François Hollande, invité spécial de C à vous - 20/10/2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 5:20OuverteRéponse directe
Éric Zemmour était ce matin au salon de l'armement Minipol, émilié, avec une image qui a choqué.
- 7:10OuverteRéponse directe
Un non-candidat comme Éric Zemmour, François Hollande, peut-il rire comme ça ? Ou au contraire, est-ce que vous comprenez que ça ait pu choquer ?
- 8:50OuverteRéponse directe
Mais vous n'y croyez pas ? Vous pensez que le phénomène Zemmour va se déconstruire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19InvitéFait
« Vouloir une sixième république, mais laquelle ? La fin de l'élection du président de la République au suffrage universel ? »
- 0:24InvitéFait
« Sortir de l'Union Européenne, faire annuler par la Banque Centrale la dette de la France, ce qui est impossible, et sortir même de l'Alliance Atlantique »
- 2:56InvitéFait
« La justice doit certes passer, mais le sort des politiques ne se règle pas dans les prétoires »
- 3:57InvitéFait
« Sous ma présence, c'était finalement à mon instigation que les juges le poursuivaient ou menaient des enquêtes »
- 5:35Invité politiqueFait
« C'est ici que sont présentées les dernières innovations militaires, équipements en tout genre, drones, robots, armes de pointe »
- 6:11Invité politiqueFait
« Viser des journalistes avec une arme en leur disant reculer n'est pas drôle. C'est horrifiant, surtout après avoir dit sérieusement vouloir réduire le pouvoir des médias »
Temps de parole
- Invité69 %
- François Hollande13 %
- Invité 28 %
- Invité 37 %
- Présentateur3 %
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Je ne suis pas du tout dans la rancune ou dans la rancœur ou dans la revanche. Mais enfin franchement, Jean-Luc Mélenchon, oui c'est un fardeau pour la gauche. Il refuse toute alliance, il prend des positions qui empêchent tout programme commun. Vouloir une sixième république, mais laquelle ? La fin de l'élection du président de la République au suffrage universel ? Sortir de l'Union Européenne, faire annuler par la Banque Centrale la dette de la France, ce qui est impossible, et sortir même de l'Alliance Atlantique, comme si la menace principale c'était les États-Unis. Pas la Russie ou la Chine. Donc comment faire un programme commun ? Comment permettre à la gauche de se retrouver ?
Donc ces électeurs, eux, à mon avis, si on leur propose une solution meilleure d'accession au pouvoir, ils iront vers cette direction. Mais aujourd'hui, c'est un empêchement justement pour permettre d'accès au second tour. Arnaud Montebourg, que j'ai bien connu, il était membre d'un gouvernement, et qui en est encore, lui aussi, à dire qu'il va arriver au Conseil Européen et leur demandait maintenant de céder sur toutes les règles qui font l'Union Européenne. Il en est même arrivé à être d'accord avec les positions polonaises sur la suprématie du droit national par rapport au droit européen. Alors que c'est le fondement même de l'Union Européenne.
Donc il ferait mieux de s'abstenir.
Eh bien, vous avez raison. Pas sérieux, s'abstenir.
Voilà, donc...
Mais est-ce que, puisque vous prenez le mot d'abstention, parce que...
C'est elle la candidate surprise de cette élection ?
Oui, parce que je voulais y revenir. Nous avons regardé les élections régionales, départementales, avec surprise, autant d'abstention. Et nous pensons que c'était lié à la crise sanitaire. Non. Il y a une indifférence de nos concitoyens, un rejet, un éloignement par rapport à la politique. C'est ça que je veux aussi souligner dans ce livre. Qui fait qu'il est possible, si rien ne vient, s'il n'y a pas de l'espoir, s'il n'y a pas une conquête qui mobilise les électeurs, s'il n'y a pas des enjeux forts qui les animent et les déterminent, il est possible que l'abstention soit très forte au premier tour. Pas simplement au second tour, mais dès le premier tour.
Et par ailleurs, combien de Français ai-je rencontré qui m'ont dit « Nous ne voulons plus voter contre, nous voulons voter pour ». Et ça, c'est aussi une réflexion qu'il faut avoir à l'esprit, parce qu'aucun second tour n'est assuré quand beaucoup de Français sont dans cette attitude. Dans votre livre, comme on dit, vous distribuez beaucoup, et donc on remarque d'autant plus une relative indulgence à l'égard de Nicolas Sarkozy. En tout cas, à mes yeux, tel que je l'ai lu. Vous évoquez un président malheureux, un concurrent battu, mais un battant exceptionnel aux ressources inépuisables, singulièrement pendant la crise financière de 2008.
Vous dites « Il n'avait rien d'un premier de la classe, mais quelle revanche plus éclatante que d'être le premier arrivé à force d'élan et d'assaut ». Et puis, il y a une phrase qu'on voudrait vous voir quand même éclairée. Quand vous évoquez les différents dossiers judiciaires qui visent Nicolas Sarkozy, vous dites « La justice doit certes passer, mais le sort des politiques ne se règle pas dans les prétoires ». Donc, même après son mandat, après avoir quitté les responsabilités, un ancien président n'est pas injusticiable comme les autres ? – Oui, je dis « La justice doit passer ». Et nul ne peut se mettre à l'écart de la justice.
Mais ce n'est pas à la justice de savoir si un homme, une femme politique, peut continuer à exercer son magistère moral ou politique. Donc… – Ah, vous êtes contre les peines d'inéligibilité ? – Ah non, d'inéligibilité, non. Je pense que les peines d'inéligibilité doivent être prononcées quand il y a des cas suffisamment graves qui le justifient. En l'occurrence, aucune peine d'inéligibilité n'a été prononcée à l'égard de Nicolas Sarkozy. Elles sont suffisamment graves, mais elles n'ont pas été jusque-là. Donc, pour ce cas-là, je ne le pense pas. Par ailleurs, comme Nicolas Sarkozy a longtemps pensé que… – Vous étiez responsable de ces envies judiciaires.
– Sous ma présence, c'était finalement à mon instigation que les juges le poursuivaient ou menaient des enquêtes. Je ne suis plus président, vous l'avez remarqué, depuis maintenant près de 5 ans, la justice continue et il y a même d'autres affaires qui sont dévoilées. Donc, à partir de là, je crois qu'ils ne devraient plus s'inquiéter de ma propre intervention. Il n'y en a eu aucune. Moi, j'ai toujours respecté la dépendance de la justice. Et d'ailleurs, parmi un certain nombre de déclarations, encore aujourd'hui, du président Emmanuel Macron, il y a toujours cette suspicion à l'égard de la justice. Or, moi, j'ai toujours défendu la justice. – Et vous faites la même dans votre livre ?
– Non, je ne fais pas la même. Je dis simplement que la justice doit intervenir, doit se prononcer. Mais la vie politique, elle est aussi pour Nicolas Sarkozy comme pour d'autres, sur les électeurs… – C'est exactement ce qu'a dit Emmanuel Macron. – Non, non, non, non, il a évoqué… – Aux États généraux. – Non, il a évoqué le fait que la justice s'introduisait là où elle ne devait pas aller. Ce n'est pas ce que je dis. Elle doit aller jusqu'au bout des procédures. Elle doit condamner si c'est nécessaire. Mais pour le débat politique, pour savoir si Nicolas Sarkozy doit poursuivre ou pas sa vie politique, ce n'est pas à la justice de le dire.
– Le sort des politiques ne se règle pas dans les prêtoires, mais dans les urnes, j'imagine. Éric Zemmour était ce matin au salon de l'armement Minipol, émilié, avec une image qui a choqué.
– Oui, la scène s'est déroulée au Salon mondial de la sécurité intérieure qui a lieu tous les deux ans. C'est ici que sont présentées les dernières innovations militaires, équipements en tout genre, drones, robots, armes de pointe. Et c'est justement une arme d'assaut qu'Éric Zemmour a voulu tester. Sauf que cette arme non chargée, évidemment, il l'a prise en main et il l'a pointée sur les journalistes qui le suivaient.
– À la fois que vous serez président, vous serez procédé par ces armes-là. – D'accord ? – Ça rigole plus bien. – Poussez-vous là. Reculez, reculez. Reculez, reculez. – C'est comme ça que vous décrivez votre candidature, monsieur Zemmour ? – Comment ?
– Seine qui a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux, qui a choqué et fait réagir la ministre déléguée au ministère de l'Intérieur auquel le salon Minipol est rattaché. Voici donc le tweet de Marlène Schiappa. « Viser des journalistes avec une arme en leur disant reculer n'est pas drôle. C'est horrifiant, surtout après avoir dit sérieusement vouloir réduire le pouvoir des médias. Dans une démocratie, la liberté de la presse n'est pas une blague et ne doit jamais être menacée. » Aussitôt ce tweet publié, aussitôt lu à Éric Zemmour, qui a répondu à la ministre, image catée par Iban Raïs et Audrey Payas.
« Marlène Schiappa est une imbécile, voilà ce que je lui réponds, qu'elle est grotesque et ridicule. Elle essaye de chercher à monter en neige une polémique grotesque. Tous les Français vont se moquer d'elle et ce n'est pas la première fois. »
Donc pour Éric Zemmour, la ministre s'est couverte de ridicule. Ceux qui, comme elle, ont pu être choqués, manquent d'humour.
« Je me suis simplement amusé pendant 30 secondes. Et voilà, il n'y avait pas de message politique, il n'y avait pas de menace. Voilà, j'étais, je vous répète, à un salon où il y a des armes. Et donc je touche les armes. »
Un non-candidat comme Éric Zemmour, François Hollande, peut-il rire comme ça ? Ou au contraire, est-ce que vous comprenez que ça ait pu choquer ? Sachant que ce geste intervient alors que samedi dernier, Éric Zemmour avait dit vouloir mettre fin au contre-pouvoir comme la justice, les médias et les minorités. C'est ce à quoi Marlène Schiappa faisait référence dans son tweet.
Faut-il tout commenter ? Faut-il, à un moment, tout dénoncer ? Ce qui compte, c'est ce que déclare, c'est ce qu'écrit Éric Zemmour. Ça suffit ?
C'est-à-dire que Marlène Schiappa n'aurait jamais dû réagir et commenter cette image ?
Oui, donc elle peut dire ce qu'elle a envie de dire. Mais enfin, moi je vais commenter ce type de comportement. Je pense que c'est suffisamment grave ce que fait, ce que dit Éric Zemmour, pour diviser les Français, pour introduire une scission entre la France et l'Europe, entre les Français qui seraient soi-disant de souche et les autres qui seraient venus plus tard, entre les femmes et les hommes, entre les homosexuels et les hétérosexuels. Il faudrait qu'après on s'attache à savoir s'il a voulu faire une plaisanterie. Mais ce n'est pas un problème de plaisanterie. Là on est sur des questions de fond.
Et ce qu'il cherche, ça fait quand même des années qu'il le cherche, c'est d'exister à travers les médias et les antennes. Ce petit chose, c'est ça ? Oui, ce petit chose, on le connaît depuis 30 ans. Et jusqu'à présent il était un amuseur, un peu inquiétant sur les plateaux de télévision. Et il devient un candidat à l'élection présidentielle. Et bientôt un possible figurant au second tour de l'élection présidentielle.
Mais vous n'y croyez pas ? Vous pensez que le phénomène Zemmour va se déconstruire ?
Je pense qu'il est suffisamment dangereux par ce qu'il dit pour que les Français soient suffisamment inquiets et même effrayés de pouvoir penser qu'il pourrait être au second tour de l'élection. Même Mme Le Pen trouve qu'il est inquiétant. C'est vous dire où on en est. Sauf que comme il est habitué des plateaux, on en est moins choqué. Ce qui devrait nous heurter, c'est qu'il est depuis des années sur une chaîne de télévision et qu'il tient débat et qu'il n'a même pas besoin de dire qu'il est candidat tout en engrangeant un certain nombre de soutiens. Il y a eu un phénomène d'accoutumance. Oui, je le pense. Et il n'est pas le seul. Il y a toute une galaxie autour d'Éric Zemmour.
Et ça fait partie du débat politique. Et je pense qu'il faut le rehausser. Il faut, y compris sur le plan des médias, être non pas intraitable, mais parce que tout le monde a le droit à s'exprimer, mais enfin sur un certain nombre de propos, de dire qu'il y a des limites et notamment par rapport à un personnage qui a été condamné. Tout à l'heure, on parlait de justice, qui a été condamné pour incitation à la haine.
Et il faut s'inquiéter de sa montée incessante dans les sondages ?
Plus on en parle, plus une partie de l'électorat de Mme Le Pen va sur M. Zemmour. Peut-être même une partie de l'électorat de droite. Et vous me dites que je suis piquant. Si je peux piquer un peu, je serai à la place des responsables de la droite, je ferai un mur, je placerai une étanchéité, comme d'ailleurs ça a été fait à l'égard de Marine Le Pen, à l'endroit d'Éric Zemmour, plutôt de copier un certain nombre de ses discours ou de ses déclarations. là-dedans.
Sous-titrage ST' 501
François Hollande