Que signifie politiquement la mort de Robespierre ? Ugo Bernalicis
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Bonjour à toutes et et à tous. Merci encore aux aux camarades Arrageoises et et à Arrageois de nous accueillir euh au beau milieu de de l'été pour ce rendez-vous de de commémoration, 230e euh anniversaire de de la mort de de Maximilien Robespierre, avec qui je partage, comme vous le savez, si vous ne le savez pas, je vous l'apprends évidemment un un sérieux point commun puisque nous sommes tous les deux nés à Arras. Bon. Voilà. Il y a peut-être d'autres points communs mais euh il y a au moins il y a au moins celui-là. Je sais pas, j'ai Je sais pas s'il y en a d'autres. Euh j'aimerais pas trop finir comme lui quand même. Euh on va essayer de d'éviter euh cette étape-là.
Euh moi je vais vous parler de de la suite de la mort de Maximilien Robespierre et euh de non pas juste la légende noire qu'on qu'on en a faite ni même celle dorée, mais ce que ce qu'a signifié la mort de Maximilien Robespierre derrière et ce que ça a signifié politiquement. Et quel était l'objectif poursuivi par les Thermidoriens en tuant Maximilien Robespierre. Leur objectif politique n'était pas juste de tuer un homme. Leur objectif politique était de tuer l'idée qu'il a portée depuis le début et qui continuait de porter, dont il était l'emblème et le symbole.
Il ne faut jamais se tromper, souvent et ça vaut pour la période actuelle, quand on vous met en scène des batailles d'égos, de personnes et cetera, n'oubliez jamais de savoir qui porte quelle idée et dans quel objectif. Ça éclaire bien souvent les raisons pour lesquelles un tel ou une telle va subir des attaques et pourquoi les autres sont laissés de côté.
On a vu d'ailleurs le jeu le double jeu euh des Girondins euh qui étaient censés être opposés aux Thermidoriens et réactionnaires et qui euh pensaient faire une bonne affaire en euh euh en tapant sur Maximilien Robespierre, sur les Montagnards euh et sur tous ceux qui défendaient le plus ardemment l'idéal révolutionnaire puisque à la fin d'eux-mêmes ont été emportés avec tout le reste, favorisant nos ennemis de toujours, ceux de de la réaction.
Il est intéressant de voir comment la Constitution suivante qui était proposée à partir de 1795 s'est appliquée méthodiquement à supprimer tous les éléments non pas de la de la de la Constitution de 1793, ils en faisaient une nouvelle donc c'était pas leur sujet, mais bien d'un autre texte qui les embêtait affreusement parce que ce n'était pas la Constitution en tant que telle et que tout le monde l'avait admis comme un texte fondateur central, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.
Et il était assez marquant à l'époque de remarquer qu'il y avait un type dans tous les débats à l'Assemblée, interne externe, dans les journaux, qui passait son temps à être extrêmement pénible à se référer systématiquement à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Et je ne parle pas d'Antoine Lhommeau puisqu'il n'était pas là en 1789. Mais c'est un peu le même style. Pénible, voilà, exactement. Très pénible. À expliquer "Ah oui, mais cette loi qu'on est en train de discuter, qu'on est en train de voter ou ce point de la Constitution, est-ce que c'est raccord avec les principes qu'on a mis dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du ?
Est-ce que ça permet d'affirmer ces principes, de les matérialiser ou est-ce que à contrario ça nous en ?" Ça toujours été la boussole. Et on voit comment les ennemis de la République et les ennemis de Robespierre, à partir de 1795, vident de leur substance la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et proposent d'ailleurs de faire une Déclaration des devoirs, soit dit en passant, hein, de d'obéissance à la loi, la loi étant leur nouvelle Constitution de 1795 qui met en place un régime des propriétaires assumé.
En disant "Voilà, il y a des gens qui ont le droit de d'être citoyens actifs, de diriger le pays, ce sont les propriétaires parce que bah ils sont propriétaires, voilà." Hein, c'est c'est la la l'argumentation se suffit à elle-même, ce sont des les gens qui dominent donc et et surtout que ?
Ils disent que Robespierre avec sa terreur, c'est pas juste la terreur de Robespierre l'homme euh sanguinaire qui aurait coupé des têtes et cetera, je mets de côté puisque il y a des il y avait quelques encore euh hommes politiques à l'époque qui continuaient de défendre la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et qui n'avaient pas participé euh euh au au gouvernement précédent et qui avaient même pour certains été été incarcérés euh lors de de de la Terreur. Et qui venaient quand même défendre la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Et les Thermidoriens disaient "Mais en fait, le problème c'est que c'est la terreur qu'inspire cette Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen parce que elle veut mettre en place la tyrannie et la tyrannie de ? Tenez-vous bien, la tyrannie de l'anarchie." Ouais, c'est pas évident hein comme concept. Euh je vous laisse un peu faut le temps que vous essayez de de comprendre ce que peut être la tyrannie de l'anarchie, hein, puisque normalement la tyrannie c'est genre un seul type ou très peu de types qui dirigent tout et qui décident de tout et l'anarchie c'est plutôt le contraire. Mais bon, c'est pas grave.
À l'époque, c'était pas très important, tout comme aujourd'hui d'ailleurs, euh de mettre les les mots dans le bon sens et que ça veut dire quelque chose. L'important, c'est l'effet que que ça produit. Et leur objectif, il est de dire que cette Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen est le terreau du terrorisme en ses principes mêmes parce que dans ses principes mêmes et notamment son article 2, le plus grave, fait que les gens ensuite ils pensent que c'est ça qu'il faut faire et que c'est ça qui doit advenir. L'article 2, c'est celui qu'on qui qui disent qui dit que les hommes naissent libres et demeurent libres et égaux en droits. ?
Donc ça dit c'est très très mal parce que après les gens ils ont envie d'être égaux en droits. Et ça ça fout le bordel. Et ça c'est pas possible. C'est pas possible pour les dominants, les propriétaires, les Thermidoriens, ceux qui ont les contre-révolutionnaires qui ont gagné à ce moment-là cet épisode de la bataille. Et finalement, on voit comment aujourd'hui en 2024 nos adversaires ne se trompent pas de bataille. Ce qu'ils attaquent systématiquement, c'est la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Je vous l'avais déjà dit, on vous l'avait déjà dit quand à l'Assemblée nationale euh ils expliquent notamment après diverses lois asile immigration, celle de 2019 mais aussi celle de l'année dernière, que euh le problème, c'est que la Constitution nous empêche de faire des choses, vous savez, selon l'argument de "Oui, mais ça dans le texte c'est pas constitutionnel.
Le le Conseil constitutionnel, qui n'est pas d'extrême gauche, je le rappelle, va le censurer." Et sur là "Oui, mais il faut changer la Constitution." Sauf que ce qui s'oppose, ce qui s'est opposé aux choses scandaleuses qui étaient dans le texte la dernière loi asile immigration, notamment la préférence nationale, ce n'est pas la Constitution de 1958, c'est pas le préambule non plus de 46, c'est pas ça.
Ce qui s'oppose et ce qui a permis au Conseil constitutionnel de censurer une bonne partie des articles du programme du Rassemblement national qui étaient mis dans la loi votée par les Macronistes euh le le en décembre dernier, c'est la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la base juridique, les principes. C'est ça qui nous protège encore et toujours aujourd'hui. Et donc on peut être fiers d'avoir eu dans notre histoire un Maximilien Robespierre et ses amis d'avoir toujours ardemment défendu d'abord les principes, d'abord et avant tout les principes.
Et les principes n'étant pas comme des discussions de salon théoriques pour se faire plaisir, non, étant vécus comme étant une boussole pour être mise en œuvre, incarnée dans la loi, qui puisse se matérialiser concrètement dans la vie de tous les jours. Et qu'est-ce qu'on entend ? Vous le savez, les militantes et les militants qui sont là, quand on fait des porte-à-porte, chez les abstentionnistes, ceux qui sont le plus dégoûtés de la politique, ils nous disent "Non mais attendez là, vos trucs liberté, égalité, fraternité, moi je suis d'accord, mais c'est pas vrai, c'est pas comme ça que ça se passe dans le monde d'aujourd'hui.
Il y a des discriminations, il y a du racisme, euh il y a tout un tas de problématiques, il y a des possédants qui veulent pas partager, il y a un déterminisme social euh qui confine à la reproduction sociale et à l'augmentation de la pauvreté, euh moi je je suis d'accord avec liberté, égalité, fraternité, mais c'est pas ce qui se passe." Et c'est pourquoi nous on doit toujours et encore continuer cette bataille fondamentale sans jamais déroger aux principes comme l'a fait Maximilien euh Robespierre à son époque, comme le fait si bien Antoine Lhommeau et j'avoue je suis un peu jaloux, voilà, je le dis, euh parce qu'il connaît mieux les articles de la Déclaration des Droits de l'Homme que moi, il les cite plus spontanément que que comme moi, même à la même à la demande euh pour ceux qui suivent les les épisodes les épisodes précédents, même dans des moments de tension, euh même face euh à la force publique qui est qui doit s'être être rappelée à l'ordre euh constitutionnel et de la Déclaration régulièrement.
Donc merci encore de votre présence à toutes et à tous. Je crois que le plus bel hommage qu'on peut faire à Maximilien Robespierre, c'est de continuer à défendre la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, d'y mettre un petit amendement euh dès le début en disant peut-être des Droits de l'Homme et des Femmes ou des Droits des Humains euh et des Citoyennes et Citoyens, on pourra on pourra s'accorder là-dessus, c'est c'est ce que tu disais Antoine, le petit manquement dans le dans la bataille politique qu'a menée qu'a menée qu'a menée Maximilien Robespierre, de de la gonfler, de la maintenir et de toujours toujours toujours s'y référer.
D'abord les principes, ensuite leur mise en œuvre. Tous ceux qui ont perdu la boussole des principes en se disant "Ouais, mais finalement c'est des principes, c'est pas ça notre sujet", se sont toujours perdus dans la contre-révolution et ça ce n'est pas possible pour le peuple français, mais pas que pour le peuple français. Parce que la puissance de cette Déclaration des des Droits de l'Homme, des Humains et des Citoyennes et des citoyens, c'est son universalité. Ça concerne tout le monde à travers le monde.
Et aujourd'hui, en ce moment, nous recevons le monde avec les Jeux olympiques, et oui, toute personne qui est ici sur le sol français jouit de droits universels qui lui sont reconnus, peu importe sa carte d'identité, peu importe qui il est, sa couleur, sa religion, et cetera. Et c'est ça la beauté et la fierté du peuple français. Vive la République, vive Maximilien.
Ugo Bernalicis