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InterviewRFI — Invité politique (sur Site radio)· 24 septembre 2026 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeEurope & international

«Une victoire du RN mettrait en péril notre État de droit», alerte Léa Balage El Mariky (EELV)

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteRéponse directe

    Bonjour Léa Balagel-Marieki.

  • 0:07OuverteRéponse directe

    À 7 mois de l'élection présidentielle, alors que le RN continue de faire la course très largement en tête, vous avez cette semaine tiré la sonnette d'alarme sur les dangers que ferait courir une victoire de l'extrême droite sur notre état de droit.

  • 1:43RelanceRéponse partielle

    18 mois, dites-vous, il n'y aurait même pas besoin de modifier la Constitution pour affaiblir ainsi en France tous les contre-pouvoirs, la justice, les médias ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Un mot sur la justice dont vous dites qu'elle n'est pas indépendante.

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Autre inquiétude que vous mentionnez, l'article 16 de la Constitution qui donne donc des pouvoirs exceptionnels au président en cas de crise grave.

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Face à ces dangers, vous proposez une quinzaine de propositions pour blinder, justement, notre démocratie avant la présidentielle.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « 'est exactement cela. On a commandé un rapport, je dis on a, avec Mélanie Vogel qui est sénatrice, Mélissa Camara qui est députée européenne. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « et qui démontrent qu'en cas de choc autoritaire, c'est-à-dire d'une présidence autoritaire au sein de la République française, mais aussi d'une majorité même relative à l'Assemblée nationale. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « Il est très très facile de démanteler une à une les institutions qui nous protègent. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Et la France est sûrement le pays d'Europe le plus fragile, dont les institutions sont les plus fragiles. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « En réalité, en France, ça peut prendre à peine quelques mois. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « On a en France l'article 16 qui permet de déclarer un état d'urgence. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Nous avons en France la possibilité de légiférer par voie d'ordonnance, c'est-à-dire de manière exorbitante, extraordinaire, sans passer par le Parlement, de pouvoir, pour le gouvernement, écrire des choses qui relèveraient normalement de la loi. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Et puis, on a une justice qui n'est pas indépendante. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que les procureurs, dans leur avancement de carrière, ne sont pas aussi indépendants que le reste des magistrats. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « le Parlement, en fait, c'est l'expression de la souveraineté populaire. »
  • 4:03Invité politiqueChiffre
    « Si vous voulez, une personne, elle est élue avec même pas 50% en réalité, puisque quand on compte les abstentions, etc., c'est parfois 30% des personnes qui ont voté pour le ou la présidente de la République. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « 'est encore possible quand il y a de la volonté politique de le faire. »
  • 5:33Invité politiqueFait
    « Sur la question de l'indépendance de la justice, c'est l'article 65 de la Constitution. »
  • 5:57Invité politiqueFait
    « C'est l'article 49, alinéa 1 de la Constitution. On peut le modifier. »

Temps de parole

  • Léa Balage El Mariky68 %
  • Présentateur30 %
  • ?2 %

≈ 8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Léa Balagel-Marieki. Bonjour. Bienvenue sur RFI. A 7 mois de l'élection présidentielle, alors que le RN continue de faire la course très largement en tête, vous avez cette semaine tiré la sonnette d'alarme sur les dangers que ferait courir une victoire de l'extrême droite sur notre état de droit. Nos institutions, dites-vous, sont particulièrement vulnérables. En clair, Léa Balagel-Marieki, elle ne nous protégerait pas face à de possibles dérives autoritaires

0:31
Locuteur

? C

0:32
Léa Balage El Mariky

'est exactement cela. On a commandé un rapport, je dis on a, avec Mélanie Vogel qui est sénatrice, Mélissa Camara qui est députée européenne. Nous avons toutes les trois commandé un rapport à des juristes qui ne sont pas des militants écologistes, qui sont des spécialistes des institutions, de la fonction publique, du droit électoral et qui démontrent qu'en cas de choc autoritaire, c'est-à-dire d'une présidence autoritaire au sein de la République française, mais aussi d'une majorité même relative à l'Assemblée nationale. Il est très très facile de démanteler une à une les institutions qui nous protègent.

Les institutions, elles vous protègent, vous, parce qu'elles permettent de lutter contre l'arbitraire. Elles nous protègent, nous, parce qu'elles permettent de préserver la dignité des personnes. Ce sont les juges, ce sont les contre-pouvoirs, les associations, les fonctionnaires également. Et donc tout cela est extrêmement faible. Et la France est sûrement le pays d'Europe le plus fragile, dont les institutions sont les plus fragiles. On a vu comment est-ce que la Hongrie ou la Pologne ont pu avoir des régimes autoritaires très rapidement en quelques années. En réalité, en France, ça peut prendre à peine quelques mois.

1:38
Présentateur

18 mois, dites-vous, il n'y aurait même pas besoin de modifier la Constitution pour affaiblir ainsi en France tous les contre-pouvoirs, la justice, les médias ?

1:49
Locuteur

Vous

1:49
Léa Balage El Mariky

voyez bien qu'on a déjà une érosion des libertés publiques, des libertés individuelles dans le cadre constitutionnel actuel. On a en France l'article 16 qui permet de déclarer un état d'urgence. Nous avons en France la possibilité de légiférer par voie d'ordonnance, c'est-à-dire de manière exorbitante, extraordinaire, sans passer par le Parlement, de pouvoir, pour le gouvernement, écrire des choses qui relèveraient normalement de la loi. Et puis, on a une justice qui n'est pas indépendante. Et donc là, ces sept mois qui nous restent jusqu'ici, qui nous séparent de

2:23
Locuteur

l

2:23
Léa Balage El Mariky

'élection présidentielle, ils doivent être mis à profit pour justement réparer ce qui est actuellement en train de se casser de toutes parts et qui est extrêmement fragile. Et les textes pour le faire sont déjà sur la table de l'Assemblée nationale et du Sénat.

2:37
Locuteur

Et donc, en fait, il nous

2:39
Léa Balage El Mariky

reste le temps de pouvoir le faire.

2:40
Présentateur

Un mot sur la justice dont vous dites qu'elle n'est pas indépendante.

2:44
Locuteur

Ce

2:44
Présentateur

que vous craignez,

2:45
Locuteur

si

2:45
Présentateur

un régime illibéral se mettait en place en France dans sept mois, c'est une reprise en main directe des procureurs par le pouvoir politique

2:55
Locuteur

?

2:56
Léa Balage El Mariky

Exactement. C'est-à-dire que les procureurs, dans leur avancement de carrière, ne sont pas aussi indépendants que le reste des magistrats. Et donc, on craint non seulement des circulaires, c'est-à-dire des instructions données aux procureurs pour instruire de manière politique un certain nombre de dossiers, mais aussi le fait de mettre, j'allais dire, presque au garde-à-vous des procureurs de la République qui, pour autant, doivent être indépendants parce que la justice, c'est le troisième pouvoir et doit être indépendante de

3:25
Présentateur

l'exécutif et du législateur. Et ça a été évoqué lors de cette terrible affaire Liyana, cette possibilité pour le pouvoir politique d'avoir un accès un peu plus sérieux auprès des procureurs. Autre inquiétude que vous mentionnez, l'article 16 de la Constitution qui donne donc des pouvoirs exceptionnels au président en cas de crise grave. La menace, là, ça serait que le pouvoir n'agisse que par décret, par ordonnance, que le pouvoir puisse contourner le Parlement.

3:54
Locuteur

Et

3:55
Léa Balage El Mariky

le Parlement, en fait, c'est l'expression de la souveraineté populaire. La personne qui est présidente de la République l'est aussi, mais elle ne l'est pas seule. Si vous voulez, une personne, elle est élue avec même pas 50% en réalité, puisque quand on compte les abstentions, etc., c'est parfois 30% des personnes qui ont voté pour le ou la présidente de la République. Par contre, le Parlement, c'est un peu plus représentatif. Ce n

4:18
Locuteur

'est

4:18
Léa Balage El Mariky

pas parfait encore parce qu'il n'y a pas la proportionnelle, mais c'est un peu plus représentatif. Si ça veut dire qu'on va contourner la souveraineté populaire avec cet article 16, vous allez me dire, il est prévu par la Constitution, mais c'est des circonstances

4:29
Locuteur

très

4:30
Léa Balage El Mariky

exceptionnelles. Sauf que, comme il n'y a pas véritablement de manière d'encadrer ça, et que c'est un dispositif qui est complètement exceptionnel, au regard de notre régime parlementaire, eh bien, une pratique autoritaire, illibérale du pouvoir pourrait très bien déclencher cet article 16 et complètement, j'allais dire, effacer l'ensemble des corps

4:51
Locuteur

intermédiaires que représentent

4:52
Présentateur

les citoyens. Et tout fait légalement la démocratie, comme vous le dites. Face à ces dangers, vous proposez une quinzaine de propositions pour blinder, justement, notre démocratie avant la présidentielle. Ça passe nécessairement par une réforme de la Constitution. À sept mois du scrutin, est-ce que c'est encore possible ?

5:10
Locuteur

C

5:10
Léa Balage El Mariky

'est encore possible quand il y a de la volonté politique de le faire. Vous savez, moi, j'ai vu plein de centristes, de gens de droite, Elisabeth Borne, Marc Fénault, faire des colloques sur l'État droit et péroré, comme ça, sur la nécessité de préserver l'État droit et les grands vergers qui le menacent. En fait, si on est sérieux sur cette question, il faut arrêter de faire des colloques et passer aux actes. Et les actes, ils sont très faciles à prendre. Sur la question de l'indépendance de la justice, c'est l'article 65 de la Constitution. Il y a déjà un texte qui est prêt. Il suffit de convoquer le Congrès.

Sur le fait de réviser, seul par le président ou la présidente de la République, la Constitution, comme le souhaite Marine Le Pen, c'est possible.

5:48
Locuteur

Il

5:48
Léa Balage El Mariky

y a déjà des textes qui sont déposés au sein de l'Assemblée. Sur le fait d'obliger un gouvernement à demander la confiance au Parlement, qui est le B.A.B. d'un régime parlementaire. C'est facile. On connaît l'article. C'est l'article 49, alinéa 1 de la Constitution. On peut le modifier. Et il nous reste du temps. Quand le gouvernement a eu la volonté politique d'inscrire l'IVG dans la Constitution et le droit à l'IVG dans la Constitution, ça a mis trois mois.

6:10
Locuteur

Là,

6:10
Présentateur

il nous en reste sept. Vous avez présenté votre rapport mardi.

6:14
Locuteur

Est

6:14
Présentateur

-ce que depuis, votre appel à un sursaut partisan a été entendu

6:18
Locuteur

à

6:19
Présentateur

droite, au centre ? Vous

6:20
Léa Balage El Mariky

avez des retours

6:21
Locuteur

?

6:21
Léa Balage El Mariky

Pour l'instant, non. C'est plutôt les journalistes, les associations, les avocats, les juristes, les militants politiques qui lisent ce rapport, qui est dense, parce qu'il traite de plusieurs sujets, et qui nous disent qu'on n'avait pas vu à quel point on était fragiles et aussi vulnérables face à un choc autoritaire. Et moi, j'attends que peut-être qu

6:41
Locuteur

'ils

6:41
Léa Balage El Mariky

vont passer. Il fait 88 pages. Peut-être que ça leur prendra une semaine à lire. Mais j'attends véritablement un retour. Et peut-être que nous les interpellons aussi plus officiellement avec Mélanie Jojel et Mélissa Camara. En tout cas, le message, je pense, est entendu.

6:54
Locuteur

Et

6:55
Présentateur

sur un plan plus purement politique, si je peux me permettre, Léa Ballage-Elmareki, face à cette possible victoire du RN, se repose également pour la gauche socialiste, pour vous, les écologistes, la question des alliances avec LFI aux prochaines législatives pour ne pas laisser les pleins pouvoirs à l'extrême droite, si elles devaient l'emporter. Où en êtes-vous ? On a vu que le débat divisait encore côté socialiste. Où en êtes-vous chez les écologistes

7:21
Locuteur

? Nous,

7:22
Léa Balage El Mariky

on a toujours été très clair sur le cap de l'Union. Il est impossible actuellement. La gauche est trop fragmentée, peut-être même un peu trop faible. Et il faudra que nous fassions aussi l'état des lieux de notre faiblesse et les raisons qui la sous-tendent. Nous ne pouvons pas partir diviser pour ces élections législatives. Si nous souhaitons pouvoir empêcher une majorité d'extrême droite à l'Assemblée nationale, alors il faudra s'unir comme nous l'avons fait en 2022, comme nous l'avons fait en 2024. Et nous avons déjoué le pronostic de la victoire de Jordan Bardella

7:55
Locuteur

à Matignon. Et

7:56
Léa Balage El Mariky

c'était tant

7:56
Locuteur

mieux. Et

7:56
Présentateur

donc, on vous entend bien, Léa Balagel-Marie,

7:59
Locuteur

qui

7:59
Présentateur

est plutôt pour des alliances avec LFI. Merci beaucoup. Bonne journée. Avec tout le monde. C'est toute l'union de toute la gauche. Jusqu'à LFI. Merci.

8:08
Léa Balage El Mariky

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