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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 20 juillet 2026 39 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileCulture, médias & sportEurope & international

Anne-Claire Legendre : une diplomate à la tête de l’Institut du Monde arabe

Au micro : Bérangère BonteSource d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 6 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Bonjour Anne-Claire Le Gendre.

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Ça fait cinq mois que vous êtes à la tête de l'Institut du Monde Arabe. Les week-ends sont un peu plus calmes qu'à l'Elysée, j'imagine ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir voulu passer comme ça de l'ombre à la lumière ?

  • 6:52RelanceRéponse partielle

    Vous vous dites que vous serez plus utile et que le dialogue avancera davantage à ce poste-là qu'au Quai d'Orsay ou à l'Elysée ?

  • 7:51OuverteRéponse directe

    Vous parlez du Liban, et on pourrait dire un mot de l'expo Biblos... Est-ce qu'on peut se satisfaire de garder cette seule enclave de Biblos hors de la guerre ?

  • 9:59OuverteRéponse partielle

    La France parle régulièrement du Liban, elle sauve ses œuvres, mais elle fait quoi pour sortir le Liban de la guerre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:50Invité politiqueFait
    « Ce bâtiment, il est tellement iconique pour tous les Parisiens et pour tous ceux qui le connaissent que c'est très émouvant d'y être au quotidien. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « La transition s'est faite très rapidement compte tenu des circonstances de ma nomination. »
  • 6:18Invité politiqueFait
    « quand vous travaillez sur le Moyen-Orient, qui est traversé par une forme de conflictualité quasi permanente, depuis 20 ans, vous constatez aussi qu'il y a toute une série de questions qui ne relèvent pas uniquement des intérêts, mais qui relèvent aussi des émotions, des imaginaires, des narratifs. »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « Non, bien sûr que non. Aujourd'hui, il y a toute une série de sites menacés au Liban. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « Vous savez qu'ils ont été d'ailleurs inscrits de façon exceptionnelle lors d'une séance extraordinaire de l'UNESCO sur la site des sites protégés. »
  • 11:59Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y avait d'abord un sujet de transparence, c'est aussi là-dessus que j'étais attendue. »
  • 14:31Invité politiqueFait
    « le rapport de la Cour des comptes, tout d'abord, n'est pas si négatif que ça, il est plutôt moins que pour d'autres institutions culturelles. »
  • 15:51Invité politiqueFait
    « Le Koweït a restauré l'ensemble de la bibliothèque. »
  • 18:23Invité politiquePromesse
    « Notre souhait c'est de pouvoir les ouvrir à l'été prochain et si le calendrier est tenu qu'il ne dure qu'une année. »
  • 22:10Invité politiqueFait
    « je crois qu'il y a un risque d'escalade en effet dans la région. »
  • 28:16Invité politiqueChiffre
    « la visite du président de la République a été l'occasion d'organiser le retour de 23 pièces archéologiques extrêmement précieuses que nous avions dans les collections de l'Institut du monde arabe depuis 2010. »
  • 31:57Invité politiqueFait
    « il y a eu des massacres que nous avons condamnés »
  • 32:08Invité politiqueFait
    « nous avons été engagés dans la négociation aussi au nord pour faire en sorte que les kurdes soient reconnus comme une réelle composante de la société syrienne »
  • 35:35Invité politiqueFait
    « nous avons négocié avec 144 autres états et l'entièreté des pays de la Ligue arabe »
  • 35:55Invité politiqueFait
    « nous avons réussi sous l'autorité du président de la République à faire en sorte que les états arabes condamnent le Hamas et appellent à son désarmement »
  • 38:54Invité politiqueFait
    « j'ai fait part du souhait de la famille de voir Christophe Gleize bénéficier d'une grâce présidentielle »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Présentateur25 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture, les matins d'été, Bérangère Bonte. Ancienne conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient du président Macron, elle est désormais le visage de l'Institut du Monde Arabe qui fêtera l'année prochaine ses 40 ans. Celle qui fut aussi consul générale à New York, ambassadrice de France au Koweït, a succédé à Jack Lang après sa démission en février. Elle parle arabe, elle est réputée fine connaisseuse de la région et garde de fait un pied sur le terrain diplomatique aux côtés d'Emmanuel Macron en Syrie début juillet ou encore de Sébastien Lecornu il y a quelques jours au Maroc. Bonjour Anne-Claire Le Gendre.

0:39
Invité politique

Bonjour Bérangère Bonte.

0:40
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation des matins d'été.

0:45
Invité

Alors voyez bonnes gens, il y a une grande nouvelle qu'on n'attendait plus. Retardé de mois en mois, l'inauguration de l'Institut du Monde Arabe a lieu aujourd'hui 30 novembre en présence du président de la République. Alors Jean Nouvel est aujourd'hui l'invité de Culture Matin. Bonjour Jean Nouvel. Bonjour. Vous venez aux aurores. Racontez-nous comment vous avez eu l'idée de mettre en scène une des spécificités de l'Institut du Monde Arabe, sa bibliothèque. L'Institut du Monde Arabe c'est au bas du boulevard Saint-Germain, qu'est Saint-Bernard, face à la Seine. Et face à l'île Saint-Louis. Bon alors. Il fallait trouver absolument un signe d'arabité fort qui marque ce bâtiment.

Donc on ne le comprende pas avec un immeuble de bureau ou le centre de la sécurité sociale. Donc on a essayé de développer l'aspect bibliothèque en tant que symbole. Et on a eu l'idée donc de les faire promener dans le paysage parisien pour aller chercher ce livre. Alors d'où l'idée de la tour à livres ? D'une tour de livres qui ressemble finalement à une sorte de zigourate qui pour les Arabes est une référence presque directe au minaret de la mosquée de Saint-Marat.

1:54
Présentateur

Voilà. Certains auront reconnu sans doute la voix de Jean Lebrun, présentateur de Culture Matin. On est en 87 pour l'inauguration de Lima. Et Jean Nouvel, évidemment l'architecte zigourate, ça vous parle ? Ce n'est pas un piège ? Non. Nous on a cherché.

2:10
Invité politique

Ce n'est pas un piège. Et puis l'autre phénomène évidemment dont tout le monde se souvient sur ce bâtiment, c'est évidemment les moucharabiers qui sont le deuxième signe d'arabité de ce bâtiment.

2:23
Présentateur

Zigourate, je le dis parce qu'on a cherché ce matin en entendant cette archive qui est un édifice mésopotamien à degrés, c'est-à-dire un empilement de plusieurs terrasses hautes supportant probablement un temple construit à son sommet. Voilà pour le petit point vocabulaire. Quand on y est tous les jours dans ce bâtiment, c'est particulier, c'est un bonheur j'imagine. Qu'est-ce que vous ressentez quand vous rentrez dans ce bâtiment incroyable tous les jours ?

2:50
Invité politique

Ce bâtiment, il est tellement iconique pour tous les Parisiens et pour tous ceux qui le connaissent que c'est très émouvant d'y être au quotidien. C'est émouvant aussi de continuer de croiser des étudiants en architecture qui viennent l'étudier et donc que l'on croise aussi dans les couloirs et toujours dans la bibliothèque. Et la bibliothèque, c'est pour moi un lieu que j'ai fréquenté quand j'étais étudiante en arabe. Donc je connaissais ce lieu de l'intérieur, de cette fameuse tour des livres que décrit Jean Nouvel dans votre archive. Et c'est donc particulièrement émouvant, impressionnant, c'est une fierté évidemment que d'y officier tous les jours avec toute l'équipe.

3:30
Présentateur

Ça fait cinq mois que vous êtes à la tête de l'Institut du Monde Arabe. Les week-ends sont un peu plus calmes qu'à l'Elysée, j'imagine ? Un peu plus calmes. Trop ?

3:39
Invité politique

Non, pas du tout. Les soirées sont aussi plus festives probablement qu'à l'Elysée puisqu'on a toute une programmation culturelle extrêmement riche qui nous amène quand même à être sur le terrain tous les soirs et souvent le week-end. Les équipes sont là évidemment pour animer aussi le musée, les expositions et tout le centre culturel.

4:00
Présentateur

Je dis ça parce que l'Elysée évidemment c'est un quotidien plein d'adrénaline en permanence, etc. Et greffé au portable 24h sur 24. Là c'est plus le cas. Parce que vraiment c'est ce que vous avez vécu. La transition se fait avec bonheur ?

4:17
Invité politique

La transition s'est faite très rapidement compte tenu des circonstances de ma nomination. Elle s'est faite avec bonheur parce que moi je vivais cette adrénaline depuis quand même un très grand nombre d'années. Avant l'Elysée, c'était le porte-parole du Quai d'Orsay où on est là aussi accroché sur son téléphone portable. Et puis d'autres fonctions où on l'est tout autant, que ce soit au Conseil de sécurité ou ailleurs. Et d'arriver à prendre un pas de recul, c'est aussi particulièrement important je pense, dans un moment de très grande conflictualité dans cette région. Et donc de pouvoir, depuis l'Institut du Monde Arabe, adopter une autre attitude.

Pour moi c'est une forme de continuité, même si elle s'inscrit en effet dans une autre modalité d'action.

5:01
Présentateur

Pourquoi avoir voulu passer comme ça de l'ombre à la lumière ? On vous disait discrète, pour ne pas dire timide, et vous voilà à présider l'inauguration de l'Expo Biblos avec le Président de la République d'un côté, Ghassane Salamé, ministre libanais de la culture de l'autre. Vous allez un peu contre votre nature ?

5:28
Invité politique

Oui, je ne pense pas que je ne me serais à imaginer à cette position il y a quelques années. Mais la diplomatie, c'est aussi un métier où on représente l'État. Donc ça m'est arrivé quand même dans certains nombres de fonctions à New York, au Koweït, comme porte-parole du Quai d'Orsay, où je suis venue régulièrement sur vos antennes. Donc, en effet, dans l'ombre des décideurs, puisqu'on est toujours, en tant qu'au fonctionnaire, le conseiller ou celui qui conseille, mais pas celui qui décide. Et là, c'est là qu'il y a un changement, en effet, à l'Institut du Monde Arabe.

Mais pour moi, il y avait vraiment une continuité d'action, au sens où je me suis aussi confrontée aux limites de la diplomatie telle qu'elle est pratiquée. C'est-à-dire que quand vous travaillez sur le Moyen-Orient, qui est traversé par une forme de conflictualité quasi permanente, depuis 20 ans, vous constatez aussi qu'il y a toute une série de questions qui ne relèvent pas uniquement des intérêts, mais qui relèvent aussi des émotions, des imaginaires, des narratifs. Et que finalement, au bout de 30 ans d'échec du processus d'Oslo, par exemple, on se dit qu'il est nécessaire de pouvoir trouver des terrains qui produisent des imaginaires nouveaux.

6:52
Présentateur

Mais c'est-à-dire que vous vous dites que vous serez plus utile et que le dialogue avancera davantage à ce poste-là

7:00
Invité politique

qu'au fait d'Orsay ou à l'Elysée ? Ce n'est pas une question d'être plus utile, je pense que c'est complémentaire. Je pense qu'on a besoin de nouveaux imaginaires, on a besoin de construire des narratifs ensemble et on voit bien que c'est aujourd'hui ce qui manque profondément à cette région, que ce soit évidemment dans un conflit aussi ancré dans l'histoire que l'est le conflit israélo-palestinien, mais que ce soit aussi dans le rapport à l'histoire, par exemple. Je pense au Liban, qui est à nouveau l'objet d'un conflit qu'il n'a pas choisi. On voit que c'est aussi une résurgence qui est aussi le produit d'une histoire, d'une mémoire qui n'est peut-être pas traitée.

Et je crois beaucoup dans le rôle des artistes, de la culture, pour pouvoir justement approcher ces questions qui sont devenues des formes de traumas cachés et que la diplomatie classique a du mal à traiter.

7:51
Présentateur

Vous voyez, vous parlez du Liban, et on pourrait dire un mot de l'expo Biblos, magnifique expo Biblos sur ce site au nord de Beyrouth, qui incarne bien la manière dont la guerre peut interférer avec l'art et la culture. J'imagine que c'est à la fois une satisfaction d'avoir pu mener à bien cette expo, malgré les bombardements israéliens. Simplement, est-ce qu'on peut se satisfaire de garder cette seule enclave de Biblos hors de la guerre ?

8:17
Invité politique

Non, bien sûr que non. Aujourd'hui, il y a toute une série de sites menacés au Liban. Vous savez qu'ils ont été d'ailleurs inscrits de façon exceptionnelle lors d'une séance extraordinaire de l'UNESCO sur la site des sites protégés. Et aujourd'hui, TIR, qui est là aussi un site majeur pour l'histoire de l'humanité, est directement menacé par les bombardements israéliens. Donc, c'est absolument pas satisfaisant. Ce que ça apporte, en revanche, c'est le rappel que cette histoire est une histoire commune.

C'est une histoire qui n'est pas seulement celle du Liban, mais qui est celle de l'humanité et qui est dès lors de la responsabilité de la totalité de la communauté internationale que de se mobiliser pour la préserver. Et je crois que c'est ce message que passe cette exposition. C'est aussi un message qui rappelle à quel point l'histoire du Liban et cette histoire de contact, de dialogue, de hubs, finalement, commerciales, mais à travers le commerce, de liens entre nos cultures. Cette expo, elle se conclut presque sur l'enlèvement d'Europe. Enlèvement d'Europe. Et Europe est une princesse de la ville de TIR, qui est aujourd'hui sous les bombardements.

Princesse, donc, libanaise, qui est enlevée par Zeus et dont, finalement, la recherche par son frère Cadmos apportera l'alphabet à la Grèce et donc l'alphabet à l'Occident.

9:43
Présentateur

Je le disais, Biblos a été épargnée pendant la guerre dans les années 70-80. Elle l'est à nouveau, corrigez-moi si je me trompe, mais depuis mars, je ne pense pas que Biblos ait été bombardée. La France parle régulièrement du Liban, elle sauve ses œuvres, mais elle fait quoi pour sortir le Liban de la guerre ?

10:04
Invité politique

Alors, moi, je ne suis plus à la manœuvre sur ces questions-là, mais la France, elle a toujours été aux côtés du Liban. Elle continue à l'être, dans une situation de très grande conflictualité dans la région, avec une guerre qui est subie par le Liban, qui est aussi la résultante de conflits qui se sont étendus dans la région. On voit bien qu'on est finalement passé d'une attaque terroriste majeure et barbare contre Israël, à l'extension de la guerre à Gaza et désormais une conflictualité régionale avec un conflit qui s'est ouvert à l'Iran et qui a des répercussions sur le Liban.

Et le Liban a trop souvent été dans son histoire, et c'est à nouveau le cas, la victime, je dirais, collatérale de conflits qui finalement ne lui appartiennent pas. Et aujourd'hui, on a à la fois un sujet qui est tout à fait intérieur au Liban, le Hezbollah, mais on a aussi l'implication de l'Iran et une volonté de la part d'Israël de se protéger, y compris au prix des souverainetés et de la sécurité des peuples voisins, ce qui est évidemment inacceptable, et ce sur quoi la diplomatie française continue de se mobiliser.

11:16
Présentateur

On reviendra probablement un peu plus tard sur globalement cette situation au Moyen-Orient. Continuez à bien comprendre la façon dont vous concevez votre rôle à la tête de Lima. Au moment de la succession de Jack Lang, une source au sein de l'exécutif citée par Le Monde disait c'est une rupture claire qui est recherchée à la présidence de Lima. C'est quoi ? Ça veut dire quoi, cette rupture ?

11:39
Invité politique

Ça veut dire qu'avec Jack Lang, nous n'avons pas tout à fait la même génération, donc je pense qu'il y a évidemment un changement dans l'approche que je peux apporter à l'institution.

11:49
Présentateur

Comment vous qualifieriez cette nouvelle approche ? Cette rupture, quand on dit rupture, c'est fort.

11:55
Invité politique

Tout à fait. Je pense qu'il y avait d'abord un sujet de transparence, c'est aussi là-dessus que j'étais attendue. Nous avons pris un certain nombre de mesures, mis en place des règles réaffirmées de déontologie avec un référent déontologie, une charte déontologique, une plateforme de signalement, conduit un audit qui a révélé et qu'il n'y avait pas d'irrégularité dans les comptes de Lima. Donc ça, c'était important de pouvoir rassurer tout le monde, à la fois les équipes, qui évidemment ont été profondément choquées par cet épisode, mais aussi tous les soutiens, puisque l'Institut du Monde Arabe est aussi bénéficiaire d'un certain nombre de soutiens des bailleurs.

Et ensuite, je crois qu'il y a aujourd'hui un monde arabe qui a énormément changé, au-delà de la conflictualité qui est présente sur tous les médias. On a aujourd'hui une scène culturelle extraordinairement effervescente dans le monde arabe, avec des institutions culturelles majeures, que ce soit dans le Golfe, mais aussi au Maroc, où j'étais récemment. Et je ne suis pas sûre que la scène européenne et française ait pris la mesure de cette transformation culturelle et du fait qu'une partie de l'imaginaire, de la façon dont la vision du monde se construit, se construit dans cette géographie-là. Et donc, il me semble que Lima doit lui faire toute sa place.

Donc ça, c'est vraiment un des axes qu'on essaye de mettre en place avec les équipes en ce moment, c'est-à-dire nouer des liens directs avec ces acteurs culturels sur le terrain, que ce soit de grands festivals, de grandes institutions, le Doha Film Institute, le Matraf, le Red Sea Festival, toute une série de musées qui désormais forment aussi une autre vision du monde et que nous avons vocation à montrer ici sur la scène française.

13:49
Présentateur

Vous dites, l'audit montre qu'il n'y a pas d'irrégularité dans les comptes, ça n'en fait pas un établissement à l'équilibre, c'est un établissement qui est structurellement déficitaire. Il y a eu un rapport de la Cour des comptes, d'ailleurs, fin 2014, qui montrait que le modèle qui était prévu au départ, 40% du budget courant financé par les Etats arabes, 60% par la France, était plus respecté. Comment on fait les Etats arabes qui ont diminué leur contribution ces dernières années ? Vous, vous êtes là aussi pour les ramener dans ces 22 Etats dans un soutien prévu au départ ?

14:29
Invité politique

Alors, le rapport de la Cour des comptes, tout d'abord, n'est pas si négatif que ça, il est plutôt moins que pour d'autres institutions culturelles, mais il y a effectivement un sujet de gouvernance financière. Le schéma qui était prévu initialement, en 87, comme l'archive le rappelait, c'était 60% de financement par l'Etat français, 40% par les Etats arabes, sachant que nous avons 22 Etats de la Ligue arabe présents dans les instances de gouvernance et qui sont à l'origine de cette institution aux côtés de la France.

Donc aujourd'hui, il y a une subvention qui reste pérenne de la part de l'Etat français, qui constitue presque 45-47% du budget, et le reste est soutenu par des ressources propres, mais également par du mécénat et par des contributions de la part des Etats arabes, mais qui ne sont pas régulières. C'est-à-dire qu'on a perdu cette forme de régularité.

15:32
Présentateur

Lesquels jouent le jeu,

15:33
Invité politique

clairement ? Alors, en fait, les Etats jouent le jeu en fonction de projets qui les intéressent ou en fonction d'éléments relatifs à l'institution qu'ils vont soutenir. Donc, par exemple, l'Arabie saoudite a mis 6 millions dans la restauration des fameux mouches arabiées. Le Koweït a restauré l'ensemble de la bibliothèque. Les Émirats arabes unis, le Qatar contribuent activement à toute la politique relative à la langue arabe, la traduction. Donc, on a toute une série d'acteurs et nous venons évidemment de signer une nouvelle convention avec le Maroc qui, à travers laquelle le Maroc indique sa disposition à financer l'institution à hauteur de 1 million d'euros par an.

Donc, on voit bien que ce sont sur la base de projets qui intéressent les États et je pense que c'est ça qu'il faut renforcer. C'est-à-dire qu'en travaillant avec tous les acteurs culturels de la région, on peut aussi faire de la coproduction, faire du co-commissariat et donc avoir un dialogue plus en amont avec ces acteurs culturels de façon à répondre à ce qu'eux souhaitent aussi voir à l'Institut du Monde Arabe.

16:44
Présentateur

Juste, les grands travaux qui avaient été envisagés par Jack Lang, justement, les réflexions des mouches arabiées, etc., qui ont parfois été un peu critiquées parce que folie des grandeurs, on en est où de ça ? On garde la même ambition ?

16:58
Invité politique

Non, les mouches arabiées ont déjà été restaurées, donc ils fonctionnent grâce à notamment le financement de l'Arabie saoudite. Le nouveau musée est une nécessité pour l'institution. Donc, c'est un projet sur lequel nous travaillons aujourd'hui, sur lequel nous allons mobiliser les États arabes mais également les mécènes et donc les donateurs privés.

17:22
Présentateur

En deux mots, de quoi on parle ?

17:24
Invité politique

On parle d'un budget total de 18 millions d'euros pour faire la réflexion de l'entièreté du musée de Lima puisque au-delà des expositions que nous avons, nous avons une collection permanente et cette collection permanente s'est trouvée élargie et d'une très belle donation, donation de Claude et France Le Mans qui compte 2000 œuvres modernes et contemporaines et qui vient finalement compléter l'histoire que nous racontions dans le musée qui était essentiellement une histoire dédiée aux arts de l'islam et à la partie ethnographique.

Donc il s'agit pour pouvoir mettre en valeur cette collection de revoir le musée, de le redessiner dans sa scénographie et aussi de retrouver ce qui était un élément essentiel de l'architecture de Jean Nouvel, la transparence et la visibilité sur la ville et depuis la ville sur les collections de Lima.

18:19
Présentateur

Ça c'est des travaux qui vont durer combien de temps et qui ont lieu quand ?

18:23
Invité politique

Alors notre souhait c'est de pouvoir les ouvrir à l'été prochain et si le calendrier est tenu qu'il ne dure qu'une année pour ne pas priver l'institut de sa collection permanente.

18:37
Présentateur

Adkaer Le Gendre, en quoi les coopérations entre Lima et les pays arabes sont source de rapprochement ? Il y a eu diplomatique, j'entends, il y a eu toute une série, toute l'époque langue a été émaillée c'est de polémique alors j'en reprenais j'en notais une en 2019 Israël avait protesté parce qu'ils n'apparaissaient pas sur une carte de la région à l'expo sur Aloula cette oasis en Arabie Saoudite deux ans plus tard c'est des intellectuels arabes qui eux avaient appelé au boycott parce que Lima avait emprunté des oeuvres à des institutions israéliennes c'est évitable ça parce qu'il y a rapprochement mais il y a aussi distance.

19:14
Invité politique

C'est un lieu de débat c'est un lieu de débat sur tous les conflits de la région donc vous voyez on a tenu par exemple à Lima une rencontre des sociétés civiles palestiniennes et israéliennes le 12 juin à l'initiative de Jean-Noël Barraud et ça permet ce dialogue c'est évidemment dans un moment compliqué un moment où se pose la question du boycott culturel avec Israël que sortiennent certains donc on voit bien que ces questions là Aux quelles vous êtes opposées ?

Moi je suis opposée personnellement je ne crois pas que des acteurs culturels qui par ailleurs critiquent leur gouvernement ne doivent pas trouver de voie en France je crois qu'au contraire on a besoin d'entendre dans la société civile israélienne des acteurs culturels qui tiennent d'autres positions puisque à la fin des fins il faudra que les Israéliens eux-mêmes élisent un gouvernement et fassent le choix d'une autre politique

20:09
Présentateur

Et ça c'est presque un acte de résistance face au gouvernement israélien si je comprends bien et donc on n'est pas pour le coup pas le rapprochement

20:17
Invité politique

Alors le gouvernement israélien il n'est pas au coeur de l'institution puisque c'est une institution des états arabes

20:23
Présentateur

opposants on va dire

20:25
Invité politique

oui je parle de artistes on parlait de boycott culturel mais évidemment aujourd'hui je crois qu'on peut condamner la politique menée par le gouvernement israélien qui continue à mener une politique d'occupation à Gaza une politique qui place les Gazaouis dans une situation absolument intolérable au plan humanitaire et qui par ailleurs laisse se produire avec une forme d'impunité qui plus que questionne des violences en Cisjordanie qui menacent la population donc il ne s'agit pas de rapprochement avec l'état d'Israël il s'agit aujourd'hui d'être un lieu de dialogue un lieu de dialogue qui permette de faire émerger des solutions et de le faire à travers la culture les imaginaires le dialogue intellectuel également ce qui manque aujourd'hui il nous semble sur la scène médiatique

21:15
Présentateur

Anne-Claire Lejean vous restez avec nous présidente de l'Institut du Monde Arabe et on se retrouve après le journal de 8h pour poursuivre ce grand entretien 8h sur France Culture France Culture 7h 9h les matins d'été Bérangère Bonte à 8h21 sur France Culture la présidente de l'Institut du Monde Arabe donc la diplomate aussi forcément que vous êtes et que vous resterez toujours on évoquait ces artistes israéliens tout à l'heure je voudrais qu'on dise un mot quand même du risque d'escalade au Moyen-Orient puisque c'est vraiment un sujet que vous connaissez bien ça fait 9 jours que les américains ou en tout cas que les bombardements américains et les ripostes iraniennes ont repris comment faut-il entendre la menace iranienne de guerre totale à échéance disent-ils parfois certains en tout cas de 2 ou 3 jours

22:08
Invité politique

je crois qu'il y a un risque d'escalade en effet dans la région mais il faut évaluer les intérêts de part et d'autre je pense que l'Iran a intérêt aujourd'hui à continuer d'utiliser finalement le détroit d'Hormuz et la menace qu'il fait peser sur les pays de la région et notamment les alliés du Golfe qui sont aussi des alliés précieux pour la puissance américaine pour obtenir un accord qui soit à leur bénéfice et probablement sentent-ils du côté des Etats-Unis une fébrilité suffisante pour pousser leur avantage donc il y a un risque d'escalade compte tenu de la puissance américaine compte tenu du jusqu'au boutisme des dirigeants iraniens qui ont prouvé que la sécurité de leur population n'avait pour eux que très peu d'intérêt mais il y a néanmoins des intérêts iraniens qu'il faut pouvoir factoriser et dont nous espérons que les Etats-Unis les prennent bien en compte pour pouvoir gérer une négociation réussie jusqu'au bout

23:20
Présentateur

Elle reste d'actualité cette négociation Donald Trump quand il reprend les bombardements est-ce qu'il ne reconnaît pas d'une certaine façon que son mémorandum du 17 juin signifiait pas du tout que la guerre était gagnée

23:36
Invité politique

Je ne suis plus dans le secret des négociations donc je ne peux pas attester de cela mais il me semble que ce que nous avons vu ces derniers mois et ces dernières années c'est un Donald Trump qui finalement négocie sous les bombes avec la menace de bombardement avec une menace qui parfois anticipe même sur les délais qu'il a lui-même fixé pour le succès de ces négociations en tout état de cause les Etats-Unis et le monde entier ont besoin d'une restauration de la liberté de circulation sur le détroit d'Hormuz et donc on ne peut pas imaginer que cette négociation s'arrête complètement

24:13
Présentateur

Avec qui la France parle-t-elle en Iran aujourd'hui ? Est-ce que vous savez j'entends on entend évidemment que vous n'êtes plus forcément aux premières loges mais le doute sur le fils du guide suprême qui est censé avoir repris le pouvoir Mojtabak Ramenei on a une idée avec qui on parle ?

24:35
Invité politique

Écoutez nous on a toujours une ambassade à Téhéran et on ne l'a jamais fermé donc on a maintenu ces canaux à la fois diplomatiques de renseignement avec les autorités iraniennes par ailleurs il y a eu des contacts depuis Paris avec des échanges mais sur le guide lui-même vous savez bien que c'est dans le contexte actuel de menaces particulièrement précises sur lui après les frappes américaines j'imagine que les contacts avec ce personnage-là sont particulièrement compliqués pour la totalité des partenaires internationaux

25:15
Présentateur

Vous dites que l'ambassade est toujours là l'Institut du monde arabe discute envisage des projets avec l'Iran dans un contexte pareil où tout est à l'arrêt

25:26
Invité politique

Alors l'Iran ne fait pas partie de l'Institut du monde arabe puisque cet institut il a été fondé avec 22 états arabes ce que n'est pas évidemment l'Iran en revanche on voit bien que le sujet de l'Iran est un sujet qui a un impact immédiat sur la sécurité de tous les voisins et donc est une préoccupation première pour tous les pays du Golfe notamment mais au-delà et donc c'est un sujet qui est traité à l'Institut du monde arabe dans le cadre des débats géopolitiques que nous avons et nous aurons d'ailleurs sur le sujet de la sécurité du Golfe un grand colloque en fin d'année avec la plupart des acteurs de la région donc le sujet il est traité sur ce plan géopolitique il est aussi traité sur le plan culturel pour le coup avec la présence des acteurs culturels iraniens qui ont été régulièrement invités à l'Institut du monde arabe parce que c'est là aussi une voix que nous voulons entendre qui est particulièrement réprimée évidemment par les autorités iraniennes et que l'Institut du monde arabe ont donc aussi vocation à faire entendre

26:34
Présentateur

en quelques mots le colloque dont vous parlez fin d'année c'est le programme et les participants

26:42
Invité politique

Alors ce qui est intéressant c'est que l'on voit bien que dans un contexte de diversification des partenariats géopolitiques il y a évidemment un intérêt à renforcer la discussion entre l'Union Européenne et les pays du Golfe et donc l'Institut du monde arabe n'a pas vocation à travailler avec les autorités officielles en matière diplomatique mais en revanche nous entretenons des relations avec tous les think tanks de la région et donc c'est dans le cadre de ce dialogue là que nous aurons en novembre un dialogue consacré à la sécurité dans le Golfe et qui réunira des partenaires européens et des partenaires golfiques

27:23
Présentateur

Vous étiez en Syrie avec le président de la République au début d'il y a quelques semaines à quel titre évidemment comme patronne de Lima aussi quand même vous faites nom de la tête avant même que je finisse la question est-ce que votre présence ça reste une expertise précieuse pour le président de la République ou d'une façon ou d'une autre

27:47
Invité politique

moi je suis présidente de l'Institut du monde arabe il y a des conseillers auprès du président de la République qui font le travail que je faisais auparavant donc cette expertise elle existe auprès du président de la République et évidemment ils n'ont pas besoin de moi pour défier une politique aujourd'hui non ma présence en Syrie elle était particulièrement pertinente parce que la visite du président de la République a été l'occasion d'organiser le retour de 23 pièces archéologiques extrêmement précieuses que nous avions dans les collections de l'Institut du monde arabe depuis 2010 c'est des pièces que nous avions en dépôt officiellement de la part de la Syrie avant la guerre civile et donc évidemment au cours de cette guerre civile il n'avait pas été possible ni politiquement ni à raison des conditions de sécurité de pouvoir retourner ces pièces en Syrie et les Syriens dès lors qu'il y a eu des nouvelles autorités à Damas ont en fait fait appel à tous les musées internationaux pour organiser le retour des pièces qui étaient à l'extérieur du pays compte tenu des immenses destructions qu'ils ont aussi subies je voyais des images ce matin du musée de Palmyre vous vous souviendrez de son directeur qui avait été décapité en 2015 Khaled Hassad et qui avait tout fait pour préserver ce site extraordinaire pour le patrimoine de l'humanité malheureusement très largement détruit par les forces de Daesh nous avions dans nos collections des pièces de Palmyre donc il était particulièrement important que nous puissions les ramener en Syrie là où les Syriens pourront à nouveau les voir et les étudier

29:33
Présentateur

et qui seront au musée national de Damas vous confirmez que Lima va préparer une grande expo consacrée à la Syrie ce qui marquera d'ailleurs le retour de la Syrie sur la scène culturelle internationale

29:46
Invité politique

oui c'est ce que nous avons proposé aux autorités syrniennes et donc on travaille avec elles pour en définir l'angle mais c'est leur souhait à elles vous savez qu'elles étaient présentes pour la première fois depuis la guerre civile à la Biennale de Venise avec un pavillon syrien qui a aussi marqué le retour de la Syrie sur la scène culturelle et donc nous souhaitons leur faire cette place parce que je crois qu'il y a eu notamment tout ce patrimoine qui a été menacé pillé et que Daesh finalement souhaitait effacer de la surface de la planète et de notre histoire collective donc c'est important de le montrer mais il y a eu aussi pendant toute la révolution une expression culturelle extrêmement vive qui s'est faite à la fois sur le terrain parfois sur les murs des villes syriennes mais aussi dans toute la diaspora syrienne et il faut que nous puissions la montrer

30:38
Présentateur

ça signifie Anne-Claire Lejeune que la Syrie et le président Al-Chara est un partenaire totalement fiable aujourd'hui aux yeux de la France

30:47
Invité politique

aujourd'hui c'est un partenaire que nous avons choisi de soutenir pour ce qui est des autorités françaises parce que pour nous la stabilité de la Syrie est un élément central et par ailleurs nous avons soutenu tout au courant de la guerre civile cette opposition syrienne qui tentait de faire valoir ses droits démocratiques sur la répression et l'oppression de Bachar el-Assad donc aujourd'hui c'est cette Syrie là c'est cette Syrie qui veut une voix inclusive pluraliste qui rassemble l'ensemble de ses opposantes que nous continuerons de soutenir en tant que France à l'Institut du monde arabe et dans le cadre de la diplomatie française

31:32
Présentateur

on est totalement rassuré aussi sur la protection des minorités on se souvient des massacres qui ont visé les alaouites l'année dernière les druzes également et le président de la république s'engage à les protéger ce qui veut dire qu'il y a encore des inquiétudes

31:47
Invité politique

le président de la république a eu ce mot je crois qu'il a dit que nous n'étions pas naïfs sur la situation sur le terrain il est évident qu'il y a énormément de défis des défis sécuritaires il y a eu des massacres que nous avons condamnés il y a des procédures en cours pour juger les auteurs de ces massacres notamment sur la côte alaouite vous savez que nous avons été engagés dans la négociation aussi au nord pour faire en sorte que les kurdes soient reconnus comme une réelle composante de la société syrienne donc évidemment qu'il y a des inquiétudes le président de la république a eu l'occasion et j'y participais de s'entretenir avec des membres de la société civile syrienne qui venaient de toutes parts des défendeurs des droits des femmes des membres des différentes communautés mais également des juristes spécialistes de la justice transitionnelle je crois que ce qui était frappant dans cette conversation c'était l'esprit de construction qui animait l'ensemble de ces membres de la société civile donc ils exprimaient des inquiétudes mais ils exprimaient aussi leur propre travail avec les autorités actuelles pour faire en sorte que le cadre politique syrien soit conforme aux aspirations du peuple syrien demain

33:02
Présentateur

on vous prête Anne-Claire Lejean d'un rôle moteur comme conseillère Moyen-Orient proche du président de la république dans la reconnaissance de l'état de Palestine par la France officialisée à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre l'année dernière je ne sais pas ce que vous pouvez en dire du processus comment vous êtes arrivé ça a été un long travail évidemment de l'ombre pour le coup à quel moment pourquoi vous vous dites que finalement cette reconnaissance de la Palestine c'est le seul levier possible

33:32
Invité politique

alors tout d'abord ce n'est pas moi qui le dit puisque ce n'est pas moi qui décide c'est évidemment le président de la république qui prend cette décision qui est une décision historique pour la France de reconnaître la Palestine et ce cheminement qui est fait par toutes les diplomaties françaises avec les ministres successifs il fait le constat que finalement nous avons essayé de passer par un certain nombre d'instances internationales le conseil de sécurité des Nations Unies d'autres instances judiciaires ont été saisies pour obtenir un cessez-le-feu et finalement ce cessez-le-feu n'arrive pas où il arrive puis on retombe dans une logique qui s'apparentait à finalement une destruction systématique à Gaza et donc il fallait trouver les moyens de faire cesser cette dynamique et on se rend bien compte compte tenu de nos propres capacités de la division de l'Union Européenne que la question de la reconnaissance va devenir un des leviers le principal levier que nous avons dans nos mains pour susciter une mobilisation internationale et donc ce levier il peut être joué de façon nationale décorrélé finalement d'autres acteurs c'est le choix qu'ont fait l'Espagne par exemple ou l'Irlande mais ce qui était le souhait du président de la république c'était de faire en sorte qu'il puisse avoir un impact dans la réalité sur le conflit et cet impact c'est évidemment d'essayer de pousser les acteurs au cessez-le-feu donc cela nécessitait à la fois de réunir toute une série d'acteurs avec nous ce travail il a été fait très étroitement avec l'Arabie Saoudite et l'engagement du prince héritier Mohamed Ben Salman mais il a été fait aussi avec le soutien et c'est ce qu'a confirmé le texte que nous avons négocié aux Nations Unies pour soutenir cette démarche avec 144 autres états et je crois que c'est cette mobilisation internationale associée aux conditions finalement que pose ce texte des conditions qui s'appliquent à Israël mais qui s'appliquent aussi au Hamas puisque nous avons réussi sous l'autorité du président de la République à faire en sorte que les états arabes condamnent le Hamas et appellent à son désarmement dans cette déclaration mais aussi à la réforme de l'autorité palestinienne et que tous ces éléments-là ont permis à la fois la reconnaissance par un nombre très significatif d'acteurs et pour la première fois des membres du GTET qui était particulièrement significatif mais ont permis aussi finalement de déclencher une démarche de négociation d'un cessez-le-feu par les Etats-Unis

36:23
Présentateur

ça c'était la première étape sauf qu'aujourd'hui on s'aperçoit qu'Israël bombarde toujours Gaza quels sont les plans de la France cette reconnaissance c'est très bien mais quels sont les plans de la France pour permettre aux palestiniens de rester à Gaza et dans quelles conditions ?

36:41
Invité politique

Alors encore une fois je ne suis plus à la manœuvre donc c'est difficile pour moi de dévouer ça

36:45
Présentateur

La suite était prévue ?

36:47
Invité politique

Bien sûr le document que nous avons négocié avec 144 autres Etats et l'entièreté des pays de la Ligue arabe c'était un plan qui permettait une cessation des hostilités la mise en place d'une gouvernance à Gaza qui est un lien avec l'autorité palestinienne le tout devant mener finalement à ce désarmement évidemment nécessaire dû à masse mais surtout une reconstruction dans des bonnes conditions sur la totalité de la bande de Gaza Aujourd'hui on voit que ce processus il n'a connu que le premier acte c'est-à-dire un cessez-le-feu cessez-le-feu qui comme vous le signalez et par ailleurs violé par les forces israéliennes alors qu'il évoque aussi des viols du côté du Hamas et c'est ce qu'on se constate malheureusement c'est que le Hamas a repris aussi le contrôle d'une partie de la bande de Gaza mais il y a aujourd'hui une occupation d'une très large part de la bande de Gaza et surtout absolument pas de processus qui permettent aux Gazaouis de vivre une vie digne aujourd'hui l'aide humanitaire est toujours extraordinairement limitée et il n'y a pas de reconstruction sur la totalité de la bande de Gaza

37:59
Présentateur

On parlait tout à l'heure de ce que permet les discussions culturelles en termes de rapprochement diplomatique je veux dire qu'on dise un mot de l'Algérie et de Christophe Gleize parce que vous avez rencontré le président Tebboune plusieurs fois dans le cadre de vos fonctions notamment à Lima il était en Allemagne il y a quelques jours à l'Allemagne à qui on prête un rôle potentiel dans cette éventuelle grâce qu'est-ce que vous pouvez nous en dire

38:25
Invité politique

dans vos échanges

38:28
Présentateur

avec le président Tebboune

38:29
Invité politique

sur le sujet écoutez moi je me suis rendue en Algérie mais cela fait déjà plus de trois mois puisque c'était tout au début de ma prise de fonction à l'Institut du Monde Arabe je m'y suis rendue dans le cadre de mes nouvelles fonctions pour établir avec l'Algérie aussi un nouveau cadre de coopération j'ai en effet eu l'honneur d'être reçu par le président Tebboune et à cette occasion j'ai fait part du souhait de la famille de voir Christophe Gleize bénéficier d'une grâce présidentielle mais je ne peux pas vous en dire davantage

39:05
Présentateur

Lima donc il y a l'exposition Biblos il y a une exposition qui va s'appeler Vive la mariée avec des créations qui ont l'air formidables de 27 artistes contemporains du Maghreb et de ses desporas à partir du 29 septembre Les secrets de la Lambra à partir du 24 novembre et on aura l'occasion de reparler de tout ça merci beaucoup Anne-Claire Le Gendre d'être passée par les matins d'été de France Culture Merci d'avoir regardé cette vidéo !