Race, racisme et antiracisme | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous et toutes. Euh merci de d'être venu à à cet atelier malgré la concurrence des loyales de Jean-Luc Mélenchon sur euh qui en plus prend une partie de notre propos puisque on va quand même parler aussi de de créolisation mais bon écoutez on va faire avec et c'est euh c'est la richesse des enfis. Donc euh je suis ravie de de présenter aussi encore cette année cette cet atelier avec Iman à l'initiative de l'Institut Laboi.
Donc, je suis Daniel Obonau, député de Paris du groupe La France insoumise nouveau Fronts populaire et je suis également membre de la commission des lois à l'Assemblée nationale, la commission des lois constitutionnelles de l'administration générale de l'État euh et qui a dans son périmètre un certain nombre de de sujets euh qui concernent précisément celui que nous allons aborder aujourd'hui puisque nous sommes notamment euh sur des questions de droit et de liberté fondamentales et donc d'égalité, les questions de justice, de police et cetera. Et c'est notamment dans ce cadre-là que j'ai travaillé avec nos collègues sur le sujet du racisme et de la lutte contre le racisme et que nous avons porté nos propositions. Nous allons en discuter euh tout au long de de l'atelier.
Euh je suis également militante euh de euh des mouvements antiracistes depuis euh depuis de très nombreuses années et c'est euh à ce titre que euh nous avons travaillé donc avec Iman qui se présentera euh tout à l'heure avec l'équipe thématique antiracisme pour préparer cet atelier qui est aussi une base de la formation renforcée que nous euh donnons dans le cadre du cursus et des et des promotions de de l'Institut Laboessie et qui a vocation à à être aussi la maquette pour l'autoforation des groupes d'action du mouvement afin que tout cela se diffuse, forme et et et conduise aussi à l'implication du plus grand nombre dans ces luttes. Alors, on va coimer cet atelier Iman Iman et moi. Donc Iman qui est la co animatrice du livret antiracisme.
Et donc on on a préparé une présentation en plusieurs points. On va revenir sur les termes. Pourquoi est-ce qu'on a euh proposé ces termes-là ? euh en particulier comme point d'entrée de de de l'analyse sur la question de la lutte antiracisme parce que c'est pour nous des discussions d'analyse théorique de revenir sur pourquoi et comment ça fonctionne pour pouvoir agir et euh construire nos luttes.
Euh donc je commence je vais commencer euh par vous parler de euh la construction sociale qui est la race en en en science. social. Euh et pourquoi ce concept a euh un intérêt scientifique d'analyse euh pour notre objective ?
Euh Iman parlera de ce qu'on appelle du coup le racisme, le système euh qui euh euh autour desquels se se constitue du coup le processus de racialisation. Euh on va revenir sur une approche aussi euh d'où ça vient, euh comment ça s'est développé, les différents courants d'analyse historique du du phénomène enin de revenir à aujourd'hui. Qu'est-ce que voilà quel est l'état aujourd'hui euh et et pourquoi on parle de d'une société contemporaine où le racisme continue à perdurer et nous parlerons à la fois de l'antiracisme et des propositions de la France insoumise.
Pour commencer, je vais vous proposer une petite introduction musicale. Alors, OK, c'est parti. Ça le temps aujourd'hui, hein ?
Ah, c'est pas comme la semaine dernière, ça c'est s Tiens, j'ai une histoire marron pour vous. Alors, c'est un chinois, un noir et un arabe qui monte dans un taxi. Claque la portière, rebranche le compteur.
Jo le taxi, je suis chauffeur conducteur de père en fils, petitfils de garagiste, transporte simple ouvrier jusqu'au grand dentiste, président du syndicat de taxi. Taxi dor 14 années consécutives, j'ai le métier dans le sang de l'essence dans le sang au volant de mon bolide qui ne consomme qu'un L au 100. kilométrique sera ton gagne pain et méfie-toi du bambou la pico et rapin héritage de mon père sur son lit de mort quelques paroles et une voiture de sport prise de service pour le matinal aucune trace de la clientèle habituelle national doit conduire moi à l'ambassade une voix d'asiatique avec un citron pour façade je peux plus les sentir depuis quelques temps depuis qu'il foutent du clébar dans leur rouleau de printemps balance leur femelle fetuse dans les canivaux à quel niveau sont-ils Les descendants de Confustus leur communauté achète tous les bar tabas à Paris devrait bien les dresser comme bar tabas fin de la course le noir règle le pchich sort de la caisse en laissé de blich blich pour terre cous cous touc touc et pousse pous taxi et le coup de pouce traverse en touche Paris Dakar Alger Tokyo taxi pollue pas de protocole de Kyotous toc tok et pousse pous taxi pouce Je traverse en tout rabat l' pas ma jo le taxi je suis driver de tax l'Asie s'en bat c'est l'Afrique qui s'installe pas de femmes nombreuses mais familles indénombrables africaines mam des benes et colonies de bêtes de la bouche sur leur claquette viennent gradosser ma banquette mais d'où vient cette odeur bond et ça ne m'étonnerait pas que le sapin se mette à fondre une famille par moi pour remplir mes cotails je me retrouve avec le parfum de la zona contrat parasite les africains pas que je sois raciste mais les alog et les astèces c'est pas les frontières qu'elle transit pay en monnaie européenne mam de ta car me donne une bouteille d'eau me dit tiens c'est pour boire je désainfecte la banque arrière lorsque côté passager s'installe une barbe qui touche et ter moitié crouille moitié noir moitié chinois à croire qu'aucun irakien n'a de jolis minoir à croire qu'aucun irakien n'a de miroir c'est à croire qu'il se taille la moustache dans le noir et cororge vin en tracteur de courriers expert dans les vols à l'étalage et dans les longs courriers E boy n'essaie pas de sympathiser.
J'ai vu ton jeu. Tu veux faire de mon taco un taxi bélier sort de ma caisse ? Non même pas les bouraux boulot qui font péter leur bombur de bureau de bureau de bureau de bureau terre pousse gous tou pous pousse tax pous traverse en toutousar alger toyo taxi pollue pas de protocole de pousc tax traverse taxi je suis [Musique] Taco un coué au comptoir du bon saint Bernardio ouvre sa gazette son journal son fichou canard en gros titre histoire du taxi français part Jérémy journaliste diplômé selon c'est dire la profession viendrait d'Asie ou touc touc et pousse pousse à coucher d'un taxi la plupart des composants sont mad taïwan enchaîn dit que leurs chauffeurs n'ont plus d'âmes le cuir des sièges importation africaine est É par les pieds d'une tribu humor italienne.
Tableau de bord en ron de noyer en provenance tout droit de l'équatore. Il y a une forêt. Le carburant qui fait fonctionner son moteur est extirpé dans les profondeurs du Qatar.
Tout ce qui possède des roues et un moteur à gazol devrait bientôt embrasser les fesses des rois du pétrole iraakien saoudien et autres nanti sans eux c'est le cimetière des taxis l'enfer des drivers s vanessa paradina de french que l'antipat [Musique] alors je sais pas s'il y en a qui ont la référence Bine, bien de don Panic tape Jo le taxi. Alors, j'aime bien cette cet extrait parce que je trouve que ça illustre plein de choses et surtout bon ça illustre un ensemble de préjugés racistes et et tout voilà l'enchaînement que ça, je trouve que ça illustre aussi le système global parce que c'est plusieurs catégories et même la fin il y a un petit air de créolisation je trouve intéressante pour faire écho euh à la conférence qui a en même temps. Mais donc il y aurait il y aurait plein de choses à dire.
Je pense que c'est ce sont des genres de textes qui peuvent être des supports de discussion sur sur plein de de sujets et et qui ont vraiment une valeur en plus de musical et et et de l'écriture du texte, je pense pédagogique intéressante. Mais ce que je voudrais pointer en faisant écouter cette cet extrait, c'est que euh ce que ce que décrit ce texte et cette chanson, c'est la manière dont on conçoit de manière générale tous et toutes en fait le racisme. c'est-à-dire l'expression de cet ensemble de préjugés de stigmatisant envers différentes catégories de la population et pour la majorité des gens et pour nous tout c'est le racisme.
C'est ça le racisme. En fait euh ce que je voudrais ce sur quoi je voudrais appuyer pour commencer du coup cette présentation, c'est d'expliquer que c'est effectivement une expression du racisme la manifestation de ces de ces préjugés, le fait de là c'est euh c'est c'est on partage les pensées euh de ce personnage Jo le Taxi. Cette ce racisme, il peut s'exprimer par des paroles et on a dans le texte justement l'expression euh de propos raciste à l'encontre d'un des d'un des d'un des passagers.
Donc c'est pas juste une pensée raciste, c'est des actes du coup et qui vont qui peuvent tomber sous le coût de la loi les les actes et les propos tenus. Mais d'une certaine manière, même si c'est on va dire la forme la plus spectaculaire qui peut aller y compris jusqu'à euh jusqu'à des crimes euh et et le meurtre, on le verra aussi. Mais d'une certaine manière, ça c'est on va dire la face émergée de de l'iceberg.
C'est la manifestation visible explicite du racisme. Et nous l'approche que l'on a et qu'on justement un certain nombre de de chercheurs de cette école critique de la race comme catégorie sociale et en fait de de courants même plus larges que ça on va dire qui ont une approche matérialiste des phénomènes sociaux. c'est euh d'expliquer que euh les manifestations explicites sont euh l'expression de quelque chose de plus profond, de plus structurel euh en fait euh qui euh ne relève pas simplement euh de l'ignorance parce que il y a euh énormément d'ignorance et le la la chanson le montre bien justement à la à la fin de manière assez ironique de la bêtise et et y compris c'est pour ça que la lutte contre le racisme ne peut pas être juste euh une question euh certainement pas juste morale.
Il y a une morale bien sûr et ça c'est quelque chose d'important ou simplement de l'éducation en disant en gros il faut éduquer les gens, leur apprendre justement ce que ce qu'explique la chanson en disant en fait tout ce qui est stigmatisé dans dans cette par ce chauffeur de taxi en fait euh lui lui lui donne les moyens de sa propre existence en fait d'une certaine manière. Donc il s'agit pas juste d'expliquer aux gens parce que ce que ce qu'est le racisme comme système c'est quelque chose justement de construit, de social, d'économique, de matériel en fait. Et c'est pour ça d'ailleurs que malgré ce qu'on peut penser en se disant au fur et à mesure des générations en fait voilà, c'est les anciennes générations qui sont réacé plus les jeunes les gens sont sont éduqués et le le racisme va disparaître d'une certaine manière.
C'est un peu c'est un peu cette cette idée-là qui est qui est prédominante. En fait, ça ne suffit pas, c'est bien évidemment nécessaire et dans nos propositions, on a cette dimension de d'enseignement, de formation, de pédagogie. Mais ça ne suffit pas si on ne s'attaque pas à la racine euh et à ce qui fait en fait euh la production et la reproduction jusqu'à aujourd'hui euh du racisme.
Et c'est là où arrive précisément le concept euh de la race. Ce concept, il est développé par tout un courant de de chercheurs. Euh là, je m'appuyais énormément sur notamment les travaux euh et l'ouvrage très synthétique, je vous conseille, de Sarah Mazous euh qui qui résume très bien ce que ce qu'est le le concept de la race et pourquoi est-ce que c'est une catégorie de recherche scientifique et donc les travaux euh de ce de ce courant de recherche euh qui euh je trouve est très bien euh expliqué par la formule de la sociologue Colette Guim qui dit "La race n'existe pas mais elle est partout mais elle tue." Et donc c'est cette c'est autour de cette contradiction euh qui euh donc affirme très clairement que la race comme biologisation des des différences ou division du du genre humain en en en hiérarchie en groupe en fonction des caractéristiques dites raciales n'existe pas.
Enfin voilà, c'est c'est pas une réalité biologique ni anthropologique. Donc euh mais c'est parce que c'est une construction socio sociohistorique qu'elle a continue à avoir des conséquences actuelles euh et continue à se à se se perpétuer. Et c'est donc ce concept qui va être du coup utilisé dans les courants d'analyse critique.
C'est c'est une école critique de la race comme il y a une une école critique du genre par exemple, une autre catégorie sociologique qui vise à expliquer du coup d'où ça vient parce que la la l'apport de ce courant c'est aussi de montrer que ça a un début euh ça a un développement ça a des dynamiques et donc ça peut avoir une fin. Donc c'est pas quelque chose dans la nature humaine en soi et qui a toujours existé et qui existe toujours. Et je pense que ça aussi c'est un élément important. euh et donc de pouvoir analyser euh les origines et euh euh le fonctionnement.
Et c'est ce qu'on va essayer de vous présenter euh euh dans notre dans cette euh atelier. Donc euh ces chercheurs expliquent que la race n'existe pas au sens de au sens où l'idéologie raciste et les racistes euh le lui confèrent. Il n'y a pas de hiérarchie, il n'y a pas de de de biologisation déterministe des différences phénotypique de couleur de peau.
Euh mais au-delà de de de ce ce genre de différence biologique, euh culturelle ou autre, ce qui existe par contre, c'est un rapport social de domination, de hiérarchisation et c'est ce rapport social qui est qui est expliqué. Euh, elle explique, c'est un rapport de pouvoir qui structure selon des modalités euh diverses en fonction des contextes et des époques, la place sociale qui va être assignée à tel ou tel autre groupe au nom de ce qui est euh présenté comme une altérité euh originelle, euh immémoriale, inchangeable, qu'elle soit gérocraphie culturelle, religieuse, phénotypique et cetera. Et donc en sciences sociale et et l'intérêt de ce courant d'étude, c'est d'utiliser cette notion, c'est pour désigner ce rapport euh hiérarchique au même ti que la classe ou le genre.
C'est un rapport de domination et et de d'essayer de comprendre comment ce ce phénomène fonctionne comme réalité sociale, comme fait historique, comme trajectoire et du coup de savoir comment changer. Pour nous qui sommes matérialistes, qui sommes de cette tradition, j'ose dire marxiste, l'objectif de tous ces débats, c'est de savoir comment on intervient et comment comprendre le monde pour pouvoir le changer. Donc c'est ça l'objectif.
Et donc euh dans cette catégorie sociale, elle fonctionne euh par par un processus un processus euh de racialisation ou de racisation. Ce sont les termes employés par les les chercheurs, pour nommer justement les pratiques de pouvoir qui sont socialement construites, processuelles et par conséquent justement relative à un contexte historique, politique et social. euh elles expliqu elles en elles en explicitent le sens politique, historique, social en les rapportant au mode de production euh des hiérarchies euh euh raciale.
Et donc c'est euh euh l'usage qui est fait et qui est euh un apport je pense théorique. Déjà je je le dis tout de suite, euh cette c'est ce courant euh de recherche fait l'objet de débat. Euh c'est c'est ce n'est euh de toute évidence pas euh le la perception et euh euh le le on va dire euh une une idée qui est euh euh ultra majoritaire dans le champ scientifique mais qui est appuyé euh de euh dizaines d'années et de décennies de de de recherche.
En France, c'est un un courant qui se développe mais au niveau international et c'est un des un des un des sujets qu'on pourra aborder aussi parce que c'est des c'est des études qui ont des décennies de recherche et y compris de débats scientifiques donc qui sont qui sont légitimes au sens où qu'elles sont qu'elles apportent des éléments d'analy circonstancié euh et qui du coup permettent de mettre en lumière justement le système que construit ce rapport de domination, le système raciste euh que Iman va euh maintenant vous présenter. [Applaudissements] Alors euh oui euh donc Daniel a bien montré en quoi la race c'était un rapport de pouvoir qui structurait qui structurait un petit peu les rapports sociaux entre les individus dans une société donnée. Et on peut également montrer en quoi le racisme est un système de domination qui a un processus humain, qui a une création humaine et qui de ce fait n'est pas du tout inhérent à la nature humaine et qui donc peut être déconstruit, peut être compris et on peut l'analyser selon une approche matérialiste en parlant de mécanique raciste.
Alors là, on a emprunté à Tvagon ce principe de mécanique raciste. Pourquoi parler de mécanique ? C'est justement pour insister sur l'artificialité. euh de la chose pour montrer à quel point elle n'est pas naturelle.
Alors, comment s'opère euh le racisme en France ? En France ou ailleurs, en fait ? Alors, tout d'abord, il y a la focalisation sur un critère arbitrairement choisi.
Ça peut être la couleur de peau, ça peut être la religion, la culture et cetera. On va se focaliser dessus et cette différence là, ce qui va être perçu comme une différence par rapport à une normalité établie donc en l'occurrence la blancheur va devenir un stigmate. Elle va être porteuse de caractéristiques péjoratives et on va réduire l'individu qui est porteur de ce stigmat uniquement à ces différences là.
C'est-à-dire que quiconque qui serait, entre autres choses, noir, qui serait par exemple euh ouvrier dans je ne sais quel domaine, qui serait euh un homme euh par exemple homosexuel ou quoi, et bien il deviendra surtout un noir la il y aura un arabe. On va en fait réduire toute sa personne et les différentes les différentes choses qui le composent en tant que personne uniquement à sa caractéristique raciale. Et puis on va avoir également l'écrasement de toutes les différences de classe sociale ou de personnalité entre les personnes porteuses de ce même stigmat.
C'est-à-dire qu'on va dire que les noirs sont tous les mêmes, les Arabes sont tous les mêmes et cetera. Et ça c'est dans une visée d'essentialisation. Et puis finalement en faisant tout ce travail-là, on peut ensuite légitimer une inégalité de traitement.
C'est-à-dire que étant donné que ces personnes-là qu'on a considéré comme étant uniquement euh uniquement pouvant être uniquement qualifiés vis-à-vis de cette différence-là et que ces différences là est porteuse de caractéristiques négatives, on peut tout à fait considérer que si elles subissent une inégalité de traitement, c'est de leur faute, c'est-à-dire qu'on va dire qu' a qu'elles mérite leur sort, que c'est normal qu'elles soi exclu, que c'est normal qu'il soi qu'il subissent plus de contrôle d'identité étant donné qu'ils sont plus des délinquants et cetera et cetera. Et donc ce qui est important à retenir, c'est que ce n'est pas vraiment la différence qui va produire le racisme et le structurer, mais c'est comment elle va être ressignifiée. En fait, c'est ce que Colette Guillaume justement appelait l'univers imaginaire raciste.
Ce n'est pas la couleur de peau, ce n'est pas le taux de mélanine dans le corps ou bien la religion qui véritablement crée le racisme. Ça va plutôt être tout ce qu'on va attribuer à cette couleur de peau particulière ou à cette religion particulière. C'est tout cet imaginaire-là qu'on va construire autour en tant que société dont nous sommes toutes et tous porte porteuses et porteurs et qu'il nous faut nous-même nous déconstruire dessus.
Et c'est ça qui va faire que des personnes vont être vont subir un système d'exploitation de domination tout à fait systémique. Et par ailleurs, contrairement à ce qui est souvent dit, le racisme ce n'est pas la peur de l'inconnu, c'est plutôt le bien connu. C'est c'est-à-dire que l'énoncé raciste fondamental, c'est d'ailleurs je les connais, je les connais, je sais que c'est des voleurs, je sais que c'est des gens qui sont mauvais, qui sont dangereux et cetera.
C'est c'est pas en fait la peur d'un inconnu qui nous serait éloigné, qui nous serait étranger, qui serait dans la nature humaine. Absolument pas. C'est justement parce qu'on pense connaître les personnes en fonction de catégories sociales hiérarchisées qui sont encore une fois construites par l'homme.
Et donc au final euh la race et le racisme arrivent toujours à postériori pour légitimer et justifier un système d'oppression et d'exploitation. C'est à chaque fois quelque chose. Ce n'est pas parce que on est pas ce n'est pas parce que les sociétés sont racistes ou que des personnes croient au racisme que il va y avoir légitimation, qu'il va y avoir exploitation et domination.
C'est bien parce qu'il y a exploitation et domination qu'on a créé ensuite le système de la race pour pouvoir la justifier et la légitimer tout en parlant d'égalité ou que sais-je. Et donc euh dans ce cadre-là, ce qui est important euh peut-être à noter dans euh dans des définitions un petit peu de la race, du racisme, de la racialisation, c'est peut-être un terme qui est un peu méconnu, enfin ou peut-être trop connu et mal connu, c'est l'intersectionnalité parce que c'est utilisé un petit peu comme un mot épouvantail ou bien un mot fourtout. Alors, l'intersectionnalité, tout d'abord, c'est un terme qui a été forgé par une juriste américaine qui s'appelle Kimberley Crencho.
Et en fait, ça permet simplement de penser les effets de domination, de subordination et d'exploitation lié à l'intation de facteurs comme la race, le genre, l'âge, la catégorie sociale, la situation géographique et cetera. Et là, ce qui est important à comprendre, c'est ce terme-là d'intrication et non pas de superposition. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on est euh, on va dire un une femme racisée qu'on subit et euh le sexisme tel que le subirait une femme blanche et le racisme tel que le subirait un homme racisé.
En fait, ça va créer une nouvelle configuration de de domination et d'exploitation qui est particulière. Il va y avoir des choses qui seront communes à toutes les personnes racisées, à toutes les personnes par exemple à toutes les femmes ou autres. Mais ça va créer également un système de domination qui est tout particulier et qu'il faut comprendre et qu'il faut analyser parce que sans quoi on peut pas véritablement s'armerquement contre le racisme et pouvoir lutter contre.
Et pour prendre un exemple très particulier, on peut prendre le cas des femmes immigrées parce que en fait plus de 50 % de la population qui migre dans le monde est composé de femmes et non pas d'hommes tout d'abord, contrairement à l'imaginaire qui nous voudrait nous faire croire que c'est une masse d'hommes dangereux qui arrivent, alors plus de 50 % c'est des femmes déjà et il y a beaucoup de femmes immigrées qui arrivent en France et celle-ci et ben du fait d'être des femmes, du fait d'être généralement racisé, du fait d'être dans des parcours de migr du fait d'être généralement dans des situations de précarité assez difficiles sont aux confluence de différents types de discrimination et ce qu'elles subissent est quelque chose qui est qui qui qui les place dans une grande position de de vulnérabilité. par exemple, elles sont deux fois plus atteintes de VIH que leurs homologues masculins. Et parmi celles qui sont suivies en psychothérapie à la comète, donc la comète qui qui accompagne parfois les migrants, et bien 74 % d'entre elles déclarent avoir subi des violences sexuelles, que ce soit dans leur pays d'arrivée, dans leur parcours ou bien à leur arrivée en France, dans leur pays d'origine, dans leur parcours migratoire ou à leur arrivée en France.
Et on pourrait également citer l'exemple du racisme environnemental comme pour le clore d'écron par exemple, comme euh pour les gens du voyage également qui vont être contonnés euh en fait qui ne vont pas avoir d'air d'accueil et d'air d'accueil alors que c'est en fait la loi qui vont devoir vivre sans avoir accès donc à de l'eau, de l'électricité, tous les besoins fondamentaux, la scolarisation également pour les enfants. Et donc là, on est dans quelque chose où le racisme va s'intriquer à une discrimination environnementale, ce qui va provoquer une configuration de domination tout à fait particulière. Et donc tout à l'heure Daniel disait bien que la race est un fait historique qui a une origine, qui a eu des développement en fonction de contextes socio-politique et économique particuliers qui s'est développé et encore en cours aujourd'hui parce que c'est un fait c'est un fait social dans notre société.
Et c'est pour cela comme c'est un fait historique et comme il est important de se rappeler que c'est toujours un processus humain qui a été construit et comme tout processus humain normalement il pourrait avoir une fin et c'est ce pourquoi on se bat. Alors Daniel va vous donner une succinte généalogie de la notion de la race et du racisme. [Applaudissements] Alors ce que je vais vous présenter, c'est donc l'objet s'appuie sur des travaux donc de de ces chercheurs sur sur la catégorie de la race et sur le racisme.
Et ce que nous on a construit un peu comme continuité, ça c'est c'est l'objet de débat. Donc c'est pas c'est pas établi ou accepté par tous les chercheurs puisque en règle générale quand on a quand on parle y compris en terme scolaire ou de formation générale du racisme, on parle et on on on on cite euh le le 19e siècle euh c'est-à-dire euh la période de euh du racisme scientifique où se sont développé des théories euh d'abord euh euh linguistique et anthropologique ethnologique qui ont établi donc les hiérarchies raciales et cetera. Euh et donc c'est un moment euh effectivement euh du processus de racialisation euh euh contemporain.
Mais donc plusieurs chercheurs en fait sont allés plus loin et ont remis en cause l'idée que en fait la race et le racisme en fait sont le produit de de de du 19e siècle et et se développe et ces catégories là et ces termes-là se développent à partir du 19e siècle et en fait sont remonté euh je vais je vais aborder le tournant atlantique du 16e 18e siècle qui a qui a un moment particulier. Donc ça c'est une première une première série de de de recherch et de chercheurs et c'est assez pour le coup dans le champ établi le rôle particulier de de ce moment-là et notamment de la traite esclavagiste dans ce moment-là et et certains un certain nombre. Donc là, je m'appuie sur les travaux d'un chercheur Raaza Zya Ibrahimi. et donc d'autres d'autres d'autres références, mais c'est lui qui dernièrement donc dans un ouvrage intitulé Antisémitisme et et islamophobie, une histoire croisée qui est sortie dernièrement et qui a un bon résumé là aussi des travaux sur la race et sur l'origine euh hanté 18e siècle, c'est-à-dire même avant que justement les les chercheurs autour de la question de l'esclavage situent le développement de la catégorie de la race et et du développement du du racisme.
En fait, ces chercheurs trouvent des prémisses de l'émergence de cette catégorie là dans euh le le 15e siècle en fait et à l'issue du processus de la reconquête ibérique. Euh donc pour faire très vite et les historiens ici complèteront. Donc donc c'est entre le 7e siècle et du coup le 15e siècle, il y a euh euh le le l'avancée euh arabe dans le territoire qu'on appelle Europe aujourd'hui.
Et bon euh donc jusque jusqu'une bonne partie de la péninsule ibérique et donc c'est la période de Allandalous et donc de de des du royaume musulman sur ce territoire. Et donc tout au long de cette période, il y a dans les dans les les royautés ibériques espagnoles et portugaises, même si c'était pas leur euh leur leur dénomination nationale en tant que telle, euh des processus donc de reconquête de de ce territoire qui s'achève du coup au au 15e siècle. Et en fait les chercheurs ont identifié autour du traitement particulier.
C'est pour ça que Reza Ibrahimi parle de enfin de cette histoire antisémitisme et islamophobie, une histoire croisée du coup autour de de deux catégorie de la population dans ce sur ce territoire là. euh les mares, c'est-à-dire fait les descendants euh de population juives convertis au au christianisme et les morisques qui sont les descendants euh de population musulmane euh converti euh au christianisme du traitement qui va être fait dans le processus de reconquête et dans le processus de l'inquisition euh euh espagnole de ces catégoriesl et le développement justement de de de des prémises de ce de ce concept du concept racial avec la notion le concept de limpieza des sangré la pureté du sang. Et euh c'est euh autour de cette idée en fait euh où euh ceux qui vont être ciblés, c'est l'idée que en fait les descendants du coup de de ces juifs et de ces musulmans qui se sont convertis ne sont pas des vrais chrétiens parce qu'ils ont ils ont cette ascendance là euh qui les li à à des des populations qui avaient une autre une autre religion.
Et donc les chercheurs identifient expliquent que l'identification des Morisques et des Maranes comme communauté ontologiquement distinct et le premier cas historique de division d'une population sur la base de notion de descendance. Le présupposé étant que ces populations héritent héritent des caractéristiques traditionnellement associées avec leur ancêêtre juifs et musulman comme si leur convion leur conversion n'avait euh jamais n'avait pas eu d'effets. Le sang déterminant la nature de l'individu, il s'agit indubitablement pour ses pour ses chercheurs d'un cas de racisme.
Et donc cette notion de limpiedza des sangré participe de l'histoire de la racialisation biologique qui vient elle-même s'ajouter aux éléments religiohthistorique préexistant. l'antijudaïsme euh chrétien qui qui prédate et et les éléments de concurrence entre euh euh la chrétienté et l'islam et et euh et toute la période de d'opposition des royaumes chrétiens et et musulmans et notamment les les fameuses croisades. Comme elles s'appliquent aux juifs, aux musulmans et à leurs descendants, on peut considérer qu'elle est plus spécifiquement antisém antisémite et islamovpod.
Et donc ces chercheurs expliquent comment on retrouve dans ce cas de figure les deux éléments constitutifs d'un d'un système raciste. Premièrement, les notions de race et de sang servent à rationaliser un ensemble de stéréotypes utilisés pour représenter les juifs et les musulmans comme enclin à l'érésie. Donc la justification euh euh de leur leur différence.
Et deuxièmement, elle participe à un système de domination, de discrimination et de ségrégation sociale qui vise à maintenir ses groupes dans un statut subalterne. Dès lors, toutes les conditions syéquanomes du racisme sont euh remplies. Et donc on a y compris un processus où du coup ces ces populations vont être exclues d'un certain nombre de charges, vont devoir porter des des des vêtements distinctifs jusqu'à l'expulsion physique de ces de ces populations, des maranes et des morisques une fois la reconquête terminée du territoire.
Donc ça c'est un ça c'est un peu le moment qui est identifié. Alors, ça fait débat euh chez les chercheurs, mais euh c'est des éléments extrêmement intéressants. Je vous invite euh à à à lire cet ouvrage de Raazia Ibrahimi et des et des travaux sur sur ce sujet et et en fait euh c'est c'est assez intéressant parce que ce qui se ce qui se qui se que joue à ce moment-là se joue à un moment donc au 15e siècle, les années 1400 et la fin des années 14 1400.
Et donc au moment où va se jouer le tournant atlantique et à partir de là euh euh la dite conquête des Amériques euh et d'une certaine manière euh pour nous il y a une continuité effectivement dans dans ce qui est dans ce que proposent comme analyse les chercheurs parce que c'est d'une certaine manière la diffusion euh de euh de cette de ce de ces catégories et de cette euh catégorisation des des des individus qui va se jouer donc au tour au tournant du du 16e siècle et du 16e siècle au 18e siècle avec euh la traite esclavagiste atlantique euh puisque bon l'esclavage est un système qui existé euh euh depuis très longtemps dans l'histoire des des sociétés humaines euh et qui euh et et qui continue par ailleurs jusque jusque jusqu'à aujourd'hui. Mais en fait ce qui va se ce qui va se jouer de de particulier dans cette dans cette période et donc là ce sont les travaux d'Aurélia Michel qui sera présente aux amphi ce samedi à la conférence qu'on fait sur le sujet et qui explicitera justement ce qu'elle a ce qu'elle quel et d'autres chercheurs sur l'histoire du du racisme et de la et de la colonisation et justement sur ce qu'ils appellent l'approche historique de la race qui qui détermine euh son origine et son et son développement explique, c'est que c'est dans cette période de autour de de la traite atlantique et autour de l'usage qui va être fait des populations esclavisées euh aux Amériques euh que va se va se va se diffuser et se développer à une échelle de masse le le racisme autour des figures de l'esclave et des et des amalgames qui vont qui vont être faits et et où la figure en fait de l'esclave c'est le noir. c'est la figure du noir, du [ __ ] euh comme euh c'est le terme qui est qui est qui est employé euh et l'identification qui est faite.
Et ce qui est intéressant, c'est de comprendre pour nous, y compris qui avons une une analyse mariste et matérialiste, c'est que c'est la concomitance de de deux moments de deux moments fondamentaux dans le développement des sociétés modernes, pas simplement celles des Amériques, mais celles aussi de l'Europe et en plus euh le le de des sociétés africaines parce que la traite va avoir un impact euh sur le développement ou le non développement euh des sociétés africaines pour pour des décennies euh pour à plusieurs niveaux. Je vous je vous renvoie aux travaux de Rodney sur comment l'Europe a a sous-développé l'Afrique. Euh euh mais en fait, c'est ce moment-là aussi euh où euh le capitalisme et l'émergence du capitalisme va euh se se euh se rencontrer en fait le le la colonisation des Amériques.
Et c'est pour ça en fait que ça fait un moment tournant. Euh c'est euh pour euh comme l'analyse à l'époque les les penseurs de l'époque et notamment un penseur euh estimable qui est euh Carles Marx qui explique comment l'esclavage direct et le pivot de l'industrie bourgeoise aussi bien que les machines, le crédit et cetera. Sans esclavage, vous n'avez pas de coton.
Sans le coton, vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donné leur valeur aux colonies. Ce sont les colonies qui ont créé le commerce de l'univers.
C'est le commerce de l'univers qui est la condition de la grande industrie. Ainsi, l'esclavage est une catégorie économique de la plus grande importance. Vous avez dernièrement un ouvrage qui a été recensé dans Media part par Romarie Godin aux sources du capitalisme l'esclavage et c'est Maximberg et Pat Hudson qui qui ont qui ont produit une recherche là-dessus où ils expliquent je cite comment l'esclavage a donné au capitalisme moderne quelques-unes de ces structures fondamentales de production et de consommation et a promu les inégalités de races, de classe et de lieux qui ont caractérisé la Grande-Bretagne et le reste du monde. au cours des trois derniers siècles.
Et donc euh voilà comment en fait se joue l'articulation de ces moments historiques euh ou euh de ces prémisses ibériques au tournant atlantique se développe en fait cette catégorie qui s'inscrit dans le développement même des sociétés modernes, des sociétés capitalistes euh modernes. Et c'est comme ça que nous on analyse ce système qui qui se met en place autour de la catégorie raciale et qui va connaître des évolutions après la traite esclavagiste et qui est qui est le produit justement de de la nécessité de perpétuer aussi cette traite avec euh la la colonisation du continent et euh la production et la reproduction dans les sociétés modernes, donc les Amériques, les Caraïbes, euh l'Afrique colonisée et l'Europe puisque c'est le lieu de production majeur de cette catégorie qui va ensuite avoir un une justification scientifique ou scientiste. Euh la science étant alors il y a aussi une histoire des coloniales de la science pour montrer comment la science moderne euh s'est appuyée euh dans le choix des populations qui vont faire l'objet des tests médicaux ou de tel et tel. aussi appuyer justement sur la race pour se développer littéralement et et comment la race a permis de justifier le traitement de ces populations comme des des l'expérimentation de l'expérimentation scientifique.
Et donc on arrive d'hier à aujourd'hui à cette persistance et perpétuation et reproduction de de la race et du racisme qui est une réalité quotidienne. Et donc on va aborder maintenant qu'est-ce que aujourd'hui en France quand on parle d'un racisme systémique et d'un raciste structurel, on veut dire par là avec un certain nombre de données de chiffres que vont que va vous présenter Iman. Alors oui, donc la race et le racisme c'est un fait social qui est encore d'actualité et il est encore d'actualité dans ces manifestations, on va dire idéal comment les personnes perçoivent d'autres groupes sociaux et comment ils les hiérarchisent, mais également dans euh, on va dire ces manifestations factuelles, dans les rapports de pouvoir, dans les rapports interindividuels entre personnes.
Quand je parle de manifestation individuelle, on a des chiffres. par exemple la CCDH, la Commission nationale consultative des droits humains. Ça chaque année un rapport euh sur le la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme.
Et dans leur dernier rapport, il montrent les résultats de leur sondage qui disent que près de 60 % de la population française pense que, et je cite, "De nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale". Et on a 50 % presque de la population, 49,3 qui pensent que et je cite encore une fois, "Les Romes vivent essentiellement de vol et de trafic. Et il faut rappeler que l'antitiganisme est quand même la forme de racisme la plus la plus commune qui est vraiment prépondérante et qui est malheureusement la moins bien combattue.
Et puis on a un 5e, un peu plus d'un 5e de la population qui pensent que les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas vraiment français. Alors, c'est ces ces chiffres se traduisent également dans des faits. On estime à 1,2 million de personnes euh le nombre de victimes chaque année d'une atteinte à caractère raciste.
Et donc là, on parle d'injure, de menace, de violence et de discrimination selon les estimations. Par contre, si on regarde les chiffres du ministère de l'intérieur, les chiffres des forces de l'ordre, par exemple, en 2022, on avait uniquement 12600 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux qui ont été enregistrées. Donc, on voit bien qu'on perd un certain nombre de de de cas là-dedans entre 1,2 million jusqu'à 12600.
Et en plus en 2021 on sait que seulement 1328 condamnations ont été prononcées pour infraction à caractère raciste ou commise avec la circonstance aggravante de racisme. Donc on a un petit facteur 1000 qui se qui se balade là-dedans. Pourquoi ça ? parce que on a ce qu'on appelle déjà le chiffre noir, c'est-à-dire que il y a une différence entre les actes commis et leur prise en compte par la justice parce qu'il y a une complexité à qualifier judiciairement un acte raciste.
Ça c'est notamment dû au fait que et bien parfois les professionnels juridiques et les forces de l'ordre ne sont pas assez formées et sont eux-mêmes et elles-mêmes ignorantes des outils juridiques dans le droit antidiscriminatoire. Ce qui fait que même pour un avocat, il va avoir du mal un petit peu à orienter son client ou sa cliente parce qu'il n'est même pas au fait du droit antidiscriminatoire français. On a également le fait que il faut jamais sous-estimer la douleur du de du dépôt de plainte qui qui n'est pas un acte anodin surtout quand on est déjà éprouvé par les actes subis.
Et puis il y a également d'autres d'autres d'autres raisons comme la peur des représailles, la honte, la difficulté d'aller devant des policiers, de leur raconter encore une fois ce qui nous est arrivé. Et typiquement, on a une enquête qui a été réalisée sur une période de 3 ans de 2013 à 2018 qui montrait que seulement 14 % des victimes de menaces ou violence physique raciste avait formellement porté plainte et seulement 2 % des victimes d'injure racistes avaient formellement porté plainte. Et donc très souvent quand on nous dit que finalement il y a uniquement 12600 infractions à caractère raciste qui ont été enregistré, il faut faire quand même un petit peu attention parce que il y a ce chiffre noir euh qui peut un petit peu changer l'image que l'on a.
Et si l'on parle des discriminations, alors les discriminations, ça ça consiste en quoi ? Ce n'est pas du tout équivalent au racisme déjà. Et une discrimination, c'est un traitement inégalitaire sur basé sur un sur un critère considéré comme illégitime.
Donc on peut avoir des discriminations raciales comme on peut avoir des discriminations de genre, des discriminations du haut handicap ou autres. Et quand on parle de discrimination, on est dans le domaine euh de l'action, du fait. On va pas parler par exemple des pensées, des injures, des menaces.
Ça ça fait pas partie des discriminations. Quand on parle de des discriminations, on est tout le temps dans l'action. Et le fait justement de confondre discrimination et racisme, c'est assez dangereux parce que ça ne laisse pas voir le racisme ordinaire, ça laisse pas voir le racisme idéologique, ça laisse pas voir les différentes manifestations du racisme, le racisme structurel aussi.
Ça ne permet pas de voir non plus les rapports de pouvoir et les logiques de domination dont on a parlé tout à l'heure. Et donc si l'on revient aux discriminations en France, les discriminations racelles, il faut déjà noter qu'elles n'ont été reconnues qu'à la fin du 20e siècle parce que avant les différences de traitement entre personnes racisées et personnes blanches étaient imputées aux personnes racisées qui n'étaient pas assez performantes. Donc à partir des de la fin du 20e siècle, on a commencé à avoir un droit antiscriminatoire et petit à petit à comptabiliser le nombre de personnes victimes de discrimination et le défenseur des droits qui récupère donc les sésines et auxquelles il faut par ailleurs s'adresser dès qu'on a des problèmes de discrimination.
Euh donc euh le défenseur des droits note que l'emploi demeure en 2022 le premier domaine de discrimination et que le premier critère de discrimination euh à l'emploi reste euh ce qu'ils appellent l'origine euh donc des discriminations raciales. Et si l'on prend par exemple un testing réalisé par la dares sur 2 ans, on voit que les candidats d'origine supposée maghrébine reçoivent 32 % de rappel en moins que ceux sans ascendance migratoire supposé. Et tout cela, ça se voit sur le taux de chômage et donc la précarité économique et sociale des individus.
Donc sur le taux de chômage des descendants d'immigrés en 2021, il était de 11,6 % contre seulement 6,8 pour le reste de la population. Et quand on parle des immigrés cette fois-ci, et bien il était de 13 % euh 13 % donc contre près de 7 % pour les personnes sans ascendance migratoire. Et donc ce qu'on voit c'est que ces discriminations raciales, elles vont ensuite entraîner également une précarité économique et sociale et donc des discriminations liées à la catégorie sociale et autres.
Et c'est pour cela qu'on parle d'effet de système, c'est-à-dire que le fait d'être racisé va être handicapant du berceau au linul en fait. le fait d'être racisé va percuter votre trajectoire de vie partout, que ce soit dans la scolarisation, que ce soit dans euh dans l'université où vous pouvez aller, que ce soit la situation, votre situation géographique tout simplement, euh que ce soit dans le domaine de la santé parce qu'il faut quand même rappeler que les personnes racisées vont meurent généralement plutôt ne serait-ce qu'à cause de maladies cardio-vasculaires parce que elles subissent plus de stress, plus d'anxiété que euh il y a une moins bonne prise en charge euh par les professionnels de santé des personnes racisées. Euh en fait, ça vous surexpose évidemment au contrôle policier, à des relations dégradées avec les forces de l'ordre et en fait rappeler tous ces chiffres-là, ça permet également de montrer qu'il faut pas attendre quelque part des manifestations spectaculaires du racisme pour se rendre compte que le racisme existe.
Il faut pas attendre qu'il y ait un mort ou bien qu'il y ait une attaque que qu'on peut véritablement qualifier de raciste et on peut pas il peut pas y avoir de doute dessus pour considérer que le racisme existe. Le racisme existe dans la vie de millions de personnes tous les jours. Et c'est ce qui est voilà, c'est ce qui fait que on parle de racisme structurel ou de racisme systémique.
Mais cela dit, les personnes des racisées ne sont pas que des victimes. Les personnes racisées sont également des sujets sociaux, sont également des sujets politiques qui ont combattu depuis que le racisme existe pour leur droit, pour leur la fin des oppressions, pour la fin de leur domination. Et c'est pour cela que Daniel va vous parler d'antiracisme. [Applaudissements] Alors euh comme je le disais, pour nous cette analyse et le fait de s'appuyer sur euh les travaux des chercheurs, mais aussi des institutions comme la Commission nationale consultative des droits humains, comme la euh le défenseur euh la défenseur des droits, euh c'est essentiel et euh et je pense que c'est aussi justement ces travaux euh ça ça a été aussi le produit de mobilisation et et de lutte à différents niveaux pour que euh ce soit de plus en plus euh pris pris pris en compte.
Euh tout cela vise pas simplement à s'éclairer individuellement et euh euh et euh et à comprendre le fonctionnement du système, mais à se donner aussi les outils pour combattre ce qui est pour nous un un phénomène euh humainement, individuellement et collectivement euh délétaire, mortifère. Euh et c'est pour ça que pour nous l'antracisme c'est pas simplement une disposition humaniste, salée, c'est notre considération de qui sommes-nous comme être humain. Et nous considérons que nous sommes des êtres humains à et semblable semblable dans les besoins et donc semblable dans euh les droits et la dignité que nous nous nous avons chacun et chacune et nous nous devons à chacun euh et chacune. et également c'est une une nécessité politique parce que le le l'intérêt d'un point de vue systémique du du racisme c'est pas comme y compris on a pu souvent et peut-être même encore notamment à gauche considérer le racisme comme une diversion, une manière en fait de occuper à autre chose que ce qui serait la la question centrale la lutte des classe pour citer l'exemple qui est souvent utilisé et qu'on retrouve encore un y compris euh dans euh nos nos nos expressions usuelles quand euh il y a une stratégie du gouvernement que ce soit sur la Baya, sur le voile burquini ou je je ne sais trop quoi.
Euh et souvent on a le réflexe de dire bon il y a un effet de diversion pour pas la rentrée sociale et cetera. Il y a un effet de ce type-là, mais je pense que euh à la France insoumise, on a on a on pense aussi qu'il faut envisager d'un point de vue en fait de prendre le racisme au sérieux. C'est un objectif pas de pas juste de diversion parce qu'en fait la diversion d'une certaine manière ça atténue euh la réalité de ce que c'est en fait pour les personnes concernées.
C'est pas une diversion pour les personnes qui subissent comme ça a été dit au quotidien dans leur chair euh dans leur esprit euh dans leur voilà dans leur santé mentale dans leur dans leur existence. le racime, ce n'est pas une version et déjà ne serait-ce que pour ça euh il est euh cette analyse est euh est est limité et et réductrice, mais surtout c'est que le racisme, de notre point de vue, ça a un objectif politique de division de division euh de celles et ceux qui ont intérêt à à être une de division euh pour permettre euh pour justifier l'exploitation ou la surexploitation d'une partie. pour mettre en concurrence euh les uns avec les autres et y compris que ça va dans le dans le dans la hiérarchie raciale développée de manière même très minutieuse euh justement par les les les scientifiques racistes avec une caractérisation, une hiérarchie euh qui permet, y compris, de mettre en concurrence les raciser les uns entre les autres euh et de de perpétier et on en a et ça aussi c'est un produit la hiérarchisation et la mise en concurrence.
Euh c'est aussi euh aujourd'hui euh toujours euh utilisé euh et euh et un facteur de division et d'affaiblissement de de notre lutte. C'est un facteur de de division. Euh donc je reviens pas et je pense que on pourra en discuter dans dans nos dans nos luttes.
Et ce qui est important aussi de voir c'est que c'est pas juste un facteur de division pour nous, c'est surtout un facteur d'unification pour les dominants parce que le racine a aussi cet effet-là. C'est un lien idéologique euh autour desquels euh les dominants permettent de considérer donc la catégorie parce que quand on parle des racisés, souvent par euh par par euh par euh facilité de langage en fait, on parle des personnes euh qui sont euh dans la position de domination, mais en fait le processus de racialisation racise tout le monde. C'est-à-dire que comme il y a des noirs, il y a des blancs.
Et en fait les blancs comme catégorie en fait qui n'est pas qui n'a rien à voir avec la couleur en vérité puisque personne n'est blanc comme personne n'est blancs sont une catégorie raciale. il y a une racisation, mais cette racisation, elle est euh elle elle produit un bénéfice, un privilège euh qui permet justement de de lier, d'unir autour autour de l'idée de la blanchité, du privilège blanc qui permet de considérer qu'on est toujours moins moins mieux que ceux qui sont racisés et dont on justifie euh la situation de domination par leur colore de peau, de leur religion et tous les la péjoration qu'il y a autour de ça. Et donc c'est cette dynamique là en fait qui est en jeu et qui est notamment et je pense que ce sera à l'occasion d'un débat et de discussion dans un autre atelier sur pourquoi c'est notamment pour l'extrême droite, c'est un élément en fait central de l'idéologie parce que leur conception du monde c'est une conception ethnooraciale où le le corps social et national et territorial légitime l'art de ces déterminants là de la couleur de peau, la religion et cetera.
Et voilà pourquoi c'est pas une question annexe compris dans la lutte contre contre contre l'extrême droite. La question du racisme, c'est une question centrale parce que quand on enlève tout et on a vu au cours des derniers mois, au final, il ne reste plus que ça en vérité. Euh donc voilà, donc ce cette dimensionlà de considérer euh comme une stratégie active et passive mais aussi active de euh de division qui permet euh euh l'exploitation, qui permet la surexploitation.
Elle a toujours euh été opposée par les personnes concernées. Je vais pas revenir aux histoires, enfin à l'histoire et compris aux périodes euh aux périodes que j'ai évoqué au 15e siècle pendant pendant la la traite. quand même quelque chose qui est important à rappeler que les personnes esclavisées du du du de leur capture jusqu'à leur arrivée sur le sol des Amériques, de leur capture sur le continent africain, se sont toujours révoltés, ont toujours refusé euh leur leur leur domination et sont les premières euh acteurs et actrices ont été les les premiers et premières acteurs et actrices de leur propre libération.
Mais si on en revient justement à à cette entrée raciste qui est une nécessité euh euh vitale pour les personnes concernées et nécessité politique comme je l'ai expliqué euh au cours euh de la deuxème moitié du du 20e siècle, on peut penser à à trois périodes particulières. On on on insiste là-dessus parce que ça nous apprend aussi en fait de quelle stratégie la gauche euh doit construire en en en tirant les leçons de ces erreurs ou de ces herms euh qui qui sont aussi en fait le produit du fait que comme pour toutes les formes d'oppression parce que c'est systémique et structurel, nous ne sommes pas euh immunisés entre guillemets. Nous nous vivons dans le monde et dans la société. nous sommes le produit euh de ce monde et de cette société.
Et euh la gauche aussi euh euh a été euh euh et est aussi perméable euh aux structures de pensées euh de domination comme elle est perméable au sexisme, elle est perméable euh au racisme. certains, il y a même des courants de gauche qui ont activé que ce soit sur la question de de l'antisémitisme, que ce soit sur la question de la colonisation qui ont vous connaissez les formules d'un certains Julfies sur la supériorité des des races occidentales et de justifier la colonisation. Donc en fait c'est enfin c'est c'est voilà c'est une réalité.
Donc euh c'est aussi quelque chose dont on doit tirer les leçons et c'est pour ça que pour nous c'est essentiel de comprendre et d'analyser de manière politique et pas simplement individuelle et morale et structurel ce ce sujet et d'apprendre aussi des luttes des personnes concernées parce que c'est aussi c'est aussi en bonne partie elles qui ont permis en fait qu'évolue l'analyse et que soit prise en compte euh la réalité de leurs conditions, leur revendication. Et euh euh on a en France euh donc notamment des années 60 à à nos jours trois trois trois grands mouvements euh euh de de lutte antiraciste dans les années 60 70. on est dans le contexte euh de des guerres d'indépendance et de libération nationale et c'est ça qui va aussi euh sur le territoire euh hexagonal développer euh les luttes des travailleurs donc euh colonisés et post-colonisés contre leur propre leur leur surexploitation les ratonnades, les crimes euh qui sont commis dans la période.
Vous avez l'ouvrage euh euh de euh Rachil Abrahim sur les les crimes policiers de 70 à 2000 euh qui sont complètement en fait invisibilisés dont on en pas parlé mais qui sont que leur recussement il y a près de 700 crimes pas crimes policiers les crimes racistes excusez-moi en partie policier mais pas que. Donc en fait là aussi c'est la la référence le racisme tue. Le racisme la race tue deux fois.
Voilà, c'est ça le c'est ça le titre du de l'ouvrage que je vous conseille et qui recense et qui explice le contexte dans lequel c'est ces cris ont lieu et donc la résistance des des travailleurs du coup immigrés. On a la période dite de la 2e génération où c'est plus directement les enfants d'immigrés nés en France mais qui sont considérés comme des Français de papier et avec donc notamment emblématique la marge pour l'égalité de de 83 qui met euh euh au-devant de de de la scène cette nécessité de l'égalité et c'était la revendication euh première de ce mouvement égalité des droits et par un le processus systémique qui veut que ça c'est devenu la marche des beurds. Donc une racialisation en fait d'un mouvement antiraciste pour l'égalité qui parlait de droit économique, d'emploi et cetera et ramené à l'identité réelle ou supposée des personnes leur identité ethnique ou religieuse.
Là aussi, c'est assez assez emblématique du processus et euh et euh on a euh je pense aujourd'hui euh des nouveaux mouvements et de nouvelles générations qui affirment euh la nécessité d'un antiracisme politique justement en en en opposition et qui s'est construit un peu en opposition avec l'antiracisme d'immoral euh qui qui est qui est né de la récupération justement de la marche pour l'égalité. et sa dilution justement dans une vision euh superficielle euh et euh et euh sans qui qui ne s'est pas attaqué euh euh au aux causes et et aux racines et euh euh qui a qui a apporté euh euh un certain nombre de de combats et remis euh à l'ordre du jour euh se réappropriant à l'ordre jour la question de l'égalité républicaine en en questionnant et en interpellant le dit universalisme euh qui est un universalisme situé et en considérant que en fait euh l'égalité inscrite sur les frontons des mairies était en fait un lors puisqu'elle n'était pas une égalité de fait et que l'universalisme c'est avant tout l'universalité des droits et dans un dans une société qui ne reconnaît même pas l'existence de discrimination raciale, on peut pas parler de droit universel et on peut pas parler d'une République universaliste. Euh et donc c'est en s'inspirant et euh en en apprenant aussi de ces revendications et que de ces mouvements euh que euh nous avons à la France insoumise euh développé un ensemble de revendication dont on va parler maintenant et qui constitue euh l'apport que nous avons également mis dans au pot commun des cadres d'unité et de coalition que ce soit de la NIPS et aujourd'hui du nouveau Front populaire dont on aura l'occasion de discuter du coup samedi puisque c'est sur ce thème que a lieu la conférence et euh donc sur nos propositions insoumises que vont que va vous présenter Iman.
Ouais, je vais faire vite. Alors euh dans l'espace programme euh et tout particulièrement dans le groupe thématique antiracisme, nous travaillons à faire des propositions pour euh pour les différentes échéances électorales et euh nous avons tout un toute une liste de propositions sur le thème de l'antiracisme. Donc je vous en citerai quelques-unes.
Comme je l'ai dit tout à l'heure, le droit antidiscriminatoire n'est pas forcément appliqué, n'est pas connu du personnel juridique ou des forces de l'ordre. Donc nous, ce qu'on veut, c'est le consolider et le rendre plus lisible et accessible notamment aux victimes elles-mêmes en réunissant l'ensemble des différentes dispositions dans un code unique, ce qui n'est pas aujourd'hui le cas. On aimerait également généraliser les campagnes de testing, les renforcer, mettre en place des moyens de sanction un peu plus efficaces quand euh une discrimination est avérée, par exemple dans une entreprise.
Et puis euh il y a également des dispositions particulières à à prendre en compte. Par exemple, pour les voyageuses et les voyageurs, il faut multiplier les aires d'accueil, il faut améliorer leur localisation, il faut garantir l'accès aux besoins alimentaires comme l'accès à l'eau, à l'électricité. Il faut également garantir la scolarisation des enfants par euh le respect de l'obligation de scolarisation qui est à la charge des communes mais qui n'est pas toujours appliqué.
Euh il y a également euh des choses comme qu'on pourrait citer comme accorder le droit de vote des étrangers ne serait-ce qu' élections locales. Et là, il faut rappeler que selon le dernier sondage du collectif "J'y suis, j'y vote, plus de la moitié de la population française est favorable au droits de vote des étrangers ou les élections locales et tous les politiques en tout cas de droite sont contre, ce qui est assez étonnant." Alors ensuite euh on considère qu'il faudrait également instaurer le 4 février comme jour férier national en en mémoire des victimes de l'esclavage et de leur lutte et qu'il ne faudrait pas que ce soit uniquement des jours fériers dans la France ultramarine parce que ce n'est pas uniquement l'histoire de la France ultramarine, c'est l'histoire de la France et si on considère que la France est une et indivisible et bien c'est l'histoire de la France une et indivisible et donc le jour les jours fériers devraient être communs.
Il faut également reconnaître la responsabilité de la préfecture de police dans le massacre des Algériennes et Algériens du 17 octobre 1961. En fait, il faudrait sortir de cette amnésie collective. Ce n'est pas pour culpabiliser ou quoi que ce soit, c'est parce que il faut tout d'abord rendre hommage aux victimes.
Il faut aussi rendre hommage quelque part aux héros qui ont lutté pour le leur libération, notamment des conditions de vie en esclavage ou autres. Il faut comprendre la situation actuelle qui est un résultat de l'histoire. Et donc sans se souvenir de l'histoire, on ne peut pas comprendre pourquoi on a toutes ces discriminations, on peut pas comprendre la situation actuelle.
Il faut pas répéter l'histoire et pour ça, il faut se souvenir de l'histoire et tout cela, ça permettrait de reconnaître en fait notre histoire plurielle où tout un chacun est représenté. Et on a beaucoup d'autres propositions et si vous voulez faire partie de ce travail programmatique et je finirai par ça, vous pouvez rejoindre le groupe thématique antiraciste en me contactant. Voilà.
Danièle Obono