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interviewSud Radio (sur YouTube)· 1 juillet 2025 25 min

Aurore Bergé - "2027 : Il faudra passer par une primaire"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, l'invité politique Jean-Jacques Bourdin. Avec nous, Aurore Berger qui est ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Auror Berger, bonjour.

Bonjour. Merci d'être avec nous. Notre combat pour la République chez Robert Lafon, c'est votre livre hein.

No combats pour la République et bien nous allons en parler. Aurore Berger. Mais je je voudrais commencer aujourd'hui avec cette fameuse, enfin fameuse non la reine de fameuse d'ailleurs, la motion de censure PS qui est déposée, qui est soumise au vote après l'échec du conclave des retraites qui va voter.

Est-ce que François Bairou et le gouvernement seront sauvés par le Rassemblement national ? C'est pas une question d'être sauvé par le Rassemblement national. on sait qu'on est en permanence soumis au risque de la censure de la part des parlementaires.

La question elle est posée aux députés, c'est-à-dire est-ce qu'ils veulent s'allier entre eux pour faire tomber le gouvernement, à quel prix, pour quelle conséquence ? La précédente censure, elle nous a fait perdre 3 mois, 3 mois d'action. Moi, je le vois concrètement dans mon ministère, des associations qui ont attendu des financements parce que tant que le budget il était pas définitivement adopté, ben je pouvais pas sortir un seul euro.

Donc on a perdu du temps, on a perdu de l'argent, on a perdu des milliards d'euros qu'on aurait pu investir ailleurs du fait de la censure. Donc il faut quand même avoir en tête la responsabilité qu'on a quand on appuie sur le bouton. Puis après, ce qui est un peu triste presque avec le Parti socialiste, c'est qu'ils ont annoncé de toute façon cette motion avant même de savoir si le conclave sur les retraites allait permettre des avancées ou pas.

C'est-à-dire qu'ils ont pas cru que ça pouvait fonctionner. Ils ont même espéré que ça ne fonctionne pas. Et ça, je vois pas bien quand on est un parti de gouvernement, quand on aspire à gouverner, quand on est supposé vouloir travailler avec les partenaires sociaux, leur dire en fait peu importe la copie que vous allez rendre, nous notre souhait c'est de s'enserger et ça c'est la politique, c'est la présidentielle qui s'annonce à l'horizon et qui est aujourd'hui qui aujourd'hui bouleverse tous les positionnements politiciens.

Vous le savez bien. Oui, je pense que c'est une erreur. Je pense que c'est une erreur parce que je vois pas je pense que les Français aujourd'hui, ils attendent qu'on soit au travail tout de suite et maintenant.

On a le droit d'avoir de l'ambition. Il m'arrive d'en avoir aussi. Ilêche, il n'empêche qu'il reste 2 ans et que on peut faire des choses pendant ces 2 ans.

Moi les Français que je rencontre sur le terrain ils me disent pas "Écoutez, vous savez quoi ? On met le pays sous cloche pendant 2 ans et puis on verra à la présence dis non les problèmes c'est tout de suite maintenant que vous avez à les régler. Donc vous vous débrouillez à Paris mais vous réglez les problèmes et vous travaillez ensemble pour les régler.

Sous cloche, nous verrons bien, il y a un budget qui bah se profile à l'horizon. Là aussi, il y aura un risque de censure évidemment. Là, le RN ne cache pas que la censure est fort probable.

Nous verrons bien, hein. Je veux pas faire de politique fiction aussi projet. Parce que nous on dit on dit une chose simple, c'est que on a un argent public et un argent public est devenu rare.

Les Français eux-mêmes le disent en disant à un moment il va falloir faire attention, il faut faire attention dès maintenant à la dépenses publiques. Donc il faut qu'on arrive à faire 45 milliards d'économie, pas pour se faire plaisir. 45 milliard doit se serrer la ceinture.

Mais l'État doit serrer la ceinture parce que c'est une nécessité parce qu'à la fin on ne saura plus. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui le coût de la dette, la charge de la dette dans notre pays, c'est l'équivalent du budget de la défense. Chaque année, on paye en intérêt de dette l'équivalent du budget pour nos armées.

Donc vous imaginez ce qu'on pourrait faire de différent si on gérait mieux. Donc ça c'est notre responsabilit mieux, c'est votre responsabilité collectif parce que si à la fin il nous censure, si à la fin il nous censure, c'est quoi l'alternative pour le RN ? Parce que s'il reviennent uniquement avec toujours leur même marode de dire quoi ?

On va supprimer l'AME. Très bien. Supprimer l'AME c'est pas 45 milliards d'euros d'économie et en plus d'ailleurs, ça aurait beaucoup de conséquences sociales et sanitaires derrière au-delà des l'enjeu moral.

Donc vous voyez bien qu'à un moment ce serait bien aussi que chacun joue carte sur table. Nous gouvernement on joue carte sur table. On reçoit tous les partis politiques, on reçoit tous les groupes politiques.

On va remettre une copie mi-juillet, ce qui ne s'est jamais fait pour dire concrètement voilà ce que nous nous souhaitons faire. Allez remettre une copie mi-juillet. On attend demain je recevrai à votre place Amélie de Monchalin qui est ministre du budget.

Donc la copie elle la connaît puisquelle y travaille dessus. Elle y travaille pr ministre aussi l'ensemble du gouvernement. Et donc du coup moi ce que j'attends c'est que les oppositions nous disent OK si on ne veut pas de votre copie c'est quoi l'alternative ?

Alors qu'est-ce qu'il y aura dans la copie ? Année blanche année blanche ou pas ? Bah moi j'y suis favorable.

Je suis favorable parce que je pense qu'il y a pas de raison que par principe quoi qu'il arrive chaque année tous les minimas sociaux soient revalorisés à part sans doute la question du handicap parce que ça minim c'est pas ça qui va réduire la dette hein c'est pas une mesure structurelle non mais ça réduit la dépens mais je pense qu'on s'est habitué mal habitué à considérer que on avait une forme d'argent public qui était un argent public magique comme si l'argent public poussait sur les arbres c'est pas le cas à la fin cet argent public, on le paye. On le paye parce que ce sont les impôts des Français, on le paye parce qu'on s'endettete et on ne peut plus s'endetter et on ne peut pas augmenter la fiscalité sur les français. Mais les blanches, ça appauvrit certains français.

Non, ça n'apauvrit pas. C'est juste que ça n'augmente pas en permanence les minimas sociaux. Donc on n'auvrit pas.

On pas mais parce qu'on a beaucoup protégé, on a eu raison d'ailleurs de protéger les retraités. Mais vous voyez, on peut pas à chaque mesure d'économie nous dire "Celle-ci faut pas la faire parce qu'à la fin, on en fait aucune. Parce qu'on trouvera toujours Jacques Bourdin mesure qui n'est pas consensuel." L'année blanche, ça va être l'une des mesures.

Moi en tout cas, on est en train d'en discuter au sein du gouvernement. Moi, je peux vous dire que je pense que j'y suis enfin moi j'y suis favorable. Je pense que c'est une nécessité aujourd'hui au regard de l'enjeu qui est devant nous.

Et je pense que justement comme on a le risque d'être censuré dès le mois d'octobre ou le mois de novembre pour le budget, je pense qu'il faut prendre des risques. Moi, je préfère qu'on soit courageux, quit être censuré plutôt que à apparaître comme une forme de l'acheter juste pour durer. Je préfère qu'on ait du courage.

Une taxe sur les plus riches, sur les très riches. Moi, je suis pas favorable à augmenter la fiscalité en général parce que s'il y a bien quelque chose qu'on a réussi même sur les plus riches. Ça veut dire quoi les plus riches ?

Mais je ne sais pas moi très rist jamais la même bar ex personne n'a jamais le même barê pour dire qui sont les riches et très riches et moi ce que je pense c'est que l'attractivité de notre pays elle est pas tombée du ciel ça fait 8 ans 8 années consécutives qu'on est redevenu le pays le plus attractif d'Europe. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça recrée des emplois.

C'est des gens qui ont retrouvé de l'emploi et pas que dans les grandes métropoles qui ont retrouvé de l'emploi dans tous les territoires. On a recréé de l'emploi industriel. Tout ça, ça vient d'où ?

Ça vient du fait que les grandes entreprises se sont dit en France on peut revenir, on peut investir, on peut créer de l'emploi parce qu'on n pas peur demain que ça change, que la règle change, que la norme change, que la fiscalité change. Si on change en permanence les règles, les boîtes, elles viendront pas. Elles iront dans les pays qui sont plus frais.

Et ce qui est très intéressant, c'est que vous assumez le bilan d'Emmanuel Macron. Je vais en parler tout à l'heure depuis le début. D'ailleurs, c'est vrai que vous n'avez pas varié.

Quelques mots sur les économies possibles. On ne touche pas aux ALD les infections de de longue durée, le remboursement. Non, mais je pense que là-dessus, il y a pas de raison honnêtement qu'on qu'on les bouge parce qu'on est face à des à des Français qui sont considéré comme étant dans des dans des pathologies suffisamment graves.

Par contre, on va au bout sur par exemple la question des taxis. Désolé, je sais que ça les bouscule mais à un moment la question des taxis sanitaires par exemple, c'est des milliards d'euros chaque année. Des milliards d'euros chaque année.

Donc à un moment oui, je pense qu'il faut aller au bout. C'est une mesure courageuse qui a été annoncée. Peut-être qu'elle ne fait pas plaisir à ceux qui sont concernés, mais moi je considère que là on a atteint des seuils, des niveaux qui sont bien trop élevés dans la dépense et donc on doit faire attention à la dépense.

On ne supprime pas le crédit d'impôts particulier. Je pense qu'on peut regarder dans le détail le crédit d'impôt particulier. Moi, je suis très vigilante parce que le crédit d'impôts particulier notamment, il permet aux femmes de travailler et il embauche beaucoup de femmes.

Donc moi, je suis extrêmement vigilante là-dessus parce que qui vient chez vous pour faire le ménage, qui vient chez vous pour s'occuper des enfants, c'est massivement des femmes et des massiv et en plus qui prennent soin personnes âgées des personnes dépendantes. Après, est-ce qu'on peut regarder est-ce qu'on peut regarder sur la question d'un coach sportif ? Est-ce qu'on peut regarder sur le fait qu'il y a un jardinier qui vienne ?

Est-ce que moi est-ce que moi à 38 ans par exemple qui gagne bien ma vie, est-ce que j'ai besoin d'avoir un crédit d'impôts pour que quelqu'un tourne ma pelouse ? Est-ce que c'est au français de le payer ? Bah je crois pas.

Voilà. Est-ce que par contre s'occuper d'une d'une personne d'une personne de 80 ans bah ou en fonction du du type du type de de métier qui sont qui sont concernés ? C'est moi je pense qu'il faut regarder de manière un peu plus précise parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup de choses qui sont intégrées dans le crédit d'impôt à la personne.

Moi ce que je ne veux pas c'est que ça touche les femmes parce qu'encore une fois cré d'impôt pour la garde d'enfant c'est permettre la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle. Demain, vous n'avez plus ça. Vous avez des femmes qui ne pourront plus travailler parce que ça leur coûtera plus cher de travailler que de faire garder leurs enfants.

Et vous avez des femmes qui travaillent grâce à ce crédit d'impôt qu'il ne pourraient pas. Par contre, regardez dans le détail, je vous donner deux exemples, voilà, sur le jardinier, sur le coach sportif, je veux pas les stigmatiser, mais à un moment où c'est juste réinterroger sur chaque euro. Chaque euro qu'on dépense, c'est de l'argent des français.

Donc, il faut que ce soit de l'argent utile pour eux. Est-ce que le socle commun est en train de vaciller ? Pourquoi est-ce que je pose cette question ?

Parce que je regarde la dernière déclaration de Gabriel Natal. Il n'y a aucun projet commun de société entre l'air et nous. Vous êtes d'accord avec lui ?

Moi, je suis pas d'accord avec cette phrase pour plusieurs raisons. Déjà, parce qu'on a fait un choix courageux ensemble qui est de dire qu'il fallait qu'on gouverne ensemble parce qu'on ne voulait pas prendre le risque euh que d'autres gouvernent avec une majorité plus faible, avec de l'instabilité économique, avec de l'instabilité fiscale et on apporté depuis un an d'éléments de réforme sur l'agriculture par exemple qui sont importantes pour les Français. Et donc je déjà ça veut dire qu'on a réussi quand même à travailler ensemble.

Est-ce qu'on a des différences ? Oui, évidemment. Sinon, on aurait travaillé ensemble depuis plus longtemps.

On l'a fait parce que il y avait un contexte particulier qui nous y poussait. Ce que je dis par contre, parce que la question qui lui était posé était notamment pour 2027, c'est que moi je ne claque pas la porte avant même que la question soit posée. On peut pas par anticipation dire qu'on ne doit pas travailler ensemble.

Déjà parce que les Français sont plutôt favorables à l'idée qu'on travaille ensemble. Ensuite, parce que si chacun reste dans sa petite écurie et qu'on se retrouve avec deux, trois ou quatre candidats à la présidentielle, c'est simple, il y en aura aucun au second tour. Donc c'est bien, on se sera entretué entre nous et à la fin on offrira aux Français un second tour entre le RN et la France insoume.

Comment proposer un choix clair aux Français en 2027 ? Une primaire. Une primaire.

Il y a déjà vous défendez l'idée d'une primaire. Alors moi je je dis cette formule qui je pense que c'est le pire des systèmes et que j'en vois pas de meilleur. J'envoie pas de meilleur pour réussir à départager.

J'en vois pas de meilleur pour réussir à trancher. Donc je pense qu'à un moment, il faudra sans doute en passer par là parce que ce sera le seul la seule capacité de responsabilité qu'on aura pour choisir celui ou celle qui pourrait être le candidat ou la candidate. Mais encore une fois, pourquoi fermer la porte aujourd'hui ?

Pourquoi les les uns et les autres ? Je regardais aussi le congrès DLR, je trouve qu'il y a des propos qui sont trop caricaturaux. Est-ce qu'on a besoin d'hurler dans un congrès ?

On n'est pas macroniste et de se faire applaudir là-dessus. On ne leur demande pas de devenir macroniste, mais respecter le président de la République, ça me paraît important. Donc à force, voyez, à force de déclaration un peu à la porte-pièce des deux côtés, on rend impossible l'idée de travailler ensemble alors que les Français nous voi gouverner ensemble alors que je pense qu'au municipal, on a des choses à faire ensemble.

Regardez par exemple à Paris ou à mon avis à Lyon, à Bordeaux, un certain nombre de villes où on a intérêt à œuvrer ensemble parce qu'on voit bien le désastre aujourd'hui que c'est d'avoir une certaine gauche qui a été au pouvoir dans ces grandes villes et les conséquences que ça emporte. Euh les confusions aussi que ça emporte quand certains écologistes travaillent avec la France insoumise, moi je pense que on a plutôt un enjeu d'alternance et donc dans cet enjeu d'alternance donc primaire euh vous serez candidate à cette primaire. Bah faut déjà qu'elle existe.

Non mais oui mais s'il y a primaire on verra. Moi je peux chaque chose en son temps. Moi je Non mais c'est vrai êes candidate.

Non je dis pas que je suis candidate comme je dis pas que je ne suis pas je n'ai pas dit je suis candidate comme je ne ferme pas la porte. Moi je dis je travaille je travaille parce que je suis au gouvernement et que déjà je travaille pour obtenir des résultats tout de suite et maintenant et j'assume le projet politique et le nôre depuis 2017 et l'héritage d'Emmanuel Macron. Vous assumez 3345 milliards de dettes.

J'assume le fait qu'on a protégé les français par sur le territoire. J'assume le fait qu'on une insécurité grandissante. Vous êtes un peu caricatural dans vos propos.

Oui mais je force le trait mais c'est une réalité. Bah attendez, le narcotrafic qui est qui explose, c'est une réalité. Le narcotrafic qui expose à travers le monde, c'est une réalité.

Et donc la nécessité non, c'est faux. la et la nécessité qu'on a de lutter contre le narcotrafic et ce qu'on fait c'est-à-dire qu'on a renforcé après année après année les moyens et police et justice dans tous les territoires singulièrement dans les territoires ultramarins qui sont particulièrement confrontés à la question des narcotrafic du fait bah tout simplement de leur proximité avec d'autres pays qui eux laissent faire malheureusement sur ces sujets et les conséquences que ça en Outreem et en hexagone. Oui, on est au travail et on lutte et on y met des moyens et on y met beaucoup de moyens.

J'assume aussi qu'on a protégé les Français pendant le Covid et que personne ne nous a demandé d'arrêter. Au contraire, tout le monde nous a demandé de continuer à dépenser, à dépenser toujours plus. c'est que quand aujourd'hui on dit en fait oui, il faut réduire cette dépense publique parce que nous n'avons pas le choix, ce sont les mêmes qui disent on a trop dépensé qui refuse qu'on dépense moins.

Donc vous voyez chacun est aussi face à ses contradictions. J'assume surtout que ce qui était des angoisses pour les Français en 2017, notamment celle du chômage de masse, n'est plus une angoisse. Pour des millions de de parents, de grands-parents qui avaient peur que leurs enfants, leurs petits-enfants entrent dans la vie active, il on les a débarrassé de cette angoisse qui était quand même déterminante dans nos vies.

Donc il y a des choses qui vont mieux. Il y a des choses sur lesquelles ça n'a pas encore été suffisant. Il reste 2 ans pour bosser.

Président de la République et président jusqu'au dernier moment. Je suis ministre et tant que je serai ministre, je continuerai à travailler. Aurore Berger, je j'en finis avec la présidentielle.

En plus après nous parlerons, nous irons à Vignon où dimanche une femme a été égorgée par son compagnon devant ses quatre enfants. Aurore Berger, Édard Philippe, vous avez vous avez été proche de d'Alain Jupé, proche d'Édouard Philippe aussi. C'est le meilleur, c'est le mieux placé pour la présidentielle aujourd'hui ?

Oui, mais moi je sais pas ce qui se passera dans un an, dans un an et demi. Donc moi, je pense qu'il faut jamais fermer la porte. C'est qui avec Bruno Rota ?

Vous demandez cela ? Vous aimeriez cela ? Moi encore une fois ce que je dis c'est pas X, Y ou Z.

C'est quel est le projet politique qu'on veut porter et est-ce qu'on est capable de porter un projet politique ensemble ? Moi, je pense qu'on a intérêt à porter un projet politique ensemble. Je pense qu'on a toujours intérêt à rassembler parce que les Français, ils attendent plutôt de l'apaisement, du rassemblement, de la capacité à régler leurs problèmes qu'il n'espèrent que on ait 5, 10 ou 15 candidats sur la ligne de départ.

Donc il y a des ambitions. Nos ambitions toutes sont légitimes parce que on a exercé des fonctions importantes, parce qu'on continue à en exercer, parce qu'on a, je pense, des convictions, des compétences. Après, il faudra les départager.

Et il faudra les départager pour ne jamais prendre le risque de laisser le choix aux Français entre la France insoumise d'un côté et le Rassemblement national de l'autre. Euh dimanche donc à Avignon, une femme a été égorgée par son compagnon devant ses quatre enfants, 78e féminicide depuis le 1er janvier. Alors, Aurore Berger, où en est la loi cadre sur les violences faites aux femmes que vous aviez promises ?

Alors déjà, c'est un évidemment un drame un drame absolu dans la caractéristique dans ces féminicides, c'est-à-dire des femmes qui sont tuées parce qu'elles sont des femmes, en général est toujours la même. Ce sont des femmes qui avaient voulu reprendre leur liberté, qui avaient décidé de quitter leurs conjoints, de quitter leurs compagnons. Ça veut dire qu'on a encore des hommes dans notre pays, il faut dire les choses telles qu'elles sont, qui considèrent que leurs femmes leur appartiennent et qu'elles n'ont pas le droit de choisir.

Donc ça veut dire qu'on doit être d'une vigilance absolue, qu'on doit décrypter un certain nombre de signaux d'alerte parce qu'il y a pas forcément de plainte qui a été déposée avant, parce qu'il y a pas forcément de coûts qui ont existé avant, parce que la violence c'est pas que des coûts, parce que la violence c'est le contrôle, c'est la domination, c'est les humiliations, c'est les interdictions, c'est des traceurs sur des téléphones portables, sur des GPS, c'est l'interdiction d'avoir un compte bancaire, c'est l'interdiction de dépenser, c'est tout ça. Et là-dessus, là-dessus toute la société a un rôle à jouer. Il y a d'abord l'État, il y aura toujours d'abord l'État, mais il y a nous tous, nous tous en tant que citoyen, nous tous en tant que collègues, nous tous en tant qu'amis, nous tous en tant que famille pour comprendre ces signaux là, alerter, tendre la main et être en capacité de soutenir et d'accompagner.

Et ensuite il y a sur la loi, mais je voulais quand même dire ça parce que je pense que on a besoin de cette interpellation de la société pour progresser parce que chacun a un rôle à jouer et qui est absolument déterminant sur la loi sur la loi cadre, on est en train d'y travailler. Moi, j'ai souhaité qu'on ait une méthode totalement différente d'avant parce que bah on n pas de majorité à l'Assemblée nationale. Donc il faut faire différemment.

Donc tous les groupes politiques de l'Assemblée et du Sénat sont autour de la table, de la gauche jusqu'au Rassemblement national, des communistes jusqu'au LR en passant par le socle commun. Tous ont accepté d'être autour de la table. On se voit une à deux fois par mois pour travailler avec tous les acteurs, les acteurs de l'État, les acteurs du terrain.

Octobre, moi je souhaite pouvoir rendre la copie en octobre en espérant que ça crée du consensus et quandb même il y aurait une censure ou autre. Et bien c'est pas grave, j'espère que cette copie, elle sera reprise. Quelle sera l'idée majeure de ce texte ?

Le traitement judiciaire. Il y a beaucoup de victimes aujourd'hui qui n'osent pas porter plainte, qui ont peur de porter plainte parce que comment faire pour les inciter à porter plainte ? la manière avec laquelle elles vont être traitées en tant que victime pendant le traitement judiciaire.

Donc c'est l'un des sujets sur lesquels on travaille. Toutes les ordonnances de protection qu'on a mis en place, comment on sécurise ce cadre juridique là. L'ordonnance de protection, je le redis aux femmes qui nous écoutent peut-être ce matin, elles peuvent aller dans un dans une gendarmerie, dans un commissariat pour demander à bénéficier d'une ordonnance de protection si elles ont peur, si elles ont été menacées, elles ont pas besoin de l'assistance d'un avocat pour le demander.

Il faut sans doute qu'on clarifie encore des éléments pour que ce soit beaucoup plus systématique et octroyé de manière beaucoup plus systématique. Il y a des sujets qui sont liés à la garde d'enfants. Je suis beaucoup trop alertée par des mères sur la question plutôt là des violences sexuelles plutôt que sur la question des violences intrafamiliales qui pour protéger leurs enfants sont partis et qui se retrouvent mis en accusation.

Moi je peux pas les jours de la monoparentalité. Alors ça c'est encore un autre sujet. C'est plutôt une question sociale qu'une question liée à la lutte contre les violences même si des femmes qui ont été victimes de violence se retrouvent dans cette situation là.

On a beaucoup on a beaucoup progressé. Je pense à la question des impayés de pension alimentaires. Là pour le coup, on a changé la loi.

On a changé la loi et on a changer la vie avec ça parce que des femmes qui ne voyaient jamais un seul euro sur leur compte d'une pension alimentaire qui leur était d c'est des milliers et des milliers de femmes. Aujourd'hui, il se passe quoi ? Vous avez un jugement, monsieur doit payer la pension alimentaire.

S'il ne le fait pas, c'est l'État qui paye à sa place et l'État qui va ensuite chercher sur son compte bancaire à lui. Pour clairement dire qu'encore une fois, c'est quelque chose qui protège ben j pas la femme mais qui protège les enfants et qu'à partir du moment où il y a une décision, cette décision elle doit être respectée. Bien.

Autre forme de violence sur les plateformes, les discours et ne violent, sexiste, masculiniste sur les plateformes de réseaux sociaux. Euh vous allez convoquer à nouveau les responsables de plateforme. Je les ai convoqué le 2 juin dernier donc elles étaient toutes autour de la table.

Donc vous avez X, YouTube, Twitch, euh TikTok, Snapchat, Facebook, Instagram. Tout le monde était euh autour de la table. Je les reconvoque le 9 juillet prochain parce que on voit bien.

Pourquoi est-ce que vous les reconvoquez ? déjà parce que je leur avais dit que c'était un premier rendez-vous qui en appelait à qui appelait d'autres rendez-vous de manière à voir les progrès, les évolutions, la manière avec laquelle les plateformes sont prêtes réellement à s'engager. Moi, je veux qu'elles mettent leur discours en accord avec leurs actes. quand elles viennent en média, quand elles viennent en média, quand elles viennent devant vous, quand elles viennent en commission d'enquête, elles sont très bénévoles sur le fait de modérer les contenus, d'accompagner, ben il faut qu'elle le démonte, qu'il faut qu'elle s'engage et qu'elle le disent très clairement dans la manière avec laquelle elle supprime des comptes qui sont des comptes et encore une fois, je parle pas de morale, on a tous des visions différentes sur la morale.

Donc moi, je me plein du point de vue de la morale, mais du point de vue de la loi. Un propos antisémite, c'est illégal. Un propos raciste, c'est illégal.

Un propos homophobe, c'est illégal. Une femme qui se fait agresser en direct sur un réseau social, agressé sexuellement ou frapper, c'est illégal. Donc ça, ça ne doit pas pouvoir exister.

Ces contenuslà ne doivent pas pouvoir rester. Les personnes qui produisent ces contenuslà ne doivent pas pouvoir rester sur ces plateformes. Donc nous, on fait des signalements légaux, les Français peuvent le faire.

C'est la plateforme Pharaos. Faros qui permet d'avoir ses signalements. Les associations font ces signalements aussi également.

Mais il faut que les plateformes fassent le ménage. Donc moi, j'attends leurs engagements. C'est pour ça qu'elles seront à nouveau présente 9 juillet.

Je n'imagine pas qu'elle ne soit pas là et qu'elle ne réponde pas à une invitation, une convocation d'une ministre de la République. Sur d'autant plus qu'on parle de discours de si elle ne répondent pas à vos demandes. Je pars du principe qu'elles vont le faire parce que je n'imagine pas que sur les discours de haine, l'antisémitisme qui est en recrudescence absolue dans notre pays, les discours racistes, les discours haineux de manière générale, les violences faites aux femmes, je n'imagine pas qu'elles refusent de s'engager.

Je pars du principe qu'elles vont s'engager parce que sinon la loi changera. Et c'est d'ailleurs ce qu'on a dit avec le président de la République notamment sur la question de la majorité numérique à 15 ans pour dire que si les plateformes ne s'engagent pas alors nous sommes prêts à changer la loi niveau français et européen parce qu'il faut le faire en européen de manière à ce que dire qu'avant 15 anmanuel Macron interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans mais comment allez-vous faire là je pense que tous les parents qui nous entendent rêvent que cette mesure soit mise en application parce qu'aujourd'hui ils voi bien qu'ils sont dépassés par leurs enfant vous avez commencé à la Alors, on a commencé parce que on fait un travail de conviction auprès de de tous les pays européens parce qu'on est tous soumis au même sujet en ce moment. Toutes les démocraties sont soumises aux mêmes turbulences notamment du fait des réseaux sociaux et on a de plus en plus de pays qui veulent s'engager et qui veulent qu'on puisse avancer sur ça.

Et techniquement, c'est totalement possible. Techniquement, garantir l'identité, non, il faut le faire au niveau européen pour que ça ait de l'impact, que ça ait du sens, que ce soit aussi suffisamment solide d'un point de vue juridique et légal. Donc il faut le faire au niveau européen.

Mais moi je suis persuadé qu'on doit le faire parce je pense que c'est un enjeu de santé publique pour nos enfants, un enjeu de protection au regard du volume de contenu auquel ils ont accès et des violences de contenu auxquelles ils ont accès. Et donc je pense que oui, il faudra le faire et que c'est une nécessité. Alors vous allez proposer aussi un congé de naissance, c'est vrai ?

Alors oui, c'est une mesure que j'ai déjà que j'ai déjà proposé. proposé maison réusset à avancer dans ce qu'on appelle le budget de la sécurité sociale parce que c'est à cet endroitl que cette réforme pourrait exister. Le président de la République s'est engagé lui-même à considérer que c'était une bonne idée.

L'idée c'est quoi ? C'est de se dire qu'après les congés maternité et paternité, on pourrait avoir un congé de plusieurs mois qui pourrait être pris par chacun des deux parents, père et mère. C'est bon pour les enfants, c'est bon pour les parents, c'est bon pour l'égalité entre les femmes et les hommes, c'est bon pour je l'espère.

En tout cas, moi je milite pour ça, je m'engage pour ça et ça aussi un travail de conviction à faire, à faire auprès du parlement, mais je vois qu'il y a beaucoup de parlementaires en ce moment qui réfléchissent aussi et qui ont sans doute envie qu'on avance. Donc, j'espère que ça créera du consensus. Bien.

Et puis dernière chose, vous avez lancé une campagne de communication contre l'exthision. Oui. Euh combien de jeunes filles sont concernées en France ?

Alors vous avez des chiffres sont pas c'est pas celles qui sont concernées directement dans notre pays sur notre sol. Sur notre sol règle elle est très claire et on la rappelle d'ailleurs à tous les nouveaux entrants dans notre pays évidemment que aucune mutilation sexuelle ne peut être autorisée. C'est l'excision mais il y a d'autres types de mutilation sexuelle qui s'imposent aux petites filles et qui malheureusement existent.

Et ce sont des campagnes qu'on fait à l'approche de l'été de manière régulière, en lien avec les associations. Pourquoi ? Parce que malheureusement chaque été, il y a le risque des petites filles soient soustraites à la France, retournent dans certains pays où l'excision, où les mutilations sexuelles sont malheureusement encore la règle, la coutume ou même légale.

Et donc, on rappelle de manière très claire quelles sont les valeurs de la France. On rappelle aussi très clairement aux parents ce qu'ils risquent parce que si demain ces petites filles reviennent en France et qu'on découvre ce qu'elles ont eu à subir de terrible, alors les parents seront évidemment directement mis en cause parce que c'est la loi dans notre pays et la loi, elle doit s'appliquer à tout le monde. Merci Berger, merci d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio.

Il est 8h58. Ah.