple pour Manuel Valls, qui doit réussir le pari de rassembler la gauche. Reportage, Marie-Charlotte Duluc, Yacine Millie, Mickaël Switberg.

29:37
Invité

Le bataillon de garde du corps a disparu. Il porte lui-même sa valise, voyage en deuxième classe. Manuel Valls étreigne ses habits de candidat, bien loin des privilèges de son poste de premier ministre.

29:54
Auditeur

Un peu de retard ? Un peu de retard, oui. Monsieur Valls, c'est vous qui tirez votre valise ? Ah, arrêtez !

30:01
Invité

Pour son premier déplacement de campagne, il a choisi le pays de Montbéliard, terre socialiste largement touchée par le chômage et tentée par le Front National. Le FN s'est même hissé au second tour des dernières élections législatives.

30:15
Locuteur non identifié

Ça va ? Bonjour.

30:17
Invité

Première destination, Manuel Valls vise le terroir. Ici, la spécialité, c'est le comté. Alors, mais je vais goûter, moi, pour que... Le candidat entend bien, lui aussi, occupait le terrain si cher à Arnaud Montebourg, du Made in France.

30:32
Présentateur

Moi, je veux montrer le savoir-faire français, et dans tous les domaines. Ici, c'est grâce à, pareil, le savoir-faire ancestral, la qualité que vous avez montré, la solidarité entre les agriculteurs.

30:46
Invité

24 heures seulement après sa démission du gouvernement, Manuel Valls laboure déjà la France, candidat à la recherche de ses électeurs. À Odincourt, on est bien loin des meetings des grands soirs. Alors Manuel Valls hausse le ton et tacle au passage l'inexpérience de certains de ses concurrents.

31:08
Présentateur

Il faut un président de la République qui ait de l'autorité, de l'expérience, qui sache montrer ce qu'est la France, c'est-à-dire un pays indépendant qui défend ses idées et ses valeurs. On ne s'improvise pas, candidat à la présidence de la République.

31:26
Invité

Mais avant d'être choisi, l'homme du 49-3, le théoricien des gauches irréconciliables, va devoir balayer sa réputation clivante. Il joue ce soir-là la carte du rassemblement.

31:40
Présentateur

Je suis au centre, au cœur même de ce qu'est la gauche. Je corresponds à cette alliance d'une République ferme et bienveillante. Je ne suis pas candidat à la primaire pour figurer. Je veux gagner. Je veux gagner.

31:57
Invité

Les militants, eux, demandent encore à se laisser convaincre.

32:02
Présentateur

Il a fait un beau discours, plein d'espoir. Encore le grand écart parce qu'il est encore un peu

32:07
Auditeur

Premier ministre, pas tout à fait candidat. C'est un excellent candidat. Il y a d'autres très bons candidats aussi. Peut-être que d'autres vont encore se déclarer. A priori, les surprises vont encore arriver. Donc voilà, on va écouter tout ça, voir comment tout ça va se passer et puis on fera notre choix à la fin. Je pense qu'il a envie de rassembler et je pense qu'il va y arriver. Moi, j'y crois en tout cas.

32:26
Invité

C'est pourtant une sortie chaotique qui attend Manuel Valls. La séquence a fait beaucoup de bruit cette semaine. L'image d'un candidat déconcerté qui se fait tout bonnement sermonner. Vous avez dit que vous vouliez vous dépasser.

32:41
Auditeur

Alors prouvez-le. Vous parlez tout le temps de rassembler. Eh ben, rassembler. C'était votre ministre Macron quand même. Et Jean-Luc Mélenchon, vous le connaissez. Oh, très bien.

32:50
Présentateur

Alors arrêtez de jouer comme des gauches. Allez-y. Alors il faut leur dire eux aussi. Non, je le dis à vous parce que là, vous êtes là.

32:56
Invité

Un début de campagne un peu compliqué. Reste cinq semaines à Manuel Valls pour convaincre les électeurs avant la primaire de la gauche. En 2011, il n'avait récolté que 5% des voix.

33:09
Emmanuel Macron

C'est vrai que cette séquence, cette interpellation d'une certaine façon,

33:15
Présentateur

cette militante qui s'adresse directement à Manuel Valls, la séquence est devenue virale, comme on dit. On l'a beaucoup vu sur les réseaux sociaux, sur Internet, un peu partout. Elle a dit un peu tout haut ce que beaucoup OPS pensent tout bas, non ? Peut-être, Yves Tréhard ? Oui, c'est vrai. Mais je trouve que Valls, il est à contre-courant complètement de ce qu'il a dit et ce qu'il a prétendu pendant des années et des années. Deux choses. La première, il s'est fait voler la place par Macron. Macron a eu le courage de faire ce que Valls n'a pas eu le courage de faire et que Valls aurait toujours voulu faire en disant « le PS est mort, il faudrait rebaptiser le PS d'ailleurs ».

Il était en désaccord avec toutes les idées, notamment sur le plan économique et beaucoup sur le plan régalien avec beaucoup de ses camarades. Deuxièmement, il nous dit il n'y a pas très longtemps quand même qu'il y a deux gauches irréconciliables. Et c'est vrai, objectivement c'est vrai. Je pense que la gauche se porterait mieux si elle avait un pôle social-démocrate clair et un pôle, on va dire, canal historique, socialiste. Autour de Montebourg, Mélenchon, je ne sais pas, qui pourrait être le point d'équilibre.

Mais c'est sûr qu'il y a un parti socialiste qui est énorme, que seul un homme comme François Mitterrand pouvait porter derrière lui, mais qui était fait de courants tout à fait multiples, et qui aujourd'hui en plus avec la nouvelle économie, avec les nouveaux problèmes qui se posent, ne peut plus vivre ensemble. Ça va être le constat d'ailleurs de ce qui va se passer. J'ai du mal à imaginer que le vainqueur de la primaire, si c'est un vainqueur du PS canal historique, puisse éviter l'hémorragie de tous ceux qui sont plutôt socio-démocrates vers Macron.

Et à l'inverse, si c'est Manuel Valls, je ne vois pas Manuel Valls rassembler derrière lui des gens comme Hamon, comme Montebourg, comme Mme Linnemann. Ça paraît tout à fait inimaginable.

35:14
Emmanuel Macron

Donc cette dame, elle dit quelque chose, une vérité qu'il ne veut pas entendre.

35:19
Présentateur

C'est qu'il n'arrivera pas à rassembler. Il n'arrivera pas. Il n'arrivera pas. Pascal Perrineau. Il n'arrivera pas à rassembler parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas rassembler la gauche. N'importe qui, personne n'est capable de rassembler la gauche. Pour deux raisons. Il faut bien voir que l'on sort d'un cycle extrêmement long qui avait commencé dans les années 60, de ce qu'on appelait l'union de la gauche, qu'on a appelé la gauche plurielle, la gauche rassemblée, que sais-je encore. C'est terminé. C'est terminé. Il y a maintenant une gauche de la gauche qui est en totale dissidence par rapport à une logique unitaire. Allez parler d'union de la gauche, par exemple, à Jean-Luc Mélenchon.

Il vous renverra dans les cordes. Et puis, deuxièmement, il y a maintenant une partie de la gauche qui assume complètement ce qu'on appelait sous la 4e République, la 3e force. C'est-à-dire des... Parce qu'on vient de voir Emmanuel Macron. Mais il sera intéressant, si Emmanuel Macron allait plus loin, avec quelle majorité gouvernerait Emmanuel Macron ? Bon, et là, il y aura des questions. Ça sera une majorité de 3e force. On reviendra aux formules de la 4e République. Donc, on voit bien que cette dame, elle exprime une nostalgie d'une période qui est terminée. Mais quelque part, le drame des acteurs politiques de la gauche, c'est qu'ils ne peuvent pas le dire.

Ils ne peuvent pas véritablement assumer. On voit, Valls a dit tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas. Les gauches sont irréconciliables. Mais bien sûr, maintenant, il ne peut pas le dire. Parce que, à la désunion de la gauche, se rajoute maintenant une désunion, alors là, beaucoup plus délétère et perverse, qui est la désunion qui pourrait déboucher sur l'éclatement du Parti Socialiste. Ça, c'est autre chose. Et au fond, ce qui se passe en ce moment, les difficultés qui se passent dans la primaire de la gauche, c'est ça. Ce n'est plus la désunion de la gauche. Ça, ça appartient au passé. C'est la désunion du Parti Socialiste et son éventuel éclatement.

– Cécile Cornulet, pour prolonger cette discussion, je voudrais qu'on regarde ensemble cette question SMS. Valls semble naviguer à nouveau entre deux tendances de gauche, conservatrice et réformatrice. Est-il crédible ?

37:20
Invité

– Oui, c'est la question. En plus, cette dame, elle le ramène à la réalité. En fait, effectivement, Manuel Valls ne peut pas être Macron. Sans doute qu'il aurait rêvé être le transgressif. Mais du coup, il se dit, ce qui va faire la différence, surtout dans le climat très anxiogène qu'on connaît, c'est que moi, j'ai été Premier ministre. Eh bien là, face à cette femme, on se rend compte que non, ça ne fait pas la différence. Il est interpellé comme les autres. Ça rappelle un peu la séquence d'Emmanuel Macron avec le costume quand il était interpellé. Il est un candidat comme un autre. Voir même porter le bilan, être l'ancien Premier ministre, c'est quelque chose qui va être compliqué.

37:57
Emmanuel Macron

– C'est plus dur qu'un autre candidat.

37:59
Invité

– Donc, c'est un rappel à la réalité.

38:01
Présentateur

– Eric Fautorino, diriez-vous, comme l'a estimé il y a quelques instants, il est très rare, qu'Emmanuel Macron a piqué le créneau de Manuel Valls ? – Je dirais d'abord, dans un mauvais français, dans le body language, il y a un menton et il y a un sourire. Alors, effectivement, le menton, il est chez Valls, et le sourire, il est chez Macron. Donc, si vous voulez, l'envie, elle se porte vers celui qui, effectivement, dont Valls a voulu le faire porter le manteau, l'habit de Brutus. Et finalement, on a bien vu dans l'action que Valls a menée contre Hollande pour que Hollande, finalement, ne se présente pas, que le Brutus était peut-être aussi de plus près de Matignon que de Bercy.

Et donc, maintenant, Valls n'a plus tellement d'espace. C'est-à-dire que même s'il venait à gagner la primaire socialiste, qui n'est pas de gauche, c'est pas encore gagné. Mais il va avoir un Mélenchon d'un côté et un Macron de l'autre

38:48
Invité

qui, eux, sont déjà dans la perspective d'une présidentielle, alors que lui, il est en train de faire la course de petits chevaux dans ce manège qui n'est quand même pas très assagi. Donc, on voit bien la grande difficulté qu'avale cette perte de statut.

39:00
Présentateur

Moi, je trouve ça aussi considérable, cette perte de statut du jour où vous n'êtes plus Premier ministre. Donc, il a raté son entrée en campagne, Yves Tréa ? Ou bien c'est simplement l'équation qui est impossible pour lui ? Écoutez, je ne dirais pas qu'il a loupé son entrée en campagne, parce qu'une campagne, c'est long. Le discours d'Evry, je ne l'ai pas trouvé. Enfin, il y avait du monde. Tout ça a été évidemment United Colors, sauf Benetton. C'était bien soigné, ça avait été préparé. Il n'y avait rien de spontané. Mais le problème, c'est que je ne vois pas à quoi, à quelle identité, à quelle sensibilité peut correspondre Emmanuel Valls aujourd'hui ? Emmanuel Valls, pardon, aujourd'hui.

Il a perdu sa substantifique moelle, d'une certaine façon. Parce qu'il est en train de faire un job qui n'est pas le job qu'il voulait. Il veut par-dessus tout que cette gauche éclate. Et il pense que la gauche de gouvernement qu'il veut incarner, elle aurait un avenir, mais il s'est fait piquer le créneau, le couloir. Et il voit bien, là où c'est compliqué pour lui, c'est que depuis qu'il s'est déclaré en campagne, effectivement, toutes les portes se ferment. C'est-à-dire que, maintenant, il y a un nouveau candidat qui s'appelle M. Payon, probablement lancé dans la course par quelques forces obscures en coulisses, qui évidemment est là pour contrer l'initiative de Manuel Valls.

Et je n'ai pas vu chez les parlementaires un grand enthousiasme. Il y avait 150 parlementaires, jeudi, je crois, réunis avec Manuel Valls, mercredi, sénateurs, députés, mais beaucoup étaient là pour écouter, pour voir. Il n'y avait pas du désir. Il n'y avait pas du désir. Donc c'est compliqué. Une autre candidature, en effet, devrait être officialisée demain, celle de Vincent Payon. L'ex-ministre de l'Éducation veut se lancer apparemment dans la bataille.

40:50
Emmanuel Macron

Il va rejoindre deux de ses amis, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon,

40:55
Présentateur

avec lesquels il avait créé le NPS, le Nouveau Parti Socialiste. C'était en 2002. Thomas Jarion, Marie Joly, Thomas Buyer et Guillaume Biraud.

41:06
Invité

Il y a 14 ans, il bousculait le PS. C'est pas sûr. Arnaud Montebourg, l'orateur, Vincent Payon, l'intellectuel, et plus en retrait, le Benjamin Benoît Hamon, formaient le NPS, Nouveau Parti Socialiste. Leur promesse, un renouveau de la politique et de ses cadres.

41:26
Présentateur

L'appareil du PS est occupé par ces gros animaux immobiles qui bouchent l'horizon et qui se battent entre eux.

41:35
Invité

Mais à peine formé, le trio est vite balayé par le courant de François Hollande. Hier camarade de combat, il s'affronte aujourd'hui à la primaire de la gauche. Pour Arnaud Montebourg, être en campagne est une évidence. A l'aise sur le terrain.

41:53
Emmanuel Macron

Alors là, vous avez des sacrées machines là.

41:55
Invité

A Dijon, il plaide pour un patriotisme économique. Il est presque exalté face aux militants.

42:04
Présentateur

Alors les filles, elles vont bien ? Les dames là ?

42:07
Locuteur non identifié

Les dames de glu.

42:08
Invité

L'ancien ministre de l'économie, apôtre du Made in France, vise la gauche du parti. Il promet la réindustrialisation du pays, soutenue par la majorité des frondeurs. L'avocat se rêve en bâtisseur du rassemblement, porté par sa réputation de tribun.

42:25
Emmanuel Macron

Toute la lutte de la gauche du Front populaire à 1981, 1997 et 2017, c'est l'Union, c'est l'obsession de l'Union. Et nous ne ferons que cela dans cette campagne.

42:39
Invité

Lui est resté beaucoup plus discret. Depuis deux ans et demi et sa sortie du gouvernement, Vincent Péion donne des cours de philosophie en Suisse. Il a aussi écrit un polar. Il est toujours député européen, mais pas très actif. Depuis le 1er juillet 2014, il n'a présenté qu'un seul rapport à Strasbourg. A rédigé sept amendements et a posé douze questions au Parlement. C'est bien en dessous de la moyenne des eurodéputés. Son retour sur le devant de la scène est une surprise. Pour Patrick Menucci, son ami de 20 ans, c'est le renoncement de François Hollande qui l'a poussé à se présenter.

43:18
Emmanuel Macron

Il a considéré que l'espace politique qui était celui de cette forme de gauche réformiste et en même temps extrêmement ancrée sur les principes socialistes n'était pas rempli.

43:33
Invité

Au PS, certains pensent que la candidature de Vincent Péion est une manœuvre du clan Hollande pour gêner Manuel Valls. L'entourage de Vincent Péion dément, même si l'ombre du président n'est pas loin. Le député Sébastien Desnaja, un intime de François Hollande, devrait jouer un rôle important dans sa campagne. Face au retour de Vincent Péion et à l'avance dans les sondages d'Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, le dernier homme du trio, peine à trouver sa place. Mais son passage dans l'émission politique sur France 2 lui donne l'occasion de marquer des points. Il défend l'instauration d'un revenu universel pour les 18-25 ans. Il remet aussi en cause la course à la croissance.

44:15
Présentateur

Je pense que tout ça relève maintenant d'un culte, d'un mythe, d'une quasi-religion cap sur la croissance. Oui, je fus croyant, mais je ne le suis plus. Je ne crois plus qu'aujourd'hui, il faille tout sacrifier au mythe d'une croissance qui, de surcroît, est très inégalitaire.

44:31
Invité

Quand nous créons de la richesse, cette richesse n'est pas distribuée de telle manière qu'elle nous assure le progrès. Sa prestation est saluée sur les réseaux sociaux et au sein du Parti Socialiste. Benoît Hamon dit avoir reçu plus de 200 textos d'élus de gauche pour le féliciter. Alors il commence, lui aussi, à y croire. Il entre de plein pied dans cette bataille féroce où les jeunes loups d'hier sont désormais en première ligne.

44:55
Présentateur

Cécile Cornudet, regardons ensemble cette question SMS. Benoît Hamon a-t-il une chance de produire un effet Fillon, comme il semble l'espérer ? L'effet Fillon, c'est être troisième dans les sondages pendant toute la campagne et puis au dernier moment, on passe devant tout le monde.

45:10
Invité

On regarde Fillon maintenant et pense pouvoir être Fillon. Tout est possible. Sincèrement, on ne voit pas une campagne d'Arnaud Montebourg exceptionnelle. On a l'impression qu'il cherche encore le personnage qu'il veut être. Il ne veut plus être le Don Quichotte qui ne pouvait paraître pas très crédible. Il essaie de s'assagir, mais du coup, il s'est un peu affadé. Est-ce que Benoît Hamon, avec un discours très de gauche classique, PS classique, comme Fillon était de droite classique, peut marquer des points ? Ce n'est pas impossible.

Peut-être que là encore, c'est au moment des débats que tout se jouera, que les gens regarderont, verront les 7, 8, 9, je ne sais pas combien de candidats et choisiront.

45:51
Emmanuel Macron

Oui, il y aura à nouveau, en effet, 3 débats apparemment. Deux avant le premier tour et un entre deux tours. Ah, deux plus un, selon vous. Deux plus un. Très bien.

45:58
Présentateur

Et alors, Vincent Péion, Pascal Péron, je vous pose la question d'une façon un peu familière, mais qu'est-ce qu'il vient faire dans cette galère ? Ah, c'est une forme de revenant, puisque Vincent Péion, en effet, avait pris énormément de distance par rapport à l'action politique. Alors, on verra, on en saura certainement plus dans les heures et les jours qui viennent. Est-ce que, véritablement, c'est un désir irrépressible de M. Vincent Péion de revenir dans l'action politique au premier plan ? Ou bien, est-ce que certains camarades socialistes sont allés le chercher ? C'est-à-dire... Et les deux mouvements, en effet, peuvent se rencontrer.

Mais je crois que le second mouvement est important, bien sûr. Qu'est-ce qui se passe, si vous voulez ? Je crois que beaucoup de leaders socialistes, bien sûr, sans le dire, ont intégré la défaite l'année prochaine. Ils ont intégré la défaite et donc se pose une autre question. Qui gardera le contrôle de l'appareil socialiste après la défaite ? Et c'est cette question qui vient polluer les primaires de la gauche.

On voit de manière claire qu'au fond, ce qui reste le centre de gravité du Parti socialiste, à savoir les proches de François Hollande, les différents cercles qui sont autour de François Hollande, qui a été tout de même pendant plus de dix ans le patron du Parti socialiste, n'ont pas envie de laisser l'héritage à Manuel Valls. Et que donc, Manuel Valls n'est pas considéré comme l'héritier légitime, alors qu'il a été le ministre, le Premier ministre de François Hollande, qui a mis en œuvre la politique de François Hollande. Il n'est pas considéré comme l'héritier légitime, capable de récupérer le Parti socialiste.

Et c'est cela ce qui est en train de se jouer, et non pas de savoir qui sera le meilleur candidat pour l'élection présidentielle. Mais attention, quand les manœuvres de congrès, de partis socialistes, de sensibilité de courant, viennent polluer l'élection présidentielle, ça peut se terminer de manière redoutable. C'est-à-dire ? Pour le candidat qui, vous savez, en ce moment, dans les intentions de vote, ça oscille entre, vous voyez, 6% d'intention de vote et au mieux, 11%. Je veux dire, c'est tout de même tout à fait préoccupant. On n'est pas loin de la marginalisation du courant socialiste. C'est Emmanuel Y en 95. Oui.

Éric Fautoreno, effectivement, aucun sondage n'a donné à un candidat de gauche, d'ailleurs, quel qu'il soit, au deuxième tour de la présidentielle. Ça a été encore confirmé par une enquête de BVA cette semaine. On voit que le PS est coincé entre Macron d'un côté et Mélenchon. C'est insoluble, cette affaire. C'est vrai que jusqu'à présent, mais c'est d'ailleurs une complexité aussi pour Macron, qui ne se qualifie pas, alors qu'il est en tout cas, puisqu'il est le troisième homme. Et d'ailleurs, tant qu'il est le troisième homme, pas le quatrième, il a intérêt à surtout ne pas discuter avec eux. C'est eux qui, peut-être un jour, iront discuter avec lui.

Mais ce qui est intéressant, et en écho à ce que dit Pascal Perrineau, c'est qu'il manque dans cette primaire à gauche un homme de synthèse. Et la synthèse, c'était François Hollande qui a joué ce rôle. On pensait même qu'il ne s'en sortirait jamais de ce rôle. Et donc finalement, aujourd'hui, entre un Hamon qui est dans les rails effectivement assez socialiste, j'allais dire classique, Montebourg avec un grain de souverainisme, et puis un côté ratsoc un petit peu à l'ancienne, quand il va monter son solutré à lui, quand il fait frangir en Brest, on a l'impression d'être revenu à quelque chose qui est de la fin du XXe siècle.

Après cette belle alliance populaire, où est-ce qu'ils vont chercher des mots comme ça pour leur primaire ? Parce que sincèrement, on dirait un film de Julien Duvivier. Mais enfin, il n'y a aucune belle alliance. Ils ne s'aiment pas, ils se détestent. Les trois du MPS ont été amis à un moment donné, enfin des amis de circonstance, comme il y en a chez Stendhal ou chez Jules Renard. Mais ce n'est sûrement pas des amis. Donc finalement, je ne vois pas comment ils peuvent créer un mouvement ensemble. – Alors Emmanuel Macron, je vous rappelle que c'est quand même l'événement politique du jour, donc son meeting, il vient de terminer son discours qui a duré quand même 1h45.

– Moins que Fidel Castro, mais… – Un peu moins que Fidel Castro, vous avez raison de le souligner, Éric Pottorédo. Mais tout de même, alors on va écouter ensemble un extrait de ce discours. Et vous allez voir que l'ex-ministre a trouvé un nouveau slogan, ou une nouvelle punchline, comme on dit. Écoutez bien. – Je sais ces millions de Français qui veulent rentrer dans le travail et qui, de Cahors à Bobigny, en passant par Brest, sont aujourd'hui bloqués, comme entravés. Je sais toutes celles et ceux qui voudraient embaucher et n'y arrivent pas. Parce qu'ils ont peur. Parce qu'ils se disent que les risques sont trop grands. Parce qu'il n'y a aucune fenêtre ouverte.

Alors oui, parce que je veux être le candidat de la justice. Je suis le candidat du travail. Je suis le candidat du travail. Ça, c'est quelque chose qui va rester. Et évidemment, on l'a bien vu, il a bien fait attention, il a bien martelé ces mots. Cécile Cornudet, c'est pas un hasard. C'est pas des mots choisis au hasard. Je suis le candidat du travail.

51:05
Invité

Non, encore une fois, c'est marqué à une thématique très à gauche. Quand la gauche se disloque complètement, lui, il trace, il avance. Donc, ça fait penser un peu, cela dit, c'est un peu le contraire que je vais vous dire, au slogan de Nicolas Sarkozy en 2007. Travailler plus. Voilà, travailler plus pour gagner plus. Mais ça reste la thématique centrale qui préoccupe les Français. En tout cas, il veut mettre sur l'économie, sur le social. Et voilà, au moment où le PS se divise dans des questions de partis, de primaires et de rivalités, lui, avance sur son progrès.

51:40
Présentateur

Alors, juste avant de vous donner la parole, Louis Fréard, je voudrais juste préciser aussi qu'Emmanuel Macron a dit qu'il ne toucherait pas aux 35 heures. Parce que sur ce sujet, il avait été moins clair. Là, il dit, il faut garder les 35 heures. C'est une façon de se démarquer, d'ailleurs, de François Fillon. Oui. On le voit tout de suite. Sur le travail, je voudrais ajouter une chose. C'est que le PS, depuis François Mitterrand, ce n'était pas le travail, le thème. C'était le temps libre, précisément. Et ce temps libre, il s'est traduit après avec les 35 heures. Puisque les 35 heures, à l'origine, c'était aussi pour résoudre le chômage.

Mais c'était aussi pour accorder du temps libre aux gens. Et là, ce qui est intéressant, c'est que c'est un homme de gauche qui met le travail sur la table en ne disant pas que ce sont des emplois du travail. C'est-à-dire que même individuellement, auto-entrepreneur, vous allez pouvoir travailler. Vous allez pouvoir emprunter. Pas le chômage, mais le travail. C'est le travail. C'est très important. Ça veut dire que c'est une rupture, ça, aussi. Alors, il a commencé, parce que c'est un extrait dans le cours du discours, il a commencé son discours par le travail. Oui. Ça, tout de suite, et un deuxième mot, deux mots-clés.

Travail, et justement, c'est là où il a corrigé le tir, d'une certaine façon. Et c'est pour ça qu'il parle de Brest, de l'Ain. Protection, aussi. C'était affiché sur les panneaux. Protection, travail. C'est-à-dire que travail, c'est pour ceux qui sont dans le move, dans la mondialisation, qui veulent profiter de tout ça. Et protection, c'est pour ceux qui ont peur, précisément. Éric Fautorino. Oui, on parlait tout à l'heure de la recherche d'un marqueur de gauche. Je crois que c'en est un. Il ne met pas famille et patrie après. Il met travail. Et je me souviens d'un long entretien qu'on avait fait dans le 1 avec lui, où il parlait du travail, où il disait la chose suivante.

Quand on est à gauche, on veut libérer du travail, mais on s'est rendu compte, avec ces années de chômage massif, que l'accomplissement de l'être humain, l'accomplissement de l'individu, c'est à travers le travail. Et c'est donc cet espace qu'il faut réinvestir fortement. Donc je pense que chez lui, c'est quelque chose de pensé depuis assez longtemps, l'idée du travail. À vous entendre, depuis le début de cette émission, il faut prendre au sérieux, plus que jamais, cette candidature d'Emmanuel Macron. Mais avec qui gouverneur est-il ? Il y a des troupes, il y a un gouvernement Macron qui est en préparation. Enfin, on parle d'une présidentielle.

Pour l'instant, Macron en ligne de mire, la présidentielle, être le troisième homme et, si possible, tenter de s'inviter dans un second tour. Pour l'instant, il est loin derrière les deux qui font la course en tête. Fillon le père. Voilà. Tout peut bouger. Ce qui se passe d'ailleurs dans d'autres démocraties européennes montre que les lignes se déplacent maintenant rapidement. Mais, bien sûr, très vite, la question de voilà votre programme, avec qui vous allez le mettre en œuvre, va se poser. Pourquoi ?

Parce que d'abord, maintenant on est dans un quinquennat, il y a une inversion du calendrier électoral, les législatives sont étroitement articulées à la présidentielle et doivent donner quoi ? Une majorité au président pour gouverner et mettre en œuvre sa politique. Et là, c'est là où, pour l'instant, le bas blesse. Parce que, en effet, Emmanuel Macron a su s'attirer le soutien de quelques élus, essentiellement d'ailleurs des élus socialistes, qui d'ailleurs prennent un certain risque, parce que ces élus socialistes sont sous contrôle du Parti Socialiste. Est-ce que le Parti Socialiste donnera l'investiture à des gens qui sont allés soutenir Macron ? La question mérite d'être posée.

Donc, il va falloir assez vite qu'il fasse sentir dans la campagne présidentielle le changement d'alliance. C'était un homme qui a été soutenu, quand il était ministre de l'Économie et des Finances, par une alliance de gauche. Quel est le type d'alliance ? Et est-ce que c'est crédible ? Est-ce qu'il y a une partie de la droite, une partie du centre, qui pourrait éventuellement... Former un nouveau pôle. Voilà. Une troisième pôle. Et société civile. Une coalition. Une coalition. Le pouvoir est très séducteur, vous savez. Et on va souvent vers le gagnant, le vainqueur. Première chose.

Deuxième chose, je pense que ce qu'a dit Pascal tout à l'heure sur une espèce de rassemblement à la mode 4ème République pourrait tout à fait exister. Parce que de toute manière, si jamais, si d'aventure, Macron était élu, ça voudrait dire quand même que tout ce qu'on a vécu depuis 30 ou 40 ans est mort. Provisoirement, en tous les cas, c'est mort. C'est une nouvelle, un nouveau paysage... C'est presque une nouvelle République. C'est un nouveau paysage politique qui s'offre à nous.

Et il ressemblerait un petit peu aussi, si vous me permettez, en dernier sort, à Valéry Giscard d'Estaing en 1974, qui a gouverné avec un Parlement qui était très compliqué pour lui, parce que les centristes étaient minoritaires dans cet espace de centre-droit qu'incarnait Valéry Giscard d'Estaing. Il a été obligé de se colter toutes les forces gaullistes qui n'étaient pas vraiment tendres avec lui. Voici maintenant vos questions SMS et Internet. Première question. Macron serait-il un héritier de Rocard ? Pascal Perrineau. Héritier de Rocard ? Rocard a inscrit toujours son combat à partir du moment où il est entré dans le Parti Socialiste, dans le cadre du Parti Socialiste.

Il n'en est jamais sorti. Il a, en effet, été extrêmement critique. Il représentait cette sensibilité d'une deuxième gauche. Mais à aucun moment, il n'a voulu échapper à cette culture d'un parti qui pourtant a été dur et même extrêmement dur avec lui. Donc à cet égard, même s'il peut y avoir certains points communs entre le parler vrai de Michel Rocard et le parler vrai d'Emmanuel Macron, les deux hommes sont assez différents. Certes, l'un était haut fonctionnaire, l'autre est également haut fonctionnaire. Mais il y avait, comment dire, une carrière militante chez... Ça vient de loin, le phénomène Rocard.

Le phénomène Macron est un phénomène qui vient de beaucoup moins loin que le phénomène Rocard. La primaire socialiste sera-t-elle organisée comme celle des Républicains ? Est-ce qu'il faudra payer, signer un texte ? Oui, c'est moins cher.

57:53
Invité

Ce sera moins cher.

57:55
Présentateur

Un euro seulement.

57:56
Invité

La grande question pour Manuel Valls, notamment, c'est combien d'électeurs se déplaceront à cette primaire. On voit qu'Emmanuel Macron, tout ce qu'il essaye de dire en ce moment, c'est que ce n'est pas là que ça se passe. C'est chez moi, c'est ailleurs, c'est directement à la présidentielle, surtout pas à la primaire pour qu'il y ait le moins de gens possibles derrière, donc le moins de légitimité pour celui qui en sortira.

58:18
Présentateur

Où vont les préférences de François Bayrou dans cette horde de candidats ? À lui-même. Oui ? Ça veut dire qu'il va y aller ? Non, je ne crois pas. Je pense qu'actuellement, François Bayrou est dans un petit jeu d'enchaire vis-à-vis du candidat de droite, qui est assez violent d'ailleurs, je crois savoir, c'est assez musclé, et que se joue pour Bayrou l'après-présidentiel si François Fillon est élu. L'après-présidentiel, c'est quoi ? C'est des circonscriptions législatives, et je pense que là, il serait tenté de revenir au Parlement, François Bayrou, qui n'est plus que maire de Pau, il faut le souligner.

Et deuxième chose, des Marocains, pour parler à l'ancienne, des portefeuilles ministériels, pour certains ou certaines, surtout, de ses proches.

59:09
Invité

En tout cas, c'est tout sauf Macron.

59:10
Présentateur

Oui, et c'est tout sauf Macron.

59:12
Emmanuel Macron

À qui vont se rallier Ségolène Royal et Martine Aubry ? Éric Fautorino, vous avez une idée ?

59:17
Présentateur

Non, je n'ai pas d'idée particulière, mais on sait que Ségolène Royal a une certaine tendresse, entre guillemets, pour Emmanuel Macron. D'ailleurs, il emprunte, on parlait tout à l'heure de la démocratie participative, Martine Aubry, ras-le-bol de Macron, vous vous souvenez ?

59:27
Invité

Non, je pense qu'en fait, il va y avoir beaucoup d'orphelins dans tout ça. C'est-à-dire que c'est pour ça que c'est aussi une chance, peut-être, pour Macron et pour constituer une coalition,

59:35
Présentateur

c'est que ceux qui ont voté Juppé, par exemple, et qui ne vont pas se retrouver tellement dans Fillon, ceux qui, à gauche, ne veulent pas du valse héritier de Hollande, peut-être qu'ils vont se retrouver vers Macron. De valse ou de Macron, lequel pourrait éliminer Marine Le Pen dès le premier tour ? Et avec quelles conséquences pour Fillon ? Écoutez, pour l'instant, aucun des deux, dans les sondages d'intention de vote, ce que valent les sondages à plusieurs mois de l'élection présidentielle. Marine Le Pen est aux alentours de 24% des suffrages exprimés. François Fillon aux alentours de 26%, non pas des suffrages exprimés, mais des intentions de vote.

Et Emmanuel Macron est à 15%, c'est-à-dire il est 9 à 10 points derrière Marine Le Pen. Donc le handicap est un handicap tout de même lourd. Mais en effet, on verra comment la dynamique prend. Parce qu'assez vite, les questions que l'on pose à Macron, à savoir avec qui vous allez gouverner, dans la campagne, on va commencer, pour l'instant, elle est extrêmement silencieuse, mais on va poser la question à Marine Le Pen. Marine Le Pen, avec qui allez-vous gouverner ? On voit très bien avec qui François Fillon pourrait gouverner.

On voit très bien, si Emmanuel Valls sort de la primaire de gauche pas trop en mauvais état, on voit très bien avec qui il pourrait gouverner, ou du moins être le leader de l'opposition. En revanche, il y a, pour ces deux phénomènes de l'élection présidentielle, que sont Marine Le Pen et Emmanuel Macron, une question forte. Avec qui gouverne-t-il ? Et avec quel argent ? C'est la question suivante. Pour être candidat, il faut beaucoup d'argent. Où les intéressés le trouvent-ils ? Ils vont notamment à l'étranger. Emmanuel Macron revient de New York, où il est allé faire quelques conférences et rencontrer quelques têtes bien faites, mais il est allé aussi chercher de l'argent.

C'est-à-dire quoi ? Rencontrer des donateurs ? Oui, rencontrer des donateurs, des Français de l'étranger. Mais c'est limité à 7500 euros. Voilà, Macron est assez populaire. Par an.

1:01:39
Invité

Donc il faut être beaucoup en ce moment pour recommencer. La même personne peut donner 7500 par an à un parti politique. Donc là, aujourd'hui, en janvier, on peut recommencer.

1:01:51
Présentateur

Donc il y a l'étranger, et Macron a une certaine cote à l'étranger, parce que notamment les pays anglo-saxons, ils représentent assez bien un courant de pensée. Et puis, bon, il a réussi, pour ce qui le concerne, le mouvement En Marche, et il arrive à recueillir beaucoup de donateurs. Et puis il a des donateurs aussi qui sont beaucoup de chefs d'entreprise, il faut le dire. Et toute la nouvelle économie, toute la nouvelle économie est derrière Macron. Ce sont des gens qui ont de l'argent. Question au sujet de Vincent Péillon. « Ne risque-t-il pas de payer sa réforme des rythmes scolaires ratés ? » On va lui ressortir ça, évidemment, dès qu'il sera candidat.

On ressort tout en période électorale, que ce soit la présidentielle ou les primaires. Je ne crois pas que ça soit un marqueur extrêmement fort. Bon, peut-être dans le petit monde enseignant, qui sera certainement surreprésenté dans le corps électoral de la primaire. C'est vrai que, si vous voulez, les militants socialistes, les adhérents socialistes, les sympathisants socialistes, le poids des enseignants, des enseignants du secondaire et du primaire, est important. Donc ça pourrait avoir un écho à la marge. Et c'est vrai qu'il y a tellement de candidats que la marge peut devenir importante.

1:03:01
Invité

On ne sait pas du tout pour Vincent Péillon. Est-ce qu'il a profité de ses deux ans à Neuchâtel pour réfléchir à un programme, à des propositions ? Ou si, finalement, il saisit juste une opportunité et qu'il va devoir...

1:03:12
Présentateur

C'est quand même une grande énigme, François Péillon. Vincent Péillon. Vincent Péillon. Parce que François Hollande ne l'aime pas beaucoup. Pas du tout, même. À cause de son comportement quand il était ministre d'Éducation et où il avait brûlé la politesse carrément en annonçant une réforme avant même que le Premier Conseil des ministres et que le gouvernement soit complètement constitué. Deuxièmement, c'est quelqu'un qui n'a jamais réussi à se faire rédire au suffrage universel direct, autant que je sache. Il a été député dans la Somme. Une fois, dans la Somme, oui. Mais il a eu quand même du mal. Troisièmement, on ne le voit pas avec des troupes. Il ne représente pas un courant.

Autre question. En renonçant, François Hollande a-t-il souhaité ouvrir la voie à Macron plus qu'à Valls ?

1:03:52
Invité

Vous avez entendu quand même, Manuel Valls, cette double négation. Je ne pense pas que François Hollande ne puisse pas me soutenir. Il aurait pu dire, je pense qu'il va me soutenir. Ça aurait été quand même plus simple.

1:04:02
Présentateur

Donc on voit bien quand même que là, je crois que pour Hollande, c'est quand même très compliqué parce que les deux, d'une certaine manière, lui ont manqué. Mais c'est plutôt Macron, à mon avis, pour Hollande. Pourquoi le socialisme explose-t-il un peu partout en Europe ? Parce qu'il s'est fracassé sur le mur des réalités et du gouvernement. Et puis, il y a une question qui est fondamentale pour la gauche socialiste en Europe, si vous voulez. Ce sur quoi la gauche socialiste a vécu, c'est l'état-providence qui se met en place après la guerre et leur redistribution dans un cadre national. L'économie ouverte, qui est celle d'aujourd'hui, fait complètement voler en éclats ce modèle.

Donc il faut que cette gauche socialiste réinvente autre chose. et elle ne l'a pas encore véritablement réinventée. Il y a un tempérament à ça quand même. Il faut saluer Gerhard Schröder qui a fait les réformes. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, c'est l'hebdo avec Anne-Elisabeth Lemoyne. Demain, ne manquez pas ses politiques. Karim Rissouli, dès 18h35. Et j'aurai le plaisir de vous retrouver à 19h45 pour ses polémiques. Lundi, Caroline Roux, bien sûr. Très bonne soirée sur France 5.