François-Xavier Bellamy était l'invité de RTL du 04 septembre 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
D'abord sur le Brexit, est-ce que vous êtes comme nous complètement perdu ce matin ?
- 2:32OuverteRéponse directe
François-Xavier Bellamy, la droite française n'est pas dans l'état de la droite anglaise, mais elle n'est quand même pas en grande forme.
- 3:52OuverteRéponse directe
Tiens, ce matin, on découvre grâce au rapport de deux parlementaires, une vaste fraude sociale.
- 4:38RelanceRéponse partielle
Mais la critique que vous faites en cette rentrée du gouvernement, c'est immobilisme.
- 6:39OuverteRéponse directe
François-Xavier Bellamy, Jean-Paul Delevoye va donc être chargé de porter la réforme des retraites.
- 7:54OuverteRéponse directe
François-Xavier Bellamy, le sujet de la PMA pour toutes les femmes arrive à l'Assemblée le 23 septembre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Locuteur non identifiéChiffre
« Si on va vers un Brexit sans accord, par exemple, c'est 50% des pêcheurs français qui sont menacés de rester à quai. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Les Républicains ont perdu l'élection présidentielle de 2017, et dans ce contexte-là, sans avoir été au deuxième tour de l'élection présidentielle, il est évident qu'ils ont devant eux un vrai travail de reconstruction qui va prendre du temps. »
- 4:05Invité politiqueFait
« On découvre grâce au rapport de deux parlementaires, UDI et La République En Marche, une vaste fraude sociale. Vous avez entendu parler de ça, une absence de contrôle, par exemple un assuré qui reconnaît 70 enfants, l'INSEE qui compte 3 millions de centenaires. »
- 4:47PrésentateurChiffre
« Bercy annonce la suppression de 5 800 emplois. C'est lié à la réforme du prélèvement à la source, à la mise en place du prélèvement à la source. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Il a proposé un déplacement de l'âge pivot. »
Temps de parole
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- François-Xavier Bellamy21 %
- ?4 %
- Présentateur2 %
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RTL Matin, Yves
Calvi. 7h44, excellente journée à vous tous qui écoutez RTL. Alba Venturard, vous recevez donc ce matin le philosophe et eurodéputé Les Républicains, François-Xavier Bellamy.
Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. D'abord sur le Brexit, est-ce que vous êtes comme nous complètement perdu ce matin
?
J'essaye de suivre avec beaucoup de précision ce qui se passe pour une raison très simple,
c
'est que le Brexit est aussi et peut-être même d'abord pour nous une question française. L'impact du Brexit est direct sur beaucoup de nos activités. François Langlais rappelait à l'instant l'impact sur l'activité industrielle et ça concerne aussi nos industries. Ça concerne aussi le secteur de la pêche dont je vais m'occuper particulièrement à la commission de la pêche. Si on va vers un Brexit sans accord, par exemple, c'est 50% des pêcheurs français qui sont menacés de rester à quai. Et donc pour nous, le point le plus important, c'est de préserver les intérêts des Français dans cette séquence évidemment très troublée.
Rappelons brièvement ce qui s'est passé hier au Parlement britannique. Boris Johnson, le Premier ministre, a accusé un gros revers, il a été désavoué, il a perdu sa majorité. Et une motion a été approuvée qui permet de contraindre le Premier ministre à un nouveau report. Vous dites ce matin, la plaisanterie a assez duré
?
Je crois que les Britanniques dans
leur ensemble... Ça fait trois ans
qu'ils ont voté le Brexit.
Les Britanniques
dans leur ensemble n'en peuvent plus de ce feuilleton qui dure depuis trop longtemps. Et il me semble qu'aujourd'hui, le vote vraiment important va avoir lieu, c'est-à-dire celui sur un éventuel report du Brexit, mais aussi celui sur des élections générales. Et il me semble que les Britanniques ne peuvent pas maintenant faire l'économie de retourner devant
les
électeurs pour que les électeurs puissent se prononcer sur la manière dont ils veulent que le référendum qu'ils ont voté, il y a maintenant trois ans, soit appliqué.
Vous
êtes de ceux qui pensent que Boris Johnson est tombé sur la tête, qu'il fait n'importe quoi
? Je
crois qu'il mène son projet comme il l'avait dit,
c
'est-à-dire que pour lui, le plus important, c'est de solder le Brexit. N'oublions pas que ce souhait correspond au vœu de beaucoup d'électeurs britanniques, parce que les Britanniques, vous le disiez à l'instant, n'en peuvent plus de ce feuilleton. Il avait donc promis un no deal, même si c'était nécessaire de passer même par un no deal. Maintenant, ce qui est certain,
c
'est que sa majorité repose sur une transformation d'appareil à l'intérieur du Parti conservateur. Il n'est devenu Premier ministre que par un vote interne au Parti conservateur, ce qui lui donne une légitimité relativement faible à l'égard du corps électoral. Il faut donc évidemment, je crois qu'il y ait de nouvelles élections maintenant et il faut espérer en tous les cas que ce feuilleton sera clos le plus vite possible, parce que c'est aussi une grosse incertitude pour l'Europe et pour la France, je le disais à l'instant.
François-Xavier Bellamy, la droite française n'est pas dans l'état de la droite anglaise, mais elle n'est quand même pas en grande forme. Chacun fait sa rentrée de son côté. On a vu Pécrécis, Bertrand Barouin, Wauquiez, Retailleau. On ne
voit
pas bien quelle est votre ligne politique, toujours pas. Franchement, c'est le parti dans lequel vous aviez envie de démarrer, Les Républicains
?
Il est clair que quand je suis rentré même dans cette campagne pour l'élection européenne, quand je me suis engagé au sein de ce mouvement, c'était dans un contexte déjà marqué par une forme de crise. Les Républicains ont perdu l'élection présidentielle de 2017, et dans ce contexte-là, sans avoir été au deuxième tour de l'élection présidentielle, il est évident qu'ils ont devant eux un vrai travail de reconstruction qui va prendre du temps. J'espère simplement pouvoir y prendre part, et j'espère surtout que nous allons parvenir à reconstruire une vision
politique partagée. Vous y croyez-vous,
aux Républicains,
ce
parti qui est en plein de naufrage aujourd'hui
?
Je pense que nous devons reconstruire une proposition politique cohérente, et nous le devons,
non pas d'abord
pour les Républicains, mais nous le devons d'abord pour la France, parce que la France a besoin d'une véritable alternative politique. Et on ne peut pas, je me suis battu contre cette situation pendant toute la campagne de l'élection européenne, on ne peut pas laisser notre pays plonger dans cette espèce de faux débat entre populistes et progressistes qui ne rime à rien. Il faut reconstruire une vraie discussion politique autour des enjeux de
l
'avenir.
On
ne
voit pas bien sur quoi la
droite peut nous éclairer. Il y a beaucoup de sujets sur la table. Tiens, ce matin, on découvre grâce au rapport de deux parlementaires, UDI et La République En Marche, une vaste fraude sociale. Vous avez entendu parler de ça, une absence de contrôle, par exemple un assuré qui reconnaît 70 enfants, l'INSEE qui compte 3 millions de centenaires. C'est un sujet dont la droite pourrait s'emparer, ça ?
Mais c'est un sujet dont la droite s'est emparée depuis longtemps, parfois d'ailleurs en suscitant l'opposition vigoureuse de ses contradicteurs, mais ça fait quand même longtemps qu'effectivement des responsables politiques de la droite font valoir qu'il est nécessaire, par souci d'équité et de justice, de vérifier que les mesures d'aide sociale vont vraiment à ceux qui en ont besoin. C'est un sénateur de droite qui s'était emparé du sujet il
y
a quelques années déjà. Aujourd'hui, on se rend compte que ce sujet est effectivement un sujet considérable. Je crois qu'il est nécessaire, effectivement, que nous puissions nous en saisir.
Mais la critique que vous faites en cette rentrée du gouvernement, c'est immobilisme. Vous n
'avez
pas trouvé plus percutant ? Parce que Bercy annonce la suppression de 5 800 emplois. C'est lié à la réforme du prélèvement à la source, à la mise en place du prélèvement à la source. La réforme des retraites est en cours. La réforme de l'assurance au chômage est engagée. La réforme de la fonction publique aussi. Ça, c'est de l'immobilisme ? Ce n
'est
pas ce que la droite rêvait de faire ?
La question, c'est qu'est-ce qui se passe réellement derrière les effets d'annonce ? Moi, je vais suivre avec intérêt, par exemple, la réforme des retraites ou bien la réforme, effectivement, de la fonction publique. Regardons réellement ce qui va se passer. On est devant des sujets qui engagent notre avenir. Et je le dis comme un jeune citoyen qui a devant lui la préoccupation d'un pays qui, aujourd'hui, depuis des décennies, et là, pour le coup, tous les camps politiques ont leur responsabilité, dépense plus qu'il n'est capable de collecter d'impôts. Il est très évident que l'équilibre de nos comptes publics est une garantie indispensable pour préparer notre avenir.
Aujourd'hui, malheureusement, et je serais heureux de pouvoir dire le contraire si c'était le cas, mais aujourd
'hui, j'ai le sentiment que rien n'est fait
sur un sujet comme celui-ci. Vous parliez de la réduction des effectifs de la fonction publique.
Ce
n
'est
pas un mantra en soi, mais malgré tout, on est certain qu'on ne remettra pas nos comptes à l'équilibre si on n'arrive pas à réorganiser la fonction publique. Et bien, effectivement, là où on nous promettait encore des
dizaines de milliers de suppressions de postes de fonctionnaires, c'est à nous
de
critiquer sur des sujets que vous auriez dû engager.
D'abord, je n'ai jamais exercé
de responsabilité gouvernementale. Non, mais vous n'avez pas vous exonéré, vous faites partie des
Républicains.
Je ne m'exonère de rien. Je constate que quand...
Vous avez été au pouvoir, votre parti est
au pouvoir.
Mais
quand la droite était au pouvoir, par exemple, la réduction générale des politiques publiques, la RGPP a été appliquée, d'ailleurs d'une manière qui mérite d'être discutée aussi, mais malgré tout, elle a conduit à la diminution effective du nombre de fonctionnaires dans notre pays. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Et dans un contexte, disons-le, qui est économiquement bien plus favorable que celui que la droite a connu entre 2007 et 2012. Donc, encore une fois, on ne va pas passer notre temps à regarder le passé. Ce qui compte, c
'est
de se tourner vers l'avenir. Ce qui compte, c'est aussi de regarder lucidement ce qui est mené pour pouvoir approuver ce qui est fait de bien, mais pour pouvoir aussi, pardonnez-nous d'exister encore, dire que parfois, tout n'est pas bon et que derrière les effets d'annonce, la réalité ne suit pas toujours. C'est aussi le cas, pour une question qui me concerne plus directement, sur la réforme du lycée. Je suis enseignant, je regarde avec inquiétude cette réforme du lycée. Je sais que Jean-Michel Blanquer en a parlé à votre micro il y a quelques jours. Et là aussi, derrière les effets d'annonce, il faut regarder la réalité des faits.
François-Xavier Bellamy, Jean-Paul Delevoye va donc être chargé de porter la réforme des retraites. C'est un chiracien, un homme de droite.
Vous
en pensez quoi ?
Jean-Paul Delevoye a mené une négociation très approfondie sur la réforme des retraites. J'ai du mal à comprendre, vous voyez, typiquement, là, on rentre dans le concret. J'ai du mal à comprendre pourquoi le président de la République a pris le contre-pied du travail qu'il avait mené. Pourquoi ? Le ministre des Comptes publics annonce aujourd'hui une concertation, alors qu'on a nommé M. Delevoye pour faire une mission de concertation, qu'il a rendu ses conclusions. Il a proposé un déplacement
de l'âge
pivot. Et bien sûr, on ne comprend rien. Je trouve qu
'on
ne comprend rien à ce qui se passe.
Mais c'est bien de concerter
les Français, non ?
Mais les Français ont été concertés par la mission de M. Delevoye. C'était son travail.
Il
a pris deux ans pour cela. C'était nécessaire de le faire, bien sûr. Mais maintenant, il faut aussi décider. Il faut avancer. Et on ne peut pas jouer avec les nerfs des Français sur un sujet aussi complexe et aussi fondamental que celui de leur retraite. Leur retraite, c'est le travail de toute leur vie. C'est leur avenir. C'est l'avenir de leurs enfants. Il est absolument fondamental qu'enfin le gouvernement nous dise quel est son cap et quelle est sa vision. Et qu'on puisse enfin avoir l'esprit clair sur un sujet comme celui-ci.
François-Xavier Bellamy, le sujet de la PMA pour toutes les femmes arrive à l'Assemblée le 23 septembre. Alors, vous avez dit que vous iriez manifester le 6 octobre pour vous y opposer, notamment aux côtés de la manif pour tous. Vos camarades, les Républicains, ne sont pas très chauds pour y aller. Vous serez tout seul, je crois.
Non,
je ne serai certainement pas tout seul.
Et
puis, chacun fait ses choix de façon totalement libre. Vous savez, moi, je n'ai aucun jugement à porter sur personne. Pour moi, je crois que le sujet est fondamental. Et je crois qu'il faut que chacun en ait conscience, quelle que soit notre position sur un sujet comme celui-ci. Nous sommes en train de décider de quelque chose qui touche, je le dis comme professeur de philosophie aussi, quelque chose qui touche à la condition humaine elle-même,
c
'est-à-dire la manière dont la vie humaine se transmet. C'est une question absolument fondamentale. Et il me semble qu'il est nécessaire d'avoir sur ce débat une vraie exigence pour que le débat soit respectueux, approfondi et
intelligent. Mais le désir d'enfant n'entretend
pas
pour vous. Le
désir d'enfant, il est absolument légitime et absolument respectable. La vraie question qui se pose à nous, et c'est une question qui nous touche tous, c'est la question de savoir si nous devons considérer que le désir doit gouverner nos existences. Et encore une fois, le désir d'enfant est légitime et respectable. La vraie question qui se pose à nous aujourd'hui, c'est de savoir si la technique, et si la technique médicale en particulier, doit maintenant se donner pour but, non plus seulement de réparer les corps quand ils sont en mauvaise santé, mais de satisfaire nos désirs.
Parce que le désir d'enfant est respectable, mais vous savez, le désir d'avoir un enfant en bonne santé, il est respectable aussi. Le désir d'avoir un enfant qui fasse de bonnes études,
il est respectable aussi. Et donc demain,
pardonnez-moi, si nous ouvrons la porte à cette logique-là, si nous considérons que le désir le plus légitime doit pouvoir obtenir par les moyens de la technique sa satisfaction, je ne vois pas ce qui nous empêchera de poursuivre sur la voie de l'augmentation de l'humain vers la performance à tout prix. Et je ne suis pas sûr que ce soit de cette société que nous voulons aujourd'hui.
Vous avez des amis, femmes, homosexuels
? Mais
bien, quel est le...
Non,
mais elles vous ont peut-être parlé de leur désir d'enfant.
Il
n
'y a
pas que la médecine.
Mais c'est
une question...
C'est ce que vous êtes en train de dire.
La
médecine ne peut pas aller au-delà de ce pourquoi elle est faite. Si, le désir, ça va au-delà. On ne
va
pas engager un débat philosophique.
Mais c'est un débat philosophique.
Et
oui, bien sûr que j'ai des amis de toutes conditions, dans toutes situations de vie, et que le désir d'enfant, il est universel et que chacun l'éprouve.
Donc vous les comprenez, vos amis ?
Mais je comprends, évidemment. Encore une fois, je ne juge absolument pas le désir. Le désir, il existe.
Je veux dire, la
société est prête, peut-être, pour aller au-delà.
La question, encore une fois, qui nous est posée, c'est précisément un choix de société absolument majeur. La question qui nous est posée, c'est quelle réponse voulons-nous que nos désirs puissent obtenir par le biais de la technique ? Et oui, c'est une question qui engage le statut de la médecine. Ça n'est pas du tout anecdotique, parce que derrière cela, c'est la question, au fond, de l'augmentation de l'humain. Personne, par exemple, ne désire mourir. Est-ce que nous voulons pour autant que la technique nous permette de prolonger indéfiniment la vie ? C'est une question immense qui mérite d'être posée.
Vous reviendrez pour en parler. Merci beaucoup, François-Xavier Bellamy.
L
'intégralité de cet entretien est à retrouver sur le site rtl.fr.
François-Xavier Bellamy