“Data brokers” : une proposition de loi communiste pour interdire la vente de données personnelles
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh, on parle souvent des réseaux sociaux, des plateformes, de Facebook, d'Instagram. Euh, vous nous parlez aujourd'hui d'une partie un petit peu plus immergée de l'iceberg, les Data Brokers. Est-ce que vous pouvez nous nous expliquer euh en quoi ça consiste exactement ?
Les data brokers, ce sont des courtiers en données numériques personnelles euh qui euh achètent et revendent nos données numériques, nos traces numériques que nous laissons sur les réseaux sociaux, sur les sites web, euh dans nos applications que nous téléchargeons sur nos smartphones, tablettes, ordinateurs et qui sont revendus ensuite à des sociétés commerciales, des entreprises, d'administration, des partis politiques, des États et qui posent une vraie question de légitimité, de démocratie. Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples un petit peu un petit peu précis de de comment ça peut se passer exactement ce genre de transaction ? Alors, quand vous par exemple, un exemple très précis, vous téléchargez une application de jeu comme Cordi Crush, euh vous acceptez des conditions générales d'utilisation qui euh dans ces conditions générales permettent que vos données soient transmises à des sociétés euh commerciales ou à des courtes sur données et donc vous avez vos données personnelles, euh votre lieu de localisation euh et d'autres qui sont transmises à des data brokers qui eux-mêmes après revendront à des sociétés commerciales, à des fins publicitaires.
Et vous vous parlez d'un enjeu de civilisation. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu pourquoi pour vous c'est un un enjeu un enjeu politique ? Alors parce que tout simplement il y a des milliards et des milliards de données qui sont collectées par les data brokers.
Ils savent tout de nous euh tout sans exclusive. Euh et donc c'est extrêmement dangereux je pense y compris pour nos libertés individuelles et collectives. Aujourd'hui, vous avez un data brokers américain qui s'appelle Clearview AI euh qui euh est spécialisé dans la connaissance sociale et qui a une base de données d'environ 3 milliards de visages dans le monde qui ont été captés sur les réseaux sociaux et sur les sites publics.
Et je trouve ça, ce n'est qu'un exemple évidemment, je trouve ça extrêmement dangereux pour notre avenir commun et c'est pour ça que je j'en appelle à leur interdiction. D'accord. Oui, j'allais vous demander en terme de régulation, qu'est-ce que vous proposez et surtout pourquoi les régulations actuelles notamment européennes paraissent insuffisantes ?
Ah, les régulations paraissent selon moi suffisantes parce qu'il y a tellement de quantités de données chaque jour d'interaction en ligne chaque jour qui s'élève à des milliards de données permanentes et d'interaction queune régulation ne suffit pas. Le règlement général de protection sur la protection des données est un enjeu important évidemment, c'est un premier pas mais il il y a des trous dans la raquette et surtout ces data brokers se sont à la limite de la légalité et se fondent sur l'intérêt légitime dans ce RGPD qui peut leur permet d'obtenir des données sans consentement parce que ça favorise leur entreprise. Voilà, c'est extrêmement dangereux et je pense que la régulation ne suffira pas, qu'il faut une véritable interdiction de ces data brokers qui d'ailleurs ne font aucune valeur, capitalise, ils achètent, ils refondent, ils font de l'argent mais aucune valeur pour nos pour nos sociétés modernes.
Donc voilà, la l'interdiction me paraît le meilleur moyen de protéger nos données dans un premier temps. Et qu c'est quelle est la suite législative de cette de cette initiative pour le moment ? Alors là, j'ai déposé cette proposition de loi d'interdiction du courtage des données numériques sur le territoire national avec mes collègues du groupe CRCEK.
On est tous fédérés sur cette question. On va voir si elle peut être dans le circuit législatif classique ou si on la déposera dans une niche parlementaire. Mais au-delà de l'intérêt législatif qui est important, c'est vraiment l'esprit d'une vraie prise de conscience populaire citoyenne sur cet enjeu qui est nécessaire.
Je pense qu'il faut qu'on est reprenne la main sur les outils numériques, qu'on reprenne la main sur la sphère numérique et qu'on récupère le peu qu'on a encore de liberté individuelle.
Alexandre Basquin