Philippe de Villiers : "La lettre du prisonnier Benjamin Fondane"
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Philippe de VilliersFait
« c'est une histoire très personnelle j'ai hésité à la raconter mais voilà je c'est pour rendre hommage aussi à mon papa qui était un grand un grand officier résistant »
- 0:15Philippe de VilliersFait
« mon père me disait nous disait à ses enfants en fait vous savez les enfants ce qui m'a sauvé c'est l'écriture et la lecture »
- 1:00Philippe de VilliersFait
« il écrivait il criait écrivait souvent sans réponse les lettres n'arrivaient pas et puis il lisait »
- 1:30Philippe de VilliersFait
« il disait je je lisais je me souviens le soulier de Satan de Claudel la siset tekov »
- 2:00Philippe de VilliersFait
« il parla de il parla de Baz et il s'est arrêté sur trois lettres en particulier qui m'ont marqué »
- 3:00Philippe de VilliersFait
« la première c'est celle de dorg à ses camarades de combat dans la tranchée des bayonnettes »
- 3:30Philippe de VilliersFait
« ch camarade c'est maintenant que vous allez souffrir c'est maintenant que vous allez mourir »
- 4:00Philippe de VilliersFait
« la deuxième lettre c'était destien dorv un grand marin un grand officier c'est la lettre à ses enfants »
- 4:30Philippe de VilliersFait
« la dernière il écrit la veille de sa mort il sait qu'il va être exécuté par les Allemands »
- 5:00Philippe de VilliersFait
« ne pleurz pas n'oubliez jamais et cultivz le souvenir non pas le mien celui de la France »
- 5:30Philippe de VilliersFait
« n'oubliez jamais que j'ai fait tout ça que j'ai résisté pour une seule raison la grandeur de la France »
- 6:00Philippe de VilliersFait
« y avait une troème lettre de Benjamin Fondane que lui avait donné son ami Gilbert can Salvador à Lubec »
- 6:30Philippe de VilliersFait
« c'est à vous que je parle homme des Antipodes je parle d'homme à homme avec le peu en moi qui demeure de l'homme »
- 7:00Philippe de VilliersFait
« souvenez-vous que j'avais un visage comme vous une bouche qui priait comme vous »
- 7:30Philippe de VilliersFait
« souvenez-vous souvenez-vous que j'étais innocent et que tout comme vous mortel de ce jour là j'avais un visage comme vous marqué par la colère la joie la pitié »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
c'est une histoire très personnelle j'ai hésité à la raconter mais voilà je c'est pour rendre hommage aussi à mon papa qui était un grand un grand officier résistant qui a terminé sa guerre le pauvre camp de représaille de Lubec parce qu'il avait sauvé un officier juif s'appelait Gilbert Kain Salvador qui son un ami d'enfance à mess et ils se sont évadés ensemble sont retrouvés ensemble ils étaient à Lubec ensemble et mon père me disait nous disait à ses enfants en fait vous savez les enfants ce qui m'a sauvé c'est l'écriture et la lecture il écrivait il criait écrivait souvent sans réponse les lettres n'arrivaient pas et puis il lisait et il disait je je lisais je me souviens le soulier de Satan de Claudel la siset tekov et puis les lettres les lettres des soldats dans l'histoire de France il parla de il parla de Baz et il s'est arrêté sur trois lettres en particulier qui m'ont marqué la première c'est celle de dorg à ses camarades de combat dans la tranchée des bayonnettes qui dit ch camarade c'est maintenant que vous allez souffrir c'est maintenant que vous allez mourir le temps va effacer vos visages et jusqu'à vos croix insignifiantes les voiles de deuil comme les feuilles d'automne tomberont et l'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qui l'aimit tant alors je laisse les croixs de bois la deuxième lettre c'était destien dorv un grand marin un grand officier c'est la lettre à ses enfants la dernière il écrit la veille de sa mort il sait qu'il va être exécuté par les Allemands et il dit à ses enfants ne pleurz pas n'oubliez jamais et cultivz le souvenir non pas le mien celui de la France n'oubliez jamais que j'ai fait tout ça que j'ai résisté pour une seule raison la grandeur de la France et puis y avait une troème lettre de Benjamin Fondane que lui avait donné son ami Gilbert can Salvador à Lubec c'est à vous que je parle homme des Antipodes je parle d'homme à homme avec le peu en moi qui demeure de l'homme avec le peu de voix qui me reste au Gosier un jour viendra c'est sûr de la soif apaisée nous serons au-delà des souvenirs alors souvenez-vous que j'avais un visage comme vous une bouche qui priait comme vous quand une poussière entrait ou bien un songe dans l'œil cet œil pleurait un peu de sel et quand une épine mauvaise é gratinait ma peau il écoutait il coulait un son aussi rouge que le vôtre lorsque vous foulerez ce bouquet d'orti qui avait été moi dans un autre siècle dans une histoire qui vous semblera périmée souvenez-vous souvenez-vous que j'étais innocent et que tout comme vous mortel de ce jour là j'avais un visage comme vous marqué par la colère la joie la pitié un visage d'homme tout simplement
Philippe de Villiers