La grande interview de Laurence Ferrari avec Bruno Retailleau
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Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. Et notre invité dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau. Bonjour à vous.
Bonjour Laurence Ferrari.
Président des Républicains, candidat à la présidentielle. On va parler dans un instant de la crise énergétique qui frappe la France, du pouvoir d'achat des Français. Mais d'abord j'ai une question très simple, Bruno Retailleau. Est-ce que la droite est morte ? Est-ce que la zizanie qui règne entre vous tous ne va pas vous condamner à la disparition ?
La droite n'est pas morte, c'est d'ailleurs le principal enseignement du scrutin municipal puisque nous avons gagné beaucoup de villes moyennes. Bien sûr pas Paris-Lyon-Marseille. Paris-Lyon-Marseille c'est 4,3% du corps électoral. Mais ailleurs c'est nous qui avions fait les meilleurs scores, que ce soit en termes de siège, que ce soit en termes de voix. Donc la France est à droite. Malheureusement...
C'est la zizanie entre vous ? Vous n'êtes pas d'accord les uns avec les autres ?
La droite par rapport à la gauche, je le regrette d'ailleurs, la gauche a toujours ce réflexe du collectif. Quoique aujourd'hui un peu moins. Et la droite elle aime les querelles gauloises. Simplement ce que je dis...
Oui mais sans le charme d'Astérix.
Sans doute. Et encore moins celui d'Obenix et d'Idéfix. Mais je pense que la France vit un moment crucial. Je crois que l'élection présidentielle de 2027 sera un moment vraiment capital. Il ne faut pas louper cette élection présidentielle. Et je pense qu'il faudra se rassembler à un moment ou à un autre. Mais sur des idées. Voilà. Sur un programme. On est d'accord.
Mais il faut une personne pour l'incarner.
Mais pas sur des... Non. Attendez. Il faut d'abord un projet. Moi je veux renverser la table. Il y en a marre du... En même temps. Ce n'est pas ce que veulent les Français. Et si on veut redresser la France, croyez-moi, c'est certainement pas avec des synthèses molles. Jamais, jamais, je n'atteindirai mes convictions dans une soupière d'eau tiède.
C'est ce que dit Edouard Philippe. Il dit les Français en aura la couenne. C'est son expression de la politique. Vous partagez ce constat avec lui ?
Non. Ils sont déçus, non pas de la politique. Ils sont déçus des hommes et des femmes politiques. Les Françaises et les Français, on en a marre de ceux qui perpétuent les mêmes problèmes. Plutôt que de trouver les solutions. J'ai un point de désaccord avec Edouard Philippe. Quand il parle de l'immigration, par exemple.
Ça ne vous va pas ce qu'il propose ?
Je vois bien que pour moi, l'immigration n'est plus une chance. Parce que c'est devenu, non pas le problème principal, mais il aggrave tous nos problèmes de logement, de santé, mais y compris de sécurité. Et quand il dit, par exemple, l'immigration de travail, c'est bien. Non, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit ?
Choisier et contrôler l'idée.
Choisier et contrôler, bien sûr. Mais si l'immigration de travail pouvait résoudre notre problème de main-d'oeuvre, pourquoi alors il y a tant d'immigrés qui sont au chômage ? Pourquoi est-ce que les immigrés ont un taux de chômage quasiment du double par rapport aux natifs en France ? Et donc, on voit bien qu'on accueille ce qu'on croit être des travailleurs. En réalité, on accueille surtout une immigration de peuplement. Mais en pensant accueillir des travailleurs, on fabrique des chômeurs. Donc, si on veut faire baisser l'immigration, pardon, moi j'ai une proposition, il faudra changer la constitution et il faudra faire un référendum. Ce sera les Français qui devront choisir.
Les Français se détournent de la politique. Pourquoi ? Parce qu'elle est impuissante. Parce qu'elle renvoie ce spectacle des ambitions personnelles. Et surtout parce que la démocratie, en réalité, a quitté notre régime républicain. Jamais les Français...
La démocratie a quitté la République ?
C'est grave ce que vous dites pendant que vous ? Oui, c'est très grave. Je pense qu'on est de moins en moins dans un régime démocratique. C'est la question de l'État de droit.
Un régime autoritaire, on est ?
Non, mais pour moi, l'État de droit, c'est un cadre qui est un cadre juridique. Mais aujourd'hui, on voit bien que l'État de droit est un cadre qui est un cadre idéologique. Quand, par exemple, le Conseil constitutionnel interdit aux parlementaires de durcir la justice des mineurs, ça n'est plus la démocratie. C'est aux gens. Mais attendez, je pense que, justement, la démocratie comme l'État de droit, c'est la séparation des pouvoirs. Il y a l'auteur de la loi, le législateur, et il y a l'interprète. Mais on ne doit pas mélanger les choses.
Et les Français, aujourd'hui, cette déception, cette fatigue démocratique, vient du fait qu'ils sentent bien qu'il y a l'impuissance du politique qui est complètement ligotée par toutes ces jurisprudences. Il va falloir s'en libérer. C'est ce que je propose. Et je mettrai sur la table une révision constitutionnelle qui sera ambitieuse, audacieuse et qui sera la rupture.
Il y a l'impuissance des politiques, mais il y a aussi les divisions personnelles. Pourquoi est-ce que vous refusez toute logique de candidature unique à droite en prenant le risque d'une division fatale, Bruno Rutaillot ? Nombreux sont ceux dans votre parti qui la réclament, même à l'extérieur de votre parti. Et vous vous dites non, pas question.
Mais je ne dis pas non, pas question. Je dis simplement qu'aujourd'hui, quand on me parle de primaire, ce que je constate, c'est qu'il y a autant de gens qui sont contre la primaire que ceux qui sont pour la primaire. Ce que je constate, c'est que parmi ceux qui sont pour la primaire, il y a autant d'avis qu'il y a de formes de primaire. C'est la zizanie, donc. C'est la zizanie. Donc, moi, je suis concret. Je suis un rural. Et je pense que la vie politique se grandit lorsqu'il y a un débat d'idées. C'est ce que j'essaie de porter. Je veux renverser la table. Je veux porter un projet de rupture. Je veux rompre avec tout ce qui a mis et affaibli la France, mis la France à terre.
Rompre avec le laxisme migratoire, sécuritaire. Rompre aussi avec le laxisme budgétaire, l'appauvrissement des Français. Et c'est à partir du projet qu'on arrivera à dessiner une perspective, qu'on permettra aux Français de se reconnecter à la vie politique. Parce qu'alors là, ils verront que ce que l'on propose les concerne directement. Moi, je veux proposer un 13e ou 14e mois, à condition de travailler une demi-heure simplement, de plus par jour. Et j'annule les cotisations à partir d'un seuil, cotisation sociale pour l'employeur comme pour le salarié. C'est bon pour l'entreprise et c'est bon pour la salariée.
Je veux réviser la constitution pour baisser l'immigration, pour avoir une politique sécuritaire beaucoup plus ferme.
C'est un programme radical que vous avez proposé aux Français.
Exactement.
Encore un exemple de Zizani. Vous avez reçu David Nisnard, qui a confirmé son intention qu'il claque la porte des Républicains. Je quitte l'air car le parti n'a pas quitté tout simplement ses ambiguïtés et la Macronie. Qu'est-ce que vous lui avez dit quand vous l'avez vu en tête à tête ? De vrai, est-ce que vous regrettez son départ aussi ?
Bien sûr, c'est un ami. David, c'est un ami, donc je ne dirai pas mal de lui. Simplement, je le lui ai dit, sa décision, je ne la comprends pas. Je pense qu'il avait préparé des semaines ou des mois. Bien sûr, il a créé sa boutique, donc je ne suis pas dupe.
C'est une échappée en solitaire ?
Pourquoi ? Je le pense, oui. Mais je pense qu'on va se rejoindre, parce qu'on a les mêmes convictions. Il reviendra. Il ne peut pas me reprocher, David. Écoutez, j'étais un ministre de l'intérieur du combat. Un ministre de l'intérieur qui n'a rien cédé, ni au président de la République, sur l'immigration, sur l'Algérie. Et quand j'ai vu que le premier ministre était en train de faire des accords de boutiquier avec M. Olivier Faure, je suis parti du gouvernement. Beaucoup de gens m'ont dit, tu n'aurais pas dû partir. Je suis parti pour que mes convictions puissent être respectées. Depuis quand il y a eu, à la tête de LR, un président aussi libéral en termes économiques que moi ?
Donc, je pense que David nous rejoindra. Nos chemins se recroiseront. C'est ce que je souhaiterais.
Donc, les arguments qui avancent, pour son départ, sont faux, à vos yeux ? Ce sont un prétexte ?
En tout cas, je pense que ce sont des prétextes, oui, bien sûr, bien sûr. Pour tenter les chemins sanitaires. Les choses sont très claires. Je n'ai rien à voir avec la Macronie. Je viens de le redire au sujet de l'immigration. Je n'ai pas voté, je n'ai voté aucun budget au Sénat. Nous n'avons pas voté les budgets. Je regrette d'ailleurs que d'autres l'aient fait. Je l'ai dit, je le redis. C'est tout, voilà.
La primaire, juste en un mot, parce que je sais que les Français, ce n'est pas leur préoccupation. Vous allez soumettre ça au vote des militants LR, c'est ça ? Non, mais moi... Ils choisiront entre plusieurs formules ?
Vous avez compris que moi, je veux redonner le pouvoir au peuple. Ce que je veux pour le pays, je le veux pour le parti. Ça a été un engagement que j'ai pris pendant cette campagne qui m'a permis d'être élu président de LR. J'avais dit aux adhérents, c'est vous qui trancherez. C'est donc inscrit dans nos statuts. J'entends respecter cette règle démocratique et c'est eux qui trancheront entre une primaire fermée, une primaire un peu ouverte ou la désignation du président de LR comme candidat naturel de LR.
Ce n'est pas de primaire vraiment ouverte qui hérite de Gérald Darmanin à son rectum.
Non, mais on est une famille politique. Il faut déjà que l'on clarifie les choses dans notre propre famille politique où il ne vous a pas échappé qu'il y a des ambitions. Voilà, donc ça, cette première étape, elle est absolument nécessaire. C'est une étape de clarification.
Bruno Retailleau, vous combattez le macronisme, vous combattez le RN, mais pour gagner en 2027, il va falloir élargir votre base électorale. Quelle est votre stratégie ? Ça serait d'aller convaincre les électeurs RN ou reconstruire une alliance avec le centre.
C'est crucial pour l'alliance des électeurs de droite dans les urnes. Je l'ai souvent dit. Je crois en la majorité nationale. Je parle souvent de France des honnêtes gens. Eh bien, moi, je pense qu'un électeur qui a voté pour Édouard Philippe au Havre pourra parfaitement rejoindre mon projet. Un électeur qui a voté pour Robert Ménard à Béziers pourra aussi le rejoindre. Et tous les électeurs du centre et de droite qui ont voté pour notre liste au municipal.
Un électeur qui a voté Gabriel Attal, il pourrait vous rejoindre ou pas ?
Il y a des électeurs de droite à Renaissance. Gabriel Attal n'est pas un candidat de droite. Il a d'ailleurs dit qu'il voulait créer un comité de liaison, mais sans LR, qui lui paraissait trop à droite. Voilà. Mais il faut que les choses soient claires. Moi, je respecte toutes les convictions. Moi, j'ai les miennes. J'en ai jamais changé. Je trace ma route, simplement. Et je veux cette clarté vis-à-vis des Français. Pas de tambouille politique. Et ce qui me déprime le plus, quand je vois des tribunes qui disent qu'il faut absolument un candidat unique. Il y a 90 élus qui ont signé cette tribune. Il y a des centaines d'élus, peu importe.
Mais ce que je leur dis, je les respecte aussi, c'est que vouloir un candidat unique, simplement pour avoir comme projet de battre les extrêmes, que ce soit Marine Le Pen, Jordan Bardella ou M. Mélenchon, c'est court comme projet. Je l'ai dit, je l'ai écrit dans la tribune au Figaro, le rejet ne fait pas un projet. Ce qui est important, ce sont des idées. C'est la ligne qu'on va porter. Parce qu'en 2017, il n'y a pas eu vraiment de débat sur le projet. François Fillon, ce sont les juges qui ont imposé finalement un verdict. Ensuite, en 2022, pareil. Ce n'est pas le choix des Français. Il y avait la crainte de la guerre. Donc, on a escamoté la campagne. On a totalement effacé le projet.
Enfin, là, au moment où la France est au bord du précipice, je le pense vraiment, il faut qu'on discute du fond. C'est ce qui intéresse les Français.
Et il faut rallier aussi des gens à votre panache, je dirais. Est-ce que vous allez tendre la main à des formations comme celle d'Éric Ciotti, qui a remporté la mairie de Nice ? Est-ce que vous allez ouvrir un tout petit peu les portes de la droite ?
On se trompe. La tambouille politique, c'est ça qui n'intéresse pas les Français. Les accords d'appareil, ils s'en fichent complètement. Ce que les Français veulent, vous savez, nous sommes un grand peuple, une vieille nation, et sans doute un des peuples les plus politiques. Donc, ils savent distinguer le vrai du frau. La sincérité de l'insincérité. Et ce que je veux, moi, c'est réunir une majorité de bon sens, une majorité de bon sens, y compris avec des gens qui n'ont pas voté, qui ne votent plus, ou qui ont parfois voté à gauche sur les idées.
Il est insincère, Éric Ciotti, c'est ce que vous dites ?
Mais pas du tout. Je m'adresse aux électeurs. Je m'adresse aux électeurs. Parce que les Français ne croient plus, ni dans les partis, ni finalement dans les chapeaux à plumes. Voilà.
Non, très bien. On va évoquer ce climat politique et délétère en France, en cette période post-municipale, avec une stratégie d'antagonisation, d'hystérisation des débats menés par la France insoumise, 130 incidents recensés par le ministre de l'Intérieur, des mères menacés qui démissionnent, qui demandent la protection de la police. Est-ce que vous avez déjà vu ça dans notre pays ?
Non, c'est du jamais vu. Et c'est pour ça que l'élection 2027, elle est cruciale, elle est capitale. Parce que non seulement la France va mal, très mal, il faut la redresser, mais pour la première fois, sous la Ve République, nous avons en France un parti sédicieux, un parti qui encourage l'antisémitisme, qui encourage le racialisme. Souvenez-vous de la phrase de Jean-Luc Mélenchon, tout blanc, tout moche, c'est-à-dire le racisme anti-blanc, et un parti... Il n'y a pas eu de tribune pour dénoncer ça. ...qui protège les violents, qui protège les violents. Donc, c'est pour ça que l'heure est grave. Et moi, je l'ai dénoncé bien avant le deuxième tour, au premier tour, avant le premier tour.
J'avais dénoncé les accords de la honte. Cette expression, c'est nous qui l'avons créée, c'est nous qui l'avons imposée dans le débat public. Et je ne suis pas du tout surpris de ce qui s'est passé à Creuil, à Creuil, à Saint-Denis, ou ailleurs. J'ai eu Christophe Carlier, le maire dont la mairie a été, comment dirais-je, abîmée, à Freyne, il y a quelques jours. Donc, ça le met...
Des individus de 14 à 16 ans qui ont été interpellés.
Oui, mais regardez, un élu de ce département me disait que pour une commune voisine, Villeneuve-le-Roy, la mairie avait été détruite. Un individu, un jeune, avait été pris, il y avait eu son bornage téléphonique, il y avait des preuves, y compris des empreintes. Il écope de 6 mois avec sursis. Il y a un appel et la cour d'appel le relaxe. Donc, zéro sanction. Donc, zéro sanction. Tant que nous aurons l'impunité en France, on n'y arrivera pas. Vous pourrez, mais multiplier par 10 par 100 par 1000 les gendarmes, les policiers, qui sont des courageux, auxquels je rends hommage, vous n'y arriverez pas s'il n'y a pas une sanction pénale qui soit à la hauteur.
Et c'est la raison pour laquelle, une fois de plus, on n'y arrivera qu'avec le référendum, y compris sur la justice et justice des mineurs.
Bruno Retailleau, la Nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, vous dites que c'est la fin de la France. Vous avez même créé, vous voulez créer un observatoire des villes et les filles pour pointer les dérives, c'est bien ça ?
Totalement. Il ne faut rien, mais alors rien leur laisser passer. Et vendredi, j'annoncerai... Porte du voile
dans les conseils municipaux, par exemple ?
Bien sûr. D'ailleurs, c'est un texte, c'est un amendement que nous avions fait passer au Sénat, d'un texte, d'une loi très récente, fin 2025, qui autorise les maires dans leur règlement à faire en sorte qu'on interdise le voile. Et moi, je demande à nos maires de prendre justement cette mesure dans leur règlement parce que la Commune et le Conseil municipal, c'est la petite République. La République, elle est laïque. C'est ce que proclame notre Constitution.
Elle est laïque et donc il faut pointer du doigt ces dérives, mais aussi les sanctionner.
Il faut à la fois les pointer et bien entendu les sanctionner, rien laisser passer. C'est ce que nous allons faire. Nous allons créer un observatoire où nous allons dépouiller les délibérations de ces équipes municipales d'extrême-gauche LFI, là encore, pour détecter des subventions du clientélisme, du favoritisme, des manquements à la laïcité, etc., ou alors des maltraitances de leur personnel.
Quitte à subir les foudres de ce parti qui agit en meute, comme vous le savez. Eh bien,
je m'en fiche totalement. Ce sont des antirépublicains et je serai toujours leur adversaire.
Bruno Retailleau, la crise énergétique frappe notre pays après presque 30 jours de guerre en Iran. Sébastien Lecornu demande aujourd'hui au ministre d'utiliser les surplus des recettes fiscales liées aux hausses des prix des carburants pour des actions afin d'électrifier l'économie. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que la politique d'aide saupoudrée que l'on voit jusqu'à présent est suffisante pour aider les Français ?
Deux choses. La première, parce qu'on est un pays appauvri, totalement endetté, on n'a plus de marge de manœuvre. Elle est là, la réalité. Et toutes celles et ceux qui proposent à nouveau des chèques, ce sont des chèques en bois. En revanche, ce que l'on peut faire, ce dont personne ne parle du reste, c'est que le prix du pétrole, du gasoil, du carburant, dépend des éléments qui sont liés au produit, le prix du pétrole, le raffinage, la distribution. Déjà, on voit bien que la différence entre le gazole et l'essence, c'est le raffinage. Il faut donc garder nos capacités et les moderniser de raffinerie en France. C'est ça, la souveraineté.
Deuxième élément, dans le prix, il y a les certificats d'économie d'énergie. Et là, il est prévu de les faire passer de 6 à 8 milliards. Je demande le moratoire, je demande le gel de ces 2 milliards d'augmentation. Pourquoi ? Parce que ces économies, ces certificats d'économie, sont faits pour dire aux Français qu'il faut économiser. Il n'y a pas de problème. Les prix sont tellement hauts que spontanément, naturellement, les Français économisent. Et je pense que ces 2 milliards, il faut les consacrer à des aides ciblées sur des secteurs qui risquent de disparaître. Je pense notamment à mes amis qui sont les pêcheurs en Vendée et en France.
Alors même que déjà, dans une assiette, quand vous avez des fruits de mer, du poisson, 80% viennent de l'extérieur. Alors qu'on est un grand pays maritime.
Il y a aussi la question des pénuries. Il y a près de 800 stations en France qui commencent à avoir des problèmes d'approvisionnement. Est-ce qu'il faut libérer les stocks stratégiques de pétrole et les consacrer à la France encore plus ?
Je pense qu'il le faudra. Mais nous sommes à la veille d'une crise qui pourrait être plus importante qu'on ne le pensait. Je pense qu'elle ne ressemble pas au choc pétrolier. Les prix avaient été multipliés par 4. La différence quand même c'est que désormais on a une électricité décarbonée grâce au nucléaire. Merci à ceux qui au passage ont fermé Felsenheim. Édouard Philippe en l'occurrence. Le gouvernement d'Emmanuel Macron. Le gouvernement d'Emmanuel Macron. Donc là encore je pense qu'il faut avoir une politique de bon sens et préserver nos atouts stratégiques. Mais là on va sur le dur. Ça ne sert à rien de cacher quoi que ce soit.
Et je pense qu'il va falloir faire en sorte qu'on prenne des bonnes décisions. On est appauvris. On est très endettés. Mais les économies les milliards qu'on peut soustraire on doit les avecter sur des aides ciblées.
Donald Trump Bruno Rotailleux annonce la fin des opérations américaines en Iran d'ici 2 à 3 semaines. Et puis il dit à ses alliés qui les gratignent pour le détroit d'Hormuz débrouillez-vous. Allez chercher le pétrole vous-même. Comment est-ce que vous interprétez cela ?
Je n'interprète rien du tout parce que M. Trump a dit ça hier et demain il va dire autre chose. Donc ça ne sert à rien de commenter les commentaires de Donald Trump qui changent d'avis quasiment chaque jour. Simplement c'est une guerre que nous n'avons pas provoquée c'est une guerre qu'il a voulue contre un régime qui est absolument condamnable mais ça ne se passe pas bien. Ça ne se passe pas bien du tout.
Mais vous condamnez cette intervention américaine israélo-américaine ?
J'ai indiqué depuis le départ que je comprenais parfaitement Israël c'était une question existentielle. Je pense que d'ailleurs en termes de légitimité même de légalité vis-à-vis du droit international puisque l'Iran voulait détruire Israël je pense qu'Israël était fondé à attaquer l'Iran par ailleurs d'ailleurs un pays qui ne respectait pas ses engagements en matière de prolifération nucléaire. Mais on voit bien qu'aujourd'hui dans le monde actuel dans le monde moderne il est très difficile de régler les problèmes et notamment de changer le régime par des guerres.
J'avais espéré j'espérais que le peuple iranien que le régime serait affaibli mais pour l'instant ça n'est pas le cas pour que le peuple iranien dans un sursaut démocratique puisse reprendre le pouvoir. C'est beaucoup plus difficile que ça devant un régime qui est sanguinaire et qui utiliserait y compris les armes de guerre contre son propre peuple.
Emmanuel Macron s'en tient à sa posture défensive avec à la fois notre armada présente en Méditerranée mais sans intervention directe. Donald Trump a dénoncé notre attitude de la France qui aurait refusé le survol de son territoire pour certains avions chargés d'armement militaire. L'Elysée des Mans qu'est-ce que vous comprenez là encore ? Il dénonce il dit les Etats-Unis s'en souviendront.
Écoutez ce que je constate c'est que depuis le départ Donald Trump traite moins bien ses alliés que ses adversaires et ça ça pose un problème au camp occidental. Il est d'ailleurs en train de détruire si j'ose dire le camp l'allios occidental historique notamment à travers le pacte de l'OTAN la charte de l'Atlantique. Nous avons choisi la France a choisi à juste titre de rester neutre.
On peut parfaitement et d'ailleurs à Istres je vous le dis d'autres le savent très bien à Istres nous accueillons très régulièrement des vols qui transportent non pas des armes mais des éléments techniques si j'ose dire on les accueille donc nous n'avons pas du tout l'attitude de monsieur Sanchez le gauchiste espagnol que vous condamnez que se condamne parfaitement simplement je pense que le président de la république a choisi une stratégie on doit l'appliquer nous ne sommes pas co-belligérants en revanche il faudra que la coalition internationale dès qu'il y aura un armistice ou un cessez-le-feu puisse prendre le relais pour que le détroit d'Hormuz puisse être sécurisé et là je pense que la France a un rôle à jouer qu'elle joue aussi notamment sur la péninsule arabique on tire de nombreux missiles vous savez pour protéger pour essayer de faire en sorte que les alliances que nous avons comment dirais-je passées puissent être effectives
Un dernier mot qu'est-ce que vous dites aux français qui nous écoutent nous regardent ce matin ça va durer attention la crise elle va durer plusieurs mois même si les opérations militaires s'arrêtent
en tout cas c'est triste je pense que la crise durera je n'en sais rien du tout donc je ne les tromperai pas je ne dis jamais ce que je ne sais pas simplement il faut s'attendre effectivement à ce que cela dure et il va falloir s'organiser je parlais des certificats d'énergie je voudrais peut-être aussi parler par exemple en termes de logements il faut que les logements qui sont chauffés à l'électricité mais qui sont soit comme on dirait je thermique puisse être remis à l'allocation parce qu'il vaut mieux chauffer à l'électricité qu'au gaz ou au fioul donc c'est toutes ces décisions qu'il va falloir prendre et surtout encore une fois de plus on le voit la souveraineté notre indépendance et notre indépendance c'est aussi elle est budgétaire quand un pays est surendetté on n'a plus de marge de manœuvre on est dépendant notamment vis-à-vis de ceux qui détiennent la dette des étrangers
merci beaucoup Bruno Retailleau c'était votre grande interview dans la matinée de CNews Europe bonne journée à vous
merci Bruno Retailleau merci Laurence Ferrari votre club culture et vos signatures européennes arrivent dans un instant
Bruno Retailleau