Services publics : pour Flavien Neuvy président de l'AMF63 il faut un ministre en charge de l'aménagement du territoire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:01OuverteRéponse directe
On va parler des services publics et de cette grande consultation ici avec Odoxa.
- 1:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous ressentez comme désengagement de l'État sur ces questions ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Pourquoi n'y a-t-il plus de ministre de l'aménagement du territoire ?
- 4:46OuverteRéponse directe
Les Français priorisent la santé, les écoles, la justice. Comment y répondre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueChiffre
« Vous êtes 84% à défendre le modèle de service public en France, santé, justice, éducation, ce sont vos priorités. »
- 0:26Invité politiqueChiffre
« Près de trois Français sur quatre à attendre du prochain président qui les améliore, quitte à dépenser plus. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« 84% des Français se disent extrêmement attachés à leurs services publics. »
Temps de parole
- Présentateur64 %
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Pays d'Auvergne,
ici matin, ce matin avec l'invité d'ici Pays d'Auvergne, on va parler des services publics et de cette grande consultation ici avec Odoxa.
Oui, consultation deuxième volet de Dites-le-ici, on vous donne la parole à six mois d'élection présidentielle, c'est l'un des grands thèmes à venir. Vous êtes 84% à défendre le modèle de service public en France, santé, justice, éducation, ce sont vos priorités. Et vous êtes aussi près de trois Français sur quatre à attendre du prochain président qui les améliore, quitte à dépenser plus. Pour en parler, nous sommes avec le président de l'association des maires de France dans le Puy-de-Dôme, par ailleurs maire de Sébasa, et conseiller métropolitain à Clermont, Flavien Neuville. Bonjour.
Bonjour.
Les services publics, vous les maires, vous êtes en première ligne pour les défendre et c'est un petit peu, on imagine, un combat du quotidien.
Oui,
c'est un combat du quotidien parce que, d'abord, il faut le rappeler, mais vous l'avez dit, c'est que les élus locaux, les maires, mais aussi les adjoints, les conseils municipaux, font vivre les services publics du quotidien. Mais tous les services publics, ou quasiment tous les services publics, le transport public, les écoles, les déchets ménagers, l'eau, l'assainissement, bref, tout ce qui fait la vie de tous les jours est porté par les élus locaux, soit avec les communes, soit avec les intercommunalités, soit avec les syndicats intercommunaux.
Et c'est vrai que c'est plus compliqué aujourd'hui, d'abord parce que les investissements nécessaires sont colossaux et puis surtout parce que l'argent public est beaucoup plus rare aujourd'hui.
Il y a un sentiment de désengagement de la part de l'État sur ces questions-là, vous élus, par exemple, qu'est-ce que vous ressentez
?
En tout cas, les élus locaux sont prêts en permanence à relever le défi, en quelque sorte, à se retrousser les manches, c
'est
ce que nous faisons au quotidien. Et c'est vrai que parfois, il y
a
un peu un sentiment de découragement parce qu'en même temps qu'on nous demande de faire des investissements, notamment pour la transition écologique, par exemple, en même temps, on nous réduit nos capacités financières,
on
réduit nos marges de manœuvre financières, notre autonomie fiscale et financière. Et donc, c'est vrai que c'est un peu des injonctions contradictoires. On nous demande un peu tout et c'est au contraire.
Le constat, il est très clair dans cette étude de DOXA, 84% des Français se disent extrêmement attachés à leurs services publics, mais ils déplorent moins leur présence locale que leur qualité en zone rurale. Il y a moins d'un habitant sur deux qui se dit satisfait de la présence des services publics. On imagine que ça remonte ce sentiment d'abandon, c'est pas nouveau, ça fait des années qu'on en parle.
Oui, mais c'est vrai qu'en France, en fait, il y
a
quelque chose de très frappant, c'est qu'on n'a plus de ministre de l'aménagement du territoire. Il fut un temps où il y avait un ministre qui était chargé, justement, de penser l'aménagement du territoire et de réfléchir, finalement, à l'organisation territoriale du pays. Or, vous avez certains endroits en France, et le Puy-de-Dôme,
c
'est pareil, où vous avez eu la fermeture progressive de tous les services publics. Donc, un sentiment d'abandon qui est devenu une réalité, en fait. Ce n'est pas qu'un sentiment. Et parfois, dans certaines communes, l'hôtel de ville, la mairie, c'est le dernier service public qui existe, parfois avec le bureau de poste.
On
peut parler, par exemple, de la poste. On en a parlé sur notre antenne, mais une quinzaine de bureaux qui vont être fermés ou transformés rien qu'en Auvergne, par exemple. Ça, c'est un gros symbole, la poste.
Oui, la poste, c'est un symbole. C'est quelque chose qui fait partie de la vie de chaque commune, en fait, en réalité, qui est un bureau de poste. C'est vrai aussi que nos usages changent.
Il
faut aussi le rappeler.
C
'est qu'aujourd'hui, beaucoup de gens utilisent Internet. Il y
a
moins de courriers qui sont envoyés. Donc, nos modes de vie évoluent. Mais la conséquence de tout ça, c'est qu'in fine, effectivement, vous avez petit à petit un sentiment d'abandon de beaucoup de territoires qui se disent qu'au fond, ils n'existent plus ou en tout cas, ils n'ont plus accès aux services auxquels ont accès d'autres Français, notamment dans les grandes villes ou les grandes métropoles. Ça fait un pays qui est fracturé, tout ça, au bout du compte.
Malgré tout, on l'a vu depuis les deux mandats d'Emmanuel Macron, il y
a
ce qu'on appelle les maisons France Service. Ça ne fait pas tout, finalement. C'est aussi ce que montre ce sondage.
C
'est que malgré le déploiement de ces maisons,
il
y en a une à 15, 20 minutes de chaque habitant. Ça ne suffit pas à pallier le manque et à pallier l'impression d'abandon que vivent les habitants.
Non, mais c'est quand même une bonne chose. Ces maisons France Service fonctionnent bien. Elles ont été aussi portées par les maires qui ont voulu se saisir de cette occasion, finalement, pour essayer de faire revenir des services publics dans leurs communes ou plus largement dans leur intercommunalité. Et donc, c'était plutôt une bonne initiative. Mais au fond, en réalité, on voit bien que notre pays est en train de se transformer et qu'au-delà même des services publics, il
y a
une question de l'organisation territoriale de notre pays. Qu'est-ce que nous voulons faire à l'avenir ? Et c'est vrai que ce qui me frappe beaucoup, c'est que dans les débats actuels autour de l'élection présidentielle, moi, je n'entends pas parler de ces sujets-là, qui sont pourtant des sujets absolument essentiels pour l'avenir, pour nos enfants, pour nos petits-enfants. C'est comment nous organisons-nous ? Comment organisons-nous notre territoire ? Encore une fois, moi, j'aime beaucoup le mot aménagement du territoire. Ça nécessite d'avoir une vision longue. Et aujourd'hui, personne ne porte ces sujets.
Pourtant, la priorité que donnent les Français à travers notre sondage, c'est la santé, les écoles, la justice, finalement.
Oui,
alors sur la santé, c'est vraiment une question clé, puisqu'on
sait que l'accès aux soins
est devenu très compliqué, voire impossible pour certains médecins et certaines pratiques médicales. Et donc, oui, c'est un enjeu clé, mais qui, malheureusement, non seulement n'est pas nouveau, mais a plutôt tendance à s'aggraver. Les élus locaux font ce qu'ils peuvent, parce qu'ils organisent des maisons de santé, mais c'est très difficile. Et donc, oui, je comprends cette préoccupation, et notamment dans les zones très rurales, où c'est difficile d'avoir accès à un médecin. Concernant les écoles, dans les communes, les maires font vraiment ce qu'ils peuvent, et très souvent, ils investissent beaucoup dans leur école.
Quand il reste une école dans une commune, avec quelques classes, je vous garantis que les maires en prennent soin. Ils investissent énormément. Moi, j'assiste à beaucoup d'inaugurations. Très souvent,
les collègues ont fait. Mais chaque année, on
relaie les combats des maires qui se mobilisent avec leurs habitants pour défendre, justement, à chaque carte scolaire, le maintien des classes et des écoles. Flavien Neuil, le temps nous manque, mais merci d'avoir été avec nous ce matin pour évoquer la question des services publics.
Le
maire de Sébasa, président de l'Association des maires de France dans le Puy-Dôme, belle journée à vous.
Merci. Il est 7h54.