Macron divise, Mélenchon cherche l'union #cdanslair 25.08.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 48 %Défensif 24 %
Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon peut-il devenir l'opposant numéro un face à Emmanuel Macron ?
- 1:35OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'effectivement on peut parler d'un tournant dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon ?
- 2:28RelanceRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon veut vampiriser les autres gauches, est-ce exact ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Ce sont ces mécontents que cherche à fédérer Jean-Luc Mélenchon ?
- 5:30OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon veut vampiriser l'électorat de gauche à l'abandon du PS ?
- 7:30OuverteRéponse partielle
Jean-Luc Mélenchon est-il le mieux placé à gauche pour prendre le pouvoir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56PrésentateurFait
« Il ne veut pas rassembler la gauche. Il n'est pas l'héritier d'Edouard Ereillot et du cartel des gauches ou du Front populaire de Léon Blum et pas même de François Mitterrand et de l'Union de la gauche. »
- 2:00PrésentateurFait
« Je pense que Mélenchon, il veut vampiriser les autres gauches. »
- 3:05PrésentateurFait
« Il a fait un référendum de ses électeurs entre l'abstention, le vote blanc et le vote Macron. Mais il n'a pas dit, tous, contre Le Pen, votons Macron. »
- 3:28PrésentateurFait
« Ce sont ces mécontents, et ils sont nombreux d'ailleurs, que cherche à fédérer Jean-Luc Mélenchon. »
- 3:40InvitéChiffre
« il est à 26%, 27% de jugements favorables, et 63%, 64% de jugements défavorables. »
- 5:00InvitéChiffre
« il est à 13%, la France Insoumise est à 13% »
- 10:04PrésentateurFait
« d'abord, il faut que ces gens restent chez eux. »
- 10:22PrésentateurFait
« où il est opposé mouvement de migrants, parce qu'il considère que c'est une espèce de ruse du capitalisme allemand, à travers l'hospitalité de Merkel, pour remplir les usines et faire baisser les salaires »
- 10:42PrésentateurChiffre
« Les 600 000 voix qui lui ont manquées pour être au second tour face à Macron à la place de Marine Le Pen, ce sont ces électeurs-là, gaucho-lepénistes »
- 18:41InvitéChiffre
« Imaginez si le Parti Socialiste fait à nouveau 4, 5, 6% aux élections européennes. »
- 24:28PrésentateurFait
« Vous allez voir, la rue va destituer Macron. Je vais mobiliser la rue et je vais faire tomber le monarque Macron. »
- 24:36PrésentateurFait
« Il a raté avec sa manif géante des Champs-Élysées à un million de personnes qu'on n'a jamais vues. »
- 28:54PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon va commencer son discours en parlant d'environnement. »
- 34:40PrésentateurFait
« Pour Mélenchon le grand donneur de leçons aux médias c'est quand même pas évident. »
- 44:03PrésentateurChiffre
« Chez les sympathisants de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon est à 86-90% de jugement favorable. »
- 46:04InvitéFait
« Le changement climatique est commencé hélas. »
- 51:41PrésentateurFait
« Si vous votez Mélenchon vous aurez Chavez. »
- 53:30PrésentateurFait
« Il y aurait un front syndical la Force Ouvrière rejoindrait la CGT. »
- 1:00:19PrésentateurFait
« il a fait rentrer 4 ministres communistes au gouvernement »
- 1:00:31PrésentateurFait
« Mitterrand en 74 il n'y a pas de candidat communiste »
- 1:00:37PrésentateurFait
« il y a un candidat communiste il fait donc beaucoup moins au premier tour »
- 1:01:18PrésentateurChiffre
« il y avait 2 millions de français qui se mobilisaient lors de la réforme des retraites »
- 1:01:28PrésentateurFait
« c'est une réforme qui vise à ne faire aucune économie »
- 1:01:55PrésentateurFait
« ce changement systémique il est quand même juste fait pour qu'il y ait encore des retraites dans 40 ans »
- 1:02:06PrésentateurFait
« Il sera moins redistributif »
- 1:04:20PrésentateurChiffre
« Marine Le Pen avait deux députés sous le quinquennat Hollande »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité12 %
- Invité 24 %
- ?3 %
- Invité 32 %
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Bonsoir
à tous. Jean-Luc Mélenchon peut-il devenir l'opposant numéro un face à Emmanuel Macron ? Au moment où le chef de l'État recule dans les sondages, le leader de la France insoumise change de stratégie. Jean-Luc Mélenchon qui va commencer son grand discours de rentrée d'une minute à l'autre, on en écoutera quelques extraits dans cette émission. Jean-Luc Mélenchon cherche désormais en effet à élargir sa base. Il veut rassembler au-delà de son parti avec un discours plus apaisé. Question, jusqu'où le leader de la France insoumise peut-il fédérer les mécontents et sur quelle thématique peut-il s'appuyer ?
C'est le sujet de cette émission, de ce C dans l'air, que nous avons décidé d'intituler ce soir « Macron divise, Mélenchon cherche l'union ». Alors pour répondre à vos questions internet et SMS, nous accueillons Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à L'Express, en une de votre magazine cette semaine « Pourquoi Macron doit changer ». Et
puis
je rappelle votre dernier ouvrage « La citadelle assiégée, les populismes contre l'Europe », c'est aux éditions Plon.
Nous
accueillons Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos.
Je
rappelle votre dernier baromètre pour le point qui montre une nette progression des jugements défavorables concernant Emmanuel Macron.
Nous
accueillons Rémi Lefebvre, vous êtes politologue spécialiste des partis politiques et professeur de sciences politiques à Lille. Et enfin Maud Verniolle, vous êtes responsable du service politique de l'humanité. Alors première question, est-ce qu'effectivement on peut parler d'un tournant dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, Christophe Barbier ? Plutôt d'une accélération. C'est une stratégie qu'il a mise en place pour cette dernière campagne présidentielle et qu'il me semble aujourd'hui rendre plus visible, rendre plus marketing. Il ne veut pas rassembler la gauche.
Il n'est pas l'héritier d'Edouard Ereillot et du cartel des gauches ou du Front populaire de Léon Blum et pas même de François Mitterrand et de l'Union de la gauche. Je pense que Mélenchon, il veut vampiriser les autres gauches. Il veut détruire les autres gauches en leur volant leurs électeurs bien sûr, si possible leurs militants et leur réseau d'élus. Parce qu'il manque lui cruellement d'élus pour fédérer sur le terrain un mouvement et pour affronter les prochaines échéances, notamment les municipales. Et s'il pouvait récupérer des pans entiers du Parti Socialiste, comme il a déjà réussi considérablement à affaiblir le Parti Communiste, il serait, je pense, le plus heureux des hommes.
Il disait en 2016, je ne veux plus rassembler la gauche, c
'est
une stratégie obsolète, je veux fédérer le peuple. Comme s'il voulait substituer en France l'habituel clivage droite-gauche, un nouveau clivage haut-bas. Et lui, fédérer le peuple, ça veut dire fédérer toutes les colères. Y compris celles qui, depuis plus de 20 ans, 25 ans, s'expriment en votant Front National. Et donc, il cherche en permanence des thématiques, des discours, des angles pour récupérer toutes les colères populaires, sans regarder les couleurs politiques de ces électeurs-là. Donc, c'est détruire les autres partis pour en récupérer les électeurs laissés à l'abandon. Exactement.
Non seulement en détruisant ses anciens amis de gauche, le PS est sa cible favorite, puisqu'il l'a quitté, mais aussi en acceptant, par exemple, que Marine Le Pen vote sa motion de censure lors de l'affaire Benalla avant l'été. Tout comme lui-même, au soir du premier tour de la présidentielle, n'a pas appelé à voter contre Marine Le Pen. Il a fait un référendum de ses électeurs entre l'abstention, le vote blanc et le vote Macron. Mais il n'a pas dit, tous, contre Le Pen, votons Macron. Brice Tinturier, votre sondage montrait une nette progression des mécontents. Ce sont ces mécontents, et ils sont nombreux d'ailleurs, que cherche à fédérer Jean-Luc Mélenchon.
Oui, ils cherchent à fédérer des mécontents, mais je crois surtout qu'il est sur un plateau, ou une forme d'impasse de positionnement, dont il cherche à sortir. Il est rigoureusement stable dans les enquêtes d'opinion en termes de popularité. J'ai regardé encore sur les six derniers mois, ça ne bouge pas, il est à 26%, 27% de jugements favorables, et 63%, 64% de jugements défavorables. Donc il a impérativement besoin d'élargir. Et dans les autres familles politiques, il est tout à fait rejeté chez les sympathisants de la REM et LR, et EFN également, mais chez les sympathisants du PS, il a une petite réserve potentielle avec un tiers, on va dire, de jugements favorables.
Ça, c'est le premier point, il est en plateau. Deuxième enjeu, les européennes, bien sûr. C'est le vrai scrutin qui va donner la coloration des rapports de force politique en France pour les municipales par rapport à Macron, c'est les européennes. Scrutin abstentionniste, scrutin qui ne permet pas de mobiliser le peuple comme lors d'une présidentielle. Et donc vous ne pouvez pas refaire une campagne purement le peuple contre les élites. Ça, ça peut marcher, je crois, efficacement dans une présidentielle, mais avec un scrutin européen,
c
'est beaucoup plus difficile. Donc je pense que oui, son enjeu, c'est d'aller capter des électeurs prioritairement de gauche. Ce n
'est
pas un changement de stratégie, je suis tout à fait d'accord. C'est simplement
une
petite inflexion pour faire un populisme de gauche et pas simplement un populisme qui se substitue au clivage gauche-droite. Parce qu'il a besoin d'aller prendre, et il peut prendre quelques points du côté des électeurs potentiels de Benoît Hamon ou d'autres. Et sur les européennes, aujourd'hui, quand on mesure, avec toute la prudence qu'il faut avoir sur ce type de mesures, mais des intentions de vote, il est à 13%, la France Insoumise est à 13% derrière le Front National, derrière même la liste LR, et loin derrière la République en marche. Donc il doit impérativement élargir, et je pense qu'il ne peut le faire que sur des thématiques plus à gauche, parce que le FN résiste.
C'est aussi quelque chose à avoir en tête. Jean-Luc Mélenchon ne siphonne absolument pas le FN, ce sont des électorats qui sont assez différents, et du coup il est un peu en plateau, donc il doit élargir et bouger pour aller sur d'autres électorats. Alors Rémi Lefebvre, on a un Jean-Luc Mélenchon qui veut vampiriser, récupérer plutôt l'électorat de gauche, à l'abandon du PS. Est-ce que ça veut dire que, écoutez, le PS il gouvernait,
est
-ce que ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon veut être l'opposant numéro un en vue de prendre le pouvoir ? Ah mais c'est très clair. Pour moi il ne change de tactique,
il
fait une inflexion tactique, pas un changement de stratégie. La stratégie c'est la conquête du pouvoir, et effectivement c'est de subvertir le clivage gauche-droite pour le faire exploser. Parce que la conviction profonde de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu
'il
ne pourra pas gagner, et il veut exercer le pouvoir, s'il apparaît comme uniquement de gauche. Néanmoins il a besoin, comme vous l'avez dit précédemment, il a besoin des partenaires, il a besoin des réserves en vue des élections européennes, en vue aussi des élections municipales. Et depuis un an, il faut bien voir aussi que Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui est très réflexif, il a fait le bilan aussi de cette année, cette première année Macron. Cette première année c'était quand même, il nous annonçait des mouvements sociaux qui allaient submerger la société. Ces mouvements sociaux ont été importants, mais ils n
'ont
pas vraiment bougé les lignes. Et donc il revient peut-être à une tactique un peu plus traditionnelle, qui est celle d'apparaître comme centrale à gauche, d'apparaître comme le recours. Il dit « je serai le garant de la digue qui va déferler contre Macron ». Et donc il veut amener vers lui tous ces électeurs un peu désespérés par ces mouvements sociaux qui n'ont rien donné, et qui peuvent lui donner de la force pour être le premier aux élections européennes. Parce que la question c'est aussi le PS, alors c'est vrai qu'il est dans un état catastrophique, on le voit très très bien à
l
'université, ce qui reste de
l
'université de La Rochelle, mais le PS il est installé dans les municipalités, il a des élus, il a toujours deux fois plus de députés que Jean-Luc Mélenchon, et donc il a besoin encore de vampiriser et de siphonner le PS. Et donc pour moi, la stratégie ne change pas, la tactique, il le voit. C'est un idéologue Jean-Luc Mélenchon, mais c'est un tacticien aussi, il est pragmatique, il sait tout à fait moduler sa tactique au gré de la conjoncture, il analyse la conjoncture. – Maude Verniole, est-ce que Jean-Luc Mélenchon, vous considérez le mieux placé à gauche, justement pour
prendre
le pouvoir ? Est-ce que c'est la personnalité qu'il faut ? Ce sur qui les gens de gauche comptent pour prendre la revanche
? –
Ce qui est sûr, c'est effectivement qu'il occupe un espace et qu'il l'occupe bien, qu'il a su s'imposer depuis le début du quinquennat Macron comme son principal opposant, notamment à l'Assemblée nationale ou aux côtés des députés communistes, il joue quand même un rôle majeur. On aurait pu croire après la présidentielle que ce soit le FN qui joue ce rôle-là et bien heureusement, grâce aux députés communistes et insoumis qui ont quand même fait railler dans l'Assemblée, l'opposition démocratique, elle s'est faite à gauche.
Après moi non plus, je ne crois pas du tout à un changement stratégique, je pense plutôt que la France insoumise est un peu à un tournant, pour les raisons que vous venez d'évoquer, et qu
'il
y
a
un petit atonnement. Pas de changement stratégique, puisque Jean-Luc Mélenchon, à moins qu'il dise le contraire tout à l'heure, n'a absolument pas abandonné sa stratégie populiste. En revanche, et ça effectivement c'est intéressant, alors qu'il avait pensé la fin du clivage gauche-droite qui disait qu'elle était inopérante, aujourd'hui, le terme de gauche, il parle de populisme de gauche, donc ce terme est réapparu dans son
logiciel
idéologique. Et bien précisément, je pense que cette inflexion, puisque là il s'agit d'une inflexion, mais qui n'est pas inintéressante, il l'a fait dans un moment où il se passe des choses, quand même en Europe. Mélenchon, il regarde beaucoup ce qui se passe à côté, de chez nous, et il faut voir ce qui se passe en Italie. Je pense qu'il a tout intérêt, dans ce moment-là, où l'extrême droite menace l'Europe, de prendre de la distance, avec des mouvements, pour lesquels il a eu en tout cas de la curiosité, si ce n'est parfois de la sympathie.
Vous
pensez
à Maio De Luigi, le vice-président italien, le mouvement 5 étoiles, quand on
voit
que la stratégie populiste
a mené au pire dans sa compromission avec l'extrême droite.
Et donc il veut prendre du champ par rapport à ça ? C'est difficile de rassembler, si on commence par dire, mais je ne veux.
Je pense
qu'il veut prendre du champ par rapport à ça, et puis il a intérêt à le faire, puisque, et en interne, et dans son électorat, il
n
'y a pas beaucoup de monde qui le suivrait dans cette sinistre voie,
qui consisterait à penser des alliances avec le Front National, ce qu
'il
ne fera jamais. Donc il n'ira pas chasser sur les terres du FN ?
Ce
n
'est
pas la même chose. Sur les idées
du
FN, concernant notamment les migrants, je dis ça, j'ai été frappé dans l'interview qu'il a accordée à la Provence, on l'interroge sur l'Aquarius, et sa première réponse, c'est de dire, d'abord, il faut que ces gens restent chez eux. –
Il
y
a
quand même une inflexion, si
vous
écoutez le discours de Mélenchon en mars-avril 2012, lors de sa campagne présidentielle à Marseille, qui est un discours extrêmement ouvert vers l'immigration, sur cette Méditerranée, Maré-Nostrum, et ses inflexions de 2017, où il est opposé mouvement de migrants, parce qu'il considère que c'est une espèce de ruse du capitalisme allemand, à travers l'hospitalité de Merkel, pour remplir les usines et faire baisser les salaires, déjà là, il y
a
une inflexion, et maintenant, il cherche encore sur les migrations à ne pas fâcher cet électorat populaire qui, jadis, a pu voter Le Pen, le fameux gaucho-lepénisme, et qu'il veut ramener à lui. Les 600 000 voix qui lui ont manquées pour être au second tour face à Macron à la place de Marine Le Pen, ce sont ces électeurs-là, gaucho-lepénistes, très revendicatifs socialement, et très agressifs aussi, identitairement. Comment construire un discours qui reste un discours de gauche, qui ne soit pas une copie du discours lepéniste, pour gagner ses électeurs, sans perdre son âme ?
Ça, c'est très compliqué pour Mélenchon, et dans la perspective des Européennes, où les discours populistes de droite dure, type Orban, ou de mélange gauche-droite, comme on en voit dans certains autres pays, vont déferler. Ça ne
va
pas être simple pour Mélenchon de trouver le bon tempo. – Mouis Stinturier ? Quand il a cherché à combattre directement le Front National, il a à chaque fois perdu. Il a perdu en 2012, il a perdu, alors qu'il a été courageusement allé se battre dans une circonscription, mais il a perdu aussi les législatives de 2012, il a perdu en 2017, et moi je crois que son combat, parce qu'il n'y a pas de passerelle entre Jean-Luc Mélenchon et le Front National, entre ses électorats, contrairement à ce qu'on dit parfois, ils sont extrêmement peu poreux, ils n'ont pas les mêmes préoccupations, ils n'ont pas les mêmes valeurs, ils n'ont pas les mêmes registres, donc il a peu à gagner là-dessus.
En revanche, il a beaucoup à gagner en clarifiant justement ses positions pour capter un électorat plus traditionnel de gauche qui, s'il lève d'éventuelles ambiguïtés, peut aller vers lui sur des registres plus ancrés sur les thématiques sociales, sur les thématiques plus classiquement de gauche et d'opposition. Donc moi je crois que le populisme de gauche, c'est ça l'inflexion et c'est ça le positionnement de Jean-Luc Mélenchon pour les européennes, c
'est
-à
-dire
populisme toujours, mais de gauche. Et effectivement, c'est plus la présidentielle ou plus tout à fait la présidentielle et ce qu'on avait jusqu'à maintenant. Alors, la France Insoumise tient depuis jeudi ses universités d'été à Marseille. Les militants se préparent à une rentrée chargée, notamment sur le plan social. Et leur leader, Jean-Luc Mélenchon, semble changer de stratégie. Après l'affrontement politique, il joue désormais la carte de l'apaisement et du rassemblement. C'est un sujet de Pierre Millet-Bellando et Clément Voyer.
Jean
-Luc Mélenchon, d'humeur festive. Deux heures de défilé dans les rues de Marseille pour le leader de la France Insoumise et ses sympathisants. Au cœur des slogans, toujours la même cible.
« Macron ! Macron ! »
Une démonstration de force et de popularité.
« Une
ponctuation festive de nos amphis d'été.
» Donc
on a à cœur de mettre toujours une petite note joyeuse, de se montrer de ne pas être enfermé, de rester dans les lieux, mais de se montrer, de se donner à voir, de manière à donner du courage, de l'allégresse et de la joie dans la bataille politique, même si des fois la vie politique et même souvent sont très dures. Ça n'a pas d'autre prétention que ça. À cet instant, j'espère qu'on n'aura pas trop perturbé le sommeil des gens. Parce qu'on vient d'inventer la manif nocturne à Marseille.
Une
manifestation
nocturne pour une mobilisation estivale.
À
l'offensive,
dans
l'affaire Benalla, à la rencontre des vacanciers, tout l'été, les Insoumis ont travaillé. Avec comme conclusion, les amphis. L'université d'été de la France Insoumise. Trois jours de rassemblement avec plus de 2500 militants inscrits.
Une
réussite, là où les autres partis d'opposition peinent à s'organiser.
Pour
cette édition, un mot d'ordre, l'ouverture.
On
nous a traité de sectaire. On voit bien que la France Insoumise ne l'est pas. Puisqu'elle permet non seulement l'ouverture, mais l'élargissement à la discussion et au débat. Pour demain, sortir ce gouvernement qui est une véritable plaie pour la population dans son ensemble. Les objectifs
de la rentrée, c'est de s'affirmer encore comme groupe d'opposition principale face au gouvernement. C'est de rassembler tous les militants pour pouvoir lutter encore et toujours contre Macron et son monde. Rassembler avec un objectif, réussir l'union des gauches. Jouer l'ouverture aussi jusqu'à inviter les ennemis traditionnels de la France Insoumise. Aux côtés des écologistes et des socialistes, deux élus des Républicains sont venus débattre aux Amphis. C'est le cas de Marianne Dubois, députée du Loiret.
Alors Bastien, Lachaud m'a invité et puis Alexis Corbière m'a invité. Voilà. Et je n
'ai
pas hésité un seul instant. Est
-ce qu'on peut être pour les Républicains et être insoumis
?
Ben non, mais de toute façon, on ne peut pas. On n'y arrivera pas. À chacun de nos idées de fond. Mais non, mais bon, il y a des sympathiques qui peuvent se nouer aussi. Et puis voilà, entre parties.
Un débat piloté par l'un des cadres des Insoumis, Alexis Corbière.
La France Insoumise a l'ambition de jouer son rôle de force d'opposition qui discute, qui rayonne, qui organise des débats. Je crois que ce n
'est
pas bien qu'on soit étonné du fait qu'il y
ait
des débats aujourd'hui. Et avoir un débat par définition, ça ne veut pas dire nécessairement partager l'opinion de son contradicteur.
Les Amphis, l'occasion de mobiliser au maximum avant une rentrée très sociale. Assurance chômage, pauvreté, retraite. Les dossiers du gouvernement pour l'automne s'annoncent explosifs.
Ah bon ? Tu es du Nord, alors ? Salut,
tu
vas bien ?
Adrien Quatennens, député du Nord, est lui en charge de celle que les Insoumis appellent la mère de toutes les batailles.
Nous
ne l'avons pas choisi, mais Emmanuel Macron, si, de faire de
la
retraite l'un des sujets incontournables dans le paysage politique de cette rentrée.
On va déjà commencer à préparer les esprits à ce qui se prépare et surtout à pouvoir contrer cette affirmation qu'une retraite par point est plus égalitaire. Ça va vraiment être ça le sens, c
'est
de montrer qu'en fait, une nouvelle fois, ça sera une régression. Donc là, ça y
est,
on rentre dans le dur.
Si
la mobilisation semble au rendez-vous à l'heure de la rentrée, le prochain test pour les Insoumis se déroulera dans les urnes lors des élections européennes de mai prochain. Rémi Lefebvre, je vous voyais réagir. C'est vrai que ce n
'est
pas banal de voir des responsables républicains comme ça venir donner leur disserté à l'université d'été de la France Insoumise. À mon sens, c'est inédit.
C
'est-à
-dire
qu'en plus, avec un parti qui très clairement, alors même s'il ne se dit pas de gauche, incarne une radicalité politique, donner comme ça des signaux et avoir eu des députés qui ont accepté de venir débattre et avoir ces images,
c
'est évidemment donner une image de la France Insoumise, d'ouverture. C'est là que ça se passe.
C'est
-à
-dire
que toute cette rentrée politique se passe à Marseille et il y
a
un coup médiatique qui a été incontestablement réussi. Il y a des députés socialistes, il y a Boris Vallaud, Emmanuel Morel, il y a des écolos, il n
'y
a pas de FN. Mais effectivement, on a l'impression qu'aujourd'hui, le débat politique avant la rentrée parlementaire, il a lieu à Marseille lors de ces universités d'été bien jouées.
C'est
bien vu ça d'ailleurs chez les républicains, chez les socialistes, que de voir certains des leurs se prêter à cet excellent coup médiatique, comme vous le disiez. Au PS, il y
a
eu des réactions quand même très négatives. Patrick Cannaire, Stéphane Le Folle ont dénoncé ces députés qui fricotent avec Mélenchon. Mais il y
a
des choses ici qui se trament très clairement. Et aujourd'hui, il
y a
un rapprochement entre la gauche du PS et Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, on évoquait tout à l'heure les élections européennes, il a réservé 10 postes sur sa liste aux élections européennes pour débaucher des Verts, des socialistes, et pour siphonner, affaiblir encore un peu plus le système partisan. On parle de Macron qui effectivement veut encore affaiblir la droite modérée à l'occasion des élections européennes, mais la stratégie est assez symétrique du côté de Jean-Luc Mélenchon qui, évidemment, a envie de détacher la gauche du Parti Socialiste qui a quand même fait 18% au dernier congrès.
C
'est une minorité. 18
%
du Parti Socialiste. Voilà, des adhérents. Et donc, il y a cette idée aussi de faire travailler la poutre du système partisan chez Mélenchon. – Brice Tinturier, on va avoir des prises de guerre comme ça pour la France Insoumise ? – C'est tout l'enjeu. Imaginez si le Parti Socialiste fait à nouveau 4, 5, 6% aux élections européennes. Je ne
veux
pas dire que l'affaire est terminée parce que les partis politiques peuvent résister. Mais malgré tout, le leadership de la France Insoumise sera à ce moment-là non seulement incontestable, mais extrêmement puissant sur la gauche. Donc, essayer de détacher un certain nombre de députés ou de personnalités socialistes, c'est contribuer à cet écrasement du Parti Socialiste. Donc, c'est extrêmement important pour Jean-Luc Mélenchon. Et puis, j'insiste sur quelque chose. Tous les États-majors politiques vous disent que les européennes, ils vont les regarder à la loupe pour les municipales.
Ça va être le scrutin qui va permettre de dire comment, avec toutes les précautions qu'ils font prendre, parce que ce n
'est
pas du tout les mêmes scrutins, pas les mêmes mobilisations, etc. Mais malgré tout, ça donnera les rapports de force qui seront analysés ville par ville. Donc, les alliances potentielles. Donc, tout va se faire ensuite autour du résultat des européennes. C'est un scrutin majeur pour la France insoumise et pour toutes les formations politiques. Donc, détacher comme ça des élus, c'est évidemment un joli coup et très important pour la France insoumise. Moi, ce que je ne comprends pas, c'est que des LR se soient prêtés à cela. Je pense qu'ils se sont fait instrumentaliser sans s'en rendre compte et que ça doit grincer des dents chez une partie des LR.
Mais vous disiez, Brice Tinturier, que vous ne croyez pas à ce que Jean-Luc Mélenchon puisse récolter comme ça des électeurs LR. Les caravanes de la France insoumise se sont promenées où cet été ? Elles se sont promenées dans les territoires ruraux. Est-ce qu'il
n'y a
pas une... Je dis ça parce que Jean-Luc Mélenchon a théorisé qu'il faut éveiller la colère et rattraper les colériques. Oui, mais les territoires ruraux
ne sont pas tous les. Il n'y a pas
de
la colère dans
les territoires ruraux ? Si, bien sûr. Mais les territoires ruraux, d'abord, ne sont pas tous LR. Et puis surtout, c'est parce qu'il y a, dans une partie des territoires ruraux, une hostilité à Emmanuel Macron et au pouvoir en place qui est plus forte. Donc, Jean-Luc Mélenchon, je crois, cherche à capitaliser sur ces colères et sur cette hostilité davantage qu'à les détachés des électeurs LR. Ça, je n'y crois pas une seconde.
Oui, mais c'est un peu la
stratégie de Laurent Wauquiez, ça, quand même, de dire, les 80 km heure, on vous embête à Paris. Tout à
fait.
Votez pour nous. Tout à fait. Mais un électeur LR, il n'ira pas voter pour Jean-Luc Mélenchon, je pense, pour ses raisons. Mais en revanche, ça permet à Jean-Luc Mélenchon, vous avez tout à fait raison, de se poser comme l'opposant qui est partout, qui capitalise les colères et les mécontentements et qui
sera au centre du
système. Oui, parce qu'il construit une organisation.
Et en plus, sur les raisons, la France Insuline, c'est la dernière
force militante qui existe en France. Il y a beaucoup de mobilisation sur le terrain, dans les villes, en milieu rural, et il y a une organisation un peu de masse qui se constitue. Maud Verniole, est-ce qu'on peut dire que le premier parti qui a été vampirisé par Jean-Luc Mélenchon, c'est le Parti communiste
?
Non,
alors,
j'allais répondre, je pense que ce n
'est
pas le seul parti qui a encore une force militante en France.
D'ailleurs... Qui est en dynamique, j'allais dire. C'est vrai, c
'est vrai. D'ailleurs, on n'est pas sans savoir qu'on dit qu'il n
'y
a que la France Insoumise qui tient ses universités d'été. Il y a aussi le Parti communiste qui réunit aujourd'hui
plus de 1000 personnes à Angers avec, pareil, des dizaines de débats avec un programme plutôt ambitieux au menu. Oui, mais on n'en parle pas. Comment ? On n'en parle pas, les médias n'en parlent pas. Nous, à
l
'humanité, on en parle en tout cas.
Donc,
non, mais après, voilà, sur...
Je
trouve que ce qui est intéressant, justement,
sur la gauche... Pardon, mais sur cette
vampirisation
d'en parler... Bien sûr qu'il y a une volonté de Jean
-Luc Mélenchon de
vampiriser, de fragiliser
le Parti communiste qu'il a essayé de piéger. Et ça va être très difficile, mais je crois qu'il se trompe. Et là, on en revient à son discours sur l'union de la gauche. Depuis deux, trois jours, on entend, il s'assouplit vis-à-vis de ses partenaires de gauche. Je pense que Jean-Luc Mélenchon, il ne
veut
pas l'union de la gauche. Il veut que la gauche, la domination de la gauche, il veut qu'elle
vienne à eux. D
'ailleurs, sur les amphis, c'est pas... Il n
'a
pas sollicité des organisations politiques avec qui dialoguer. Il a invité des personnalités choisies, presque, j'ai envie de dire, parce qu'elles étaient Mélenchon compatibles, mais il n
'a
absolument pas ouvert de dialogue, ni avec le Parti communiste, ni avec Europe Écologie Les Verts, ni avec le mouvement Génération de Benoît Hamon. Et ça va être un problème. Ça va être un problème parce que la formidable campagne présidentielle qu'il a menée, et pas tout seul, avec d'autres organisations politiques derrière. Et il a su créer, vous posiez la question tout à l'heure, un espoir dans les classes populaires où il a ramené des jeunes, des gens qui s'étaient éloignés des urnes depuis très longtemps et qui il a redonné de l'espoir sur un projet, pas que sur des colères. Le problème, c'est qu'il y
a
eu un pendant, il y
a
eu un avant, Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, et il y a eu un après. Et là où, moi, je crois qu'il fait une erreur stratégique avec cette stratégie populiste, c'est qu'une grande partie des électeurs de gauche qui ont voté pour lui, pas forcément de maintenir naturel au premier tour, parce qu'ils ont vu qu'il y avait une chance historique de porter un candidat, enfin, voilà, un candidat progressiste à l'Élysée. Et bien aujourd'hui, ils sont déçus aussi. Et je pense qu'il
y a
un tâtonnement parce qu'il en a conscience.
Pourquoi ils sont déçus ?
Voilà, il ne se retrouve pas forcément dans le sectarisme ou dans la violence de certains propos de Jean-Luc Mélenchon. Et il ne se retrouve pas, et il demande qu'il y
ait
moins d'ambiguïté, par exemple, sur le discours sur l'immigration.
Vous parliez de la violence. Christophe Barbier, justement, question de téléspectateurs. Pour rassembler la gauche, Jean-Luc Mélenchon ne doit-il pas mettre de l'eau dans son vin ? Est-ce que ce tempérament éruptif peut être un frein à ses ambitions ? Oui, c'est un frein à ses ambitions parce que ça crée ces soixante et quelques pourcents de Français qui le trouvent répulsif et effrayant. Donc, il doit évidemment changer cela. Néanmoins, il a fait son ascension avec ce style. L'homme qui se lève seul et qui entraîne le peuple contre les médias, contre le système, contre les dominants, contre les riches. Donc, ce n
'est
pas facile de passer d'une culture de protestation à une culture de proposition et de gouvernement. C'est extrêmement compliqué de réussir cela. La stratégie d'union de la gauche ancienne, c'était fait pour ça. C'était pour faire rentrer à un moment donné une force de protestation dans une crédibilité gouvernementale. C'est ce qui a été réussi en 1981 avec Mitterrand et la stratégie de
l
'union de la gauche. Pour l'instant, Mélenchon n'arrive pas à passer de l'une à l'autre. D'autant qu'il vient de se dérouler une année pendant laquelle il nous a dit « Vous allez voir, la rue va destituer Macron. Je vais mobiliser la rue et je vais faire tomber le monarque Macron. » Il a raté. Il a raté avec sa manif géante des Champs-Élysées à un million de personnes qu'on n'a jamais vues. Il a raté en expliquant qu'il allait remplacer les syndicats dans la rue. Ça n'a pas fonctionné. Et les syndicats eux-mêmes ont échoué dans leur mobilisation contre la réforme de la SNCF et la réforme du Code du Travail.
Donc l'année qui vient de s'écouler, c'est une année, si j'ose dire, post-présidentielle un peu de sédition. Il s'agissait de mettre dans la rue des forces pour protester contre Macron. Ça n'a pas empêché la politique Macron de se dérouler. Ce qu'on voit peut-être là en ce moment, avec l'affaire Benalla et avec cette rentrée, c'est qu'il passe à une stratégie plus parlementaire, inviter des gens qui ont des sympathies parlementaires parce qu'ils travaillent ensemble à l'Assemblée à venir débattre, désosser les autres partis en récupérant les rebelles,
les
minoritaires, les marginaux de ces partis et préparer un cocktail électoral pour ces élections européennes qui ne sont certes pas faciles pour lui. Il a une chance. Ce sont des élections avec des listes nationales et non pas, comme la dernière fois, avec 7 ou 8 listes dans de grandes régions. Et donc, pour porter un combat politique, si j'ose dire, de simulacre présidentiel, ça, c'est une très bonne élection. Les européennes, on va voir un nom. On votera pour Jean-Luc Mélenchon. On
votera
pour la tête de liste qui sera parrainée par Jean-Luc Mélenchon.
Tout comme en face sur une liste Macron.
Manuel Bompard ou Charlotte Girard.
Il est très proche de Jean-Luc Mélenchon. Et
pourquoi n'y va-t-il pas ? Quelle meilleure tête de gondole que Jean-Luc Mélenchon pour
représenter la France ?
Il est député à Marseille. Il vient d'être élu. Il est dans une circonscription où il peut faire la publicité des actions de la France insoumise. Symboliquement, c'est aussi important d'envoyer l'image du renouvellement. Il va promouvoir des candidats qui n'avaient pas été élus aux élections parlementaires. Il a aussi une stratégie de construction d'une organisation. On y reviendra peut-être aussi tout à l'heure.
Il
est mortel. Jean-Luc Mélenchon, il est relativement âgé. Donc, il a besoin de... On le voit très bien avec le parrainage d'Adrien Caténin, ce qui devient assez net. Il construit une organisation. Donc, ces élections européennes, c'est aussi pour lui le moyen de promouvoir des cadres. Oui. Oui, mais c'est un grand risque également, ces élections européennes. Parce qu'il va les présidentialiser le plus possible, nationaliser l'enjeu, les présidentialiser pour essayer de retrouver une dynamique de type présidentielle. Sinon, encore une fois, ayez en tête 43% de participation lors des dernières européennes. Donc, le peuple ne se déplace pas au moment des européennes. Et ça, c'est fondamental.
Donc, il faut qu'il arrive à déplacer des électeurs de gauche et puis des électeurs populaires en nationalisant l'enjeu et en le représidentialisant. Si jamais il arrive en troisième ou en quatrième position, ça sera un échec terrible pour lui. Et on dira à ce moment-là que contrairement à tout ce qu'on voit dans les médias et sur le devant de la scène, l'opposant principal, etc., eh bien, ce titre d'opposant principal, lui sera dénié si c'est le Front National ou la liste LR qui arrive en deuxième position ou en première position. Christophe Barbier ? Il y
a
une vieille règle en politique. Il ne faut pas avoir plus à perdre en perdant qu'à gagner en gagnant. Et s'il y va, en effet, qu'il s'affiche
comme
le vrai leader de la liste et qu
'il
se plante, il aura vraiment perdu beaucoup, en effet. Néanmoins, il peut avoir un espoir. C'est que ces Européennes mobilisent plus que la dernière fois. Encore une fois, ce sont des listes nationales, donc un débat national. Il y a depuis quelques années quand même des débats européens extrêmement majeurs avec les migrants, avec la domination de l'Allemagne et l'affaiblissement de l'Allemagne, avec le Brexit. Ça a remis quand même du carburant, si j'ose dire, dans ces élections. Et puis, il y a quand même un an et bientôt deux ans de macronisme.
Et ça, ça peut permettre à Mélenchon d'aller susciter des votes chez des gens qui ont été abstentionnistes des dernières élections et qui voient maintenant un nouveau système se mettre en place. C'est une espèce de gros centre modéré macronien avec, comme dit Macron, les deux bouts de l'omelette. Une omelette avec une droite dure et le FN et puis un autre bout de l'omelette avec Mélenchon et à sa gauche, le Parti communiste et les trotskistes. Et si ces bouts de l'omelette commencent à se parler, si ces bouts de l'omelette réussissent à se réunir, là, ça peut commencer à donner un vrai risque pour Macron.
Mais à ce jour, c'est l'opposant numéro un rêvé pour Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon ? Oui, bien sûr, parce que ça amène à lui la France des modérés, de droite, mais aussi un petit peu socialiste, qui ont peur de ce populisme-là et de ce personnage-là. Ce sont des gens qui votent automatiquement contre Marine Le Pen sans avoir à y penser et Macron doit les habituer à se dire, tiens, si en 2022, le second tour, c'est Macron-Mélenchon, est-ce que vous aurez le même réflexe pour éviter Mélenchon que vous avez eu pour éviter Le Pen ? Donc, bien entendu, Macron a un allié objectif et il adore que Mélenchon tienne le haut du pavé.
On me dit que Jean-Luc Mélenchon va commencer son discours en parlant d'environnement. Je dis ça parce que, Maude Verniole, vous soupçonniez tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon, enfin, vous parliez de son ambiguïté vis-à-vis de l'immigration. Est-ce qu'on peut soupçonner Jean-Luc Mélenchon d'avoir une approche un peu clientéliste en disant aux gens ce qu'ils veulent entendre ou est-ce qu'il est sincère ce tournant écolo pour un Jean-Luc Mélenchon qui est un ancien productiviste ? Rémi Lefebvre, mais c
'était la gauche
productiviste, non ? Ce tournant écologiste éco-socialiste, il date de quelques années. Il avait déjà été marqué en 2012. On ne
peut
pas lui reprocher d'être instrumental. Franchement, je pense que ça correspond à une vraie doctrine. Effectivement, c'est un productiviste Jean-Luc Mélenchon, mais on l'a vu, ses discours enflammés sur la mer, la forêt. Il y a une vraie doctrine aujourd'hui éco-socialiste du côté de chez Mélenchon. Et des voix récupérées qui vont avec. Bien sûr, ça c'est sûr. Alors, c'est le sujet tabou de cette université d'été à Marseille. Il s'agit du Média. Le Média, c'est une web télé, comme on dit, donc une télévision internet indépendante, mais proche des insoumis et qui se veut être une alternative au système médiatique dénoncé par ses fondateurs.
Mais voilà, après huit mois d'existence, rien ne va plus, démission en cascade, mise en demeure, affaire de gros sous, la rédaction se déchire et laisse apparaître au grand jour ses dissensions internes. C'est un sujet de Maël Kerguenou et Pierre Dehorne.
C
'est une guerre de clans, une lutte intestine digne des meilleurs feuilletons politiques.
Au
Média, les fondateurs de la web télé sont passés de meilleurs amis à pires ennemis.
D
'un côté, Gérard Miller et Henri Poulain, toujours à la tête de la rédaction.
De
l'autre, Sophia Chikirou, ancienne directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon, qui a claqué la porte du Média début juillet.
Après
un an consacré au lancement du magnifique projet du Média, je mets fin à ma fonction de présidente de l'entreprise de presse et de celle de directrice de la
publication.
Officiellement, Sophia Chikirou part rejoindre son ancien mentor Jean-Luc Mélenchon dans la perspective des élections européennes.
Mais
un mois plus tard, le Média l'accuse d'abus de biens sociaux.
La
société de production exige qu'elle rembourse un chèque de 64 000 euros qu'elle aurait encaissé pour le bénéfice de Médiascope, sa société de communication. Attaque infondée, selon son avocat.
Ces
accusations, elles sont fausses. Il n'y
a
jamais eu aucune malversation,
il
n
'y a
jamais eu aucune fausse facture ou travail fictif. Et puis surtout, toutes ces accusations, elles sont complètement hypocrites. Elles sont hypocrites parce que M. Poulin, M. Jacquet, M. Miller ou Mme Hamou ont toujours su que Médiascope intervenait au profit du Média parce que sans ces interventions et sans ces prestations, le Média n'aurait pas pu exister et n'aurait pas pu fonctionner.
Un
règlement de compte dans un climat déjà délétère depuis plusieurs mois.
En
février, c'est la présentatrice du journal Audre-Rossigneux qui en fait les frais.
Elle
est évincée, s'en suit alors une vague de départs successifs.
Je
suis partie, malgré moi, parce que j'ai été virée. mais les autres sont partis parce qu'il y avait des gros problèmes managériaux, parce qu'il y avait une vraie brutalité, parce qu'il y avait des gens qui étaient au bord du burn-out
et
donc il
y a
des gens qui sont partis. Je pense que ce n
'est
pas ce qu'ils attendaient d'un média citoyen, humaniste, de gauche et que cette brutalité, ils espéraient y échapper.
L
'histoire de la web télé avait pourtant bien commencé. Lancé en janvier dernier, le média se voulait être une alternative à la presse traditionnelle.
Ce
média coopératif sera indépendant.
Sa
gouvernance impliquera ses sociétaires, ses salariés et ses bénéficiaires. Humaniste, antiraciste, écologiste, progressiste et féministe
et
surtout indépendant.
90% de la presse,
on
ne cesse de le répéter, est possédée par 9 milliardaires et même si tous mes copains journalistes m'expliquent que Drahi ou Bolloré ne leur téléphonent pas tous les matins et même tous les mois pour leur dire ce qu'il faut faire, ça a quand même des conséquences
que
la presse soit ainsi possédée par les puissances financières.
Un
média indépendant financièrement mais très vite critiqué pour sa proximité avec le parti politique La France Insoumise comme l'illustre cet incident relayé par les réseaux sociaux.
On
y voit un journaliste de la rédaction cacher un autocollant du parti politique sur son ordinateur.
Une proximité idéologique ne veut pas dire forcément dire une dépendance au sein de la rédaction aucun des journalistes n'a jamais milité au sein de la France Insoumise notre agenda médiatique était le nôtre et pas celui de la France Insoumise après que ce soit des compagnons de route ou qu'on partage certaines valeurs certaines idées on ne
va
pas se le mentir c'était vrai hier et ce sera encore vrai demain même sans Sofia Chikirou mais l'indépendance a toujours été là et en fait on a toujours nous journalistes tenus à préserver cette
indépendance. La WebTélé reprendra sa diffusion le 17 septembre prochain
dans
un climat que les journalistes espèrent plus apaisés.
Alors
Christophe Varvier est-ce que vous diriez que c'est une sale affaire qui dit quelque chose ou bien ça n'intéresse que le microcosme et les journalistes ? Je ne pense pas que ça ait d'énormes conséquences électorales et que des gens se détournent d'un éventuel vote Mélenchon qui les tenterait parce qu'il
y a
eu une crise aux médias mais c'est évidemment une mauvaise affaire quand on passe son temps des campagnes électorales successives et qu'on en crée un ou qu'on en inspire un de le voir prendre cette tournure-là avec à la fois des guerres de chefs des histoires d'argent et puis des doutes sur la ligne éditoriale et le sérieux du travail mené. Donc évidemment pour Mélenchon le grand donneur de leçons aux médias c'est quand même pas évident d'autant qu'il a dans sa campagne présidentielle déjà été accusé d'avoir favorisé telle ou telle entreprise d'avoir dans ses comptes fait travailler plutôt des amis que des autres on a l'impression de revivre la même chose à l'intérieur de ce média.
Qui finance le média ? Qui est derrière ? Qui apporte l'argent
?
Je ne
suis
pas spécialiste mais il y
a
des sociaux qui apportent donc c'est un pur
player. Ce sont des militants
de la
France insoumise et puis après j
'imagine qu'il
y a
des investisseurs aussi je pense extérieurs Ce sont
des sociaux ma
question était un peu truquée parce qu'on a demandé à des militants d'apporter 20-30 euros et ensuite cet argent est parti
Mais
en tout cas moi ce que ça m'inspire c'est aussi deux choses c'est la difficulté aujourd'hui effectivement il y avait une volonté de créer une contre-hégémonie culturelle chez Mélenchon l'idée Gramscienne du nom du philosophe italien de dire voilà la bataille culturelle il faut la gagner aussi médiatiquement c'est très difficile concrètement et donc les difficultés du média illustrent ça Deuxième point ça illustre aussi les relations de plus en plus incestueuses je trouve entre le monde de la communication et le monde politique puisqu'on le voit Sofia Chikerou elle a une agence de communication elle est à la France insoumise donc aujourd'hui on peut peut
-être
s'arrêter deux secondes sur le procès qui est fait à Sofia Chikerou c'est qu'elle a facturé elle aurait facturé je vais mettre le conditionnel 65 000 euros avec son agence de communication au journal Le Média et du coup le journal Le Média aujourd'hui lui demande de rembourser ces soins alors elle ne les a pas encaissés etc mais il y a une accusation derrière oui alors ça je n
'ai
pas les informations j'imagine que la justice va mais en tout cas Sofia Chikerou elle est aussi directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon donc il y a un peu un mélange des genres qui est un peu délétère et qui à mon avis n'est pas propre à la France insoumise qui est assez commune on avait vu ce qui s'était passé à l'ex-UMP avec ses agences de communication qui gravitent autour du parti voilà c'est la politique aujourd'hui dans l'ère médiatique Mélenchon Mélenchon
s
'exprimera-t-il sur la situation de la Web TV Le Média
alors
d'autant il y a une proximité en plus pour ajouter à tout ça entre Jean-Luc Mélenchon et Sofia Chikerou donc
on ne peut pas
révéler
il
sera obligé à un moment donné mais il ne
le
fera pas publiquement de mettre de l'ordre parce que si cette affaire s'envenime si ce média explosait en vol s'il fallait l'arrêter parce que ça peut être ça aussi à terme un problème économique qui fait que le média s'arrête ça pourrait éclabousser la France insoumise donc à un moment Jean-Luc Mélenchon devra mettre de l'ordre et exercer son autorité il ne le fera pas publiquement il ne
le
fera pas dans un discours puisqu'il a dit depuis le début eux c'est eux nous c'est nous et on les laisse vivre leur vie mais leur vie est difficile il
ne faut
pas oublier que Mélenchon il a théorisé le combat contre les médias en disant les médias c
'est
la deuxième peau du système donc pour attaquer le système il faut percer cette deuxième peau d'où son agressivité incroyable contre les médias contre les journalistes qui est souvent très théâtral rappelez-vous après la présidentielle 2012 il s'en était pris à un pauvre stagiaire du Parisien qu'il interrogeait dans la rue en lui disant qu'il avait une petite tête bien vide qu'il était écervelé et régulièrement il fait ça il adore se payer un journaliste parce qu'il pense que dans l'électorat c'est comme si on attaquait un puissant et donc c'est très bien et ça peut marcher d'ailleurs il a plutôt des bonnes réactions révélez-nous des secrets ça veut dire que quand vous dites que c'est théâtral c'est-à-dire que sur le devant de la scène il critique les journalistes
et par derrière il déjeune avec vous et c'est l'homme le plus sympathique du monde
il est dans la contradiction mais il est extrêmement courtois moi il m'a appelé comme ça après un meeting où il m'avait fait siffler il m'a appelé pour me dire vous savez j'avais pas prévu le coup ils ont sifflé mais bon voilà vous avez raison d'assumer vos idées donc il fait toujours très attention à garder de
bonnes relations
parce qu'il faut être invité et puis il faut faire passer aussi des idées dans la contradiction puis c'est un républicain il est pour le débat démocratique il est pas pour enfermer les journalistes mais il considère qu'attaquer les journalistes même ad hominem c'est bon électoralement c'est bon électoralement parce qu'il
y a
une base électorale qui aime bien qu'on s'en prenne comme un guignol à tous ceux qu'on voit dans les écrans un peu à
la
Trump quoi finalement oui il y a quelque chose aussi de Trump c'est-à
-dire
qu'on rejoint un des ressorts du populisme il y a des élites il faut les faire tomber et ces élites elles ont des complices des camarades qui sont les médias voilà le rêve d'un média alternatif c'est pas facile un mot de vergnol vous qui êtes dans la presse centenaire non
oui
c'est pas facile de faire la révolution c'est pas facile
et effectivement cette crise alors c
'est
vrai que on a eu quand même ça a été un feuilleton un peu navrant qui consistait à laver son linge sale sur la place publique qui a effectivement eu un effet ravageur pour un média qui mettait la barre très haut et sur sa ligne éditoriale et dans ses pratiques après bon peut-être déjà qu'il va rebondir parce qu'au-delan cela a repris les rênes et qu'il y aura peut-être une saison 2 reste à savoir effectivement ce qu'il adviendra de Sophia Chikirou qui est quand même aujourd'hui encore la responsable de communication de la campagne européenne ce qui n
'est
pas rien après je pense que ce qui est intéressant aussi de s'interroger c'est qu'il n
'y
aurait peut-être pas eu une telle crise s'il n'y
avait
pas eu un échec éditorial d'abord c'est-à-dire qu'effectivement c'est compliqué dans un contexte de concentration des médias qui sont quand même aux mains d'une poignée de milliardaires de trouver un équilibre économique pour la presse indépendante déjà c'est compliqué et ensuite ce qui est assez intéressant à analyser je trouve c'est que c'est pourquoi cet échec du journal TV je pense qu'il y
avait
un problème sur la forme d'emblée aujourd'hui on a encore Jean-Luc Mélenchon qui par ses vidéos hebdomadaires elles ont un énorme succès il y
a
quand même des dizaines de milliers de personnes qui continuent de le suivre mais qui pour autant ne se sont pas retrouvées dans le JT alternatif qui était proposé par le média et ça moi je trouve que ça dit aussi quelque chose de l'attente en tout cas de cette niche puisqu'effectivement ils avaient peut
-être
un espace audiovisuel la France insoumise qui attendent pas tant en fait des informations dites alternatives qui peuvent peut-être trouver par ailleurs mais qui au final attendraient en fait le discours mais dans le sens positif du terme le discours de Jean-Luc Mélenchon son point de vue son regard
politique
sur les choses et pas tant un média alternatif en tant que tel mais Rémi Lefebvre est-ce que ça ne dit pas aussi ça ne raconte pas une histoire qu'on a de beaux projets alternatifs comme on a beaucoup certainement Jean-Luc Mélenchon mais quand on les met en pratique ça dérape ça part en bruit
est
-ce que ça raconte pas cette histoire
malheureusement
la nature ne suit pas ce qui est écrit dans le livre peut-être ça donne aussi l'idée de tous ces chantiers que Mélenchon a lancé depuis un an le média c'était sans doute un des chantiers les plus difficiles parce que effectivement Jean-Luc Mélenchon dispose de sa propre force de communication parce qu'effectivement aussi le média était peut-être un peu décalé en termes d'attente s'adressait plutôt à des spectateurs un peu intello alors que c'est pas forcément non plus l'objectif Jean-Luc Mélenchon veut s'adresser il a beaucoup de mal à s'adresser au catégorie populaire voilà donc ça dit effectivement un certain nombre de contradictions de cette entreprise de la France insoumise qui est un peu tous azimuts et qui a connu effectivement des ratés cette année incontestablement les mouvements sociaux et le média Brice Tinturier et ça dit aussi qu'il y a une brutalité qui est extrêmement forte la façon dont il y a eu des licenciements des mises à pied des convocations de journalistes tant c'est de s'expliquer rejoint la brutalité qui est reprochée aussi la France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon donc c'est pour cela que cette affaire du média elle n'est pas bonne au delà de l'impact qu'elle peut avoir parce qu'elle remet un parfum de brutalité et un parfum d'échec aussi sur ce qui était quand même la volonté de construire une information qui aurait été pure avec une autre hiérarchie de l'information plus indépendante etc on mesure que c'était des JT extrêmement longs plutôt sous une forme de radio filmée donc c'est professionnellement un ratage et c'est politiquement aussi quelque chose qui donne une image tout
à fait On vous dit que ça
fait écho à la France insoumise et à ce parti pourquoi Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui a l'image de quelqu'un qui est autoritaire au sein de son parti qui est le chef tout puissant qui peut être brutal dans son management ou c'est un parti démocratique gouverné par la base ?
Il vient d'une extrême gauche très sectaire il a été formé au début de sa carrière dans une forme de sectarisme où on est rapidement dans l'exclusion ou dans le procès de Moscou pour prendre une expression populaire donc il y a encore cette idée-là au sein de la France insoumise alors plus le mouvement deviendra puissant avec des élus des fédérations des militants plus ça sera compliqué et plus il lui faudra acquérir une culture vraiment démocratique d'autant qu'on ne peut plus reproduire à l'ère des réseaux sociaux et des systèmes horizontaux ce que le parti communiste a fabriqué avec le centralisme démocratique c'est-à-dire une pyramide qui monte finalement vers un organe central qui prend les décisions donc Mélenchon risque d'avoir dans son succès des difficultés à préserver son autorité Il a un numéro 2 attitré 2022 quel âge aura-t-il d'ailleurs ?
Il
aura 71 ans On est sûr que ce sera lui ? Non,
de toute façon ça
fait partie aussi des difficultés de la France insoumise le positionnement et l'élargissement la radicalité ou une forme de relatif apaisement et puis la question du leadership pour la prochaine présidentielle mais il y a une double culture au sein de la France insoumise il
y a
une culture du débat de la contradiction du débat républicain tout ça existe et puis il
y a
une culture autoritaire qui est très forte et Jean-Luc Mélenchon Il
y a un
phénomène de cours même vous diriez
?
Non, je ne sais pas ça
c'est l'un des
sous le saut de l'anonymat un membre de la France insoumise dit il
y a
un phénomène de cours autour de Jean-Luc Mélenchon Peut-être moi je n'en sais rien mais en tous les cas en termes d'opinion ce que je mesure bien c'est que chez les sympathisants de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon est à 86-90% de jugement favorable donc son leadership sa légitimité elle est très forte et incontestable et incontestée et au sein du parti il arrive à la fois à faire monter d'autres figures Adrien Kattenas Alexis Corbière François Ruffin c'est un peu plus compliqué le président de François Ruffin mais il y a d'autres figures qui sont en train de monter mais le chef est toujours là et à un moment donné dans cette culture du débat et de l'échange on sonne aussi la fin de la récréation de manière assez vive parfois et brutale et on l'a vu au débat Alors ça y est Jean-Luc Mélenchon a commencé son discours et notre journaliste a sélectionné pour nous Mathieu Lignot quelques extraits c'est tout frais ça vient d'arriver on écoute le discours enfin quelques extraits du discours de Jean-Luc Mélenchon qui vient de commencer
Maintenant le président de notre groupe parlementaire
Jean
-Luc Mélenchon
Je
vous appelle partout où vous êtes je sais que vous vous êtes souvent demandé si c'était une si bonne idée que ça d'aller peindre une école et est-ce que c'est pas à tel ou tel pouvoir public Voici notre message partout où les pouvoirs publics quels qu'ils soient de quelque nature qu'ils soient ont abandonné leur poste citoyenne, citoyen prenez leur place prenez l'initiative auto-organisez-vous
Ce
pays est à nous
Nous
ne permettrons pas qu'on nous fasse vivre dans les déchets la laideur
Nous
pensons à l'humanité toute entière parce que nous pensons que ce qui est bon pour tous est bon pour chacun d'entre nous Et donc nous pensons non pas à partir de nos différences
femmes
et hommes petits et grands
les
divers genres les diverses religions Nous pensons à l'être humain universel semblable par ses besoins ses aspirations
sur
la terre entière
Et
c'est pourquoi nous disons parce que nous sommes ces gens-là notre premier souci alors à laquelle nous parlons
c
'est le sort de la civilisation humaine
plus
que jamais vous voyez qu'il y a un intérêt général humain qui est engagé et contredit par la pratique productiviste extractiviste du capitalisme de notre époque qui est tout entier au service de sa forme la plus concentrée qui est celle de la finance qui ne connaît aucune règle qui n'en supporte aucune et qui veut par-dessus tout imposer sa propre règle à tous les compartiments de l'activité humaine Cet été des millions de personnes ont compris une vérité que les grands et les puissants aimeraient bien qu'ils ne voient pas Le changement climatique est commencé hélas et c'est donc
vers
une situation entièrement et radicalement nouvelle que va l'humanité
Le
contenu du cycle des saisons le rapport de l'humanité à la nature le rapport de l'humanité à la biodiversité dont il est une composante tout cela est en train d'entrer dans une immense bifurcation dont personne ne connaît les règles et alors nous serons interpellés pour savoir si comme être humain et comme au premier temps de l'existence des groupes humains nous irons en disant chacun pour soi
ou
bien si nous irons en disant tous ensemble
Alors
on a un Jean-Luc Mélenchon qui dénonce les puissants le système capitaliste et les menaces de l'environnement il est sur ces thématiques classiques ? Oui ces thématiques classiques avec volontairement dans cet extrait d'apparence une volonté d'universaliser de parler au nom de la planète entière et des pauvres de tous les pays il aurait pu mentionner les 3 millions de vénézuéliens qui ont quitté leur pays en quelques mois parce qu'ils crèvent de faim à cause des idées de M. Chavez et M. Maduro Il n'en parle plus ça de Chavez
dont
il
avait fait ses idoles
donc il est un petit peu en contradiction non ça il a depuis les obsèques de Fidel Castro il est devenu plus discret sur cette ligne castro-chavezienne mais bon il sait très bien que c'est une faille idéologique dans son discours parce qu'avoir trop voulu mettre en avant ces modèles là il offre notamment la droite qui a beaucoup utilisé ses contre-exemples il offre des angles d'attaques formidables il suffit à la droite de dire si vous votez Mélenchon vous aurez Chavez et ça le décrédibilise en cela il se retrouve avec le vieil épouvantail qu'avaient certaines gauches quand on parlait de l'Union soviétique ou de la Chine ou de la Maoïste ou de la Corée aujourd'hui comme contre-modèle il faut aussi qu'il arrive dans son discours à se débarrasser de ça que les gens n
'aient
plus peur si un jour la France insolvise est au pouvoir de se retrouver au Venezuela s'affronter au réel on le disait avec le média c'est pas facile Maud Verniol qu'est-ce que vous a inspiré ces trois courts extraits du discours de Jean-Luc Mélenchon
Moi je retiens le début sur ce qu'il a développé qui me semble très intéressant sur là où l'État abandonne les classes populaires soyons présents je trouve que
c
'est intéressant parce que c'est ce qu'on a reproché au parti de gauche d'avoir abandonné même si le parti communiste le fait toujours avec l'été solidaire où ils permettent aux familles populaires de partir en vacances la vente de fruits et légumes tout ça et c'est des pratiques avec lesquelles la gauche doit renouer si elle veut voilà elle veut renouer avec les classes populaires c'est le sens des caravanes insoumises d'aider sur les droits et de théoriser que voilà partout où l'État abandonne les plus fragiles il faut que les organisations politiques de gauche
et en l'occurrence la France insoumise a envie de visiblement d'occuper de cet espace montrent au quotidien qu'elle leur est utile et ça
peut
être c'est ce qu'on appelle la solidarité concrète ça peut être je ne
sais
pas moi du covoiturage de l'aide à remplir
des
papiers un parti de
service
pour un bout aussi un parti de service comme l'a été le parti communiste avec beaucoup plus d'ampleur qu'aujourd'hui pendant un certain nombre d'années et je trouve ça intéressant qu'il affiche
comme
ça l
'universel et le concret malgré tout exactement et après effectivement à
côté vous disiez tout à l'heure juste là-dessus sur l'écologie on ne peut pas lui reprocher que ce soit une stratégie clientélisme comme on l'évoquait je pense qu'il y a un vrai discours pensé justement qui porte avec force parce qu'il lit l'écologie voilà
je ne
sais
plus ce
qu
'a été ses termes à l'être humain universel et au sort de la civilisation et là-dessus il est évidemment très bon et il a évidemment préempté l'électorat écologiste parce qu'il le fait très bien et avec sincérité je pense
Brice
Tinturier quand vous célébrez comme on l'a entendu la civilisation humaine la dimension universelle de l'être humain avec des aspirations communes dit-il vous n'êtes pas du tout dans quelque chose qui jouerait sur de l'identitaire du nationalisme et qui voudrait fricoter sur les terres du Front National donc je trouve que ça ça alimente bien le début de ce qu
'on
soulignait c'est qu'il est dans un positionnement qui est un positionnement certes toujours au peuple ça c'est son positionnement central mais qu'il réélargit sur des thématiques qui sont de gauche et il lève un certain nombre d'ambiguïtés semble-t-il sur ces questions-là sur la question de l'immigration sur la question de est-ce qu'il se situe dans quelque chose qui vis-à-vis de l'Europe va être une critique mais une critique sur l'angle économique et financier alors
il n'est pas clair sur l'Europe
il n'est pas clair est-ce que la France Insoumise est un parti anti-européen est-ce que la France Insoumise est un parti qui pourrait proposer la sortie de l'euro qui est capable de répondre à cette question et Jean-Luc Mélenchon le sait-il lui-même Christophe Barbier il y
a
de vraies ambiguïtés de ce côté-là il y
a
de vraies ambiguïtés parce que sur l'Europe sa stratégie du plan A plan B c'est-à
-dire
on fait des propositions à nos amis européens et s'ils n'en veulent pas et bien on s'en retire et puis on mène notre politique de
notre côté on score de l
'euro c'était ça le plan B ça ne tient pas parce que c'est ça c'était à terme c'était évidemment que les 27 autres ou les 26 autres ne vont pas accepter nos propositions à commencer par l'Allemagne que Mélenchon a considérablement agressé dans son livre le Harold Bismarck donc à terme ça veut dire oui après cette espèce de tour de piste factice on se replie et on mène une stratégie nationale en sortant de l'euro en faisant tourner la machine à billets pour financer des dépenses publiques sociales mais aussi des nationalisations on sait ce que ça veut dire à terme c
'est
que votre monnaie s'effondre que le prix des produits importés flambe et que vous vous retrouvez au Venezuela c'est ça et donc il n'y a pas pour l'instant de cohérence et de crédibilité d'un programme économique articulé sur cette stratégie européenne C
'est une énorme faille ça quand même une énorme ambiguïté pour reprendre Pour un parti
de proposition c
'est
une énorme faille c'est un énorme manque alors qu'il va partir à l'assaut d'élection il faudra être dans la proposition concrète c'est pour ça que j'hésite encore à rejoindre la thèse de Brice et je pense qu'il y aura encore peut-être dans la campagne qui vient chez Mélenchon des tentations d'aller chercher dans un populisme anti-immigration le vent qui va souffler dans les voiles sur toute l'Europe parce que tous ceux qui en Europe à l'extrême droite comme à l'extrême gauche vont mettre l'anti-migration le programme anti-migrants au cœur de leur discours ils en espèrent des succès électoraux Alors mais c'est plus une critique économique du fonctionnement économique de l'Europe qu'une critique sur la question des migrants des migrants D'accord Rémi Lefebvre il a prévenu Jean-Luc Mélenchon et c'est surprenant que la réforme des retraites allait être pour lui la mère de toutes les batailles on a l'impression que là il veut s'appuyer sur cette thématique pour avoir la pas la peau mais pour combattre Emmanuel Macron à la rentrée là dans les semaines qui vont venir Alors le calendrier le projet n
'est
pas encore mûr c'est Jean-Paul Delevoye qui travaille sur ce projet il devrait arriver en discussion parlementaire dans un an mais évidemment cette question des retraites elle est matricielle pour Jean-Luc Mélenchon parce qu'elle concerne tout le monde et évidemment les ordonnances sur le travail la SNCF ça concernait
pas
l'ensemble de la société là c'est une réforme structurelle qui vise en fait à égaliser à uniformiser donc il va s'attaquer à plein de perdants potentiels etc donc effectivement sur cette question là à mon avis il y
a
un enjeu stratégique lourd en plus on a appris qu'il y
aurait
un front syndical la force ouvrière rejoindrait la CGT et donc on peut imaginer une dynamique syndicale plus forte
cette
question à mon avis sans doute la question la plus sensible qu'Emmanuel Macron va trouver sur son agenda de réforme dans les semaines qui viennent et donc effectivement on peut imaginer que cet agenda parlementaire va aider Jean-Luc Mélenchon à mobiliser à faire converger les luttes qui n'ont pas beaucoup convergé quand même au cours de cette première année du... Encore faudrait-il qu'il parvienne contrairement à ce qu'on a vu l'an dernier à faire des syndicats des alliés l'an dernier on avait l'impression qu'il a voulu court-circuiter vampiriser les syndicats Oui là il
faut
qu'il change d'attitude parce que ça n'a marché ni avec la CGT ni a fortiori avec Force Ouvrière qui maintenant a un leader beaucoup plus pugnace que ne l'était Jean-Claude Mailly donc de ce côté-là Mélenchon va devoir jouer le relais des syndicats ou l'aide politique aux syndicats plutôt que poussez-vous la gauche sociale c'est moi aussi il va devoir changer de tactique Donc là pour le coup sa grande marche sur les Champs-Elysées il la rêve avec les syndicats
Ils ont eu du mal aussi
à mettre du monde dans la rue quand
même
régulièrement et beaucoup donc c'est pas simple de jouer la rue contre les urnes dans la France d'aujourd'hui Avec les retraites il a quand même un sujet majeur à la fois pour ce que Rémy Lefebvre vient de souligner c'est-à
-dire
que ça va concerner tout le monde mais aussi en termes de calendrier c'est à partir de janvier 2019 qu'on devrait avoir les premières propositions petit rappel les européennes c'est en mai donc c'est pas si loin et puis c'est un sujet d'inquiétude majeure pour les français depuis longtemps structurellement ils entendent qu'on n'arrivera pas à financer les retraites ils ne veulent pas d'un recul de l'âge de départ en retraite donc qu'est-ce qui reste comme modalité soit vous faites des réformes qui sont paramétriques sur les différents paramètres c'est ce qui a été fait jusqu'à maintenant soit vous essayez d'instaurer autre chose ce qui semble être l'idée d'Emmanuel Macron et bien il va y avoir des problématiques Adrien Quatenas disait on va démontrer on va essayer de démontrer ça sera l'enjeu que le côté un euro cotisé un euro de retraite c'est fondamentalement inégalitaire ça veut dire qu'on va avoir des controverses profondes sur ce sujet que ça va structurer je pense la campagne non seulement nationale de la rentrée mais également sur les européennes et que c'est un sujet potentiellement extrêmement difficile
pour un moment
peut-être pas renoncer mais faire une réformette à minima justement pour ne pas avoir tous ces mécontents dans la rue le système de par points le gouvernement va expliquer que ça va mettre 20 ans à se mettre en place et que donc tous ceux qui partent à la retraite d'ici là ça ne changera pas grand chose pour eux en tout cas ni l'âge de départ ni le montant de la pension c'est comme ça que le gouvernement va essayer d'éteindre l'incendie c'est d'expliquer que ce changement va être tellement long et tellement systémique que finalement les victimes seront en 2040
les éventuelles
exactement et en 2040 celui qui aura 62 ans et qui aura l'âge de partir à la retraite ça sera Emmanuel Macron toute dernière question anecdotique pourquoi université d'été à Marseille est-ce qu'il a une petite idée derrière la tête municipal
voilà
municipal 2020 là encore c'est pareil il a plus à perdre en perdant qu'à gagner en gagnant si Mélenchon essaye de prendre la mairie de Marseille et perd comment peut-il un an et demi après commencer une campagne présidentielle par ailleurs il y a dans les forces y compris populaires à Marseille des structures anciennes sociopolitiques qui ne sont pas forcément mélenchonistes et gagner une circonscription ou gagner la ville surtout avec un scrutin par arrondissement c'est très très compliqué donc je serai lui je me méfierai beaucoup et je n'irai pas forcément dans ce
moment
plus à perdre en perdant qu'à gagner en gagnant ah
oui
je pense
allez
tout de suite on revient à vos questions internet et sms Mélenchon veut être le premier opposant à Macron il lui faudra apprendre à être collectif ah ben on en parlait le peut-il peut-il forcer sa nature lui qui ça dépend ce qu'on entend par collectif ce que refuse Jean-Luc Mélenchon c'est cette grammaire de l'union de la gauche des négociations d'appareils de la lutte des places etc il veut se libérer de ce carcan voilà et donc la stratégie populiste effectivement c'est de dire qu'on constitue un peuple donc on joue collectif mais on ne joue pas le collectif des organisations parce qu'aujourd'hui effectivement la gauche c'est un peu une pétodière avec toutes ces luttes d'appareils et de ce collectif-là de cette tradition de
l
'union de la gauche il ne veut plus très clairement donc c'est collectif derrière moi
et
avec l'hégémonie très clairement derrière lui ça c'est sûr Mélenchon n'a qu'un seul but faire main basse sur toute la gauche non ? point d'interrogation alors c'est son but ? je pense il sait que si au premier tour de la présidentielle il y
a
un candidat France Insoumise lui-même mais en face un socialiste peut-être un communiste cette fois-ci de l'extrême gauche comme à chaque fois en France et bien le deuxième tour ça sera Le Pen-Macron ou Wauquiez-Macron et donc il doit à tout prix d'ici là avoir tellement assis son hésémonie dans les sondages dans les médias dans la réalité que les autres partis finalement viennent se rallier à lui c'est loin d'être fait c'est loin d'être fait 4 ans c'est long et puis il va falloir qu
'ils
comprennent que l'histoire de la gauche qu'ils
le veuillent ou non c'est qu'elle est diverse c'est qu'elle a plusieurs sensibilités et il n
'y
arrivera pas tout seul
comment interpréter la venue de deux députés LR à Marseille ? c'est les sympathies parlementaires c'est les travaux de parlementaires qui sont venus ça permet de faire un coup en disant qu'on est ouvert et en effet je pense qu'ils ont été instrumentalisés alors la droite n
'a
pas à s'en inquiéter parce que ce n
'est
pas des gens qui vont quitter les LR pour aller à la France Insoumise avec des bataillons de militants tandis que quand vous voyez Morel ou Vallaud pour le Parti Socialiste aller à la France Insoumise c'est un peu la dérive des continents
Boris Vallaud pourrait
quitter l'EPS
non pas Boris Vallaud pas Boris Vallaud mais c
'est quand même
des porosités
Emmanuel Morel il peut en être tenté comme un jour Benoît Hamon peut très bien revenir vers une tentative d'alliance
c'est
des sympathies parlementaires mais on se souvient des images de Christian Jacob lors du discours de Jean-Luc Mélenchon lors du débat sur la motion
censure qui
était un peu admiratif je pense que ce qu'a réussi quand même à faire Mélenchon cette année c'est à se faire respecter aujourd'hui effectivement des députés en marche des députés LR des députés socialistes constatent que effectivement les députés de la France Insoumise font un bon travail que finalement aussi Jean-Luc Mélenchon parle à l'intelligence collective et ça je pense il a réussi à créer au-delà de sa radicalité cette forme de sympathie voire même d'admiration je pense que ça montre ça aussi c'est l'une des personnalités admirées à l'Assemblée Nationale qui force le respect par
son
éloquence qui est incontestable son talent d'orateur avec qui Mélenchon pourrait-il gouverner
avec
lui-même ou vous voyez quelqu'un à ses côtés s'il gouverne c'est qu'il a gagné la présidentielle et les législatives donc vous êtes obligé à ce moment-là de nouer des alliances avec des partis ne serait-ce que pour avoir leur voix au second tour de la présidentielle et des législatives donc vous faites un gouvernement où vous allez chercher chez ses alliés des amis et des lieutenants c'est exactement ce qu'a fait Mitterrand en 81 il a fait rentrer 4 ministres communistes au gouvernement Dieu sait si au niveau international c'était pas simple à assumer mais il l'a fait alors il l
'a
fait aussi pour les étouffer pour continuer d'affaiblir le parti communiste mais il l'a fait aussi parce qu'il avait eu besoin de cette alliance rappelez-vous que Mitterrand en 74 il n'y
a
pas de candidat communiste il fait 43 au premier tour il est battu au second en 81 il y a un candidat communiste il fait donc beaucoup moins au premier tour mais il gagne au second c'est là où Mélenchon devrait réfléchir à ce que c'est qu'une stratégie victorieuse d'union c'est-à-dire d'addition et pas forcément être le meilleur au premier tour et avoir tout le monde contre lui au second
La
réforme des retraites pourrait-elle être la dernière chance de Jean-Luc Mélenchon de mobiliser des centaines de milliers de personnes
est
-ce qu'il y a d'autres réformes qui pourraient être susceptibles
? L'assurance
chômage est aussi une réforme qui peut faire descendre des gens dans la rue et mobiliser des colères si vous apprenez demain aux chômeurs qu'ils vont être indemnisés moins et surtout moins longtemps ils peuvent avoir envie d'aller frapper à la porte de Mélenchon Mais les retraites
quand
même ça mobilise potentiellement beaucoup Souvenez-vous sous Nicolas Sarkozy il y avait 2 millions de français qui se mobilisaient lors de la réforme des retraites qui n'est rien en termes de changement par rapport à ce que prépare probablement le gouvernement Le plus rageant pour Emmanuel Macron c'est que c'est une réforme qui vise à ne faire aucune économie
c
'est une réforme juste on change le système Oui
quand même ça le pérennise
il ne s'agit pas de faire des économies financières tout de suite on vous verse moins mais c'est un système fait pour pérenniser dans le temps un nouveau système on a un système qui a été bâti pour beaucoup d'actifs et peu de personnes âgées en 70 ans il
y
a plus en plus de personnes âgées parce qu'on meurt plus tard tant mieux il y a moins en moins d'actifs parce qu'il y
a
le chômage et qu'on rentre au travail après de plus longues études donc le système ne marche plus donc ce changement systémique il est quand même juste fait pour qu'il y ait encore des retraites dans 40 ans et qu'on ne soit pas tous obligés d'économiser pour nos vieux jours Donc il sera forcément un peu moins généreux puisqu'il y a moins d'actifs pour financer des retraités de plus en plus nombreux Il sera moins redistributif Comment Mélenchon peut-il espérer mobiliser sans les syndicats
?
Il ne pourra pas
Il ne
pourra pas mobiliser sans les syndicats
Il va falloir
qu
'il
appelle Quelles étaient ses relations avec Philippe Martinez de
la CGT ?
Je pense que ça fait partie du bilan qu'il a tiré de cette année c'est-à-dire ses velléités de préemption du mouvement social ont échoué et un peu ses ordres donnés aux syndicats vous savez sur les dates de mobilisation n'ont pas du tout fonctionné et ont un petit peu handicapé
le mouvement social au début même si à la fin et là il a changé un peu de stratégie là-dessus Il a compris qu'il fallait que chacun ait son agenda ce qui n'empêchait pas et sa parole propre ce qui n'empêchait pas de se réunir dans la rue et là je pense que c'est effectivement ce qui va se passer sur les retraites parce que c'est effectivement la mère des batailles parce que
symboliquement elle touche c'est un symbole du modèle social français qui touche
à
la redistribution et qui effectivement touche à tout l'ensemble de la société Mais
attention
là on va rentrer quand même avec les européennes en mai prochain c'est un peu loin encore dans des cycles électoraux qui vont aussi se suivre là on était dans une les mouvements sociaux ont été d'autant plus importants qu'il n'y avait pas d'élection et donc le baromètre de l'opinion c'est quand même les élections intermédiaires or il va y avoir des élections intermédiaires très importantes il y a beaucoup d'élections intermédiaires en France les élections municipales les élections régionales les élections départementales des élections absolument essentielles pour l'union de la gauche pour la structuration d'En Marche la structuration la France insoumise dans les territoires donc je pense aussi que dans cette première année le tempo était donné par les mouvements sociaux on va rentrer dans des formats des séquences peut-être plus classiques et électorales où du coup la question du politique la question du pouvoir politique la question des alliances va peut-être reprendre plus de place qu'auparavant
et puis la première année Macron a tiré dans tous les sens il a choisi la stratégie militaire du tabic bombe pour ne pas refonctionner parce qu'elle a neutralisé l'opposition ça va quand même être plus dur
de maintenir ce rythme pendant 5 ans il le sait d'ailleurs
parce qu'il discute avec les syndicats Macron notamment avec la CFDT comment la France insoumise pourrait-elle devenir la première force d'opposition du pays avec une poignée de députés
ils
sont très oui Jean-Luc Mélenchon a fait 19% au premier tour et il a quoi 17 députés Marine Le Pen avait deux députés sous le quinquennat Hollande elle a gagné les élections européennes elle est arrivée au second tour la présidentielle donc notre mode de scrutin fausse un peu cette perception entre les forces parlementaires et les forces réelles maintenant le vrai problème de Mélenchon c'est qu'il a très très peu de conseillers municipaux de maires de conseillers départementaux régionaux c'est là où débaucher des ailes gauches du PS en leur disant écoutez venez avec nous parce que si on se divise et si vous restez avec votre boutique Brin Balan et bien ça va être tout pour Macron ça peut fonctionner il
y a
des gens qui peuvent être tentés de faire un bloc mélenchoniste au municipal notamment mais c'est loin d'être fait mais en 77 au municipal la gauche s'était reconstruite déjà sur ce qu'elle est gagné en 81 donc c'est dans les municipales qu'on verra vraiment si le nouvel alchimie le PS pourrait apporter à Jean-Luc Mélenchon cet ancrage territorial la gauche du PS la gauche du PS Corbière ou Ruffin pourrait-il être tenté de disputer son rôle de chef à Mélenchon est-ce qu'il y
a
un petit peu d'égo là dans Ruffin Ruffin
va y aller
c'est un rebelle mais
pas un court terme c'est un
insoumis bien sûr
mais
Corbière non Corbière sûrement pas au contraire il est plutôt dans l'espérance de l'héritage de l'incarnation de l'héritage et il sera en concurrence avec d'autres avec Catananas avec d'autres mais Ruffin peut être le is no good de la France insoumise et tenter sa chance il y a entre Ruffin et Jean-Luc Mélenchon il y
a
une petite compétition ah oui il y
a
de temps en temps des tensions pas la même philosophie politique mais on peut pas dire non plus que ça soit la grande tension faut pas exagérer et ben voilà c'est la fin de cette émission merci d'y avoir participé merci de l'avoir suivi elle sera rediffusée ce soir à 23h20 et lundi vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air merci de votre fidélité et bon dimanche