Le Grand Jury de Éric Zemmour
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Présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans ce grand jury. C'est en direct sur RTL, c'est également en direct sur Public Sénat. Bonjour Eric Zemmour. Bonjour. Vous êtes le président de Reconquête, l'avenir incertain de Marine Le Pen. Les républicains requinqués qui se choisissent un chef ce soir. Et puis Donald Trump, le pouvoir erratique et pas rassurant du président américain. Ces trois faits politiques remettent-ils en cause votre stratégie ? Vous avez théorisé l'union des droites et la provocation permanente. Est-ce encore dans l'air du temps ? Bienvenue dans ce grand jury, Eric Zemmour. A mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Périne Tarnot de Public Sénat. Bonjour.
Car le mus du Figaro et nous serons rejoints par Pauline Buisson de M6 en seconde partie. Dans ce grand jury, Eric Zemmour, nous parlerons de la fin de vie dans notre séquence dédiée au Parlement. Dans notre moment 2027, c'est demain. Nous parlerons bien évidemment de votre avenir politique. Et vous répondrez aussi à nos questions express. Le grand jury, l'actualité de la semaine. Tout d'abord, Eric Zemmour, nous sommes ravis de vous recevoir. D'autant que vous aviez un peu disparu des radars. Pourquoi cette discrétion ces derniers mois, ces dernières semaines ?
Je n'ai pas disparu. Simplement, j'ai choisi une stratégie différente. Je vais régulièrement, toutes les semaines, voir les Français, mes militants, les fédérations dans toute la France. J'étais encore avant-hier à Bourg-en-Bresse. Avant, j'étais à Angers. J'étais dans le 95, etc. Et ça, c'est une première chose. Deuxièmement, je travaille. Je travaille à un documentaire qui est tiré de mon livre Le Suicide Français. Donc, je fais des tournages, etc. Et puis, le même Suicide Français va être traduit aux États-Unis. Et donc, j'étais en communication avec le traducteur, avec l'éditeur. Donc, vous voyez, j'ai pas mal de travail. J'écris pour les revues américaines.
Donc, en fait, j'ai une activité intellectuelle que je veux conserver. Et j'ai une activité de chef de parti. Ensuite, je vais dans les émissions qui m'invitent. Mais je n'ai pas envie, là où vous avez raison, de enchaîner les matinales où on n'a pas le temps de parler. Où on vous interrompt au bout de trois phrases. Donc, je préfère choisir des émissions un peu plus longues. Où on a le temps d'élaborer une pensée, en tout cas un minimum.
Bon, alors on va parler de l'actualité avec les 120 000 adhérents des Républicains qui votent jusqu'à ce soir pour choisir leur nouveau président. Entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. D'abord, avez-vous un pronostic ou une préférence ?
Non, je n'ai aucun pronostic et aucune préférence. Je pense que ces bonnets blancs et blanc-bonnets sont en vérité les mêmes.
C'est des actions qui ne vous intéressent absolument pas ?
Ah, je n'ai pas dit que ça ne m'intéressait pas. La vie politique m'intéresse depuis que j'ai 12 ans. Donc, tout m'intéresse.
Est-ce que vous voyez une différence idéologique entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ? Ou c'est seulement une différence d'incarnation ?
Ah, écoutez, sur le plan idéologique, je les lis, je les écoute. J'ai parfois l'impression de me lire et de m'entendre. C'est parfois même troublant. J'ai l'impression qu'ils ont appris par cœur certaines de mes tirades. Donc, moi, je ne fais pas de différence idéologique entre eux puisque je ne fais pas de différence entre moi et moi. Maintenant, que vous dire ?
Est-ce que ce n'est pas une difficulté pour vous ? Est-ce que ça ne vous rend pas quelque part plus fade ou moins intéressant aujourd'hui d'avoir des gens qui reprennent sur différentes places de l'échec politique, d'ailleurs, vos propos ?
Ça prouve au moins que j'avais raison et qu'ils osent désormais dire exactement ce que je disais. Et une fois qu'on a raison ? Une fois qu'on a raison, vous savez, c'est comme ça qu'on gagne des victoires idéologiques et culturelles et qui préparent les victoires politiques. Je vais vous raconter une anecdote puisque je vous disais que je m'intéresse à la politique depuis longtemps. En 1980, Jean Le Canuet, qui était ministre de Valéry Giscard d'Estaing, avait dit « Il est inutile de voter pour François Mitterrand puisque Valéry Giscard d'Estaing applique le programme socialiste. » Six mois plus tard, c'est François Mitterrand qui a été élu.
Parce que les Français, à force de voir qu'effectivement, on donnait raison aux socialistes, ont voté pour les socialistes. Donc, ça sera inutile de voter pour vous ? Exactement. Donc, il faut voter pour moi parce que moi, je continue. Votre argument est compliqué. Non, pas du tout. Au contraire. Vous n'avez pas compris mon exemple. Ils ont voté Mitterrand alors qu'ils avaient Giscard comme président qui a appliqué la politique socialiste. Maintenant, il faut que je répète plusieurs fois. Ce n'est pas une émission d'une heure qu'il me faut, c'est une émission de deux heures.
Oui, mais vous prédisiez la fin des LR. Et finalement, grâce à ce scrutin interne, ils ont 100 à 120 000 adhérents. Ils participent au gouvernement. Est-ce que vous n'êtes pas un peu trompé sur la fin des LR ?
D'abord, j'aimerais bien aller vérifier par l'huissier comme je fais moi-même pour les reconquêtes. Parce que leurs 120 000, j'aimerais bien voir le nombre de fausses cartes. Moi, j'ai, vous savez, je connais les techniques de LR. Il y a tromperie selon vous sur les 120 000 adhérents ? Il y a tromperie ? Moi, je ne parle pas de tromperie. Je parle de méthode habituelle à LR. C'est-à-dire qu'ils savent faire tourner la machine à fausse carte. Mais c'est une habitude, vous vous souvenez, avec Pécresse. Mais c'est leur problème, ce n'est pas le mien. Je m'en moque. Par ailleurs, vous savez, j'ai l'habitude de LR, en général, quand ils font campagne, ils parlent à droite.
Et quand ils gouvernent, ils gouvernent sous l'autorité de la gauche. Moi, ce que je vois...
Vous ne croyez pas à la sincérité du virage qui peut être opéré par LR, là, depuis cette campagne ?
Ah, vous savez, la sincérité du virage. Ça, c'est une très bonne question. Vous savez, le général de Gaulle avait une formule très belle. Quand il parlait des professionnels de la politique, il disait, sans aller jusqu'à suspecter leur vertu, on s'interroge sur leur sincérité. Je reprendrai à mon compte pour les LR la phrase du général...
Alors, Zemmour, sur le fond, dans cette élection, on voit Laurent Wauquiez, par exemple, qui a expliqué qu'il voulait fédérer de Gérald Darmanin jusqu'à Sarah Knafow. Mais en revanche, il a quand même précisé jeudi matin sur RTL qu'il ne s'agissait pas du tout d'un accord de parti avec Reconquête. Vous êtes donc exclu de son raisonnement ?
Ah non, non, c'est exactement... Ça me fait plaisir que vous disiez ça, parce que ça donne raison, mais ce n'est pas la première fois, à la phrase du grand homme que je citais tout à l'heure. Qu'est-ce que fait Laurent Wauquiez ? Il va dans les fédérations et il entend ses militants dire « Ah, vous avez vu, elle est formidable, Sarah Knafow ! » « Qu'est-ce qu'elle a dit ça là ? Qu'est-ce qu'elle a dit ça là ? » Lui, il entend. Il se dit « Pour plaire à mes militants, il faut que je cite le nom de Sarah Knafow. » Éric Ciotti m'avait fait le même coup pendant la présidentielle. Il avait cité mon nom à toutes les phrases, ça lui avait permis d'arriver au second tour de la primaire de LR.
C'était ficelle de politiciens. C'est ce que je vous dis. Sans aller jusqu'à suspecter leur vertu, on s'interroge sur leur sincérité. Puis après, Laurent Wauquiez dit « Ah non, pas d'accord d'appareil ! » Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire qu'il vend du vent. Ça veut dire qu'il veut les électeurs ? Exactement.
Bravo, bravo, Carmé. Et qu'il ne veut pas travailler avec vous. Il veut les électeurs. C'est la meilleure stratégie. Comme ça, il ne se mélange pas avec les positions. Non, c'est malhonnête. Mais comment vous voyez l'avenir de Laurent Wauquiez s'il perd ce soir ? Vous lui dites quoi ? Venez nous rejoindre à Reconquête ?
Vous savez, j'ai appris de la présidentielle que les débauchages étaient une mauvaise stratégie. Et que qui a trahi, trahira.
C'est l'expérience par ailleurs ?
Oui, absolument. C'est exactement. Donc moi, je vais vous dire. Je ferai exactement le contraire de Laurent Wauquiez. Et moi, je pense que la seule solution pour, effectivement, que des gens qui ne pensent pas la même chose, parce qu'on sait bien que le Rassemblement National est socialiste, en particulier en économie, qu'on sait bien qu'il y a des désaccords, mais ce n'est pas grave. Il y a des gens proches. Faisons ce rassemblement, mais faisons-le dans la loyauté. Pour la présidentielle, chacun peut aller à la présidentielle. Chacun est candidat, le peuple tranche. Mais celui qui est en tête doit s'engager, en tout cas, moi, c'est ce que je fais, à rassembler les partis, justement.
Et vous oubliez un enjeu de la présidentielle, c'est d'accéder au second tour, quand même. Bien sûr, c'est ce que je vous dis. Attendez. Non, mais vous parlez d'alliance. Après, tout le monde peut aller au premier tour, vous dites. Oui, bien sûr.
Mais c'est normal, c'est le peuple qui tranche. Donc, chacun peut aller à la présidentielle au premier tour. Et ne pas être au second tour. Le soir, attendez. Il y aura de toute façon quelqu'un au premier tour, au second tour. Il y aura soit le candidat du Rassemblement National, soit le candidat de Reconquête, soit le candidat des LR. Il y aura un candidat. Donc, il faut au second tour, laissez-moi finir ma démonstration, je vous assure, appellent justement dans un accord de parti, pas un accord de débauchage, un accord de parti qui rassemble tout le monde et celui qui est au second tour a la responsabilité de faire ce rassemblement. Il y a un risque de rester isolé pour vous.
C'est exactement ce que n'a pas fait Marine Le Pen en 2022 et en 2017. Donc, moi, je ferai le contraire.
Sur le fond, dans sa campagne, Laurent Wauquiez a donné une idée nouvelle qui était d'envoyer les étrangers délinquants sous obligation de quitter le territoire à Saint-Pierre-et-Miquelon. Qu'est-ce que vous pensez de cette idée ?
Moi, vous savez, je veux m'en débarrasser. J'avais dit pendant la présidentielle que tous les délinquants étrangers devaient être déchus de leur nationalité et renvoyés dans leur pays. Et pour les OQTF, évidemment, je préfère qu'ils soient renvoyés dans leur pays. Mais si, en attendant, on doit les renvoyer à Saint-Pierre-et-Miquelon, qu'on les renvoie à Saint-Pierre-et-Miquelon, moi, je veux m'en débarrasser. C'était d'ailleurs le sens de... Rien ne me gêne. Vous comprenez, je n'ai pas de pudeur de jeune fille.
Vous auriez aimé avoir cette idée avant Laurent Wauquiez ? Parce que visiblement, elle est bonne à vos yeux.
Mais c'est pas que... Toutes les idées sont bonnes. L'important, c'est la philosophie. C'est qu'on veut s'en débarrasser. Voilà. Et qu'après, on les emmène à Saint-Pierre-et-Miquelon ou au Rwanda ou que sais-je, en Albanie, comme font les Italiens. Rien ne me dérange, moi.
Gérald Darmanin propose, lui, aujourd'hui, en Guyane, d'enfermer les narcotrafiquants et les islamistes dans la jungle amazonienne. C'est un peu le nouveau Cayenne version 2025.
D'ailleurs, c'est pas loin de Cayenne.
Bonne idée, là aussi.
Écoutez, tout est une bonne idée. Vous savez, Cayenne, le PL, c'était une idée républicaine. Vous savez, c'est une grande loi voulue par Gambetta.
Là, ce serait une prison flambant neuve. 400 millions d'euros au minimum
pour la construire au milieu de la jungle. Il a bien compris ce qu'il veut faire. Il veut isoler les grands trafiquants de drogue. Je ne dis pas que l'idée est mauvaise. Je dis que ça ne résoudra pas tout.
Et les islamistes aussi.
Et des islamistes. Ça ne résoudra pas tout. Parce qu'ils seront remplacés inexorablement. Et les trafiquants de drogue, et les islamistes. Parce qu'il y a tout simplement les islamistes, leur berceau, c'est l'islam et les musulmans, et que les trafiquants de drogue, d'ailleurs, c'est souvent dans le même berceau.
C'est quoi la réponse, Eric Zemmour ? Alors, c'est qu'il faut encore toujours plus de places de prison ? Ou vous avez une solution alternative ? Il faut.
Toujours plus de places de prison. Toujours plus d'expulsions. Parce que je vous rappelle que nous avons déjà, dans nos prisons actuelles, un quart, 25 000 étrangers en prison. Il faut les renvoyer chez eux. Qu'ils aillent purger leur perne chez eux. Et trois, il faut surtout, et c'était l'un des points importants de la conversation qu'a eue M. Macron avec différentes personnes à la télévision, il faut arrêter l'immigration légale. Je dis bien légale. Donc je pense qu'on va parler de cela. Mais c'est essentiel.
Mais sauf que la part de l'immigration légale est relativement faible par rapport aujourd'hui au nombre de personnes qui sont en situation irrégulière. Vous plaisantez. Donc vous vous attaquez à des chiffres qui sont petits par rapport au nombre de gens qui sont pas... Vous plaisantez. Le nombre de personnes en situation irrégulière est infiniment plus grand que le nombre de gens qui sont régularisés.
Je pense que vous plaisantez. Ou que vous ne connaissez pas les chiffres. Alors, vous voulez qu'on prenne deux minutes pour les chiffres ? C'est très simple. Aujourd'hui, nous avons entre... Attendez, laissez-moi parler. Vous avez dit quelque chose. Laissez-moi répondre.
Ça se résume à deux chiffres, Éric Zemmour. Combien aujourd'hui de personnes sont en situation irrégulière et combien de personnes sont régularisées tous les ans. Très ça.
Vous avez entre 600 000 et 900 000 irréguliers. Oui. C'est un peu difficile de le savoir d'ailleurs puisque par essence, les irréguliers ne peuvent pas être comptabilisés. Mais c'est une évaluation. Et vous avez tous les ans qui rentrent en régulier 500 000 personnes. 320 000 visas légaux plus 150 000 de droits d'asile. La moitié sont donnés... On leur donne le droit d'asile et la moitié, de toute façon, on leur rejette leur demande et de toute façon, ils restent. Donc ça fait 500 000 personnes tous les ans. Tous les ans.
C'est pas nécessairement cumulatif. Ça fait 2,5 millions sur 5 ans. C'est pas nécessairement cumulatif sur les 300 000 que vous cité. Tout le monde ne reste pas en France.
Il y a des étudiants, par exemple,
qui viennent faire leurs études
un an, deux ans en France. Mais ils sont étrangers, madame. Et de toute façon, ils font leurs études en France. Mais en quoi a-t-on besoin de ces gens ? Pour la plupart, on n'en a pas besoin. La plupart sont dans des études de sociologie ou autre. On n'en a pas besoin. Ils finiront livreurs Hubert. Les rares qui sont des bons étudiants, des Asiatiques et des Marocains bons en maths, par exemple, je trouve absolument scandaleux qu'on les enlève à leur pays. Ces gens-là, ces pays-là, ont besoin d'élite et on n'a pas à leur enlègue. Attendez, parce qu'on parlait aussi du regroupement... Parce que M. Macron a parlé du regroupement familial. J'ai été très choqué par ce qu'il a dit.
Robert Ménard, je crois, lui dit le regroupement familial, on devrait l'arrêter. Il y a à peu près 100 000. Vous avez parlé des étudiants, ça fait 100 000. Le regroupement familial, c'est la même chose, 100 000. M. Macron précise, oui, mais la plupart du temps, ce sont des mariages, c'est-à-dire des Français qui vont épouser des filles étrangères. Je tiens des garçons étrangers, mais la plupart du temps, ce sont des filles. Il faudrait préciser cela. C'est que ce sont des Français de nationalité française, oui. Pour la plupart, ce sont des Maghrébins qui vont en Algérie, en Tunisie ou au Maroc épouser une jeune fille que l'oncle ou le cousin leur a réservée. C'est donc un mariage arrangé.
Je vous rappelle que l'Église condamne les mariages arrangés depuis le XIIe siècle en Europe. Donc, je pense, moi, je pense, moi, qu'on n'a rien à faire dans ces manières moyenâgeuses et qu'on n'a pas à accepter ces gens. Écoutez-moi, écoutez-moi. Donc, je pense que nous devons aligner le statut de ces mariés-là sur le marié des étrangers. Vous savez, quand un Américain qui vient travailler pour Alstom ou qui vient travailler pour Airbus veut faire venir sa femme, c'est très compliqué. Il doit remplir des formulaires, il doit être sûr de bien gagner sa vie, etc.
Eh bien, je pense que les gens qui sont ici de la société française, mais maghrébins, musulmans, et qui vont épouser des jeunes filles, je vous dis, dans le cadre d'un mariage arrangé qui n'est absolument pas conforme à nos valeurs, doit subir les mêmes contraintes.
Un autre aspect de l'immigration.
Oui, parce qu'il y a quand même un contexte aussi de vieillissement démographique et aussi un contexte économique important en France. Il y a une note de la Fondation Terra Nova qui a été publiée lundi dernier qui dit que la France va avoir besoin de 300 000 nouveaux immigrés par an à l'horizon 2040-2050 simplement pour faire fonctionner notre économie. Est-ce que sans ces travailleurs étrangers, notre modèle social ne s'effondrerait pas tout simplement ?
J'ai envie de vous dire, comme dans SS117, je connais cette théorie. Je vais vous dire, madame.
Il n'y a pas une réalité quand même économique ?
Oui, mais je vais vous répondre sur les réalités économiques. Première chose, on a parlé tout à l'heure de 500 000 étrangers légaux par an. Est-ce que vous savez combien viennent pour travailler ?
Vous allez nous le dire.
50 000. Au maximum.
Je crois que le chiffre est plus élevé. Ça fait 10%.
Comment ?
Je n'ai pas le chiffre sous les yeux, mais je crois qu'il est plus élevé. Mais moi, je le connais par cœur. 500 000, je crois.
Donc, je peux vous dire que c'est 50 000 les grandes années. Ils travaillent pour les restaurations, l'agriculture ou le bâtiment. Deuxième chose, est-ce que vous savez le taux d'Algériens, de Marocains, de Tunisiens ?
Des travailleurs étrangers, par exemple, dans le secteur du bâtiment, c'est un tiers des emplois.
Je vous assure que si vous me laissez parler, on ira plus vite. Est-ce que vous savez le taux, et répondez à mon question, vous ne répondez pas à mes questions. Est-ce que vous savez le taux d'Algériens, de Tunisiens ou de Marocains qui ne travaillent pas ? C'est-à-dire qu'ils sont soit à la retraite, soit au chômage, soit qui ne sont même pas en formation. C'est 40 %, chère madame, alors que le taux de moyenne des Français est à 26 %. Donc, en vérité, les étrangers non-européens travaillent beaucoup moins que les Français. Troisièmement, vous avez raison, dans certains secteurs, on a besoin d'eux. Vous avez raison. Il faut régler cette question.
Premièrement, j'en ai parlé avec des amis agriculteurs, par exemple, et je sais qu'ils me taquinaient en me disant pour manger tes garguettes, il faut bien des Marocains qui viennent. Ils ont tout à fait raison parce que les Français ne veulent pas faire ce travail. Alors moi, je vais vous répondre.
Dans la restauration, c'est pareil. Dans le secteur du bâtiment,
c'est pareil. Je suis d'accord avec vous. Même si la restauration, c'est un sujet un peu différent parce qu'il y a aussi le fait qu'il y a des logements à proximité des métropoles et qu'il n'y a plus que des étrangers dans les HLM à côté et il n'y a plus de Français. Dans les villes de moyenne, il y a encore des Français dans les cuisines des restaurants. Mais passons. Revenons à nos agriculteurs. Moi, ce que je propose, et d'ailleurs, c'est eux qui me l'ont suggéré, c'est que d'abord, on refasse, comme on faisait avant, des contrats précis pour quelques mois. Ils viennent travailler, ils repartent chez eux immédiatement à la fin de leur mission.
Il y a même un ami agriculteur qui m'a dit que tu les payes que quand ils reviennent chez eux. Donc, pas de regroupement familial, pas d'autres règles. Deuxièmement, je pense qu'il faut réduire massivement toutes les mesures d'assistanat pour contraindre des gens à travailler dans ces métiers. Et troisièmement, il y a en ce moment le développement, là je parle à moyen terme, le développement de la robotique et de l'intelligence artificielle qui va régler cette question. Donc moi, je compte beaucoup sur le progrès technologique. Nous aurons demain des robots avec l'intelligence artificielle qui pourront faire beaucoup des travaux aujourd'hui dévolus aux immigrés.
C'est l'intelligence artificielle qui va ramasser les fraises. Mais ça sera très bien. Un robot qui pourra penser à Nietzsche en ramassant les fraises. C'est le rêve de Karl Marx, mon cher.
Il faut une justice certaine, lisible et rapide. Une partie de la violence est liée à l'immigration. La France a un problème avec le communautarisme. Ces phrases, je pourrais vous demander de qui elles sont, Edouard Philippe, dans son discours de Marseille hier. Tous les mêmes. Ce n'est plus le jupéiste que vous dénonciez ? Il a changé ? Vous pourriez vous retrouver avec lui alors ?
Il dit exactement la même chose qu'avant. Regardez les termes qu'il emploie. Le communautarisme. Ce n'est pas le communautarisme. Ce n'est pas le communautarisme portugais qui mène le trafic de drogue. Ce n'est pas le communautarisme chinois qui mène le trafic de drogue. Il faut arrêter. M. Philippe, il est dans une stratégie exactement jupéiste mais comme M. Wauquiez, comme M. Rotaillot. D'ailleurs, ils finiront ensemble. La vérité, c'est qu'il veut donner des gages parce qu'il sent que l'opinion est exaspérée et qu'elle est inquiète de voir son pays couler sous l'invasion migratoire et l'islamisation. Et en même temps, il veut garder son costume propre.
Souvenez-vous, il y a quelques semaines, la polémique sur le voile dans le sport. M. Philippe nous a expliqué en bon jupéiste qu'il est que c'était contraire, l'interdiction eût été contraire à la laïcité. Moi, je lui dis exactement le contraire. Voyez-vous, je pense que c'est le voile dans la rue et dans le sport et dans partout qui est contraire à la laïcité parce que l'essence même de la laïcité en France, c'est ce que M. Chevènement appelait le devoir de discrétion.
Et est-ce que sur ces points, vous trouvez que le bilan de Bruno Rotaillot est bon pour l'instant au ministère de l'Intérieur ?
Je trouverais qu'il est bon le jour où il y aura un bilan parce que pour l'instant, il n'y a rien. Moi, je ne vois rien. Pardonnez-moi, j'entends des mots mais en acte, je ne vois rien. Je vais vous donner un exemple qui m'a frappé. M. Rotaillot avait l'occasion de supprimer radicalement la circulaire valse, vous savez, de régularisation des fameux emplois en tension de ce dont on parlait il y a quelques minutes. Moi, je m'attendais, en tout cas, moi, je l'aurais fait à sa place, qu'il supprima carrément la circulaire. La circulaire, ce n'est vraiment pas une loi, c'est de la responsabilité du ministre. Il pouvait prendre cette circulaire, la déchirer et on n'en parlait plus.
Et d'ailleurs, M. Valls, qui est désormais, ironie des politiciens, son collègue au gouvernement, n'en eut pas été désappointé. Bon. Qu'est-ce qu'a fait M. Retailleau ?
Il a supprimé une partie de cette circulaire mais pas en totalité. Non, madame,
il n'a pas supprimé une partie de cette circulaire. Il a durci les critères. Moi, je vais vous dire, je suis, comme Karl, un vieux journaliste politique, quand j'entends durcir les critères, je sais qu'il ne se passera rien. Ça fait 40 ans qu'on durcit les critères. Vous voyez le résultat ? Il y a de plus en plus d'immigrés et il y a de plus en plus de problèmes liés à cette immigration.
Ce que vous voulez dire, c'est que Bruno Retailleau n'aurait pas dû rentrer, et plus globalement les LR, au gouvernement. Et deuxième petite question, si c'est lui qui est élu ce soir à la tête des LR, est-ce qu'il devra quitter le gouvernement à terme ? Mais il fait ce qu'il veut. Non, mais vous, qu'est-ce que vous pensez ?
Je ne suis pas le conseiller politique de M. Retailleau. Vous avez rappelé que vous avez été journaliste comme moi. Mais encore une fois, je vous le dis, moi, pour l'instant, je ne vois rien. J'entends, mais je ne vois rien. Vous voyez, ce n'est pas pareil. Mais deuxièmement, il nous dit, je l'entends encore, qu'il est allé au gouvernement pour éviter un ministre de gauche. Vous êtes d'accord ? Place gauche. Je ne vais pas vous reciter ma belle phrase du général de Gaulle, mais franchement, c'est de la rigolade. Tout le monde sait que M. Macron n'avait aucune intention de nommer Lucie Casté à Matignon. Je pense que même, ça l'a fait rire tout l'été. de cette histoire-là.
Donc, ce gag étant passé, on va repasser aux choses sérieuses. Il n'était pas question pour M. Macron de nommer un premier ministre de gauche à Matignon. Donc, si M. Retailleau n'avait pas été ministre de l'Intérieur, ce n'aurait été un autre. D'ailleurs, j'ai entendu dire que M. Wauquiez était très intéressé. Vous voyez, ce n'est pas un mec de gauche, M. Wauquiez. Enfin, ça se saurait. Donc, moi, pour moi, non, tout ça est un leurre. M. Retailleau va nous expliquer qu'il ne peut rien faire au gouvernement. Mais dans ce cas-là, pourquoi y est-il allé ? Et pourquoi ne démissionne-t-il pas ? Je vais vous dire pourquoi, moi. Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi.
C'est parce que grâce à son arrivée à la place Beauvau, M. Retailleau a été connu des Français. Et ça, c'est fondamental si on veut se présenter à l'élection présidentielle. Vous voyez, le taux de notoriété. Donc, là maintenant, il veut utiliser la place Beauvau pour traverser la rue et aller à l'Élysée, comme a fait M. Sarkozy. Mais c'est tout à fait légitime de sa part. Mais moi, je n'aime pas qu'on se moque de moi. C'est tout. Donc, qu'ils le disent, ce n'est pas illégitime. Ce n'est pas indigne. J'ai souvenir de ce qui s'est passé avec M. Sarkozy. C'est tout.
Avant de revenir sur Emmanuel Macron et également François Bayrou dont on va parler, les questions express, réponse par oui ou par non, pour ou contre. Juliette Binoche ou Robert De Niro qui politisent la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes. Est-ce que vous avez été choqué ?
Vous savez, d'abord, la politisation du Festival de Cannes, c'est vieux comme le Festival de Cannes. D'accord. donc pas choqué. Vous êtes d'accord ? Moi, il m'en faut beaucoup pour me choquer. D'accord.
On passe à la question suivante, Carl Meus. Est-ce le rôle des parlementaires de contourner la justice pour relancer les travaux de l'A69 qui relie Toulouse à Castres ? Je vous renverrai votre question,
Carl Meus. Est-ce que c'est le rôle du juge que d'interdire des travaux qui sont aux trois quarts accomplis ? Je crois qu'il y a un abus aujourd'hui, mais c'est une question globale. On pourrait passer l'émission là-dessus sur le gouvernement des juges. Vous savez, vous me connaissez depuis longtemps, j'ai écrit un lead il y a 30 ans sur le coup d'état des juges. On vous a compris, Éric Zemmour. Merci.
Vous vous recontez l'interdiction de TikTok ?
Aux jeunes, vous voulez dire ? Moi, je suis pour l'interdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Je suis sûr que vous allez
répondre là par oui ou par non. Le PSG peut-il gagner la finale de la Champions League le 31 mai prochain face à l'Inter de Milan ? Vous êtes fan de foot ?
Oui, absolument. Alors, moi, de toute façon, maintenant, je suis pour le PSG parce que j'étais pour Barcelone. Donc, la réponse est oui ? La réponse est oui, il peut gagner, il peut perdre aussi. L'Inter de Milan, les Italiens, vous savez, c'est les rois du temps fond. Non, mais il faut oublier. Il peut gagner ou il ne peut pas gagner ? Ils peuvent gagner, bien sûr qu'ils peuvent gagner. Il n'y a pas de...
Le Grand Jury, l'actualité de la semaine. Éric Zemmour, avez-vous regardé l'audition de François Bayrou sur l'affaire Bétarame ? J'ai regardé des extraits, pour être honnête. Et vous en avez pensé quoi ? Vous avez trouvé que c'était le travail d'une commission parlementaire ?
Vous savez, on est dans une situation... Non, mais je vais vous répondre. C'est stalinien, comme elle qui parlait Je vais vous répondre. Je vais vous répondre parce que ces commissions parlementaires se multiplient, vous avez remarqué. Oui. Et ils se prennent de plus en plus pour des juges. Je suis très frappé par ça. Et on a une situation politique très particulière où, au gouvernement, on discute, parce que vous avez remarqué que dans ce gouvernement, ils ne sont d'accord sur rien. Au Parlement, on fait semblant de faire la loi. Et, au Parlement, maintenant, puisqu'on ne fait plus la loi, eh bien, on juge.
Ça a toujours été le rôle du contrôle du Parlement. C'est dans la Constitution, Éric Zemmour.
Le contrôle du Parlement, oui.
Et chaque groupe politique n'a droit qu'à une seule commission d'enquête parlementaire par session.
Mais il y a la manière, vous connaissez la chanson de Brel, il y a la manière. Et cette manière devient de plus en plus inquisitoriale et devient de plus en plus systématique. Et on convoque tout et n'importe qui, des patrons, des journalistes, des acteurs, des agents d'acteurs. J'ai en tête l'altercation entre M. Bessner et la commission d'enquête parlementaire de Mme Rousseau. Vous voyez, moi, je trouve que ces gens-là ne font plus la loi, donc maintenant, ils jugent. J'aimerais bien qu'on revienne à une saine distribution des rôles avec un gouvernement qui gouverne, avec un Parlement qui fait la loi et avec des juges qui ne gouvernent pas. Dans cette commission
d'enquête parlementaire sur les violences contre les enfants dans le système scolaire, donc sur BetaRam, il y a une volonté de raviver un peu la guerre entre l'école privée et l'école publique ?
Oui, il y a incontestablement de la part des gens de LFI la volonté de raviver cette guerre. C'est normal parce que comme l'école publique s'est effondrée sous les coups à la fois des pédagogistes et de l'immigration, évidemment que tous les gens fuient vers l'école privée et que donc les idéologues de LFI en sont furieux puisqu'ils veulent tuer l'école privée depuis à peu près 100 ans.
Éric Zemmour, on va marquer une pause dans ce grand jury. Dans un instant, nous parlerons d'Emmanuel Macron. On en reviendra sur cette prestation à la télévision puis également de Donald Trump que vous appréciez. On verra si aujourd'hui c'est encore le cas. A tout de suite. Suite du grand jury présenté par Olivier Bost. Éric Zemmour, le président de Reconquête est notre invité. Perrine Tarnot de Public Sénat et Pauline Buisson de M6 sont à mes côtés pour vous interroger. Le grand jury, l'actualité de la semaine. Éric Zemmour, vous avez regardé Emmanuel Macron sur TF1 mardi soir. Un mot pour résumer cette soirée ? Un mot ? Oui. Impuissance. Impuissance.
C'est celui qui a été pris pas mal par la presse.
Très bien. Écoutez, vous voyez, ça m'a frappé. Non mais ça m'a frappé même un des uns. Vous savez, ça m'a rappelé dans un épisode d'Astérix, il y a un sénateur romain qui dit sans cesse je suis là, je suis là, je suis là et Obélix dit à Astérix mais enfin on sait qu'il est là, c'est pas la peine de nous le dire et j'ai vraiment pensé à ça quand je regardais Macron. Une lassitude incroyable, il a renoncé à tout et alors il habille ça, c'est ça qui est paradoxal mais bon, il habille ça de je ne veux pas subir, je ne veux pas subir, enfin vous voyez, il passe son temps à subir, en fait il subit tout.
Il subit le grand remplacement, il subit la dette, il subit le déficit budgétaire, il subit l'Ukraine, on va en parler j'imagine, le basculement
il subit tout ce garçon. Encore deux ans comme ça, c'est étonnable. Encore deux ans comme ça, c'est étonnable. Bien sûr. On ne va pas faire un coup d'état,
on ne va pas le reverser. Vous dites qu'il subit tout mais en même temps, il organise demain le sommet Choose France qui devrait permettre de mobiliser 20 milliards d'euros d'investissement en France, ça montre que la France n'est pas pour autant en décadence, du moins économique.
Vous savez combien...
On attire encore des investisseurs.
Vous savez combien les groupes français du CAC 40 investissent à l'étranger ? 63 milliards. Ça vous fait relativiser vos 20 milliards. Ce que je veux vous dire, c'est qu'à grands frais, M. Macron attire des investissements étrangers mais il ne fait rien pour que les groupes français investissent en France. Tout simplement parce que pour ce Choose France et pour attirer des investissements étrangers, je ne suis pas contre. Je trouve ça intéressant si jamais ces étrangers ne piquent pas nos secrets, nos entreprises, etc. Mais il y en a qui font des investissements et c'est très utile et ça crée de l'emploi et de l'activité économique.
Mais ce que je veux dire, c'est que pour avoir ces 20 milliards, il fait de multiples exceptions ici et là et il ne règle pas la question globale. La question globale, c'est la question des impôts, des charges, des normes
et de l'énergie. Justement, Eric Zemmour, sur la question des charges, Emmanuel Macron a lancé une idée qui est celle de revoir le modèle de financement de notre modèle social. Transférer une partie sur la TVA pour avoir des salaires qui augmentent, c'est une bonne idée ?
Ce n'est pas une idée, ça, monsieur. Ça, c'est un transfert, vous l'avez dit vous-même. L'idée, ça serait de réduire les dépenses pour pouvoir baisser les charges. Pas pour faire du bon taux. Là, je te mets la carte là et puis non, elle est là. Non. Je comprends bien les avantages de la TVA sociale. C'est une vieille idée de mon ami Philippe Séguin. J'en ai parlé des heures avec lui. Et vous en pensez quoi ? Sur le fond, elle n'est pas mauvaise parce que ça fait payer le consommateur plutôt que le salarié et ça fait payer les importations plus que les exportations. OK. mais aujourd'hui, ce n'est plus le sujet. C'était il y a 30 ans. Les sujets, c'est les économies, c'est ça.
Le sujet aujourd'hui, c'est qu'on est surimposé. C'est qu'on croule sous les impôts. Donc, il faut arrêter de jouer au bon taux, de passer d'une carte à une autre. Non, il faut baisser. Mais pour ça, il faut avoir le courage de baisser les dépenses. J'ai vu comment M. Macron à balayer cela en disant « Vous savez, sur mon tableau, les dépenses de l'État, c'est 66% ou je ne sais pas combien. » Mais il se moque du monde.
40 milliards d'euros d'économie, c'est l'objectif du gouvernement. Vous les trouvez où, Éric Zemmour ?
Où on les trouve où ? Oui. Ah mais alors, je vais vous dire, alors là, c'est à pléthore. Vous savez, on pourrait réduire, il y a 11 000. Vous voulez que je donne une liste comme ça à l'après-vers ? On peut y aller. Ça risque d'être un point. Parce que je sais qu'à chaque fois, on nous dit « Ah, vous allez réduire les policiers, les infirmiers, je connais la rengaine. » La plus grosse économique que vous pourriez faire, spontanément. Il y en a beaucoup. Il n'y a pas de plus grosse. Il y a 11 milliards de subventions aux associations, dont beaucoup sont des associations de défense des migrants, etc. On peut les dégager. C'est votre priorité. Il y a 4 milliards aux services publics.
Il y a, je crois, 50 milliards pour les éoliennes et pour la transition et sur les dépenses sociales. Il y a beaucoup de choses à diminuer. Sur les dépenses sociales. Sur les dépenses sociales. Alors, on y vient, sur les dépenses sociales. Je remarque que depuis quelques semaines, il y a une grande campagne pour cibler les retraités. Alors, on nous explique, ce qui n'est pas faux, que sur les 800 ou 900 milliards de dépenses sociales, il y a à peu près un bon tiers qui va aux retraités. J'allais dire. Et alors ? Moi, j'étais il y a deux jours, vous savez, pas loin de Bourg-en-Bresse, je vous l'ai dit. Et j'ai visité des agriculteurs. Un couple d'agriculteurs charmants d'ailleurs.
J'ai mangé une bonne tarpe bressane et j'ai discuté avec le monsieur qui était un bricoleur de génie qui faisait tout lui-même et avec sa femme qui s'occupe des vaches. Ils font du lait, etc. Vous savez combien ils vont toucher de retraite ces gens ? 700 euros. 700 euros. Ils ont travaillé toute leur vie. Quand il y a un migrant qui vient et qui demande le droit d'asile, on lui fait une carte bleue de 400 euros. Est-ce que vous vous rendez compte ? Et on dit, ah mais il faut taper dans les retraites. On se fout du monde. Moi, je pense qu'il y a des dépenses sociales qu'on peut réduire massivement.
Il y a d'abord, j'avais fait chiffrer ça pendant la présidentielle, 20 milliards par an pour toutes les allocations aux étrangers. Il y a ensuite l'assistana. Toutes les allocations sociales d'assistana qu'il faut réduire. Il faut faire, je vois que je ne suis pas d'ailleurs le seul à proposer cela, loin de là, faire une allocation unique qui soit inférieure au SMIC pour que plus personne ne gagne plus que le SMIC en travaillant. Et on peut réfléchir à la CSG. J'ai fini. On peut réfléchir à la CSG. Est-ce qu'on supprime la CSG ? Est-ce qu'on la réduit massivement ? En tout cas, le problème, c'est que le salaire net est trop faible et est trop éloigné du salaire brut.
Et donc, tout le monde est mécontent.
Autre sujet d'actualité, mercredi se tiendra un conseil de défense à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron après l'établissement d'un rapport sur les frères musulmans qui serait accablant selon les mots de Bruno Rotaillot. Est-ce que d'abord vous saluez cette initiative ?
Vous savez, je salue toute initiative qui peut réduire, qui peut contenir, qui peut combattre l'islamisation de notre pays ? Vous savez...
Le ministre de l'Intérieur qui était dans ce studio la semaine dernière nous a dit qu'on n'irait pas vers l'interdiction des frères musulmans parce que c'était impossible. C'est une organisation qui n'a pas de prise, qui n'est pas organisée de manière classique.
Si on l'interdisait, elle irait en Belgique comme avait fait le CCIF puisque Bruxelles est devenue un nouveau califat. C'est quoi la bonne solution ? Je vais vous dire pourquoi l'interdiction serait une bonne solution. Vous savez, il y a des pays arabo-musulmans où ils sont interdits. En Égypte, je crois, ils sont interdits. Mais je ne voudrais pas qu'on prenne une fois de plus la proie pour l'ombre. Je m'explique. Je sais mieux que quiconque et j'ai lu les travaux remarquables de Mme Bergeau-Blacler qui expliquent très bien toutes les méthodes des frères musulmans pour islamiser notre pays. Vraiment, je salue ses travaux. Et je fus un des rares il y a 20 ans qui affronta M. Tariq Ramadan.
Je crois qu'on était trois avec Mme Fourest, Nicolas Sarkozy et moi. Les autres se planquaient. Donc, je sais très bien la perversité des frères musulmans qui utilisent nos discours, nos mots, nos langages. Parlez-nous de solutions pour les islamiser.
Parlez-nous de solutions
s'il vous plaît.
Je vais vous parler, c'est très simple.
Ce que je veux dire, c'est que le problème n'est pas les frères musulmans. En réglant la question des frères musulmans, on ne la réglera jamais, on ne réglera pas la question de l'islam. Quand vous voyez... Et comment vous réglez
le problème de l'islam ?
Laissez-moi parler. Quand vous avez 75% des musulmans qui veulent la suppression de la loi qui interdit le voile à l'école, vous voyez bien qu'ils ne sont pas tous frères musulmans. Quand vous avez la moitié des jeunes qui expliquent que la charia des jeunes musulmans est supérieure à nos lois, vous voyez bien qu'ils ne sont pas tous frères musulmans. Donc en fait, le problème, c'est l'islam. C'est l'islam qu'il faut interdire alors ? Non. Il faut dire aux musulmans, c'est très simple, l'islam ne connaît pas la séparation entre le privé et le public, entre le spirituel et le temporel. Il ne l'a jamais connu.
Donc si on dit qu'il y a une différence entre l'islamisme et l'islam, on fait croire aux musulmans qu'ils peuvent pratiquer leur religion comme dans les pays musulmans s'ils ne sont pas terroristes. Ce n'est pas le sujet. Il faut leur dire nous sommes un pays chrétien, nous sommes un pays laïque. Donc dans notre pays, on sépare le religieux du politique, le spirituel, du temporel, le privé, du public. Et une fois qu'on l'a dit, on prend des mesures. On interdit le voile dans la rue, par exemple. Vous voyez, c'est simple. Et si vous n'appliquez pas ça, on interdit aussi tout manifestation de l'islam dans les entreprises.
On ne met pas de tapis de prière dans les salles d'entreprise, dans les écoles. Vous voyez, c'est des mesures qu'on impose aux musulmans de transformer leur religion et d'en faire une religion spirituelle et non pas de pratique dans la rue. Je répète, c'est toujours la même chose. La règle, c'est la religion à la maison et pas d'ordre. Et ça, ça règle la question des frères musulmans. Ah, ça règle. Mais les frères musulmans, ne sont que la partie émergée d'un iceberg qui est l'islamisation de nos pays et le fait que l'islam n'a jamais vécu comme je vous le dis, n'a jamais connu cette révolution copernicienne. Le judaïsme l'a accompli.
Vous savez, le judaïsme était exactement comme l'islam, ce qu'on appelle en termes savants une orthopraxie qui pensait que la religion c'est d'abord une pratique. Depuis deux siècles, les français de confession juive ont accompli leur révolution et ont estimé que la religion c'était à la maison. Les musulmans doivent faire la même révolution.
Eric Zemmour, il nous reste un quart d'heure. Donald Trump est au pouvoir depuis quatre mois. Vous le soutenez toujours ou c'est cet exercice du pouvoir dont vous rêviez pour la France ?
Écoutez, moi d'abord, je ne suis pas le porte-parole de Donald Trump. Premièrement. Deuxièmement, je suis français, donc je suis un patriote français, donc quand Donald Trump lui est un patriote américain, il défend les intérêts des Etats-Unis. Donc ça peut venir en contradiction avec les intérêts français.
Vous l'avez soutenu, quel regard vous portez sur son début ?
Je vais vous répondre, mais je préfère faire ces deux préambules, comme ça on va régler cette question-là et on se débarrasse de ça. Maintenant, ce que je soutiens, c'est un mouvement global, un mouvement qui lutte contre tout ce que nous avons fait depuis 30 ans, ce qu'on a appelé la mondialisation heureuse, l'immigration de masse, l'invasion migratoire, comme dit M. Trump et comme je le dis, le wokisme, le libre-échange à tout va. Vous voyez, c'est un ensemble où il n'y a pas de frontières, où il n'y a pas de peuple, où il n'y a pas de nation, où les juges remplacent
les politiques. Au prix d'un dérèglement économique qui donne pour l'instant des résultats qui sont très compliqués, au prix aussi d'un dérèglement international parce qu'on voyait que Donald Trump devait régler un certain nombre de guerres et que ce n'est pas fait encore aujourd'hui, au prix de tout ça ? Cher monsieur,
est-ce que vous croyez que l'entrée de la Chine dans l'OMC n'a pas entraîné un dérèglement économique majeur avec des millions de chômeurs ? Oui, mais vous répondez à ma question. Quand M. Trump provoquera autant de chômeurs que l'entrée de la Chine dans l'OMC, et bien vous m'en parlerez. Donc ne croyez pas. C'est normal qu'il y ait des dérèglements. Vous considérez que sa politique est positive aujourd'hui ? Oui, globalement, pour reprendre une expression célèbre, sa politique est positive et je vais vous dire pourquoi. Parce que, justement, il remet en question, globalement, ce libre-échange mondialisé qui est devenu le dogme de nos élites. On connaît les...
Moi, je ne suis pas schématique. Je ne suis pas maniché. Il n'y a pas le méchant protectionniste d'un côté et le bon libre-échange de l'autre ou l'inverse. Le libre-échange, on connaît ses avantages, baisse des prix pour les consommateurs et ça a permis l'émergence, la sortie de la pauvreté de millions d'Asiatiques en particulier. Mais l'autre face,
ce sont des déficits budgétaires qui sont hors de contrôle aux Etats-Unis.
Attendez, laissez-moi finir.
Des Etats-Unis qui viennent de perdre leur note triple A, des marchés financiers, des taux d'intérêt qui se tendent, donc une situation très compliquée d'un point de vue économique.
Je finis ma démonstration. Les inconvénients du libre-échange depuis 30 ans, on les connaît aussi. Désindustrialisation de masse aux Etats-Unis et en France. Chômage de masse. Prolétarisation, tous les travaux de Christophe Guélui, on les connaît sur la France périphérique, c'est la même chose aux Etats-Unis. Sur le plan écologique, est-ce que vous savez, mais vous le savez sans doute, que pour faire un iPhone, les mêmes produits passent plusieurs fois de la même frontière ? Est-ce que c'est écologique ? Est-ce que c'est rationnel ? Montée en puissance des grands groupes financiers qui ne payent pas d'impôts et montée en puissance de l'hégémonie chinoise contre l'Occident ?
Tout ça, c'est à mettre au débit de votre mondialisation. Donc, il a raison de combattre cela et de remettre en cause cela. Vous parlez, excusez-moi, vous parlez de la dette américaine. Hors de contrôle. Mais vous croyez que c'est Trump qui a fait cette dette ? Non. Ah, d'accord.
Elle est héritée aussi des présidents.
On est d'accord. Et pourquoi il faisait cette dette ? Pourquoi les Américains ne se souciaient pas de leur dette ? Parce que justement, il y avait un système qui faisait que les Chinois et les Allemands accumulaient les excédents commerciaux et donc, excusez-moi, ils accumulaient les dollars. Donc, les Américains ne se souciaient pas de leur dette. Aujourd'hui, évidemment, les Chinois en rétorsion balancent leurs dollars. Donc, évidemment, ça pose des problèmes aux Etats-Unis. Mais c'est tout à fait normal que ce système était pervers. Vous avez tout à fait raison quand vous parlez de la dette américaine et du dollar. Mais c'est le système d'avant qui était pervers.
Ce n'est pas la révolution trumpienne.
Alors, il y a un dossier que Donald Trump devait régler en 48 heures. C'était celui de l'Ukraine et du conflit. On voit que le président américain se heurte finalement à des négociations qui, pour l'instant, sont impossibles. Les Russes ont refusé en Turquie tout compromis. Que faut-il faire pour faire céder Vladimir Poutine ?
Moi, je reprendrai la question autrement. Pour vous, la peine ne dépend pas de Vladimir Poutine ? Pardon, non, laissez-moi répondre. Vous allez voir. C'est simple. J'entends plusieurs choses. J'ai écouté M. Macron, l'autre soir et il parle de paix à toutes les phrases. Il y a encore trois semaines, il parlait de guerre tout le temps. Ça, c'est déjà l'effet de la volonté de Donald Trump. Deuxièmement, et j'ai regretté à ce moment-là que les journalistes ne l'interrompent pas, il a dit, comme si c'était naturel, bien sûr, l'Ukraine ne rentrera pas dans l'OTAN. Ça fait trois ans que M. Macron et tous les dirigeants européens disent exactement le contraire.
On sait même que la raison première de l'intervention de M. Poutine en Ukraine en février 2022 était justement qu'il ne voulait pas que l'Ukraine entrera dans l'OTAN. Ah non, je n'inverse pas du tout les rôles. En tout cas,
ça ne fait pas pour autant revenir Vladimir Poutine autour de la table des négociations.
Attendez.
Qu'est-ce qu'il faut faire pour le faire revenir ? Est-ce qu'il faut accélérer les sanctions contre la Russie ?
Je remarque donc que toute cette guerre qui était au départ pour l'entrée ou la non-entrée de l'Ukraine dans l'OTAN n'avait pas lieu d'être. Donc il y a eu entre 500 000 et 1 million de morts. Pourquoi ? Vous parlez de Poutine.
Quand j'ai dit ça, attendez, quand je viens de dire ça... Vous arrêtez juste un instant. Vous êtes en train de dire que Vladimir Poutine avait de bonnes raisons d'envahir l'Ukraine. C'était l'entrée qui n'était pas envisagée à ce moment-là dans l'OTAN
de l'Ukraine. C'était sa raison principale et qu'il lui suffit de dire comme M. Macron mardi soir elle ne rentrera pas dans l'OTAN pour qu'il n'y eut pas de guerre. Excusez-moi, moi j'aurais préféré qu'il n'y eut pas de guerre et qu'il y eut 500 000 ou 1 million de morts en moins ukrainiens ou russes. Excusez-moi, je...
Mais vous justifiez l'invasion russe de l'Ukraine ?
Non, je ne justifie rien. J'explique. Et je dis si la France, comme l'avait fait M. Sarkozy en 2008, avait dit l'Ukraine ne doit pas rentrer dans l'OTAN car l'Ukraine est historiquement le lieu de passage de toutes les invasions qui ont attaqué la Russie depuis Charles XII, le Suédois, Napoléon et Hitler, toutes les invasions sont passées par l'Ukraine donc on comprend que les Russes soient méfiants. Je dis qu'il lui suffit que M. Macron lui dise à M. Poutine qu'elle ne rentrera pas, il n'y aurait pas eu de guerre. Pour autant, ça ne le fait pas revenir au cours de la table des négociations. Pourquoi ? Il faut comprendre les gens. Il faut essayer de comprendre ce qui se passe.
Sinon, on peut dire l'un est méchant et l'autre est gentil. Mais ce n'est pas suffisant.
Il y en a un qui a envahi l'autre et qui continue à bombarder aussi l'Ukraine et qui ne souhaite pas revenir autour de la table des négociations.
Bien sûr, mais l'Ukraine, évidemment, l'Ukraine, si vous voulez, est un enjeu historique pour la Russie. Mais vous le savez bien. Donc, ce que je dis, pourquoi M. Poutine ne revient pas tout de suite ? Il traîne les pieds, on dira. Parce qu'il a quand même dit qu'il y aurait des négociations en Turquie, etc. C'est lui qui a dit qu'il en aurait. Parce qu'il est en train de gagner. Évidemment. Et c'est pour cela que M. Trump a parlé de paix. Et c'est pour cela que M. Macron maintenant parle de paix. parce qu'ils savent tous et tous les militaires leur expliquent que la Russie est en train de gagner la guerre. Et donc, évidemment, il faut arrêter cette guerre. Et c'est pour cela que M.
Poutine, lui, n'a aucun intérêt à arrêter la guerre parce qu'il prend de plus en plus
de territoire. Excusez-moi, vous êtes en train d'expliquer qu'il faut que l'Ukraine capitule. Il faut,
il faut, il faut, excusez-moi, j'avais dit ça pendant la campagne présidentielle et on m'a traité de poutiniens. Je le répète, l'Ukraine ne doit pas rentrer dans l'OTAN ni dans l'Union Européenne. L'Ukraine doit avoir, selon moi, c'était l'avis de M. Kissinger qui n'était pas un débutant en matière de relations internationales. L'Ukraine doit avoir, se voir reconnaître un statut de neutralité comme jadis il y a eu l'Autriche ou il y a eu la Finlande et il doit être un pont entre l'Occident et la Russie et non plus une pomme de discorde. Et c'est comme cela que l'Autriche et la Finlande se sont développées et sont devenues des pays modernes. Et l'Ukraine, ce sera la même chose.
Il ne faut pas arrêter cette guerre. D'ailleurs, je vois que tous les pays du monde veulent l'arrêter. Tous les pays du monde veulent commercer avec la Russie et d'ailleurs avec l'Ukraine. Il n'y a plus que les Européens qui font les vatans-guerre sur le sang ukrainien. Moi, je ne... Pardonnez-moi,
je veux que ça s'arrête. L'Europe a la guerre... Pardon ? L'Europe a la guerre à ses frontières et veut se protéger. Ce n'est pas que l'Europe veut faire la guerre. Attendez, ce sont les frontières de l'Ukraine. Ce ne sont pas les frontières de la France. Ce n'est pas très loin, vous en convenez ? Ce n'est pas très loin par rapport aux frontières européennes.
Rien n'est très loin aujourd'hui. Vous savez, quand vous avez la guerre partout en Yougoslavie, c'était encore moins loin. Vous savez, c'est comme ça. Les frontières aujourd'hui ne sont plus très loin de rien. Donc, il n'y a pas... Pardon ? Allez-y.
Et justement, mardi soir sur TF1, Emmanuel Macron a fait un nouveau pas vers une dissuasion nucléaire partagée avec nos alliés européens dans le sens où des armes pourraient stationner sur le sol de certains de nos alliés. Mais la France garderait la décision d'emploi du bouton nucléaire. Est-ce que dans ce strict cadre, vous êtes pour ?
Donc, il faut enlever le mot partagé. Pardonnez-moi, c'est un mot qui prête à confusion. Je suis d'accord sur un point avec M. Macron. C'est que depuis le général de Gaulle, dans la tête du général de Gaulle et de ses successeurs, la France pouvait avoir une responsabilité nucléaire sur l'ensemble de l'Europe. Je rappellerai d'abord que les Européens ne le voulaient pas. Ils préféraient dépendre de l'Amérique. C'était plus loin. Deuxièmement, donc, ils ont toujours refusé. C'était d'ailleurs la véritable raison du désaccord entre les Français et les Allemands sous le général de Gaulle et le refus du Parlement allemand de ratifier intact le traité franco-allemand entre de Gaulle et Adenauer.
C'était justement cette protection nucléaire que le général de Gaulle voulait proposer et donc imposer à l'Allemagne. Parce que, il faut bien comprendre, mais on le voit bien avec les Etats-Unis, qui protège commande ? C'est-à-dire que si nous protégeons le continent européen avec notre bombe nucléaire, ça veut dire d'ailleurs que nous devons accroître notre production d'armes nucléaires parce que pour l'instant, nous avons 300 têtes nucléaires, les Américains en ont des milliers. Deuxièmement, ça veut dire que les Européens, comme ils l'ont fait avec les Etats-Unis depuis 50 ans, achètent des armes françaises.
Donc, moi, je veux voir quand les Polonais, les Allemands achèteront des Rafales au lieu des F-35, là, on pourra discuter de protection de l'arme nucléaire française parce que la bombe atomique française, on l'a payée avec notre argent et avec le travail des Français. Donc, si on doit protéger les autres Européens dans une espèce de stratégie napoléonienne, ça ne me déplaît pas. Mais dans ce cas-là, il faut acheter des armes françaises. Hier,
à l'Assemblée nationale, les députés ont approuvé un droit à l'aide à mourir avec un principe que les patients s'auto-administrent à la substance létale sauf lorsqu'ils n'en seront pas capables. Est-ce que c'est un texte qui vous semble équilibré ? On ne vous a pas beaucoup entendu sur le sujet de l'art ? Vous avez raison.
Vous avez raison que c'était volontaire. J'attendais de voir. C'est un sujet, comment vous dire ? Personnel. Oui, sensible. J'ai vu mourir ma mère après des années de dégradation. Vous savez, ça vous fait réfléchir quand vous allez toutes les semaines à l'hôpital la voir et que ça s'aggrave de semaine en semaine, qu'au début, elle ne marche plus, après, elle ne parle plus. Je vous assure que ça fait réfléchir et donc je n'avais pas envie de prendre une position comme ça à l'emporte-pièce. Et puis, je me suis dit au départ, peut-être naïvement, que les députés allaient améliorer la loi Leonetti sur les soins palliatifs. Ça a été voté aussi. Absolument. Vous voyez.
Et qu'on allait enfin donner des moyens à cette loi parce qu'en fait, la loi est formidable mais on ne lui a pas donné des moyens et donc elle ne sert à rien.
Il y a eu des moyens pas partout. Ça existe pas même les soins palliatifs en France.
Troisièmement, je me disais quand j'ai vu M. Bayrou à Matignon, M. Rotaillot à l'intérieur que des catholiques aussi sincères et aussi fervents ne permettraient jamais, disons le mot cru, l'euthanasie. Et je vous avoue que je suis assez désappoint. Parce que pour vous c'est de l'euthanasie qui a été voté hier à l'Assemblée.
Il ne devrait pas y avoir de droit à mourir
pour les patients
qui sont en fin de vie.
Il y a une expression qui me choque beaucoup. C'est la mort dans la dignité. Comme s'il y a des gens qui mouraient dans l'indignité. Ça me choque.
Si c'est dans d'horribles souffrances et isolés, il y a les soins palliatifs.
Il y a les soins palliatifs. Vous avez tout à fait raison. Si on en est à administrer la mort par un médecin, là, c'est une espèce de rétablissement de la peine de mort qui ne dit pas son nom pour des innocents. Non, c'est parce que
prévoit le texte. Oui, là, ce qui a été voté c'est une auto-administration.
Oui, mais il l'a dit lui-même. S'il est capable de s'auto-administrer. S'il n'est pas capable de s'auto-administrer, là, on verra le médecin l'administrer. Imaginez les pressions. On le voit. Il y a des exemples à l'étranger, vous savez bien, en Belgique, dans l'Oregon, je crois, au Canada.
Emmanuel Macron n'a pas fermé la porte d'un référendum sur la fin de vie. Est-ce que vous y seriez favorable ? Laissez les Français trancher, finalement, sur cette question très personnelle.
Écoutez, pourquoi pas ? Ce qui prouve, d'ailleurs, que ces raisonnements de sophistes sur l'interdiction du référendum pour l'immigration sont complètement à plat. Parce que je ne vois pas ce que l'euthanasie et la fin de vie à avoir avec l'organisation des pouvoirs publics et un sujet économique et social, comme dit l'article 11. A priori, ça rentre dans l'article 11 des sujets sociétaux. Parce que les juristes l'ont décidé et que l'immigration, ils ont décidé que ça ne rentrait pas. En vérité, tout rentre dans cet article 11, mais on peut discuter du référendum. C'est la philosophie même de la Ve République. Il faut relire les textes du général de Gaulle.
Ce n'est pas au Conseil constitutionnel de nous dire qu'est-ce qu'on met dans le référendum. Le référendum est le principe même de la Ve République.
C'est fini pour ce grand jury. Merci beaucoup à vous, Éric Zemmour. Bon dimanche à tous et à la semaine prochaine.
Éric Zemmour