Santé mentale, étude de médecine, canicule... : Yannick Neuder répond aux questions de Pascal Praud
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Figurez-vous que vous augmentiez parce que je suis un peu concerné par cela et j'en ai parlé à l'antenne parce que j'ai une habitude de parler des choses que que je connais un peu et et c'est vrai que c'est invraisemblable, je le dis régulièrement, on ne peut pas redoubler sa première année de médecine, ce qui est un truc de fou. Donc les enfants sont obligés d'aller en Espagne, en Roumanie, je ne sais où pour pouvoir passer une deuxième année parce qu'on peut pas redoubler en France sa première année de médecine. Ce qui cette nuit, ça va plus être le cas.
C'est que l'année prochaine, on pourra redoubler. On va tout faire pour que effectivement il y ait une deuxième chance et de réformer avec le ministre de l'enseignement supérieur le système actuel. Alors, je sais pas ce que vous appelez la l'année prochaine mais pour septembre 2026 parce que voilà.
Et ça veut dire que celui qui par exemple n'a pas réussi son année en 2025, il a le droit d'imaginer de repartir en 201. Il a la possibilité de pouvoir aller en 2è année de l'AS. Mais oui, mais ça oublié ça ça c'est ça c'est très compliqué, ça marche pas.
Mais est-ce qui pourrait repartir par exemple ce ceux qui ceux qui ont manqué leur année cette année et qui veulent continuer de faire médecine et qui veulent passer par ce qu'on appelle l'ass Mais alors c'est un peu compliqué. Est-ce que ils peuvent attendre une année ou est-ce que ils doivent être obligés de partir en Espagne ou en Roumanie ? Clairement l'objectif de de de la loi que j'ai fait voter cette nuit qui était la loi que j'avais fait voter déjà en décembre 2023, c'est d'éviter l'hémorragie des étudiants.
Mais pourquoi vous faites pas voter immédiatement qu'on puisse redoubler de pourquoi c'est pas possible ? Non mais je vous riez mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi le parlement ne dit pas cette loi l'ancienne loi est caduc. Ceux qui cette année en 2025 n'ont pas réussi le concours, ils ont le droit à une deuxième chance.
Pourquoi ce n'est pas possible ? Parce que il y a besoin d'organiser euh les choses avec notamment euh les facultés de médecine. On ne réussit pas les réformes avec les facultés de médecine.
Donc l'idée c'est de inverser totalement la tendance, de former euh les étudiants en santé en fonction des besoins du territoire et non pas en fonction du capacitaire des universités. Il s'agit pas de dire on prend tout le monde si on a personne pour les former. Je vous dis pas prendre tout le temps, je vous dis que les gens redoublent.
Je n'arrive pas à comprendre. C'est pas compliqué de redoubler. Il y aura toujours un pourquo ils ne peuvent pas votre réponse, moi je la trouve pas adaptée à ma question.
Ben, ils peuvent ils peuvent quand même redoubler. Je pense que je demande pas plus d'élèves en médecine, je demande qu'il puisse redoubler. Alors moi, je demande pas la même chose que vous parce que moi je demande plus d'étudiants en médecine.
Je demande plus d'étudiants en médecine. Pourquoi ? Parce qu'on forme le même nombre d'étudiants en santé qu'en 1970.
Nous sommes 15 millions de Français en plus. avec une population qui a vieilli et surtout un rapport au travail qui a changé puisque quand un médecin généralise part en retraite, il en faut deux à trois. Maintenant, ce qui est assez inadmissible dans la situation actuelle et qui est le sens de mon engagement, c'est qu'on a plein de jeunes, on manque de médecin, on a plein de jeunes qui veulent faire médecine.
Et en fait, on a un système, le le numérus pour parler simplement, on a un système beaucoup trop sélectif et euh qui ne prend pas assez de jeunes, qui ne permet pas le redoublement et les jeunes partent à l'étranger, Roumanie, Belgique, Espagne. Donc, il faut arrêter cette hémorragie puisqu'on a 1600 jeunes qui partent. Donc pour l'instant, moi je suis en train de m'occuper de ceux qui sont déjà en Belgique, en Roumanie, en Espagne pour les faire revenir parce que si nous la France nous les prenons pas, la la l'Allemagne, le Maroc, la Suisse les récupère et nous sommes en train de travailler avec Philippe Baptiste, le ministre de l'enseignement supérieur à une réforme pour justement permettre le redoublement de la première année de médecine parce que vous savez des fois ça joue à quelques points près, à quelques QCM près et on peut pas jouer sa vie personnelle, sa vie professionnelle. sur un QCM parce qu'il y a ceux qui vont partir à l'étranger mais il y en a beaucoup qui vont renoncer et c'est dommage parce que ça aurait fait très certainement de bons médecins.
Donc ça sera en application pour septembre 2026. Yannique Noder est donc avec nous et les médecins cardiologues, vous pouvez d'ailleurs l'interroger. Il est cardiologue au Centre hospitalier universitaire de Grenoble, chef du pôle cardio-vasculaire et thoracique.
Vous avez une carrière également politique. Vous êtes député de la 7e circonscription de Lisser, rapporteur général de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Bon, je vous demande pas ce qu'il faut faire quand il fait chaud.
C'est pas utile le cardiologue que vous êtes. J'ai quelque chose d'important à vous dire. Vous pourriez vous pourriez mettre en application.
Les Japonais font ça, c'est que quand il fait chaud, il ne faut pas mettre de cravat qui nous permet d'avoir moins de climatisation. Ah ben voilà. Donc je pense que je vous invite Pascal à retirer votre cravate en direct pour lutter contre la canicule. et je lance un grand mouvement quand il fait chaud, quand on est en période de canicule, et bien j'invite tous les hommes à retirer leur cravat et je pense que ça sera un grand soulagement parce que c'est terrible d'être tiré comme ça.
Oui. Est-ce que vous souhaitez que je me mette nu ? On va rester on va rester pour la santé pour la santé mentale de nos auditeurs.
Je pense que c'est bien mais voilà ce grand mouvement. Aidez-moi à lancer ça Pascal en dans la canicule. Les hommes quittent leur cravate, j'ai dit la cravate, hein.
J'ai j'ai j'écoute les j'écoute les les cardiologues. C'est combien de temps pour être cardiologue ? Oh, c'est beaucoup de temps.
Moi, ça a été 12 ans. C'est 12 ans. Donc c'est si alors les le général à mon époque à mon époque par le général c'est alors c'était à mon époque c'était 6 ans.
Après on passait l'internat, j'ai fait 4 ans de spécialité de cardiologie. Et après on devient assistant des hôpitaux, chef de clinique à la faculté de médecine. Donc ça m'a rajouté 2 ans.
Bon, quand on est interne, on commence à gagner de l'argent. On gagne un petit peu d'argent même dès la 3è année quand on est externe. Mais c'est vraiment anecdotique.
Vous diriez que c'est une vocation par exemple d'être médecin ? Ah quand même, je pense que ça fait peut-être un peu un peu vieux de dire ça, mais je crois que c'est pas rien de vouloir s'engager comme ça. Alors, le vocation, je pense que ça fait peut-être aussi connotation à des à des éléments religieux et autres.
Mais je pense que oui. Vous avez toujours voulu être médecin. Je crois que ça m'a ça m'est venu quand j'étais jeune enfant et que je regardais médecin de nuit avec Catherine Allégret qui jouait le rôle de Léon et qui organisait les tournées de nuit de ses médecins et je trouvais ça extraordinaire de Mais votre père n'était pas médecin ?
Ah non, pas du tout, pas du tout, pas du tout d'un milieu pas du tout d'un milieu médical et et même d'un milieu qu'on peut pas du tout favoriser puisque je considère que et justement c'est bien aussi l'intérêt de ces réformes, c'est de permettre que médecine justement il n'y ait pas d'autocensure et que tous les étudiants de France peuvent se dire que c'est possible. Euh la preuve, moi je suis issu d'un milieu euh ouvrier et on représentait à l'époque 3 % euh les enfants d'ouvriers en médecine. D'où l'idée aussi de pouvoir mettre dans le pacte de de désert médical euh les premières années de médecine accessibles dans tous les départements pour justement euh bien élargir la mixité sociale des étudiants et surtout diminuer le coût.
Pas de logement forcément à payer, pas de transport. C'est des choses qui sont extrêmement importants et je suis sûr que avec la précarité étudiante, les étudiants réfléchissent. Alors, souvent, j'utilise l'expression ouvrir le capot et lorsqu'on aborde un sujet, on découvre des choses invraisemblable et on se dit "Mais qu'on fait ceux qui nous dirigent depuis 25 ou 30 ans" ?
Je vous assure, c'est effrayant et la médecine, je trouve que c'est absolument effrayant. Moi je connaissais assez peu évidemment quand tant que tu es pas concerné, tu les études de médecine, tu tu ne sais tu vois ça de loin et puis tout d'un coup, tu découvres des choses folles. On on ne peut pas redoubler médecine.
Alors, qu'est-ce que ça veut dire que de dire quand on peut pas redoubler ? C'estd que l'enfant qui est doué, qui a validé son année comme on dit, c'estàd qu'il a plus de 10, prenons un élève par exemple qui a 11 et demi. Comme c'est un concours s'il est 145e et qu'ils en prennent que 120, bah il est à la porte.
Même avec 11 12, il passent pas. Mais non, tu passes pas. Ça s'appelle un concours, c'est pas un examen.
C'est voilà, c'est donc que font les parents ? Donc bah ceux qui ont les moyens d'envoyer leurs enfants ou en Roumanie ou en Espagne ou ailleurs, bah ils peuvent suivre. Mais c'est quand même compliqué. de trouver tu tu mets beaucoup d'embarras, faut trouver évidemment un appartement ou en Espagne ou en Roumanie, faut l'inscrire, il faut faire des multiples démarches, faut prendre parfois un avocat qui va payer pour être inscrit et cetera.
En fait, c'est des formalités invraisemblables. Tout ça coûte de l'argent. Et je me dis mais monsieur Neder, vous qui êtes responsable, changez ça.
Alors je Pascal, je je l'ai fait puisque donc je suis parlementaire depuis juin 2022, élu député depuis juin 2022 et j'ai fait voter cette proposition de loi en décembre 2023 qui avait trois trois articles très simples. Le premier, c'était justement de supprimer le numérus, toute forme de restriction à la formation et justement d'inverser la donne sur les territoires. Et c'est quoi un territoire ?
C'est des élus locaux, c'est des agences régionales de santé, c'est des facultés de médecine, c'est des universités qui doivent se mettre d'accord pour définir les besoins du territoire et de pouvoir ouvrir davantage de postes et ensuite de pouvoir accompagner ses étudiants. Le système est beaucoup trop restrictif actuellement et c'est bien pour ça qu'on voit une fuite qui s'accélère d'ailleurs depuis depuis un certain nombre d'années vers des pays étrangers. Euh, on peut regarder les dentistes. 54 % des dentistes qui s'installent actuellement en France ont fait leurs études euh à l'étranger.
Donc, je pense qu'on a complètement perdu le contrôle de la formation euh médicale, paramédicale pour France. Alors, pourquoi ? Si on les professionnels si on remonte l'histoire en fait on est parti d'un concept il y a 30 ans que moins il y avait de médecin moins il y avait de dépenses de santé et c'était un concept alors voilà c'est he c'est un petit peu voilà donc c'était ça on est tombé globalement là on forme à peu près 11 12000 médecins par an et on est tombé dans les années 90 à 3500 c'est bien pour ça qu'on arrive maintenant à des chiffres qui sont pas du tout aux enjeux de notre société puisque on a beaucoup plus besoin de médecins sur les territoires.
Sur 50 Yannick Neder est là et Yannick interroge Émilie DZ et lui demande si vous souhaitez peut-être ajouter quelque chose à ce que disait Émilie. Non, je pense qu'il y a il y a un sujet effectivement qui c'est c'est important que je puisse réagir sur effectivement les sep cas de syndrome hémolitique et urémique qui ont été détecté sur la ville de Saint-Centin. Et je crois que c'est le le ministère de la santé est complètement mobilisé sur ce sujet.
J'ai eu madame le maire de Saint-Quentin hier soir ainsi que le député et et Xavier Bertrand le le président de région. Euh on est en train de mener des enquêtes pour effectivement déterminer euh les causes de cette infection. C'est une bactérie qui produit euh des toxines et qui peut conduire euh euh au décès.
Donc naturellement euh toutes les toutes mes pensées vont vers la la famille de cet enfant euh de 12 ans euh qui est décédé. un autre enfant est en est en réanimation et euh on on redouble de vigilance et surtout on enquête de partout avec les services de santé publique France, les services vétérinaires pour effectivement déterminer l'aliment potentiellement qui est à l'origine de cette cette infection cette infection. Donc c'est un sujet sur lequel je nous sommes très engagés sur ce que je suis d'heure en heure.
Monsieur le ministre, je vais vous demander peut-être de mettre le micro plus précisément, voilà, devant exactement, pardonnez-moi, de de de vous proposer cela. Alors, on va parler du plan santé mental dans une seconde. Il sera annoncé, il a été annoncé la semaine dernière.
Simplement, on revient proposition de loi pour la suppression du numérus. Je vous l'avais dit, euh le texte reforme les modalités d'admission et de place ouvertes dans les études de médecine. Les députés avaient voté en faveur du texte déjà début décembre 2023, il a près d'un an et demi.
Euh donc ça c'est une bonne chose. Le numérus claus qui permet parce que il y a des déserts médicaux nous sommes d'accord et que ces déserts de Nico bah c'est peut-être vous former plus de médecins. Ça paraît quand même simple à dire, c'est une évidence, mais pour cela, il faut qu'on définisse clairement les besoins avec les élus locaux et qu'ensuite on adapte le capacitaire auprès de nos universités.
Donc c'est une réforme qu'on ne réussira pas sans nos universités, sans les doyens de médecine et que on puisse travailler sur ce sujet-là pour le mettre en application le plus rapidement possible. C'est intolérable pour les Français de ne pas arriver à se faire soigner et de voir son petit-fils, sa petite fille, son enfant, son fils vouloir faire médecine et être obligé de partir à l'étranger. Donc nous sommes d'accord.
On parlera de la préparation de l'été pour assurer la continuité des soins, les bons réflexes à avoir pendant la canicule et cetera et et puis le plan santé, je l'ai dit, Alberic va être là dans une seconde pour vous poser une question et lui-même a été directeur d'un établissement scolaire. Mais il y a une chose également que peut-être les auditeurs ne savent pas, que moi j'ai appris très récemment sur les 40 premiers par exemple dans un concours de médecine tel qu'il vient de se passer dans un examen ou quoi ? Dans un concours euh ces ces derniers jours, vous avez 38 jeunes femmes sur 40.
C'est sur les 40 premiers c'est 38 femmes. C'est extraordinaire. Donc d'abord ça montre qu'elles sont beaucoup plus douées manifestement.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? ou plus travailleuse ou plus douée que est-ce que est-ce que vous en tirez une conclusion ? C'est c'est quand même il y a quelque chose moi qui m'a frappé.
D'abord, est-ce que c'est un seul concours ou est-ce que c'est vrai pour toute la France ce que je dis là ? Crois non, je crois que effectivement on voit une grande féminisation notamment des études de médecine. C'est vrai.
Alors, j'ai pas les l'ensemble des des des explications, mais je crois que déjà c'était aussi une évolution. C'est-à-dire que avant on avait un peu un archétype, le médecin était un homme et la femme était infirmière. Et je crois que tout ça est en train de de voler en écart 50.
Là dans un concours, il y a autant de garçons que de filles qui se présentent et c'est les filles. Pourquoi ? Alors pourquoi ?
Je pense qu'il y a un sujet de maturité. Euh je moi je l'ai remarqué, j'ai moi-même des fils qui ont eux-mêmes parfois fait des études de médecine. Ils ont fait que la première année, ils n'ont donc pas réussi et je voyais bien qu'il y avait peut-être un problème de maturité.
Euh je pense que à âge identique, les filles sont probablement plus murs. Et puis euh je pense que sur euh en tout cas euh la capacité à à davantage euh travailler, je pense qu'il y a un sujet aussi euh euh de concentration, de durée dans le temps qui est peut-être plus important euh chez les filles. 11h37, Yannick Neder, ministre de la culture, ministre de la médecine, ministre de la ministre de la ministre de l'agriculture.
Ça va mal hein. Vous voyez c'est Je pense qu' il faut que je fasse attention faut à ma santé mentale. Ministre de la santé, ministre de la médecine est avec nous et vous pouvez l'interroger.
Albéric est là. Bonjour Albéric. Bonjour Pascal et merci d'être avec nous.
Vous êtes directeur d'un établissement scolaire ou vous l'étiez je crois d'ailleurs parce que vous avez vous l'étais et puis là je vais repartir sur une nouvelle mission en effet plus en province maintenant mais j'ai travaillé pendant 15 ans en en banlieu. C'est un un secteur où la l'instabilité psychologique est vraiment je dirais en souffrance. La stabilité psychologique est en souffrance pour l'enfant en banlieu je dépression.
Donc, vous voulez intervenir sur le plan santé mentale qui a été annoncé la semaine dernière ? C'est ça exactement Pascal. Et je je voudrais poser la question suivante.
Nous sommes dans une époque actuellement qui est très très à la une de la psychologie mentale notamment du collégien. On vient d'entendre même le fruit de ces psychologies en disant que finalement le garçon est certainement plus mû à 14 ans que la jeune fille. Je ne le partage pas avec le contraire. contraire, c'est la jeune fille qui est plus mure.
Oui, pardon. Oui, voilà. Voilà.
C'est la jeune fille qui est plus mure que le garçon plus mature. Non, non. C'est-à-dire qu'en fait le garçon repose sur un besoin d'être encouragé dans sa compétence parce que c'est ça qui est le plus important pour lui.
Alors que dans la sensibilité d'une jeune fille, c'est la compréhension et l'attention. Donc le travail est beaucoup plus compliqué à mettre en confiance un garçon qu'une fille, mais la maturité est semblable. La seule chose, c'est qu'il faut s'adapter aux gens. et notamment aussi s'adaptait aussi au contexte dans lequel on plonge l'enfant.
L'enfant collégien est dans l'instabilité, c'est naturel, c'est normal, il a besoin de repère. Et aujourd'hui, nous avons interdiction de donner le moindre repla disciplinaire, pédagogique, historique et et j'en passe. Nous avons que des réformes qui nous mènent dans un chemin de déstabilisation totale de du collégien alors que c'est l'âge le plus extraordinaire qui soit dans l'histoire humaine.
Ma question est la suivante : est-ce que nous pourrions arrêter de de passer nos décisions éducatives et nos décisions académiques reposant seulement sur des opinions et des et des senfibleries et également sur un regard uniquement psychologique mais que nous revenions vers la personne humaine en permettant à cette personne humaine d'être initié tout simplement à l'âge adulte. Bon, Alberic Alberic d'abord euh il a dit que Noder est ministre de la santé. Je suis pas sûr que cette question s'adresse directement à lui.
Euh c'est pas c'est pas exactement ça. C'est plus Alors vous pouvez quand même répondre. Moi je je Pascal PR vient de le dire.
Moi, je suis ministre de la santé, monsieur. Donc, je vais vous répondre sur globalement la santé mentale de nos collégiens puisque vous parlez spécifiquement du collège. Moi, je crois que surtout c'est de pouvoir dire tranquillement que c'est un âge clé puisqu'on sait que c'est à l'adolescence que beaucoup de pathologies psychiatriques se décompensent, que ça soit la schizophrénie, que ça soit la bipolarité.
Je crois que nous avions besoin en France de se saisir de ce sujet. Donc moi, je remercie Michel Barnier et François Baïou qui successivement ont souhaité que en France 2025 soit une grande année de santé mental. Ça ne doit pas rester un slogan et je remercie euh les journalistes qui ont joué un rôle important, notamment ceux qui ont fait leur coming out sur en révélant par exemple leur bipolarité puisque ça a permis de dstigmatiser aussi ce sujet auprès du grand public.
Maintenant, on voit bien que les enjeux sont importants. Le premier enjeu, je pense que la communauté éducative y est très sensible, c'est de repérer. Il faut pouvoir être en capacité de repérer au sein des établissements scolaires l'ensemble des enfants.
Premier degré, collège, lycée. Oui, mais c'est pas simple. Des enfants, l'autre jour, on a appris qu'un enfant de 7 ans était arrivé avec un couteau 7 ans.
Donc non, non, mais je dis pas que c'est simple, mais je dis que c'est pas parce que c'est simple. Marcons une pause à 11h41 puisque ça nous permet de parler précisément du plan santé mentale annoncé la semaine dernière, vous l'avez dévoilé le 11 juin. Un plan pour tenter de mieux repérer, soigner des troubles psychiques mais aussi de rendre plus attractive la psychiatrie.
Vous allez nous dire comment on peut progresser dans ce domaine. À tout de suite. Le plan de la santé mentale.
Moi, j'entends des choses que dans la rue aujourd'hui ou dans la nature, il y aurait de plus en plus de personnes qui souffriraient de trouble psychiatrique, psychique parce que on n pas assez de lit. Je l'entends. Est-ce vrai, n'est-ce pas vrai ?
Je n'en sais rien. J'entends également que dans les collèges, dans les lycées, il y a aujourd'hui des troubles psychiques, psychiatriques qui n'existaient pas il y a 10, 15 ou 20 ans. J'entends ça.
Est-ce vrai ? N'est-ce pas vrai ? Je n'en sais rien, mais je vois en tout cas que vous avez proposé un plan santé mentale la semaine dernière et puis disons-le aussi parce que là je traduit la la pensée de de parents qui nous écoutent.
Dans ma génération personne ne prenait rien. Aujourd'hui, vous êtes avec des jeunes gens, tout le monde prend quelque chose, du Xamax, du bidule et cetera. Donc les gens m'a jamais rien pris de ma vie personnellement.
Donc on se dit est-ce que c'est nous qui avions des soucis et on les gérait différemment ou est-ce que effectivement bah toutes ces générations aujourd'hui sont si différentes qu'elles sont sous Proac, sous Xamax ou que sais-je ? Tout ça est un peu large. Tout ce que vous avez dit quelque part il il y a une part il y a une part de vrai hein.
C'est un constat. Je crois que et en tout cas ce qui était important pour moi en tant que ministre de la santé qui est qui est qui est en charge de la santé des Français, c'est de ne pas nier ce problème. Ce sujet, il existe.
Il y a un sujet de santé mentale dans notre pays qui d'ailleurs pas que dans notre pays puisque quand j'échange avec mes collègues ministres européens euh en Europe, le sujet est partagé par tout le monde et on en parlera encore demain puisque je serai au Luxembourg pour le conseil des ministres. Je crois qu'il y a il y a différents facteurs déjà. Il y a il y a un stress ambiant beaucoup plus important.
On on voit bien que la situation internationale alors qui a toujours été compliqué mais on a beaucoup plus accès à l'information maintenant avec euh les réseaux sociaux avec les informations euh en ligne. Donc on a une situation internationale qui est extrêmement euh compliquée qui qui peut être anxiogène quand on voit euh euh comme si c'était des films toutes ces ces bombardements à la télé. On a une écoanxiété euh qui est réelle avec ce réchauffement climatique, tous ces sujets-là.
On a euh des des générations qui voient que ça va être peut-être plus difficile pour eux de vivre mieux que la génération précédente. Et on a élevé plutôt nos enfants. Euh en tout cas en ruralité, c'était comme ça, c'est fait des études, mon fils, ma fille et tu vas pouvoir finalement faire ce que je n'ai pas fait.
Donc ces valeurs euh se perdent également et on voit bien que c'est très anxiogène. Après, il y a l'impact des réseaux sociaux. Je suis pas en train de dire que tout est réseaux sociaux, mais je pense que c'est quand même mon rôle de dire que pas de tablette avant l'âge de 3 ans, puisqu'on sait que ça impacte négativement le développement neuropsychologique.
On peut même aller jusqu'à plus tard hein, jusqu'à l'âge de 6 ans et puis les réseaux sociaux chez les ados de 15 ans. Mais mais bien sûr qu'il faut arrêter. Alors comment on décelle ?
Par exemple, il y a des parents qui nous écoutent, comment on décelle que son enfant va mal ? Bah c'est difficile et c'est je veux pas faire de la de la de la psychologie ou de la psychiatrie de base étage sur votre ligne mais quand même euh un adolescent euh qui se renferme, qui sort moins, qui passe ses journées euh sur les écrans, sur les réseaux sociaux, qu'on narrive pas à faire bouger, qui qui est très isolé, qui dit par il y a plein de parents qui nous écoutent mon enfant va mal. Mais non mais mais mais je suis mais je suis père moi-même de d'enfants de cet âge là.
Donc il faut savoir qu'est-ce qu'il faut faire dans ces cas-mène quelque part ou c'est au parigmatise donc on en parle il faut pouvoir parler de savoir si on se sent bien. Après, je crois qu'il faut embarquer tout le monde dans ce sujet-là. Ma responsabilité ou mon rni responsabilité, ça serait de ne pas parler du sujet et de pas avoir préposé un plan santémental.
On m'ose souvent ce plan santé mental. Il y a il y a a il y a pas forcément d'argent. Déjà, c'est faux.
Il y a de l'argent qui est prévu pour ce plan. Après, il faut aussi être tout le monde face à ses responsabilités. On pourra pas mettre un psychologue, un psychiatre derrière chacun des Français.
Il y a des gros manques euh notamment dans l'éducation nationale puisque beaucoup de postes euh sont vacants. La ministre de l'éducation nationale en a pleinement confiance, c'est conscience. C'est bien pour ça qu'on va former plus de professionnels de santé médicaux, paramédicaux et qu'on va essayer de rendre le plus attractif possible ces postes.
Après, il y a un repérage qui doit qui doit se faire. qu'il faut qu'on ait une sensibilisation de la communauté éducative, que 100 % des professionnels de santé qui exercent au sein de l'éducation nationale soit formé. Il y a aussi euh une des gestes de premier secours en santé mentale.
On a à peu près 180000 françaises et français qui ont été formé à dépourage de premier secours. Mais en fait, c'est d'avoir développé des compétences qui vous permettent de repérer qu'au sein d'une organisation qui peut être professionnelle, qui peut être associative et ben de repérer des gens qui vont moins bien et de pouvoir le et ben les conseiller en fonction de consulter. Et là, il y a la 2è phase après le repérage euh qui est euh de pouvoir mettre dans une filière de soins et il faut qu'on puisse trouver pas un rendez-vous à 6 mois à 1 an comme c'est actuellement le cas.
Donc il y a quelques critiques quand même qui sont venues et vous pouvez y répondre. Il y a des grandes lignes mais il manque des éléments financiers majeurs, un échéancier et quantité de mesure. Il n'y a rien sur la prévention, le repérage précoce, la recherche et la question des jeunes qui revient régulièrement à estimer la psychiatre Rachelle Beuchet, présidente de l'intersyndicat national des praticiens hospitaliers.
Alors, je reverrai avec Rachelle Bechet puisqu'elle fait partie du comité stratégique et qu'elle a été une Mais c'est elle dit manque d'argent. Oui, mais manque d'argent euh possiblement, mais surtout manque, attendez, mais mais surtout manque de professionnel, c'est comme les soins palliatifs, c'est un peu le le même le même sujet. Euh moi, je vais tout faire pour ouvrir des soins palliatifs dans tous les départements parce qu'on a encore une vingtaine de départements qui en qui en manquent.
L'argent a été budgetté, c'est 100 millions d'euros par an sur 10 ans. Encore faut-il qu'il y ait les professionnels et qu'on puisse les embaucher. Tout à l'heure, on parlait des des lits en psychiatrie.
Bien sûr que beaucoup de lits ont fermés. Et moi, je ne souhaite qu'une chose justement, c'est pas de faire de l'économie sur le dos de la santé des Français, c'est de pouvoir ouvrir des lits. Mais moi, je peux ouvrir des lits que si j'ai des professionnels de santé qui sont formés.
Donc on manque de psychiatre, on manque d'infirmiers, on forme 500 psychiatres par an. Je veux qu'on puisse passer à 600. Encore faut-il restaurer l'attractivité de la filière.
C'est une spécialité qui fait peur. Soit c'est pas moi qui le dit, c'est c'est les c'est les internes en médecine qui ne choisissent pas psychiatrique. Pourquoi ? 30 % ça leur fait peur la psychiatrie, 60 % pensent que c'est une sous-spécialité.
Après, je pense qu' aussi il y a aussi un grand risque aussi de responsabilité quand vous décidez qu'un patient avec des troupes psychiatriques peut sortir, donc vous l'autorisez la sortie de l'hospitalisation. On voit bien que s'il fait un geste envers lui-même ou qu'il agresse quelqu'un d'autre, le psychiatre aura des des comptes à rendre. Donc c'est des spécialités dont il faut restaurer la formation.
Ce sont des patients par définition difficile. Tu es tu es aussi le cursus universitaire. Moi, j'ai souhaité que tous les étudiants en médecine ou tous les étudiants dans les études paramédicales, je pense notamment à un infirmier, fassent un stage durant leur cursus en psychiatrie pour justement dstigmatiser qui viennent dans des rédactions, non mais dans des dans des stages médicaux pour voir le version médicale de la psychiatrie.
Après, il y a tout le soutien psychologique qui se développe. Les troubles psychiques touchent environ une personne sur trois. Oui, c'est important.
C'est important. Mais c'est quoi un trouble psy parce que une personne sur trois c'est quand même la difficulté c'estàdé c'est quoi ça va ça va du de sentiment de mal-être qui peut être très passager jusqu'à des troubles psychiatriques extrêmement importants et toute la subtilité de la prise en charge million français sont pris en charge chaque année en psychiatrie de 2 millions bien sûr mais bien sûr c'est c'est des sujets et la crise COVID n'a rien n' rien n'a rien amélioré bien au contraire donc il faut qu'on puisse réagir et femmes hommes et femmes sont la même chose Non mais c'est la même chose. Il y a pas non, c'est pas tout à fait la même chose.
Par exemple, sur les passages à l'acte et sur les suicides, on a davantage d'hommes que de femmes. Par exemple, l'homme peut-être en parlera moins. Euh, il y aura peut-être moins de de troubles dépressifs chez l'homme, il y en aura peut-être plus chez la femme, mais dans le passage à l'acte, ça sera plus masculin.
Il y a des âges plus critiques. Il y a différents âges critiques. L'adolescence en en est un.
Un peu avant la cinquantaine en est un également. sur les grandes ruptures de changement de vie. Mais ce que je veux je veux redire, c'est que il faut absolument faire ce repérage et je vous le dis, on parle de l'éducation nationale mais on parle du milieu sportif, du milieux associatifs, du milieu professionnel.
On peut ambiancer notre société avec ses gestes de premier secours avec un objectif de former 300000 de nos concitoyens à ces repérages. Ensuite, dans les centres médicaux-ps psychologiques, voilà du concret qui fera plaisir euh euh au au docteur euh Beuchet, c'est effectivement des financements par les agences régionales de santé pour pouvoir justement avoir des plages de consultation sans rendez-vous pour prendre assez rapidement les patients qui sont détectés. Ce ce weekend, je suis très ancré dans ma circonscription.
Je suis allé visiter euh le petit hôpital de proximité de Beau Repères. J'ai trouvé des psychologues cliniciens euh fonctionnaires de de l'hôpital public et je leur ai demandé s'ils avaient ouvert des consultations sur l'extérieur. En fait, il il ne l'avaient pas fait, ne l'avaient pas envisagé.
Et on a discuté du plan santé mental. Il y a un collège à proximité. J'ai dit bah si l'équipe éducative du collège fait ce repérage en trouvant qu'un gamin euh bah ne tourne pas rond et a un comportement qu'on peut considérer comme pas adapté et bien il peut trouver une solution à 600 m avec une consultation.
Donc ce maillage territorial il faut qu'on l'organise. Yannick Neder est avec nous, il est ministre de la santé, vous avez pu l'interroger. Il est cardiologue au départ.
Alors, on va terminer peut-être avec quelques informations purement médicales cette fois-ci parce que il y a des avancées importantes. Souvent lorsquon on reçoit le professeur Cayette en matière de cancer, il y a des avancées qui sont absolument sidérantes, désespoirs dans votre domaine, la cardiologie, les traitements. C'est vrai que on est une période d'intelligence artificielle notamment permet d'avoir des diagnostics sans doute très rapides entre le moment où vous avez commencé et le moment où aujourd'hui vous vous pratiquez que de changement et que de progrès.
Et ça c'est ce sont des choses extrêmement intéressantes. Dans quel domaine on va le plus progresser à votre avis ces prochaines années ? Alors je vous réponds immédiatement.
Je veux juste boucler sur la santé mentale, dire que quand même dans 40 % des cas euh l'entrée dans une maladie mentale, dans un trouble psychiatrique se fait dans le cadre d'une crise en urgence. Et donc l'urgence aussi de ce plan, c'est de doter toutes les urgences de nos services hospitaliers de France de professionnels de santé formés spécifiquement à la psychiatrie pour prendre les patients qui rentrent dans le mode d'urgence. Dans quel domaine on va progresser ces prochaines années et comment ? on on progresse dans dans beaucoup de secteurs.
Vous l'avez dit, la cardiologie avec notamment par exemple toute la chirurgie qui se fait maintenant de façon percutané, c'est-à-dire qu'on n'ouvre plus le thorax pour parler clairement à vos auditeurs et on peut mettre des prothèses directement alors des prothèses cardiaques qui avant nécessitait d'ouvrir le thorax, d'arrêter le cœur et d'aller le réparer. C'est c'est un français, c'est un incribier qui est décédé l'an passé avec des stent. Alors ça c'est autre chose.
Le petit stand c'est le stand qu'on va mettre dans une artère coronaire. Une artère coronaire ça fait ça fait 3 mm de diamètre. Et on va travailler dans des artères qui font 3 mm de diamètre.
Fallait ouvrir. Alors avant il fallait ouvrir, il fallait il fallait faire des pontages. Donc on voit que on répare beaucoup mieux de façon beaucoup moins invasive et surtout ce qui est intéressant c'est de pouvoir députôt les patients.
Vous prenez l'exemple du stent. Bah l'idée du stand c'est d'éviter que le patient fasse un infartus parce que quand on vous met un stand sur une un rétrécissement de votre artère coronaire, c'est justement pour éviter qu'il y ait l'infarctus. Que l'infartus c'est quoi ?
C'est quand l'artère coronaire, l'artère du cœur se bouche et vous perdez votre votre cœur puisqu'une partie de votre cœur meurt. Donc c'est l'importance de toute cette prévention progresser dans les domaines de l'immunothérapie notamment. On va surtout progresser, je pense sur un autre sujet, c'est celui de la prévention.
Je pense qu'il y a urgence en France de majorer la prévention. On voit que 40 50 % uniquement de la cible dans le dépistage du cancer est atteinte. Donc moi, si j'ai quelques messages à faire passer ce matin, c'est il faut pouvoir se dépension, de dépistage du cancer.
Je pense notamment chez les femmes sur le cancer du sein, 50 74 ans. Je veux même qu'on baisse l'âge de dépistage du cancer, le cancer colorctal. On voit une augmentation du cancer aussi euh digestif et pancréas.
On peut pas on peut pas tout déporectal, on le fait. C'est tous les tr Voilà bien sûr on peut hein. Donc avec un dosage, il y a le toucher rectal et puis maintenant il y a aussi des dosages biologiques qui permettent de le faire.
Mais estomac, foie digestif, on peut plus compliqué en dépistage, c'est plus mais c'est pour ça que tout ce qui peut être accessible au dépistage, il faut vraiment faire cette promotion du dépistage. Je rappelle aussi que certains cancers sont éradicables par la vaccination, le cancer notamment du col de l'utérus, le papiillomirus. Et c'est là aussi qu'il faut qu'on joue aussi sur l'obscurantisme et rappeler que la vaccination sauve des vies.
Et c'est pour ça qu'on lancera une campagne de vaccination au collège à la rentrée chez les 11 ans avec la ministre de l'éducation nationale. Une double vaccination contre la méningite puisque nous avons une recrudescence de la ménagingite. Nous avons eu 60 décès de méningit particulièrement chez des jeunes et la vaccination du papillomirus chez les petits garçons et chez les petites filles.
Bon ben, merci beaucoup à monsieur Neder. C'était intéressant de vous écouter, de faire un tour d'horizon sur toutes les actualités euh administrative mais également médical pur. Ça vous manque vos patients ?
Ah, c'est vrai que j'ai, ça a été une belle période de ma vie. J'ai arrêté de consulter en décembre 2024 quand je suis devenu ministre. Vous les retrouverez peut-être.
On sait pas mais il vous appelle. Moi je pense que c'est vos pati à vos patients que vous manquez surtout. Bah en tout cas en tout cas j'ai beaucoup de contact. avec mon service, mon hôpital que ça soit mes collègues. [Musique]
Yannick Neuder