Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 11 décembre 2024 52 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeSolidarités & familleEurope & international

Matignon : Macron promet un nom d’ici demain - C à vous : l’intégral - 11/12/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Le RN va-t-il pâtir de la motion de censure ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le RN est gagnant ou perdant de cette motion de censure ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Que les militants ne semblent pas en tenir rigueur à M.Le Pen ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Le RN doit-il se plaindre ou se réjouir de ne pas avoir été invité ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    D.Reynié, le RN est gagnant ou perdant de cette motion de censure ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Que les agriculteurs multiplient les actions et manifestations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00P.CohenFait
    « Le RN peut être l'objet de colères sectorielles. »
  • 4:00P.CohenFait
    « Le RN doit-il se plaindre ou de se réjouir de ne pas avoir été invité ? »
  • 6:00M.Le PenFait
    « Je ne suis pas mécontente de ne pas avoir été invitée. »
  • 8:00J.BardellaFait
    « Cette inélégance m'est insupportable. »
  • 10:00D.ReyniéFait
    « Depuis les débuts, je pense qu'il a presque tout perdu. »
  • 12:00P.LescureFait
    « Les agriculteurs multiplient les actions et manifestations. »
  • 14:00D.ReyniéFait
    « Les agriculteurs ne peuvent pas attendre les aides promises. »
  • 16:00D.ReyniéFait
    « Il n'y aura pas de gouvernement porteur de grandes réformes. »
  • 18:00D.ReyniéFait
    « Nous n'avons pas de majorité parlementaire. »
  • 22:00D.ReyniéFait
    « Il fait savoir à ses troupes qu'il est opposé à un Premier ministre qui ne serait pas de gauche. »
  • 24:00P.CohenFait
    « On a les 2 lignes qui cohabitent, contradictoires, au sein du gouvernement. »
  • 30:00P.LescureFait
    « Les agriculteurs manifestent depuis janvier dernier. »
  • 34:00E.Dupond-MorettiFait
    « Je ne pensais jamais qu'on me le proposerait. »
  • 36:00E.Dupond-MorettiFait
    « Il y a une cohérence avec ce que je vais faire à Marigny. »
  • 38:00E.Dupond-MorettiFait
    « Un seul. Vous dites non, et vous y allez. »
  • 40:00E.Dupond-MorettiFait
    « Formidable. Un grand moment. »
  • 42:00E.Dupond-MorettiFait
    « Ma mise en examen, les 30 000 articles qui ont été consacrés à ce dossier. »
  • 44:00E.Dupond-MorettiFait
    « Les Français considèrent que leur justice est laxiste. »
  • 46:00E.Dupond-MorettiFait
    « Le RN comme l'extrême gauche appellent à la démission du président de la République. »
  • 48:00L.SénéchalFait
    « Ce procès se termine bientôt. »
  • 50:00L.SénéchalFait
    « Quel regard porter sur ces 2 affaires ? »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

grâce à Schwarzkopf. Il a accordé un entretien exclusif à "Paris Match". - P.Cohen: Le RN va-t-il pâtir de la motion de censure? - A.-E.Lemoine: C'est l'objet de votre édito.

On en parle avec notre invité, D.Reynié, politologue, directeur général de Fondapol, fondation pour l'innovation politique. Lorrain? - L.Sénéchal: Hier, pour la seconde fois depuis 3 mois, les nerfs de G.Pelicot ont lâché. - P.Lescure: Il sera une oreille, mais aussi un oeil pour évoquer les textes qui ont influencé une armée de chanteurs de tous les pays.

Je vous présenterai un CD qui vient de sortir, il regroupe 25 de ces chanteurs qui sont un peu les enfants de B.Dylan. - A.-E.Lemoine: Nos invités pour "C à vous la suite": S.Kiberlain, pour le premier biopic consacré à la légende S.Bernhardt.

P.Katerine nous présentera enfin son nouvel album, "Zouzou", le nom de son chien. C'est un album formidable dans lequel il auto-célèbre son 56e anniversaire.

Une réflexion amusante et avec beaucoup de distance sur le temps qui passe. Le dîner est préparé par C.Dufossé.

Le chef et propriétaire du château de Beaulieu. Ce soir, de la langoustine au menu. - B.Chameroy: On va rajouter très peu de choses.

De la langoustine agrémentée de quoi? - C.Dufossé: De betterave.

Il y aura également de la truffe. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'édito de P.Cohen avec le RN.

Est-il gagnant ou perdant de la censure qui a fait tomber M.Barnier? - P.Cohen: Une question qui tourmente le RN depuis des semaines.

Faut-il continuer de menacer? Faut-il montrer sa puissance en montrant son alignement aux colères du moment en renversant la table. M.Le Pen a donné l'impression d'hésiter.

Dimanche, dans "La Tribune", elle déclare que la censure n'est pas inéluctable. Le lendemain, elle semble se satisfaire de la nouvelle concession que lui annonce le ministre sur le remboursement des médicaments. Elle ajoute: "Je vois J.Bardella au déjeuner et je vous rappelle." 14h15, elle rappelle et dit qu'elle veut les retraites en plus. "Le Canard enchaîné" de ce matin raconte comment J.Bardella aurait pesé pendant ce déjeuner en faveur de la motion de censure.

Première alerte dimanche dernier, second tour d'une législative partielle dans la première circonscription des Ardennes. Le député sortant de l'ex-majorité présidentielle, qui avait été balayé de plus de 3000 voix en juillet par un jeune candidat RN, qui a démissionné depuis, a gagné. En 6 mois, le RN a perdu plus de la moitié de ses électeurs malgré la venue de J.Bardella sur place et les messages de soutien de M.Le Pen.

M.Barnier et ses soutiens sont convaincus que la censure a fait perdre au RN un siège de député. 2e alerte, la colère des agriculteurs, dirigée depuis une semaine contre les députés qui ont voté cette censure et bloqué les promesses du gouvernement Barnier.

Une trentaine de permanences emmurées, dont la moitié de députés RN. - C'est une trahison. Ils sont venus sur l'exploitation.

Il travaille pour son parti, pour la politique. Ca nous dépasse. Maintenant, plus de gouvernement. - P.Cohen: Le RN peut être l'objet de colères sectorielles.

Enfin, le choc de la censure a provoqué un début de prise de conscience chez les forces politiques qui se disent prêtes à des compromis, qui ont accepté de venir en parler avec E.Macron à l'Elysée. Le RN doit-il se plaindre ou de se réjouir de ne pas avoir été invité? - J.Bardella: A chaque fois que la République nous a convoqués, on a répondu à son appel.

Cette inélégance m'est insupportable. - M.Le Pen: Je ne suis pas mécontente de ne pas avoir été invitée.

Ne souhaitant pas participer au gouvernement d'E.Macron, je n'avais rien à y faire. - P.Cohen: C'est fascinant.

On a les 2 lignes qui cohabitent, contradictoires, au sein du gouvernement. La respectabilité, la stratégie de la cravate qui prospère depuis 2 ans, et la victimisation, la posture antisystème du premier opposant. Quelle est la stratégie la plus profitable?

L'avenir nous le dira. Un éventuel accord de non-censure entre les partis réunis hier retire au RN son pouvoir de nuisance, sa capacité de réitérer ce qu'il a fait avec M.Barnier.

Ca le consacre en véritable parti d'opposition avec LFI. - A.-E.Lemoine: Dernier élément, un sondage. - P.Cohen: Qui semble contredire tout cela.

Des intentions de vote où M.Le Pen dominerait le premier tour de la tête et des épaules entre 36 et 38 % des voix. Sondage réalisé après le vote de censure. - A.-E.Lemoine: D.Reynié, le RN est gagnant ou perdant de cette motion de censure? - D.Reynié: Depuis les débuts, je pense qu'il a presque tout perdu.

On a peut-être un sondage qui nous dit autre chose. - A.-E.Lemoine: Que les militants ne semblent pas en tenir rigueur à M.Le Pen. - P.Cohen: Les sympathisants... - D.Reynié: Aux européennes, la liste menée par J.Bardella faisait 31 %.

On est dans ce niveau. Ca peut agréger momentanément des citoyens qui sont mécontents. Depuis la censure, ils ont l'impression que la classe politique ne fait pas son travail.

Elle se dispute, alors que l'affaire est grave. Cette enquête contient cela. Si nous avons un gouvernement qui, vaille que vaille, se met en place, commence à travailler sans faire de miracles, qu'il essaye de faire fonctionner le pays.

Là, on pourra faire une enquête pour voir où en est M.Le Pen. Ce que les Français veulent aujourd'hui, ce n'est pas un bouleversement, une révolution, ce n'est pas une rupture.

C'est que les affaires reprennent normalement. Mon sentiment, c'est qu'elle perd. M.Le Pen en particulier.

Dans l'édito de P.Cohen, il y a cette situation...

Je me demande si la situation dégradée de M.Le Pen ne va pas, au sein du parti, faire commencer à travailler l'idée d'une substitution assez rapide par J.Bardella. - P.Cohen: L'aléa judiciaire sera révélé dans quelques semaines.

Une décision importante, c'est le maire LR de Caluire-et-Cuire, dans la banlieue lyonnaise, qui a été condamné pour détournements de fonds. Il sera démis de tous ses mandats. Il est chef de file de l'opposition à la métropole de Lyon.

Mêmes délits et mêmes acteurs judiciaires que pour M.Le Pen. Une décision du tribunal judiciaire de Paris.

Il y a une jurisprudence qui s'installe pour tous les élus condamnés pour détournements de fonds. On peut penser que c'est de mauvais augure pour M.Le Pen. - D.Reynié: Oui.

Il faudra ensuite que l'on regarde l'effet sur l'opinion, qu'une décision de justice élimine une candidate majeure. - A.-E.Lemoine: Ca peut cristalliser... - D.Reynié: Oui.

Le RN, jusqu'ici, c'était un parti qui promettait un ordre ordinaire, sans révolution, l'autorité, les frontières, la sécurité...

Ca correspond à une demande forte et frustrée. Nous avons un parti qui a fait un tomber un gouvernement à qui les Français ne reprochaient pas grand-chose. C'est une façon de montrer que l'on n'ignore pas absolument le RN.

Quand il se met à voter, il y a des effets concrets. Le RN n'a pas raison de continuer à dire qu'on les ignore, qu'on les méprise. Les effets sont considérables.

On a une situation sans gouvernement. - A.-E.Lemoine: Hier, E.Macron a promis de nommer un Premier ministre dans les 48 heures.

Ce sera peut-être pour demain. Demain, le chef de l'Etat reviendra de son voyage en Pologne. Plus qu'un nom, c'est d'abord la méthode qui est cherchée. - D.Reynié: C'est la méthode pour former une équipe.

Une fois qu'on aura une équipe, quelle équipe pour quoi faire? Il faut que les gens qui nous écoutent sachent que nous n'avons pas de majorité parlementaire. Nous n'en aurons pas avant longtemps.

Nous n'avons pas d'élections. On ne peut pas s'en sortir avec une élection. A supposer qu'on ait une élection présidentielle...

L'Assemblée serait la même. Pas de solution parlementaire, pas de solution électorale. Et pour arranger le tout, pas d'argent.

C'est une configuration difficile. - A.-E.Lemoine: Pour que ça fonctionne, à gauche et à droite, il faut abandonner des réformes symboliques comme la réforme sur les retraites et la loi sur l'immigration? - D.Reynié: C'est un préalable, aujourd'hui.

Il n'y aura pas de gouvernement porteur de grandes réformes. Ce sont de grandes idéologies quand il y a une victoire électorale. Quand on a gagné sur un programme, on l'applique et on fait une grande loi.

Tout le monde a perdu. Il n'y a pas de raison de sortir une grande loi ou un grand projet. - A.-E.Lemoine: Un gouvernement a minima qui va voter un budget et expédier les affaires courantes. - D.Reynié: Je n'ai jamais cru au gouvernement technique.

Pour moi, c'est de la politique. Je préfère un gouvernement politique qui mène, de manière technique, les affaires du pays. Sans grande controverse qui fracture l'Assemblée à nouveau, qui fait pousser les ailes à ceux qui veulent censurer le gouvernement...

Il n'y a pas que LFI et le RN. Si on trouve 80 députés pour se joindre à une motion de censure, on recommence. On peut les trouver sans difficulté.

Il faut une vision très modeste... - A.-E.Lemoine: Voire immobiliste. - E.Tran Nguyen: Ce n'est pas très ambitieux. - D.Reynié: Pour éviter les situations catastrophiques qui nous attendent...

On a vraiment une situation budgétaire très mauvaise. Il ne faudrait pas que les marchés financiers considèrent que nous sommes sur une voie qui les inquiète plus que tout et augmente leurs taux d'intérêt. Ils nous obligent à emprunter moins et à faire des coupes.

Elles seraient brutales et personne ne voudrait les assumer. - E.Tran Nguyen: En attendant ce Premier ministre, O.Faure a rappelé ce matin qu'il voulait un Premier ministre de gauche.

Il a récusé le nom de F.Bayrou, le tout en ne fermant pas la porte. - O.Faure: On ne peut pas passer notre vie à dire "non".

Une fois qu'on a un pays bloqué, il y a une crise économique. Ceux qui en souffrent, ce sont les Français. Ma boussole, ce sont les Français. - E.Tran Nguyen: On a du mal à comprendre la posture d'O.Faure. "On veut ça, mais on ne dira pas 'non'à tout." Il faut monter les enchères? - D.Reynié: Nous sommes en plein parlementarisme.

Nous avons un chef de parti, O.Faure, qui doit s'adresser à l'opinion. Il pense à envoyer un message au président de la République, mais aussi à ses propres troupes. - P.Cohen: Quelques mois avant un congrès. - D.Reynié: "Je ne veux pas céder sur un Premier ministre de gauche.

Je vous représente, je suis dans le combat. Si ce n'est pas le cas, on verra pour la censure." Il ne dit pas qu'il censurera si le Premier ministre n'est pas de gauche.

Ce serait une destruction du projet de trouver un gouvernement. Il fait savoir à ses troupes qu'il est opposé à un Premier ministre qui ne serait pas de gauche, mais ce n'est pas une définition très claire. Ce sont toutes ces subtilités rhétoriques qu'il est devenu passionnant d'étudier aujourd'hui. - P.Cohen: Vous pensez que beaucoup de gens Se passionnent?

Je ne pense pas. - A.-E.Lemoine: La présence des socialistes, des communistes et des écologistes a fait réagir LFI. - M.Bompard: Si certains vont s'aventurer dans une grande coalition avec la droite et les macronistes, voire jusqu'à une participation à un gouvernement d'union nationale ou "d'intérêt général", comme a dit le président de la République, ce serait une fracture dans le NFP.

Je leur dis, "revenez à la maison". - A.-E.Lemoine: "Revenez à la maison".

J.-L.Mélenchon est plus clair: "Qui pense gagner un seul siège sans nous?" C'est une menace. - D.Reynié: C'est la menace qui pèse depuis le début.

Tout le mal vient de là. Il y a aussi les municipales en ligne de mire. Ca signifie aussi que J.-L.Mélenchon perd beaucoup de ses moyens.

S'il y a, de la part du PS, un retour à sa fonction historique...

Même depuis 1945, il a joué un rôle dans le gouvernement pour contribuer à la vie du pays et en particulier dans des moments très difficiles. Il a joué un rôle républicain pour aider le pays à tenir. Si le PS revient sur ce sillon-là, qui est le sien, pour J.-L.Mélenchon, c'est un échec définitif.

Sa stratégie, on l'a compris, c'est de faire une élection présidentielle au plus vite. Avec M.Le Pen, ils ont intérêt à essayer d'en organiser une en 2025.

Pas simplement pour les affaires judiciaires...

En 2025, on ne verra pas encore les effets négatifs de la motion de censure. On va commencer à les voir en 2026. On va avoir une loi spéciale qui va faire passer le budget de 2024.

Tout ça prendra du temps. La véritable fracture, ce sera après. Si l'élection présidentielle a lieu après 2025, ils auront perdu l'effet qui leur est attribué aujourd'hui.

Là, les gens ne sentent rien. Par contre, si ça commence à se dégrader, ce sera quelque chose qu'il faudra leur imputer. La route leur sera barrée.

Je pense que c'est très mal parti pour J.-L.Mélenchon.

Même à son âge...

On lui donne entre 10 et 13 %. - P.Cohen: Et un total de 25 pour la gauche. - D.Reynié: C'est un problème pour la gauche.

En s'émancipant, elle peut retrouver des électeurs qui sont allés sur la droite. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.

D'autres sujets d'actualité à vous soumettre, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une interview que tous les médias français rêvaient d'obtenir.

Le magazine "Paris Match" signe un très joli coup avec l'interview exclusive du futur président américain, de passage en France à l'occasion de la réouverture de Notre-Dame de Paris. Le milliardaire a rencontré la grand reporter qui a accepté de nous raconter les coulisses de cet entretien. - J'apprends à 23h, pour le lendemain, que l'interview est confirmée.

On se soumet à une fouille très soignée avec des chiens, une vérification du matériel photo. On n'a pas le droit de faire des photos au flash. On n'avait pas le droit de choisir l'endroit.

On rêvait de le faire dans le hall de l'ambassade américaine. Il y avait un joli sapin de Noël. Il était visible depuis l'extérieur.

Il y avait cette pression sécuritaire d'un côté. Moi, je savais Que j'avais un temps assez limité, une quinzaine de minutes en tout pour la photo et les questions. - M.Bouhafsi: La journaliste pensait devoir donner les questions à l'avance, au minimum...

Rien n'a été exigé, mais tout a été réglé au millimètre au sein de l'ambassade américaine, où a eu lieu l'entretien. Chaque détail compte pour D.Trump. - En arrivant, j'ai vu une assistante qui déposait fébrilement sur un coin de table des produits à son intention.

Il y avait des friandises, un rouleau pour enlever les pellicules sur la veste. Je redoutais la poignée de main, qui peut être vigoureuse. Là, il a été plutôt délicat.

Je l'ai trouvé plus tempéré, plus calme que ce qu'on a pu voir. Je ne savais pas dans quel état il serait, s'il serait excité, pressé, contrarié...

Il avait l'air hyper content de son passage à Paris. - M.Bouhafsi: L'entretien tournait autour de Notre-Dame et le lien du président américain avec la cathédrale.

Une visite qui lui a permis de réaliser un nouveau buzz. D.Trump s'est servi d'une photo où la femme de J.Biden lui sourit à peine pour promouvoir son eau de Cologne.

Il a posté ce message sur son réseau social. Une publication qui a fait réagir. ... - M.Bouhafsi: Plus sérieusement...

Une autre phrase de l'interview de D.Trump a eu un écho important du côté de Kiev. Si le leader a expliqué que le problème syrien ne le concernait pas, il a redit qu'il comptait régler la situation en Ukraine. - Oui.

Il l'a réaffirmé tout en ne nommant jamais la guerre. Il y a eu le mot "problème". "Problème" entre V.Poutine et V.Zelensky. - M.Bouhafsi: Dès son retour aux Etats-Unis dimanche, D.Trump a continué ses fameuses nominations.

Il a nommé Kimberly Guilfoyle, ambassadrice en Grèce. Il y a une base militaire américaine. D.Trump a choisi cette fidèle alliée qui s'était illustrée par ses discours enflammés pendant la campagne. ... - A.-E.Lemoine: Pourquoi elle nous dispute? - M.Bouhafsi: Voici la future ambassadrice américaine en Grèce.

Depuis l'élection de D.Trump, un homme s'était fait discret. J.Biden est sorti de sa réserve pour une conférence de presse autour de son bilan économique.

Il a fustigé le futur programme de D.Trump. ... - M.Bouhafsi: Quand on entend D.Trump dire que la Syrie, ça ne le regarde pas et qu'il va baisser l'aide américaine en Ukraine, on peut être très inquiets pour l'après-janvier? - D.Reynié: A ce jour, oui.

Son équipe peut l'amener à mieux comprendre la situation. L'Ukraine, c'est maintenant aussi l'affaire des Coréens du Nord. Ca a aussi à voir avec la Chine.

Les Américains ne peuvent pas se détacher de tout. - P.Lescure: Sur fond de tensions mondiales et de craintes d'un accord sur le Mercosur, les agriculteurs multiplient les actions et manifestations.

Exemple aujourd'hui au nord et au sud de la France. - Très tôt ce matin, sur l'A62, à Toulouse, l'action menée par la Coordination rurale s'est transformée en affrontement avec les gendarmes. Dans le Pas-de-Calais, c'est un convoi d'une centaine de tracteurs qui a pris la direction d'un péage proche du tunnel sous la Manche. - Notre viande va être concurrencée par de la viande produite pour moins cher, qui sera importée en masse. - Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

On va essayer de se rallier à d'autres pays européens qui partagent les mêmes points de vue que nous sur cette méthode européenne employée. - P.Lescure: Les agriculteurs manifestent depuis janvier dernier.

Il y a maintenant un vrai risque d'embrasement. Si le nouveau gouvernement ne s'attaque pas rapidement à leurs problèmes, si les mesures déjà décidées ne sont pas confirmées, il faudra accélérer le calendrier. Aujourd'hui, tout est gelé par rapport aux promesses faites.

Ce sera un dossier prioritaire? - D.Reynié: Oui.

Les agriculteurs ne peuvent pas attendre les aides promises. C'est une corporation qui, depuis toujours, ne peut pas faire grève. Elle est obligée de faire des actions coup-de-poing, bloquer et aussitôt, retourner sur les terres. - A.-E.Lemoine: Merci.

Merci d'être venu ce soir sur le plateau de "C à vous". "J'avais une vie avant, j'aurai une vie après." C'est ce qu'avait lancé E.Dupond-Moretti au moment de transmettre les sceaux de la République à D.Migaud, qui lui succédait le 23 septembre dernier au ministère de la Justice.

Poste auquel il avait dit oui 4 ans plus tôt et qu'il quittait très ému. - E.Dupond-Moretti: J'ai travaillé ici plus de 4 ans.

Alors que les Cassandre prédisaient 4 semaines. Je laisse entre ces murs, comment le dire, beaucoup de "moi". Mais doutes, mes réflexions, mes convictions...

C'est avec beaucoup d'émotion que je quitte mes fonctions et les gens qui m'entourent. Je vous transmets les sceaux de la République. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Merci de votre présence pour nous parler de votre vie d'après. Un spectacle de 1 heure 30 mis en scène par P.Lellouche à partir du 1er février prochain au théâtre Marigny.

Vous allez partager votre expérience de ministre. Un poste auquel vous avez dit oui. Avant de dire oui, vous aviez toujours dit et pensé et non.

Rien que l'idée vous semblait "saugrenue, incongrue, invraisemblable et sotte". - E.Dupond-Moretti: Je ne pensais jamais qu'on me le proposerait. - A.-E.Lemoine: Une idée complètement sotte? - E.Dupond-Moretti: Ce sont des résumés auxquels vous ne m'avez pas habitué.

C'était une idée qui me paressait impossible dans sa réalisation. - A.-E.Lemoine: "Il faut en avaler, des couleuvres, pour faire de la politique.

Il faut manger son chapeau. Je n'ai pas les compétences." Vous avez mangé combien de chapeaux? - E.Dupond-Moretti: Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Quand le président de la République m'a proposé d'être garde des Sceaux, j'ai dit oui sans l'ombre d'une hésitation. Peut-être que le temps était venu. J'avais fait beaucoup d'avocatures.

J'avais une connaissance charnelle de la justice. Je ne regrette rien. - A.-E.Lemoine: Pas d'avoir accepté, mais un peu quand même d'avoir quitté ce poste un peu trop tôt, à regret? - E.Dupond-Moretti: Il y avait des textes en préparation.

J'espère qu'ils seront repris par mon successeur. Vous quittez aussi un mode de vie. Je suis resté plus de 4 ans à la chancellerie.

C'est un des records. Vous quittez des gens avec lesquels vous avez travaillé. Vous les avez aimés.

Il y a tout le personnel qui était en larmes, ce jour-là. Ca me touche beaucoup. Je suis resté en contact avec eux. - P.Cohen: Mais combien de chapeaux et combien de couleuvres?

Vous n'avez pas répondu. - E.Dupond-Moretti: Un seul.

Vous dites non, et vous y allez. - P.Cohen: Et dans l'exercice ministériel? - E.Dupond-Moretti: C'était assez libre.

J'ai renoncé à un certain nombre de choses. Il y a la solidarité gouvernementale. Si on est assis à la même table du Conseil des ministres, que vous êtes totalement en opposition avec moi, il faut que l'un de nous transige.

J'ai transigé, parfois. Avec G.Darmanin, j'ai eu des différends.

Nous avons eu l'élégance, lui et moi, de ne pas mettre ces différences sur la place publique. - P.Cohen: Ca n'a pas été montré. - E.Dupond-Moretti: Il y a eu des divergences de vocabulaire.

Il avait dit "ensauvagement". Ce n'est pas un mot que je reprends à mon compte. Les journalistes ont polémiqué pendant des semaines.

Ne soyez pas dubitatifs. - P.Cohen: Pas des semaines... - E.Dupond-Moretti: Ca fait annoncer des choses importantes pour le monde de la justice.

On me disait: "Monsieur le ministre, il ne fallait pas utiliser ce mot..." - A.-E.Lemoine: Ca compte, les mots, en politique. - E.Dupond-Moretti: C'est le buzz qui compte.

C'est une des difficultés du travail de ministre. - A.-E.Lemoine: Que vous allez évoquer sur scène.

Pourquoi c'est important d'évoquer la réalité et les difficultés de ce métier, de cette fonction? Elle est méconnue? Mal considérée?

Elle souffre de clichés? Lesquels aviez-vous sur cette fonction? - E.Dupond-Moretti: Il y a une cohérence avec ce que je vais faire à Marigny.

Vous avez construit et joué un premier spectacle sur ce qui est la vie d'avocat et sur ce que sont les coulisses du métier d'avocat. Lorsque j'étais ministre, j'ai souhaité que la justice soit filmée pour qu'on la connaisse mieux. - A.-E.Lemoine: C'est l'une des réformes dont vous êtes très fier. - E.Dupond-Moretti: Oui.

C'est pourquoi on évite les clichés. Je me suis dit: "Qui sait réellement ce que c'est que le travail de ministre?" Autour de cette table, si je vous le demande?

On travaille combien d'heures? Quels sont les stress? Quels sont les renoncements?

Quels sont les moments de joie, de désespérance? Je veux le faire sur une tonalité profonde mais avec beaucoup d'autodérision. - A.-E.Lemoine: Un exemple de joie, l'inscription de l'IVG dans la Constitution? - E.Dupond-Moretti: Formidable.

Un grand moment. La cérémonie qu'on a mise en place place Vendôme, ce moment où il faut tourner cette machine pour que le sceau de la République soit apposé au bas du texte, c'est une très grande émotion. Au-delà de ce que j'ai pu ressentir à titre personnel, une grande avancée pour la liberté des femmes. - A.-E.Lemoine: Les désespérances?

Vous avez cité les joies. Les désespérances? - E.Dupond-Moretti: Ma mise en examen, les 30 000 articles qui ont été consacrés à ce dossier.

Il y en a une dizaine qui consacrent et qui respectent la présomption d'innocence. Autre désespérance... - A.-E.Lemoine: La Cour de justice de la République vous a acquitté. - E.Dupond-Moretti: Bien sûr.

Il a fallu le vivre. Ca n'était pas facile. Autre désespérance, je regarde certains plateaux de télévision et je vois les experts.

Il y a des experts en tout. "Il y a qu'à, il faut qu'on..." On a envie de leur dire de prendre les clés, "allez-y".

Je connais quelques animateurs et je me demande pourquoi ils ne demandent pas à devenir Premier ministre. On les reconnaîtra sur scène. - P.Cohen: Sur quels thèmes? - E.Dupond-Moretti: Sur tous les thèmes.

Les Français considèrent que leur justice est laxiste. Ce n'est pas vrai. Je l'ai dit à de nombreuses reprises.

Pourquoi ne retient-on pas cela? Les chiffres le démontrent. L'extrême droite se sert de cela.

On inverse les choses en disant: "Puisque la justice est laxiste, elle génère de la délinquance." Ca mérite des mots d'explications. Je tiens à préciser que je ne vais pas là pour faire de la politique.

Je ne fais pas de meeting. Tout le monde connaît mes opinions. Je n'y vais pas pour faire une psychanalyse qui serait destinée à régler je ne sais quelle difficulté de l'après-ministère.

Je veux être pédagogue. Je voudrais que les gens qui viennent me voir sortent en se disant: "Ce n'est pas si simple que ça. C'est vrai qu'on critique beaucoup les élus." Si vous me permettez une formule, j'aimerais que les gens qui viennent voir puissent quelques instants endosser le costume de ministre. - A.-E.Lemoine: Et vivre de l'intérieur les coulisses de cet exercice périlleux, celles des questions au gouvernement, quand les ministres répondent aux députés en direct à la télévision.

Vos 1ers pas dans l'Hémicycle, c'était un baptême du feu et un bizutage. - E.Dupond-Moretti: J'ai dit que je n'accepterais pas cette tâche.

On va mettre un terme définitif...

Je vous en prie...

C'est compliqué pour moi. C'est une première. Applaudissements.

J'ai un sens aigu du contradictoire et du respect de la parole de l'autre. J'aimerais que vous me laissiez m'exprimer. Est-ce qu'on décompte les interruptions? - On souffre en silence. - A.-E.Lemoine: 36 ans de prétoire, vous étiez comme un bleu? - E.Dupond-Moretti: Oui.

Je n'avais pas été préparé. Je ne savais pas qu'il y avait beaucoup de hurlements. - P.Cohen: De plus en plus. - E.Dupond-Moretti: Des invectives, des injures... - A.-E.Lemoine: Ca vous a gêné? - E.Dupond-Moretti: Evidemment.

Je rentre très ému. Je suis ministre depuis 2 jours. Je pense à V.Hugo, à G.Clemenceau, à J.Jaurès...

Je suis bouleversé. Tout le monde hurle. Je me dis que c'est le stade Vélodrome.

Je ne sais pas que c'est 2 minutes. 2 minutes, pour traiter un sujet, c'est compliqué. J'ai adoré le travail en commission, j'ai adoré travailler dans l'Hémicycle quand on discutait des textes.

L'éloquence, je ne veux pas être pédant, mais c'est ce que je savais faire en tant qu'avocat. En 2 minutes, c'est impossible. Ce sont pas les mêmes façons de s'exprimer.

Je me retrouve groggy. J'en appelle à la bienveillance de R.Ferrand qui est devenu un ami très proche.

Il était président de l'Assemblée nationale. Beaucoup d'humour, beaucoup d'esprit. Il a cette formule "on souffre en silence".

Je l'ai appris par la suite. - P.Cohen: Vous parlez de vos convictions.

Il y en a une qui vous caractérise: le combat contre l'extrême droite. C'est l'un des moteurs qui vous a fait entrer en politique et dans ce gouvernement. Vous avez décidé en 2021 de vous présenter aux régionales dans le Pas-de-Calais.

On a un instantané de campagne. - E.Dupond-Moretti: Vous avez nos tracts?

Vous me donnez un petit bout? Qu'est-ce qui est honteux? - La justice est mal faite.

Il faut remettre la peine de mort. - E.Dupond-Moretti: Je suis un être humain comme vous.

Si ça touche ma famille, c'est une catastrophe. - On tue, ils sont relâchés. La justice est pourrie.

Comme le gouvernement. - E.Dupond-Moretti: Ah...

Pas la peine que je vous donne un tract. - P.Cohen: On parlait des gens convaincus que la justice est laxiste.

Vous n'avez pas convaincu. Vous avez moins de 10 % des voix. Comment vous l'analysez, avec le recul?

Campagne ratée? Inadéquation entre vous et la population du territoire? - E.Dupond-Moretti: Vous avez pris un exemple.

C'est facile, monsieur Cohen. C'est le pire. Je débarque sur un marché pour cette 1re fois que je fais un marché.

Il y a une brave dame qui choisit une botte de poireaux. Il y a tous les journalistes avec les caméras. Je lui dis: "Bonjour, madame.

Je suis garde des Sceaux." Elle me dit qu'elle n'en a rien à foutre. - P.Cohen: Votre score... - E.Dupond-Moretti: Il n'est pas bon.

Si je vous dis que c'est un succès...

Vous allez m'apporter la contradiction. Ca fait partie des gens qui ont à l'esprit le fait que la justice est laxiste. Ils veulent rétablir la peine de mort.

Comment vous luttez contre ça? Si vous avez la solution...

Je l'évoque au théâtre. J'évoque la difficulté que l'on a parfois à passer un certain nombre de messages forts. Quand on a les convictions qui sont les miennes et qu'on est confronté à cette dame et à d'autres, c'est très difficile, monsieur Cohen. - A.-E.Lemoine: Le RN que vous combattez est sorti renforcé après la dissolution.

Pourtant, vous continuez, cette dissolution que personne n'a compris, à dire qu'il fallait la faire. - E.Dupond-Moretti: Oui.

Le gouvernement dans lequel j'ai eu l'honneur d'appartenir serait tombé. Quand le président de la République a dit qu'il souhaitait dissoudre parce que nous allions dans la dissolution, il avait raison de le dire. Ensuite, ce qu'on lui reproche...

On lui reproche tout. La presse est loin d'être tendre avec lui. - P.Cohen: Les Français aussi. - E.Dupond-Moretti: Les Français sont aussi nourris par ce que vous dites, par ce que vous écrivez. - A.-E.Lemoine: On peut leur faire le crédit de penser par eux-mêmes. - E.Dupond-Moretti: J'entends bien mais ils vous écoutent, ils vous regardent.

S'il hésite, on lui dit que c'est Jupiter. S'il donne la parole aux Français, ça ne va pas non plus. Il a donné la parole aux Français.

Le président Macron est responsable à hauteur de 1,66 millionième. Il a une voix dans l'urne, comme vous, comme vous et comme moi. Ce sont les Français qui ont choisi de renforcer Mélenchon, M.Le Pen, Chavez, B.Al-Assad...

J'entends des choses qui devraient marquer les Français. B.Al-Assad, ils sont tous emmerdés, au RN.

J'ai vu J.Odoul dans une émission qui disait: "Non, personne de chez nous n'est allé voir B.Al-Assad." C'est faux.

Il y a une attraction pour les dictateurs côté RN. C'est Bachar, Saddam Hussein, l'actuel dirigeant russe. - E.Tran Nguyen: On exagère un peu en comparant le RN à ces dictateurs? - E.Dupond-Moretti: Ce n'est pas ce que j'ai dit. - E.Tran Nguyen: Chavez, B.Al-Assad... - E.Dupond-Moretti: Je revendique la nuance.

J'ai dit que l'une des références géopolitiques de Mélenchon était Chavez. L'une des références de madame Le Pen, c'était Bachar. Aujourd'hui, ils l'ont complètement oublié.

J'ai travaillé en majorité absolue et relative. En relative, on avait avancé beaucoup de textes. Le bilan, en matière de justice, je ne vais pas le vendre, ce n'est pas le lieu, mais il y a beaucoup de choses qui ont été faites.

Ca a été fait avec des communistes, des socialistes, LR, le groupe présidentiel. C'est une réalité. Aujourd'hui, il faut que Les Républicains embarquent.

Il est urgent que la France puisse avancer. Madame Le Pen, qui veut incarner l'ordre, a choisi la dissolution. Pourquoi? - A.-E.Lemoine: La censure. - E.Dupond-Moretti: La censure, vous avez raison.

Je m'emballe. Pourquoi? Il y a des risques judiciaires.

Elle les craint. Le RN comme l'extrême gauche appellent à la démission du président de la République. Il a été élu très largement en 2022 et son mandat s'achève en 2027.

Voilà. Je ne pensais pas parler politique ce soir. Je ne suis plus ministre, monsieur Cohen.

Je ne suis plus garde des Sceaux. Je vais expliquer à des gens qui souhaitent connaître un peu mieux notre vie politique, ce que c'est que d'être ministre au quotidien. - E.Tran Nguyen: Vous apparaissez assez décontracté sur l'affiche de votre pièce.

On vous a connu en robe d'avocat. Vous avez même fait un road trip à moto en Italie avec votre teckel, Jean-Claude. Quand on voit ça, on se demande si vous avez vraiment tourné la page?

Vous la défendez beaucoup. - E.Dupond-Moretti: Qu'est-ce que vous voulez que je dise?

Je pensais avoir un journaliste culture en face de moi. Vous voulez que je réponde quoi, monsieur Cohen? - A.-E.Lemoine: Il n'y a que monsieur Cohen qui a posé des question?

Je pensais vous en avoir posé 2 ou 3. Peut-être que je suis transparente. - E.Dupond-Moretti: Mais non...

Je vous ai répondu. Je suis un garçon courtois. La politique m'intéressera toute ma vie.

Pour le moment, c'est terminé. C'est un certain nombre d'idées. La page est tournée.

Il y eu la politique. J'ai adoré ce que j'ai fait. Je l'ai fait passionnément.

Je suis resté 4 ans et 2 mois. Là, c'est un mode d'expression, le théâtre, que j'aime. Ca correspond à ce que je faisais quand j'étais avocat que je plaidais devant le jury.

Ca sera drôle. - A.-E.Lemoine: A partir du 1er février 2025 au théâtre Marigny.

Vous restez avec nous. On a des sujets d'actualité à vous soumettre. - E.Dupond-Moretti: Il n'y a pas un coup à boire? - A.-E.Lemoine: Vous revenez sur 2 procès emblématiques de violences faites aux femmes. - L.Sénéchal: Les plaidoiries s'arrêtent vendredi. 51 accusés en tout, dont D.Pelicot, jugé pour avoir drogué et violé pendant 10 ans sa femme avant de la livrer à des dizaines de violeurs.

L'une des avocates de la défense a suggéré qu'elle aurait pu être consentante. G.Pelicot a quitté la salle d'audience hier pour la 2e fois depuis le début du procès qui a commencé depuis plus de 3 mois.

La journaliste de France Bleu était dans la salle. - C'est une avocate avignonnaise qui a plaidé. Elle dit qu'elle la voit réagir, sur la vidéo.

Elle dit qu'elle a eu un mouvement de bassin pour se repositionner. C'est quand elle a utilisé cette phrase que G.Pelicot, on l'a sentie très agacée et exaspérée.

Elle s'est levée en silence. Elle n'a pas dit un mot et a quitté la salle. Elle a entendu énormément de choses.

Elle n'a jamais quitté la salle. Le fait qu'elle se lève a stupéfait. - L.Sénéchal: En refusant le huis clos, G.Pelicot est devenue une icône, au point d'être désignée personnalité féminine de l'année par les 18-30 ans au journal "20 Minutes".

Elle figure parmi les 100 femmes les plus influentes sur la BBC qui a interviewé hier soir en anglais son avocat. ... - L.Sénéchal: Ce procès se termine bientôt.

Une autre affaire emblématique était jugée ces 2 derniers jours à Paris. A.Haenel est sortie de ses gonds et a quitté la salle d'audience face à la parole de celui qu'elle désigne comme son agresseur, C.Ruggia, quand elle avait 12 ans.

Ca lui semblait insupportable. - C.Ruggia a pendant longtemps évoqué qu'il était tombé fou amoureux de sa jeune actrice.

A partir du moment où il a commencé à se défendre en 2019, il a accusé A.Haenel d'un comportement lascif, lubrique, digne d'une actrice porno. Il a dit cela d'une enfant de 12 ans. - L.Sénéchal: 5 ans de prison dont 2 ferme requis contre C.Ruggia.

Quel regard porter sur ces 2 affaires, vous qui avez plusieurs fois exprimé, avec des mots qui ont pu choquer, que le mouvement MeToo était allé trop loin? Vous avez parlé de ces femmes qui regrettent de ne plus se faire siffler. Vous avez parlé de femmes qui racontent des conneries et engagent l'honneur d'un homme qui ne peut plus se défendre. - E.Dupond-Moretti: Vous dénaturez les propos qui ont été les miens.

La défense, c'est la défense. Le propos que j'ai tenus et que vous avez dénaturés, je les ai tenus en défendant un homme qui a été acquitté. J'avais dit qu'il était arrivé que des femmes accusent des innocents.

Il faut l'entendre. Quand j'étais ministre, j'ai voté un texte que j'ai porté avec enthousiasme pour dire qu'en deçà de 15 ans, on ne doit pas dire d'une victime qu'elle était consentante. J'en suis fier.

Je ne vais pas commenter. G.Pelicot a souhaité que le huis clos ne soit pas ordonné.

Elle avait le droit de le faire. C'était pour expliquer ce qu'elle avait vécu et ce que pouvait être la soumission chimique. De ce point de vue, c'est une découverte pour beaucoup de nos compatriotes.

Sur le mouvement MeToo, ce que j'ai dit, vous avez dénaturé mon propos. J'ai dit que c'était extraordinairement...

Je n'ai jamais dit cela. J'ai écrit le contraire. J'ai dit que MeToo était formidable que la parole de la femme soit enfin libérée.

Attention. Une parole doit passer par le filtre de l'institution judiciaire. Il ne suffit pas d'accuser pour avoir raison.

L'accusation doit être prise en considération. Avec le ministre de l'Intérieur, G.Darmanin, on a fait plein de choses pour mieux former les magistrats et les gendarmes pour recueillir la parole.

On prend en considération la parole. Pour autant, ce n'est pas parce qu'une parole est dite qu'elle est une vérité. Il faut qu'il y ait tout un travail.

Dans ce travail, il y a le contradictoire. Sur le 1er sujet, pardon, mais...

L'avocate qui raconte que madame Pelicot était consentante... - A.-E.Lemoine: Ces débats se font dans le cadre d'une plaidoirie de la défense. - E.Dupond-Moretti: Je ne vais pas assumer toutes les plaidoiries du monde.

J'assume les miennes. Je souhaite qu'on ne les dénature pas. L'avocat dit ce qu'il veut.

Les juges et les commentateurs disent ce que vous venez de dire. - L.Sénéchal: Je n'ai pas dit que vous aviez un quelconque soutien. - E.Dupond-Moretti: A juste titre.

Le principe, c'est que la parole est libre. La liberté a toujours pour corollaire un certain nombre de dérapages. C'est comme l'indépendance de la justice.

La justice est indépendante. Parfois, dans cette indépendance, il y a des décisions qu'on a du mal à comprendre. - E.Tran Nguyen: Vous avouez quand même que la justice avait des efforts à faire. - E.Dupond-Moretti: Bien sûr.

En termes de rapidité de la justice, on a mis en place la justice amiable en matière civile, pour aller plus vite. La justice est trop lente. - A.-E.Lemoine: On a longuement parlé de "J'ai dit oui!", au théâtre Marigny. - P.Cohen: Un meeting payant. - E.Dupond-Moretti: Non, ce n'est pas un meeting.

C'est mon producteur qui fixe les prix.