BUDGET : ÇA CHAUFFE POUR BARNIER ET LE MAIRE/MACRON ATTAL: COMPLICES DES CRIMES DE GUERRE D'ISRAËL ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le statut de Rome ?
- 3:35RelanceRéponse directe
Le temps semble long pour les mandats d'arrêt de la CPI. Pourquoi ?
- 4:27RelanceRéponse directe
Est-ce que les délais sont liés aux pressions sur la CPI ?
- 5:36OuverteRéponse directe
La CPI est-elle une justice néocoloniale ?
- 16:19OuverteRéponse directe
Est-ce que la situation budgétaire est alarmante ? À qui cela est dû ?
- 17:15RelanceRéponse directe
Est-ce que la situation est si alarmante que cela et à qui cela est dû ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:51InvitéFait
« l'association euro-palestine a dénoncé dans une communication à la CPI, le président de la République française Emmanuel Macron, son ancien Premier ministre Gabriel Attal, et son ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, comme complice des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides commis par l'armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés »
- 9:35InvitéChiffre
« la France est le deuxième contingent étranger dans l'armée israélienne après les États-Unis »
- 10:23InvitéFait
« le ministère des Affaires étrangères a dit textuellement qu'il ne mènerait aucune enquête et qu'il n'y aurait aucune suite par rapport à ces Français qui commettent des crimes dans l'armée »
- 15:37PrésentateurChiffre
« la loi de finances 2024 avait prévu un déficit public à 4,4% du PIB. Résultat des comptes, les prévisions sont de l'ordre de 6,1% »
- 17:50InvitéChiffre
« depuis 2017, les prélèvements obligatoires en France ont baissé de l'ordre de 2 points. Donc, ça représente près de 60 milliards d'euros »
- 20:41InvitéChiffre
« dans la dépense publique, il y en a à peine un quart, 350 milliards, qui sert à payer les salaires des fonctionnaires »
- 21:06InvitéChiffre
« les prestations sociales et les transferts sociaux, rien que ça, c'est 710 milliards »
- 22:45PrésentateurChiffre
« on parle de 40 milliards d'euros qui vont toucher directement les services publics ou la sécurité sociale »
- 24:55PrésentateurChiffre
« 9,8 milliards de recettes concernent des mesures de mise à contribution des profits des entreprises »
- 34:31InvitéFait
« il a tout de suite abordé la question de la police »
- 36:30InvitéFait
« on entend dire que dans les quartiers prioritaires on déverserait des milliards »
- 37:24InvitéChiffre
« on parle de 118 euros par habitant »
- 37:33InvitéChiffre
« l'impôt sur la fortune c'est 300 000 contribuables »
- 37:42InvitéChiffre
« l'impôt sur la fortune c'était près de 5 milliards d'euros »
- 37:54InvitéChiffre
« c'est un cadeau de notre part de 12 500 euros par contribuable préservé »
- 40:36PrésentateurChiffre
« le budget du programme politique de la ville est fixé à 549,6 millions d'euros, alors qu'il était de 639,5 millions en 2024 »
- 40:47PrésentateurChiffre
« ce qui ne représente que 118 euros par habitant des quartiers populaires »
- 42:10InvitéFait
« dans ma circonscription de police la nuit il y a une patrouille de police pour 170 000 habitants »
- 43:23InvitéFait
« la dépense par habitant de la part de l'État sur le droit commun »
- 44:05PrésentateurChiffre
« la France hexagonale compte quand même 1362 sites classés quartiers populaires de la politique de la ville »
- 50:16InvitéFait
« les réductions des crédits sur la politique de la ville »
- 51:30InvitéChiffre
« c'est à peu près 300 000 euros sur un budget de fonctionnement global de la ville qui est de 60 un peu plus de 60 millions d'euros »
- 58:34InvitéFait
« et moi je brûle tous les feux rouges »
- 58:35InvitéFait
« ça m'emmerde le code de la route »
- 58:43InvitéFait
« est-ce que la gauche demain est capable d'avoir une main de fer vis-à-vis de ces délinquants »
- 58:45InvitéFait
« parce que ce sont des délinquants c'est important de les qualifier comme tels »
- 58:50InvitéFait
« là où un maire est délinquant volontairement et récidive et bien on le démet de ses responsabilités »
- 59:58InvitéChiffre
« 15 centimes d'euros qu'ils vont au centre de loisirs gratuitement »
- 1:00:02InvitéChiffre
« qu'ils ont le soutien scolaire pour un euro »
- 1:00:06InvitéFait
« ils ont les mêmes droits que tous les autres même s'ils sont de passage même s'ils sont réfugiés même s'ils n'ont pas de papier »
- 1:03:48InvitéChiffre
« le surabsentéisme justement dans les QPV depuis le début de la scolarité jusqu'au bac ça équivaut à un an de scolarité »
- 1:04:00InvitéFait
« comment voulez-vous qu'à la fin on ait autant de bac plus 5 c'est criminel »
- 1:06:20InvitéFait
« on s'est mobilisé devant la préfecture »
- 1:08:53InvitéFait
« il a envoyé le signal il était très clair juste quelques mois après son élection »
- 1:13:36InvitéFait
« est-ce que tu crois en Dieu est-ce que tu crois pas en Dieu »
- 1:13:51InvitéFait
« on a mis des gamins en garde à vue à un moment donné je crois qu'il est de 8 ans ou 9 ans »
- 1:26:31InvitéFait
« on leur coupe des budgets et où on les empêche justement de pouvoir avoir le moyen nécessaire pour un travail sur le long terme »
- 1:26:56InvitéFait
« on ne parle pas suffisamment de maladies mentales dans nos quartiers »
- 1:27:29InvitéFait
« ce public là notamment ceux qui souffrent intérieurement sont malades »
Temps de parole
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Au sommaire de cette édition, en première partie, j'accueillerai ma consoeur et camarade Amina Kalash, qui comme chaque mercredi a carte blanche ce soir. Elle a choisi de revenir sur les crimes commis en Palestine et en RDC, où la Cour internationale de justice est attendue au tournant. Puis je recevrai Christophe Rameau pour une discussion sur le projet de loi de finances pour l'année 2025, l'état des comptes et catastrophes, qu'alarment les libéraux. C'est pourtant le bilan de Bruno Le Maire et d'Emmanuel Macron. Vont-ils devoir rendre des comptes ? Le budget prévu inquiète les économistes et sera très dur pour les Françaises et les Français, les services publics.
En deuxième partie, démission. Nous nous poserons cette question. Les quartiers populaires sont-ils les laissés pour compte du gouvernement Barnier, absent du discours de politique générale du Premier ministre ? Les quartiers populaires sont durement frappés par des coupes budgétaires. Le projet de loi de finances 2025, dévoilé jeudi 10 octobre, prévoit une baisse massive des crédits consacrés à la politique de la ville. On en parle avec Ali Rabé, maire de Trappes, engagée dans l'Association des maires, villes et banlieues de France, dont il est membre du conseil d'administration. Mornia Lapsi, inspectrice du travail militante antiraciste.
Et elle, Mamie Canouté, activiste politique, consultant en cohésion sociale. On commence par la carte blanche d'Amina Kalash. Bonsoir, Amina. Bonsoir, Nadia. Lundi 14 octobre, le procureur de la Cour pénale internationale a annoncé la réactivation de ses enquêtes en République démocratique du Congo.
Oui, Nadia, cette décision fait suite à la visite du vice-ministre congolais de la Justice la semaine dernière à l'AE. Cette réouverture des enquêtes de la CPI sur les crimes commis en RDC en 2004 a déjà fait l'objet d'arrêts de l'institution et cinq des sept responsables congolais ont déjà été jugés. Cela intervient dans un contexte où Kinshasa intensifiait ces démarches auprès de la justice internationale.
D'ailleurs, le dernier rapport concernant les crimes commis à l'est de la RDC publié en 2024 a montré que le conflit du M23 avait exposé des millions de personnes à des violations des droits de l'homme et des violences, notamment des déplacements, des privations, des exécutions extrajudiciaires ou encore des violences sexuelles liées au conflit. En août dernier, face à la lenteur de la Cour pénale internationale, le ministre de la Justice congolais avait menacé à demi-mot de retirer son pays des États, des États qui faisaient partie justement du statut de Rome.
Et alors, qu'est-ce que le statut de Rome, Amina ?
Alors, le statut de Rome, c'est ratifié. Le statut de Rome où il y a adhéré témoigne d'un engagement en faveur du droit international, de la paix et de la sécurité. Cela permet de renforcer la détermination de la diplomatie multilatérale. Le statut de Rome permet de définir les crimes internationaux sur lesquels la CPI a un pouvoir juridictionnel. Benjamin Fiorini, secrétaire général de JURDI, une association de juristes pour le respect du droit international, nous explique son rôle. Elle a été créée parce qu'on a constaté que dans différents pays, il y avait des crimes d'une très grande gravité qui a été commis.
Donc, on parle de crimes qui, aujourd'hui, sont de la compétence de la Cour pénale internationale, à savoir les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, les crimes d'agression, qui malheureusement ne recevaient pas de sanctions au niveau des États, c'est-à-dire au niveau international. Et l'idée de la Cour pénale internationale, le pari, c'est justement de créer une juridiction internationale, internationale, donc au-dessus des États, en quelque sorte, qui viendrait sanctionner ces violations très graves du droit international humanitaire, dès lors qu'elles seraient commises à très grande échelle.
Donc, c'est ça l'objectif, en fait, qui a été poursuivi par la création de la Cour pénale internationale, c'est sanctionner ces infractions-là, ces infractions très graves, ces crimes très graves, et c'est aussi par sa présence de dissuader leur commission. L'idée étant, c'est en tout cas le pari qui a été réalisé, que la présence même de la Cour pénale internationale dissuaderait les dirigeants de la planète, ou les chefs de guerre, de commettre justement ce type d'exaction. La Cour pénale internationale a certaines limites, car sa compétence n'est pas obligatoire pour l'ensemble des États. 123 États sur les 193 membres de l'ONU l'ont accepté.
Pendant ces 20 premières années, la Cour a davantage instruit des affaires concernant des conflits africains et a été soupçonnée de partialité. Nous reviendrons sur ce point un peu plus tard. La actualité illustre les fortes limites de la Cour pénale internationale en la matière. Le bilan actuel de la Cour pénale internationale est relativement mince. Elle n'a pas condamné beaucoup de personnes. Au niveau de la Cour pénale internationale, en un peu plus de 20 ans d'existence, 22 ans d'existence exactement, on a seulement une dizaine de condamnations à son actif. Et ce qui explique cela, c'est que la Cour pénale internationale, elle se heurte à certaines limites.
La première, c'est qu'elle n'est pas compétente partout. La Cour pénale internationale, elle a été créée sur la base d'une convention internationale, d'un statut qui va lier différents États. Mais il y a certains États qui ne sont pas partis à ce statut. Et parmi ces États, il y a justement des États qui posent un certain nombre de problèmes au regard du respect du droit international. Des grands États, on peut penser aux États-Unis, on peut penser à la Russie, on peut penser à Israël dans le cadre actuel, ce qui va quand même limiter la compétence de la Cour pénale internationale. Et donc, malgré cela, des conflits majeurs peuvent se retrouver dans le viseur d'une enquête de la CPI.
Par exemple, la Palestine, ayant choisi de rejoindre la CPI, les Palestiniens ayant commis des crimes en Israël, peuvent être poursuivis, ainsi que les Israéliens ayant commis des crimes en territoire palestinien. Il en va de même pour les soldats russes comme étant des crimes en Ukraine, car si la Russie refuse toute idée d'une juridiction internationale, l'Ukraine a, elle, accepté la compétence de la CPI. D'ailleurs, la CPI poursuit des individus, non des groupes ou des États, contrairement à la Cour internationale de justice. Elle peut être saisie par toute personne ou groupe de personnes potentiellement victimes du fait reproché.
Olivia Zemmour, co-fondatrice de l'association euro-palestine, nous l'explique. Vous savez que pour porter plainte ou faire un signalement, ou qu'on l'appelle information, ou ce qu'on veut à la Cour pénale internationale, il n'y a pas besoin d'être une association, il n'y a pas besoin d'avoir comme nous 22 années d'existence, il n'y a même pas besoin d'avoir tel ou tel statut. N'importe quel citoyen, n'importe quel individu peut, nous c'est un rapport de 27 pages qui a bien entendu mobilisé des avocats, des juristes, des spécialistes, etc. Mais n'importe quel individu peut le faire, peut saisir le procureur général de la Cour pénale internationale.
Et donc ce lundi 14 octobre, Nadia, l'association euro-palestine, a dénoncé dans une communication à la CPI, le président de la République française Emmanuel Macron, son ancien Premier ministre Gabriel Attal, et son ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, comme complice des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides commis par l'armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris la bande de Gaza, pour Olivier Zemmour, le gouvernement français, et complice des intentions de génocide commises par le gouvernement israélien.
Et ils ne peuvent pas ignorer les intentions génocidaires de ceux qui mènent ce génocide, c'est-à-dire que Netanyahou et ses ministres ont, dès le début, dès le 7 octobre, exprimé leurs intentions génocidaires, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas dit simplement « on va se venger du Hamas, on va frapper le Hamas ».
Il y a eu des tas de déclarations que nous relevons, d'ailleurs, dans le document qui est transmis à la CPI, et qui montrent que, dès le début, ils les avaient traités d'animaux, ils avaient dit que jamais Gaza ne reviendrait, ne retournerait à ce qu'elle a été, qu'ils allaient les frapper partout, y compris les civils, parce qu'il n'y avait pas de civils à Gaza, vu qu'en vérité, ils étaient complices et qu'ils servaient de bouclier humain au Hamas. Et donc, un dossier de 27 pages a été constitué, il est fondé sur les actions et les déclarations des dirigeants français au plus haut sommet de l'Altar, mais également sur la question du retour des soldats franco-israéliens.
Il y a des choses qui vont vous étonner, parce qu'il y a, bien entendu, des exemples concrets qui sont donnés, aussi bien pour le soutien militaire pour le fait que la France accepte que plus de 4185 Français aillent servir dans une armée d'occupation qui commet un génocide, avec certains qui s'en vantent, qui postent des vidéos sur les réseaux. Eh bien, la France est le deuxième contingent étranger dans l'armée israélienne après les États-Unis. Ce n'est pas rien, si vous voulez.
Et bien entendu, le gouvernement aurait tout à fait la possibilité de dire, ah non, non, pas question de venir en France, vous serez traité comme les gens qui vont en Syrie ou autre chose, si vous partez, vous commettez des crimes. Non, là, ils ont au contraire une garantie d'impunité. Et il est dit, et nous le relevons dans le rapport que nous envoyons à la CPI que le ministère des Affaires étrangères a dit textuellement qu'il ne mènerait aucune enquête et qu'il n'y aurait aucune suite par rapport à ces Français qui commettent des crimes dans l'armée qui ne voulaient pas le savoir. Qui ne voulaient pas le savoir qu'en fait, ils remplissaient, il a dit, leurs obligations israéliennes.
C'est quand même extraordinaire. Et donc, cette démarche s'inscrit dans la même logique que la procédure du procureur de la CPI, Karim Khan. En outre dernier, il avait exhorté les juges de l'institution à statuer d'urgence sur les mandats d'arrêt requis contre Netanyahou ou encore son ministre de la Défense, Yoav Galland. C'était la première fois d'ailleurs que des dirigeants soutenus par les démocraties occidentales se retrouvaient soumis à cette procédure de la CPI. C'est donc un signal fort et inédit qui peut marquer un tournant dans la justice internationale.
Mais le temps semble quand même long. Tu le disais, la demande de ces mandats a été quand même formulée en août dernier.
Oui, Nadia, le temps d'application du droit international est différent de la réalité des populations qui subissent justement l'impunité de certains États. On s'en rend compte avec l'actualité du génocide palestinien, comme nous l'explique Benjamin Fiorini. Le principal paramètre qui fait que la justice pénale internationale prend du temps, c'est déjà la nature des crimes commis, qui sont généralement des crimes de masse. Donc pour investiguer sur des crimes de masse, il faut aussi mettre en œuvre des investigations massives. Et comme je vous disais tout à l'heure, le problème, c'est que pour mettre en œuvre ces investigations, il faut généralement reposer sur la coopération des États.
Et il faut aussi que les États soient en mesure de le faire. Et là, la question qu'on peut se poser, c'est si on se place du côté palestinien, est-ce que du côté palestinien, on est en mesure de documenter tous les crimes qui sont commis ? Et si on se place du côté israélien, est-ce qu'Israël a envie de donner ces éléments ? Et là, vous voyez qu'il y a naturellement un frein qui se pose. Alors après, il y a quand même une documentation qui existe, si on reste sur le cadre du conflit israélo-palestinien, et cette documentation, a priori, devrait suffire à ce que des mandats d'arrêt soient émis. Alors pourquoi là, ça prend particulièrement du temps ?
Et je dis que c'est vraiment singulier, parce que par exemple, quand il s'est agi d'émettre un mandat d'arrêt très récemment contre Vladimir Poutine, suite à la demande formulée en sens par Karim Kham, le procureur de la CPI, les juges de la CPI ont émis ce mandat d'arrêt très rapidement en trois semaines, qui est le délai plutôt habituel.
Alors, si les délais sont plus longs, est-ce que c'est lié aux pressions exercées sur les membres de la CPI, voire même des menaces ?
On peut se poser la question, Nadia, puisque dans le cas de la Palestine et d'Israël, des juges américains avaient menacé d'imposer des sanctions contre les membres de la CPI, suite à leur volonté, justement, d'émettre un mandat d'arrêt contre Netanyahou et son ministre de la Défense. Il avait lui-même aussi reçu des menaces personnelles contre lui et sa famille s'ils arrivaient sur le territoire américain. Mais on peut aussi se demander s'il n'existe pas un deux poids de mesure en fonction de qui subit l'injustice, par exemple dans le cas des atrocités commises en RDC de 1996 à 2003.
Elle a toujours tendance, dans la grande majorité des cas, à s'occuper, à prioriser, en fait, certaines violations des droits internationaux par rapport à d'autres. À tel point qu'il y a beaucoup de fins experts qui critiquent cette Cour pénale internationale en raison du fait que ça serait l'incarnation d'une justice néocoloniale. Néocoloniale parce que la très grande majorité des affaires qui ont été jugées jusqu'alors par la CPI et pour lesquelles des enquêtes ont été ouvertes, ce sont des affaires africaines, des affaires qui ont eu lieu sur le territoire africain.
Alors même qu'il semble assez clair, au regard de la situation internationale depuis 22 ans, que les crimes de guerre, qui me comptent l'humanité, n'ont pas été commis que par des dirigeants africains, n'ont pas été commandités que par des dirigeants africains. Il y a d'autres situations dans la CPI auraient pu s'emparer. Et on remarque qu'elle a parfois une certaine réticence à s'emparer d'affaires qui porteraient atteinte aux intérêts des pays occidentaux. On peut donc se poser la question du racisme hérité de l'époque coloniale qui expliquerait l'inaction des pays occidentaux. En RDC ou en Palestine, l'Occident se montre bien passif.
Pour conclure, la CPI continue donc ses enquêtes, mais pour très peu de résultats, malheureusement. La plus grande difficulté pour la Cour reste son incapacité à accéder aux suspects et ou aux incriminés par manque de coopération des États. Cela peut donc démontrer d'une certaine façon une forme d'incompétence temporelle ainsi que des insuffisances liées au système juridique international.
Merci beaucoup Amina. Kalash, bien sûr, vous pourrez revoir cet éclairage, cette carte blanche sur toutes les plateformes du Média. On passe tout de suite à notre entretien d'actu sur notre ancien ministre de l'Économie. qui va devoir nous rendre des comptes sur le chantier laissé. C'est parti. Les comptes de l'État sont dans un état catastrophique. C'est ce que nous martèlent les macronistes et le nouveau gouvernement depuis plusieurs mois et ce qui va justifier des coupes drastiques dans la dépense publique et une austérité inquiétante.
La conférence des présidents de l'Assemblée nationale envisage de transformer la commission des finances en commission d'enquête sur le dérapage des finances publiques. En effet, la loi de finances 2024 avait prévu un déficit public à 4,4% du PIB. Résultat des comptes, les prévisions sont de l'ordre de 6,1%, bien loin des objectifs des macronistes. Un bilan dont Emmanuel Macron et Bruno Le Maire n'ont pas encore eu à rendre compte. L'ancien ministre de l'Économie dit se tenir à disposition de la commission. Dès aujourd'hui, les députés de la commission des finances entament l'examen en première lecture du texte concernant les recettes.
Les choix budgétaires du gouvernement Barnier sont très contestés par la classe politique. Tous bords confondus. 1 800 amendements ont été déposés. Le Rassemblement national n'exclut pas de voter la censure du gouvernement. Bonsoir, Christophe Rameau.
Bonsoir.
Vous êtes économiste et membre des économistes atterrés. Alors, j'ai l'impression que les Françaises et les Français n'y comprennent rien au budget ou au déficit. Et c'est aussi comme ça qu'on n'en fait pas un sujet national. Est-ce que la situation est vraiment alarmante ? Et si oui, à qui cela est dû ?
D'abord, vous me permettez parce que ça fait longtemps que je n'étais pas venu ici et ma présence ici ne vaut pas quittus de ce que vous avez dit précédemment dans le point précédent. Très bien, vous pouvez reprendre
ce que j'ai dit, bien sûr.
Je suis plutôt des sionistes de gauche de ce que dit Eva Idouz qui conteste la pertinence de l'utilisation du terme de génocide.
Ah, vous parlez de la carte blanche. Bon, ça aurait été bien d'en parler. Il faut vous la contester. C'est pas le sujet. Je pense que c'était absolument pas le sujet. C'est effectivement malheureux de revenir dessus.
C'est pas tellement un débat.
Mais bon, on peut parler de l'ordonnance de la Cour internationale de justice qui a rendu quand même une ordonnance qui parle de risque de génocide.
J'aime bien ce que font les travaux des VLU sur le sujet. Mais c'est pas le sujet. Très bien, on va parler d'économie.
Je vous repose donc la question pour celles et ceux qui ont peut-être perdu le fil de la discussion. J'ai l'impression que... Est-ce que la situation est si alarmante que cela et à qui cela est dû ?
Alors, si vous voulez, il y a maintenant un relatif accord pour dire qu'il y a un déficit qui est effectivement alarmant. Enfin alarmant, qui est excessif, on peut dire. Et je dirais que ce qui est intéressant, c'est qu'il y a maintenant convergence pour dire que ce déficit, il est lié, non pas à un excès de dépenses publiques, mais il est lié à une très forte baisse des prélèvements obligatoires. Voilà. Depuis 2017, les prélèvements obligatoires en France ont baissé de l'ordre de 2 points. Donc, ça représente près de 60 milliards d'euros. Donc, il y a eu...
On a les effets des baisses d'impôts qui ont bénéficié principalement, pas uniquement, mais principalement aux entreprises et aux ménages les plus aisés, en sachant que les entreprises appartiennent, les grandes entreprises appartiennent aux ménages les plus aisés. Et donc, on a des effets qui se cumulent, si vous voulez. On a ces baisses de recettes. Or, un déficit, c'est des dépenses et des recettes. Voilà. Donc, c'est par les baisses de recettes. Les dépenses publiques, par rapport à 2017, elles ont baissé. Alors, elles ont un tout petit peu augmenté. Si on met de côté les crédits d'impôts, je vous passe l'histoire de cuisine.
Mais dans tous les cas, on a 2 points de baisse des prélèvements obligatoires. Au grand maximum, on a 0,5 points de hausse des dépenses publiques. Donc, vous voyez la différence. L'autre effet qui a été pervers, c'est que les baisses d'impôts ont bénéficié principalement aux ménages les plus aisés. Et donc, le taux d'épargne des ménages a fortement augmenté. Et donc, l'activité a été brimée, en quelque sorte, par le fait que la consommation des ménages a été brimée. Il faut savoir qu'en 2024, on a une croissance piteuse. Mais elle n'a pas du tout été tirée par la consommation des ménages. Elle a été tirée par le fait qu'on a moins importé, parce qu'on a moins consommé aussi.
Puis il y a les effets matières premières. Et elle a été tirée quand même un peu par la dépense publique. Et donc, le problème qu'on a, mais c'était peut-être votre question suivante, c'est que dans ce que propose le gouvernement, le grand risque, et on a une étude de l'OFCE qui vient de paraître aujourd'hui, l'Office ranché de conjoncture économique, qui nous dit que le grand risque, c'est que les mesures d'austérité préconisées par le gouvernement, en fait, ça a des effets pervers. C'est-à-dire que ça va contracter un peu plus l'activité. Et donc, ça va rendre plus difficile la réduction des déficits.
Effectivement, on y viendra. On sait bien que le déficit ne tombe pas du ciel. C'est la conséquence de choix politiques. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'Emmanuel Macron et Bruno Le Maire vont rendre des comptes sur la tenue des comptes.
Oui. Alors, ils vont rendre des comptes. Bon, ça, c'est très bien. C'est très bienvenu. Parce que c'est vrai que là, on a quelque chose quand même d'assez dingue entre ce qui avait été affiché et finalement ce qui est réalisé. On a quelque chose d'assez... un peu extravagant. Mais ce que je voulais dire d'un point de vue pédagogique, c'est qu'on s'aperçoit à cette occasion qu'il faut cesser de fustiger la dépense publique. C'est-à-dire, quand on entend dépense publique, les gens ont en tête qu'on prélève des sommes sur les gens du privé qui seraient les seuls productifs pour financer les improductifs, les fonctionnaires. Tout ça est faux dans cette phrase.
Il faut savoir que dans la dépense publique, il y en a à peine un quart, 350 milliards, qui sert à payer les salaires des fonctionnaires en mettant dans toutes leurs cotisations sociales. Et ça, ça n'a pas augmenté depuis, écoutez-moi bien, depuis 40 ans. Voilà. En proportion du PIB, c'est 12% du PIB. Ça n'a pas augmenté. Les trois quarts de la dépense publique, en fait, ça alimente d'abord des prestations sociales, des retraites, d'abord 360 milliards. Le RSA, c'est 15 milliards. Les allocations chômage, les allocations familiales, c'est plein d'aide aux ménages, de subventions aux ménages et aux entreprises.
Les prestations sociales et les transferts sociaux, rien que ça, c'est 710 milliards. C'est colossal. Et donc ça, ça va dans les poches des ménages. Qu'est-ce que font les retraités avec leur pension de retraite ? Ils font leurs courses auprès du privé. Et donc le danger qu'on a là, quand on regarde les chiffres de 2024, ce qui a tiré la piteuse croissance, je vous dis, c'est le commerce extérieur, et puis c'est la dépense publique, c'est la consommation publique. C'est grâce à ça qu'on n'a pas eu une croissance encore plus piteuse.
Et là, ce que nous annonce le gouvernement, alors il y a une bonne chose, quand même, le fait qu'il y ait un gouvernement de droite, avec un Premier ministre de droite, Michel Barnier, nous annonce que, face à la situation, il va augmenter les impôts sur les grandes entreprises et sur les plus riches, il faut s'en féliciter. De mon point de vue, ça ne va pas assez loin. À chaque fois, le gouvernement insiste sur le fait que c'est, attention, c'est exceptionnel, ça ne va durer que 2-3 ans, tatata. Voilà. Enfin, vous voyez ce que je veux dire. On a un changement de ton, quand même, qui est intéressant.
Mais enfin, il n'empêche que, dans son programme, le gouvernement prévoit aussi des mesures, les retraites, l'indexation tardive des retraites, en juillet, non pas en janvier, la hausse des taxes sur l'électricité. Et tout ça, ça va se traduire par une moindre contraction, par une contraction de la consommation des ménages. Et donc, le risque qu'on a aujourd'hui, il faut savoir que l'Europe m'a mal, l'Allemagne est en récession, le risque, c'est qu'on reproduise, en fait, les erreurs de 2012-2013, où la cure d'austérité avait, en fait, alimenté la récession. Et donc, qui dit récession, dit moindre recette, et on a une spirale, on n'arrive pas à en sortir.
Donc, finalement, l'austérité n'est pas la solution. Je rappelle que l'État de ses comptes justifie pour le nouveau gouvernement de faire des coupes drastiques dans la dépense publique. On parle de 40 milliards d'euros qui vont toucher directement les services publics ou la sécurité sociale. Plusieurs économistes s'inquiètent d'une récession et donc d'une baisse d'activité, d'une baisse de PIB. L'orientation choisie n'est pas forcément la bonne.
Oui. Alors, en fait, quand on regarde dans le détail, si vous voulez, le gouvernement affiche 60 milliards, 40 milliards de dépenses, en fait, il y a le Haut Conseil des Finances Publiques, le document de l'OFCE nous montre que, comment dire, il y a un peu de gonflette dans tout ça. On est plutôt à 40-45 milliards d'économies dont les deux tiers, un peu plus de 50%, en fait, ça sera des hausses de recettes. D'accord ? Ça sera des hausses de recettes, des hausses de prélèvements que le gouvernement ne veut pas assumer. Donc, il fait des tours de passe-passe, etc. Mais enfin, il y en a quand même un bon tiers qui seraient des baisses de dépenses.
Or, la dépense, les trois quarts de la dépense publique, ça alimente directement la dépense auprès du privé. Sans parler du fait que les fonctionnaires avec leur salaire aussi consomment, mais les trois quarts de la dépense publique, il n'y a qu'un quart de la dépense publique qui sert à payer des salaires. Les trois quarts de la dépense publique, ça alimente, ça soutient directement, notamment avec les pensions de retraite, les allocations familiales, etc. ça soutient directement la consommation des ménages. Alors, peut-être pour... Parce qu'il y a du débat, il faut du débat.
Mais, comment dire, ce qu'on voit quand même, une autre leçon qu'on peut tirer, c'est que, c'est pour tous les débats sur la décroissance, etc. On s'aperçoit quand même, à cette occasion, que quand il y a contraction de la consommation, le pouvoir d'achat des ménages va mal, il y a plein de ménages qui en souffrent. Mais, en plus de ça, ça dégrade quand même pas mal les comptes publics. Et ça, c'est pas bon si on veut juger que, d'un point de vue antilibéral, qu'il y a besoin de défendre l'État social. Pour défendre l'État social, la protection sociale, les services publics, on a besoin de recettes et donc on a besoin d'activités. On n'a pas besoin de décroissance,
de mon point de vue. On va vraiment faire une bonne transition. Dans ce budget, le gouvernement prévoit aussi un volet, augmentation des recettes de 20 milliards, un tiers de l'effort national pour trouver 60 milliards d'euros, 60 milliards d'économies, 9,8 milliards de recettes concernent des mesures de mise à contribution des profits des entreprises. Cela correspond à 20,6% de l'impôt sur les sociétés pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur ou égal à 1 milliard d'euros et inférieur à 3 milliards et à 41,2% pour celles qui atteignent au moins 3 milliards de chiffre d'affaires.
Et le gouvernement propose d'instaurer une taxe de 8% sur le montant de la réduction de capital résultant de l'annulation des actions rachetées sur les particuliers. 2,2 milliards concernent un impôt pour les hauts revenus avec un taux moyen de 20%. Ce mécanisme ciblé s'appliquera aux contribuants à la sujet d'ici à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus dont le revenu de référence dépasse 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple. Ce seront des mesures ciblées et exceptionnelles. Par contre, il y a aussi 3 milliards de recettes récupérées sur la hausse des assises sur l'énergie. Mais le gouvernement assure une baisse de facture de 9%.
Est-ce que le volet recettes est satisfaisant selon vous, M. Rameau ?
Si vous voulez, ce que je mentionnais tout à l'heure, c'est le fait qu'il y a une inflexion quand même. Finalement, au pied du mur, ce gouvernement lui-même est obligé d'augmenter les impôts sur les grandes entreprises et sur les plus riches. Comment dire, pour préciser le propos, à l'épreuve, on s'aperçoit que le discours des libéraux sur le thème, c'est la fameuse courbe de l'affaire, des économies, sur le thème trop d'impôts tue l'impôt et donc en baissant les taux d'imposition, ça va booster l'activité et puis finalement, on a plus de recettes. En fait, on s'aperçoit que les recettes, ce qui a beaucoup baissé, notamment l'année dernière, c'est les recettes d'impôts sur les sociétés.
D'accord ? Donc, on n'a pas eu l'effet escompté par les libéraux. Il y a aussi lié à la TVA parce qu'on a moins importé, on a plus exporté mais il n'y a pas de TVA sur les exportations. Bon, bref, mais comment dire ? Ce qu'on peut dire, c'est que là, c'est insuffisant. Il y a une inflexion qu'il faut saluer quand même parce que ça conforte ce que les économistes hétérodoxes racontent depuis de longues années. Voilà, depuis en particulier qu'Emmanuel Macron a été élu président. Les cadeaux fiscaux plus riches aux entreprises, etc. Mais quand on regarde en détail, ça ne va pas du tout assez loin. Ça ne va pas du tout assez loin. il y a quelque chose qu'il faudrait.
Il n'y a rien sur le patrimoine. On sait que les inégalités se sont beaucoup creusées par le patrimoine. Le patrimoine des plus aisés. Quand je dis les plus aisés, ce n'est même pas les 10%, mais c'est surtout les 1%, à l'intérieur des 1%, c'est les 0,1%, 0,01%. Ce patrimoine a littéralement explosé au cours des dernières décennies. Et donc là, si vous voulez, il y a une série de propositions d'économistes. Terranova. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas la gauche radicale. Il y a eu une note de Terranova qui invitait à récupérer entre 10 et 15 milliards simplement sur les 1% les plus riches.
1% les plus riches en passant notamment, pas uniquement, mais en passant notamment par une taxation du patrimoine. Dans le projet actuel du gouvernement, il n'y a rien sur le patrimoine. Il y a quelques petites choses.
Comment vous l'expliquez ?
C'est une fiche
à laquelle ils ont pensé nécessairement.
C'est quand même un gouvernement de droite. Vous voyez ce que je veux dire ? On donne des gages
un peu à la gauche en disant qu'on va imposer davantage de l'autre côté.
On fait des mesures exceptionnelles, etc. Mais il faut savoir qu'il y a une hausse de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises qui font du bénéfice sur le bénéfice des grandes entreprises. Par contre, sur les plus aisés, ce qui est prévu, c'est 2 milliards. C'est-à-dire qu'on est quand même dans quelque chose qui est quand même... Même si on change de... Vous voyez ce que je veux dire ? Il y a une inflexion. Mais enfin, on est quand même dans quelque chose de relativement cosmétique. Et je pense que là, on aurait pu aller bien au-delà de ces 2 milliards.
Merci beaucoup. Christophe Rameau, vous êtes économiste et membre des économistes atterrés et sionistes de gauche. Vous avez tenu à le dire au début de cette interview. Je le redis à la fin. Alors, avant de passer à notre deuxième partie d'émission sur la façon dont le gouvernement et ce budget ont totalement abandonné les quartiers populaires, je vous propose de regarder un extrait de notre dernier reportage. Lisa Lappe et Clara Morel sont parties rencontrer les femmes de chambre du 1re classe de Surenne qui luttent pour des meilleures conditions de travail. Deux de leurs camarades ont été embarqués par la police car leur piquet de grève aurait fait trop de bruit.
On se retrouve dans 2 minutes. Je vous laisse regarder ce magnéto.
Les fous de la grève on est traités comme de la merde on est traités comme si on ne connaît rien ils nous traitent comme si on n'a pas de valeur c'est grâce à nous si aujourd'hui ils ont tout ce qu'ils y ont ils sont dans leur bureau ils dorent bien les clients dorent bien dans leur chambre il n'y a pas de salité c'est grâce à nous aujourd'hui on veut du respect.
Vous avez deux camarades qui sont allés en garde à vue parce que votre piquet de grève en gros aurait fait trop de bruit Oui alors que c'est notre endroit Et justement cette grève elle dure depuis combien de temps ça dure depuis le 19 août on a une grève parce qu'il y a l'un ou notre autre camarade qui était parti en vacances à son retour il a été licencé et du coup il y a des pressions syndicales pas possible ici et ils essayent de nous virer un par un par l'osège ils sont en management mais pas possible ils essayent de vraiment dégarder le travail mais on ne va pas se laisser faire On est émis aujourd'hui on est trop contents on est trop contents aujourd'hui parce qu'on a des gens derrière nous on n'était pas tout seul c'est à cause de ça aujourd'hui on est trop émis jusqu'à il a pleuré Ça vous a fait un choc samedi de voir des camarades emmenés ?
Oui, ça nous a fait de gros chocs de gros chocs même parce qu'on n'a jamais vu ça Combien de grèves on a fait ici on n'a jamais vu embarquer quelqu'un à la police c'est la première fois Tout le monde connaît comment qu'est-ce que les femmes de chambre font le travail est assez dur même si on a demandé une petite augmentation c'est pas bon en plus il y a des gens derrière toi qui te obligent toujours tu as peur quelqu'un qui vient on a une camarade encore qu'on voulait la licencer on est sorti pour ça on est sorti pour ça pourquoi ?
parce qu'ils ont dit qu'il est parti au pays et quand il est venu on l'a licencé même le licence malade c'est pas ça qui nous a fait mal comment ils ont fait c'est ça qui nous fait mal il est venu il a travaillé les premiers jours les deuxièmes jours ils ont ramené les polices pour les débarquer c'est la police qui a dit que tu as un syndicat il a dit oui il a dit appelle ton syndicat c'est pas joli nous on est des êtres il faut qu'on se respecte
bonsoir à celles et ceux qui nous rejoignent et merci à vous qui continuez de regarder toujours debout l'émission quasi quotidienne d'info et de combat les quartiers populaires sont-ils laissés pour compte du gouvernement Barnier sur 41 membres du nouveau gouvernement la politique de la ville d'un barré nulle part absent du discours de politique générale du premier ministre les quartiers populaires sont durement frappés par des coupes budgétaires le projet de loi finance 2025 dévoilé jeudi 10 octobre prévoit une baisse massive des crédits consacrés à la politique de la ville le secteur voit ses financements chuter de 14% 2025 passant de 639,5 à 549,6 millions d'euros par an un désengagement de l'état pour la politique de la ville qui ne passe ni pour les élus de communes populaires ni pour les militants de ces quartiers on en parle avec Ali Rabet maire de Trappes engagé dans l'association des maires-villes et banlieues de France dont il est membre du conseil d'administration Mornia Lapsi inspectrice du travail et militante antiraciste et almamie qu'a noté activiste politique consultant en cohésion sociale bonsoir messieurs bonsoir Mornia très contente de vous recevoir aux médias alors l'annonce a été faite enfin l'annonce ça a été plutôt un silence qu'on a très bien compris il n'y a ni ministère ni secrétaire d'état dédié à la politique de la ville dans le gouvernement Barnier comment interprétez-vous cette nouveauté est-ce un choix délibéré ou bien un oubli Mornia Lapsi alors d'abord
merci de me recevoir je suis désolée j'enlève mes lunettes parce que j'ai de la buée alors d'abord moi je crois la manière dont vous posez le sujet qui est intéressant mais je crois qu'en réalité les quartiers populaires sont largement abordés dans les différents ministères s'agissant par exemple de l'économie quand il est question des professeurs parce qu'en réalité ou des hôpitaux ou des services publics d'une manière générale en réalité qui sont finalement la responsabilité de l'état finalement les premières victimes sont souvent les gens des quartiers populaires sauf que c'est tu ce n'est pas dit après il y a aussi les interventions des uns et des autres et notamment du ministre du ministre de l'intérieur qui tout de suite a pointé du doigt dès son arrivée et les migrants en expliquant clairement à qui veut bien l'entendre et notamment à la réaction qu'ils sont ceux dont il faut se débarrasser très vite quitte à les mettre dans des endroits choisis mais aussi en réalité les jeunes des quartiers populaires puisqu'il a tout de suite abordé la question de la police et il a aussi dans le cadre notamment d'une affaire mais on ne va pas l'aborder largement ici mais de deux jeunes filles qui portent le voile et qui ont été licenciées qui font partie d'une association et qui sont des filles de quartier populaire qui ont fait l'objet d'un licenciement il a tout de suite réagi donc ce que je veux dire c'est que en réalité la question des quartiers populaires elle est même très très souvent abordée dans les transversalement dans tous les ministères et le fait qu'il n'y ait pas un ministère spécifique notamment politique de la ville d'abord quand on parle de politique de la ville ce n'est pas uniquement les quartiers c'est les villes d'une manière générale et bien en réalité ce n'est pas ça le plus inquiétant ça envoie quand même un message ça envoie bien sûr mais en réalité ça s'est disséminé un peu partout avec quand même un nouveau ministère qui est le ministère de la discrimination et la laïcité je crois dans le même donc bon soyons pas soyons pas dupes on voit très bien ce ministère va engloutir le ministère de la politique de la ville en tout cas c'est ma façon de voir les choses
Ali Rabé comment vous avez réagi à l'absence de ministère dédié à la politique de la ville
comme tous les maires qui comportent des QPV comme l'association ville et banlieue en se sentant insultés notre combat c'est d'être visibilisé sur la scène politique nationale c'est qu'on parle des habitants des quartiers populaires et qu'on raconte leur réalité et qu'on demande à l'état d'être à la hauteur de sa promesse républicaine dans ses quartiers qu'il a déserté depuis longtemps et qu'il abandonne à bien des égards et moi je considère que c'est pas anecdotique qu'il n'y ait pas de ministère ou même de ministère délégué on a vu que sur le champ du handicap par exemple le gouvernement Barnier a oublié les personnes en situation de handicap et leur famille il a corrigé le tir quand il a été interpellé par les associations il a créé un ministère délégué par contre pour les quartiers prioritaires de la ville toujours pas de réponse donc l'invisibilisation de ces quartiers de leurs habitants c'est une stratégie politique et c'est une décision politique qui est celle du gouvernement de droite qui est en place qui répond à la pression de la droite et de l'extrême droite ça fait maintenant quelques années qu'on entend dire que dans les quartiers prioritaires on déverserait des milliards ce qui est un mensonge absolument éhonté et parce qu'on déverserait des milliards alors que les émeutes les révoltes d'il y a un an viennent illustrer l'inutilité de ces investissements aux yeux de la droite et de l'extrême droite il faudrait cesser de parler de ces quartiers cesser de les financer cesser de les visibiliser et donc c'est un vrai choix politique moi je souhaite sur cette idée de milliards à la déverser sur les quartiers rétablir un peu de réalité vous avez parlé des moins 15% de crédit politique de la ville prévu pour 2025 et j'attends de voir comment le texte sortira d'ailleurs de l'assemblée du Sénat parce que je pense qu'ils iront tailler encore un petit peu là si possible c'est 80 millions de moins sur un budget global à peu près 600 millions d'euros c'est à dire moins d'un milliard pour 6 millions d'habitants je ne vous parle pas de quelques associations ou de quelques habitants disséminés ici ou là je vous parle
par habitant
par quartier c'est 6 millions d'habitants je prends le budget de l'année dernière je ne parle même pas celui qui sera rogné on parle de 118 euros par habitant 118 euros par habitant je vous fais une petite comparaison avec l'impôt sur la fortune c'est important de ramener les français aux ordres d'idée l'impôt sur la fortune c'est 300 000 contribuables qu'Emmanuel Macron et d'autres ont voulu chérir et protéger 300 000 contribuables exonérés d'un million d'impôt sur la fortune l'impôt sur la fortune c'était près de 5 milliards d'euros c'est pas moi qui les raconte c'est les rapports de France Stratégie c'est à dire que par contribuable choyé par monsieur Macron et ses amis avec le soutien de l'extrême droite et sa bénédiction c'est un cadeau de notre part de 12 500 euros par contribuable préservé là où on donne à peu près 118 euros par habitant dans l'équipe et on dit que ce sont des gens qui sont noyés d'argent c'est une escroquerie intellectuelle et aujourd'hui on passe de l'escroquerie à l'invisibilisation c'est à dire la disparition de ces quartiers sur la scène publique
c'est l'occasion de rétablir la vérité ce soir Al-Mami qu'à noter comment toi tu as interprété l'absence de ce ministère dédié à la politique de la ville est-ce que comme Mornia tu penses qu'au contraire on parle beaucoup des quartiers dans les autres ministères ou que c'est un choix délibéré comme l'a indiqué Ali Rabé
alors moi personnellement j'ai pas été surpris parce que pour rejoindre les propos de Mornia effectivement ils doivent en parler mais pas avec nous en tout cas ça c'est une chose qui est sûre je pense qu'ils préfèrent côtoyer tous ces nombreux cabinets qui sortent du chapeau des projets soi-disant made in banlieue sans justement ses habitants et et c'est un petit peu vicieux parce que on a l'impression qu'ils répondent pas à nos attentes mais plutôt aux attentes d'un groupe politique pour pas dire son nom Front National appelé Rassemblement National un petit peu pour leur faire plaisir voilà on vous a entendu on vous a entendu sur le fait que bon effectivement on a trop injecté vers les quartiers populaires et pas du tout vers les zones rurales ce qui est faux ce qui est faux et donc jouer sur cette carte là c'est un petit peu pour eux se mettre une balle dans le pied puisque en réalité ça décrit un manque de volonté politique profond
est-ce que vous y voyez aussi parce que j'ai oublié de préciser que tu es membre de l'Assemblée des quartiers populaires une forme de mépris
oui une forme de mépris et c'est pour ça que je fais partie de ceux qui en réalité n'attendent pas vraiment de leur part parce qu'on a affaire à des à des hommes et des femmes politiques qui ont une conviction qui est loin de certaines réalités et quand je sais que par exemple le collectif Passons-nous qui a fait un travail énorme auprès de nombreuses villes et ont apporté un rapport détaillé précis en gros ils avaient juste à appuyer sur le bouton pour justement rééquilibrer les choses ils n'auront pas donné d'heures ils n'ont pas ils n'ont pas émis encore une fois la moindre volonté à vouloir réellement changer les choses dans nos quartiers dans les zones rurales et sans oublier les colonies d'outre-mer
alors le budget du programme politique de la ville est fixé à 549,6 millions d'euros alors qu'il était de 639,5 millions en 2024 ce qui ne représente que 118 euros par habitant des quartiers populaires donc ça sera encore moins c'est manifestement déjà trop pour Michel Barnier alors combien alors qu'il faudrait combien selon vous pour offrir une vie plus digne aux habitants des quartiers populaires
on ne va pas balancer des chiffres avec des milliards comme ça mais que l'on comprenne bien à quoi servent ces 600 milliards ces 600 millions pardon à peu près ils servent et ça ne marche pas évidemment à compenser en partie le recul de l'état sur ce qu'on appelle le droit commun c'est à dire que la réalité de nos quartiers populaires c'est qu'il y a moins de médecins que dans le reste de la France la réalité de ces quartiers populaires c'est qu'il y a moins de diplômés que dans le reste de la France qu'il y a plus de pauvreté que dans le reste de la France que les bâtiments sont plus vieux que dans le reste de la France que les besoins de rénovation énergétique sont beaucoup plus importants que dans le reste de la France et je n'oppose surtout pas évidemment c'est le piège qu'on nous tend les quartiers populaires et les zones rurales on est victime exactement des mêmes politiques d'oubli par les gens qui décident à Paris qui vivent dans les beaux quartiers l'éducation nationale qui est l'un des sujets majeurs
vous n'êtes pas discriminé dans les quartiers vous voyez bien dans les milieux ruraux ils vivent la même chose
mais on nous oppose c'est encore plus vicieux on nous dit vous êtes effectivement les uns contre les autres donc on va vous prendre à vous pour donner aux zones rurales ce qui est une vaste plaisanterie on ne donne ni aux uns ni aux autres en réalité prenez l'éducation les profs les moins chevronnés les moins expérimentés les moins payés les moins formés sont envoyés où ? dans les quartiers prioritaires les policiers les moins expérimentés etc. sont envoyés où ? dans les quartiers populaires dans ma circonscription de police la nuit il y a une patrouille de police pour 170 000 habitants vous croyez que c'est la même chose au coeur de Paris ? ou à Versailles qui est à peine à 5 km de trappe
donc contrairement à ce qu'on dit les maires de Covid populaire demandent plus de police
nous ce qu'on demande déjà il y a non seulement ce point là parce que les habitants veulent de la tranquillité publique mais ils veulent une police qu'ils connaissent de proximité qu'ils les connaissent qu'ils les respectent et qu'ils dialoguent avec eux en permanence mais on devrait avoir philosophiquement les meilleurs enseignants pour aider les enfants les plus en difficulté les meilleurs policiers pour établir un lien de confiance avec la population en particulier avec notre jeunesse on devrait avoir les meilleurs serviteurs de l'Etat on nous donne je ne critique pas d'ailleurs ceux qui courageusement font leur boulot en tant que fonctionnaire public mais est-il normal ?
ils sont affectés parfois ils n'ont pas tellement de choix je peux vous raconter des histoires
à chaque rentrée c'est la même chose pour moi à chaque rentrée quand je fais le tour des écoles je croise des enseignants qui sont nommés pour la première fois et franchement j'utilise cette formule souvent c'est comme des lapins pris dans les phares d'une voiture ils arrivent ici en se disant ils arrivent je ne sais pas de Toulouse ou de l'Ardèche et on les envoie tout d'un coup à Trappes sans formation spécifique sans expérience sans bagage sans recul ils arrivent vraiment comme un lapin pris dans les phares d'une voiture et quand ils sont là finalement ils nous disent ah ben c'est pas ce qu'on imaginait on imaginait un ghetto on imaginait quelque chose de catastrophique finalement ils s'y plaisent mais est-il normal que la dépense par habitant de la part de l'Etat sur le droit commun donc tous les services publics dont je parle l'hôpital on en parle très peu mais l'hôpital c'est un vrai sujet pour les quartiers populaires les médecins la capacité à se soigner à trouver un médecin traitant moi je suis en permanence sollicité par des habitants et qui me disent je viens de m'installer j'ai pas de médecin traitant mon médecin traitant est parti à la retraite comment je fais ?
j'ai 4 ou 5 enfants à soigner au quotidien et cette réalité là on la vit plus violemment plus directement dans les quartiers prioritaires et en fait ces pauvres 600 millions qui sont une homone en réalité viennent tenter de compenser en donnant quelques moyens à des acteurs de terrain en mettant des sparadraps sur des plaies béantes en réalité nous ce qu'on veut c'est juste le droit commun tout le droit commun les mêmes droits que tous les autres pas plus pas moins
alors réduire on rappelle quand même le contexte dans lequel intervient la réduction de ces budgets liés à la politique de la ville la France hexagonale compte quand même 1362 sites classés quartiers populaires de la politique de la ville soit 111 de plus qui paraît d'autant incompréhensible que l'Etat se désengage de la politique se désengage de ces quartiers est-ce que c'est une façon aussi de dire aux communes et bien c'est vous qui allez financer ces programmes alloués à la politique de la ville je pense qu'il y a
plusieurs réponses d'une part ce que je voulais dire tout à l'heure c'est que nous dans les quartiers si vous voulez c'est pas quelque chose qui nous étonne ça c'est la première chose deuxième chose c'est un signal et une réponse ferme à l'injonction en effet de l'extrême droite et de la droite c'est à dire que d'une part les discours qui sont opérants s'agissant des gens des quartiers populaires et qui remplissent d'ailleurs plusieurs critères de discrimination puisqu'en réalité ce qu'il y a derrière tout ça c'est les arabes c'est les arabes et les noirs musulmans réels ou supposés donc non mais il faut dire les choses on pose les termes ici aussi on est au media je pense que c'est important de le dire et du coup l'idée c'est d'articuler tout ceci en disant politique de la ville on stop voilà on répond à une injonction puisqu'en effet il y a le fantasme énorme qui laisse entendre au genre de la ruralité d'ailleurs parce qu'on veut nous opposer que nous serions inondés de milliards dans les quartiers populaires or ce que dit Alice c'est une réalité c'est à dire qu'à un moment donné il faut aussi qu'on tire les bilans sans rentrer dans des discussions de j'ai envie de dire de calcul d'apothicaires parce que c'est dangereux justement et c'est pour ça que moi je dis il faut faire attention à tous ces ministères etc la réalité c'est que tout ceci c'est structurel en fait il faut aller taper dans la racine moi je le dis assez tranquillement et je le dis à tout le monde quand bien même nous aurions des professeurs de 15 ans d'ancienneté qui arriverait dans nos quartiers dits prioritaires ça ne changerait pas grand chose ou peut-être en tout cas à la marge ce qui se passe parce qu'il y a une espèce de fracture c'est à dire qu'il y a une fracture entre les gens des quartiers fantasmés la faute à qui on le sait maintenant voilà je veux dire on peut le répéter il y a le rassemblement national il y a les médias mainstream il y a une gauche qui a été aussi faiblarde qui ne sait pas il faut le dire aussi qui ne sait pas opposer formellement en posant les mots et du coup là on est on est dans le défi de la droite elle nous montre droite extrême droite moi je ne sais plus trop comment l'appeler et de dire un on coupe les robinets voilà nous on a tout essayé mais la réalité c'est qu'il ne faut pas penser parce que ça c'est justement presque du néocolonialisme on a injecté pendant des années des petits sous à des gens qu'on a exploités et qu'on a délibérément mis dans des quartiers qui sont vétustes au début des bidonvilles ensuite des cités transit et ensuite des cités en effet où les murs sont des cloisons de papier où les infrastructures et vous le savez dans les immeubles les ascenseurs sont défaillants les parties communes sont sales oui il y a des accidents des enfants qui meurent des enfants qui meurent d'ailleurs le petit Haughtman dans pas longtemps le 18 nous avons l'audience et tu as beaucoup accompagné sa maman dans le cadre de ses démarches
et c'est solidarité qui se crée du coup dans un contexte
de désagrangement de l'État voilà c'est ça on pourrait parler de quelques euros par-ci par-là mais dans la réalité depuis 15, 20, 25 ans il faudrait avoir les chiffres mais je parle sous le contrôle de mes amis ici présents il faut voir aussi pendant toutes ces années qu'est-ce que ça a donné concrètement sur la vie des gens sont-ils moins discriminés sont-ils plus heureux sont-ils mieux vus je ne suis pas sûre vraiment
peut-être qu'Almami tu pourras répondre à ce que les choses ont vraiment évolué vous êtes alors Ali vous êtes maire depuis 2020 c'est ça mais bon votre engagement au sein des quartiers populaires ne date pas de vos mandats ça fait plus de 20 ans Mornia et Almami que vous êtes des militants au sein des quartiers tu as été aussi éducateur il y a des choses rassurez-moi qui ont un peu changé dans les quartiers on a l'impression que ces cités vétustes ont quand même laissé place à des quartiers plus vivables quel constat vous faites après toutes ces années de militantisme
on aurait voulu ne plus être autant engagé comme on l'est encore aujourd'hui qui aurait eu un réel changement je pense que voilà on aurait pris du recul on aurait été moins dans l'urgence et malheureusement on est encore amené à essayer de créer des initiatives communes voilà collectives pour justement essayer d'éviter d'atteindre certains niveaux là je pensais à Marseille sans faire de comparaison mais un jeune ado qui a amené à assassiner un chauffeur Uber d'une balle dans la tête en aucun cas j'ai envie que cela arrive sur Paris en région parisienne ou dans nos banlieues en réalité et j'ai pas envie de dire non plus qu'il est trop tard pour pouvoir faire les choses et je reviens sur le fait que si cette réelle de volonté politique est prise à bras le corps par des vraies politiques engagées et qui cesse de nous traiter comme des exceptions parce que nous ne sommes pas des exceptions on parlait de droit commun c'est soit vous nous considérez comme des citoyens à part entière effectivement la particularité de certains d'entre nous c'est que on subit encore des discriminations et ainsi de suite mais comment se fait-il que nous bénévoles soyons encore obligés d'être sur le terrain pour accompagner des associations qui malheureusement se voient des subventions coupées ou se voient carrément mis en marge parce que il n'adhère pas au clientélisme local donc c'est c'est tout j'ai envie de dire ce process qui est structurel en réalité
très concrètement Ali vous êtes maire comment ça va se traduire sur le terrain cette réduction de budget alloué à la politique de la ville quels sont les programmes qui vont être impactés
déjà en tant que maire je veux dire que nous on se prend la double peine parce qu'on se prend d'un côté les réductions des crédits sur la politique de la ville et on va se prendre les 5 milliards de réduction des crédits tout court
des collectivités exactement donc nous on a de la main
il faut bien avoir ça en tête c'est à dire comment on me propose de résoudre une équation impossible où je vais perdre sur mes crédits de droit commun ma dotation globale de fonctionnement etc. potentiellement 1 million 150 000 euros cette année je ne sais pas comment je fais vraiment je le dis il y a peut-être des trappistes qui vont nous regarder je ne sais pas je l'aurai écrit d'ailleurs parce que je suis hors de moi suite à ces annonces
vous avez adressé un courrier au premier ministre pour exprimer votre colère je veux qu'ils me disent
ce qu'il faut faire qu'ils viennent prendre la main quelques minutes là qu'ils me disent est-ce que je fais quoi je supprime le soutien scolaire pour les gamins pourquoi je mets en place du soutien scolaire c'est parce que les parents les familles en ont besoin parce que l'école ne le fait pas suffisamment parce qu'elle n'a pas les moyens dans nos quartiers donc je vais faire quoi je vais supprimer les brigades de nuit de la police municipale je le fais pourquoi parce que la police nationale n'est pas là la nuit et que c'est les commissaires même qui me le disent on n'a pas d'effectifs monsieur le maire pour intervenir quand il y a en même temps un feu de poubelle ici et en même temps une violence conjugale là donc je vais devoir sacrifier choisir de quoi je m'ampute donc moi je ne vous cache pas que mon sujet en ce moment c'est de me mobiliser c'est d'écrire effectivement le premier ministre c'est de se mobiliser avec d'autres maires c'est pas de commencer à arbitrer tout de suite sur qu'est-ce que je vais devoir couper un orteil un doigt de pied etc c'est juste pas possible sur les crédits politiques de la ville dans ma ville c'est pour ça qu'il faut relativiser c'est à peu près 300 000 euros sur un budget de fonctionnement global de la ville qui est de 60 un peu plus de 60 millions d'euros quand je vous dis que les crédits politiques de la ville qu'on baisse pourtant c'est une goutte d'eau par rapport à la réalité de ce dont on a besoin pour adresser les vrais sujets et les vrais problèmes donc je me retrouvais je ne vous cache pas qu'il y a plein de maires qui se posent il y en a d'ailleurs qui démissionnent c'est une réalité aujourd'hui politique on n'a jamais eu autant d'élus locaux qui démissionnent qui quittent l'engagement local vous parlez des associations c'est pareil est-ce que c'est normal et je suis tout à fait d'accord avec Mornia quand elle dit c'est une forme d'exploitation en fait les crédits politiques de la ville quand je vois ce qu'on demande à des associations financées par la politique de la ville qu'on leur demande de montrer pas de blanche tout point de vue qu'on leur demande des comptes rendus des machins etc alors que quand on finance l'association de pétanques personne ne regarde tout le monde trouve ça normal dans tous les cas c'est des citoyens engagés et puis d'ailleurs il y en a qui s'engagent parfois pour du loisir et c'est légitime ça fait vivre du lien social il y en a d'autres c'est des pompiers en fait on gère des urgences on gère des galères franchement il y a des associations chez moi si elles ne mettaient pas de l'argent de leur poche pour que des gens ne dorment pas à la rue avec leurs enfants c'est pas l'état qui gère moi je me retrouve j'ai honte de ça je me retrouve comme mère parfois à me tourner vers un président d'association et lui dire est-ce que tu peux pas là il y a une famille qui a débarqué dans le hall de l'hôtel de ville on n'arrive pas à joindre le 115 ils n'ont pas d'hébergement d'urgence est-ce que tu peux me la prendre pour deux nuits à l'hôtel parce que là je peux pas dormir ce soir si elle dort le week-end avec des enfants de trois ans à la rue
on compte sur les bonnes volontés des habitants des quartiers populaires mais ça c'est dangereux aussi parce qu'on se mobilise tous
évidemment qu'on n'abandonnera pas les gens au quotidien mais à un moment donné on use les militants jusqu'à la corde les bénévoles jusqu'à la corde et c'est une forme de cynisme de la part des pouvoirs publics qui devient insupportable et quand en plus on coupe les crédits classiques alors là on se dit vraiment c'est pour ça que j'insiste sur le fait que ça relève de l'injure et ça suffit que dans ce pays ce soit Éric Zemmour qui donne le la parce que c'est le cas c'est lui qui donne le la et quand on osse le ton on nous radicalise on est enfermé dans une boîte donc quand on décide de pointer le bout de notre nez justement sur les questions politiques et à nous engager jusqu'à créer et présenter des listes bah là on commence à
vous accuse de séparatisme
de séparatisme alors que non c'est le jeu démocratique donc on est mécontents de ce que vous nous proposez politiquement donc on se dit bah peut-être que si on vous bouscule un peu et qu'on occupe vos postes peut-être on ferait mieux puisqu'on est déjà engagé sans rien toucher donc faisons en sorte de leur faire la démonstration qu'il est possible de faire avec rien mais le rien à un moment donné effectivement ça fatigue Mornia bah en fait vraiment je j'acquiesçais parce que sur ce que je viens de dire mais quand je parle d'exploitation c'est non seulement dans la structure et le système et je crois que ça convient à beaucoup de gens en réalité que ce système à plusieurs vitesses et où on a en bas de la pyramide finalement ces quartiers populaires qu'on peut pointer du doigt dès qu'il est question justement de voter les lois les pires en matière d'austérité c'est que dans ces associations vous avez raison on a enfin moi j'habite à Nanterre et puis je connais je connais elle m'a mis je connais beaucoup de gens mais il y a beaucoup de gens qui donnent de leur temps pour zéro et qui perdent exactement et qui perdent de l'argent et je le dis parce que j'aime bien et en tant qu'inspectrice du travail moi quand je vois ça mais ça ne choque personne parce que ça se passe là-bas mais je veux dire on est vraiment dans un système qui est clairement une forme de néocolonialisme c'est à dire voilà qui s'occupe on leur donne quelques miettes parce que ça a été ça et heureusement que dans ces endroits il y a un potentiel d'intelligence énorme peut-être que c'est pour ça aussi qu'il est difficile de prendre les postes et les mandats il y a une époque à l'île d'ailleurs on a vécu voilà il y a aussi une énergie très forte et heureusement puisque dans une vie comme celle-là avec une stigmatisation une ostracisation comme celle-là et une volonté de paupériser comme celle-là je veux dire n'importe qui de ces gens qui viennent nous apprendre la politique tous les jours mais ne tiendrait pas
une seconde il y a ce paradoxe c'est à dire que tous ces programmes dédiés à la politique de la ville qui vont être impactés par cette réduction de budget ce sont aussi des associations qui promeuvent des activités culturelles donc on nous dit que le sport et la culture sont des moyens des leviers d'émancipation pour les jeunes des quartiers et finalement on n'a pas tellement envie qui s'émancipent ça nous va très bien qui tourne en rond je ne sais pas
les 14% peut-être que ce sera dans ma ville l'action du club de foot présidée par une dame remarquable qui notamment promeut le foot féminin et qui monte des manifestations autour de la participation des filles au sport peut-être que c'est ça qu'elle va devoir sacrifier elle avait 2000 euros pour monter ça c'est généreux peut-être que dans les 14% on va enlever ces 2000 euros et franchement vous prenez aujourd'hui les actions qui sont financées et qui sont portées par les associations je ne parle même pas de la mairie alors je ne vais pas parler comme maire là mais il n'y en a aucune qui peut être sacrifiée là il n'y en a pas une qui est en trop puisque c'est déjà insuffisant
justement vous parliez de mobilisation tout à l'heure parce que vous ne comptez pas laisser passer ça et vous non plus j'imagine au sein des quartiers populaires comment il y a ce courrier que vous avez adressé à Michel Barnier vous êtes également l'un des signataires de la tribune qui dédonce le désengagement de l'Etat Olivier Faure Marine Tondelier ou encore Fabien Roussel soutiennent également cet appel lancé au président de la République au Premier ministre qu'est-ce que vous attendez d'eux qu'est-ce que vous leur demandez
moi je leur demande d'être capable d'assumer la confrontation idéologique sur ce sujet c'est culturel en fait ça fait des années qu'on abreuve les français de discours manichéens caricaturaux et qui pointent du doigt une partie de la population on ne parle pas de 50 000 personnes dans un coin qui seraient foutifs et poils de tout franchement on ne parle pas de la population carcérale qui elle-même mérite d'ailleurs d'être réhabilitée on parle de 6 millions d'habitants dans un pays de 67 millions d'habitants donc je veux bien moi que déjà que la plupart d'entre eux sont assignés à résidence dans des quartiers qu'ils n'ont pas forcément toujours choisis mais si en plus on les accable de tous les maux de la terre ça fait beaucoup apporter pour des frêles épaules donc à un moment donné il faut qu'à gauche il y ait aussi du courage on a parlé d'irresponsabilité dans les décennies passées de la gauche fragile faible qui parfois reprend les axiomes de l'adversaire reprend son langage son discours même sur les milliards de la gauche aussi qui ne s'occupe ou même pas que de la gauche mais qui ne s'occupe que du béton il y a à un moment donné oui il faut s'occuper du béton et des immeubles mais il faut s'occuper des gens qui vivent dedans il faut s'occuper des gens pas que des bâtiments et à un moment donné j'attends aussi de la gauche qu'elle soit capable y compris dans la préparation de son retour au pouvoir demain de dire nous on va fracasser les ghettos de ce pays on va les fracasser en assumant complètement la confrontation je ne parle pas que des ghettos de pauvres je parle des ghettos de riches est-ce que c'est normal que le maire de Maison Lafitte ou le maire de Versailles dans mon département très tranquillement on viole la loi depuis 20 ans si on faisait ça à nous qu'est-ce qu'on ferait ?
on ferait la une de tous les plateaux télé
il viole la loi
il l'annonce publiquement il dit voilà la loi est mauvaise je ne la respecte pas je la violerai et je mets dans mon budget de quoi payer des amendes c'est comme si je disais je sors de votre plateau je prends ma voiture et moi je brûle tous les feux rouges ça m'emmerde le code de la route je brûle tous les feux rouges si on m'arrête pas grave je paye l'amende j'ai les moyens voilà est-ce que c'est normal ?
est-ce que la gauche demain est capable d'avoir une main de fer vis-à-vis de ces délinquants parce que ce sont des délinquants c'est important de les qualifier comme tels et de dire là où un maire est délinquant volontairement et récidive et bien on le démet de ses responsabilités vous verrez tout d'un coup ils se mettront à construire du logement social à considérer qu'il y a de la place pour tout le monde pourquoi dans mon environnement immédiat il n'y a que moi qui accueille les réfugiés de ce pays les demandeurs d'asile etc et quand je dis qu'on accueille on accueille quand je dis on accueille on accueille physiquement dans les hôtels
vous avez encore les moyens de le faire
mais non on n'a pas les moyens on n'a pas mais pas du tout on n'a pas les moyens
on n'a pas mais on ne les a pas alors comment on va là
dans la débrouille comment vous voilà bien sûr dans la débrouille racontez-nous justement les autres ont les moyens mais ils ne le font pas parce qu'ils le refusent ils disent moi chez moi il n'y a pas de réfugiés qui débarquent dans ma ville ce plateau ce moment
c'est l'occasion de raconter la réalité les solidarités qui se créent dans les quartiers populaires comment pardon comment justement on fait dans une ville qui n'est pas assez dotée pour aider des réfugiés et les accueillir
on sacrifie autre chose mais on ne sacrifie pas notre âme moi les enfants de réfugiés qui aient des papillopas ce n'est pas mes affaires je les inscris à l'école il y a des mères qui refusent de les inscrire à l'école et qui disent aux hôtels sociaux vous me les bougez au bout d'une semaine comme ça je ne suis pas obligé de les inscrire à l'école moi je dis l'inverse vous les stabilisez ce n'est pas des animaux on ne peut pas les déplacer comme un cheptel et je les scolarise et quand je les scolarise 15 centimes d'euros qu'ils vont au centre de loisirs gratuitement qu'ils ont le soutien scolaire pour un euro et que c'est des êtres humains donc ils peuvent aller en vacances avec les autres trapistes pour 10 euros la semaine ils ont les mêmes droits que tous les autres même s'ils sont de passage même s'ils sont réfugiés même s'ils n'ont pas de papier mais moi vous disiez je n'ai pas les moyens je n'ai pas les moyens ça veut dire je sacrifie autre chose quand je dis je c'est pas l'irapel c'est la collectivité les 33 000 habitants acceptent ça je ne suis pas critiqué ni dénoncé là-dessus par qui que ce soit dans ma ville parce que les habitants cette solidarité la font vivre au quotidien c'est ce que je disais on va qu'ils vouloir déménager à trappe là parce que je crois que j'en ai pas les moyens mais on reviendra je ne peux pas je vais reprendre la phrase je ne peux pas accueillir tout un ami mais moi je prends ma part et j'en suis très fier par contre j'espère que l'état demain et la gauche en particulier sera imposé à chacun de prendre sa juste part
pardon elle m'a mis d'abord puisque je et ensuite Mornia
non non je voulais dire là on a on a l'exemple même voilà un politique qui localement assume ses prises de position et exprime sa volonté c'est à dire que voilà pour moi il n'y a pas de oui je fais ce que je veux normalement effectivement il y a besoin de fermeté comme on exprime certaines fermetés quand il y a des incivilités comment se fait-il que certains cols blancs aujourd'hui continuent à se promener tranquillement sans être inquiétés je pense que pour revenir sur la gauche oui effectivement on a encore une gauche trop fébrile et le souci c'est que ils doivent se dire qu'aujourd'hui il faut frapper fort mais au bon endroit il faut être précis et pas se dire que oui prendre certaines postures pour faire plaisir à une partie de la population non on veut des choses concrètes et qui fonctionnent il y a des maires qui sont exemplaires dans leur humanisme dans leur solidarité quand ils mettent en place des actions de cohésion ça fonctionne très bien pourquoi on ne s'inspirerait pas des uns des autres et c'est ce qu'on demande en réalité mais on aura toujours à faire des responsables politiques qui feront croire que non on ne peut pas c'est pas possible ils viennent le dire j'ai pas les moyens je fais quand même
c'est ce que vous faites à l'assemblée des quartiers populaires vous coordonnez un petit peu des actions comme ça
l'objectif c'est de c'est de créer cette cohésion pour pouvoir justement être le plus efficace possible c'est à dire moi de par mon expérience sur ma ville de Fresne voilà j'ai plus de 20 ans d'engagement autour de la citoyenneté autour de l'associatif et même politique et bien il y a certaines villes aujourd'hui qui nous sollicitent pour justement leur apporter justement toute cette science toute cette expérience cette expertise pour justement
des formations gratuites
eux leur permettent justement ça coûte pas la même chose que les cabillets de consultants voilà de faire face par exemple à des élus de gauche lâches pour le dire ou paternalistes ou des élus de droite qui justement vont chercher à mettre de l'ombre sur des actions de petites associations je donne un exemple par exemple sur ma circonscription par exemple vous avez un établissement qui se contente de deux accompagnants d'élèves en difficulté pour le coup des profils qui ont des troubles de comportement et vous avez l'un de ces deux postes qui est souvent en arrêt maladie là où ils ont besoin de six vous en avez deux mais sur les deux un est en arrêt maladie et on entend qu'on va nous sucrer 4000 postes et ils ne font rien pour remplacer justement les postes vacants en réalité et au même titre que l'exemple a été souligné tout à l'heure pourquoi est-ce que c'est à nous d'accepter des fonctionnaires inexpérimentés je peux donner une statistique qui est éclairante le surabsentéisme justement dans les QPV depuis le début de la scolarité jusqu'au bac ça équivaut à un an de scolarité vous comprenez quand on dit il y a des milliards sur les quartiers populaires en fait on a un an de scolarité en moins que les autres comment voulez-vous qu'à la fin on ait autant de bac plus 5 c'est criminel moi dans les collèges dès l'école élémentaire maternelle dans les collèges j'ai un parent un jour qu'on a manifesté à la direction académique qui dit au directeur académique depuis qu'on fiche arrivé en 6ème il est plus souvent à la maison qu'au collège parce que les profs ne sont pas remplacés parce qu'il y a des profs plus jeunes donc ils font des enfants ils sont en arrêt bien vouloir revenir ou bien vouloir revenir et remplacer ou pas Moria alors du coup moi je vais répondre avec ma petite de femme de maman de quartier mais la réalité c'est que et je pense que vous allez le confirmer mais vraiment moi je le dis parce qu'on est en plus à une heure d'audience c'est que c'est vrai qu'il y a un potentiel mais je crois que dans la conscience collective qui ne vient pas qui n'émane pas des quartiers populaires d'extrême droite et de droite c'est une évidence mais aussi cette gauche un peu élitiste qui est cette gauche d'aujourd'hui aussi je veux dire on n'en est pas encore aujourd'hui à une gauche qui sera capable tu as raison de dire mais en fait il ne faut pas une amende quand un maire ça ne sert à rien on connait les histoires d'amende c'est exactement la même chose pour les personnels handicapés dans les entreprises il faut les rendre inéligibles et les condamner et les démettre mais ça ça veut dire quoi ça veut dire que vous tenez ce discours bon si c'est un ali rabais qui le dit ça va encore et encore qu'il fut un temps et encore et encore qu'il fut un temps on lui ferait périf sinon c'est trop radical or les gens qui vont le poser comme ça la plupart du temps ce sont les principaux concernés d'abord parce que ils l'ont vécu et ils l'analysent ça c'est une chose et après la réalité c'est que au quotidien parce que vous voulez des exemples quotidiens c'est une solidarité mais moi je le dis j'ai même un peu de mal à dire c'est voilà le Covid par exemple c'est pas si loin et moi j'ai assisté à des scènes où on a trouvé des appartements à des infirmières beaucoup de femmes infirmières chez nous où on leur préparait les repas on avait des boucles Whatsapp entre mères c'est ni le d'ailleurs c'est pas notre mère le mère c'est quand on lui a mis des coups de pression derrière que ça a bougé un petit peu quand il y a un enfant et sa famille l'année dernière qui a failli être expulsé et bien on s'est mobilisé devant la préfecture souvent des femmes d'ailleurs et des sœurs d'une manière massive on a fait des manifestations on s'est on s'est fait entendre on a fait entendre nos voix et si nous étions rentrés dans le cadre institutionnel organisé et bien puisque c'était le cas à un moment il y a toujours une tentative de reprise et bien c'est non il ne faut pas c'est compliqué devant la préfecture et bien les maires ont dit oui on ne laissera pas partir ce petit ça ne se passera pas comme ça et après nous dans notre quotidien ça vous use et bien on a des femmes qui sont licenciées qui ne sont pas payées moi c'est mon quotidien je rentre du boulot c'est mon quotidien Mornia s'il te plaît est-ce que est-ce que tu peux je le parle en arabe parce que notre langue est belle est-ce que tu peux me faire me faire une lettre pour moi les enfants qui ne trouvent pas de stage ça fait des années que je dis à mes camarades militants des quartiers populaires moi ça fait déjà quelques années avec des carimages ça y est on organise des réseaux parce qu'on est un peu plus visible que les autres parce que sinon ils sont déscolarisés et du coup tout ça c'est nous qui le faisons quand je dis nous c'est ces femmes c'est ces hommes et j'ai envie de dire qu'il y a raison c'est élu c'est rare d'élu non seulement c'est rare d'élu mais il le dit lui-même et certainement pas avec les petites peanuts que l'État lui donnait c'est que voilà c'est ça et puis avec le cœur c'est vrai qu'à un moment donné Ali a raison la manière dont la gauche nous voit c'est embellir avec du verre et des arbres c'est vrai ma foi ça fait du bien comme à la verdure alors moi je le dis mais sans problème moi j'aime j'aime la verdure j'aime la nature j'aime les arbres centenaires mais enfin comme vos enfants vous cherchez à ce qu'ils soient heureux nos enfants nous voulons qu'ils soient heureux est-ce que ça vous pouvez le concevoir
ça c'est pas encore bien rentré dans les consciences collectives oui ça fait bientôt 50 ans que les gouvernements successifs proposent des plans pour les banlieues on en compte plus d'une dizaine depuis 1977 qui visent à améliorer l'éducation dans les quartiers favoriser l'emploi rénover le bâti en 2018 je crois que c'est le dernier plan banlieue Jean-Louis Borloo avait présenté le sien à la demande d'Emmanuel Macron qui l'a écarté on parle beaucoup du gouvernement en Barnier depuis tout à l'heure mais finalement sa politique de restriction s'inscrit dans une politique qui est menée par ses prédécesseurs est-ce que c'est pas Emmanuel Macron qui a oublié les quartiers populaires
c'est tout à fait ensemble il a convoqué Jean-Louis Borloo et tous ceux qui ont travaillé avec lui dont d'ailleurs des acteurs du collectif Passant Nous il a pris le rapport il a mis la poubelle devant tout le monde et devant donc 6 millions de français concernés quand même il a envoyé le signal il était très clair juste quelques mois après son élection et il y a une continuité puisqu'aujourd'hui en ne désignant même pas d'un ministre ou d'un secrétaire d'état en charge du sujet il décide que ce problème n'existe plus après c'est aussi une invitation à l'engagement on est en face de gens engagés là voilà il compte sur il mise sur la résilience des habitants des quartiers populaires sur notre résignation surtout sur notre résignation et sur une radicalisation de l'institution à l'endroit des quartiers populaires pour mieux pouvoir les stigmatiser quand on veut tuer son chat on dit qu'il a la rage voilà donc il vise moi je crois je crois vraiment et il y a une tendance dans des milieux extrémistes de droite qui est la guerre civile c'est-à-dire chercher à tout prix que les peuples le peuple se soulève violemment et je trouve ça moi c'est extrêmement violent je crois qu'il crée ce contexte là
baisse du budget de la politique de la ville baisse du budget des collectivités territoriales on l'a dit tout à l'heure baisse du nombre d'enseignants suppression de 4000 postes dans l'éducation nationale qui aura forcément un impact fort sur les établissements c'est plus que ça en réalité c'est plus que ça oui qui aura forcément un impact sur les établissements situés en réseau d'éducation prioritaire où les élèves se retrouvent vous l'avez dit tout à l'heure le plus souvent privés de professeurs qu'est-ce que cherchent Macron et Barnier à créer une crise dans les quartiers on sait que les révoltes urbaines de 2023 qui ont fait suite à la mort de Naël tuée par un policier étaient une conséquence directe de l'abandon des quartiers c'est un peu ce que tu disais Mornia quelque part créer un contexte de guerre civile mais à qui ça profiterait peut-être Al-Mamie Ali ensuite Mornia
on a juste à se pencher sur l'actualité ce qui se passe en Martinique moi je pense que c'est ce qui nous pend au nez s'ils continuent à appliquer cette même politique qui creuse et creuse encore les inégalités cette fameuse fracture sociale qu'ils essayent de masquer avec des sparadas républicains pour le surnommer comme ça donc à nous de faire en sorte d'organiser cette forme de résistance en continuant à mettre en place des actions communes de cohésion de partage de solidarité parce qu'il ne nous reste que ça en fait il ne nous reste que ça et on a toujours été dans l'application de l'art de la débrouille s'ils décident de fermer les caisses bah qu'ils les ferment mais qu'ils ne se plaignent pas demain que certains citoyens décident de passer à d'autres étapes de revendication parce que nous on a fait notre part on a fait notre part on a fait en sorte d'apaiser des tensions ou de convertir des colères en action positive on continuera à le faire mais on n'est pas des pompiers et c'est pas nous les pyromanes
Mornia tu es tué de Nanterre c'est là où a été tué le petit Naël tu es très proche de sa maman donc cette période des révoltes urbaines tu la connais bien tu la redoutes tu redoutes une nouvelle vague de révolte alors
moi je vais le dire parce que parce que c'est les émeutes parce que c'est le vrai mot d'ailleurs j'ai appris pendant longtemps je ne voulais pas dire émeutes parce que je pensais que c'était péjoratif et puis je suis partie un peu regarder l'étymologie la genèse du mot pour moi ça représente quelque chose ça représente une expression politique et du coup j'ai toujours du mal en tant que maman mais aussi fille, femme, soeur de quartier populaire à dire qu'une révolte contre l'oppression institutionnalisée structurelle qui perdure qui dure on puisse comme ça en avoir peur alors évidemment que si je prenais mon cas et je prenais le cas de toutes les mamans qui étaient autour et moi j'ai un garçon on avait tous peur pour nos enfants mais en même temps la réalité c'est que de voir tous ces jeunes finalement parce que certains ont tenté de dépolitiser sauf que quand on tape une mairie ou une école depuis tout à l'heure on parle de quelque chose qui est fondamental il y a ceux qui aiment qui aiment le discours bien cadré les codes un peu châtiés mais parlons puisque nous parlons vrai ici disons les choses clairement l'école pour beaucoup d'enfants des quartiers populaires ça a été très souffrant très très très souffrant les humiliations la discrimination c'est un laboratoire de discrimination c'est la préparation à l'exploitation c'est la déconscientisation et la déstructuration souvent notamment on le voit on l'a vu dans les périodes les plus réactionnaires où on demandait à des gamins voilà est-ce que tu crois en Dieu est-ce que tu crois pas en Dieu et on voit on voit tout ce qui s'est passé des gamins qu'on a accusé de voler des pains au chocolat une époque voilà mais c'est allé de pire en pire je veux dire on a mis des gamins en garde à vue à un moment donné je crois qu'il est de 8 ans ou 9 ans donc on voit bien quand même qu'il y a quelque chose qui est dans l'ADN maintenant et on va avoir du mal à tirer tout ça pour répondre à ta question je pense qu'il y a une volonté politique oui de faire de faire que les choses se dégradent drastiquement quoi ?
pour mieux réprimer pour mieux réprimer d'une part pour répondre alors d'abord parce que c'est leur ligne politique en réalité voilà ils sont plutôt en phase avec eux-mêmes voilà c'est que en règle générale voilà les gens de seconde zone on les respecte pas on les déshumanise ce sont des non-humains et ensuite parce qu'il y a des contextes politiques nationaux et internationaux et géopolitiques qui font qu'il faut montrer les muscles et montrer les muscles avec qui en tout cas en France les opprimés ce sont encore une fois les arabes les noirs musulmans réels ou supposés les roms personnellement parce qu'évidemment ce ne sont pas des réserves de voix donc évidemment qu'on commence à en parler grâce à certains militants mais c'est comme ça qu'on voit qu'il y a beaucoup d'instrumentalisation et tout ça pour dire que à la fois j'ai peur parce que oui on a eu un gamin qui s'est fait tuer Naël violemment et je vois les dégâts que ça fait comment ça broie des vies ce n'était pas le premier il y a eu Adama il y a eu Sullivan après j'ai toujours peur de faire des listes comme ça parce que je sais que j'en oublie et je pense à tous ces gamins et je pense vraiment à leur famille et je sais à quel point c'est dur de les perdre et je sais parce que pendant les émeutes la plupart des gens n'en ont pas parlé mais on a eu des gamins qui ont été malmenés on a un gamin qui a perdu la vue je me demande d'ailleurs s'il n'y en a pas un qui est Mohamed je crois qui a eu une partie du crâne qui a été défoncée et puis on a eu les 4000 déférés 4000 déférés qui ont un casier des enfants pour la plupart c'est ça qu'elle crée la France c'est ça que ce gouvernement veut créer
Ali à l'abbé justement sur Twitter quand vous avez découvert ce projet de loi de finances qui vient vraiment couper de manière assez drastique les budgets à la ville et aux collectivités vous avez aussi un peu pointé ce risque de révolte mais qui sera géré une fois de plus par les maires en fait finalement déjà
on tire jamais les conséquences des révoltes on préfère payer un milliard une fois tous les 10 ans de réparation ou criminaliser les parents ça vient ensemble ça va forcément ensemble je veux en dire un mot parce que c'est super important ça c'est vieux comme le monde en fait il n'y a rien de nouveau c'est toujours les mêmes process Emmanuel Macron n'était pas né que déjà en France le grand capital pour dire les gros mots disait plutôt Hitler que le front populaire parce que se faire rogner un peu que les actionnaires perdent un peu de leurs revenus de leurs dividendes il vaut mieux le RN plutôt que la gauche ou les LFI en particulier donc il y aura toujours une tendance à vouloir pactiser avec l'extrême droite en reprenant ces thèmes ces thèses même pour ceux qui n'y croient pas à droite dont les intérêts matériels en fait sont remis en cause en cas de victoire des opprimés pour dire les choses assez simplement donc quitte à pactiser avec l'extrême droite et le second élément et qui va avec c'est qu'on va toujours mobiliser l'appareil sécuritaire pour réprimer les révoltes et en fait on va jouer avec le feu jusqu'à se brûler les doigts et de temps en temps avec les révoltes on se brûle un peu le bout des doigts mais ça ne coûte pas grand chose et en général ce n'est pas leurs doigts qui sont brûlés parce que je n'ai pas vu beaucoup d'écoles brûlées à Neuilly et moi je n'ai pas vu beaucoup d'écoles brûlées ou de gymnases à Neuilly-sur-Seine et dans le 7ème arrondissement de Paris les jeunes se sont déplacés
à Paris vers le centre les pouvoirs publics se sont mobilisés
je l'ai vécu dans mon coin aussi quand ça brûlait à Trappes dans les rues de Trappes ça allait quand ça commençait à toucher les villes voisines là j'ai senti qu'il y en avait qui stressaient et là j'ai vu effectivement des renforts extraordinaires alors que moi je tournais dans ma voiture à 4h du matin les premières nuits désespérés et il n'y avait pas un policier au kilomètre carré donc c'est arrivé d'un coup effectivement quand les centres commerciaux ont été visés voilà ça c'est la réalité c'est quand l'argent est menacé exactement et je veux juste te dire la criminalisation des militants tu en as parlé Mornia pour les jeunes gens mais les militants aussi quand à un moment donné on mobilise les appareils sécuritaires les lois de ces dernières années qui ont été prises à la fois pour cautionner justement les tiers mortels qui sont infiniment plus nombreux en France qu'en Allemagne par exemple cette réalité là c'est celle qui nous attend donc moi je crois qu'il faut ce que tu disais c'est traduire les colères en mobilisation en engagement je trouve que nos quartiers se sont mobilisés fortement électoralement au mois de juillet ça a été un vrai miracle chez moi je m'y attendais pas j'y croyais plus franchement je me battais mais avec une forme de désespoir et quand j'ai vu 61% de participation 81% au second tour pour le candidat de la gauche en l'occurrence qui malgré tout malheureusement n'a pas gagné j'ai vraiment repris espoir mais je ne suis pas naïf sur le fait que c'était aussi mu par la peur de l'extrême droite et que ça c'est pas c'est comme Pierre et le loup si on annonce tous les jours que le loup est là finalement les gens se mobilisent donc notre boulot à tous quel que soit notre rôle notre statut notre place dans les médias c'est de conscientiser conscientiser, conscientiser et inviter à l'engagement plutôt que renoncement il parie sur notre renoncement
oui et justement quand des villes comme Trappes se mobilisent beaucoup elles se retrouvent au coeur de polémiques je pense que c'est pour ça qu'on vous en veut on vous en veut d'avoir de l'espoir Ali Rabé je fais référence à ce qui s'est passé dans les grandes gueules une émission où encore une fois de plus on a tourné en dérision la ville de Trappes pour faire un peu le lien avec les quartiers je pense que les pardon les révotes là c'était peut-être presque la première fois où les habitants des quartiers étaient animalisés vraiment c'était des nuisibles ce sont des voyous ce sont des islamistes comme Trappes je vous propose d'écouter cet extrait
Emeline Cavaillon je sais pas ça Michel Barnier j'aimerais bien voir Emeline Kaboul ça va durer un épisode je ne sais pas si il faut en faire un épisode Emeline Kaboul tourner à Trappes il n'y a pas besoin d'aller très loin pour faire le tournage
ça fait rire ce plateau mais pas le nôtre en tout cas Ali
vous comptez saisir l'arcom oui tout à fait et je ne sais pas qui est ce bouffon je ne le connais pas mais c'en est un c'est un clown de plateau j'ai écrit sur Twitter mais je le pense profondément c'est des amuseurs publics qui sont payés grassement et qui utilisent nos fréquences artificielles à nous tous ça appartient à la France ça appartient pas aux milliardaires qui les financent pour aller cracher sur une partie de la population et moi je connais ma population d'accord lui là ses bureaux à BFM il y a probablement plusieurs trapistes qui font le ménage le matin peut-être que c'est gardienné parce que quand j'y vais les mecs me saluent et plein de fois je tombe sur des trapistes l'agence de sécurité qui les protège c'est probablement des gens qui habitent à Trappes le matin quand je prends le train à 5h du mat' pour aller me déplacer en province je crois à ski pour utiliser les termes cru, ouais des arabes et des noirs donc ce que j'appelle les travailleurs essentiels et j'ai mis dans le tweet de réaction il y a un truc en fait et une tentation et je pense que c'est le cas pour les militants pas que pour les élus comme moi des fois c'est de laisser passer voilà on laisse passer ça va repartir encore en polémique je vais encore m'en prendre plein la gueule moi j'ai payé pour savoir qu'ouvrir sa gueule on le paye cash mais mes parents m'ont pas éduqué à baisser les yeux ou à baisser la tête donc il faut lever la tête et il faut pas accepter ça et franchement les centaines de messages que je reçois de trapistes sur les réseaux par courrier etc qui me disent merci bravo etc ça me fait dire qu'il faut tenir bon parce que ces mecs là veulent nous dégoûter en fait tout simplement ils veulent nous dégoûter considérer qu'on est dans un enclave nous exclure alors on nous enferme dans des quartiers on refuse de nous accueillir les gens discriminent les trapistes qui veulent déménager et à la fin on nous dit vous êtes responsable de tout et cette espèce d'imbécile enfin nous compare à Kaboul même à Kaboul il y a des gens plus dignes que lui
mais c'est ce que j'allais dire
voilà beaucoup plus de gens infiniment plus dignes que lui et le silence ou les rires graves de ceux qu'il côtoie qui se disent journalistes et qui ont une carte de presse sont une injure pour la profession
Mornia Nanterre aussi a été la cible d'attaque on se souvient comment la maman de Naël a pu être caricaturée justement ça participe de toutes ces parce que voilà je vais formuler ma question cette façon de caricaturer les quartiers populaires les habitants des quartiers vient finalement justifier toutes ces coupes là parce que comment dire dans l'esprit des gens on dit d'eux que finalement ils ne sont pas de véritables citoyens donc ça vient accompagner on a l'impression ces discours ces politiques d'austérité
c'est un outil parmi surtout ceux dont on a parlé depuis tout à l'heure c'est à dire ils sont organisés d'ailleurs certains sur la toile moi j'ai découvert notamment en harcèlement en harcèlement à l'endroit notamment de la maman de Naël mais des propos d'une violence et ce que je vais essayer d'être claire parce que je regarde leur passé en fait je dois intervenir après aussi mais en réalité ce que dit Ali il a raison c'est à dire qu'à un moment donné c'est vrai qu'on a tendance à laisser passer les choses et notre rôle à mon avis et je pense que de plus en plus nous le faisons c'est d'une part de collectiviser nos forces et nos intelligences parce que nous en avons et nous ne devons pas laisser les autres nous la dénier ça c'est une chose et ne pas écouter les injonctions de ceux qui sont privilégiés qui nous disent non mais laisse passer parce que ça ça sacrifie et massacre nos générations du coup le rôle que nous avons aussi auprès de nos enfants petit et grand ça touche à l'amour propre c'est de prendre leur place et de dire de revendiquer le fait qu'ils sont des humains c'est à dire en effet traduire la colère c'est ça c'est dire je suis un humain et j'ai des droits et si possible de leur transmettre ça parce que c'est vrai qu'on est dans un monde où ce n'est pas tout à fait la même chose de dire à un maire et bien oui mais tu n'es pas dans les clous quand tu ne laisses pas des quartiers populaires s'installer que quand tu ne sais pas et moi c'est ce que je dis souvent maman peu importe que vous ayez un accent quand par exemple qu'on vous convoque à un conseil d'école et qu'on ne vous donne même pas le comment j'ai un le crédit dans du jour elles sont au taquet elles disent mais on n'a rien elles-mêmes elles le disent c'est bizarre parce qu'ils ne nous disent rien avant il y a le monsieur évidemment blanc de plus de 50 ans je ne dirais pas le nom de quel syndicat mais qui sont demeurant des gens très mais je lui dis mais en fait vous avez des droits et ça c'est quelque chose que je disais tout à l'heure Ali le droit commun il faut le transmettre et il faut qu'on revendique le droit à nous défendre lorsqu'on nous sommes attaqués au même titre que ceux qui nous attaquent et un peu de solidarité parfois parce qu'en face ils en ont
et voilà beaucoup le dernier mot peut-être elle m'a mis qu'à noter alors tout à l'heure je t'ai présenté comme activiste politique consultant en cohésion sociale tu es aussi comédien et justement à travers des films comme Mon frère qui a été produit par Sadia Diawara ou bien Les Misérables par la Jilly alors vous dépeignez c'est vrai cette violence dans les quartiers mais vous participez aussi à réhumaniser ces gens des quartiers populaires populaires petit lapsus quartiers populaires les politiques est-ce que c'est le sens de cet engagement que tu donnes dans le cinéma mettre le cinéma au service des quartiers pour les aider à sortir finalement de l'impasse dans laquelle on les place
oui justement je me suis retrouvé par hasard dans le cinéma et c'est vrai qu'avec le temps et aujourd'hui quand j'interviens régulièrement sur des ateliers de sensibilisation de prévention autour de la citoyenneté j'utilise énormément l'audiovisuel le cinéma comme outil pédagogique ce qui permet effectivement d'avoir des échanges dynamiques avec le public qu'on peut avoir en face ça peut être des adultes comme des ados et laisser toute la magie opérer justement sur des environnements décrits ou des situations comme dans mon frère par exemple le milieu des centres éducatifs fermés et justement décortiquer les différentes situations les différents faits exploités dans ces films là pour pouvoir justement le travailler avec pédagogie avec les publics concernés ou non puisque le film a été bien reçu les dons étaient bien reçus et on a même eu droit pour le film mon frère des retours positifs d'un groupe de magistrats qui justement remercier et saluer la justesse du film puisque c'est des situations qu'ils traitent au quotidien et qui eux aussi se retrouvent dans une situation où on leur coupe des budgets et où on les empêche justement de pouvoir avoir le moyen nécessaire pour un travail sur le long terme parce qu'on a affaire de plus en plus pour revenir sur une partie de notre jeunesse qu'on décrit comme simple délinquant mais en réalité on a affaire à un bon nombre de jeunes qui souffrent et on ne parle pas suffisamment de maladies mentales dans nos quartiers et ces jeunes ou ces publics malades qui malheureusement parfois quand ils sont en crise finissent par multiplier des actes d'incivilité traduits par des actes délinquants mais eux pensent qu'à travers leur répression et ben ça va les recadrer mais non ils souffrent encore plus parce qu'on n'a pas pris en considération que ce public là notamment ceux qui souffrent intérieurement sont malades mais j'ai l'impression que quand on est issu de quartiers populaires ou quand on a certains physiques on est en capacité de tout supporter on est des êtres des nuités de prison plutôt que des nuités d'hôpital psychiatrique il y a des solutions
en tout cas si les quartiers populaires sont laissés pour compte de Barnier et de Macron ils ne sont certainement pas abandonnés par vous Mornia Lapsi inspectrice du travail militante antiraciste elle m'a mis canouté activiste politique je vais y arriver consultant en cohésion sociale et comédien et Ali Rabé maire de Trapp engagé dans l'association des maires villes et banlieues de France dont il est membre du conseil d'administration j'aurais aimé poursuivre la discussion c'était passionnant merci infiniment pour vos engagements respectifs merci également à nous à vous à vous d'avoir suivi cette édition toujours debout un peu émue et bah ouais et bah on essaie de les créer ici aux médias merci merci beaucoup merci à vous merci à vous d'être aussi celles et ceux qui nous regardent vous êtes déjà plus de 62 400 à avoir signé notre pétition pour une répartition plus équitable et démocratique des fréquences TNT continuez à la signer à la partager rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr vous permettez une information libre et indépendante des forces politiques et de l'argent d'exister en soutenant notre antenne chaque don chaque abonnement compte quant à moi je vous remercie de votre attention et de votre fidélité je vous souhaite au nom de toute l'équipe une très bonne soirée sur le média à demain merci à vous
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