"Beaucoup de proximité" avec LFI : sur RTL, Michel Barnier considère que les idées de Dominique de Villepin ressemblent "plus à celles de Jean-Luc Mélenchon"
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Thomas Soto, RTL Matin. Il est 7h42, c'est donc l'ancien Premier ministre et actuel député de Paris, Michel Barnier, qui est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL.
Bonjour M. Soto.
Abémousse Papam, voilà donc ce que vous rêveriez d'entendre, Michel Barnier, au moment où votre famille politique aura choisi son champion, son candidat pour 2027, car vous proposez non pas une primaire, mais un conclave. Comment ça pourrait fonctionner, votre affaire ? Vous enfermez tout le monde et vous attendez la fumée blanche ?
Non mais M. Soto, vous débutez cet entretien par le débat de personne, c'est pas le moment. C'est pas le moment. Les Français viennent de voter partout en France, pas seulement dans les grandes villes, aux élections municipales. Qu'est-ce qu'ils nous ont dit partout ? Entendez-vous et occupez-vous de nos problèmes, nos problèmes quotidiens, c'est ça. C'est comme ça qu'on a gagné. On n'a pas toujours gagné quand on était unis, mais on a souvent perdu quand on était désunis. Et les Français attendent qu'on traite leurs problèmes, les problèmes de sécurité.
Ce matin, j'entendais sur votre antenne ce couple de restaurateurs de Saint-Etienne qui est désespéré, qui arrête à cause des deals, des problèmes d'immigration qu'on ne contrôle pas. Il y a tellement de problèmes et en même temps tellement d'énergie positive et tellement de talent dans ce pays qu'on doit s'occuper des problèmes.
Vous êtes gaulliste. Il faut une incarnation forte pour prendre un projet fort.
Mais je pense que le temps où nous sommes, et pour quelques mois encore, c'est le temps des projets, le temps des idées, le temps d'un programme commun. C'est ce que j'ai essayé de faire avec cette plateforme qui s'appelle Bâtir Ensemble. Bâtir Ensemble et tous ceux qui nous écoutent, tous les élus et d'autres, les citoyens, peuvent contribuer à cette plateforme parce que je vais la faire vivre.
C'est quoi exactement ? C'est la démocratie participative de Ségolène Royal 20 ans après ?
C'est un exercice que j'ai fait avec toute l'équipe qui m'entoure, de mettre ensemble les bonnes idées de la droite républicaine et du centre, parce que c'est ça dont il s'agit, et de montrer qu'on peut travailler ensemble, comme d'ailleurs tous ces partis politiques, on appelle ça le socle commun, à travailler avec moi lorsque j'étais Premier ministre. Vous y croyez encore au socle commun ? Oui, je crois toujours. C'est ça que vous voulez reconstituer ? Je crois toujours à l'esprit commun.
Je répète que dans toutes les municipalités que nous avons gagnées, à Annecy, à Bordeaux, à Clermont-Ferrand, et je pourrais multiplier les exemples, ça a été l'union des familles du centre et des familles de la droite républicaine qui est la mienne. Donc la prochaine génération plutôt que la prochaine élection, voilà où j'en suis. Donc j'ai fait ce travail avec mes équipes et je le mets en débat. Il n'est pas parfait, il peut être complété. C'est une base. C'est une base.
Par exemple, sur l'immigration, qu'est-ce que vous proposez vous sur le sujet ?
Sur l'immigration, je propose qu'on traite les questions, sinon ce seront d'autres qui les traiteront et beaucoup plus brutalement. Ça tout le monde sera d'accord pour dire qu'il faut traiter les questions. De manière républicaine, qu'on maîtrise l'immigration. J'avais proposé à l'époque, ça avait suscité beaucoup de débats, un moratoire sur l'immigration. Je propose que sur certaines questions, on puisse saisir les Français par référendum. Je ne vais pas laisser cette question à l'extrême droite parce qu'elle la tratera mal. Il faut la traiter de manière républicaine et ferme. Il y a sur les questions de quotas, d'immigration choisie, d'immigration du travail.
Il y a sur la question du regroupement familial, des questions qui peuvent être posées aux Français. C'est une des propositions que nous faisons dans ce document.
Mais qui est donc amendable ?
Ce document est amendable, tous ceux qui veulent y participer. Il y a même un site, Bâtir Ensemble 2027, qui est ouvert ce matin, je l'annonce sur votre antenne, auquel les gens peuvent participer et apporter leur contribution, leurs critiques et leurs idées. Donc on a bien compris, c'est le quoi avant le qui.
Mais qui va pouvoir participer à ça ?
La prochaine génération avant la prochaine élection.
Oui. La zémoriste Sarah Knafou, est-ce qu'on aura le droit de venir contribuer par exemple ? Laurent Wauquiez la juge très fréquentable, il veut même une primaire avec elle. Elle est la bienvenue pour bâtir ensemble ?
Ce n'est pas mon opinion. Elle a choisi d'être à l'extrême. Elle est dans un groupe au Parlement européen qui n'est pas le mien, qui est un groupe où se trouvent les néo-nazis, certains néo-nazis allemands à l'AFD. Et surtout, c'est un parti nationaliste. La ligne bleue, les démarcations, c'est la question européenne. L'Europe ne fonctionne pas bien. Il y a plein de choses à changer. Je suis bien placé pour en parler puisque je suis, je crois, le seul homme politique français qui est passé 15 ans à Bruxelles dans différentes fonctions, notamment le Brexit. Mais on ne va pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Si on est seul, si on se recroqueville comme Mme Knaffo, Mme Le Pen, M.
Bardella ou M. Mélenchon, qui disent la même chose d'ailleurs, comme ils ont voté la même chose contre moi au moment de la censure. Si on laisse ces gens prendre le pouvoir, notre pays se recroqueville et nous sommes foutus. Nous serons définitivement sous-traitants des Américains et des Chinois. Jamais. Moi, je ne me suis pas engagé dans le parti gaulliste il y a quelques années pour que mon pays soit sous-traitant.
Il y en a un autre qui s'est engagé dans la famille gaulliste, c'est Dominique de Villepin. Est-ce qu'il fait encore partie de la famille pour vous ? Est-ce qu'il peut participer à Bâtir Ensemble ou il est de l'autre côté ?
Non, je le connais bien, nous avons été ministres ensemble et je trouve que ses idées ressemblent davantage à celles de M. Mélenchon qu'à celles que je défends. M. Mélenchon ? Oui. Vous le classez chez LFI quasiment ? Quelque part, on a le sentiment qu'il fait beaucoup de proximité avec cette famille politique mais je n'ai pas trop l'envie de parler des uns et des autres ce matin. Ce n'est pas le sujet. Parlons des problèmes. Par exemple, j'entendais hier le patron de Thalès évoquer le niveau en mathématiques. Voilà un sujet. Et dans ce programme, dans cette plateforme, vous verrez l'idée d'un plan pour doubler le nombre d'ingénieurs, notamment de femmes ingénieurs.
Il y a des potentiels, il y a des énergies, il y a des intelligences un peu partout. Il faut les détecter, les soutenir. Voilà les sujets qui intéressent les Français. L'intention est louable, Michel Baranier. Non, il n'y a pas seulement une question d'intention. Je regarde les problèmes, je les ai essayés de les traiter quand j'étais Premier ministre. Nous devons retrouver une fierté d'être Français, une France forte et en même temps une Europe indépendante.
Quand on veut essayer de mettre tout le monde d'accord, ce qui était un peu le socle commun, le risque, et ça débouche sur un programme à minima, une synthèse molle pour reprendre les mots de Bruno Rotaillot. Est-ce que vous préparez une nouvelle version du en même temps macroniste ou pas ?
Non, je prépare un programme qui sera mis à disposition de celui ou de celle que nous choisirons ensemble le moment venu pour porter ces idées de la droite républicaine et du centre qui traitent les problèmes, mais pas de manière molle. Il ne s'agit pas de dire qu'on a toujours raison, il s'agit de travailler ensemble puisque tous ces hommes et ces femmes dont je parle, ceux qui sont candidats aujourd'hui au centre et à la droite... Il y en a beaucoup, ça ne vous a pas échappé. Il y en a beaucoup, trop. Je ne vais pas en rajouter un aujourd'hui, M. Soto, au risque de vous décevoir.
Là, vous faites la question et la réponse tout seul.
Je préfère faire la réponse à cette question que vous n'avez pas encore posée parce que ce n'est pas le sujet, je viens de vous le dire. Tous ces hommes et ces femmes, il y a une réalité que je vous dis, c'est qu'ils seront obligés de travailler ensemble. Oui, mais ils ne sont pas d'accord sur grand-chose.
Qu'est-ce qui reste de commun aujourd'hui entre les uns ? Prenons le sujet des retraites que vous abordez dans Bâtir Ensemble. C'est quoi votre projet ? C'est la retraite à 64 ans, à 65 ans, à 67 ans comme l'Héloire Philippe ? C'est la retraite par répartition ? C'est la retraite par foin ?
Mais la réalité, c'est quoi à propos du retraite ? C'est qu'on n'a pas l'argent, on n'aura pas l'argent pour payer la retraite des jeunes qui nous écoutent en ce moment sur RTL. Il n'y aura pas les financements pour payer les retraites dans 20 ou 30 ans. Donc il faut dire la vérité, le courage de la vérité. Parfois la rupture, le courage de dire la vérité. J'ai essayé de l'avoir quand j'étais Premier ministre et les Français me l'ont dit. On devra faire une réforme des retraites, mais peut-être d'une autre manière, plus rapidement avec une réforme de retraite à point, comme cela avait été proposé par M. Berger, et une partie de capitalisation.
Je pense que ce sujet-là doit être un sujet d'intelligence nationale, comme d'autres d'ailleurs...
C'est quoi le calendrier de Bâtir Ensemble ? C'est jusqu'à quand cette contribution ?
Ce débat est ouvert sur un site, Bâtir Ensemble 2027, auquel chacun peut apporter sa contribution jusqu'à la fin de l'année. Et tous les mois, je vais actualiser, avec un certain nombre de parlementaires, nous allons actualiser le contenu de ce programme pour tenir compte des remarques et des suggestions.
Vous êtes toujours chez LR, Michel Barnier ?
Ah, j'ai toujours été chez LR.
Vous n'avez pas échappé avec Bruno Retailleau, le président de LR, vous consultez la semaine prochaine, vous les militants et les membres du parti, pour choisir qui sera le candidat.
Je suis chez LR, depuis le premier jour de mon engagement, libre et loyal. Libre et loyal.
Vous allez participer à cette primaire qui n'y passe ?
Oui, je vais participer, même si je la trouve un peu biaisée. Je pense que ça aurait été mieux, comme les statuts le prévoient, d'ouvrir le jeu sans prédisposer un candidat, fait-il le président du parti, en l'imposant, en quelque sorte, en ouvrant le jeu comme les statuts le prévoient à tous ceux qui auraient voulu être candidats, dans une primaire un peu plus ouverte à tous les adhérents et même à tous les sympathisants.
Bon, on voit que la bataille des ambitions et des égaux est lancée, c'est quand même une bataille de bonhommes. Donc, pourquoi il n'y a pas de femmes parmi les candidats possibles à droite et au centre ? Oui, je le regrette.
Ah oui ? Je le regrette, mais vous n'allez pas me demander de régler cette question comme ça, sur le micro de RTL le matin.
Moi, je veux bien que vous veniez régler les questions, il n'y a pas de problème.
Oui, mais je suis prêt à les régler, je suis prêt à les régler. Je trouve que partout où il y a des femmes, dans les municipalités, où la loi l'y oblige, l'ambiance est meilleure, l'approche est plus concrète, plus humaniste, plus simple et qui est une bonne chose.
Bon, question aux députés, vous êtes députés de Paris, il y a un projet de loi qui va être voté ou pas, d'ailleurs, aujourd'hui à l'Assemblée. Faut-il permettre le travail à certains professionnels le 1er mai ? Vous avez voté quoi là-dessus ? Je vais voter, je vais d'ailleurs vous quitter pour aller à l'Assemblée nationale
et soutenir ce texte qui a d'ailleurs été très très tôt proposé par les Républicains et par d'autres aujourd'hui, pour permettre à cette France qui veut travailler de le faire. Et donc, il ne s'agit pas de remettre en cause le 1er mai, ça a une valeur symbolique très importante, mais certaines professions doivent pouvoir travailler s'ils le souhaitent. On a parlé des fleuristes ou des boulangers, et je voterai ce texte. Comme d'ailleurs, puisque vous parlez de ce que nous faisons à l'Assemblée nationale, lundi soir, il y aura un débat sur une proposition de loi que j'ai présentée avec un jeune député Renaissance, donc on peut travailler ensemble, M.
Charles Hotwell, pour éloigner ou mettre en rétention des OQTF dangereux. C'est l'affaire Philippine, je me perds de la rappeler, j'étais Premier ministre quand cette jeune femme a été assassinée, et il faut en tirer les leçons et assurer la sécurité au quotidien des Français.
Bon, sinon vous avez acheté Paris Match cette semaine, ou pas Michel Barnier ?
Non, je n'ai pas acheté Paris Match, mais j'ai vu cette une, si vous voulez. Ça vous touche ? Ça vous émeut ? Non, ça m'est égal. Vous êtes égal ? Ce n'est pas là-dessus qu'on va juger les Français. Moi, je jugerai M. Bardella ou Mme Le Pen sur leurs idées, qui sont des idées populistes, simplificatrices et nationalistes, et ce ne sont pas les miennes.
Merci beaucoup Michel Barnier d'être venu sur RTL. Vous êtes en pleine forme, dis donc, ça vous réussit d'être député ?
Je suis en pleine forme, parce que le pays mérite qu'on se batte pour lui, ce pays vaut le coup, et on doit se battre pour lui. Merci.
Merci à vous d'être venu.
Michel Barnier