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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 10 août 2026 10 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentation

Face à une "situation d'effondrement" écologique, Delphine Batho ne comprend pas que le Premier ministre soit "en vacances"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « Il y a un dysfonctionnement aujourd'hui systémique de l'ensemble de la chaîne pénale... »
  • 2:18Invité politiquePromesse
    « Est-ce que cette banalisation, elle vous inquiète ? »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Delphine Batho27 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Sébastien Rouxel, RTL Matin.

0:03
Delphine Batho

Elle est candidate à la présidentielle, députée des Deux-Sèvres au sein du groupe écologiste et social et ancienne ministre de la transition écologique. Delphine Bateau est l'invité de RTL Matin. Bonjour à vous. Bonjour. On va revenir dans un instant sur cette nouvelle canicule qui s'installe, mais je voudrais d'abord m'arrêter sur cette lettre envoyée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à son collègue de l'intérieur. Une lettre qu'on a découverte ce week-end et qui recense les graves défaillances dans la prise en charge des affaires de violences sur mineurs. Des plaintes égarées, parfois oubliées, un manque cruel d'enquêteurs.

Comment est-ce que vous avez réagi en découvrant cette lettre ?

0:35
Présentateur

Rien ne me surprend dans ce courrier. J'avais demandé l'examen des 70 000 plaintes en souffrance pour des violences sexuelles sur mineurs. C'est ce qui a été fait par le gouvernement. Et ça prouve que dans ce qui s'est passé pour le crime visant l'IANA, ce n'était pas qu'une affaire de dysfonctionnement ou de responsabilité individuelle. Il y a un dysfonctionnement aujourd'hui systémique de l'ensemble de la chaîne pénale, de la police, de la gendarmerie, de la justice, sur la prise en charge des violences sexuelles, sur la lutte contre les violences sexuelles.

Et ce qui est important maintenant, une fois que le constat est fait, qui n'est pas une découverte parce que la misère des services de police en termes d'investigation, la façon dont les policiers sont accaparés par des tâches administratives et bureaucratiques complètement stupides, alors qu'ils aimeraient justement pouvoir faire un travail d'enquête et d'investigation, ce ne sont pas des choses qu'on découvre aujourd'hui. On ne découvre pas non plus le caractère totalement obsolète des logiciels de la police nationale. Donc ce qui est important maintenant, c'est que le nécessaire soit fait pour y remédier.

1:40
Delphine Batho

C'est son propre bilan de ministre de l'Intérieur que tortue le garde des Sceaux, Gérald Darmanin ? Je ne me permets pas de le dire moi, c'est ce que dit l'Association nationale de la police judiciaire.

1:48
Présentateur

Mais ils ont raison.

1:49
Delphine Batho

Gérald Darmanin doit démissionner ?

1:51
Présentateur

Écoutez, moi je ne suis pas là pour demander des démissions. Ce que je veux, c'est qu'on agisse. Et le sens de mon propos, c'est ce que j'avais dit quand j'avais demandé l'examen des 70 000 plaintes, c'est que maintenant, le nécessaire soit fait.

2:03
Delphine Batho

Delphine Bateau, c'est un été décidément hors normes qu'on est en train de traverser. On en est déjà à la cinquième canicule de l'année. On risque de dépasser à nouveau les 40 degrés cette semaine. Pourtant, il n'y a plus grand monde visiblement pour s'en émouvoir. Est-ce que cette banalisation, elle vous inquiète ?

2:18
Présentateur

Nous sommes dans une situation d'état d'urgence écologique et agricole très grave. On est dans une situation d'effondrement de l'agriculture, avec des conséquences pour toutes les agricultrices et tous les agriculteurs, avec des conséquences pour toutes les Françaises et tous les Français, notamment en termes d'inflation sur les denrées alimentaires. On a des très graves inquiétudes pour l'eau potable. Et je vous avoue que dans cette situation, je ne comprends pas que le Premier ministre et les ministres soient en vacances.

2:51
Delphine Batho

Alors, le gouvernement a quand même annoncé un plan pour les agriculteurs.

2:54
Présentateur

Non, non. Le gouvernement a annoncé le 5 août que fin août, il y aurait un plan avec des mesures assez classiques pour les agricultrices et les agriculteurs, qui n'est pas du tout à la hauteur de ce qu'on vit dans les territoires ruraux, où les agricultrices et les agriculteurs sont dans la solitude, face à une situation catastrophique, où il n'y a plus de fourrage, par exemple, pour les élevages de chèvres dans le département des Deux-Sèvres. En tout cas, on a une crainte de pénurie imminente, en fait. Donc, on est dans une situation qui était extrêmement grave. Et donc, on n'est pas dans un été normal. Je sais ce que sont les sacrifices personnels que demande la vie politique.

Mais quand on est en situation de responsabilité, dans la gravité de la situation qu'affronte le pays, on rentre au travail. On ne prend pas de vacances.

3:46
Delphine Batho

Alors, Sébastien Lecornu a quand même fait des annonces. Il a demandé fin juillet à sa ministre de la Transition écologique de lui faire des propositions de mesures concrètes d'ici à début octobre pour accélérer la mise en œuvre du pays.

4:00
Présentateur

Alors, c'est là qu'on ne se comprend pas. On ne peut pas attendre début octobre. En fait, chaque jour qui passe compte. Il y a des décisions immédiates à prendre. Il y a, par exemple, une bataille à mener à l'échelle européenne, puisque vous savez que la sécheresse touche l'ensemble, en particulier de l'ouest de l'Europe. Il n'y a plus d'eau dans le Danube, etc. Donc, il faut agir maintenant. Et ça ne peut pas... On n'est pas du tout dans un calendrier... Parce que je vois très bien ce qui est en train de se passer. C'est le calendrier politique normal. C'est la semaine du 15 août.

4:30
Delphine Batho

On ne règlera pas les problèmes de sécheresse du jour au lendemain, comme ça.

4:33
Présentateur

Eh bien, excusez-moi, on peut prendre des décisions de sécurité nationale, là tout de suite, notamment en ce qui concerne l'eau potable. Les décisions ont été extrêmement tardives à enclencher ce qu'on appelle les mesures de restriction, les mesures de gestion de crise. Et mon inquiétude, si vous voulez, c'est qu'en permanence, on se rassure à bon compte sur... C'est la dernière vague de chaleur. Finalement, il va finir par pleuvoir et les niveaux d'eau vont revenir à la normale. Pour l'instant, ce n'est pas ce qui se passe.

Et donc, on doit prendre en compte des scénarios dégradés sur l'ensemble du mois d'août, éventuellement sur le mois de septembre, si on veut être sérieux pour protéger la sécurité du pays. Et encore une fois, sur l'agriculture, ça ne peut pas attendre la fin du mois d'août.

5:15
Delphine Batho

Ce qui est assez paradoxal dans cette séquence où les réchauffements climatiques n'ont peut-être jamais été aussi visibles pour la plupart des Français, c'est que les écologistes sont pris pour cible par une partie de la classe politique, notamment à droite et à l'extrême droite. Le député RN Julien Audoul, par exemple, a accusé les militants écologistes d'être en partie responsables des feux de forêt en s'opposant au débroussaillage. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

5:35
Présentateur

Bon, d'abord, il n'y a pas de leçon à recevoir de la part de l'extrême droite qui est ouvertement climato-obscurantiste depuis des années. Il disait que les scientifiques exagéraient. Ça, c'est la première chose.

La deuxième, c'est que sur le fond, aucune force politique en France n'a pris la mesure, n'a pris au sérieux l'étendue de ce que disaient les connaissances scientifiques sur le changement climatique et que Europe Écologie-Les Verts, qui a été durement sanctionnée sur le plan électoral lors des dernières élections, n'a pas démontré sa capacité justement à agir pour cette prise de conscience et a même donné le sentiment d'abandonner l'écologie en passant beaucoup de temps à parler d'autres choses et notamment de plein de questions politiciennes. C'est pour ça que vous vous présentez à l'élection présidentielle.

Je me présente parce qu'il faut construire en France une écologie de gouvernement et que le pays doit choisir, lors de la prochaine élection présidentielle, un nouveau chemin. Celui que je propose est de construire une république terrestre, de renouer avec l'histoire de notre pays, de sa grandeur et de devenir le premier pays au monde a organisé de façon sérieuse une qualité de vie par l'adaptation au changement climatique afin d'assurer notre sécurité, notre sécurité alimentaire mais aussi de préserver la beauté de la France.

6:55
Delphine Batho

On a quand même le sentiment que cette parole écologiste elle porte de moins en moins bien alors que les événements climatiques sont là en train de se produire sous nos yeux. Est-ce que l'une des raisons, ce n'est pas parce que le discours parfois qui va avec cette parole est effrayant ? Par exemple, vous êtes l'une des rares candidates à parler ouvertement de décroissance. Comment est-ce que vous voulez convaincre celui ou celle qui nous écoute ce matin et qui a déjà du mal à joindre les deux bouts ?

7:19
Présentateur

La question, c'est qu'est-ce qui est le plus important dans la vie ? Et ce qui est le plus important dans la vie, c'est de rester vivant, c'est d'avoir à manger, d'avoir à boire, de vivre dans un territoire habitable dans lequel la température est supportable. Et donc, mon propos, c'est de dire que plutôt que de courir derrière des indicateurs totalement obsolètes comme celui du PIB, on doit aujourd'hui donner la priorité à cette sécurité collective.

7:45
Delphine Batho

Oui, mais celui qui a déjà du mal à payer ses factures à la fin du mois, ce n'est pas un indicateur national, c'est très concret.

7:50
Présentateur

Excusez-moi, qu'on appelle ça la robustesse, ça implique par exemple de diminuer notre consommation d'énergie, ça implique par exemple d'être moins dépendant de chaînes d'approvisionnement du bout du monde. Donc, ça consiste à organiser la solidité de notre nation dans un contexte de changement climatique.

8:07
Delphine Batho

Bon, il y a un sujet en tout cas sur lequel vous avez été entendu, c'est celui du démarchage téléphonique. La loi que vous avez initiée entre en vigueur demain. À partir de demain, donc, les entreprises n'auront plus le droit de nous appeler si on n'a pas donné notre consentement au préalable. Ça veut dire que les appels intempestifs pour nous vendre du double vitrage, c'est terminé, c'est l'histoire ancienne ?

8:26
Présentateur

En tout cas, c'est maintenant la loi de la République que c'est illégal. Ça a été un combat parlementaire acharné de plus de 7 ans pour parvenir à cette interdiction du démarchage téléphonique commercial non consenti. Et donc, ça veut dire que si vous continuez à recevoir ce harcèlement qui est un symptôme de la société de surconsommation qui nous considère comme des clients 24 heures sur 24, c'est une arnaque et vous pouvez le signaler à Signal Conso sur le site de la DGCCRF. Et je souhaite que le gouvernement consacre tous les moyens nécessaires au respect de cette loi qui est une petite bonne nouvelle parce que c'est vraiment exaspérant et insupportable ce démarchage téléphonique.

9:04
Delphine Batho

Pour autant, ça n'arrêtera pas les entreprises qui appellent depuis l'étranger.

9:09
Présentateur

Ce sera illégal. Et donc, le nécessaire doit être fait aussi avec les opérateurs téléphoniques pour que ces appels qui constituent des arnaques soient bloqués sur un plan technique.

9:19
Delphine Batho

D'ailleurs, mon consentement, comment je le donne ? C'est une case que je coche par une advergation sur Internet ?

9:24
Présentateur

Non, justement, de façon libre et éclairée. La loi est extrêmement claire de ce point de vue. Donc, non, non, il n'y a pas d'entourloupe avec le truc, vous savez, écrit en tout petit qu'on coche sans même s'en rendre compte. Merci beaucoup Delphine Pateau d'avoir...