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interviewRadio J — L'interview politique· 21 novembre 2024 13 min

Bruno Fuchs - Le Barbier du matin du 21/11/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour, vous représentez le Haut-Rhin, la sixième circonscription, c'est ça ? Exactement. Pour le modem, mais vous êtes surtout président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Et à ce titre, je voudrais votre avis sur le groupe d'amitié France-Palestine qui s'est créé hier, alors que la Palestine n'est pas un État, qu'il n'est pas membre de l'ONU, qu'il n'y a pas de relation diplomatique entre la France et cet État, évidemment, et puis que la vie parlementaire dans la Palestine, notamment à Gaza où le Hamas domine, la vie parlementaire est réduite à néant. Tout cela, c'est les règles pour faire un groupe d'amitié. Alors, il n'est pas valable, celui-là ?

0:38
Bruno Fuchs

Un groupe d'amitié, ça n'a pas d'action tous les jours, tous les jours. Donc, on est sur un plan, notamment avec la Palestine, qui est un plan plutôt symbolique. Nous, parlementaires, c'est la réflexion, je pense, du bureau de l'Assemblée, et travaillent sur le jour d'après, sur la suite. Si on veut construire une paix et une sécurité pour Israël et une souveraineté aussi pour le palestinien, ce qui est quand même la ligne sur laquelle la plupart des pays dans le monde se trouvent, il faut penser à la suite. Et donc, nous, parlementaires, nous représentons les populations. Nous ne sommes pas les États, nous ne sommes pas dans la guerre, nous représentons les populations.

Et donc, nous sommes là pour essayer de travailler sur la suite. Et donc, trouver des liens, essayer de former à terme des parlementaires, des responsables qui vont pouvoir administrer cette autorité, cette souveraineté palestinienne, c'est bon et pour la souveraineté de la Palestine et pour la sécurité des populations israéliennes. Donc, là, on travaille sur l'avenir. Il faut se projeter dans l'avenir.

1:36
Présentateur

Est-ce que vous projetez dans l'avenir ? Ça vous incite à être pour la reconnaissance d'un État palestinien par la France, comme l'ont fait d'autres pays ?

1:43
Bruno Fuchs

Oui, je pense que la France a cette position depuis très longtemps. Après, c'est comment cet État peut être administré. On voit bien qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'autorité politique en Palestine pour administrer un État. Ça ne va pas être le Hamas qui n'existe plus, fort heureusement, et même l'autorité palestinienne qui n'a pas démontré sa capacité. Donc, on ne reconnaît pas aujourd'hui. On ne reconnaît pas aujourd'hui. Il faut attendre de bons moments.

Et surtout, il faudra trouver, à mon avis, là, on est dans des schémas de moyen terme, il faudra trouver une autorité qui administre cet État ou en tout cas cette entité pendant un moment avant que les Palestiniens eux-mêmes aient cette capacité politique de le faire. D'où l'intérêt d'un groupe d'amitié de commencer à créer des liens. Je dis d'abord que ce groupe existe déjà au Sénat. Donc, ne polarisons pas là-dessus. La question, c'est le coup d'après. D'ailleurs, avec la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, nous allons, travaillons sur une conférence internationale, sur le jour d'après, quelles sont les solutions.

Et donc, je pense que nous, parlementaires, on n'est pas au cœur de la guerre, on a des positions là-dessus. Mais on doit préparer justement la construction et la capacité d'avoir des forces politiques qui permettent la sécurité et la paix dans la région.

2:53
Présentateur

Alors, il y avait jusqu'alors un groupe d'études à vocation internationale. Il était présidé par un centriste, un modem, Richard Ramos, qui est candidat d'ailleurs à prendre la tête du groupe d'amitié. Tout à fait légitimement. Mais le Front populaire dit non, ça sera nous. C'est eux qui, par la majorité au bureau, ont créé ce groupe d'amitié. Ils en veulent la présidence. Ça sera lundi, le vote.

3:08
Bruno Fuchs

Et bien, lundi, il y aura une proposition, il y aura un vote. Et on verra lundi comment cela se passe. Mais Richard Ramos a œuvré pour cela. Et ça me paraît assez logique qu'il puisse continuer à présider ce groupe. Et je pense que c'est un groupe, s'il va avoir toute sa force, qui ne doit pas être présidé par une tendance politique qui va essayer de l'instrumentaliser. Par exemple, et les filles qui a été très... Par exemple, et les filles. Donc, je pense qu'un groupe d'amitié France-Palestine dirigé par un député du groupe LFI n'aurait pas la même légitimité, la même capacité à travailler dans l'intérêt des uns et des autres que s'il est présidé par un centriste, par exemple.

3:50
Présentateur

Gabriel Attal, lui, a envoyé une lettre à la présidente de l'Assemblée nationale en disant que ce groupe d'amitié n'est pas valable.

3:54
Bruno Fuchs

Oui, peut-être. Très bien. Voilà, on traitera sa lettre. Mais je pense qu'il ne faut pas se situer dans le temps d'aujourd'hui. On est vraiment, quand on est parlementaire, on n'est pas dans les exécutifs. On est vraiment pour travailler sur la construction du temps d'après et on représente les populations. Et quand vous êtes représentant des populations, vous voyez bien qu'à Gaza, les populations souffrent. Il faut donc les accompagner. Il faut construire, je le dis, une force politique à moyen terme capable justement d'assurer la souveraineté de l'entité palestinienne. Et je le dis également, ça ne peut qu'avantager et renforcer la paix et la sécurité pour le peuple israélien.

4:34
Présentateur

La relation franco-israélienne ne va pas très bien. Il y a les tensions entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou. Il y a eu l'affaire du monastère Eléona avec la convocation de l'ambassadeur israélien en France. Il y a le centre culturel de Jérusalem-Est qui a été détruit. La France a protester. Mais que faire pour l'améliorer ?

4:50
Bruno Fuchs

Je pense que le président français parle régulièrement au premier ministre israélien et qu'il y a certains des épisodes que vous avez cités. Mais il y a aussi une relation de fond. Je pense qu'il y a une relation de confiance, de fond. Et que la France a toujours été aux côtés de l'État d'Israël et de ses populations. Et que ce que je sais, moi, des derniers échanges entre le président de la République et le premier ministre d'Israël a été beaucoup plus constructif et positif que ce qu'on peut dire à travers les événements qui ont été médiatisés. Et qui existent, évidemment.

5:24
Présentateur

Qui existent, notamment parce que le président de la République a fait quelques sorties médiatiques. Livraison d'armes, l'ONI en 1947. Il a sa part de responsabilité. Oui.

5:32
Bruno Fuchs

Et après, il juge la situation telle qu'elle est. Je pense qu'on ne peut pas aussi rester insensible devant un nombre important d'attaques sur des civils, sur des écoles, etc. Quelles que soient les raisons, quels que soient les éléments qu'on a au plan militaire pour dire que le Hamas a caché un certain nombre de moyens militaires sous un hôpital. Donc, il a pris ses positions, le président. Je pense qu'il y a eu, vous l'avez dit, des relations qui ont été un peu troublées ou tumultueuses. Aujourd'hui, les derniers contacts qu'ils ont pu avoir ont été de grandes constructions, en tout cas, et qui vont dans le même sens.

6:12
Présentateur

Est-ce que vous vous inquiétez des avancées de l'extrême droite israélienne quand on entend le ministre Smotrich dire en 2025 qu'il y aura annexion de la Judée Samarie ? Est-ce que ça vous inquiète ?

6:21
Bruno Fuchs

Je pense que c'est très inquiétant parce qu'à un moment, il faut mettre un terme à cette guerre. Elle a duré longtemps. Maintenant, le moment est de proposer les conditions pour qu'il y ait un cessez-le-feu.

6:34
Présentateur

La condition, c'est la libération des otages. La première.

6:36
Bruno Fuchs

Bien sûr, mais c'est pour ça qu'il faut pousser. Je pense que l'administration de Trump travaille ou la pré-administration de Trump travaille déjà sur ce sujet-là. Il faut pousser là-dessus absolument. Je pense que la seule solution aujourd'hui, c'est un cessez-le-feu extrêmement rapide. Et à partir de là, on ne peut pas penser qu'il faut encore continuer à annexer plus, je pense. Ou alors, on ne peut pas reconnaître cette solution. Il n'y a plus de deux États. Il n'y a plus qu'un seul, en réalité. Je pense que ça, ce n'est pas favorable à une paix long terme et surtout à la sécurité du peuple israélien.

7:09
Présentateur

Autre front, autre péril, la situation en Ukraine. Est-ce qu'il faut craindre une guerre nucléaire ? Puisque Poutine élargit le décret d'usage

7:15
Bruno Fuchs

des armes nucléaires. Oui, je pense que c'est un élément qu'il faut toujours prendre en compte. Je ne pense pas qu'aujourd'hui, ce soit une hypothèse qui soit favorable, en tout cas, en général, mais aujourd'hui, au président Poutine parce qu'il n'aurait aucun intérêt, à mon avis, à lancer une offensive de cette nature avant qu'un ministère de Trump n'arrive au pouvoir. Donc là, je pense qu'on est plutôt dans un rapport de force. Chacun essaie de tirer un avantage pendant le moment où Trump va siffler la fin de la guerre. Parce que je pense que c'est ça qui va se passer à un moment. Et il va y arriver. Ça paie en 24 heures. Espérons. Pas en 24 heures.

Ça fait déjà plus maintenant qu'il était élu. Mais s'il tient compte des éléments régionaux, locaux, du fait que l'Ukraine ne peut pas perdre cette guerre, s'il arrive en disant on sanctuarise aujourd'hui ce qui a été pris, je pense que la paix va exister. Il y aura un cessez-le-feu. Mais il ne sera pas de très long terme. Il faudrait les bases d'une paix de long terme. Donc il faut respecter, bien évidemment, l'intégrité du territoire et de la population ukrainienne. L'intégrité vraiment totale

8:25
Présentateur

ou ce qui a été pris en 2014,

8:26
Bruno Fuchs

la Crimée, l'Est du Donbass, tout ça, on le rend russe ? C'est une partie de négociation. Et justement, l'agitation dont on voit aujourd'hui le regain d'opérations militaires vient justement essayer de renforcer une position lorsqu'il faudra négocier réellement le cessez-le-feu. Et donc je pense que la nouvelle menace ou la nouvelle doctrine nucléaire russe vient justement dans cette logique-là d'essayer de marquer des avantages sur le terrain de la future négociation qui va avoir lieu pour le cessez-le-feu.

8:51
Présentateur

Est-ce qu'Olaf Scholz a eu raison d'appeler, de téléphoner à Vladimir Poutine ?

8:54
Bruno Fuchs

On va essayer de commenter ce qu'a fait le Premier ministre allemand. Mais je pense que ce n'était pas forcément le moment. Si on parle à Poutine à ce moment-là, il faut des résultats. Voilà. Aujourd'hui, il l'a fait certainement plus pour des considérations de politique intérieure qu'il ne l'a fait pour des raisons réellement d'avancer. Il ne parlait pas au nom de l'Europe ? Non, non, bien sûr. Ni du coup de franco-aliment. Oui, mais si on parle à Poutine et qu'on n'a pas de résultats, qu'on sait à l'avance qu'on parle de résultats, c'est le moment de le faire. En tout cas, pas dans un moment où la guerre est extrêmement violente.

Moi, j'étais en Ukraine il y a un mois avec le ministre des Affaires étrangères. On a envie que ça s'arrête très vite et de ne pas continuer à faire de l'agitation médiatique.

9:38
Présentateur

Parlons de l'avis politique nationale. Est-ce qu'on va tout droit vers une motion de censure ? Vous qui voyez bien l'Assemblée.

9:44
Bruno Fuchs

Vous devriez interroger les représentants du Rassemblement national parce que ceux qui ont la clé... La motion de censure, oui. Après, est-ce qu'elle va être votée ? C'est à votre question, je pense. Exactement. Si le RN vote

9:52
Présentateur

mais que les socialistes se retirent,

9:54
Bruno Fuchs

ça ne passe pas. Oui. Je pense que c'est de la responsabilité de personne d'aujourd'hui de faire tomber le gouvernement parce que ce que fait Michel Barnier est extrêmement difficile. On a des comptes publics qui sont extrêmement dégradés donc il y a des responsabilités fortes à avoir. En fait, personne ne veut être à la place de Michel Barnier. C'est beaucoup plus facile d'être sur les bancs de l'Assemblée en essayant de dire ce qui ne va pas que d'être réellement sur le terrain et essayer de régler les problèmes des Français.

10:19
Présentateur

Si Michel Barnier apparaît fragile aujourd'hui, c'est aussi parce qu'on a l'impression que le socle commun n'existe pas vraiment.

10:25
Bruno Fuchs

Non, le socle commun, c'est un concept mais moi, je suis fait de la politique depuis 2017 et qui était dans la société civile, on va dire, avant. Journaliste notamment. Voilà, notamment. Il y a très, très longtemps maintenant. J'ai été entrepreneur aussi pendant une bonne quinzaine d'années. Ce que je constate là et je m'en désole vraiment, c'est que la plupart des responsables politiques aujourd'hui n'ont pas pris l'ampleur de la crise dans laquelle on est.

Leur stratégie, leur déclaration, leur prise de position, le dépôt des amendements, leurs mesures proposées sont d'abord et avant tout dans l'intérêt soit de leur parti politique, de stratégie politicienne, soit dans leur intérêt personnel. En vue de quoi ? De 2027 ? C'est les présidentiables ? Par exemple, pour ceux qui sont en course pour 2027. Je vois, on a parlé de Olaf Scholz, moi je suis né, je suis élu à la frontière allemande, les Allemands trouvent des coalitions, ils sont capables de compromis. En Allemagne, vous aviez juste avant la crise, un ministre vert qui était ministre de l'industrie, un ministre de l'agriculture qui était un ministre écologiste.

Donc quand vous avez une Sandrine Rousseau qui va voir le patron de Stellantis, ils se parlent, ils arrivent à trouver des points d'équilibre. En France, personne ne fait 5 degrés en dehors de sa route et donc chacun est calé dans son sillage et je pense que ça c'est extrêmement préjudiciable aujourd'hui à l'équilibre dans lequel on se trouve et qu'on a besoin aujourd'hui de dépasser son intérêt personnel pour prendre en compte l'intérêt du pays, surtout vu la situation dans laquelle on est. Et Michel Barnier joue ce rôle-là et donc il ne peut pas savoir ce qui va se passer en termes de motion de censure.

Mais la responsabilité aujourd'hui c'est de donner à quelqu'un la capacité de régler les problèmes d'une urgence absolue.

12:11
Présentateur

Et est-ce que vous croyez que tout cela va se régler d'ici à la présidentielle ? C'est-à-dire qu'il y aura une convergence de ce socle commun et un candidat unique ? Non,

12:18
Bruno Fuchs

moi je parle en général je ne parle pas du socle commun et je parle du RN en particulier. RN dit on ne votera pas de motion de censure de la gauche et il y a des problèmes judiciaires dont on connaît effectivement l'ampleur depuis plusieurs années et maintenant ça y est il bascule pour voter éventuellement la motion de censure. Donc on voit bien que c'est de la politique politicienne. Mais il faudra ce candidat unique si on veut éviter Mélenchon Le Pen. Et c'est ça que je critique. Je pense qu'au centre soit les personnels politiques sont raisonnables et prennent le sens de leur responsabilité soit ils jouent leur intérêt personnel et là il n'y aura pas de candidat commun au centre.

Et ce sera la défaite. Et ce sera certainement la défaite et le geste que vous... Mon stylo on a volé. C'était tout le monde à cette fois-là à tenir compte d'un menace que vous venez

13:04
Présentateur

de proférer à l'égard du centre. Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères merci et bonne journée. Merci beaucoup Christophe Barbier qui m'a agressé avec un stylo. Il n'y avait rien de personnel. Je suis outré. Christophe on vous retrouve demain matin à 7h45 avec grand plaisir votre invité sera Patrick Haddad maire de Sarcelles. Sans doute.

Bruno Fuchs - Le Barbier du matin du 21/11/24 — Bruno Fuchs · Pourquijevote