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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 2 octobre 2015 19 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Conférence de J L Mélenchon sur l'écosocialisme à Tunis

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00J L MélenchonChiffre
    « Lorsque je suis né, il y avait 2 milliards et demi d'habitants sur Terre. Il y en a 7 milliards. »
  • 8:00J L MélenchonChiffre
    « Plus de 60 % vivent en ville aujourd'hui. »
  • 16:00J L MélenchonChiffre
    « Une élévation du niveau de la mer de plus de 50 cm. »
  • 18:00J L MélenchonChiffre
    « 70 % de la population tunisienne vit à moins de 100 km du littoral. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, messieurs, j'ai le bonheur d'avoir avec vous dans l'usage commun, la langue que je parle et croyez que c'est un grand bonheur pour moi de pouvoir exprimer mes idées en étant certain que les nuances que je mettrai dans cette expression seront parfaitement captées. Si je mentionne ce point, c'est qu'évidemment vous devinez comme moi qui est en français, je dois en m'adressant dans cette circonstance si particulière à mes amis tunisiens à respecter les codes qui veulent qui est en votre hôte, je dois éviter de me prononcer sur les événements dont vous avez à connaître et à organiser les suites. Merci tout d'abord à vous tous d'avoir pris le temps de venir à ma rencontre et croyez que je suis singulièrement ému de voir parmi vous tous et vous toutes les jeunes visages, leurs yeux qui brillent et qui m'écoutant vont entendre parler d'un ton et d'un mode qui leur paraîtra peut-être nouveau. qui surprendra moi, mes contemporains et ceux de ma génération.

Merci à vous cher Abdir Raman qui depuis 48 he avait pris en main de cette façon magistrale mon séjour ici ainsi qu'au camarad forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Je savais très bien quel contexte serait celui de mon arrivée. Un rebond dans le processus de la révolution tunisienne.

Néanmoins, chacun de mes amis a eu soin de donner le meilleur de lui-même. Je dois vous dire que je suis très touché par les conditions dans lesquelles vous m'accueillez alors que le temps de sujet vous retiennent. le bureau politique du parti des patriotes démocrates unifiés puis le comité du Front populaire, mes camarades, le président de la République lui-même l'UGTT ce matin et enfin peut-être d'abord la famille de monsieur Bellaide fait l'extrême honneur et amitié de nous recevoir.

J'étais venu parler du thème général de l'écosocialisme et je vais vous en parler. J'ai redouté le moment où il me faudrait commencer devant vous cette conférence. Est-ce que je parviendrai à faire passer quelque chose de la vision que j'ai sur les événements qui vous occupent ?

Bien sûr, vous êtes le né dans le guidon, si j'ose dire. La révolution vous semble terriblement tunisienne. Les difficultés qui vous assaillent parfois parent de voir vous écraser.

Mais nous qui avons le confort de vous regarder de l'extérieur, nous savons que cette révolution n'est de tunisienne que l'endroit où elle se déroule, d'arabu musulmane que la culture dans laquelle elle prend place. mais qu'en définitive, elle s'inscrit dans un mouvement beaucoup plus large dans lequel est embrasé aujourd'hui l'humanité toute entière. Et c'est d'abord de cela dont je veux vous parler.

Le monde est entré dans une bifurcation quasi totale. Qu'est-ce qu'une bifurcation ? Pourquoi le mot se distingue-t-il de l'ancien mot révolution ?

Une bifurcation, c'est un événement qui se produit à l'intérieur d'un système dynamique dont un seul des paramètres changent et change totalement la direction générale dans laquelle vont les événements. En quelque sorte comme si quelqu'un qui serait au volant d'une voiture conduisante à toute vitesse viendrait à être piqué soudainement par une guête. On imagine la conséquence disproportionnée par rapport à la nature de l'événement initial comme les la révolution tunisienne succédente à un événement aussi fortuit que le suicide d'un homme désespéré comme ce fut le cas pour vous mais comme ça avait été auparavant le cas pour la révolution au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et ainsi de suite.

Quelle est cette bifurcation ? Je vais l'apprendre depuis l'angle plus large, celui auquel on songe le moins souvent, c'est le changement de la condition humaine elle-même. Une bifurcation anthropologique, celle qui résulte du nombre que nous sommes.

J'ai 61 ans. Lorsque je suis né, il y avait 2 milliards et demi d'habitants sur Terre. Il y en a 7 milliards.

C'est-à-dire que la population humaine a doublé du temps de l'existence d'une seule personne. Et l'histoire profonde nous montre que chaque fois que la population humaine double, il se produit un grand changement dans les conditions dans lesquelles elle s'organise et elle vit. C'est au doublement de population que correspond le passage au néolithique.

C'est au doublement de population que correspond le passage à l'âge du fer puis à l'agriculture. Croyez-vous donc que la population aurait doublé sans qu'il se soit rien produit dans la condition humaine ? Bien sûr que non.

Un processus profond de socialisation accélérée des relations humaines s'est mis en place à travers l'urbanisation du monde. Lorsque je suis né, à peine le 40 % peut-être le 30 % de la population humaine vivait en ville. Plus de 60 % vivent en ville aujourd'hui.

Cela signifie que les conditions spontanées de prise de conscience de la vie en société aujourd'hui dépendent d'un environnement de plus en plus étendu d'interdépendance depuis les actes les plus intimes jusqu'au plus collectif. Il est peu au courant de révant qu'on aisse à la maison et tout aussi rare dans nos sociétés qu'on meurt à la maison. Pour chaque acte, une machinerie sociale extrêmement complexe se met en mouvement et chacun d'entre nous en a conscience qui vient que une conscience que je vais mettre entre guillemets socialiste spontané surgit en chaque individu qui lui fait comprendre que son sort personnel est celui est lié à celui de tous les autres.

Comme quand on a dite au 4e étage, on sait bien qu'il n'y aura pas d'eau courante s'il n'y en a pas au premier. Et ainsi à kilomè 40, on ne peut avoir d'eau s'il n'y en a pas au kilomè 20. Cette urbanisation qui résulte du nombre des êtres humains va produire d'autres effets qui sont sous nos yeux.

Regardez l'alphabétisation, c'est-à-dire cette capacité extraordinaire de ne plus dépendre de la tradition orale pour connaître et se souvenir, pour apprendre et transmettre qui sont des activités fondamentales de la communauté humaine de base. L'alphabétisation qui dans les années 50 représentait à peine 40 % de l'humanité représente 80 % des êtres humains de notre planète et 90 % de la population tunilienne. Car il aurait fallu que je mette en regard ce que je viens de dire avec les conditions de votre propre pays.

Je pense que le souvenir est encore vif parmi beaucoup d'entre vous de ce qu'était les conditions d'existence de vos parents ou de vos grands-parents. tout comme nous les Français. En attendant, vous voici pour 70 % d'entre vous vivant en ville.

Ce n'était pas le cas, vous le savez bien, au milieu du siècle précédent. Enfin, je terminerai sur un des éléments de cette bifurcation anthropologique qui à mes yeux a une grande importance sur la définition de la condition humaine elle-même. C'est l'accès au moyen de la contraception.

La Tunisie a été extrêmement avancée dans ce domaine bien avant la France. Mais regardez quelle rupture cela introduit dans la vie des êtres humains. Qu'une aptitude biologique cesse d'être en destin social.

Ce premier exemple contamine ensuite tout le regard que l'on a sur soi-même et sur les autres. Un être humain ainsi est davantage et au-delà même s'il est son corps. Enfin, l'idée peut-être bien plus prignante que la pensée bien sûr sera toujours plus que le corps pensant mais jamais moins de lui.

Les deux vont ensemble. Voilà les éléments que je voulais mettre en avant pour signaler la transformation de la condition humaine. Si bien que quelqu'un a dit au moment même où l'on accablé les sociétés arabo-musulmanes de toutes sortes de commentaires malgracieux sur leur condamnation en quelque sorte pour toujours à être amis de l'obscurantisme.

Les démographes qui observaient tous les points que je viens de relever ont dit c'est tout le contraire. Dès lors que s'opérait la transition démographique qui fait que la moyenne d'enfant par famille, par femme qui s'observe en Tunisie est comparable à celle qui s'observe en France. elle est inférieure à Tunis même.

Et bien ces sociétés connaîtraient le même processus d'individualisation des rapports sociaux que rend possible à la fois la multitude humaine et la singularisation des rôles individuels. Ce premier exemple de bifurcation en appelle en second, c'est la bifurcation écologique. La crise du système écologique n'est pas un des chapitres de nos programmes politiques.

Ce n'est pas un alinéa parmi tant d'autres. Nous savons tous et nous devons savoir qu'il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine. La fin de cet écosystème signifierait immédiatement la fin de toute discussion politique, y compris à propos de l'écosystème.

Dans ces conditions, nous ne pouvons passer à côté de notre responsabilité commune d'êtres humain dans toutes les circonstances politiques que nous affrontons, de ce fait que le réchauffement climatique perturbe profondément l'avenir prévisible des sociétés humaines, que nous ne pourrons pas échapper à ce défi et vous en particulier la jeune génération, la Banque mondiale elle-même qui n'est pas un organisme habitué aux élans de philanthropie prévoit réchauffement climatique de 2 à 4 degrés d'ici 2100. Cela signifie pour vous en particulier comme pour nous tous riverin de la Méditerranée, une élévation du niveau de la mer de plus de 50 cm. Imaginez-vous 50 cm d'eau chez vous. 70 % de la population tunisienne vit à moins de 100 km du littoral. 50 % de la population française vit à moins de 100 km du littoral. 50 % la moitié de notre population, les 2 tiers de la montre.

Pouvons-nous considérer que c'est là un phénomène qui n'a pas vraiment d'importance pour nous, qui concerne quelques amis des animaux de la mer ou de la terre ? Non, nous sommes tous impliqués et concernés par cette bifurcation. Le réchauffement climatique conduit à ce résultat que là où il y avait une crise de sécheresse tous les 10 ans dans le Maghreb, il y en a une tous les 2 ans d'orinavant et que ceci se traduit en particulier non seulement par une désorganisation sociale de la vie à la campagne mais aussi par l'avancée du désert qui réduit les possibilités d'implantation humaine.

La transition climatique se moque des frontières. Elle se moque des accords régionaux. Elle se moque des accords de défense.

Quand la sécheresse sous l'inondation est là, les populations s'enfuent. Elles passent des frontières d'autant plus facilement que celles-ci sont plus ou moins réelles ou plus ou moins artificielles. Désorganisant les états, le organisation le relation mutuelle.

Les de tiers d'immigration, le nord ne sait pas assez, au lieu entre pays du sud, c'est-à-dire là où les systèmes écologiques, économiques et politiques sont déjà les plus fragiles. L'accélération de la transition climatique sera donc en même temps une accélération des crises politiques économiques lié à ces mouvements de population eux-mêmes dépendants des évolutions du climat. C'est pourquoi nous n'y échapperons pas.

Enfin, dernier élément et non le moindre puisque c'est celui qui est d'abord le premier moteur des changements, des bouleversements que connaissent nos sociétés. C'est la transition géopolitique. Un ordre du monde est en train de s'achever sous nos yeux. en ordre géopolitique, celui qui a été construit à l'issue de la deuxième guerre mondiale qui elle-même avait eu à connaître les effets différés non réglés de la crise de la première guerre mondiale.

Le marché s'était contracté et la moitié de l'humanité était hors système du marché. C'était le fameux campiste. Ce système s'est effondré mais pour autant le capitalisme a dû sans cesse découvrir de nouvelles heres d'expansion.

Mais comme chacun d'entre vous, j'imagine connaît la contradiction qui traverse ce système, c'est que d'une part il donne un caractère social de masse à la production, mais il réduit la base de la consommation par la compression des salaires. En mesure que les moyens de production s'étendaient, la base capable d'accueillir ces produits se réduisaient. En dépit du fait que d'une façon incroyable, on avait organisé un système de frustration généralisé par la publicité, la mise en scène d'un besoin effrainé de consommation jamais satisfait.

Ce système a donc trouvé une aire d'expansion inouï dans le crédit, c'est-à-dire dans la dette. Et la première des dettes aujourd'hui, c'est la dette privée, celle qui a résulté du fait qu'on a offert du crédit en échange du fait qu'on donnait pas des salaires. Il fallait bien qu'à un moment cette contradiction v exploser.

C'est ce qui s'est produit en particulier dans la crise des subm aux États-Unis qui en est la figure quasi emblématique. On a prêté à des pauvres de quoi acheter des maisons qu'il ne pouvaient pas se payer par des loyers qu'ils auraient payé avec leur salaire. jusqu'à ce que cela s'écroule en 2008.

Mais en 2008, nous n'avons fait que voir un des aspects de la fragilité du système qui avait mûri de longues mar et qui continue d'être à l'œuvre encore aujourd'hui. Ce système a donné le pouvoir extraordinaire aux États-Unis d'Amérique de dépenser sans compter et sans avoir jamais à rendre compte de la monnaie qu'il aimait. Depuis le 15 août 1971, les États-Unis d'Amérique n'offrent plus aucune compensation matérielle en échange de leur dollars.

Jusque-là, vous le savez peut-être, on avait contre un dollar une certaine quantité d'or, c'est-à-dire une valeur matérielle. Depuis, il n'y a plus de corrélation entre les deux. Une marge gigantesque de dollars a été émise qui représente plusieurs dizaines de fois toute la production matérielle réelle opérée dans l'humanité.

Si bien que si vous aviez tous en main à cet instant les dollars en circulation et que vous vouliez courir acheter pour la valeur de ce que vous possédez dans vos mains, les prix exploseraient et seraient multipliés par 60, par 70, par 100 peut-être tant la marge de monnaie est déconnectée des valeurs réelles matériellement produites. ce mouvement inoui d'argent qui circule tournant sur lui-même et produisant des taux de profit sans commune mesure avec ce qui avait jamais été produit jusque-là. Il y a encore 20 ans ou 30 ans, un placement financier dans l'industrie rapporté du 4 ou du 5 % les jours d'extrême fête.

C'était dans