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interviewÉric Zemmour· 20 septembre 2023 27 min

Eric Zemmour sur LCI : À force d’importer le tiers-monde, on devient le tiers-monde

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

La suite d'un oeil sur le monde avec un oeil sur le dossier immigration. Ce soir, la semaine dernière, sur l'île de Lampedusa, plus de 11 000 migrants sont arrivés en seulement quelques jours. Et depuis, évidemment, en Europe, on essaie de s'attaquer au problème. Dossier qu'on va ouvrir avec le président de Reconquête, qui est notre invité. Ce soir, c'est Éric Zemmour. Bonsoir. Merci d'être là et de réagir juste après l'interview du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui était l'invité ce soir du journal de 20h sur TF1 et qui est venu afficher. Et vous allez nous dire si c'est juste de l'affichage ou pas, un message de fermeté. On l'écoute.

0:40
Invité

Alors la France n'accueillera pas de migrants qui viennent de Lampedusa. La France veut une position de fermeté. Il y a une immigration irrégulière en Europe, en France et en Italie qu'il faut combattre. Et ce n'est pas en accueillant plus de personnes qu'on va tarir un flux qui, évidemment, touche nos capacités d'intégration. En revanche, nous avons dit à nos amis italiens que nous étions prêts à les aider pour reconduire des personnes dans les pays avec lesquels nous avons de bonnes relations diplomatiques. Éric Zemmour, la fermeté et puis la solidarité, il persiste et signe en quelque sorte le ministre de l'Intérieur. On vous voyait réagir. Vous n'avez rien laissé filtrer et pour autant ?

1:15
Éric Zemmour

Écoutez, j'ai écouté soigneusement le ministre de l'Intérieur et je considère que son discours est tout d'affichage. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Il dit d'abord, et vous ne l'avez pas passé cet extrait, mais il dit « la solution n'est qu'européenne ». Il dit ça et après il dit « nous aiderons les Italiens », vous voyez, etc. Je voudrais dire que je pense que tous ceux qui disent, comme le ministre et le président de la République et nombreux autres, que la solution n'est qu'européenne sont des menteurs. Mais tous ceux qui disent que la solution n'est que nationale sont dépassés. Je vous explique en deux mots. La question est évidemment européenne.

Parce que notre destin est européen. Parce que si vous voulez, la question qui se pose pour le XXIe siècle, c'est « est-ce que Rome sera encore Rome ? » « Est-ce que Berlin va devenir une ville turque ? » « Est-ce qu'à Bruxelles, on pourra manger encore des frites et des moules et pas seulement des kebabs ? » C'est ça, une question civilisationnelle, vous comprenez. Ce n'est pas seulement la question de l'Union européenne, des rapports de force, etc. Non. C'est la question de la civilisation européenne. Et en ce sens-là, la question est européenne.

Mais la question de la solidarité européenne, ce n'est pas combien on va en prendre, quelle part on va prendre, comme l'avait dit le collègue de M. Darmanin, Mme Colonna, la ministre des Affaires étrangères.

2:44
Présentateur

Non, justement, Gérald Darmanin, il va moins loin que ses collègues du gouvernement. Est-ce que ce discours-là, de sa part, par rapport à Catherine Colonna notamment, ça vous satisfait ?

2:53
Éric Zemmour

Il faudrait qu'ils se mettent d'accord. Ils sont dans le même gouvernement, a priori. Donc il y a une ministre qui dit « Non, pas forcément, vous savez. Je vais y venir. » Donc, je vous disais donc, pardon, la question est européenne sur le plan de la civilisation européenne. Et il y a des moyens. D'ailleurs, je vois que M. Darmanin commence à en prendre. C'est-à-dire qu'il propose l'aide de la France. On pourrait proposer l'aide de la marine française. Parce que vous savez, aujourd'hui, avec les moyens technologiques, on peut voir sur écran le moindre mouvement de barque. Donc, on pourrait éviter qu'ils arrivent à Lampedusa. On pourrait les arrêter avant.

Et ça, la marine française peut aider. On peut donner de l'argent. On peut donner de l'argent comme l'Allemagne l'a fait avec la Turquie.

3:31
Invité

Est-ce qu'on peut revenir dans quelques instants, Éric Zemmour, sur les solutions ? Parce que beaucoup de choses ont été égrenées. Est-ce que juste sur laquelle la question civilisationnelle ? Moi, je voudrais d'abord commencer par comprendre ce que vous craignez réellement dans le fond, j'insiste. Il dit, Gérald Darmanin, que l'Hexagone accueillera bien ceux qui doivent l'être, les persécutés. D'accord ? Vous vous dites, pas un seul migrant ne viendra. Aucune émotion exprimée, et c'est assumé pour ceux qui sont dans ces situations. Et vous parlez même d'envahisseurs ces derniers jours.

Que craignez-vous, encore une fois, quand pour la France, on estime que potentiellement, ce sont 250 personnes qui pourraient passer à la frontière ?

4:07
Éric Zemmour

Madame, j'entends ce discours depuis 40 ans. Et vous avez vu l'état de nos villes, vous avez vu l'état de nos banlieues, vous avez vu le changement de population en 40 ans. Mais depuis 40 ans, j'entends toujours, mais ils ne sont que 200, mais ils ne sont que 50, mais ils ne sont que 250. Et au bout, ils sont des millions. C'est ça l'histoire. Par ailleurs, je reprends ce qu'a dit M. Darmanin. Il a dit, apparemment avec une grande fermeté, ceux qui sont persécutés, on pourra les accueillir, parce que c'est la tradition de la France. Et puis ceux qui sont là pour travailler, pour l'économie, etc., et bien là, on ne les accueillera pas. C'est ça qu'il a dit. Alors moi, je vais vous dire.

D'abord, ceux qui sont persécutés. Vous savez qu'aujourd'hui, et d'ailleurs M. Darmanin l'a dit au détour d'une phrase, « Si vous vous déclarez homosexuel d'un pays musulman, vous êtes considérés comme persécutés. Si vous considérez que vous êtes une femme battue dans un pays musulman, vous êtes considérés comme persécutés. » Ce n'est pas les combattants de la liberté. Ce n'est pas Victor Hugo au XIXe siècle ou Solzhenitsyn au XXe. Ça peut être vrai quand même. Ça existe. Bien sûr que ça existe, mais alors ? On va accueillir tous les gens qui considèrent ou qui mentent, qui disent qu'ils sont homosexuels ? Mais où vous allez comme ça ? C'est ce qu'on fait aujourd'hui depuis des années.

Moi, je n'appelle pas ça des persécutions politiques. Et maintenant, je vais vous dire les illégaux. Pardonnez-moi.

5:27
Invité

Vous appelez ça comment ? De la démagogie de la part du gouvernement, par exemple ?

5:30
Éric Zemmour

Pas du tout. J'appelle ça de la faiblesse. J'appelle ça de la faiblesse criminelle. Et je continue sur les illégaux. M. Darmanin...

5:37
Invité

Quand vous dites, vous, Éric Zemmour, pardonnez-moi, quand vous dites, vous, ces derniers jours, « Si j'étais au pouvoir, pas un seul migrant n'arriverait avec moi. » Mais est-ce que, pardon, certains vont se dire en vous regardant, « Mais c'est de la démagogie. Comment est-ce seulement possible ? » Il y a un monde entre ce que dit Gérald Darmanin et vos affirmations.

5:52
Éric Zemmour

Bien sûr, madame. Vous avez tout à fait raison de me poser cette question. Et si vous le voulez, je vais répondre. Ça, c'est la partie française. Je vous ai dit, l'enjeu est européen, c'est la civilisation européenne. Mais je vous ai dit aussi qu'il y a une question nationale. D'autant plus que, malgré les rhodomontades de M. Darmanin, la France est le boulet de l'Europe. Pourquoi c'est le boulet de l'Europe ? Parce que les gens-là qui viennent à Lampedusa, ils ne vont pas rester en Italie. Parce qu'en Italie, il n'y a pas le droit du sol. Parce qu'en Italie, il n'y a pas d'allocation sociale aux étrangers. Ils vont partir.

Moi, j'ai vu des dizaines de reportages sur les migrants de Lampedusa, les 11 000, parce que vous dites 250, ils sont 11 000. Et que des hommes, pour la plupart.

6:30
Invité

Vous disiez 250 pour la France.

6:31
Éric Zemmour

J'ai compris. Mais je vous dis 11 000. Donc, ce n'est pas 250 qui vont venir en France. C'est des milliers. Pourquoi ce sont des milliers ? Parce que la France est le pays qui donne le plus en allocations sociales. Ils le disent eux-mêmes dans les reportages, chère madame. Vous l'avez vu. Pourquoi vous venez en France ? Ah, ben en France, on nous soigne gratuitement. Ah, ben en France, on nous aide à trouver un logement. Ah, ben en France, on travaille facilement au noir. Etc. Alors, quand vous me dites les solutions... Non, mais je vais répondre. Les solutions, c'est simple. C'est supprimer toutes ces allocations. Vous savez, à Reconquête, on a instauré un bouclier migratoire.

Le bouclier migratoire, ce sont des mesures. Je vais vous les égréner très vite. Premièrement, suppression du droit du sol. Suppression du regroupement familial. Suppression des venues d'étudiants, à part quelques exceptions brillantes. Je dis bien brillantes. Suppression également du droit d'asile, à part les vrais combattants de la liberté. Alors... Attendez, attendez, j'ai graines, j'en ai pour deux minutes, je vous assure. C'est trop deux minutes. Une caution, j'exigerais une caution de 10 000 euros pour toutes les demandes de visa des pays qui envoient des migrants. Par ailleurs, je supprime, comme je vous l'ai dit, toutes les allocations sociales aux étrangers.

RSA, AME, aide au logement, minimum vieillesse, etc. Par ailleurs, j'expulse. J'ai vu que M. Darmanin avait repris ma proposition, j'en suis ravi. J'expulse les délinquants étrangers. J'expulse les criminels en fin de peine. J'expulse les chômeurs de plus de six mois. Et j'expulse, évidemment, tous les clandestins. Et je rétablis surtout ce que n'a pas annoncé M. Darmanin. Et donc, c'est un coup d'épée dans l'eau quand il dit qu'il va renvoyer les clandestins. Mais vous savez qu'il n'y a plus de délit de clandestins. Mais avant tout ça... C'est-à-dire que la police ne peut pas...

8:19
Invité

Là, c'est le moment où on est aussi dans notre rôle.

8:22
Présentateur

Est-ce qu'il faut... Vous avez sans doute entendu Marine Le Pen également, qui a été sur TF1 hier, et qui, elle, est pour un moratoire sur l'immigration, en attendant de mettre en déplication de nouvelles mesures. Est-ce qu'elle a raison de le faire ou pas ?

8:33
Éric Zemmour

Écoutez, un moratoire, ça veut dire que c'est provisoire ? Oui, en attendant, oui. Moi, je ne veux pas que ça soit provisoire. Je veux que ça soit définitif. Mais pour gérer l'urgence tout de suite, quoi. Mais je gère l'urgence. Tout ce que je vous ai proposé, c'est gérer l'urgence. Évidemment. Il n'y a pas besoin de moratoire. Moratoire, ça veut dire que dans six mois, on va arrêter, on va reprendre. Mais moi, je ne veux pas reprendre. Vous savez, les enjeux sont colossaux. Vous m'avez posé la question tout à l'heure, qu'est-ce que vous craignez ? Oui. Vous avez tout à fait raison de poser cette question.

Je pense que les Français ont déjà vu leur pays changer de façon considérable et pas en bien. C'est-à-dire qu'à force d'importer le tiers-monde, on a le tiers-monde. Mais je vais vous donner les enjeux. L'Afrique avait, en 1900, 100 millions d'habitants. L'Europe avait, à l'époque, entre 300 et 400 millions. L'Afrique a aujourd'hui 1,5 milliard d'habitants, dont la moitié sont des jeunes de moins de 25 ans. Ils seront 2 milliards, voire 2,5 milliards dans 20 ans. Ce que je crains, c'est tout simplement, madame, ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire qu'un continent est en train de se déverser dans un autre.

C'est pour ça que je vous disais, on peut se poser la question de savoir si Rome restera Rome.

9:36
Invité

Nicolas Sarkozy disait sur l'antenne de TF1 toujours que la crise migratoire ne faisait que commencer.

9:41
Éric Zemmour

Elle n'avait pas encore commencé. Je vais vous dire, je suis à moitié d'accord avec cette expression. Mais je ne l'aime pas parce que je pense que la crise migratoire a commencé depuis 40 ans. C'est-à-dire que nous sommes envahis depuis 40 ans et que l'immigration a commencé de détruire tous nos pays depuis 40 ans. Mais évidemment, ça va s'aggraver encore.

10:01
Invité

Vous le savez, le paysage politique maintenant tourne autour de Lampedusa, ces dernières heures. On a parlé de Marine Le Pen, de Nicolas Sarkozy, on a parlé pour égrener tout le monde, mais quand même. Jean-Luc Mélenchon, il a aussi été entendu sur le sujet ces dernières heures. Voilà ce qu'il dit. Si je venais à gouverner, moi, je commencerais par une vague de régularisation massive. Alors, on n'est pas surpris de l'antagonisme, mais vous qui avez apprécié plutôt l'exercice du débat avec lui. Vous auriez Jean-Luc Mélenchon, qui représente quand même des millions d'électeurs face à vous. Vous lui diriez quoi, à M. Jean-Luc Mélenchon ?

10:28
Éric Zemmour

Je lui dirais quelque chose de simple. D'abord que j'ai bien compris, d'ailleurs il le dit dans l'intervention à laquelle vous faites allusion, j'ai bien compris qu'il compte sur l'arrivée toujours plus massive de gens venus des pays arabo-musulmans pour arriver au pouvoir. 70% des musulmans de nationalité française ont voté pour Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2022. Plus il y en aura, et plus il y aura de votes pour Jean-Luc Mélenchon. Les mosquées ont fait voter Jean-Luc Mélenchon, les imams ont fait voter Jean-Luc Mélenchon, les frères musulmans ont fait voter Jean-Luc Mélenchon. Ça, c'est une première chose.

Deuxièmement, et je l'ai entendu, quand il dit que ce sont les ingénieurs de demain et les savants de demain, je dirais que ce sont surtout les dealers de demain, les bacs moins 10 de demain, les livreurs Deliveroo de demain, et d'aujourd'hui. Il y a aussi des profils un peu plus...

11:21
Invité

Mais bien sûr, en fait il y a, vous savez, 1% pour 99%.

11:27
Éric Zemmour

Il y a effectivement quelques gens brillants, et j'en suis fort fait.

11:30
Présentateur

Ça sera très intéressant de vous entendre sur Georgia Meloni, évidemment, dans quelques instants, et la façon dont elle gère cette crise en appelant à l'Europe. Mais d'abord un mot sur le pape, parce que le pape va venir en France à la fin de cette semaine sur le sujet des migrants. Et le pape, il a un discours assez ouvert, de soutien en tout cas aux migrants. Marion Maréchal, qui est dans votre parti, elle dit qu'il ne sait pas de quoi il parle, ce pape sud-américain. Est-ce qu'il est complètement à côté de la plaque ou pas ? Vous l'avez dit, c'est un sud-américain.

11:58
Éric Zemmour

Et en Amérique du Sud, il n'y a pas d'immigration, il y a peu d'immigration arabe, humaine et africaine. Il connaît le monde, il voit bien qui sont les migrants. Tout à fait, vous avez tout à fait raison. Je dirais, alors deuxième chose, dans un premier temps, deuxièmement, vous savez, il y a une règle, un principe, un précepte dans les religions chrétiennes, qui s'inspirent d'ailleurs de la religion juive, et qui est, il faut accueillir l'étranger. Car, dit l'Ancien Testament, les juifs ont été esclaves en Égypte, ont été étrangers en Égypte. Ce qu'on oublie de dire, c'est la suite de la phrase, c'est qu'après, il faut l'accueillir, mais il faut le renvoyer. Il ne faut pas rester.

Et je dirais, pour reprendre mes comparaisons religieuses au pape, que la religion chrétienne m'a appris avec saint Augustin qu'on ne peut pas vouloir le bien jusqu'au mal. C'est apocryphe. Non, ce n'est pas du tout apocryphe, cher ami. Pas du tout, pas du tout, je vous assure que non. Et par ailleurs, je dirais, c'est le mal, non seulement pour nous, car nos peuples sont envahis, submergés, il y a une multiplication de vols, de viols, d'agressions violentes, qui sont en lien avec cette immigration. Mais c'est un mal pour les pays africains. Ces gens-là, depuis 40 ans, ne parviennent pas à se développer.

Ils ont besoin de ces migrants, de ces gens qui sont les plus déterminés, les plus courageux, les plus volontaires. Ces gens-là doivent rester chez eux pour travailler. Il faut arrêter de piller les Africains en leur prenant leur médecin ou en leur prenant d'autres professions comme ça dont on a besoin. Ils en ont besoin chez eux.

13:40
Invité

Éric Zemmour, le temps file, c'est comme ça. Il faut qu'on parle de l'Europe parce qu'elle est au centre de la discussion. Vous l'avez vous-même mis au centre de votre discours en arrivant sur ce plateau. Plus d'Europe, c'est ce que demande Giorgia Meloni, la patronne du gouvernement italien. Est-ce que vous dites vous aussi plus d'Europe, sachant que vous êtes précipité sur place par la voix de Marion Maréchal pour la soutenir dans son discours ? Et ma question dans la question, c'est est-ce que ce n'est pas un peu compliqué comme position pour vous de demander de l'aide à l'Europe tout en tapant dessus ?

14:10
Éric Zemmour

Je vais vous répondre. D'abord, je ne demande pas d'aide à l'Europe.

14:17
Invité

Mais Giorgia Meloni le fait.

14:20
Éric Zemmour

Non, je vais vous expliquer. J'ai regardé la prestation de Mme Meloni. Qu'est-ce qu'elle dit ? Et je ne suis pas l'avocat de Mme Deloni et je ne veux pas rentrer dans les querelles politiciennes italiennes. Je ne veux pas rentrer dans celles françaises. Alors imagine dans les italiennes, la guéguerre entre Méloni, Salvini, etc. Je ne veux pas participer à ça. Mais vous la soutenez. Vous la soutenez.

14:43
Invité

Là où Marine Le Pen soutient Salvini, vous soutenez plutôt Méloni.

14:45
Éric Zemmour

Je vous dis que je ne veux pas rentrer dans ces querelles-là. Mais je vais vous répondre.

14:49
Invité

Mais vous voulez qu'elle soit votre alliée au Parlement européen ?

14:50
Éric Zemmour

Absolument. Donc il y a quand même un petit sujet. C'est ce que j'allais vous dire. Vous avez tout à fait raison. Qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit qu'il faut changer de paradigme. C'est-à-dire que c'est exactement ce que je vous ai dit tout à l'heure. Jusqu'à présent, quand on parlait de solidarité européenne, ça voulait dire qu'on va répartir les migrants. Combien on en prend, combien on n'en prend pas. Les Hongrois et les Polonais qui ne voulaient pas en prendre étaient regardés comme des mauvais élèves. On les sanctionnait, etc. Madame Méloni, et là je suis d'accord avec ça, dit que la solidarité, ça veut dire comment on les repousse ensemble. Comment on les renvoie.

Comment on n'en accepte plus. Et ça, c'est un discours qui est tenu par des États en Europe, la Hongrie, la Pologne, l'Italie de Madame Méloni, mais aussi la Suède désormais qui a compris son erreur tragique, qui a vu son pays devenir à feu et à sang. Et, en revanche, c'est un discours qui n'est pas compris et qui est refusé par la Commission de Bruxelles, par le Parlement. Alors justement, c'est pour cela qu'il faut voter pour des gens qui vont imposer un changement de politique.

C'est pour ça que nous devons voter en France pour Reconquête, qui a fait de cette question la question centrale de toute sa politique, et pour nous allier à des partis, à des groupes, comme ceux de Madame Méloni, qui vont faire basculer la majorité. Je vous rappelle que le Parlement européen est gouverné aujourd'hui par le centre-droit et le centre-gauche, où il y a LR d'ailleurs, qui gouverne avec les socialistes et les verts.

16:19
Invité

Donc la compétition européenne a déjà commencé sur ce sujet. Justement, écoutez peut-être ce qu'en dit Marine Le Pen.

16:24
Présentateur

Marine Le Pen, qui était donc hier l'invité de TF1, et qui a eu des mots assez durs, pour le moins, vis-à-vis de Georgia Méloni. Ça, c'était ce week-end lors de son rassemblement de Bocquer.

16:37
Invité

Il faut à tout prix un moratoire sur l'immigration totale, et il faut que nous reprenions la maîtrise de nos frontières. C'est à nous, nations, de décider qui entre et qui se maintient sur notre territoire. Or, ceux qui en appellent à l'Union européenne se trompent. En appeler à l'Union européenne, c'est vain et c'est dangereux. C'est vain parce que l'Union européenne veut de l'immigration, elle ne cesse de le dire.

17:02
Présentateur

Voilà, et elle avait eu d'autres mots à Bocquer pour dire, en gros, il est vain d'en appeler à l'Union européenne pour résoudre la crise, comme un enfant appelle maman quand il a un problème. Prends ça dans les noms, Georgia Méloni, si j'ose dire.

17:14
Invité

Et par ce biais-là, est-ce que ce n'est pas aussi Marion Maréchal, et donc vous aussi, qu'elle vise ?

17:17
Éric Zemmour

Vous savez, je ne vais pas rentrer dans cette querelle. J'ai beaucoup fait pendant la présidentielle, je ne veux pas rentrer dans cette querelle. Pour moi, c'est ridicule. Je vous ai dit que je ne rentrais pas non plus dans les querelles. C'est un peu facile de ne pas rentrer dans les querelles. Ne vous inquiétez pas, je vais vous répondre.

17:33
Invité

Ce sont de vrais discours politiques derrière. Mais chère madame, je vais vous répondre sur le fond.

17:38
Éric Zemmour

Ne vous inquiétez pas. Je me voilà rassurée. Pendant longtemps, et je suis jadis journaliste politique, j'ai beaucoup suivi ces débats. Les débats sur l'Europe étaient entre, en gros, les fédéralistes et les souverainistes. Et on disait, est-ce que c'est les nations qui doivent décider ou est-ce que c'est l'Europe ? Sauf que, ça a changé aujourd'hui. Je m'explique. Depuis une dizaine d'années, des politiques qui étaient interdites, en Europe, par le traité de Maastricht, par les autres traités, par la Commission européenne de Bruxelles, par exemple. La politique industrielle.

Pendant des années, j'ai dit, d'autres ont dit, c'est scandaleux, on ne peut plus faire de politique industrielle, on ne peut plus faire d'aide d'Etat, etc. Mais depuis quelques années, il y a eu un changement de paradigme dont je vous parlais. Car les gouvernements français et allemands ont dit à la Commission, on en a marre de ça, on veut pouvoir aider nos industries. Laissez-moi finir. Et, simplement, la Commission s'est écrasée. Parce que la France et l'Allemagne ont décidé. Et bien là, c'est pareil sur l'immigration.

À partir du moment où vous changez la majorité au Parlement, où vous changez le gouvernement en France et en Allemagne, et que vous avez un gouvernement français et une majorité au Parlement européen qui disent, il ne faut plus répartir les migrants, mais il faut les repousser, il faut les renvoyer, il ne faut plus en accepter aucun, la Commission s'écrasera. Et le Parlement européen aura changé, et les gouvernements français et allemands auront décidé, comme l'exemple que je vous ai donné pour la politique industrielle.

19:14
Invité

Je vais vous poser la question très très directement, vraiment très cash. Tout ce dont on est en train de parler, la situation à Lampedusa, la situation de ces migrants, est-ce que dans le cadre des élections européennes, vous êtes en train de vous dire que ça fait vos affaires ?

19:28
Éric Zemmour

Chère madame, c'est toujours une question qu'on se pose quand il y a un meurtre, par exemple, par un immigré ou un clandestin, on dit la même chose, c'est la fameuse théorie de la récupération. Mais je vais essayer de vous répondre sur le fond. La politique, qu'est-ce que c'est ? C'est essayer d'avoir des analyses sur l'évolution du monde, et de voir si les événements vous donnent raison ou vous donnent tort. Il n'y a pas de récupération. Là, aujourd'hui, on m'a assez expliqué pendant la présidentielle que l'immigration n'était pas le sujet majeur. Et bien moi, je vais vous dire, depuis trois mois, qu'est-ce qu'on a vu ? On a vu les émeutes début juillet.

On a vu la question des abayas début septembre. Et désormais Lampedusa. On a le cycle complet. On envahit, on pille et on colonise. Voilà notre destin si on ne le prend pas en main et si on n'arrête pas ce cycle inférieur.

20:23
Présentateur

On peut peut-être aussi intégrer, on peut peut-être accueillir et faire en sorte que les choses se passent le mieux possible. C'est l'esprit du texte qui doit être présenté dans les semaines qui viennent, s'il arrive un jour. Parce que c'est vrai que le moins qu'on peut dire, c'est que ça prend du temps. Le fameux texte de loi immigration. Si vous aviez des députés, est-ce que vous les appelleriez à voter ce texte et qui prône à la fois une fermeté, mais également l'accueil sur les métiers en tension ? Monsieur, je crois que depuis 20 ans, il y a eu 28 ou 29 lois.

20:52
Éric Zemmour

Ça sera une loi de plus, soi-disant ferme mais humaine. Vous connaissez la litanie habituelle. Tout ça, c'est du baratin. On ne peut plus modifier, on ne peut plus arrêter cette situation catastrophique avec une loi. Il faut uniquement, parce que derrière la loi, il y a le Conseil constitutionnel qui va casser des mesures dont je vous ai parlé tout à l'heure. Donc la seule solution, ce n'est pas une loi, encore moins de régulariser des soi-disant clandestins qui sont dans les métiers en tension. Monsieur Darmanin essaye de nous faire passer la pommade en nous disant « Mais c'est seulement ceux-là qui étaient là avant ». J'entends ça depuis 40 ans.

Vous savez, il y a eu une première loi de régularisation en 1981. Et depuis 2012, depuis la circulaire valse, il y a des régularisations en douce de 30 000 clandestins tous les ans. Donc tout ça, c'est du baratin. Il faut un référendum dans lequel on demande au peuple de suivre, de voter oui pour les mesures que je vous ai données tout à l'heure.

21:49
Invité

Tout à l'heure, on les avait même entendues.

21:50
Éric Zemmour

Le billet migratoire, c'est la seule solution.

21:52
Invité

Alors, je suis dans mon rôle maître des horloges, en l'occurrence. Le programme est encore assez plein et on a très peu de temps, donc on va être dans un exercice un peu dense. Marine Le Pen, elle a dit qu'elle se voyait comme la candidate naturelle pour 2027. Là encore, soyons directs. Trois effectifs successifs pour la patronne du Rassemblement national. Devrait-elle passer son tour selon vous ? Et puis, peut-être me direz-vous si vous comptez être face à elle.

22:14
Éric Zemmour

Écoutez, elle fait ce qu'elle veut. Son parti fait ce qu'il veut. Tout le monde est libre de se présenter à l'élection présidentielle si on a réglé les conditions. J'ai rien d'autre à dire.

22:24
Invité

Et vous ?

22:25
Éric Zemmour

On verra bien. Mais votre état d'esprit aujourd'hui ? On verra bien. C'est dans quatre ans, cher monsieur.

22:29
Invité

Est-ce que vous êtes le candidat naturel ?

22:31
Éric Zemmour

Écoutez, j'ai vu avec plaisir que Marion Maréchal l'avait dit, d'ailleurs chez vos collègues de TF1, je n'étais très touché. Mais on verra. Dans quatre ans, on verra, vous savez. C'est loin tout ça. Moi, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, le temps presse et que tous les pays d'Europe, et en particulier l'en France, sont en train de basculer dans un autre univers, dans un autre monde.

22:54
Présentateur

On a vu la situation et l'évolution de la situation en Afrique avec de nombreux putschs ces derniers mois. Faut-il, de votre point de vue, rapatrier tous les soldats français qui sont actuellement en Afrique et dire, tant pis, s'il y a des jantes et s'il y a des islamistes là-bas, ça sera l'heure à faire.

23:08
Éric Zemmour

C'est l'autre grande leçon de l'été. On a été chassés de partout. Mali, Centrafrique, Burkina Faso, maintenant Niger. Je pense à notre pauvre ambassadeur, vous savez, qui est séquestré dans son ambassade avec, le président de la République l'a dit lui-même, avec des rations alimentaires. Je pense à nos soldats qui sont enfermés dans nos bases. C'est honteux. C'est une humiliation vraiment scandaleuse. Moi, vous savez, je pense qu'il faut faire table rase de tout ça. On nous annonce la fin de la France-Afrique ? Très bien. Faisons-le vraiment. Et en revanche, en échange, mettons fin à l'Afrique française, à la France africaine.

Il y a aujourd'hui, si vous voulez, les vieux accords de la France-Afrique qui datent du général de Gaulle, entre la France et certains États africains, mais qui nous coûtent très cher, qui nous coûtent en, en, en, d'abord en aide économique, et surtout en complaisance pour l'immigration, en facilité, dont le traité avec l'Algérie de 1968 est l'archétype. Mais en vérité, il y a des complaisances partout. Nous devons arrêter tout cela. Les Africains veulent leur indépendance réelle. Ils veulent peut-être parler russes ou chinois. Rends bien leur face. Moi, ce que je dis, c'est qu'ils sont tout à fait respectables de demander leur indépendance, mais l'indépendance est pour tout le monde.

24:30
Invité

Avant de se quitter, il faut qu'on parle de la mesure pouvoir d'achat. On parle de pouvoir d'achat parce que ce sera aussi au cœur, et c'est peut-être même la préoccupation principale des Français. On a plus de précisions sur la mesure du gouvernement quant au carburant vendu à perte. Ça durera six mois, dit Bruno Le Maire, au début de décembre. Le texte législatif sera étudié à l'Assemblée en octobre prochain. Qu'en pensez-vous ? Et là encore cette question, si vous aviez des députés, Eric Zemmour, si vous-même vous aviez été élu, est-ce que vous auriez voté, accepté une telle mesure ?

24:56
Éric Zemmour

Le problème, vous savez, c'est que le gouvernement est face à une inflation qui est repartie depuis quelques années. Et pour arrêter cette inflation, il fait des chèques. Ça fait des années que ça dure, et des mois que ça dure. Le résultat, c'est qu'on n'arrive pas à réduire les déficits, on n'est pas arrivé à se désendetter quand les taux étaient bas, et que maintenant, les taux remontent et qu'on est complètement étranglé. Et donc le gouvernement ne peut plus faire des chèques. Donc il essaye un autre bricolage. Et ce bricolage, c'est la baisse autorisée, la vente à perte, etc. Moi, je vous dis tout ça, c'est du bricolage.

La raison fondamentale de l'inflation, depuis quelques années, ça peut être d'autres causes, c'était jadis la spirale salaire-inflation dans les années 70, mais aujourd'hui, la cause principale, c'est la hausse de l'énergie. Et la hausse de l'énergie nous touche particulièrement, nous, Européens, elle ne touche pas les Américains, elle ne touche pas d'autres continents, mais elle nous touche particulièrement, nous, Européens, parce que nous avons organisé notre marché, vous voyez, on retrouve l'Europe, on retrouve la question européenne, le marché européen en dépit du bon sens. C'est-à-dire que nous avons branché notre marché de l'électricité sur un marché spéculatif du gaz.

Donc il nous faut impérativement sortir de ce marché européen et, par ailleurs, évidemment, relancer enfin notre énergie nucléaire que M. Macron a délaissée lamentablement pendant cinq ans.

26:26
Présentateur

Est-ce que vous nous dites là, nous emmène d'une certaine façon vers l'Ukraine, sujet qu'on n'a pas eu le temps d'aborder ensemble, mais qu'on va aborder maintenant avec nos experts, si vous le voulez bien, d'un mot ?

26:35
Éric Zemmour

D'un mot, simplement pour dire que, par ailleurs, puisque pour répondre précisément à votre question, moi, je préfère baisser les impôts, les taxes, les charges, plutôt que faire des chèques. Allez, l'Ukraine ! C'est important de le préciser.

Eric Zemmour sur LCI : À force d’importer le tiers-monde, on devient le tiers-monde — Éric Zemmour · Pourquijevote