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InterviewC à vous - France Télévisions· 12 septembre 2023 8 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & international

Alain Juppé, un autoportrait sans concession - C à vous - 12/09/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Ces mots-là vous ont blessé, vous le rappelez ?

  • 0:56FerméeRéponse directe

    La première fois en 78 ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Je ne dirais pas imbuvable, mais vous racontez que même votre mère s'inquiétait de savoir si vous aviez la rondeur nécessaire pour séduire un électorat.

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Pardon ? Je croyais qu'il y avait des images.

  • 1:56OuverteRéponse directe

    L'attention portée aux autres, l'attention qu'on a avec ce qu'on dit parfois, les mots inutiles, mais qui flattent ceux à qui ils sont adressés, que vous n'avez pas toujours su formuler.

  • 2:10ComplaisanteRéponse directe

    On ne va pas y passer la soirée.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « Oui, ça m'a fait de la peine parce que j'aime bien Bernadette Chirac, j'ai beaucoup de respect pour elle. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « J'ai été candidat à des élections, je crois, une bonne quinzaine de fois. »
  • 0:57Invité politiqueFait
    « Je n'étais battu que deux fois. La première, sur une terre socialiste, qui est la Haute-Lande. »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Non, mais chez ma mère, c'était une critique physique. Elle trouvait que je n'étais pas assez ronde. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Il l'appelait de temps en temps au téléphone en disant « Madame Juppé, vous ne trouvez pas qu'Alain est un peu maigre ? » »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Je suis comme je suis. On ne change pas vraiment, même si on se bonifie un petit peu avec le temps. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Et 24 ans à Bordeaux, je ne souviens pas arriver à créer avec mes électeurs un climat, ou une relation plus exactement de confiance et d'amitié. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « j'avais 20 ans, je me suis marié, je n'étais pas majeur encore à l'époque, et j'ai eu un coup de foudre en Grèce, dans un voyage d'hypocailleux et de cailleux »
  • 3:41Invité politiqueChiffre
    « on a vécu près de 25 ans ensemble, et j'ai pour elle toujours encore beaucoup d'affection et de tendresse. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « Et puis, voilà, je n'allais peut-être pas jeter ma gourme suffisamment, à 20 ans, et à la quarantaine, on appelle ça comment, le démon de midi, j'ai un peu bâtifolé. »
  • 4:09Invité politiqueChiffre
    « nous avons fêté notre 30e anniversaire de mariage il y a quelques semaines. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Nous n'avons pas les mêmes religions, pas la même couleur de peau, pas la même origine. Il faut respecter cette diversité qui fait notre richesse. »
  • 5:54Invité politiqueChiffre
    « Je me rappelle qu'à l'issue du premier débat, il y avait un sondage qui me donnait vainqueur. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « J'étais l'homme à abattre, puisque les sondages me donnaient très largement en tête. »
  • 7:50Invité politiqueFait
    « Je crois que je me suis trompé de campagne, en réalité, pendant la primaire. »

Temps de parole

  • Alain Juppé64 %
  • Invité15 %
  • Invité 28 %
  • Invité 35 %
  • Invité 44 %
  • Invité 53 %

10,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce trait de caractère de froideur, ce sentiment de supériorité, il vous a été reproché par Bernadette Chirac. En septembre 2014, c'était au micro d'Europe 1, alors que la primaire de 2016 est déjà dans toutes les têtes. Il est très très froid et il n'attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels. Il est très très froid. Juppé peut courir avant de faire des succès comme ça, sur les planches. Vous savez, quand on approche des élections de plus en plus importantes, il faut des qualités très exceptionnelles. Et il y a très peu de gens, je le sais, puisque mon mari a été deux fois président de la République, il y a très très peu de gens qui préfèrent ça.

Ces mots-là vous ont blessé, vous le rappelez ?

0:40
Alain Juppé

Oui, ça m'a fait de la peine parce que j'aime bien Bernadette Chirac, j'ai beaucoup de respect pour elle. Elle est d'ailleurs venue me soutenir à plusieurs reprises dans des élections que j'ai remportées. Ce qui prouve que je n'étais pas si inapte au contact personnel qu'on veut bien le dire. J'ai été candidat à des élections, je crois, une bonne quinzaine de fois.

0:56
Invité

La première fois en 78 ?

0:57
Alain Juppé

Je n'étais battu que deux fois. La première, sur une terre socialiste, qui est la Haute-Lande. Et puis une deuxième fois en 2007 aux élections législatives. Et tout le reste du temps, j'ai été élu, donc je ne suis pas aussi imbuvable que certains.

1:09
Invité

Je ne dirais pas imbuvable, mais vous racontez que même votre mère s'inquiétait de savoir si vous aviez la rondeur nécessaire pour séduire un électorat. C'était justement lors des premiers meetings de campagne que vous animiez pour ces élections législatives de 78.

1:26
Alain Juppé

Pardon ? Je croyais qu'il y avait des images.

1:28
Invité

Ah non, on n'a pas les images !

1:29
Alain Juppé

C'est dans votre livre, mais on n'a pas les images. Non, mais chez ma mère, c'était une critique physique. Elle trouvait que je n'étais pas assez ronde. Et alors Jacques Chirac en profitait de façon très très perfide. Il l'appelait de temps en temps au téléphone en disant « Madame Juppé, vous ne trouvez pas qu'Alain est un peu maigre ? » Et alors ma mère se déchaînait en lui disant « Monsieur le Président, il faut lui dire de manger, il ne mange pas assez. » Voilà ce que ma mère considérait comme...

1:54
Invité

Important pour séduire votre auditoire. L'attention portée aux autres, l'attention qu'on a avec ce qu'on dit parfois, les mots inutiles, mais qui flattent ceux à qui ils sont adressés, que vous n'avez pas toujours su formuler. Écoutez, on ne va pas y passer la soirée.

2:13
Alain Juppé

C'est la fin de l'autocritique. Le nombre de fois où à l'issue d'une émission, j'ai entendu dire ou écrire « Juppé a fendu l'armure », m'a convaincu que l'armure, elle est en pièce depuis un an. Je suis comme je suis. On ne change pas vraiment, même si on se bonifie un petit peu avec le temps. Et je le répète, je n'ai pas le sentiment qu'après 12 ans de mandat dans le 18e arrondissement, qui est un arrondissement très populaire, il y a la place du Tertre, mais il y a aussi la Goutte d'Or dans le 18e arrondissement. Et 24 ans à Bordeaux, je ne souviens pas arriver à créer avec mes électeurs un climat, ou une relation plus exactement de confiance et d'amitié.

2:50
Invité

Pour ceux qui n'auraient pas été convaincus, vous vous livrez à des confidences qui pourraient surprendre. Quand vous racontez avoir écrit des lettres brûlantes à votre première épouse Christine, avant de vivre à la quarantaine, des aventures sans lendemain, le démon de midi m'avait saisi, écrivez-vous, pour finalement, en 1988, avouer que plus rien d'autre ne comptait que la conquête d'une jeune et jolie journaliste en jupe verte qui vous avait tapé dans l'œil, Isabelle, qui deviendra votre épouse. – Elle prétend qu'elle n'était pas verte la jupe. – Oui, ça j'aime bien ce détail.

3:20
Alain Juppé

– Isabelle a toujours nié avoir eu une jupe verte, et je suis convaincu qu'elle avait une jupe verte, c'est comme ça, c'est des accords entre nous. Moi j'ai eu la chance dans ma vie d'avoir deux grands amours, voilà, je le dis, non mais moi, ma première femme Christine, j'avais 20 ans, je me suis marié, je n'étais pas majeur encore à l'époque, et j'ai eu un coup de foudre en Grèce, dans un voyage d'hypocailleux et de cailleux, et on a vécu près de 25 ans ensemble, et j'ai pour elle toujours encore beaucoup d'affection et de tendresse.

Et puis, voilà, je n'allais peut-être pas jeter ma gourme suffisamment, à 20 ans, et à la quarantaine, on appelle ça comment, le démon de midi, j'ai un peu bâtifolé.

3:56
Invité

– Il y a beaucoup de tentations en politique, écrivez-vous.

3:58
Alain Juppé

– J'ai un peu bâtifolé, je le reconnais, mais je ne me livre pas au-delà de… – Oui, ça reste très pudique. – Absolument, mon jardin secret reste secret. Et à ce moment-là, j'ai vécu un deuxième grand amour avec Isabelle, et ça dure depuis 30 ans, nous avons fêté notre 30e anniversaire de mariage il y a quelques semaines.

4:13
Invité

– Pourquoi avoir éprouvé le besoin de raconter cela ?

4:16
Alain Juppé

– Parce que ça fait partie de ma vie.

4:17
Invité

– Ça ne vous en fait pas du tout un procès.

4:18
Alain Juppé

– Ça fait partie de ma vie, quand on écrit des mémoires, on parle de soi, et vous serez témoin que sur les, je ne sais plus combien, 350 pages du livre, ça ne l'occupe pas beaucoup.

4:28
Invité

– C'est vrai, mais je les ai retenues entre autres, et je précise qu'elles restent extrêmement pudiques, évidemment.

4:33
Alain Juppé

– Je reconnais qu'il n'y a rien de méchant dans mon livre, et rien de croustillant. Donc mon éditeur est très inquiet.

4:38
Invité

– On continue à regarder dans le rétro, cette fois-ci en 2016, pour la première fois, la droite organise une primaire pour désigner le candidat à la présidentielle de 2017. Trois débats sont organisés avant le premier tour, on va revivre un des échanges.

4:52
Alain Juppé

– Nous n'avons pas les mêmes religions, pas la même couleur de peau, pas la même origine. Il faut respecter cette diversité qui fait notre richesse. À une condition, ou à deux conditions. Premièrement, que ça ne tombe pas dans le communautarisme, et deuxièmement, que nous renforçons ce que nous avons en commun, parce que si on n'a que des différences, ça ne fait pas un pays. Voilà ce qui me paraît caractériser une forme d'identité française qui sera, j'en suis sûr, demain à nouveau, une identité heureuse.

5:14
Présentateur

– Moi, personnellement, entre identité heureuse et assimilation malheureuse, je vous dis tout de suite, dans une réunion d'habitants à Meaux,

5:20
Invité

ce n'est pas par là qu'on commence. – Je voudrais juste dire à Jean-Frédéric Poisson que nous sommes deux sur ce plateau à ne pas rentrer dans le débat sur l'identité heureuse ou malheureuse. Moi, ce à quoi je crois, c'est à la culture. – C'est l'identité. – Non, la culture, Alain, ce n'est pas l'identité. – C'est l'unité dans la diversité. – Là, nous avons une vraie divergence, Alain. – Puisque l'identité heureuse était votre slogan pour cette campagne, vous écrivez dans vos mémoires « Je n'ai pas été bon » dans les trois débats télévisés d'avant le premier tour, comment celui qui était le premier de la classe a-t-il pu échouer trois fois, lors des trois euros ?

5:53
Alain Juppé

– D'abord, c'est moi qui le dis. Je me rappelle qu'à l'issue du premier débat, il y avait un sondage qui me donnait vainqueur.

5:58
Invité

– Mais vous n'y croyez pas, ce sondage ?

5:59
Alain Juppé

– C'est une preuve d'humilité peut-être un peu excessive. Je ne me sentais pas à l'aise dans ce débat. D'abord, j'étais un peu seul contre tous. – Vous étiez l'homme à abattre. – J'étais l'homme à abattre, puisque les sondages me donnaient très largement en tête. Et puis, physiquement même, j'étais peut-être un peu fatigué après une longue campagne. Ce thème de l'identité heureuse n'a pas été compris. J'ai été accusé d'une certaine manière de naïveté, de considérer que tout allait bien en France, comme si je ne connaissais pas la réalité. Jean-François Copé, pour qui j'ai beaucoup de respect et d'amitié, explique qu'à mot, je préfère lui dire qu'à la goutte d'or aussi.

Je sais ce que c'est que la réalité des gens qui sont dans la difficulté ou dans des difficultés d'intégration. Mais pour moi, un candidat à la présidence de la République qui ne laisse pas espérer à ses concitoyens que les lendemains peuvent être meilleurs que les jours d'aujourd'hui, il vaut mieux qu'ils fassent autre chose. C'est pour ça que j'ai essayé de parler de bonneur. C'est pour ça que j'ai essayé de dire qu'être français, c'était aussi la possibilité d'être heureux parce que nous sommes dans un pays extraordinaire.

7:03
Invité

Est-ce votre plus grand regret en politique ? Parce qu'on vous a vu, président, c'était même à la une du point un an avant. Il y avait écrit Alain Juppé, le président. Est-ce votre plus grand regret d'avoir échoué, d'avoir raté ce rendez-vous ?

7:16
Alain Juppé

Quand on fait de la politique et qu'on a de l'ambition, on veut aller au plus haut niveau. Moi, j'ai toujours été comme ça. Quand j'étais enfant de cœur, je voulais être pape.

7:24
Invité

Oui, vous aviez 7-8 ans.

7:25
Alain Juppé

Ça a duré, ça n'a pas duré, ça a duré 2 à 3 ans. Et après, quand je me suis lancé en politique, j'ai exercé un certain nombre de responsabilités importantes. Vous les avez rappelées tout à l'heure. Et donc, la fin du chemin, si je puis dire, ou le couronnement ou l'apothéose, c'était évidemment l'Élysée. Et donc, j'ai souhaité accéder à cette fonction. Je n'y suis pas arrivé. Je ne m'en prends qu'à moi-même, comme je l'ai dit. J'ai essayé de faire une introspection et de chercher ce qui n'avait pas fonctionné. Je crois que je me suis trompé de campagne, en réalité, pendant la primaire. J'étais convaincu d'être fort sur ma droite.

Parce que j'avais été secrétaire général du RPR, président de l'UMP. Et donc, je me suis plutôt occupé de mon centre. C'est ma droite qui m'a lâché. C'est comme ça. Donc, j'ai fait cette analyse-là. Et je n'ai pas été président de la République. Je voulais l'être. Je n'en suis pas mort. Et je n'en conçois aucune amertume aujourd'hui. Je n'en suis pas mort.