Max Brisson : « Le rapport du Louvre est révélateur de la faiblesse de la tutelle de l’Etat »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Max Brisson vous êtes sénateur à l'air des Pyrénées-Atlantiques vice-président de la commission de la culture de l éducation, de la communication et du sport ici au Sénat. La commission d'enquête parlementaire sur la sécurisation des musées a donc rendu ses conclusions sept mois après le cambriolage. L'avenir du Louvre est-il incertain ?
Nous allons en parler dans quelques Mais d'abord, comme tous les jours, on regarde les unes de la presse régionale. On va les regarder ensemble. D'abord la une de la dépêche.
Macron, dernière ligne droite. Le chef de l'État qui a entamé sa dernière année à l'Elysée. Réduit à l'inaction en France faute de majorité, il fait entendre sa voix sur la scène internationale.
Neuf ans après son arrivée au pouvoir, son bilan est contrasté. Deuxième une, c'est celle de la Marseillaise. La lutte contre les trafics sur tous les fronts, ouverture aujourd'hui du procès de Félix Binguy, chef du clan de narcotrafiquants Yoda à l'origine de la guerre meurtrière avec la DZ mafia et le projet de loi Riposte, on le disait, qui arrive au Sénat.
Il contient de nouvelles mesures contre le narcotrafic. Et puis la dernière une, c'est celle de l L'éclair des Pyrénées à Lourdes, le pape Léon XIV déjà très attendu. Le Vatican qui a confirmé que le pape effectuerait une visite d'État en France du 25 au 28 septembre.
Il devrait passer par Lourdes dans la cité mariale. On y croit de plus en plus de quelle une avait -vous envie de nous parler ? Écoutez, je vais être un petit peu chauvin.
Je vais choisir L'Éclair des Pyrénées, qui est aussi l'un des journaux de mon département. Et bien sûr, dire que Lourdes, ça renvoie à quelque chose de rare dans nos sociétés. C'est la croyance à la transcendance.
C'est peut-être quelques dépassements d'une société très matérialiste. Il y a des Et références, et le pape fait partie des références que l'on croit ou qu'on ne croit pas au ciel. Quelque part il y a quelque chose d'un peu permanent dans une société où tout bouge, où tout va très très vite.
Et Lourdes rattache un petit peu à la permanence de notre société à ses traditions et voilà pourquoi je choisirais la une de l'éclair de vie. Elle est attendue cette visite du pape dans votre région ? Bien entendu, elle est attendue mais je pense qu'elle est attendue Ça fait plus de 10 ans que le pape n'a pas fait de visite d'État en France.
Le précédent pape François n'est jamais vu en visite d'État. Il y en a dû, il y avait peut-être quelques relations un peu compliquées. Mais voilà, il faut placer cet événement au-delà de ce qu'attendait les catholique, au-delà de ce qu'attendent les chrétiens.
Bien entendu, c'est un guide spirituel pour des millions de nos concitoyens qui partagent la foi catholique. Mais au-delà, je pense que c'est une parole qui est nécessaire au monde que l'on croit au ciel ou que l'on n'y croit pas, que l'on soit catholique ou qu'on ne soit pas. Et Lourdes est un des lieux où cette parole porte.
Et donc nous serons heureux d'accueillir le Saint-Père lorsqu'il viendra à Lourdes, à Lourdes, à C'est le cambriolage le plus retentissant de ces dernières années. Le 19 octobre dernier, 8 joyaux de la couronne dérobés en plein jour à l'aide d'une disqueuse à l'intérieur du musée du Louvre. Comment un tel fiasco a-t s'il pût se produire.
Le Sénat a multiplié les auditions, l'Assemblée nationale a rendu les conclusions de ses travaux. Défaillance de sécurité, manque d'investissement, projet, nouvelle renaissance chère à Emmanuel Macron, nous nous penchons sur l'avenir incertain du Louvre. Avec vous Max Brisson.
D'abord, sept mois après ce cambriolage, les bijoux n'ont toujours pas été retrouvés. Une valeur monétaire de 88 millions d'euros, une valeur historique inestimable. Ce cambriolage, c'est un fiasco total pour l'État ?
C'est un révélateur de l'immense fragilité de nos musées, de l'immense fragilité du Musée du Louvre. C'est un révélateur aussi d'une certaine gouvernance qui évite de donner la priorité à ceux qui ne soient pas pour donner la priorité à ce qui est visible, à ceux qui se voient. C'est aussi un révélateur de la faiblesse de la tutelle de l'Etat sur ce type d'établissement.
Le rapporteur de l'Assemblée nationale parle d'un État dans l'État. Il n'a pas tort. Et donc on a à la fois une tutelle forte, celle du président de la République qui décide comme un prince.
Et puis par ailleurs, le contrôle du ministère qui est faible parce qu'on a affaire à à une présidente, en l'occurrence, qui est un fil direct avec l'Elysée. Donc c'est aussi un révélateur des défaillances d'une hyper-présidentialisation que le président Macron a poussé à son paroxysme. Tout cela, et bien entendu, extrêmement inquiétant dans un établissement qui est le plus grand musée de France, des plus grands d'Europe et du monde, qui reçoit presque 10 millions de visiteurs et qui est dans un état de végusté, mais et qui camouflent quelque chose de plus grave.
Beaucoup de nos musées, on compte 1 200 en France, sont également extrêmement fragiles. Et nous allons développer tout ça durant cette demi-heure. Mais est-ce que vous savez si l'enquête a avancé Est-ce que pour vous, on a aujourd'hui désormais perdu toute chance de retrouver ces bijoux ?
Alors je n'ai pas de connaissances et je n'ai pas un avoir très précise de l'enquête de police qui nécessite certainement un secret qui est nécessaire à sa réussite et je le souhaite même si j'ai incontestablement des doutes en revanche sur le fait qu'on va la retrouver un jour bien sûr mais tout en le souhaitant comme tous les français il y a eu un d'ailleurs tous les sondages l'ont montré, peut-être pas égal à celui de Notre-Dame, ni il s'est passé quelque chose parce que ça appartient à notre région nationale, parce que c'est tout Louvre qui est aussi un symbole du rayonnement de la France et puis parce que ça révèle aussi, et je l'avais dit moi avec force dans les nombreuses auditions que nous avions réalisées au Sénat dans les semaines qui avaient suivi ce cambriolage, cela révèle aussi un dysfonctionnement de l'État et parfois même une certaine suffisance d'une caste qui parfois dirigeait l'État et qu'il s'estime exonéré de ce qui est le quotidien de celles et ceux qui travaillent. Je vais prendre un seul On a appris avec effarement que les caméras de surveillance dans l'espace public, en nombre insuffisant, ne reposaient plus sur une convention entre la préfecture de police et l'établissement public. Excusez-moi, mais il n'y a pas un maire en France qui oserait déployer des caméras sans avoir une convention avec la préfecture.
Voyez, un cabissement de ce niveau-là peut s'exonérer du droit commun. Parce que c'est un l'État dans l'État, parce qu'on a la ligne directe avec l'Élysée, parce que les contrôles sont hésitants face à quelqu'un qui est nommé directement par la présidente de la République, face à quelqu'un qui exécute les décisions du prince. C'est la conséquence de l'UPR, il y a – C'est une responsabilité d'Emmanuel Macron dans ce qui est arrivé ? – Quoi dire, je voudrais peser mes mots, je ne dis pas que le président de la République a souhaité ce qui s'est passé, mais je dis que le système… – Non mais sans le souhaiter, est-ce qu'il est responsable de ce qui s'est passé par sa gestion En tout cas, ce dont il est responsable, c'est d'avoir voulu se mêler de tout, d'avoir voulu court-circuiter la totalité des procédures.
C'est ce qu'on appelle le fait du prince. Ce fait du prince, il ne date pas des Emmanuel Macron, mais c'est une dérive de notre 5ème République, qui ce n'était pas la position du général de Gaulle fondateur de la 5ème République. Cette dérive président après président a conduit aujourd'hui à ce que notre état au plus haut niveau ne fonctionne pas.
Et le Louvre, en cela, est révélateur d'un état qui dysfonctionne parce que le président de la République n'a pas à se mêler de tout. Il n'est pas l'alpha et l'oméga de tout. Et malheureusement, les Français parfois le croient et donnent à l'élection présidentielle une dimension qu'elle ne devrait pas avoir.
Il y a d'autres élections, il y a d'autres formes de représentation, il y a des corps intermédiaires, il y a un état avec son organisation. L'état a dysfonctionné parce qu'il est parasité au plus haut niveau. L'ouvre-renaissance, c'est la décision présidentielle, ce grand projet d'embellissement et ce projet s'est fait aux dépens du quotidien et aussi de l'avis des agents du Louvre.
Et nous nous allons en reparler puisque le Parlement s'est penché sur tous ces sujets députés et sénateurs ont travaillé pour tenter de comprendre comment de telles failles ont pu avoir lieu et éviter qu'elles ne se reproduisent. Alexandre, sept mois après ce cambriolage donc du musée du Louvre et le vol des joyeux de la couronne, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la sécurité des musées a remis son rapport. Que peut-on en retenir ?
On peut préciser que c'est une commission d'enquête qui a été menée par deux députés. Alexis Corbière, ancien assoumis, désormais membre du groupe écologiste à l'Assemblée et puis Alexandre Portier, député Les Républicains. Après plusieurs mois d'audition, leur rapport fait le constat accablant d'un manque de moyens des musées français en matière de sécurité.
En En 2024, seulement 23 % des musées bénéficiaient d'un plan d'urgence et de prévention des risques. Et 25 % étaient dotés d'un plan de sauvegarde des biens culturels, autrement dit des plans indispensables pour protéger ces établissements et leurs Et puis en 2024, à peine la moitié des musées français disposaient de vidéosurveillance. D'ailleurs le casse du musée du Louvre a révélé des failles en matière de vidéosurveillance, de caméras vidéo qui manquaient dans le plus grand musée du Monde.
Laurence Descartes, qui était la directrice du musée du Louvre à l'époque des faits, avait même reconnu devant les sénateurs en octobre dernier le manque d'équipement de sécurité sur tout le périmètre du musée. On l J'assume totalement le fait que nous avons effectivement une faiblesse dans la protection périmétrique du Louvre. Je vous l'ai dit très clairement, c'est là que le bas blessent et que le bas blesse depuis longtemps.
Mais là encore, je reprends le constat général depuis mon arrivée en septembre 2021. Certainement un sous-investissement chronique en matière d'équipements et d'infrastructures au Louvre. Manque d'infrastructures de sécurité, mais également manque de moyens humains dans les musées.
Selon la CGT Culture, entre 2012 et 2024, la filière surveillance des musées français a vu ses des effectifs diminués de 18%, une pénurie de personnel qui est compensée par un recours à des prestataires privés qui sont concentrés plutôt sur la gestion des flux de visiteurs que sur la protection des collections des Et que propose le rapport de l'Assemblée ? Parmi les 40 recommandations de ce rapport pour améliorer la sécurité des musées, les députés proposent de doubler le personnel de la mission sécurité du ministère de la Culture qui avait des effectifs dérisoire face aux 1200 musées de France. Et puis financièrement, il préconise de passer de 30 millions d'euros à 50 millions d'euros le fonds de sûreté de l'État qui aide les musées à moderniser leurs équipements en matière de sécurité.
Il s'agit aussi de mieux former les agents de surveillance de ces musées et de recruter des profils plus spécialisés dans la sûreté du patrimoine. Et puis enfin une proposition qui rejoint vos propos, Max Brisson, les députés souhaitent que les directeurs des grands musées nationaux soient nommés par leur conseil d'administration et plus par l'État, on le rappelle, le directeur du Louvre, et nomé par le président de la République. Regardez ce que dit Alexis Corbière, je le cite, à partir du moment où une nomination passe par le président de la République.
La personne nommée se sent obligée vis-à-vis de ce dernier, étant à privilégier l'événementiel, ce qui brille aux actions de fond. Max Brisson, vous êtes d'accord sur le constat réalisé par vos homologues de l'Assemblée nationale. Il y a un manque de moyens en termes de sécurité pour nos musées, et c'est ce qui a été révélé dans l'affaire du Louvre, le manque de moyens de sécurité ?
Alexandre Portier, le président de la commission de la culture qui présidé cette commission d'enquête et le rapporteur Alexis Cochrane, Corbière, c'est pas tout à fait les mêmes, vise juste. Et ils ont mis en valeur ce que d D'ailleurs, les auditions du Sénat réalisées à la demande du président de la commission de la culture au Sénat, Laurent Laffert, Laffont avait déjà bien montré. Je crois que ce que ce rapport vise, c'est que la sécurité n'était pas la priorité.
Il suffit de regarder l'organigramme du Louvre pour s'apercevoir que ceux qui ont en charge la logistique et la sécurité n n'étaient pas des personnalités essentielles dans le fonctionnement interne du Louvre. On le voit très bien aussi dans l'évolution du métier de gardien, qui est devenu de plus en plus un métier de médiateur. Les syndicats ont raison d d'évoquer un nombre insuffisant.
Il y a aussi une évolution du métier, médiateur de la culture et non pas gardien au sens premier du terme, qui était d'assurer la sécurité des oeuvres. On le voit aussi dans les investissements. La part consacrée à la sécurité, à la logistique, c'était peu de choses. 27 millions, quand on y consacrait par exemple 105 millions pour agrandir les collections ou 63 millions pour des aménagements, les aménagements qui se voient.
Donc on est parti dans une sorte de frénésie pour mettre la valeur sur tout ce qui se voyait et non pas ce qui parfois ne se voit pas. Le meilleur exemple qui a beaucoup choqué, la commission de l l'Assemblée nationale, mais aussi beaucoup choqué mes collègues lorsqu'ils s'étaient rendus sur place avec une délégation de la commission. C'est l'état de vétusté du poste de commandement là où on surveille la totalité de ce vaste paquebot qu'est le Louvre. – C'est-à-dire concrètement, qu'est-ce que vous avez constaté ? – Des conditions indignes de travail, des conditions qu'aucun maire en France n'offre dont j'aurais proposé à celles et ceux qui, dans sa cité, surveillent l'espace public.
Vous savez, c'est le centre de télécommandement de l'ensemble des caméras disposées dans un espace. Les conditions étaient purement indignes, ça montre finalement...
Mais indigne, pardon pour être précis, ça veut dire que c'est trop...
La védusté, l'exiguïté, la médiocrité du lieu. Ça veut dire que les gens en charge de la sécurité n'avaient pas la voix de la présidente que cela ne la concernait pas, pour ne pas dire peut-être qu'elle méprisait cette activité pour d'autres activités qui lui paraissaient plus nobles. Elle a mis du temps à démissionner.
Mais ça veut dire qu'il n'était pas en capacité de surveiller correctement le musée ? Ils travaillaient dans des conditions qu'aucun maire dans ce pays n'oserait donner à des agents de sécurité. Ils travaillaient dans des conditions indignes sur le plan matériel et donc avec des conséquences sur la qualité de leur travail, c'est évident.
Et puis surtout, c'était un révélateur du fait que la sécurité n'était pas la priorité, que ce n'était pas entendu par la présidente, qu'elle avait d'autres sujets de préoccupait-on. Elle a démissionné, permettez-moi de dire qu'elle a mis du temps pour être à la hauteur de son échec et qu'un haut fonctionnaire de son importance aurait dû en tirer des conquistons immédiates et même si le président de la République lui avait dit non, on n'est pas obligé de rester présidente du Louvre sous la contrainte. On peut partir à la tête haute et elle est partie à la tête basse après avoir eu beaucoup de mal à accepter la responsabilité de ses échecs et en particulier le fait que le schéma de sûreté et de sécurité du louvre a été retardée sous sa présidence ce qui s'est passé aurait pu ne pas avoir lieu comme le dit très bien le rapport, si ce qui était prévu dans le schéma qui datait de 2019 a été mis en oeuvre, par exemple les vitrines de la galerie Apollo et un certain nombre de caméras de son rayon. – Parce qu'il y a eu des alertes, ça fait quasiment 10 ans qu'il y a des alertes, notamment en 2018, il y a une alerte très précise sur la La fenêtre qui a été employée par les cambrioleurs disant que c'était un point de faiblesse.
Vous nous rappeliez la répartition des investissements du Louvre, 27 millions consacrés à l'entretien et à la sécurité, 105 millions pour – Pour acquérir les œuvres, est-ce que clairement vous nous dites ce matin l'argent est mal utilisé, l'argent est mal employé, l'argent ne va pas au bon endroit ? – Côté. Deux rapports en 2017 et en 2019 qui pointent en particulier qu'il n'y a aucun schéma de sécurité.
Le président précédent Jean-Luc Martinez en tire une conclusion, même si on peut discuter des conditions de passation du pouvoir entre Jean-Luc Martinez et Laurence d'écart entre les deux présidents. Jean-Luc Martinez en tire une conclusion, il lance un schéma de sécurité pour tenir compte des deux rapports de 2017 et de 2019 et ce schéma est élaboré en 2019. Sa mise en œuvre est retardée, et retardée en particulier par Laurence Descartes qui assume donc pleinement le fait qu'elle avait ce schéma dans les mers et qu elle a fait d'autres choix.
Le conseil d'administration était devenu une sorte de chambre d'enregistrement. J'ai parlé tout à l'heure de l'hyperprésidentialisation de notre République, il y avait aussi une hyperprésidentialisation du Louvre qui fait que ceux qui auraient pu parler et dire des choses avaient bien le sentiment que ce n'était pas là la priorité de la présidente. On a là un problème de gouvernance, de désignation, de la présidence d'un grand établissement de l'Etat et également des choix qui appartiennent à notre époque où ce qui compte c'est la communication, ce qui compte c'est le visible et ce qui compte rarement, c'est l'invisible mais la sécurité.
Or le premier métier d'un conservateur c'est peut-être et d'abord de conserver les oeuvres. Vous pointez l'hyper présidence, l'hyper présidentialisation. Il y a une question aussi dans ce rapport Alexandre sur la gouvernance et la nomination de la personne qui gère le Louvre.
Oui Max Risson, est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition faite par Alexis Corbière de ne plus nommer le directeur du musée du Louvre par le président de la République mais par le conseil d'administration de redonner le pouvoir au conseil d'administration. On peut en discuter, je ne vais pas rentrer suffisamment dans le détail de cette recommandation il y a une quarantaine dans le rapport pour en mesurer les effets mais ce qui est sûr c'est que le mode de nomination actuel pose problème parce qu'Iran la tutelle politique très très forte à travers le Président de la République et l'Elysée où l'Elysée n'est pas faite pour cela. Et d'autre part, la tutelle du ministère est faible.
Donc on a un système totalement bancal aujourd'hui avec une sorte d'ingérence politique permanente. Et par ailleurs, la tutelle d'une administration qui fasse un tel établissement public et toujours à distance les fonctionnaires du ministère lorsqu'ils exercent leur mission de contrôle, n'ont pas la même attitude avec un musée de provinces pour parler simple qu'ils peuvent la voir avec un grand établissement public qui est devenu un état dans l'état et le mode de désignation du président de cet établissement public est une des raisons pour lesquelles le fonctionnaire, par exemple en charge du contrôle de la sécurité des musées nationaux, ils sont insuffisamment nombreux. D'ailleurs, je crois que trois au ministère, ils ont besoin d'être renforcés.
C'est ce qu'on propose le rapport d'Alexandre Portier et d'Alexis Corbière, mais cette tutelle était insuffisante et puis cette tutelle est parasitée par le rôle joué par l'Elysée. Donc il faut revoir cela. Il y Il faut que chacun reprenne son rôle.
Oui, le président de la République peut fixer un cap sur un grand établissement public comme le Louvre, mais le contrôle quotidien, ça doit être la tutelle du ministère. Cette tutelle était insuffisante. La La lettre de mission de Mme Descartes montre bien que la priorité était le cadet des soucis, la commande politique faite à Mme Descartes, ce qui d'ailleurs l'exonère pour partie, ne mettait pas la sécurité en priorité, mais bien d'autres missions qui étaient dictées directement par la présidente de la République.
Et Max Brisson, le Louvre n'est pas le seul musée à avoir été cambriolé ces dix dernières années. Ce sont en moyenne 20 signalements de vols d'objets mobiliers protégés au titre des monuments historiques qui ont été enregistrés selon le ministère de la Culture. Récemment, des musées de Provence ont été visés à Sarran, en Corrèze, à Langres-en-Haute-Marne ou encore à Mialet dans les Cévennes.
Et ce fut aussi le cas à Limoges où l'on retrouve Anne-Sophie P2GR. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes rédactrice en chef adjointe au populaire du centre Anne-Sophie le musée national Adrien Dubouchet de Limoges a lui aussi été la cible il y a quelques mois d'un cambriolage et ce sont des pièces inestimables qui ont été volées Ah tout à C'est fait un mois avant le Louvre, le musée Adrien Dubouchet qui abrite à Limoges la collection publique la plus riche au monde de porcelaine, a été l'objet d d'un vol très conséquent puisque c'est trois pièces inestimables de porcelaine chinoise qui ont été volées. Le butin s'élève à 6 ,5 millions d'euros.
Là le sénateur, il parlait d'un problème de sécurité. Visiblement à Limoges, tout a fonctionné comme ça pouvait se passer au mieux. Il y avait une équipe de sécurité.
Il y avait des caméras de surveillance, l'alerte a été donnée assez tôt. Malgré tout, un ou plusieurs individus ont réussi à prendre ces pièces inestimables, qui ne sont toujours pas retrouvées aujourd'hui d'ailleurs. Vous avez une question, Sophie ?
Oui tout à fait. Alors ce qui nous interroge, nous, c'est malgré ces dispositifs de sécurité, on voit les limites de ces bâtiments qui sont vieux. Le musée Adrien du boucher, les vitrines du musée sont et n'étaient pas blindées parce que les vitrines sont elles-mêmes protégées.
La façade du bâtiment est elle aussi protégée donc on ne peut pas s sécuriser au mieux ces vieux bâtiments qui abritent, je le disais, des collections d'une valeur inestimable. Est-ce que la province aussi, est-ce que chez nous aussi, il peut y avoir des moyens à la hauteur des pièces que l'on abrite Max Brisson. C'est une excellente question qui appelle deux réponses de ma part.
Tout d'abord, il est évident que les grands projets emblématiques d'un quinquennat peuvent venir télescopé aussi la présence de l'Etat partout dans le territoire pour tenir au bon niveau qui convient l'ensemble de ces bâtiments et donc en particulier les musées nationaux. On ne peut pas lancer de grands projets phares ceux que l'on souhaite voir survivre à son quinquennat et parallèlement faire des choses qui ne se voient pas mais qui sont au combien nécessaires et partout sur le territoire. Et puis ce qu'évoque les journalistes du populaire, c'est aussi que la multiplication des normes, des contraintes conduit parfois à des aberrations.
On est parfois au royaume du but. Vous savez, on a eu quelque chose d'assez surprenant au cours de ces dernières années. À chaque fois que l'État, d'ailleurs sous la impulsion parfois du président de la République, veut lancer de grands chantiers, de grands travaux et parfois à juste titre, il décide par une loi spéciale de déroger à toutes les règles que par ailleurs il impose.
On est quand même dans une situation d'injonction contradictoire où l'État est très normatif, multiplie les règles et il en faut, et pour la protection des bâtiments historiques bien entendu. Mais à force de règles on rend les choses impossibles, d'ailleurs c'était un élément de défense de Madame Descartes, elle disait mais j'ai dû respecter les nombreuses règles de la commande publique, j'ai dû respecter les nombreuses règles de protection du bâtiment. Oui il faut des règles mais à force de règles qu'est-ce qui se passe ?
Quand l'Etat veut aller vite, Jeux Olympiques, Restauration Notre-Dame, il décide par une loi, j'ai diter les règles, je ne les respecterai pas pour aller vite. Donc cela interroge notre pays sur une dimension normative permanente, sur une prolifération des normes, des règles, des règlements qui fait qu'on finisse par s'enfermer dans des procédures, par s'enfermer dans la complexité des choses et qu'il faudrait mieux peu de normes appliquées que beaucoup de normes qui entravent. Et c'est un élément dont on parle beaucoup au Sénat aujourd'hui.
C'est un des vrais défis de notre pays que de simplifier l'action publique, que de simplifier la commande publique tout en assurant bien sûr la transparence et la protection de notre patrimoine. On va remercier Anne-Sophie d'avoir été avec nous depuis Limoges et on regarde la une du Populaire du Centre. Vous parlez de grands projets.
Le grand projet, cher Emmanuel Macron, c'est le Louvre Nouvelle Renaissance. C'est évalué selon l'Elysée ou la Cour des Comptes. On est sur une échelle large entre 700 millions et 1 milliard d'euros.
Ce projet, ça vise à remettre aux normes et à sécuriser le bâtiment, mais ça vise aussi à créer plusieurs nouvelles entrées et à notamment avoir une entrée directe vers la Joconde. Ce projet, cher Emmanuel Macron, doit-il être poursuivi ? Est-ce que demain, si Bruno Retailleau arrive à l'Elysée, il poursuit ce projet ?
Je dirais à Bruno Retailleau de regarder deux chiffres. Le plan sécurité des musées, c'est aujourd'hui 30 millions. Et on annonce un projet à 700 millions.
Je crois que le temps des grandes cathédrales, le temps où chaque chef d'État vous laisse son nom dans l'histoire à travers une œuvre emblématique est terminé. Notre pays ne peut pas se le perdre. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas manquer d'ambition, mais après tout, ce qui s'est passé au Louvre, c'est catastrophique en termes d'images pour la France.
Ce qui s'est passé au Louvre, c'est totalement contre-productif de l'idée de ce qu'on fait dans notre pays. 15 millions de visiteurs, le projet Louvre Renaissance, 700 millions de travaux dont on sait qu'ils seront dépassés et vous avez raison, on atteindra très vite le milliard, est à comparer aux 30 millions que nous avons votés dans ce musée pour la sécurité des musées. Donc moi je dis qu'aujourd'hui il faut savoir en politique faire des priorités, la priorité c'est d'assurer la sécurité des musées, c c'est assurer des conditions de travail dignes aux agents d'Etat qui y travaillent, c'est considérer qu'il y a des choses qui ne se voient pas et quand on les faits, on rend service au pays beaucoup plus que lorsqu'on essaie de briller pont, essayer de passer dans le cap de l'histoire.
Merci Max Brisson, merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure.
Max Brisson