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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne· 20 avril 2026 37 min

Quelle droite pour 2027 ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Il est 19h21, tout simplement. France Inter. Le 18-20. Christelle Rebière. Voilà, j'étais déjà partie. Ils disent « Je me sens capable d'être président. Je pense savoir comment il faut présider la France. Je veux être le candidat du rassemblement au premier tour. » Ils ne sont pas encore candidats pour 2027, mais ils sont sur la ligne de départ entre le centre et la droite. J'ai cité dans l'ordre Michel Barnier, Gabriel Attal, Dominique de Villepin. Il y a ceux qui se préparent, Xavier Bertrand, David Lysnard, à qui il faut ajouter les candidats déclarés, Edouard Philippe, le mieux placé dans les sondages, ou encore Bruno Retailleau, validé hier par les adhérents LR.

Ça fait beaucoup de monde. Mais pour quelle ligne idéologique à l'arrivée ? L'union de la droite et du centre paraît indispensable arithmétiquement pour avoir une chance de l'emporter, mais personne n'est d'accord sur la méthode. Alors comment faire ? Une primaire avec qui ? Faut-il plutôt attendre qu'un candidat sorte naturellement ? Ça promet surtout une primaire sauvage. Au fond, la droite, c'est quoi aujourd'hui ? Va-t-elle des macronistes au LR ? Ou doit-elle s'étendre jusqu'à reconquête, comme le souhaite Laurent Wauquiez ? Sur quelle valeur ? On a envie de vous entendre ce soir sur ce trop-plein de candidats. Comment voyez-vous la suite ?

En sachant que l'élection présidentielle est particulièrement ouverte, puisqu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter. C'est le Téléphone Son ce soir. Soyez les bienvenus. Le Téléphone Son. 01 45 24 7000. Et bonsoir Christian.

1:35
Auditeur

Bonsoir. Je vous appelle Duvaux Cluse. Je suis militant modem depuis la création de ce mouvement. et je me sens centriste du centre. Donc, j'ai écouté tous les noms que vous avez évoqués et il est clair qu'il y en a quelques-uns pour lesquels je... En tout cas, il y en a un pour lesquels je ne risquerai pas de voter ni au premier ni au second. Ou alors au second tour, si vraiment je n'avais pas le choix, mais c'est Bruno Rotaio. Il est exclu pour moi de voter pour quelqu'un dont le positionnement est si proche de la droite de la droite.

2:15
Présentateur

Il n'est pas assez centriste pour vous, si j'ai bien compris. Il tire trop à droite, Bruno Rotaio.

2:21
Auditeur

Évidemment. Pour moi, Bruno Rotaio, c'est Éric Ciotti bis. Et je ne serais pas surpris qu'il nous refasse le coup de faire une alliance avec le RN. Ça, ce n'est pas possible. Moi, il n'est pas fiable.

2:36
Présentateur

Christian, c'est quoi pour vous la droite ? Et c'est quoi pour vous le centre, la différence ?

2:41
Auditeur

Alors, mes parents votaient à droite, par exemple. Ils étaient giscardiens. Et moi, je me suis beaucoup recentré. Le centre, c'est quand on choisit entre le candidat le plus proche de nos idées, mais qui peut aussi se trouver au centre-gauche. Par exemple, Raphaël Glucksmann. D'accord.

3:02
Présentateur

Vous, vous allez jusqu'à Raphaël Glucksmann ?

3:05
Auditeur

Ah ben oui, largement, oui, bien sûr. Sans hésitation.

3:08
Présentateur

En tout cas, pas de Rotaio.

3:10
Auditeur

Ah non, c'est exclu.

3:12
Présentateur

Et pas de LR. Si c'est un autre candidat, par exemple, qui vient du Parti des Républicains ?

3:19
Auditeur

Ben, Edouard Philippe, pourquoi pas ?

3:21
Présentateur

Il n'y est plus, Edouard Philippe.

3:24
Auditeur

Il n'est plus dans la... Il n'est plus... Non, il n'est pas LR.

3:26
Présentateur

Il a son propre parti horizon. Il était LR il y a longtemps.

3:31
Locuteur

Oui, oui.

3:31
Auditeur

Pour moi, c'est un ancien LR, disons. Mais un autre candidat LR, Xavier Bertrand, je trouve qu'il n'est pas... Oui, il n'est pas très clair. Il a fait beaucoup d'opposition ces dix dernières années. Donc, il me semble qu'il est un petit peu opportuniste, on dira.

3:54
Présentateur

D'accord. Bon, ben, merci d'être intervenu, Christian, pour en parler avec vous ce soir autour de moi, dans ce studio. Florence Hegel, bonsoir.

4:01
Invité

Bonsoir.

4:01
Présentateur

Merci d'être la professeure de sciences politiques à Sciences Po, Stéphane Zumstek, bonsoir. Bonsoir. Directeur du département politique et opinion d'Ipsos BVA et Julien Nenni, bonsoir Julien. Bonsoir. Journaliste au service politique de France Inter, c'est une voix que vous connaissez. Et je précise, Julien, que vous suivez la droite et le centre.

4:19
Invité

Tout à fait. Donc, l'émission me passionne. Voilà.

4:22
Présentateur

Alors, Christian nous dit, moi, je suis centriste du centre. Alors, est-ce que Bruno Retailleau peut arriver à attirer ce type d'électeur ou, de toute façon, il n'y a pas moyen, Florence Hegel ?

4:34
Invité

Écoutez, je crois que ça va être difficile. Le témoignage le montre bien. Et ma première réaction, c'est de dire, comme cet auditeur nous a retracé un peu sa trajectoire, voire celle de ses parents, Giscardien et puis Modem, pendant des années, ces familles politiques étaient très proches. C'est-à-dire, UDF, LR, ils avaient une union au second tour, ils avaient des reports de vote obligatoires. Et ils ont fait partie communs à partir de 2002, ça s'appelait de l'MP. Oui, mais sans le Modem. Mais il y avait vraiment beaucoup de proximité.

Et ce qui caractérise l'évolution du paysage politique, c'est que maintenant, ces gens qui avaient quand même l'habitude de voter les uns pour les autres, maintenant, il y a cette frontière qui est tout à fait étanche et qui renvoie quand même à la droitisation, moi je dirais ça comme ça, du LR, qui d'abord s'est rapprochée de plus en plus, en tout cas sur de nombreux sujets, on y reviendra, du Rassemblement National, voire peut-être encore plus de reconquête.

5:49
Présentateur

Droitisation de LR, nous dit Florence Egel, Stéphane Zumstek, est-ce que c'est quelque chose que vous voyez apparaître dans les sondages ?

5:57
Bruno Retailleau

Bien sûr, sur toutes les questions qui traitent du régalien, comme on dit en général, l'insécurité, l'immigration, mais aussi sur les questions économiques, sur le libéralisme, sur le poids de l'État, le poids trop important pour cet électorat de l'État, pour l'assistanat, on le voit bien, mais ça ne date pas de ces derniers mois. Mais bien sûr, c'est un électorat qui est droitisé, j'ajouterais quand même une chose, l'électorat du centre, appelons ça le macronisme, ce qu'il en reste, c'est aussi droitisé.

Et les gens qui votent pour Emmanuel Macron en 2017 ne sont déjà plus forcément les mêmes que ceux qui votent pour lui en 2022 ou qui voteront pour l'un des candidats issus de ce bloc central, ça c'est une première chose. Mais les centristes aussi, cette majorité qui a permis d'élire deux fois Emmanuel Macron, c'est droitisé. Quand vous voyez ce qu'il pense de la valeur travail, de sa réhabilitation, de la nécessité de réduire les déficits, on voit bien que, ne serait-ce qu'économiquement, cet électorat est bien plus à droite qu'il ne l'était il y a dix ans.

6:49
Présentateur

Mais pourquoi il s'est droitisé ? Et à quel moment vous avez vu que ça commençait à glisser ? C'est parce qu'Emmanuel Macron lui-même s'est droitisé ?

6:56
Bruno Retailleau

Bien sûr, Emmanuel Macron n'a pas mené une politique qui était à la fois et de gauche et de droite, ou très peu, très peu de temps en fait, très vite. Ensuite, c'est finalement des décisions, prenons la réforme des retraites, qui a été le principal chef-d'oeuvre, quelque part, de son second quinquennat. Je parle d'un point de vue de macronisme, que je ne suis pas forcément, ce n'est pas ce que je veux dire, mais tout ça a profondément marqué cette partie de l'électorat plutôt de centre-gauche qui avait voté en 2017 pour lui. En 2017, il y a plus de gens qui votent pour Emmanuel Macron qu'il y a de gens de droite qui votent pour Emmanuel Macron, ne serait-ce qu'au premier tour.

Tout ça, en 2022, a déjà totalement évolué, totalement muté. Ce qui est intéressant avec Emmanuel Macron, c'est qu'il y a eu, en partie, une substitution d'électorat.

7:34
Invité

Vous connaissez la phrase de François Mitterrand sur les centristes. François Mitterrand, l'ancien président, disait « Les centristes sont des gens qui ne sont ni de gauche ni de gauche ». Je pense que ça résume assez bien la situation et cette droitisation de cet électorat centriste qu'on a bien vu en 2002 et qui devrait se confirmer l'an prochain à la présidentielle.

7:49
Présentateur

Mais on avait Christian qui nous disait « Je ne suis centriste du centre ». Je ne crois pas qu'il soit majoritaire. C'était justement l'exception. Bonsoir Daniel. Bonsoir. Soyez le bienvenu sur France Inter.

8:01
Auditeur

Merci beaucoup.

8:03
Présentateur

Nous vous écoutons.

8:04
Auditeur

Je vais commencer par vous dire que le centre, ce qu'on apprend en faculté de droit, c'est que c'est le marais où on va chercher les voies, on va pêcher les voies dans le centre. Donc effectivement, c'est assez large, centre-droite, centre-gauche. Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas encore pour qui ils vont voter. Peut-être qu'ils vont voter pour un candidat de droite ou de gauche.

8:24
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous dites, vous, de la droite ?

8:28
Auditeur

Je dis de la droite, c'est que c'est la droite la plus bête du monde. Enfin, ce n'est pas moi qui l'ai dit, je le reprends.

8:34
Présentateur

Ça commence à dater, ça.

8:35
Auditeur

Je crois que c'est un président du Conseil des années 50. Je ne sais plus lequel. Pas d'acte. Mais c'est repris régulièrement dans les journaux, notamment par Libération. Mais pourquoi ?

8:47
Présentateur

Au-delà de la formule, pourquoi, Daniel ?

8:49
Auditeur

Parce que quand vous voyez des gens, je ne vais pas citer de noms, mais qui n'ont aucune capacité pour gouverner ce pays, qui vont se présenter, je crois qu'il faut aller chercher des gens moins clivants.

9:02
Présentateur

Ah, il y a un problème de clivage ?

9:06
Auditeur

Ben oui, si vous voulez, comme Rotaillou, il est clivant, oui, Rotaillou, etc. C'est ce que disait votre précédent un peu plus tard. C'est quelqu'un d'assez clivant. Je crois qu'il vaut mieux aller chercher des gens intelligents comme Villepin, par exemple.

9:23
Présentateur

Ah, Dominique de Villepin. Ben, on va y venir. Dominique de Villepin, il vous plairait à vous, Daniel ?

9:29
Auditeur

Je ne suis pas de droite, mais il me plairait, oui. Effectivement, il me plairait. Je ne suis pas de droite, mais en fait, j'ai voté parfois à droite, parfois à gauche. Ça dépend si vous votez pour des présidentielles ou pour des élections locales. Vous voyez, ici où je suis, j'ai voté pour un député communiste, alors que je ne suis pas du tout de ce bord-là.

9:49
Présentateur

Ça dépend de ce qu'il fait sur le terrain, j'imagine, votre élu. C'est ça la différence, on a bien compris. Merci, merci, Daniel. Il nous dit, Daniel, pourquoi pas Dominique de Villepin ? Je crois que... Florence Eguel.

10:03
Invité

Peut-être le problème en termes d'électorat potentiel de Dominique de Villepin, c'est qu'il plaît plutôt aux électeurs de gauche qu'aux électeurs de droite. Et donc, il a une certaine popularité parce que, du côté des centres-gauches en particulier, il paraît tout à fait acceptable par ses positions en matière internationale et géopolitique et avec le souvenir de son discours lors de la guerre en Irak. Donc, c'est ça son potentiel d'attraction. Mais je ne pense pas qu'il soit très soutenu. Mais ça, les sondeurs ici présents me contrediront peut-être. Mais je ne crois pas qu'il soit soutenu par les électeurs de droite. Donc, ça peut vite s'effriter en termes...

Quand on rentre vraiment dans la campagne électorale. En tout cas, c'est un risque.

10:49
Présentateur

Que disent les sondages, Stéphane ?

10:50
Bruno Retailleau

Les quelques mesures d'intention de vote qui ont été réalisées en testant au premier tour Dominique de Villepin lui donnent pour l'instant ce qu'on appelle un score de témoignage. 3-4%. Ceci dit, 3-4%, ce n'est pas important en soi, pour soi. Mais ça peut faire très très mal à d'autres candidats. Mais je suis d'accord aujourd'hui quand on voit un peu la structure de ce petit vivier. Mais vraiment, il faut insister. C'est un petit vivier, en tout cas. Pour l'instant, ce ne sont pas spécialement des héritiers de la droite gaulliste qui voteraient pour lui.

Parce qu'il y a de toute façon déjà pléthore de candidatures, pléthore d'offres ne serait-ce que dans l'espace du centre, du centre-droit et de la droite.

11:23
Présentateur

Vous pensez qu'il va y aller, Dominique de Villepin ? En tout cas, il se prépare.

11:26
Invité

Il a créé son parti. Ah, il dit qu'il se prépare, oui. Voilà. Quand on crée un parti, qu'on essaie de lever des fonds, qu'on multiplie les interventions dans les médias et qu'on se rend disponible chaque jour un peu plus pour aller à la rencontre des militants et faire le fameux Tour de France préparatoire, oui, factuellement, il se prépare. Est-ce qu'il ira au bout ? Est-ce qu'il aura l'argent nécessaire pour financer une campagne ? Ça coûte cher, une campagne. La force militante aussi pour le suivre. Est-ce qu'il bénéficiera de ralliements à partir de l'automne prochain pour porter sa candidature éventuelle, pour créer une dynamique ? Rien n'est moins sûr aujourd'hui, en effet.

Florence le disait il y a quelques instants. Au-delà des considérations internationales, pour l'instant, personne n'est capable de dire ce que pense Dominique de Villepin sur les autres sujets. Je ne dis pas que l'international, ce n'est pas important, ça l'est même de plus en plus. Mais que pense Dominique de Villepin de la santé, de la fonction publique, de l'école, de la dette, des retraites ? Moi, je n'en ai pas la moindre idée.

12:13
Présentateur

Vous voulez dire qu'il capitalise pour l'instant sur ce qu'il est ?

12:15
Invité

Sur son discours de 2003.

12:15
Présentateur

C'est ce que vous disiez. Et le gaulliste sympa, l'idée du gaulliste sympa développée par Michel-Édouard Leclerc, je ne sais pas, Florence Hegel, par exemple. Le gaulliste... Oui, oui, c'est Michel-Édouard Leclerc qui a théorisé ça. Il dit que la France veut un gaulliste sympa. Est-ce que c'est une idée qui vous paraît raisonnable ou un peu étrange ?

12:39
Invité

D'abord, je ne sais pas s'ils veulent quelqu'un de sympa en tant que président de la République. Déjà, c'est la première question. Ils ont eu un président normal à une époque. Oui, oui, mais tout ça, toute cette dimension... Alors, peut-être protecteur, derrière cette idée de sympathie, c'est peut-être quelque chose de plus lié à la protection ou ce type de choses. Et puis, un gaulliste... Bon, je veux dire, il faut... Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ? Tout le monde se revendique. Voilà, je veux dire...

13:11
Présentateur

C'est une bonne question. Qui peut se revendiquer du gaullisme aujourd'hui, réellement ?

13:17
Invité

Écoutez, moi, je pense... Je ne joue pas à ce petit jeu parce que, je veux dire, c'est tellement valorisant, en fait, d'avoir l'étiquette gaulliste, que si on distribue cette étiquette, on est vraiment faiseur de roi, quasiment. Même Jordan Bardella se dit gaulliste aujourd'hui. Voilà, et tout le monde le revendique. Et la discussion peut être interminable parce qu'il y a différents types de gaullisme. Il y a le post-gaullisme, etc. Donc, moi, je ne m'amuse pas à ce petit jeu de qui est plus gaulliste que l'autre. Mais je pense que, donc, c'est difficile de trouver un gaulliste sympa parce que c'est difficile de trouver un homme politique sympa et un homme politique gaulliste.

Stéphane Zumsteig.

13:55
Bruno Retailleau

Moi, je pense que les électeurs du centre-droite et de la droite dans la perspective de la prochaine élection présidentielle attendent tout sauf d'un président sympa faisant des propositions et ayant un programme sympa. On sent quelqu'un qui sont arqueboutés sur la notion d'autorité, sur la notion de fermeté. Et là encore, ils attendent un président qui leur parlera de façon claire, de façon franche, sans pour autant leur promettre ou leur annoncer des sacrifices terribles. Mais en tout cas, quelqu'un qui sera très ferme et pas uniquement sur le régalien, sur les questions économiques aussi.

14:22
Présentateur

Bruno Retailleau, il propose une radicalité raisonnable. Est-ce que ça va dans ce sens-là ?

14:28
Bruno Retailleau

Oui, là encore, c'est deux termes qui sont légèrement contradictoires. Je comprends. C'est un optimum. C'est vrai qu'il le dit,

14:34
Présentateur

il le répète souvent,

14:35
Invité

Julien Nenni. Oui, il le répète souvent.

14:37
Présentateur

Mais il est sur le régalien.

14:38
Invité

Il essaye de trouver son espace politique. Qu'est-ce que ça veut dire radicalité raisonnable ? Ça veut dire radical dans le sens pas macroniste. Regardez, moi, je ne fais pas du en même temps. Moi, j'ai des propositions notamment sur le régalien, notamment sur les cours suprêmes à la française. Il veut faire des référendums sur l'immigration. Il a des propositions sur le régalien qui détaillera ce jeudi, d'ailleurs, à Nanterre, qui vont très loin et qui risquent d'en choquer plus d'un, par exemple, Christian, qu'on a entendu au début de cette émission.

Raisonnable, parce qu'il ne veut pas franchir le Rubicon et faire comme ce qu'a fait Éric Ciotti en 2024, c'est-à-dire s'allier au Rassemblement National. Pour répondre à Christian, d'ailleurs, sur ce sujet, Bruno Retailleau, son projet est assez clair. Il dit, moi, je veux l'alliance avec toutes les droites, oui, mais l'alliance par les urnes, pas par les appareils. En fait, son modèle, c'est Nicolas Sarkozy 2007, qui, souvenez-vous, avait réussi à siphonner l'électorat de Jean-Marie Le Pen, qui, 5 ans auparavant, était au second tour, tout le monde s'en souvient. En 2007, son score est largement siphonné par Nicolas Sarkozy parce qu'il réussit à faire l'union par les unes.

Il réussit à parler à l'électorat populaire qui s'était reconnu dans Jean-Marie Le Pen en 2002. Bruno Retailleau, c'est son projet, lui aussi. Il ne veut pas du tout regarder sur sa gauche vers Emmanuel Macron, vers Édouard Philippe, vers Gabriel Attal. Il veut regarder vers sa droite, oui, mais parler aux électeurs.

15:50
Présentateur

Faire sa droite, regarder à droite sans faire l'union des droites.

15:53
Invité

L'union des droites par les urnes, pas par les appareils. Voilà. Ça, c'est le projet de Bruno Retailleau. Ce n'est pas tout à fait la même chose qu'Éric Ciotti. Florence Egel ? Alors moi, je crois que surtout, si on réfléchit à la position de Bruno Retailleau et peut-être plus largement de certains LR, c'est qu'ils introduisent quand même une différence entre Reconquête et le RN. C'est-à-dire que mon sentiment, c'est que la porosité, la proximité des LR avec Reconquête elle est assez forte parce que ce sont leurs anciens électeurs et parce que ce sont aussi les mêmes milieux sociaux, plutôt des milieux sociaux aisés, plutôt de la bourgeoisie, pour le dire de manière un petit peu schématique.

Et donc, cette porosité, elle est assez forte et en revanche, c'est quand même plus difficile de se rapprocher du RN parce que c'est tout à fait un autre type d'électorat, plus populaire et très différent de l'électorat LR de base. Donc, je pense qu'il faut faire aussi attention à différencier en fait et quand RN est reconquête et quand Laurent Wauquiez dit primaire de Cnafot à Darmanin, il dit Cnafot parce qu'elle est reconquête et il ne va pas plus loin pour le moment. Parce qu'elle n'est pas multicondamnée comme Éric Zemmour non plus. Oui, non mais ce que je veux dire c'est qu'il ne va pas parler de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen. Je suis tout à fait d'accord avec cette analyse

17:19
Bruno Retailleau

mais regardez, il y a un exemple tout bête, tout récent, alors ça ne vaut que pour ce que c'était pour Paris, regardez ce qui s'est passé à Paris. C'est à Cnafot qui obtient plus de 10% des voix alors que le Rassemblement national n'obtient que 1,5% mais d'où viennent, vous l'avez dit, d'où viennent ces 10% de personnes qui ont voté pour reconquête de la droite, de la droite dite classique. Mais tout ça, donc on comprend bien aussi les efforts déployés par Bruno Rotaillot pour essayer de capter cet électorat mais là encore, c'est une posture défensive. Il s'agit d'éviter des fuites. Un électorat qui jusqu'à présent était un électorat captif de la droite et des LR.

Il n'y a pas de stratégie de conquête de l'électorat parce que vous l'avez dit, reprendre un électeur au Rassemblement national, c'est très compliqué. C'est très très compliqué et ce qu'avait réussi la performance de Nicolas Sarkozy, ça a été réussi une fois mais une seule fois. Et cet électorat qui a basculé à ce moment-là dans le RN n'a pas oublié que Nicolas Sarkozy a ensuite supprimé la police de proximité et a vu les effectifs des forces de l'ordre être réduites. Un électeur du RN, ça a la mémoire longue comme un autre électeur en France.

18:15
Présentateur

Bonsoir David.

18:16
Invité

Bonsoir.

18:17
Présentateur

Eh bien nous vous écoutons. Je crois qu'on est en plein dans la conversation avec vous.

18:22
Invité

Exactement. J'aimerais repartir d'un propos qu'a eu Michel Barnier hier, l'ancien Premier ministre sur France 3 en disant qu'il voulait une union des droites avec le socle commun, le centre, appelez ça comme vous voulez, tout en rappelant tout en rappelant que le parti socialiste lui avait porte lorsqu'il était Premier ministre.

Donc je m'étonne de voir encore des gens de chez LR qui tendent la main à des gens en fait qui ont trahi comme disait Marie-France Garraud une odeur de marocain donc en fait tout à l'heure quelqu'un disait ni de gauche j'ai oublié le nom de monsieur excusez-moi mais ni de gauche ni de gauche pour citer François Mitterrand mais en fait les centristes voilà c'est dès qu'il y a une odeur de marocain ils sont là donc en vrai voilà ça ne change rien mais tout ça pour dire qu'en fait Michel Barnier se tourne vers des gens qui ne veulent pas en fait de la droite de lui etc.

Donc cette hypothèse pour moi elle est mornée après Bruno Rotaillot dit moi je veux faire l'union par les électeurs mais comme vient encore une fois de très bien le dire monsieur vous imaginez des gens qui viennent de voter Rassemblement National au municipal qui vient de s'enraciner le Rassemblement National qui vient de s'enraciner aller voter pour quelqu'un un parti qui les a trahis sous Nicolas Sarkozy etc.

revenir faire le retour monsieur a raison donc en fait la seule tout ça pour dire quoi la seule issue possible c'est ce qu'a fait Eric Ciotti c'est à dire que pour reprendre cet électorat là de cette droite voilà bourgeoise cassée comme disait madame Hegel c'est Eric Ciotti qui fait l'antichambre des Paris-Lyon-Marseille des grandes métropoles on va dire CSP++ pour justement voilà faire cette fameuse union David vous pouvez nous parler

20:06
Présentateur

de vous et de votre parcours

20:08
Invité

voilà alors moi j'étais militant LR depuis que j'avais du temps et c'est exactement pour cette raison que je suis parti ce qu'on a dit c'est à dire les différentes trahisons l'ironiement les mains tendues à la gauche la soumission de certaines municipalités voilà la déception et maintenant

20:31
Présentateur

vous êtes où David ?

20:33
Invité

maintenant Eric Ciotti UDR RN l'alliance UDR RN

20:37
Présentateur

et vous regrettez à aucun moment d'être parti ?

20:41
Invité

non non parce que encore une fois quand Michel Barnier dit le socle ça va jusqu'à Gabriel Attal il l'a redit encore ça va jusqu'à Gabriel Attal Gabriel Attal qui a appelé à voter donc pour vous la droite

20:51
Présentateur

elle va d'où à où David ?

20:53
Invité

d'Eric Ciotti à Marine Le Pen et encore une fois Eric Ciotti et l'antichambre de l'électorat on va dire qui c'est fait plus plus des Paris-Lyon-Marseille des grandes métropoles qui qui serait un peu voilà frileux à voter RN

21:11
Présentateur

merci merci beaucoup David pour votre témoignage Stéphane Zumsteg est-ce qu'il y a beaucoup de de militants comme David aujourd'hui qui qui sont qui ont quitté les LR pour aller plutôt vers les ciottistes ou c'est très très très embryonnaire encore

21:28
Bruno Retailleau

alors c'est embryonnaire d'abord parce que l'offre politique ciottiste reste limitée elle est apparue effectivement lors des dernières élections législatives en 2024 mais il n'était pas présent partout donc tout ça reste territorialement très très exigu quelque part après qu'il y ait une porosité croissante entre l'électorat LR et l'électorat RN ou reconquête encore plus sur des questions là encore d'insécurité d'immigration de demande de fermeté d'autorité ça c'est une réalité est-ce pour autant que des militants des gens qui sont restés fidèles au LR LR UMP RPR c'était ça c'est-à-dire le parti la formation qui a dirigé le plus longtemps la France sous la 5ème République est-ce que ces gens-là souhaitent la dilution des LR dans le Rassemblement National ou en se rapprochant en adoptant la même stratégie qu'Éric Ciotti ça j'en doute que pèsent aujourd'hui les LR parce qu'il y a eu des élections législatives il y a eu des élections municipales la dernière fois qu'il y a eu un comptage un peu pur c'était lors des élections européennes de 2024 pourquoi je dis pur parce que quasiment toutes les forces politiques étaient présentées indépendamment les unes des autres bon bah 8,5% un militant LR ça il le sait aussi il sait que son parti sort profondément affaibli de ses 9 ans bientôt 10 ans de macronisme un peu comme le parti socialiste si vous êtes encore un peu fidèle à cette droite dite de gouvernement ou en tout cas c'est comme ça qu'on l'appelait autrefois même si on s'est droitisé encore plus je parle de cet électorat malgré tout on tient quand même à cette spécificité je pense qu'un électeur LR se dit la même chose qu'un cadre LR quel serait l'avantage de se tourner vers le Rassemblement National nous serions immédiatement absorbés compte tenu du fait que le Rassemblement National pèse aujourd'hui plus de 30% des voix alors que les LR c'est historiquement bas c'est moins de 10%

23:04
Invité

Vous voulez ajouter quelque chose Florence ?

Oui je voulais ajouter deux choses la première la première chose c'est qu'évidemment c'est pas des mouvements de masse quand l'auditeur dit voilà ma trajectoire c'est pas des mouvements de masse parce qu'on reste sur des petits nombres mais je pense que c'est quand même assez fréquent et qu'il y a pas mal d'électeurs d'adhérents voire de collaborateurs d'élus LR qui ont rejoint Éric Ciotti alors moi j'ai un peu travaillé systématiquement sur les candidats ciottistes autour de 60 candidats ciottistes lors des législatives et en fait il y avait beaucoup d'anciens LR beaucoup de collaborateurs de jeunes collaborateurs LR qui étaient assistants parlementaires etc.

donc je pense que ce mouvement c'est pas massif mais il est important et la deuxième point c'est que je ne pense pas que la stratégie d'Éric Ciotti soit une stratégie de dilution dans le RN je pense que la stratégie d'Éric Ciotti justement elle s'est construite contre l'exemple de Dupont-Daignan et de Debout la France c'est-à-dire d'essayer de constituer c'est pour ça que les municipales étaient importantes avoir une force qui soit quand même assez présente pour qu'elles puissent compter face au RN et d'avoir Nice

24:21
Présentateur

pour ça c'est important Alors si vous nous rejoignez sur France Inter on se pose la question dans le téléphone sonne ce soir quelle droite pour 2027 qui va porter les couleurs de la droite Bruno Retailleau a donc été élu par les militants les républicains hier et on a souhaité avoir alors on a autour de la table Florence Eguel professeure de sciences politiques à Sciences Po on est avec Stéphane Zumsteg directeur du département politique et opinion d'Ipsos BVA et nous sommes aussi avec le journaliste du service politique de France Inter Julien Nenni qui est spécialiste de la droite et du centre France Inter le 18-20 01-45-24-7000 Bonsoir Florence Portelli Bonsoir Vous êtes vice-présidente des Républicains merci d'être avec nous Vous vous soutenez Bruno Retailleau ?

25:14
Invité

Écoutez pour être très franche je soutiens le président de mon parti parce que je suis vice-présidente du parti je viens d'être désignée par des militants je le dis très franchement moi j'étais pour une primaire ouverte mais c'est le choix qui a été fait je le soutiens dans cette démarche et dans cette partie du débat en attendant néanmoins une ouverture sur des thématiques qui me semblent majeures et qui aujourd'hui ne sont pas portées par les Républicains

25:38
Présentateur

C'est-à-dire ?

25:40
Invité

Bah écoutez vous voyez en ce moment je suis à Londres je suis dans un déplacement politique pour rencontrer des personnalités de droite qui soutiennent la transition écologique une idée de l'écologie portée sur la croissance j'ai visité une entreprise qui transforme les algues en équivalent du plastique je pense qu'il y a un vrai discours sur l'écologie à portée à droite et un discours économique je crois aussi beaucoup à la nécessité de fonder notre société sur un nouveau type de modèle éducatif et sur la culture et je ne vois pas pourquoi la droite serait absente de ces débats qui sont majeurs pour la société et je pense qu'il y a une erreur de base c'est de penser que notre électorat attend qu'on revienne sur des recettes que j'entends moi personnellement depuis plus de 30 ans C'est-à-dire ?

C'est-à-dire le régalien ? L'autorité ? LR alors c'est important l'autorité mais on parle souvent de moyens la sécurité l'immigration la dette ça c'est essentiel évidemment de réguler ça pour pouvoir vivre mais c'est des moyens et ce n'est pas une vision ce n'est pas comme ça que vous transformez la société et je crois qu'aujourd'hui les gens ont besoin tout simplement que vous leur proposiez un autre monde Julien Nenni Oui Florence Portellis cette vision que vous défendez que vous appelez de vos voeux elle est portée davantage par Edouard Philippe que Bruno Retailleau aujourd'hui à vos yeux ?

Alors pour le moment je ne sais pas par qui elle est portée j'attends de voir par qui elle le sera et c'est justement ça mon attente moi je le porte en tous les cas à mon niveau j'essaye de parler d'autre chose et je trouve d'ailleurs parfois qu'on n'est pas non plus aidé par les médias parce qu'on est souvent amené à la tambouille à la boutique et puis aussi par l'actualité ce qui est bien normal mais j'espère que les mois à venir vont nous permettre quand même de nous sortir de cela et de débattre de sujets qui je le pense sont très importants vous savez on se trompe beaucoup sur les attentes par exemple des électeurs de droite il y a eu des sondages très intéressants qui montraient que beaucoup d'électeurs de droite étaient vraiment convaincus que les questions de climat les questions aussi liées à la santé à cause des problèmes écologiques étaient fondamentaux

27:40
Présentateur

on va demander à Stéphane Zumsteg que veulent les électeurs de droite puisque vous travaillez

27:47
Bruno Retailleau

je suis assez d'accord et je vais compléter ce que vient de dire madame Portelli c'est vrai que très souvent on ne parle des attentes des électeurs de droite en matière de sécurité de régalien d'autorité de réduction de la dette mais ce qui est une réalité aussi mais pourquoi ne parle-t-on en priorité que de ces thèmes parce que le personnel politique ou la quasi-totalité des cadres des LR parlent de ces sujets et n'abordent pas ou n'abordent pas assez d'autres sujets tels que ceux que vous venez de mentionner comme l'environnement oui évidemment un militant ou un sympathisant de droite n'est pas hostile à la transition écologique un militant de droite n'est pas hostile à certaines mesures dites sociétales c'est vrai mais on a peut-être tendance à réduire cela peut-être parce que quand vous écoutez des responsables LR et bien la plupart du temps c'est pour parler d'insécurité d'immigration de réduction de la dette ou de poids de l'Etat

28:37
Présentateur

Pourquoi votre avis Florence Portelli parce qu'il vaut mieux cliver parce que

28:41
Invité

non je pense aussi que c'est une question d'habitude ça fait très longtemps finalement qu'on a un peu les mêmes alors ça veut pas dire qu'ils ne se sont pas des gens extrêmement brillants et très compétents mais je pense aussi qu'ils ont une habitude de faire de la politique qui est peut-être un petit peu dépassée qui mériterait largement d'être révisée peut-être aussi de plus en plus une absence de terrain puis le temps court en fait on meurt du temps court quand il y a eu le référendum sur le quinquennat ça date j'étais toute jeune je pensais que c'était une bonne chose parce que quand on avait un mauvais président au moins on le voyait moins longtemps mais en fait ça a été une grossière erreur le quinquennat parce que ça a réduit finalement le rapport au temps et finalement aujourd'hui comme vous êtes en période électorale quasiment tout bout de champ et bien vous n'avez plus de perspective sur le temps long et en fait la politique ça devrait être aussi sur le temps long et en pensant aux générations futures sinon il faut changer de boulot quand vous ne pensez pas à vos gosses quand vous faites de la politique c'est que vous avez loupé votre vocation

29:37
Présentateur

Florence Portelli vous êtes en faveur d'une primaire vous ?

29:41
Invité

j'étais en faveur d'une primaire mais elle est mal barrée entre nous la primaire personne n'en veut c'est-à-dire ils font tout semblant d'en vouloir mais je pense qu'ils n'en veulent pas parce qu'il y a la trouille finalement de ce qui pourrait peut-être émerger alors moi j'ai contacté des candidats à la présidentielle pour leur proposer de venir débattre sur les sujets notamment que j'ai dénoncé avec vous dans ma collectivité au mois de juin j'ai déjà eu des accords favorables de la part de qui, Madame Portelli ? qui vous a dit oui ?

écoutez déjà Edouard Philippe Xavier Bertrand David Lysnard et normalement je devrais aussi avoir un accord de Gabriel Attane je l'ai évidemment proposé à Bruno Retailleau et j'espère qu'il viendrait mais moi je veux me sortir de ça et montrer un peu ce qu'on a dans le ventre c'est-à-dire sur les sujets qui me semblent fondamentaux pour les gens qui viennent dire un peu ce qu'ils pensent est-ce que vous pouvez me dire aujourd'hui parmi ces éminentes personnalités ce qu'ils pensent par exemple du problème du cadmium ce qu'ils pensent des problèmes de l'effondrement de l'école ce qu'ils pensent de l'apprentissage ce qu'ils pensent de l'indépendance du pays par rapport à la problématique états-unienne ou ce qui se passe avec la Chine voilà moi je les attends là-dessus

30:48
Présentateur

bien merci beaucoup merci Florence Portelli vice-présidente des Républicains merci d'être intervenue sur France Inter c'était très intéressant Florence Portelli elle nous dit moi je veux des programmes pour moi la question essentielle c'est le programme et c'est pas une question de personne qu'est-ce que vous en dites Florence Eguel ?

31:05
Invité

ça c'est souvent on l'entend beaucoup ça et c'est vrai que les programmes sont importants mais surtout ce qui me frappe dans son témoignage c'est en fait la division de LR ça vieille comme le monde c'est quand même très très présent puisqu'il vient d'avoir ce résultat ce résultat du vote des adhérents c'était un soutien de Laurent Wauquiez à l'élection interne de l'an dernier ça se ressent encore dans ce témoignage non mais y compris je trouve à la fois dans les questions programmatiques mais aussi dans les questions de procédure de sélection du candidat alors il faut qu'on y vienne quand même parce qu'on n'a pas encore

31:42
Présentateur

parlé de la primaire alors une primaire c'est possible encore une primaire une primaire ouverte à la droite et au centre est-ce que c'est une hypothèse encore possible ou pas Julien Néni ?

31:52
Invité

on peut dire que non d'ores et déjà pour plein de raisons la première c'est que déjà quand il s'agissait de faire une primaire d'un seul parti LR en 2016 qui avait vu la victoire de François Fillon on s'en souvient ça avait duré un an et demi l'organisation pour un seul parti pour plein de raisons logistiques, financières sur lesquelles je ne reviens pas là il s'agirait de cinq partis différents imaginez le bazar deuxième raison personne n'en veut en particulier les favoris Edouard Philippe il a plus de 20% dans les sondages aujourd'hui

32:16
Présentateur

il a dit que de toute façon il n'y participerait pas

32:17
Invité

il n'y participerait pas Xavier Bertrand dit la même chose Gabriel Attali est hostile Bruno Retailleau fait semblant d'en vouloir il n'y a pas de Gabriel Attali bref il y a autant de formules que de candidats il y a déjà une bonne douzaine de candidats dans cet espace bref tout le monde fait semblant de penser encore qu'une primaire soit possible la vérité c'est qu'aujourd'hui cette hypothèse est quasi morte d'ailleurs mardi dernier Laurent Wauquiez et Edouard Philippe avaient rendez-vous ensemble pour en discuter et même Laurent Wauquiez qui est l'un des plus ardents défenseurs désormais après l'avoir vilipendé de cette primaire vous l'aviez dit de Darmanin à Knafot a dit à Edouard Philippe en privé mardi dernier dans son bureau t'es à plus de 20% pour l'instant pardon c'est sa citation je ne t'emmerde plus avec cette histoire de primaire je crois que tout est dit

32:58
Présentateur

donc ça va finir comment par les sondages Stéphane Zumsteg ?

33:03
Bruno Retailleau

entre autres mais seulement entre autres

33:05
Présentateur

non mais c'est vrai c'est sérieux ce sera celui qui sera non j'espère pour vous Stéphane mais ça veut dire que celui qui qui fera la course en tête s'imposera finalement naturellement comme le favori

33:20
Bruno Retailleau

alors je partage ce qui a été dit sur à mon avis l'impasse dans laquelle se trouve cet espace d'ailleurs il y a un autre élément c'est que personne n'est d'accord sur le périmètre sur le périmètre idéologique on n'est même pas d'accord sur les parties reconquête par reconquête ainsi de suite et qui imagine Gabriel Attal concourir face à sa

33:32
Présentateur

Et on a entendu avec les auditeurs que c'était très clivé le centre veut rester au centre et ceux qui sont à la droite de la droite ils ne veulent pas se mélanger non plus

33:40
Bruno Retailleau

Mais c'est ça qui est intéressant et c'est ce qui explique notamment pourquoi pour l'instant en tout cas pour l'instant Edouard Philippe fait la course en tête vos deux premiers auditeurs ont très clairement manifesté leur hostilité leur vraie hostilité viscérale à l'égard de Bruno Retailleau et le dernier a manifesté la même hostilité à l'égard de Gabriel Attal quel est l'avantage d'Edouard Philippe c'est qu'il occupe dans cet espace du centre et de la droite la position centrale il est suffisamment à droite pas trop à droite pas trop à gauche Gabriel Attal ça ne passe pas auprès d'un militant LR Bruno Retailleau ça ne passe pas auprès d'un militant centriste pour l'instant parce qu'ils ne sont pas assez de droite ou trop à droite c'est la valeur refuge c'est la valeur refuge ajouté au fait que dans l'esprit de ces gens-là qui ont un certain loyalisme il a été premier ministre longtemps il a déjà la stature d'un homme d'état ce n'est pas le cas des autres Gabriel Attal n'est pas resté assez longtemps premier ministre et il en veut suffisamment d'ailleurs au président de la république pour l'avoir dit à de multiples reprises maintenant pour les sondages bien sûr que les sondages vont jouer un rôle ça pourrait être un des éléments de départage s'il y en a un qui reste qui est qui reste avec une avance significative mais si vous avez tout le monde à 2, 3, 4% pourquoi comment réussir à convaincre comment réussir à forcer le bras de quelqu'un qui serait en léger retard par rapport à un premier à un favori des sondages

34:52
Présentateur

ce serait une catastrophe c'est de franchir le premier tour en sachant qu'il y a le RN et d'un côté et à la fille de l'autre donc ça veut dire le premier tour il est à combien là à 18% 20%

35:02
Bruno Retailleau

ça peut être un jeu à 4 hormis le candidat du rassemblement ou la candidat du rassemblement national pour l'instant je dis bien pour l'instant on peut supposer raisonnablement supposer que le RN sera présent au second tour les choses peuvent évoluer un accident de campagne ça peut arriver notamment pour un parti comme le RN mais en fait ensuite il y a 4 prétendants 2 à droite 2 à gauche donc tout reste possible vous avez 4 personnes pour occuper une seule place ce que je veux dire par là et ça pourrait être d'ailleurs le piège dans lequel tomberait la droite c'est que même ça pourrait se dire finalement on tente le coup à 2 candidats nous ne sommes pas sûrs d'être éliminés ce qui est une réalité pas plus que les 2 candidats de gauche ne seraient pas sûrs d'être éliminés malgré tout même si la droite se qualifie si vous vous qualifiez avec 25 points de retard 20 points de retard sur le premier ou la première c'est très compliqué de rattraper en 15 jours le retard

35:47
Présentateur

Bonsoir Marie-Pierre

35:48
Auditeur

Bonsoir Nous vous écoutons Oui moi je disais je mettais sur Whatsapp quand est-ce que les politiques en particulier les hommes puisque votre intervenante présidente montrait bien l'inverse nous présenteront un programme et non pas eux-mêmes c'est pour un programme

36:05
Présentateur

que pour une personne Et c'est la question que posait Florence Portelli alors les programmes on va les avoir quand Julien Nenni ?

36:11
Invité

Alors si on prend dans l'ordre des favoris Edouard Philippe ça fait des mois pour ne pas dire des années qu'il promet que son programme sera je cite massif c'est son élément de langage il était censé à un moment donné le présenter au lendemain des municipales s'il était réélu au Havre il a été réélu au Havre et finalement il a décidé de temporiser et donc il va falloir attendre probablement la rentrée peut-être quelques éléments déjà dans un meeting qu'il tiendra avant l'été mais il va falloir être patient parce qu'évidemment il n'y a pas 50 cartouches à tirer dans un programme il y a quelques grandes idées fortes et donc pour dévoiler son programme dit massif il faudra probablement attendre septembre et les mois qui s'écouleront ensuite jusqu'au premier tour de la présidentielle Gabriel Attal lui c'est intéressant il sort son livre cette semaine il a la stratégie inverse lui il veut aller plus vite il veut accélérer pour essayer de prendre de vitesse Edouard Philippe et le rattraper dans les sondages donc lui son programme il va commencer il a déjà commencé un peu d'ailleurs sur les retraites notamment à l'égrener dans les prochaines semaines et notamment lors d'un grand meeting qui tiendra à Paris le 30 mai prochain

37:02
Présentateur

Voilà et bien merci merci à vous tous voilà on va en rester là en tout cas on a le calendrier merci Julien Nény merci Florence Egel merci Stéphane Zumsteg et à vous tous les auditeurs qui avez participé à cette émission merci Stéphane