SOPHIE BINET & FRANÇOIS RUFFIN | LA GAUCHE ET LE TRAVAIL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 73 %Attaque 17 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:24OuverteRéponse directe
Comment expliquer que la gauche soit perçue comme le camp des assistés alors que la droite se présente comme celle du travail ?
- 31:47OuverteRéponse directe
Comment réussir à unir des travailleurs précarisés aux profils très différents ?
- 44:05OuverteRéponse directe
Le travail ne permet plus de vivre pour beaucoup : comment politiser cette demande ?
- 55:52OuverteRéponse directe
93% des Français estiment que le travail ne paie pas assez : comment la gauche peut-elle s'emparer de cette demande ?
- 55:52OuverteRéponse directe
93% des Français estiment que le travail ne paie pas assez : comment la gauche peut-elle politiser cette demande ?
- 57:26OuverteRéponse directe
Pourquoi l'échelle mobile des salaires est-elle centrale pour lutter contre l'inflation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11Fait
« on voit ce que veut faire aujourd'hui le gouvernement sur le travail c'est-à-dire nous faire travailler plus remettre au boulot ce qui serait des faux chômeurs »
- 7:07Fait
« j'observe moi dans le pays une fracture électorale je la regrette je fais tout dans mon coin et ailleurs pour la réparer »
- 9:19Chiffre
« dans le Pas-de-Calais c'est maintenant la majorité si député rassemblement national sur 12 »
- 15:11Fait
« ils cessent pas de voir le juste et d'injuste selon avec des nuances avec de la complexité simplement et reconstruisent le juste et injuste autour d'autres choses »
- 22:38Fait
« Lionel Jospin qui dit devant les michelins mobilisés contre la fermeture de leur entreprise ils leur dit l'État ne peut pas tout »
- 24:03Fait
« on va organiser le débat sur le partage des richesses de cette manière là en occultant tous ceux qui vivent de notre travail »
- 26:16Chiffre
« aujourd'hui sur les droits à retraite contrairement à l'assurance chômage on cotise jusqu'à 8 fois le plafond de la sécurité sociale »
- 27:41Chiffre
« chaque année environ c'est un chiffre de la Cour des comptes 800 millions d'euros de ressources pour les allocations chômage »
- 29:41Chiffre
« ce qui met en rage le patronat avec notre système de sécurité sociale hérité de 1945 c'est justement que c'est pour les retraites on est autour de 14% du PIB »
- 34:26Fait
« il y a des tas de paperasses à sortir pour démontrer qu'on est bien dans la pauvreté donc c'est quand même à côté humiliant pour pouvoir accéder à des droits »
- 44:26Chiffre
« 30% des femmes sont sur des emplois temps partiel et que aujourd'hui on a un SMIC horaire mais on n'a pas de Smic mensuel »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bonsoir à toutes et tous pour vous dire déjà tout le plaisir de vous voir sinon nombreuses et nombreux alors que c'est un événement qui a été décidé très tard on voit bien que le thème de la gauche et le travail intéresse et intéresse en premier lieu donc mon syndicat le Syndicat national des journalistes CGT qui est co-organisateur de l'événement avec donc deux médias le vent se lève et fakir alors fakir c'est un média avec qui on a des relations depuis très très longtemps avant que un certain François Ruffin devienne députés parce que le SMJ CGT et on peut le dire le Syndicat de la presse dite pas pareil ou dites indépendante voilà et ça fait depuis une quinzaine d'années qu'on essaie de structurer une activité syndicale dans ces médias indépendants de toute puissance financière et des milliardaires qui possèdent la presse aujourd'hui dans ce pays donc voilà après on a voulu aussi donc faire ce débat à l'initiative on n'était pas à l'initiative au départ évidemment c'est à la fois fakirer le vent se lève sur cette question du travail qui pour nous évidemment fondamentale dans une nouvelle période politique depuis les élections législatives évidemment une nouvelle union de la gauche avec la Nupe ce qui a fait qu'on a eu 150 députés progressistes élus à l'Assemblée nationale mais nous à la CGT ce qui nous a d'abord horrifié c'est les 89 députés rassemblement national évidemment et on sait que là dessus François Ruffin aussi c'est beaucoup exprimé donc il nous a semblé important d'organiser ce débat qui va être pour nous une des premières un des premiers moments où le mouvement social syndical va pouvoir parler avec un député de la France insoumise je crois qu'il y a un des grands médias français celui qu'on appelait avant le quotidien du soir qui a fait un article qui a quelques jours sur les relations difficiles entre la nups et le mouvement syndical les relations sont pas difficiles elles sont juste à construire voilà et c'est ce que veut faire le sn10 CGT sur cette question du travail qui est fondamentale dans une société néolibérale où on voit que on voit ce que veut faire aujourd'hui le gouvernement sur le travail c'est-à-dire nous faire travailler plus remettre au boulot ce qui serait des faux chômeurs et donc je pense que la gauche doit effectivement s'interroger sur le travail et c'est pour ça qu'on est très heureux d'organiser cette soirée je vais passer la parole à Laetitia Harris du vent se lève et voilà merci à toutes et tous
[Applaudissements]
je remercie Emmanuel d'avoir ouvert ce débat et je remercie évidemment Sophie Binet et François Ruffin d'accepter d'ouvrir cette rencontre cet échange politique pour la rentrée qui porte effectivement ce que vous le savez sur la gauche et le travail et je suis sûre que vous tous qui avez probablement repris le travail cette semaine et qu'être rentrée de vacances peut-être seriez-vous rester plus longtemps à profiter de votre temps libre et vous vous demandez bien pourquoi aujourd'hui reparler du travail comme sur une tous très contents d'y retourner mais c'est en tout cas peut-être l'expression de ces deux gauches qu'on décrit souvent entre d'un côté une gauche qui serait plutôt favorable à la réduction du temps de travail qui serait plutôt favorable un revenu universel qui aurait plutôt tendance à dire bon le travail on va laisser de côté et puis une autre gauche qui serait restée fidèle à ses valeurs disons hérité du XIXe siècle et qui elle serait encore dans le soutien aux travailleurs mais finalement en fait ce clivage il est peut-être même si il se il s'explique il est peut-être un peu artificiel et la manière dont nous on aimerait reposer cette question aujourd'hui c'est pas seulement au fond quelle gauche défend mieux le travail mais c'est bien plus tôt comment la gauche peut renouer avec sa tradition avec sa tradition émancipatrice qui précisément et responsable et des congés payés et du temps libre mais et aussi de ce que les gilets jaunes ont appelé l'honneur des travailleurs et surtout comment renouer avec cette tradition dans un espace politique ou en fait la question du travail et totalement et j'ai monisée par la droite puisque précisément nous ne sommes plus le camp du travail et non pas parce que nous ne le défendons pas mais parce que la droite apparaît comme celle qui est le plus à même de revendiquer cette valeur qui est effectivement donne une valeur individuelle on s'émancipe seule par le travail on ne s'émancie plus collectivement alors que précisément c'est tout l'enjeu pour nous dans cette rentrée de rappeler que le travail est un lieu d'émancipation collective et pas seulement d'émancipation individuelle et finalement dans le dans le livre que vous faites paraître aussi aujourd'hui François Ruffin je vous écris du front de la Somme c'est cette division là que vous constatez entre ceux qui vous disent ah oui la droite ce serait ceux qui sont du côté du travail alors que la gauche ce serait ceux qui seraient du côté des assistés ou de cette France qui qui vivraient des allocs face à l'autre qui se lèveraient vraiment tôt et évidemment je crois que l'enjeu aujourd'hui pour nous tous c'est de lutter contre ces clivages qui sont pas forcément les plus pertinents et de rappeler que l'enjeu c'est bien de récupérer cette valeur travail mais pas comme la droite l'entend mais bien comme notre camp a pu le penser depuis le 19e siècle et d'essayer de rappeler qu'au fond l'enjeu c'est aussi à qui profite la valeur et on sait très bien à qui profite la valeur pas toujours au travailleur et essayer de sortir dans de cette logique du marché de l'emploi qui est probablement très peu favorable à ce que nos conditions de travail soient meilleures et qu'on soit un peu plus collectivement disons soudés sur ces lieux là et donc pour ne pas m'attarder trop longtemps sur cette introduction peut-être commencer par une question simple mais essentielle sur ce constat qu'on fait alors comment François Ruffin et Sophie Binet vous expliquer respectivement ce disons cette cette manière qu'à la gauche d'être aujourd'hui perçu comme celui comme le camp pardon des assistés alors que la droite serait celui du travail qui en fait rentre en contradiction totale avec l'histoire de ces deux camps puisque précisément la gauche défend le travail mais elle est perçue comme celle des assistés et la droite s'abotte les lieux où chaque matin on se lève pour aller travailler mais c'est elle qui est présentée comme celle qu'il a plus à même de défendre les travailleurs donc peut-être si tous les deux vous pouvez nous en donner un mot sur ce sur cette relation cette contradiction qui a entre la perception politique et la réalité des combats qui sont menés bonsoir à tous ça y est c'est pareil que l'assemblée ça fait du bruit d'accord d'abord un grand merci au vent se lève aux copains de Fakir et au snjgt parce que le fait d'avoir des petites organisations comme ça ou des grandes qui se mettent ensemble pour organiser un débat ça permet que la discussion se passe autrement que par les canaux dominants et donc un grand merci pour cette animation la démocratie ensuite merci à Sophie Binet de participer à ça ça faisait des années qu'on s'était pas retrouvé on n'était pas mal collègue au moment de nuit debout et il y a eu une éclipse et nous revoilà côte à côte je vais poser des préalables d'abord je comprends que je vais pas dire des choses agréables vous savez quand un radiologue constate une fracture est-ce qu'on doit en vouloir aux radiologues est-ce que quand le radiologue voit ça il fait le fait pour aggraver la facture ou bien il le fait pour la réparer comment pourrait-on réparer une fracture qu'on ne voit pas ou qu'on se refuse à voir et j'observe moi dans le pays une fracture électorale je la regrette je fais tout dans mon coin et ailleurs pour la réparer et au fond ça fait 15 ans que je dis qu'il nous faut construire un bloc historique qui allie les classes intermédiaires on va dire les profs grosso modo les classes populaires et intérieure des classes populaires les ouvriers employés des campagnes et les enfants immigrés des cités et que il y a une nécessité de construire ça je me félicite cueillez des bouts de pseudo bloc qui était réussi avec la campagne de Jean-Luc Mélenchon puis les législatives de la nuque il y a eu le pari des de la jeunesse plus diplômée de centre-ville et qu'on ait gagné là-dessus et c'est affairement positif pour l'avenir que le premier bulletin de vote qui soit mis pour des gamins 18-20 ans ça soit un vote progressiste je me félicite que les quartiers populaires qui avaient pu désarter les urnes et on peut encore lutter contre l'abstention là-bas et glisser un bulletin massivement Jean Mélenchon de gauche progressistes dans l'urne et qu'on retrouve droit de cité dans les cités maintenant je ne peux pas ne pas voir ce qui manque je ne peux pas quand je suis élu d'une circonscription ou Jean-Luc fait plus de 60 % dans les quartiers nords d'Amiens ne pas voir quand même temps dans le Val de Nièvre applique ce cours qui est une zone rouge on est à 15% .
je peux pas ne pas voir que dans ma région on vient de passer à la Picardie pour moi les offrande ça n'existe pas mais bon picardienne des Penza on est parti passer de 8 députés de zéro député rassemblement national à 8 que dans le Pas-de-Calais c'est maintenant la majorité si député rassemblement national sur 12 que la même histoire se produit quasiment en symétrique dans le Midi rouge et j'ai connu un temps où la moindre mairie qui passait au Front national ça valait des pétitions dans la presse des tribunes des intellectuels et des mobilisations là je me retrouve avec des pans entiers du pays qui bascule à l'extrême droite et dans une forme pour moi de déni en tout cas sans qu'on se dise est-ce qu'on a la volonté d'aller reconquérir ce terrain ou au moins de juguler l'avancée du rassemblement national là-bas et avec une inquiétude d'un abandon quand j'entends qu'on me dit que finalement ce sont des terres où qui n'ont jamais adhéré à la démocratie à la République on est en train de parler des bassins qui ont été le creuser du communisme et du socialisme pendant un siècle et qui ont envoient des pelletés de députés de gauche de diverses obédiences à l'Assemblée nationale même dans les années de défaite et ce sont ces terres-là ce sont en particulier les anciens bastiens ouvriers qui sont aujourd'hui conquis par le rassemblement national ça doit nous poser question pour aujourd'hui ça nous peut nous poser question aussi pour demain quand la vague macroniste sera encore plus reculée qui va reprendre leur circonscription est-ce que ça va basculer au rassemblement national à nouveau et je crains que là si on ne fait rien par là que ça passe ou alors ça bascule chez nous et dans ma campagne c'est pour ça que je poste la question du travail je veux avant de dire le pourquoi dire le constat que j'ai eu à affronter et encore une fois j'entends que c'est pas des bonnes nouvelles que je vous apporte mais au quotidien ça va commencer par un pasteur qui m'a envoyé un message pour me dire écoutez moi si j'étais en voie de circonscription je voterai pour vous alors que je suis pas de gauche donc je renvoie un message en disant je voudrais vraiment que vous soyez pas dans ma cire que parce que moi je suis quand même à une voix près et je comprends pas que vous soyez pas de gauche le Christ c'est le partage bon il me répond non je suis pas de gauche parce que je suis pour la valeur du travail et pour moi je disais mais merde c'est quoi qu'est-ce qui se passe on a eu Jaurès on a eu germinal on a eu fourmis on a eu tout ça et voilà qui me raconte ça et au porte-à-port de manière constante ce qui nous était renvoyé c'est mais moi je travaille alors que j'ai droit à rien alors qu'il y a les cas sociaux alors qu'il y a l'assistanat alors qu'il y a les assister ça fait pas plaisir d'entendre ça mais quand vous l'avez massivement en face de vous vous pouvez pas ne pas voir la température du thermomètre je veux dire que c'est pas une découverte personnelle le constat a été effectué de la même manière par plein de députés qui ont été élus en province qui on dit bah voilà sur les marchés on entendait parler que de ça un député communiste qui dit il y avait tellement ça j'ai fait un tract contre en dénonçant ceux qui font de l'argent en dormant moi de manière implicite ça visait les rentiers mais je savais que les gens l'interpréteraient autrement et que ça serait le rentrée du premier étage du HLM qui serait visé et j'interroge une historienne de la gauche qui s'appelle Marion fontaine est ici une nochnographe du bassin minier et qui dit pour elle la principale près de se positions au vote responsablement national aujourd'hui c'est la question de l'assistana donc ça veut dire que quand on a affronter ça je veux déjà qu'il y a moi je veux sortir de cette soirée avec qu'on se dise oui ou non est-ce qu'on a envie de se bagarrer et y compris en alerte en Paris qui peut être un peu éloigné de ce quotidien là est-ce qu'on a envie de se bagarrer pour que des régions entières soient pas livrées au rassemblement national c'est la première chose et ensuite je pose comme constat que on perd non pas sur des questions d'insécurité centralement non pas sur des questions d'immigration centralement lors de la dernière campagne mais sur la question du travail de d'un sentiment de décrochage entre la gauche et travail je veux dire que déjà le je refais mon petit historique mais la gauche pardon le rassemblement national s'est installé dans nos coins par la crise du travail 1975 mon année de naissance c'est le pic de la production textile en Picardie 10 années plus tard 1985 le textile est quasiment liquide c'est quand même fait historique les cathédrales c'était construites sur les textiles en disant c'est mort pourquoi parce que la signature des accords multipliants et dans la foulée c'est la métallurgie qui va en souffrir c'est l'ameublement c'est le pneumatique enfin c'est l'état de noms qui ont pu raisonner jusqu'ici ou Whirlpool Goodyear Paris au siège de France jusque flotteur les chips qui sont partis et c'est évidemment ne comprend rien à un coin comme le mien si on ne repart pas de ces années 80-90 et de ses délocalisations en série avec deux faits une gauche qui accepte au fond cette mondialisation quant à la dirige pas avec Jacques Delors à la Commission européenne et avec Pascal l'ami à l'Organisation mondiale du commerce et une gauche qui vient dire aux gens au fond parler de du travail et du capital des actionnaires et des salariés des petits et des gros c'est archaïque c'est des passer on doit plus parler comme ça c'est manichéen il faut se moderniser et donc ça fait quoi un politisme explique ça Patrick lin il dit voilà ça fait que dans l'esprit des gens ils cessent pas de voir le juste et d'injuste selon avec des nuances avec de la complexité simplement et reconstruisent le juste et injuste autour d'autres choses ça va être les jeunes contre les vieux ça va être les travailleurs du privé contre les travailleurs du public mais ça va être évidemment de manière centrale et le Front national s'engouffre là dedans les Français contre les immigrés donc à la fois il y a une défaite sur le fond parce que on laisse faire c'est délocalisations en série et il y a une défaite sur la ligne idéologique puisqu'on ce clivage central deuxième victoire de rassemblement national c'est qu'après les années vous savez je suis un grand spécialiste du discours économique du Front national je suis allé piocher à la Bibliothèque nationale de France remontant jusqu'au premier trac de 1972 pour voir l'évolution du discours le Front National et ultralibéral dans les années 80 il est pro-européen à mort il ouvre ses meeting sur l'hymne européen parce que l'Europe c'est la protection contre le bolchevisme et l'ennemi principal c'est l'Union soviétique mais après les dans les années 90 comme il y a la chute du mur de Berlin il bascule complètement et il se met à devenir protectionniste contre les importations sauvages et ainsi de suite et il se trouve que ce désir de protectionnisme ça trouve un écho populaire évident chez des gens qui demandent à ce que soient cette mondialisation folle cette est compris l'élargissement européen qui va ensuite envoyer un paquet d'usines dans les pays de lait SLO Pologne et compagnie donc là il y a deux victoires pour moi sur le terrain du travail du rassemblement national la construction du clivage français immigré et ensuite la construction de d'une réponse protectionniste et on en vient à la dernière période qui est dans le programme de Marine Le Pen elle veut créer un ministère contre la fraude mais il s'agit pas de la fraude fiscale c'est spécialisé elle a des tas de trucs de biométrie et tout ça des passeports qu'elle va mettre en place des corps spécialisés pour aller lutter contre l'assistanat et contre les assistés malheureusement ça trouve un écho populaire ça trouve un éco-populaire alors comme tu évoquais les gilets jaunes je passais la parole mais comme tu évoquais les gilets jaunes je viens de dire un article dans une revue de linguistique qui s'appelle Mo et qui analyse le discours des gilets jaunes sur des ronds-points et qui montre que il y a une petite partition chez les gilets jaunes c'est à dire il y a nous les travailleurs des travailleurs il y a eu c'est ce d'en bas et il y a il c'est ce dont et quelque part imaginons une espèce d'alliance entre le il et le E et est en pompée par les deux en même temps heureusement comme il y a des E des gens en difficulté qui sont sur les ronds-points ça neutralise quelque part le discours contre le E et du coup ça se concentre sur le il en haut et je pense que c'est ce qu'on a opéré moi je gagne ma campagne comment je gagne ma campagne sur cette ligne en 2017 j'ai gagné en tapant aux portes dans les quartiers en disant mais est-ce que vous êtes content vous avez pu avoir à payer l'impôt de solidarité sur la fortune bon voilà c'est sur ça que j'ai gagné les gens mais qu'est-ce qui me racontent il est fou celui-là je paye pas l'impôt sur bon ça fait sourire les gens c'est une porte d'entrée vous savez faire passer un message en 30 secondes là c'est bon bah Vous vous avez vous êtes content vous allez ils ont triplé non qu'est-ce qui me racontent mais votre retraite elle a triplé non pourquoi parce que cinq premières fortunes françaises elles ont triplé sous Macron évidemment le combat central et c'est ma première réponse politique c'est de toujours reconstruire ce conflit là de faire que ça cesse de regarder en haut en bas et que ça regarde en haut maintenant on a un problème énorme c'est que le boss est visible tous les jours et les gens ils ont un cas très concret vous pouvez vous bagarrer dessus mais ils savent très bien que le neveu de leur cousin il se lève pas le matin ou on connaît ses horaires de lever et de coucher quel téléphone portable il a quand est-ce qu'il a changé enfin tout est connu en gros quoi donc ce bagarrer là-dessus c'est vraiment très compliqué donc il y a un renversement opéré pour reconstruire la centralité du conflit capital travail c'est une première réponse que j'ai après je tu parlais de l'honneur des travailleurs j'en dirai peut-être un mot ensuite je vais passer la parole à Sophie mais il y a à construire le travail autrement que comme une souffrance mais savoir en parler comme d'une fierté aussi j'aurais revenir sur ce thème là ensuite merci en tout cas bonsoir à toutes et tous merci pour pour ce débat d'abord moi évidemment enfin je donnerai de leçons à personne et pas à la gauche politique je pense que pour avoir un dialogue respectueux et constructif il faut justement qu'on parle à partir de chacun et chacune qu'elle sont nos rôles et que on puisse construire les choses ensemble donc je suis là pour donner de leçons à personne et je pense c'est très intéressant qu'on est ce type de débat et le ce que tu mets dans le dans le débat que je partage c'est pour ça que j'ai accepté de venir ce soir parce que je pense que les forces syndicales et le monde du travail a besoin de perspective politique et qu'il faut y travailler ensemble deuxième chose que je voulais dire c'est que globalement quand même c'est un problème un peu plus large je sais pas pour excuser la gauche mais un peu plus large c'est que globalement le travail a disparu des radars il suffit de regarder la façon dont le travail est traité dans les médias pour s'en convaincre alors évidemment à la télé on entend parler du radar du travail que il y a des grèves ou qu'on brûle des palettes devant des entreprises dans la presse écrite on pourrait attendre un peu plus dans la presse écrite quand on regarde les principaux médias nationaux ont supprimé leur rubrique travail social qui sont transformés en économie entreprise c'est par exemple le cas du monde et on a une invisibilisation des enjeux liés au travail on ne parle du travail que quand il y a des grands conflits et en fait on ne parle pas du travail on parle du conflit mais on ne voit pas tout ce qui se passe au travail et puis invisibilisation du travail aussi dans la sphère politique puisqu'il y a une professionnalisation de la vie politique avec des députés notamment mais un corps politique qui est professionnel de la politique et qui n'a plus de métier par ailleurs et donc une invisibilisation aussi de ces enjeux-là avec tu parles du Front national mais avant ça on a eu la résurgence du travail via les macronistes ou qui est-ce qui est arrivé en force à l'A nationale eux ils étaient pas des professionnels de la politique mais c'était des patrons en fait et donc en fait c'est eux qui sont arrivés et qui ont repris le discours du travail a été porté à partir des enjeux patronaux avec aujourd'hui une majorité présidentielle ou c'est les DRH qui sont au pouvoir alors c'est très pratique pour le patronat auparavant avec le la droite il y avait besoin quand même d'avoir un certain nombre de stratégies de lobbying là il y a même plus besoin puisque c'est eux qui tiennent directement le stylo qui écrivent les lois qui sont dans tous les cabinets et qui exercent directement le pouvoir donc il y a un basculement avec Macron ensuite ce que je voulais dire c'est que je pense qu'il y a un tournant important dans les années 2000 pourquoi bah c'est quand même la première fois que on a un membre de la farine famille Le Pen qui arrive au deuxième tour de l'élection présidentielle et se tournant il se fait une disait un peu je pense que le la phrase qui symbolise ce divorce de la gauche avec le monde du travail c'est Lionel Jospin qui dit devant les michelins mobilisés contre la fermeture de leur entreprise ils leur dit l'État ne peut pas tout et cette phrase elle résume la démission des forces politiques du camp du progrès face au monde du capital en fait où on dit voilà on ne peut plus agir sur l'économie on ne peut plus agir sur les entreprises on a plus la possibilité de faire et à partir de ce moment-là oui ça organise l'abstention le vote Front national etc puisque on ne voit plus le l'état d'une façon générale et les forces de gauche en particulier comme pouvant rétablir le rapport de force et donc se basculement sur l'État ne peut pas tout du coup le débat à gauche il se limite à un débat quand on veut parler partage des richesses parce que quand même quand on est de gauche par les partages de richesse c'est important comme on occulte l'enjeu capital travail puisque l'État ne peut plus agir sur le capital et bien on va on va parler de ce qu'on appelle à la CGT le partage de la pénurie c'est-à-dire le débat sur le partage des richesses en fait il est limité au débat sur la fiscalité sur l'Impôt sur est-ce que les cadres vont payer un peu plus pour avoir un peu plus de prestations sociales pour celles et ceux qui ne travaillent pas ou celles et ceux qui ne vivent pas de leur travail et on va organiser le débat sur le partage des richesses de cette manière là en occultant tous ceux qui vivent de notre travail et qui vivent de leur rente et en occultant ce débat central cette démission de la gauche elle peut aussi s'illustrer à travers des des termes parce que les termes sont politiques quand on nous Martel du matin au soir que le travail est un coût et bien oui effectivement la fierté des travailleuses et des travailleurs le le sentiment de force et la réalité qui est que les richesses créées elles le sont grâce à notre travail on organise justement le fait de baisser la tête et de nier le rapport de force de la même manière sur le discours sur les charges sociales quand ce discours il prend le dessus on voit qu'on perd une bataille idéologique déterminante et pour finir sur sur ce point ce qui illustre cette démission face au capital et le décalage du débat au lieu de parler du débat entre le capital et le travail ben on va juste se concentrer sur la fiscalité ça veut pas dire qu'il faut pas avoir de débats sur la fiscalité c'est important mais ça peut pas résumer l'horizon de la gauche c'est le basculement du financement de la protection sociale d'un financement par la cotisation sociale à un financement par l'impôt alors souvent je pense y compris nous les syndicats d'ailleurs on n'a pas été capable d'expliquer cet enjeu de façon politique ce que ça transforme en fait quand on passe de droit financés par notre travail par nos cotisations quand nous travaillons on a un salaire net et puis on a aussi le salaire brut le salaire socialisé qui nous permet de nous garantir nos droits à et nos droits à chômage par exemple nos droits assurances maladie les prestations familiales etc et progressivement justement la gauche a accepté de passer de ce financement par le travail de nos droits à un financement par l'impôt avec la création de la CSG par ocar et puis après ça n'a cessé de d'augmenter et en fait ce que ça change c'est la nature des prestations derrière puisqu'on passe de droit à qui que nous avons acquis par notre travail je travaille donc derrière je sais que j'ai le droit à une retraite et que c'est des droits acquis par mon travail j'ai le droit à une assurance chômage par mon travail à des prestations consenties pour les plus pauvres et qui d'ailleurs ne sont pas auxquels n'ont pas accès le les Françaises et les Français les plus les plus aisés avec des systèmes de de plafonnement et de conditionnement à des niveaux de ressources ou effectivement de prime abord chez une certaine gauche ça peut apparaître logique de dire bah oui les cadres ils vont pas avoir droit à des la location familiale ou à des allocations chômage ils ont un salaire qui est suffisamment confortable qu'est-ce qu'on fait quand on organise ça le ce plafonnement et cette mise sous conditions de ressources des prestations qu'on finance par l'impôt au lieu de les financer par la cotisation sociale ben on organise justement l'assistanat et la stigmatisation des des populations qui vont y avoir accès et on organise le refus de l'impôt et la défiance vis-à-vis de l'impôt avec le sentiment que c'est toujours les mêmes qui payent pour des droits auxquels ils n'auront pas accès pour illustrer l'enjeu de cette question là donc moi je me suis pas présenté je suis secrétaire général de la CGT des cadres et des professions intermédiaires l'ugicte CGT chaque à chaque fois que on négocie sur l'assurance chômage en fait une des batailles qu'on mène on se bat pour que les droits à assurance chômage soit déplafonnés c'est-à-dire que aujourd'hui le l'assurance chômage on cotise seulement jusqu'à trois fois le plafond de la Sécu alors trois fois le plafond de la Sécu je sais pas s'il y a quelqu'un dans cette salle qui gagne plus que trois fois le plafond de la Sécu puisque le plafond de la Sécu il est autour de 3000 euros donc celles et ceux qui gagnent plus c'est ce d'ailleurs plutôt c'est plutôt des hommes qui gagnent plus de 10000 euros par mois donc effectivement ils sont très bien lotis on peut se dire mais en quoi est-ce que il faut qu'ils aient le droit à des allocations chômage sur l'entièreté de leur salaire et ben c'est ce que porte la CGT parce que le fait de déplafonner les cotisations et donc les allocations et ben en fait ça dégage chaque année environ c'est un chiffre de la Cour des comptes 800 millions d'euros de ressources pour les allocations chômage pourquoi parce que les cadres et notamment les cadres supérieurs ils sont beaucoup moins souvent au chômage donc en fait c'est des droits qui vont très peu utiliser et ça va servir la solidarité et ils vont accepter de cotiser parce que derrière s'il y a un accident de carrière ce qui peut arriver pour des cas de SUP bah ils savent qu'ils vont pouvoir avoir le maintien de leur niveau de vie et qu'il est elle ne vont pas être obligé de se tourner vers des assurances privées et vers de la capitalisation et c'est exactement le même enjeu sur la question des retraites dans la réforme des retraites en 2019 de Macron il y a un petit sujet qui est resté relativement discret dans le sa réforme c'est qu'en fait aujourd'hui sur les droits à retraite contrairement à l'assurance chômage on cotise jusqu'à 8 fois le plafond de la sécurité sociale donc ça va très très haut en terme de niveau de salaire et on peut avoir du coup des retraites jusqu'à 8 fois le le plafond de la sécurité sociale bon après c'est pas le l'ensemble du salaire qui est maintenu on est environ à 50% de taux de remplacement quand on part à la retraite et donc Macron dans son projet il voulait baisser le plafond à trois plafonds donc exclure en gros les quatre Sup de la retraite par répartition pourquoi parce que derrière il crée un boulevard pour les fonds de pension et pour la capitalisation parce que les cas de SUP évidemment que ils vont pas se laisser tondre comme ça et qu'il faut la garantie de maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite et donc quand on gagne plus de 10000 euros par mois on a les moyens de se constituer une épargne et on va pouvoir se s'assurer le maintien de son niveau de vie en ayant recours à la capitalisation et en fait cette question là dans les débats sur les retraites elle est centrale pourquoi est-ce que Macron est le patronat veut en permanence baisser nos droits à retraite pour laisser un espace toujours plus important pour les assurances les fonds de pension pour la spéculation parce que ce qui met en rage le patronat avec notre système de sécurité sociale hérité de 1945 c'est justement que c'est pour les retraites on est autour de 14% du PIB donc c'est chaque année 240 milliards qui échappent à la spéculation et à la financiarisation et sur ce magot qu'ils veulent mettre la main justement en commençant par exclure les cadres les cas dessus parce que c'est eux qui ont de l'épargne et qui peuvent aller après aller derrière sur de l'épargne retraite évidemment que les ouvriers ça les intéresse pas plus que ça parce qu'ils savent que de ce côté là il y a pas d'épargne donc tout ça pour dire que un des enjeux justement c'est de reconnecter la protection sociale au travail les droits au travail pour casser ce discours lié à l'assistanat et casser cette mise en opposition de population et faire en sorte que toutes et tous nous ayons intérêt à cotiser pour se générer collectivement des droits et garantir le financement de la solidarité et ça c'est un enjeu que la gauche puisse reporter ces questions là avec un discours universel qui sort du misérabilisme parce qu'en fait ce qui nous tue c'est un discours très misérabiliste sur oui les pauvres etc ça c'est personne n'a envie que on parle de lui en disant les pauvres c'est pas du tout identificateurs et mobilisateur par contre les travailleuses et les travailleurs oui ça c'est identificateur parce que nous savons que c'est nous qui part nos richesses par notre travail créant des richesses et devons avoir des droits liés à cette création de richesse
[Applaudissements]
merci à tous les deux pour ces premiers premiers constats en tout cas de l'état des lieux et Sophie moulinet vous disiez servir la solidarité je crois que c'est une expression essentielle et justement en fait même dans une hypothèse ou la Gaule serait perçue comme le camp du travail est-ce qu'il y a pas un autre vrai défi en fait qui est indépendamment de celui de revaloriser le fait qu'on travaille pas juste pour soi mais pour des droits mais justement d'essayer de de d'unir finalement tous ces travailleurs qui ne sont pas les mêmes entre un chauffeur uber précarisé une aide-soignante qui travaille dans un hôpital même un petit auto-entrepreneur qui essaye de survivre comme il peut et finalement toutes ces professions éclatées puisqu'elles vivent de cette idée que il faut travailler juste pour soi et pour survivre à qui non plus à l'esprit cette dimension de solidarité collective même en étant en situation de précarité similaire en fait ne se ne se reconnaissent pas forcément comme appartenant à un même disons à une même classe on pourrait aller jusqu'à le dire comme ça c'est à dire que comment en fait réussir à réunir travailleurs qui en plus de ne plus s'identifier les uns aux autres non même plus l'idée qu'ils travaillent les uns pour les autres je vais aller à la fois te répondre et rebondir sur ce que dit Sophie moi je viens pour apporter des réponses aussi on peut contester les réponses que j'apporte mais je veux pas qu'on dise que j'arrive sans solution et donc il s'agit de les mettre dans la discussion commune la première je vous l'ai dit c'est la centralité du conflit capital travail des petits contrôlés gros et ainsi de suite qui doit être un objectif politique permanent et voilà ce qui doit traverser notre camp à mon avis c'est de reconstruire ce conflit là et de rendre visible par des récits des choses qui sont aujourd'hui invisibles donc c'est le yacht du Jeff Bezos qui fasse pas sur le pont de Rotterdam enfin c'est compter avec moi allez 1 2 3 vous êtes mou à Paris heureusement ça se passe mieux en Picardie et voilà ça fait 10000 euros pour Jeff Bezos c'est autant que qui paye pas d'impôts en France alors que le boulanger du coin il en paye c'est autant que Hayat mon accompagnant de d'enfants situation de handicap qui est ma suppléante en un an donc voilà c'est il faut qu'on construise du récit de cette manière qui choque les gens et qui fasse que ils se sentent appartenir qui a une barrière que la barrière se soit entre ce haut et ce bas et que sa solidarise du bas ensemble donc ça c'est le premier point deuxième point c'est l'université stallisation ce qu'a dit Sophie c'est-à-dire en gros je dis que les effets de seuil quoi à la fois il y a des tas de paperasses à sortir pour démontrer qu'on est bien dans la pauvreté donc c'est quand même à côté humiliant pour pouvoir accéder à des droits et ça produit par ailleurs de la petite jalousie de la personne qui est juste au dessus mais qui aura pas le droit à une bourse pour sa fille alors que il y a pas de transport pour aller à la fac qu'elle va devoir payer un logement mais on se demande comment on va faire ou alors lui acheter une voiture pour qu'elle fasse des allers-retours vous voyez donc bon je vous parle de situation très concrètes donc que la gauche renoue avec de l'universel quand on a fait l'école on a fait l'école gratuite pour tous pour la mère cél avec des gamins qui en difficulté pour la fille d'agriculteurs et pour les enfants de Bernard Arnault et de la même manière je pense que pour la sécurité sociale on l'a fait on l'a fait pour la retraite alors c'est c'est pas les mêmes niveaux pour chacun mais ça se fait de cette manière-là je raconte une anecdote dans mon bouquin à propos de des allocations familiales pendant la gauche pluriel j'ose pas à l'idée de dire finalement les familles de riches elles ont pas besoin de toucher des allocs donc on va ne plus en donner c'est la manif pour tous avant l'heure Auteuil neuilly-pass il se réveille Versailles avec il y a une manif bon et là surprise député communiste de la Somme Maxime grommette décide de rejoindre la manif des versaillers alors tout le monde se fout de sa gueule et moi y compris c'est fakir à l'époque et j'ai un échange avec Serge anémie donc depuis devenu directeur du diplomatique il me dit mais tu as tort il a raison parce que c'est comme ça qu'ils ont fait aux États-Unis aux États-Unis ils ont commencé par dire que les riches ils devaient plus avoir le droit à l'aide médicale qui pourrait bien s'en priver et passer par du système privé et en fait du coup le système pour les pauvres est devenu un pauvre système et donc voilà pourquoi je pense qu'il y a une nécessité y compris si on parle de de chèque alimentation locale par exemple puisque ça va être mis en débat par Macron de dire le chèque alimentation locale c'est pour toute c'est pas seulement quand on a bien prouvé qu'on est dans la pauvreté le passport c'est pour tous voilà donc ça c'est une autre réponse ensuite dans ce que à la fois a dit Sophie est-ce que tu as dit la notion de travailleurs alors c'est mon côté linguiste mais j'avais déjà travaillé avec une linguiste sur ces questions là et qui montrait qu'en dans les discours on était passé de travailleurs qui est actif à salarié qui est passif et donc dire que donc c'est Marion fontaine historienne de la gauche qui me dit ça le Parti communiste il s'agit pas de l'idéaliser mais avait réussi à construire un rôle actif du travailleur dans l'histoire il faisait l'histoire et aujourd'hui la manière dont on parle du travailleur il l'a subi il en est victime alors que ça ne représente qu'une partie de son vécu à la fois il en est victime enfin je veux dire les conditions de travail la réalité aujourd'hui c'est que plus on a des gens qui célèbrent la valeur travail plus il écrase tous les jours plus l'écrases et l'écrasement des revenus c'est la diversité des sous statues c'est des horaires à la noix bon voilà mais le c'est pour ça que je pense qu'il y a un coach qui a pu être loupé là dont la séquence je reconstruis la séquence on a la crise covid la crise covid mais en lumière le caractère indispensable des auxiliaires de vie sociale des aides-soignantes des assistantes maternelles des charistes des camionneurs des manutentionnaires sans eux on a pu un rouleau de PQ dans nos supermarchés on a plus une boîte de cassoulet bon donc et ça on le sait on le comprend à ce moment-là que s'ils arrêtent on est cuit c'est le moment où le président de Macron dit il faudra vous rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ses hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal et qui ajoute citant la Déclaration universelle des droits de l'homme les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune je connais très bien mon Macron doc il est court bon mais voilà et Macron exprime une prise de conscience de la société de du caractère essentiel de ces métiers souvent invisibles dévalorisées mépriser bon il y a un rapport je sais pas si tu l'as lu le rapport RL que je suis tombé amoureux d'un rapport moi bon voilà un rapport du ministère du travail commandé par Elisabeth borne vous voyez tout est arrivé dans la vie et donc qui dit voilà il y a 17 métiers qui sont indispensables il y a ceux que je vous ai cité il y a ouvrier de l'industrie agroalimentaire il y a les travailleurs du bâtiment bon voilà ça fait 4,6 millions de salariés elle montre que elles sont en général 30% en dessous des seaux de salariés du privé une montre que ce sont souvent des contrats courts que ce sont des horaires qui sont des horaires décalés que ils respirent plus de produits chimiques bref tout qui va pas mais c'est pour ça que c'est les deux phases d'une même pièce ils ont plus un sentiment d'utilité que la moyenne des salariés et ils ont bien raison parce que de fait une partie du pays repose sur leurs épaules et bien je pense que dans ce contexte là il y a un rôle à héroïser les travailleurs je veux dire que dans la prière la gauche avait héroïsé le mineur de fond et le métallo qui reconstruisait la France et bien de la même manière aujourd'hui je pense qu'un enjeu c'est d'héroïser l'auxiliaire de vie sociale alors c'est ce que j'ai essayé de faire avec deux poules et femmes c'est d'héroïsé le charisme c'est déroïser le manutentionnaire pour lui dire que nous partageons la fierté de son métier je me suis mis à courir le long des quais de scène d'habitude je cure que le long du chemin de la Somme Amiens mais je suis plus en plus parisien donc voilà et là je vois un gars qui est un camionnette qui était garé qui était en train de relivrer les restos sur le quai de Seine avec marqué Jojo 60 voilà et c'était marqué fier de mon métier et si on comprend pas cette fierté qu'on les gens à faire leur métier souvent ce qui va pas ce qu'ils aiment pas c'est la manière dont on leur fait faire leur métier mais leur métier il y a beaucoup de gens qui en sont fiers et donc je pense que il y a un rôle de la gauche de donner évidemment de montrer ces personnes de les montrer au travail alors là je parle en tant que réalisateur de film mais c'est une grande difficulté où que journaliste quand j'étais puisque tu parles de l'invisab du travail je veux dire on a un problème c'est que il est interdit d'aller filmer sur un lieu de travail le travail autant on peut montrer des gens à poil tout le temps autant il y a une interdiction qui pèse sur pénétrer sur un lieu de travail et filmer donc voilà c'est une difficulté pour rendre VIP et alors ça y est je pardon mes trucs mais c'est toujours sur la fierté des travailleurs moi je commence qu'on devrait avoir je vois qu'il y a des photographes et qui nous prennent toutes les coutures on devrait avoir un corps de photographe public qui accompagne au moins pendant une journée tous les cinq ou dix ans les salariés sur leur lieu de travail qui montrent le boulanger en train de préparer c'est pas au four qui montre le chef de rayon que sa réunion du matin pourquoi parce que bizarrement quand on est en famille on a des tas de photos des repas du dimanche on a des photos de quand on est allé au Mont Saint-Michel mais le travail c'est comme si c'était un grand trou noir que qu'on ne faisait pas apparaître comme une fierté aux yeux de la famille alors que c'est souvent porté comme ça et je pense que alors il y a un rôle de la gauche évidemment on y reviendra de reposer la question de de statut je veux dire sur il faut aussi entrer dans les conditions concrètes d'existence tu vois quand tu dis quand tu lises les métiers ubérisés tout ça je pense qu'il faut sur chacun de ces métiers être capable de répondre quelles sont les conditions de travail aujourd'hui concrètement et comment on va les transformer bon auxiliaire de vie sociale par exemple moi je dis la question une question du taux horaire mais il y a une question aussi de comment on organise le temps de travail ça doit cesser d'être du travail découper avec deux heures le matin deux heures de midi deux heures le soir et on fait du travail à la journée de 7h à 14h et là je j'insiste sur auxiliaire de vie sociale parce que je pense que il y a un vrai levier pour parler aux campagnes je l'ai encore vu là il y a un bouquin qui qui vient de sortir qui s'appelle ses femmes qui tiennent campagne et qui est fait par des chercheuses et qui montrent la sur-représentation des métiers du soin du lien dans les campagnes populaires et donc je pense que un moyen de parler aux campagnes par exemple ce métier là est un moyen de parler aux campagnes d'abord parce que ça représente des centaines de milliers de femmes sinon des millions mais aussi parce que c'est un métier qui est populaire par son recrutement mais pas populaire aussi par l'image qui donne qui n'aime pas l'auxiliaire de vie sociale tout le monde l'aime et donc je pense que rattacher l'image de la gauche en disant centralement nous allons les défendre elle par exemple nous allons défendre les femmes de ménage nous allons défendre les charis c'est des métiers qui la France est en train de devenir un vaste Paul logistique voilà il y a un hyper développement des entrepôts et nommé ces métiers que dans les campagnes qu'on a eu à connaître ces métiers non seulement ne soient pas héroïsés mais ne soit pas nommé comment on peut se reconnaître dans un discours qui ne nous donne pas en représentation qui ne parle pas de nous qui ne nous évoque pas qui ne nous connaît pas dans la concrétude de nos métiers et je pense qu'il a il y a un chemin à faire qui est c'est peut-être mon côté reporter mais donner à entendre il faut connaître les conditions aujourd'hui pour dire comment on va les transformer concrètement demain
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ouais moi je voulais rebondir sur trois choses la première c'est que aujourd'hui le problème c'est que le travail ne permet plus de vivre pour de plus en plus de monde et on marche sur la tête quand on voit le débat là en juillet que vous avez vécu à l'Assemblée nationale ou au lieu de parler de cette question sur le le fait profondément anormal que le travail ne permette plus de vivre pour des millions de personnes et notamment des millions de femmes puisque je rappelle que 30% des femmes sont sur des emplois temps partiel et que aujourd'hui on a un SMIC horaire mais on n'a pas de Smic mensuel donc il y a pas de salaire minimum mensuel et il y a beaucoup de femmes qui sont sur des emplois à temps partiel très morcelés sont très loin du SMIC mensuel en terme de revenus à la fin du mois et donc leur travail ne leur permet absolument pas de vivre et alors y compris quand on est au SMIC temps plein aujourd'hui on est bien loin de ce qu'on devrait avoir pour pouvoir répondre à ses besoins primaires donc au lieu de répondre à cette question centrale sur comment se fait-il que aujourd'hui le travail ne permette plus de vivre le débat est concentré sur la question du pouvoir d'achat et on refuse de parler salaire on parle de pouvoir d'achat et déjà le terme devrait être interrogé c'est déjà un problème et toutes les mesures la batterie de mesure qui est mise en place on parle de tous sauf des salaires et encore une fois ça va être des primes ponctuelles conditionnées à des niveaux de ressources etc avec une organisation la fabrique de la sistana avec la défiance sur toutes celles et ceux qui sont au-dessus des seuils et qui pour autant ont du mal à boucler leurs fins de mois et qui n'auront pas accès à ces droits là alors que l'enjeu c'est de parler de la déformation du partage entre la valeur entre le capital et le travail puisque depuis les années 70 en fait c'est ça le problème c'est que de plus en plus des richesses que nous créons vont alimenter les dividendes le capital au détriment de notre travail et qu'on a une baisse des salaires dans le les richesses que nous créons deuxième chose sur laquelle je voulais revenir c'est que en fait de tout temps la stratégie du patronat ça a été de déprofessionnaliser le travail ça a commencé par le travail ouvrier quand on a organisé le travail à la chaîne le but c'était de standardiser le travail de le découper de façon à ce que les travailleurs et travailleuses que je suis tout à fait d'accord pour employer le terme travailleur mais il faut le féminiser est-ce que les travailleuses et travailleurs puissent être interchangeables et à ce que de cette façon là la pression ce qu'on voit aujourd'hui dans le débat public sur un certain nombre de travailleuses et travailleurs qui sont irremplables et donc qui peuvent faire monter la pression sur l'augmentation des salaires comme ça de pouvoir baisser ce rapport de force du travail et pour pouvoir comprimer salaire et conditions de travail donc on a eu ça sur le travail ouvrier au début du 20e siècle et maintenant on a ce mouvement qui se continue avec ce qu'on appelle à la CGT le Wall Street management le management par les coûts qui se prolonge sur le travail intellectuel et donc qui touche maintenant les cadres et les professions intermédiaires avec un travail qui est de plus en plus découpé du reporting etc et standardisé avec des obligations de de répondre à des objectifs chiffrés et qui touche aussi le travail relationnel qui jusque là avait été protégé de cette standardisation avec par exemple quand on est aide à domicile et bien toutes les tâches sont chronométrées et de plus en plus avec le numérique le numérique permet de fliquer et de vérifier si il y a pas de temps mort puisque on doit cocher à chaque fois qu'on effectue une tâche que ça soit à domicile ou à l'hôpital et donc aujourd'hui il y a une on sait encore une fois c'est complètement absent du débat public en fait et c'est extrêmement grave ce qui est en train de se passer c'est que ces métiers la richesse de ces métiers l'importance de ces métiers elle est justement dans le relationnel et on leur empêche et on est en train de les vider de leur richesse et de tout ce qui fait le sens de ce travail de les déprofessionnaliser et c'est extrêmement grave et c'est pas seulement la question des salaires des conditions de travail des amplitudes horaires etc qui fait qu'il y a une grande détection et que on a du mal à recruter des professionnels dans ces métiers c'est la question du sens du travail qui se pose parce que on leur demande de se comporter comme des machines pour demain pouvoir le cas échéant les remplacer par des machines si les machines coûtent moins cher parce que là ce qu'on est en train d'observer avec l'augmentation du coût de l'énergie c'est très drôle c'est qu'on a un mouvement inverse on revient vers le travail humain parce que parfois les machines commencent à coûter trop cher par rapport au travail humain avec la faiblesse des salaires petite parenthèse mais donc il y a besoin d'engager ce combat sur la question du sens du travail pour permettre de retrouver la maîtrise du sens et de la finalité de notre travail et la dernière chose sur laquelle je voulais revenir pour quand même répondre à la question contrairement à trois ans c'est que la difficulté à laquelle on est confronté aujourd'hui c'est que en fait on est face à un double mortellement mortellement du salariat tu en as parlé avec morcellement du salariat avec une multitude de statuts la précarisation et même le les statuts or salariés avec les statuts d'auto-entrepreneur et puis un morcellement dont on parle moins morcellement de l'entreprise aujourd'hui les entreprises sont de grandes coquilles vides ça ne veut plus rien dire en fait puisque morcellement avec une délocalisation à l'international des activités ou en général c'est externalisé et ça n'est pas le donneur d'ordre qui organise le l'activité morcellement en interne avec une filialisation des activités comme ça on met en concurrence des salariés d'une même entreprise qui vont travailler dans deux filiales et puis très vite on peut découper pour répondre aux besoins des actionnaires en gros pour faire monter le cours de la bourse il faut réorganiser en permanence dès qu'il y a une réorganisation ça fait monter le cours de c'est donc maintenant de plus en plus on a des entreprises dont le périmètre évolue tous les ans tous les 18 mois il y a filialisation une externalisation d'une filiale qu'on revend on rachète une filiale etc en permanence et puis la sous-traitance avec peut-être pour résumer cet enjeu de la sous-traitance si vous allez aujourd'hui dans une centrale nucléaire vous voyez des salariés qui ont tous des bleus avec des logos différents dans une centrale nucléaire il y a plus de 20 25 donneurs d'ordre différents donc tout le monde la communauté de travail en fait est complètement morcelée personne n'a le même patron là-dedans et donc pour nous pour réorganiser la communauté d'intérêts et la communauté de batailles c'est des stratégies qui sont très compliquées en fait à cause de ce morcellement et de cette mise en concurrence deuxième exemple aujourd'hui par exemple pour construire les LGV les lignes à grande vitesse voilà sur le les chantiers de LGV bah c'est plus de 7 niveaux de sous-traitance qu'il y a donc dans un marché public c'est en général une multinationale qui gagne le marché et derrière qui sous-traitent sous-trait de sous-traitre et nous on se trouve en fin de course avec du coup des boîtes sous-traitantes qui sont complètement pressurisées par les donneurs d'ordre et qui n'ont effectivement pas les marges de manœuvre pour payer plus et des multinationales qui font remonter la valeur en pressurisant le la sous-traitance et donc ce double morcellement en fait il oblige à penser de nouveaux droits à penser à une nouvelle échelle on peut plus penser seulement des droits liés au contrat de travail à cette entreprise donnée puisque l'entreprise allait vider de son sens et donc c'est pour ça que la CGT depuis des années elle met alors du jour ce qu'on appelle la sécurité sociale professionnelle l'idée de dire que les droits que nous avons ne doivent pas être seulement liés à notre contrat de travail avec ou tel employeur mais au fait que nous sommes travailleuses et travailleurs et donc on doit avoir des droits acquis qu'on transporte quel que soit notre notre employeur on parle de nouveaux statuts du travail salarié et puis la deuxième chose c'est que il faut arrêter de laisser le droit de l'entreprise au juriste aux avocats d'affaires en fait il faut bien sûr se préoccuper du droit du travail le code du travail c'est notre patrimoine commun matrimante commun on s'est battu pour le gagner mais le droit des affaires c'est un droit qui est déterminant sur lequel on doit travailler et aujourd'hui en fait le droit des affaires il organise l'irresponsabilité des multinationales parce que le problème qu'on a aujourd'hui c'est que d'un côté on a des dirigeants politiques qui nous disent que ils n'ont pas les moyens d'agir sur les le capital voyou et leur comportement de voyou et de l'autre que quand on s'adresse au patron ben on n'a jamais le bon interlocuteur en face en fait tout le monde est irresponsable et il y a une organisation globale de l'irrespons donc il y a un sujet c'est Alain Supiot dans un de ces derniers livres qui dit prendre la responsabilité au sérieux c'est un enjeu central en fait on a besoin d'avoir des responsables en matière sociale en matière environnementale aujourd'hui quand il y a un PSE c'est plus comme avant ou on pouvait aller séquestrer le patron et où on avait la personne responsable du PSE et du coup quand même un moyen de pression possible là on en est réduit à arracher des chemises de DRH ou sans mais le DRH il peut rien en fait et c'est et lui il est là on a des cosses killer qui qui bougent et qui changent de boîte tous les 5 ans et qui sont juste là pour exécuter les bases œuvres et puis qui vont changer de boîte le lendemain donc il s'en fiche de l'avenir de l'entreprise il s'en fiche de l'avenir du territoire il s'en fiche de l'avenir des salariés donc il y a besoin de reconstruire un droit qui organise des responsabilités et qui permettent que on puisse avoir des interlocuteurs en face de nous au niveau national et évidemment au niveau international bien sûr que ces questions s'organisent à l'échelle internationale et donc la dernière chose là-dessus c'est que nous avons dans notre matrimoine patrimoine l'Organisation internationale du Travail l'OIT qui a été créé au lendemain de la Première Guerre mondiale en 1919 sur le postulat qu'il n'y aurait pas de paix sans justice sociale c'est important de pas de paix durable sans justice sociale c'est important de se le rappeler puisque on voit aujourd'hui il y a plus de justice sociale donc ça doit nous alerter sur la question de la paix l'OIT c'est un formidable instrument justement pour reconstruire du droit collectif à la bonne échelle c'est-à-dire à l'échelle mondiale le problème on a aujourd'hui on a gagné la CGT avec le la Confédération syndicale internationale on a gagné la 190E loi mondiale du travail qui est sur les violences sexistes et sexuelles c'est très belle victoire qu'on vient de gagner le problème c'est que ces lois mondiales en fait elle ne s'applique que si le pays décide de les ratifier et donc les États-Unis la première puissance mondiale ben c'est un des pays du monde qui a ratifié le moins de normes mondiales et donc il faut remettre ces normes mondiales au même niveau il y a eu un décrochage on a créé l'OMC dans les années 90 et en fait les normes du commerce elles pèsent alors que les normes du travail ne pèsent rien il faut les remettre au moins au même niveau et je dirais quand même les normes du travail au dessus de façon à ce que les accords commerciaux soient conditionnés au respect du droit international du travail et au fait que les pays est ratifié ces normes internationales du travail qu'il faut compléter avec des normes environnementales de façon à rétablir les choses on a été capable de construire du droit contrairement en matière commerciale et d'ailleurs c'est à cause de l'OMC qu'on nous empêche d'avoir l'intervention de l'état des aides environnementales etc donc c'est extrêmement contraignant on doit être capable de construire en face du droit environnemental et de droit du travail contra à cette échelle là
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peut-être pour rentrer plus vivement encore dans le monde très stratégiquement on peut réussir à se ressaisir de ces questions que vous vous soulevez tous les deux vous disiez François Ruffin tout à l'heure qu'on a raté le coche de la crise covid et très récemment vous avez peut-être vu tous les deux il y a un sondage qui est sorti fait par cluster 17 sur le rapport des Français au travail à l'argent enfin ce qui reprend des questions qu'on a posées aujourd'hui il y a un chiffre qui moi m'a interpellé et qui peut-être quelque chose dont on peut s'emparer peut-être la seule demande majoritaire on a 93% des Français qui estiment que le travail ne paie pas assez par rapport au coût de la vie voilà peut-être la seule demande majoritaire à l'égard du travail qui s'exprime encore faut-il la politiser autrement et du coup la question que je voulais vous poser c'était effectivement dans ce contexte qu'on connaît tous qui est le contexte inflationniste ou le coût de la vie augmente et qu'on a des Français qui estiment précisément qui ne sont pas assez payés ce qu'il y a pas là une occasion historique pour la gauche de s'en emparer d'une part bien sûr pour revaloriser cette question du pouvoir d'achat justement en allant plus loin en me disant l'enjeu c'est pas juste d'augmenter vos salaires c'est d'augmenter vos salaires pour augmenter vos droits et finalement de réussir aussi à se saisir de cette demande contre le projet qui s'annonce avec l'agenda Macron qui en fait un projet qui veut éjeeler le salaire voir les baisser et puis en plus au passage des tricoté tous les Félix de sécurité collective on voit que la question du RSA mais ça vous en parlerai peut-être tous les deux mieux que moi mais en tout cas voilà est-ce que c'est pas cette occasion là quand on doit saisir dans les mois qui viennent revaloriser le salaire oui mais pourquoi avec quel objectif et avec quelle solidarité c'est évident que l'inflation alors moi ça fait un an que je porte une demande qui est celle de la CGT historique qui est l'échelle mobile des salaires c'est-à-dire et mon raisonnement sur l'indexation des salaires sur l'inflation est lié au constat politique que je fais sur en gros une c'est même pas une classe intermédiaire c'est les bas salaires qui sont un peu au dessus du SMIC et qui se disent pour moi s'a piétine et qui regarde en dessous ils disent ben voilà le SMIC il augmente mais moi je me fais rattraper par le SMIC en gros et donc je sais que je fais cette demande là il y a un an parce que je sens ça je sens que en gros et ça se vérifie dans les scores électoraux Jean-Luc est très fort jusque 950 euros et entre 1200 et 1600 euros en gros ça bascule sur Marine Le Pen donc jusqu'à 2000 euros bon donc là on a et c'est pour ça que je j'ai d'emblée dit il nous faut l'indexation des salaires sur la passion de manière à ce que ça soit pas seulement ceux qui sont au SMIC qui est le sentiment de pouvoir mieux vivre mais que ça soit aussi tous ceux qui sont un petit peu au-dessus et qui sont au radeau quoi donc là j'ai une série de récits puisque je pratique en reporter des gens qui sont dans des boîtes notamment ce qui est rogné le plus vite c'est les vacances quoi c'est les vacances qui ont été qui sont passés à la trappe et en fait il y a presque une habitude qui est prise ça va poser une autre question c'est le droit au repos et à quel repos parce que moi je pense qu'on doit ça pas été évoqué jusqu'à maintenant et je pense que on doit pas ce sont les ce que j'entends des discours qui disent mais oui mais il faut la semaine de 32 heures et tout ça et dire que je suis d'accord mais la fierté du travail et le droit au repos au fond ce sont deux choses ce sont les deux faces de même pièce et ce sont deux choses qui sont liées c'est pas l'un ou l'autre c'est dans la durée effectivement le mouvement ouvrier qui se bagarre à la fois pour que le travail soit respecté qu'on puisse en tirer de la dignité et qui se bagarre aussi pour libérer du temps du travail c'est d'abord les enfants qui vont plus à la mine c'est le dimanche chômé c'est le samedi à l'anglais ce sont les congés payés c'est la retraite et moi tout en disant que il faut que on travaille je dis que on doit renouer avec l'histoire du mouvement ouvrier qui est une histoire de la diminution du temps de travail et on doit y renouer pour une deuxième raison qui est pas une raison seulement sociale qui est aussi une région écologique c'est que le travail est plus pour consommer plus pour produire plus il a des limites aujourd'hui et que même de manière plus générale on voit que à partir des années 70 en gros le produit intérieur brut n'est plus corrélé à aux indices de bien-être on continue à avoir une augmentation de la production et on a plus de la même manière de l'espérance de vie qui augmente ou de manière subjective un sentiment de bonheur il y a une stagnation de ce côté-là alors qu'on continue à voir un PIB qui croit donc voilà je vais pas faire une histoire de la réduction du temps de travail c'est pas le sujet mais je tiens à ce que ça soit posé et que ça soit pas posé dans une opposition entre les deux pour moi ce sont les deux faces d'une même pièce et voilà il y a évidemment la gauche doit être porteur à la fois de la question de la dignité et de la question du repos je te laisse la parole et puis je la reprends après d'accord pour faire un peu plus de oui ben les grands esprits se rencontrent non sur le le l'échelle mobile un salaire c'est effectivement central parce que c'est plus possible que on est le sentiment que le politique ne peut pas agir sur les salaires parce que c'est quand même ça que on entend sur ah bah enfin le gouvernement on est d'accord avec nous on peut on peut rien faire on m'a demandé au patron on leur dit qu'il faudrait qu'il négocie un peu plus mais ils veulent pas donc voilà voyez avec eux quoi en gros bon bah ça ça c'est quand même totalement mensongé puisque ce rapport de force défavorable dans les négociations salariales il a été organisé et il a été organisé avec les lois régressives qui ont été mises en place notamment la loi travail donc de 2016 puis les ordonnances travail de Macron qui ont rendu encore plus déséquilibré le rapport de force dans les boîtes sur les négociations salariales deuxième chose l'échelle mobile des salaires c'est quoi c'est ce qui existait jusqu'à 1983 donc 83 c'est pas une date au hasard c'est le tournant de la rigueur et donc c'est pas pour rien qu'on a voulu supprimer ce dis positif là qui permettait que dès qu'il y avait une augmentation du SMIC en fait ça soit répercuté automatiquement sur tous les autres salaires et donc c'est ce qui permettrait que là du fait de l'inflation on a vu qu'il y avait quatre je crois augmentation du Smic là sur sur l'année et donc il y a ces quatre même augmentation sur l'ensemble des salaires et en l'absence d'échelle mobile des salaires ce qu'on constate c'est un déclassement massif avec un tassement salarial très important donc on entend beaucoup parler des minimas conventionnels qui sont inférieurs au SMIC il y a dans la majorité des branches en fait il y a des salariés qui commencent payer moins que le SMIC donc c'est interdit donc du coup ils sont remontés automatiquement mais ça fait 5 6 7 8 9 10 niveau de coefficient qui sont payés au SMIC donc on écrase complètement les grilles de classification je sais pas si c'est clair ce que je dis là et puis ensuite tous ceux qui sont payés au-dessus forcément comme ça ne demande pas il y a aussi un tassement et ce tassement il est illustré il y a un chiffre de qui est sorti en juin dernier donc maintenant ça c'est encore dégradé mais qui disait que en un an il y avait une perte de pouvoir d'achat que les salaires avaient baissé en euros constant de 2% mais que pour les cadres et les professions intermédiaires c'était une baisse de 2,7% donc on voit que c'est encore plus marqué justement pour celles et ceux qui ne sont pas payées au SMIC et pour les salariés qualifiés justement parce que il y a il y a un effet tassement des salaires voilà ensuite pourquoi Macron tient absolument à sa réforme l'assurance chômage donc c'est évidemment pour faire des économies sur l'assurance chômage mais c'est aussi pour casser le rapport de force là sur les salaires qui montent du fait de la pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs et forcer les salariés à accepter n'importe quel boulot pour pouvoir faire encore baisser les salaires donc derrière le l'enjeu de de la réforme de l'assurance chômage il faut bien faire comprendre que c'est pas seulement la situation des privés d'emplois il faut rappeler que aujourd'hui les privés d'emplois il y en a plus de 50% qui n'ont allocation chômage donc il y a un vrai problème mais c'est pour ça qu'il y a le RSA et tout une série de minima sociaux c'est parce que l'assurance chômage n'est pas suffisante pour ne couvre pas suffisamment l'ensemble des travailleuses et travailleurs et le but c'est d'en exclure encore plus pour mettre la pression pour pouvoir accepter immédiatement un boulot à tout prix même si ça correspond pas à ce qu'on cherche même si c'est payé moins que ça qualification et même si c'est très éloigné et dernière chose sur laquelle je voulais revenir c'est sur ce que tu disais sur le débat sur la réduction du temps de travail on a alors c'était pas dans cette présidentielle là mais dans le la présidentielle de 2017 et puis c'est encore et ça existe encore à gauche le débat sur la question du revenu de base revenus de base qui part quand on discute avec les partisans du revenu de base ce qu'ils disent c'est oui le travail va disparaître donc il faut cesser de lier le revenu avec le travail du fait du progrès technologique et puis le défi environnemental fait que il faut il va y avoir la décroissance il faut moins travailler donc il faut déconnecter encore une fois le revenu du travail nous à la CGT on est en opposition frontale avec cette question du revenu de base je pense que ça contribue d'ailleurs à expliquer le score catastrophique qui avait fait Benoît Hamon qui le portait notamment à la présidentielle en 2017 parce que ça c'est absolument pas compris du monde du travail le fait de dire on va payer les gens à rien faire et même s'ils bosse pas ils ont 800 euros pour rester chez eux encore une fois là on fabrique la cestana parce qu'on déconnecte les garanties collectives et la protection collective du travail et puis ensuite il faut avoir le débat au fond sur non le travail il va pas disparaître je crois que dans notre société il y aura il y a toujours il y aura toujours besoin de travail après la question c'est du travail pourquoi il y a besoin de travail pour élever le niveau de bien-être de notre société pour lutter contre les inégalités sociales lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes mieux prendre soin de nos aînés de nos enfants etc ça on voit bien qu'aujourd'hui il y a pas assez de de travail là dessus puisque justement ces tâches là elles sont beaucoup faites dans l'économie informelle par les femmes via les tâches domestiques qui ne sont absolument pas reconnues et qui structurent les inégalités entre les femmes et les hommes donc il y a besoin d'avoir plus de travail reconnu rémunérés pour augmenter le bien-être de notre société mais par contre ce qu'il faut c'est changer les indicateurs de richesse et rompre avec la dictature du du pipe qui est construit seulement sur les productions de bien matériel ce qui n'a aucun sens aujourd'hui et puis sur le progrès technologique sur la question notamment du numérique qui permet d'automatiser beaucoup de tâches alors pas toutes faut pouvoir avoir un débat démocratique sur qu'est-ce qu'on automatise qu'est-ce qu'on autorise Matisse pas notamment le travail relationnel il faut pas l'automatiser parce que c'est là qui est toute la richesse et tout le lien social comment lutter contre le Front national le lien social ça joue un rôle central on sait très bien que quand on organise la désertification quand on ferme les services publics et qu'on les remplace par des guichets en ligne ben ça c'est c'est catastrophique et c'est là-dessus que prospère le front nationale donc il y a besoin de toujours plus de travail relationnel il faut surtout pas l'automatiser mais il y a du travail qu'on peut automatiser et ça peut permettre de s'émanciper de travaux pénibles et donc la question c'est à qui profite ces gains de productivité c'est gains de productivité ils doivent permettre de mettre à l'ordre du jour une réduction du temps de travail pour que le progrès technologique qui profite au progrès humain le problème c'est qu'aujourd'hui on a un progrès technologique central avec le numérique c'est énorme et on en est qu'au début sur les transformations numériques mais qui profitent pas du tout au progrès humain puisque on ne récupère pas les gains de productivité étant donné qu'il y a pas de réduction collective du temps de travail et donc c'est une réduction du temps de travail imposée subie à travers du chômage en fait c'est l'alternative qu'on a sur la réduction du temps de travail c'est est-ce que c'est une réduction du temps de travail organisé par les pouvoirs publics sans perdre de salaire financée grâce aux gains de productivité ou est-ce que à l'inverse les gains de productivité vont permettre de d'avoir moins de travail humain et ça va augmenter le chômage c'est ça qui est important à montrer c'est que aujourd'hui en France le problème c'est que on est très inégaux en matière de temps de travail il y a toute une série de personnes qui ne travaillent pas assez toutes celles et ceux qui sont privées d'emploi toutes celles et ceux qui sont enfermés dans des emplois à temps partiel etc est-ce que veut le patronat c'est pouvoir décider lui et pouvoir faire en sorte qu'il y ait des cadres qui travaillent aujourd'hui en moyenne 44h30 par semaine et de bien les pressuriser et puis de l'autre côté organiser une armée de chômeurs pour pouvoir tirer vers le bas le les salaires donc le sujet c'est pas et ce qui va y avoir ou pas une réduction du temps de travail il y a une réduction du temps de travail de fait grâce aux gains de productivité la question c'est est-ce qu'elle est organisée collectivement et qu'elle permet de maintenir les salaires ou est-ce qu'elle est subit imposée via l'explosion du chômage il faut poser comme principe simple et le marteler les Français doivent pouvoir vivre de leur travail c'est une évidence mais
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quand tu annonces le sondage là de cluster 17 qui dit 93 % des sondés qui sont en accord avec ça ça veut dire qu'on a enfin moi j'essaye de faire un jeu avec les gens c'est à dire que je sais que chez les gens dans mon coin en tout cas il reste une part de gauche mais massivement dans la société il reste des parts de gauche il y a des parts d'écolos chez les gens enfin même si c'est traversé par des ombres et de la lumière et donc quand il y a une part de lumière il faut s'accrocher dessus marteler dessus ne pas lâcher et voilà gardez ça là il est évident que sur ce principe qui relève du sens commun parce que en fin de compte il y a un travail qu'on fait là qui est juste un quelque chose qui relève de la décence commune comme au et donc de se dire voilà il y a un sentiment populaire profond qui est que on doit pouvoir vivre de son travail c'est tout et qui a un sentiment qui va à la fois contre le travail va disparaître et on pourrait gagner sa vie autrement qu'elle assure de son front et qui va aussi contrôler le fait que on on il est injuste illégitime que des gens qui travaillent soient pas payés correctement et dès qu'on présente des situations concrètes où on montre des gens qui travaillent qui sont souvent fiers de leur travail et qui n'en vivent pas ça met la macronie en difficulté parce que c'est évidemment que quelque chose qui est profondément injuste et donc là dessus ça nous offre un levier d'action pour que il y ait que ça bascule chez nous dire comment cette histoire se règle aujourd'hui j'avais parlé du rapport réel tout à l'heure vous dire qu'elle était son rapport remarquable commandé par Elisabeth borne vous dire quel était la réaction politique quand elle a reçu ce rapport elle a dit nous faisons confiance au dialogue social pour aboutir à quelque chose d'intéressant c'est dire à quel point le pouvoir aller se saisir de la question œuvrer avec volonté pour que les auxiliaires de vie les ouvriers de l'industrie agroalimentaire les travailleurs du bâtiment les camionneurs revalorisé dans leur salaire leurs horaires leur statut leur contrat et ainsi de suite bon elle s'en est lavé les mains donc ça veut dire quoi ça veut dire qu'elle allait laisser ça au libre jeu du marché repas sous forme de dialogue social mais le marché c'est l'écrasement des faibles par l'effort et au fond ils ont pour tout vous savez quand on a qu'un marteau on voit tous les problèmes sous forme de clous eux ils ont qu'un marteau dans leur tête et il voit tous les formes problème sous forme de clous avec une seule réponse concurrence marché concurrence marché concurrence marché vous prenez l'énergie qu'est-ce qu'on fait on fait de la concurrence et du marché vous prenez les transports qu'est-ce qu'on fait on va faire de la concurrence et du marché vous prenez l'université qu'est-ce qu'on va faire on va faire de la concurrence et du marché mais vous prenez la l'emploi et ben ça valait mieux pour les travailleurs parce que le marché va faire que ils vont être valorisés parce que on va avoir besoin de leur savoir-faire à un moment voilà c'est par la main invisible du marché que va être rétabli une justice à l'égard du travail maintenant je veux dire que cette injustice cette maltraitance du travail dans la durée elle a pas commencé sur Macron ça fait 40 ans qu'elle dure évidemment l'un de nos points de bascule c'est 1982 1983 notamment sur le partage de la valeur ajoutée puisque en quelques années ces 10 points qui glissent du travail vers le capital mais cette maltraitance du travail dans la durée elle a des conséquences individuelles c'est à dire en effet des gens qui peuvent être malheureux mais elle a une conséquence collective qu'on mesure aujourd'hui tu le disais Sophie c'est pas seulement parce que il y a des faibles salaires c'est aussi parce que il y a un sentiment de mal faire son travail d'être dans le mal-être mais aujourd'hui alors on pourrait faire la liste des autocaristes des accompagnants d'enfants en situation de handicap des serveurs des aides à domicile dans lequel il y a aujourd'hui la pénurie de main d'oeuvre mais vous prenez deux piliers de l'État un pilier de la République l'école ça s'effondait c'est sur l'école quand dans la durée vous avez des enseignants qui étaient payés 2,3 fois le SMIC en 1980 et aujourd'hui on est à une virgule deux fois le SMIC donc ça c'est sur le terrain du salaire mais sur le terrain de la manière dont un ministre peut s'adresser à eux et bien il y a une maltraitance là qui ne maltraitance managériale mais que vivent aussi les salariés dans leur entreprise à manière dont on s'adresse à eux parce qu'on dit bah toute façon il y a un paquet de monde à la porte alors nous emmerdez pas c'est comme ça que ça se passe donc ça produit quoi ça produit qu'aujourd'hui les gens veulent plus devenir enseignant et on est obligé de recruter en job dating et je voyais sur lors d'une manif sur une un prof qui avait une pancarte et qui disait l'école est un hôpital comme les autres mais oui parce que deux autres piliers de la nation le pilier social c'est l'hôpital évidemment et qui connaît une crise encore pire avec des infirmières qui acceptent d'y rester 3-5 ans en moyenne et qui par ailleurs éventuellement change de métier parce que elles sont dégoûtées de la manière dont on leur fait effectuer leur travail et donc dire que la maltraitance du travail dans la dans la durée à des conséquences individuelles évidentes le nombre de gens burn out je veux dire le burn out c'est la maladie de l'époque quoi et alors il y avait un psychiatre qui me disait il y a 30 ans quand j'ai démarré quand les gens ils allaient pas bien leur boulot ils allaient voir le syndicat maintenant quand les gens ils vont pas bien viennent me voir ils prennent des cachetons bon donc là un mal-être individuel et une désorganisation de la société voilà pourquoi dans mon sens à la fois pour les individus et pour la nation on devrait replacer au cœur la valeur du travail et je pars honte de dire moi quelque part la valeur travail je dis la valeur travail ça choque ça une reprise de Sarkozy mais au moins la fierté du travail la dignité du travail qui fait que on se reconnecte à un sentiment populaire qui est qu'on est fier de ce qu'on fait et qu'il ne nous faut pas non plus abandonner tu vois tu parlais d'automatisation moi par exemple quand il y a eu l'automatisation des caisses j'étais partagé j'entendais beaucoup de gens dire bah oui mais finalement c'est un travail de merde bon ça va être automatisé tant mieux et dans les échanges que j'ai eu avec les caissières parce que je travaillais chez Mermet bon à ce moment là qu'est-ce qui apparaissait c'est l'affection qu'elles avaient pour leur travail parce que c'est un métier de relation c'est le la personne âgée qu'on voit tous les matins ou c'est nos clients avec qui on pourrait pouvoir discuter un peu mais voilà la fierté de faire ce travail de se retrouver ensemble mais en même temps le dégoût de la manière dont on leur faisait faire le travail c'est à dire que à la place d'être dans une relation plus ou moins libre quand même on va pas y passer un quart d'heure pour 3 articles mais on peut discuter comme ça et même votre visiblement discuter d'une caisse à l'autre avoir une mode de communication qui devient systématisé avec le spam sourire bonjour au revoir merci avec le spam plus sourire bonjour au revoir merci est-ce que vous avez la carte de fidélité voilà mais donc comprendre le l'attachement qui peut y avoir des gens pour leur travail et donc y compris dans des métiers comme comme celui-là je crois que ça fera une parfaite transition vers la dernière question avant de vous laisser la parole à la salle qui s'imagine a aussi des questions à vous adressez on a dit jusque là vivre de son travail et est-ce que un horizon souhaitable pour la gauche ce serait pas d'ajouter quelque chose à ça de dire vivre de son travail et même dire qu'on peut vivre mieux grâce à son travail mais pas seulement vivre mieux parce qu'on a plus de salaire et qu'on a plus d'argent et qu'on peut voilà avoir plus de pouvoir d'achat comme nous le répète le gouvernement mais parce qu'on mettrait le travail au service d'un projet plus ils ont plus collectif vous en parlez à la fin de votre livre François Ruffin de dire le faire ensemble plutôt que le vivre ensemble et vous évoquez rapidement la question écologique et c'est vrai qu'effectivement on allait un défi majeur qui pose à la fois des questions de qui sera qui seront les travailleurs qui seront capables d'assurer cette transition quel sera la place de l'État pour remettre ses grands projets de transition écologique en place et donc il y a pas là finalement un enjeu de plus long terme dont la gauche doit absolument saisir pour pas juste faire de l'écologie des simplement quelque chose qui serait bien essentiel pour l'époque mais un lieu depuis lesquels on peut transformer radicalement la manière dont on travaille et réconcilier à la fois bien vivre de ce qu'on fait tous les jours et en plus savoir que ce qu'on fait tous les jours c'est utile et même ça permet à ceux qui vont nous suivre de mieux vivre tu citais tout à l'heure à l'insucio donc juriste du droit du travail je le récitais aussi il écrit ceci les sociétés humaines ne sont pas des troupeaux elles ont besoin pour se former subsister d'un horizon commun un horizon c'est à dire à la fois une limite et la marque d'un au-delà d'un devoir être qui arrache leur montre au solipismes et à l'auto-référencement à leur être voilà la nécessité d'avoir un horizon et un destin commun vient le seul horizon qui nous est proposé par la macronie c'est le marché c'est d'être compétitif d'être concurrentiel pour pas perdre des places dans la mondialisation en gros c'est pas quelque chose qui met en appétit et je le dis à la fin de mon bouquin je comprenais pas pourquoi j'avais des réticences à l'expression vivre ensemble et bon donc en écrivant je me suis compris le vivre ensemble qu'on vous demandait un couple de vivre ensemble c'est qu'il va se faire chier c'est à dire que s'il est pas porté quand même par un projet par un enfant par des vacances par quelque chose qu'on va faire ensemble il s'emmerde vous voyez donc on nous demande on demande aux gens et ça rattache quand même aussi à la question de français étranger tout ça de vivre ensemble côte à côte mais vivre ensemble côte à côte c'est un moment se regarder en chien de faïence je vois qu'il y a des couples qui connaissent ça j'ai une anecdote là il y a l'un des gars que j'interroge dans mon bouquin Patrick qui est travailleur du bâtiment à Abbeville qui s'est chopé tous les chantiers de merde il a fait les désormais en tâches des grandes tours à Rouen il a fait le tunnel de Mont-Blanc qu'il a quand il a cramé bon et lui d'ailleurs il a 55 ans il arrive à peine à un début de quelque chose qui pourrait ressembler à une retraite cancer du poumon deuxième cancer du poumon troisième cancer du poumon et au moment où je discute il y a il y a les réfugiée là il regarde par sa fenêtre comment ça se fait qu'à la réderie la braderie chez nous ils arrivent à vendre des téléviseurs où est-ce qu'ils ont les téléviseurs ils parlent là-dessus quoi bon d'accord et en même temps il me raconte sa carrière il me dit mais finalement moi j'ai travaillé avec des Algériens des Marocains des Turcs et des Polonais ça c'est toujours super bien passé et donc je pense que pour que les gens ça aille l'idée que ils font quelque chose ensemble alors maintenant quel est tu l'as dit le grand défi qui à mon sens est devant nous c'est évidemment le défi climatique et il y a deux ça chope sur une deuxième question aujourd'hui c'est que quand on parle d'écologie ça va pas de soi que c'est ressenti positivement il y a des gens qui font 5 mètres en arrière parce que grosso modo l'écologie c'est ce qui va nous demander de changer ma bagnole alors qu'elle roule encore très bien et ma cuve à fioul qu'est-ce qu'ils vont en faire voilà en gros je pense que rattacher l'écologie au travail est aussi un moyen de la rendre populaire or ça vient en lien avec ce que tu disais sur la fin du travail dans une société écologique je ne crois pas à la fin du travail dire que si on veut une agriculture avec moins d'un an il va y avoir du monde qui va avoir mal aux reins si on veut la rénovation thermique des bâtiments on doit se demander comment on va avoir des centaines de milliers de de maçons et compagnie qui vont aller bosser là-dedans et comment on va faire pour que pour la jeunesse ça soit pas une voie de rebut mais que ça soit un lieu de fierté parce que c'est construire la société dont on a besoin demain et que on se dit bah voilà que c'est peut-être 2000 euros minimum qui a un certain nombre d'avantages qui sont venus à ces métiers là tout comme on avait construit des avantages aux cheminots avec la garantie que à 50 ans il y aura une autre carrière qui pourra s'ouvrir derrière parce que ça va être c'est bien difficile de tenir parfois physiquement jusqu'à 60 65 ans et je reverra juste que vous Macron nous entraîne si on veut que on cesse d'avoir des fuites d'eau dans les canalisations bah il y a du boulot à faire de ce côté là moi je veux un atelier de réparation de mécanique d'électronique d'informatique par canton ou par quartier pour lutter contre l'obsolescence programmée ben ça c'est énormément énormément dans le boulot aussi c'est de la main d'oeuvre si jamais et puis massivement je pense que il nous faut transformer ce qu'on la conception que on nous a mis dans la tête du progrès avec plus de bien vers mieux de lien et ça veut dire une masse de travail dans les métiers de relation auxiliaire de vie sociale assistante maternelle accompagnant d'enfants en situation de handicap de la naissance jusqu'à la mort quoi tout ça c'est du travail et je pense que venir dire aux gens on va avoir besoin de boulot là dedans et au fond dans cette bataille là nul ne doit être inutile au monde c'est un pari humaniste aussi c'est le pari que derrière chaque porte ou des gens se considèrent comme étant sans valeur il y a des gens qui savent cuisiner il y a des gens qui savent bricoler il y a des gens qui savent conduire donc il y a des gens qui savent faire des choses qui se sont des savoir-faire sur lequel on doit s'appuyer pour construire la société de demain moi je suis je dis si toujours Roosevelt 1942 quand il entre en guerre il manque de temps il manque de bombardiers il manque de porte-avions et il canalise toute l'énergie du pays tous les capitaux du pays tout le savoir-faire du pays toute la main d'oeuvre du pays en une direction qui est l'économie de guerre et bien de la même manière aujourd'hui je trouve qu'un enjeu c'est de canaliser toutes les énergies du pays tous les capitaux tous les savoir-faire toute la main d'oeuvre en une direction qui est l'économie de guerre climatique et je pense que à partir du moment où on arrive à engager le peuple de cette histoire non plus dans un vivre ensemble côte à côte mais dans un faire ensemble et savoir quel est le sens du travail qu'on va mener ensemble je pense que on résout les difficultés politiques qu'on a énoncé au début de la conférence voilà merci à vous en tout cas oui bah trois points sans lien entre eux première chose si il manquait des arguments pour se convaincre de la centralité du travail j'en donnerai deux la première c'est que on est dans une société dans un moment où les logiques de ségrégation certains parlent d'archipelisation enfin le fait que les gens se mélangent de moins en moins en fait on vit de plus en plus dans un entre soi on refuse de se mélanger à l'école on refuse de se mélanger dans les quartiers etc parce que on a toujours peur d'être tiré vers le bas l'endroit où on se mélange encore c'est le travail et notamment sur comment est-ce qu'on lutte contre le Front national pour nous dans les luttes quand on a des travailleuses et des travailleurs qui se mettent en grève bah là il y a des solidarités extrêmement fortes qui se mettent en place et qui dépassent la question de la couleur l'origine le quel quartier tu habites etc et c'est aussi des moyens concrets de faire reculer le nationale et le racisme et le les logiques de concurrence et d'ailleurs dans le projet qu'on doit porter pour le travail on doit aussi le réfléchir sur comment est-ce qu'on continue à promouvoir le travail comme le lieu du vivre ensemble et du mélange parce que les difficultés qu'on a c'est que de plus en plus les cadres et les ouvriers ne se voient plus en fait avec des cadres qu'on appelle les planeurs qui travaillent à la défense et qui construisent les méthodes de management qui s'appliquent à des salariés qu'ils ne verront jamais et ils vont vendre du PowerPoint dans les boîtes c'est ceux qui bossent pour les cabinets de conseils qui font cracher des millions d'euros à l'État et donc eux ils sont là pour pour cracher de l'encre mais ils ne voient jamais les conséquences de ce qu'ils font puisque ils ne travaillent pas avec celles et ceux à qui va s'appliquer vont s'appliquer ces méthodes managériales et encore une fois il y a un problème de responsabilité puisque quand on veut protester contre ces méthodes managériales il y a plus responsable en phase de soi donc permettre au travail de jouer son rôle de vivre ensemble et puis deuxième enjeu sur le travail c'est la question du féminisme et de l'égalité femme homme quand on regarde historiquement qu'est-ce qui a fait progresser quel était le moteur qui a pu faire progresser les droits des femmes au 20e siècle c'est que les femmes massivement ont accédé au travail salarié on est sorti les femmes ont toujours travaillé mais ça ça a été très invisibilisé dans la statistique publique mais les femmes elles travaillaient chez le particulier employeur en fait on faisait il y avait pas les grandes usines de textile et chacune faisait ses travaux de textile à la maison et puis c'était la domesticité etc et quand il y a eu la naissance de l'industrie et qui a eu des regroupements d'ouvrières c'est là où il y a pu avoir de grandes luttes au début du siècle et où les femmes ont fait irruption en fait sur la scène sociale et ou par la grève elles se sont affirmées comme travailleuses et elles ont pu revendiquer des droits sociaux et des droits citoyens et donc c'est aussi comme féministe que je suis très opposé aux revenus de base ou au fait de rémunérer les travaux domestiques parce que ça a été un moment un sujet le salaire maternel et ça revient régulièrement dans les débats entre féministes parce que ça renverrait les femmes au foyer alors que un enjeu pour l'émancipation des femmes c'est justement de dire qu'une faut pas nous enfermer dans les tâches domestiques donc le travail c'est aussi très important pour l'émancipation l'égalité entre les femmes et les hommes deuxième chose sur laquelle je voulais revenir c'est sur ce que tu disais sur la mise en opposition du social et de l'environnemental pourquoi est-ce que l'environnement est souvent mal vu c'est aussi parce que quand on parle écologique pour beaucoup l'écologie ça va me faire perdre mon travail quand je suis ouvrier dans l'automobile bah oui l'écologie aujourd'hui par exemple dans le secteur de la métallurgie ce qui nous a annoncé pour les cinq prochaines années c'est 200 000 suppressions d'emplois c'est on sait que les fonderies par exemple c'est ce que le patronat a décidé qui est lié au moteur à essence ils sont organis en train d'organiser la fin des fonderies en France et donc on a aujourd'hui un capital qui fait son greenwashing et qui se blanchit par des sessions externes en fait au lieu de transformer les emplois transformer le travail reconvertir les sites soit ils revendent leurs activités polluantes c'est ce que fait total par exemple et puis ils vont réinvestir dans des actifs non polluants entre guillemets et après ça peut se débattre en plus selon l'évaluation soit on va faire des des par exemple sur la question de de l'automobile Renault est bien tranquille puisqu'il avait organisé la sous-traitance et donc par exemple sur les fonderies c'est pas Renault qui fait le PSE c'est tous ces sous-traitants en fait donc c'est complètement invisibilisé et Renaud ne le paye même pas ce qui permet à Renaud et PSA d'avoir des bénéfices records donc tout ça pour dire que pour empêcher cette mise en opposition mortifère entre sociales et environnemental il faut commencer par sécuriser le travail et sécuriser l'emploi d'où la revendication de la CGT de sécurité sociale professionnelle si avant d'aller discuter avec les salariés qui travaillent dans le domaine de l'automobile on ne sécurise pas leur travail en disant voilà il faut arrêter après ça peut se débattre d'ailleurs aussi sur le l'impact environnemental des moteurs à essence et des moteurs électriques ça c'est aussi un vrai débat à voir mais admettons que il faille arrêter les moteurs thermiques pour basculer vers l'électrique pour avoir le débat de façon sereine la première chose qu'il faut poser c'est comment on sécurise le travail de celles et ceux qui sont des centaines de milliers d'emplois sur la filière automobile en France et c'est pas du tout ce qui est fait aujourd'hui et puis la dernière chose que je voulais dire c'est que un des grands enjeux il me semble aujourd'hui pour les syndicats et la gauche d'une façon générale c'est de reconquérir le sens et la finalité du travail on a aux États-Unis un mouvement qu'ils appellent la grande démission faut toujours regarder ce qui se passe aux États-Unis parce que ça arrive toujours en France avec une vague un peu plus restreinte mais c'est ce qui est en train de se passer en France sur notamment le travail qualifié avec des jeunes de plus en plus nombreux qui disent je ne veux pas exercer ce travail qui est contraire à mes valeurs sociales et environnementales et qui n'a aucun sens par rapport à l'avenir et qui nous précipite dans le mur de la crise climatique et donc le l'enjeu c'est que il faut arrêter de penser que quand on rentre dans le monde du travail dans l'entreprise quand on signe son contrat de travail du fait qu'on ait un lien de subordination qui est indéniable on perdrait la capacité de décider et de d'influer sur le sens et la finalité de son travail c'est pas parce qu'il y a un lien subordination avec le lien de subordination il s'explique par le fait que il y a un collectif de travail et donc bah forcément il faut qu'il y ait un management un patron qui puisse organiser ce collectif de travail mais ce lien de subordination ça veut pas dire qu'on renonce à ses droits et notamment qu'on renonce assez droits démocratiques et aux droits démocratiques de pouvoir discuter du sens et de la finalité de son travail parce que si on permettait justement aujourd'hui aux salariés de débattre du sens et de reprendre la main sur le sens et la finalité de leur travail bah c'est ça qui nous permettrait à toutes et tous d'agir de l'intérieur et de pouvoir dire bah oui moi dans mon activité professionnelle je pense que je pourrais réorienter mon travail de cette façon là de façon à répondre à l'enjeu environnemental et c'est d'ailleurs ce que font celles et ceux qui sont autonomes dans leur travail il y a quelque chose qui est très intéressant qui se passe aujourd'hui dans le monde de la recherche où vous avez peut-être vu il y a des universitaires qui décident eux-mêmes de changer de sujet de recherche disons cette capacité ils ont cette autonomie c'est très important que les chercheuses et les chercheurs puissent être autonomes même si c'est fragilisé ils sont en train de dire un certain nombre je change de spécialité pour consacrer ma capacité ma qualification à la question environnementale qui est une question centrale à laquelle il faut répondre aujourd'hui il faut pas que ça soit seulement la panache de quelques professions très autonome mais il faut que nous collectivement on puisse faire ça dans nos métiers et donc on travaille actuellement le logique CGT travaille à ce qu'on appelle un radar environnemental le but c'est de nous permettre d'évaluer l'impact environnemental de notre entreprise et de nous permettre de faire entendre nos propositions alternatives on est tous les micros experts de notre travail toutes et tous on voit le l'impact environnemental de notre travail et comment est-ce qu'on pourrait faire autrement le problème c'est que ce comment on pourrait faire autrement n'est pas du tout entendu et quand on est en responsabilité dans l'entreprise on peut finir au pénal avec des responsabilités invocables au pénal mais qu'on n'a pas la possibilité d'imposer un fer autrement et de dire ben non ça je ne le ferai pas et je propose de d'agir de cette façon là et c'est ça qu'il faut conquérir aujourd'hui en permettant des droits individuels garantis collectivement qui nous permettent d'exercer ses droits démocratiques
[Applaudissements]