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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 septembre 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueTransportsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

La crise de l'essence va-t-elle changer définitivement notre façon de nous déplacer ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse partielle

    Cette crise de l'essence va-t-elle changer définitivement notre façon de nous déplacer ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Ces changements de comportement vous semblent-ils durables ?

  • 5:24OuverteRéponse directe

    La voiture reste-t-elle un symbole d'ascension sociale et de liberté ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueChiffre
    « 63% des Français ont une maison avec jardin. »
  • 0:50Invité politiqueChiffre
    « 70% habitaient en dehors des métropoles. »
  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « Le Front National fait 38% dans les campagnes et 16% dans les grandes villes. »
  • 1:06Invité politiqueChiffre
    « Les gens, en moyenne, à peu près 70% des gens, partent travailler en voiture, amènent les enfants à l'école en voiture. »
  • 2:53Invité politiqueChiffre
    « On a vendu la moitié de voitures électriques. »
  • 3:41Invité politiqueChiffre
    « Depuis la précédente crise des gilets jaunes, on a passé 2 millions de voitures électriques ou hybrides, 1 million de rétrophiles. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur23 %

≈ 4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Il

0:08
Présentateur

est 6h21, faire le plein n'a jamais coûté aussi cher. Résultat, des millions de Français n'ont plus les moyens de vivre comme avant et sont obligés de revoir leurs habitudes. Cette crise de l'essence va-t-elle changer définitivement notre façon de nous déplacer ? C'est la question du jour. Premier rendez-vous de notre journée de transport sur France Inter. Bonjour Jean Viard. Bonjour. Vous êtes sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof, au CNRS, l'un des plus grands observateurs de la société française. Et il y a deux ans, vous déclariez chez nos confrères de France Info, « On est devenu une société de mobilité, on ne s'est jamais autant déplacé ».

Aujourd'hui, en pleine crise des carburants, avec des déplacements qui coûtent de plus en plus cher, ça reste vrai

0:45
Locuteur

? Vous

0:46
Invité politique

savez, 63% des Français ont une maison avec jardin. 70% habitaient en dehors des métropoles. Le danger dans ce pays, c'est qu'on n'entend parler que des modes de vie parisiens et les autres se sentent rejetés. Je vous rappelle que le Front National fait 38% dans les campagnes et 16% dans les grandes villes. Il faut arrêter de penser la France sur le modèle parisien. J'aime beaucoup Paris, mais ce n

1:05
Locuteur

'est

1:05
Invité politique

pas le sujet. Donc quoi ? Les gens, en moyenne, à peu près 70% des gens, partent travailler en voiture, amènent les enfants à l'école en voiture. La question, ce n

1:13
Locuteur

'est

1:13
Invité politique

pas d'être l'ennemi de la voiture, c'est d'être l'ennemi de la pollution. Moi, je suis pour une journée de voitures électriques en ville, et pas pour une journée sans voitures. Ça n'a aucun sens. On dit, j'ai acheté des voitures électriques. Non, il faut valoriser la véhicule électrique. Il faut valoriser le vélo, la marche,

1:25
Locuteur

la

1:25
Invité politique

pied, bien sûr. Bon, ça, c'est la base. Donc, ce qui se passe en ce moment, pour certaines personnes, c'est dramatique. Pour d'autres, ça les oblige à changer leur mode de vie. Ils peuvent le faire. Il n

1:34
Locuteur

'y a

1:34
Invité politique

qu'à avoir l'argent placé dans les comptes, etc. Donc, il ne

1:37
Locuteur

faut

1:37
Invité politique

pas tout

1:38
Locuteur

mettre en place. On peut

1:38
Présentateur

le faire, parce que c'est un

1:39
Locuteur

critère d'argent. On le fait parce qu'on est obligé. Si

1:40
Présentateur

on a les moyens, si on peut changer, c'est quand on a des moyens, ou quand il y

1:43
Locuteur

a

1:43
Présentateur

aussi une offre alternative, quand il y

1:44
Locuteur

a

1:44
Présentateur

des transports en commun.

1:45
Invité politique

Il faut aussi

1:46
Locuteur

que c'est ça. Mais

1:46
Invité politique

l'essentiel, il n

1:47
Locuteur

'y

1:47
Invité politique

a pas de transports en commun dans le périurbain. Or, la France... À Paris, il y a un million de salariés qui ont un CDI dans Paris, qui habitent en dehors de Paris. Bon, alors, il y en a qui peuvent venir en train, bien sûr. Et c'est très bien, le train a doublé sa population. Non, il faut accepter que ce genre de crise, il faut aider les plus fragiles, bien sûr. Il faut arrêter de penser l'électricité. Vous voyez les infirmières, pourquoi elles n'ont pas toutes des voitures électriques ? Pourquoi on n'a pas fait une prime fessée à l'infirmière ? Pourquoi les taxis ne sont pas tous électriques ? C'est-à

2:11
Locuteur

-dire

2:11
Invité politique

les véhicules qui roulent dans la ville, etc. Il faut beaucoup plus d'intelligence des choses.

2:15
Locuteur

Et

2:15
Invité politique

tant pis si ce sont des voitures chinoises.

2:17
Locuteur

Ils

2:17
Invité politique

vont mieux des panneaux solaires chinois que du fuel. Je veux dire, on ne fera pas bon sur tous les terrains. Les panneaux solaires français...

2:26
Locuteur

Il faut choisir ses combats.

2:27
Invité politique

Mais le combat écologique, il est central. Donc, il est premier. Ça serait mieux s'il y

2:32
Locuteur

avait

2:32
Invité politique

des panneaux français. Mais je veux dire, si les panneaux français sont plus chers, les voitures chinoises, si elles sont...

2:36
Locuteur

En

2:36
Invité politique

ce moment, on est en train de rattraper. Regardez, Renault, il travaille très bien, Dacia, tout ça. Mais simplement, ils ont commencé par les grosses voitures, par les autres petites. Donc là-dessus, il faut pousser comme ça. Mais il faut accepter que ça nous fait tous grincer. Alors, il y a ceux qui sont les plus fragiles, qu'il faut aider, bien entendu. Et les autres, ils grognent. Et bien, ils vont petit à petit changer leur comportement. On a vendu la moitié de voitures électriques. Mais il n

2:56
Locuteur

'y a

2:56
Invité politique

pas que la voiture électrique. Voyez-moi, les autres jours,

2:57
Locuteur

j

2:57
Invité politique

'étais à Amiens. Je leur dis, attendez, vous allez arrêter avec vos gros bus. Vous achetez 3000 petites voitures sans permis. Vous les mettez... La pile voiture sans permis, c'est le vélo du périurbain. C'est comme ça qu'il faut penser. Parce que pour les gamins, mais pour les vieilles personnes aussi. Parce que c'est vrai qu

3:11
Locuteur

'ils

3:11
Invité politique

sont parfois un peu dangereux à 95 ans. Mais une petite voiture sans permis à 95 ans, ça va. Donc, il faut penser autrement à la mobilité avec ce genre d'objet. Et vous avez... Prenez un exemple, les artisans. Ce sont des gens importants parce qu'ils parlent à tout le monde. Ils ont des vieilles camionnettes énormes. Il faut jamais mettre un moteur électrique. Et ça se fait, c'est possible. La loi impose que les voitures aient moins de 5 ans pour mettre un moteur électrique. Ils ont des trucs qui ont 40 ans. Ils ne

3:33
Locuteur

vont

3:33
Invité politique

pas en changer. Et

3:34
Présentateur

ces changements de comportement, ils vous semblent durables ?

3:36
Locuteur

Ou

3:36
Présentateur

est-ce que si les prix rebaissent un jour, tout reprendra comme avant ?

3:38
Invité politique

Écoutez, depuis la précédente crise des gilets jaunes, on a passé 2 millions de voitures électriques ou hybrides, 1 million de rétrophiles. Et puis, on est quand même 25% en train de télétravail. En Ile-de-France,

3:49
Locuteur

on

3:49
Invité politique

doit être 54%. Ça fait 2 jours de moins en transport. On ne parle jamais des avantages. Donc, ça veut dire quoi ? La société pousse et on change de mode de vie. On change de civilisation. Et je comprends très bien qu'il faut aider ceux qui ne peuvent pas. Et les autres, ils grognent un peu. C'est sûr qu'une voiture électrique, c'est plus cher. Oui, il y a plein de gens qui peuvent s'en payer. Les entreprises pourraient massivement avoir des voitures électriques. Donc, il faut se dire, une crise comme ça, bien sûr que ça a des avantages parce qu'on ne changera pas s'il n

4:15
Locuteur

'y a

4:15
Invité politique

pas de crise. Cet été, on a eu très chaud. Il y a plein de gens qui veulent leur maison. Il y en a qui peuvent le faire. Le problème de l'État, ce n

4:21
Locuteur

'est

4:21
Invité politique

pas d'aider tout le monde. C'est effectivement d'aider ceux qui ne peuvent pas le faire. Mais il faut bien voir qu'on est dans une phase de révolution. Moi, je dis que c'est aussi important que la Renaissance, ce qui se passe. Le monde change à toute vitesse. Et donc, le problème, c'est qu'on n'a pas le choix. Il faut en faire une joie, un bonheur. Il faut se dire, on veut en travailler pour nos enfants.

4:38
Présentateur

Et c'est en cela que notre époque est passionnante, mais aussi redoutable pour reprendre le titre de votre dernier livre ?

4:43
Invité politique

Mais oui, parce que si vous voulez, moi, je compare ça à la Renaissance.

4:46
Locuteur

Je

4:46
Invité politique

dis, la nature a pris le pouvoir sur l'histoire. Le patriarcat explose et l'IA nous bouleverse. Alors, forcément, on est tous un peu paumés sur les trois sujets. Et donc, il y a une extrême droite qui se ségique.

4:57
Locuteur

J

4:57
Invité politique

'ai regardé Trump. Trump, il est contre l'évolution du patriarcat. Il dit que la nature, on va se débrouiller à ne

5:01
Locuteur

pas

5:01
Invité politique

la changer. Et par contre, il s'appuie sur le pognon produit par l'IA. Bon, et bien, notre but, c'est de dire, de raconter cette histoire. Le monde vit une révolution comme la Renaissance, comme la fin de l'Empire romain. Cette révolution nous bouleverse. Essayons d'être solidaires les uns des autres. Mais on va tous devoir changer. Et ceux qui ont du pognon, ben oui, vont acheter des voitures électriques.

5:18
Locuteur

Et

5:19
Présentateur

la voiture, c'est aussi un symbole. Un longtemps ascensé à l'ascension sociale, à la liberté, à l'autonomie. Ça reste encore ça aujourd'hui ?

5:26
Invité politique

Mais bien sûr. Le problème des Parisiens, c'est que 80% d'entre vous n'avez pas de voiture. Donc, vous l'enlouez ou partez en low cost. Donc,

5:32
Locuteur

effectivement,

5:33
Invité politique

c'est différent. C'est un chiffre. Mais effectivement, bien sûr, en partie, ça. Peut-être un peu

5:38
Locuteur

moins qu'avant. C'est pour ça que c'est

5:38
Présentateur

si dur de changer ses habitudes ? Parce que c'est ce

5:41
Locuteur

que représente la voiture aujourd'hui. Regardez la

5:42
Invité politique

vitesse depuis le gilet jaune. Quand je donne 2 millions de voitures électriques. Bien sûr. C'est beaucoup de chiffres. Et près de toutes les entrées d'autoroute, vous avez des parkings entiers de gens qui font de l'autopartage. Donc, si vous voulez, on peut dire que ça ne

5:55
Locuteur

va

5:55
Invité politique

pas assez vite. On peut toujours dire... Vous savez, il

5:57
Locuteur

y

5:57
Invité politique

a deux choses à ne pas dire. C'est on ne peut rien faire ou on ne fait rien. Les deux sont faux. Après, est

6:02
Locuteur

-ce

6:02
Invité politique

qu

6:02
Locuteur

'on

6:02
Invité politique

peut aller plus vite ? Je vais vous dire, ce qui fait avancer les gens, c'est les crises. Mais je vais vous dire, c'est un peu pareil dans un couple. La science n'enguele jamais, il

6:08
Locuteur

y

6:08
Invité politique

a un problème.

6:09
Présentateur

Je crois qu'on ne fera pas mieux comme conclusion. Merci beaucoup, Jean-Viard, sociologue. Votre livre « Une époque passionnante mais redoutable » est paru aux éditions de l'Aube. Et vous évoquiez l'autopartage. Ce signal que la porte-parole de Blablacar, elle est dans le 13-14 aujourd'hui. Un 13-14 qui est délocalisé dans une station-service en Seine-Maritime à Varneville-Bretteville. Merci, Jean-Viard. Bonne journée.