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interviewJean-Luc Mélenchon· 8 juillet 2026 11 min

Le scandale du Méga-canal

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde. Samedi a lieu à Cambré un rassemblement pour s'opposer à la construction d'un canal. Un canal qui joindrait la France et ses cheminements au port de Rotterdam pour finir car c'est l'objectif final.

Le travail concernant ce canal est gigantesque. Il consiste en un saccage extrêmement avancé de la nature dans des proportions dont je vous fais grâce des chiffres mais qui représentent des quantités de terre accumulé des espèces détruites et de perturbation de toutes sortes pour à la fin avoir un cheminement fluvial qui ne porterait pas davantage que 3 ou 4 % de ceux qui se transportent pour aller ou pour revenir du port de Rotdam. La cause écologique dorénavant devrait avoir plus d'importance dans l'esprit public et de ceux qui décident.

Les coûts devraient faire réfléchir pour un pays dont on se plaint sans cesse qu'il soit ruiné. Enfin, on parle de débordement des prix prévus avant même qu'on ait sérieusement commencé et on parle au total d'un coût de 10 milliards. C'est une somme considérable.

Et pour quoi faire, je vous prie ? Aménager le territoire. Oui, je l'ai bien compris mais dans quel sens ?

Aujourd'hui, les marchandises entrent en Europe, beaucoup par le port de Rotterdam. pas seulement mais par le port de Rotterdam qui a avant d'autres ports français bénéficié de toutes sortes d'installations qui le rendent plus facile d'accès, de chargement et de déchargement que d'autres. Bien, ça c'est la situation présente et à partir de là, on voit des marchandises qui font le grand tour, qui sont passés par le canal de Suède, qui ont traversé toute la Méditerranée, qui ont passé le détroit de Gibraltar qui remontent toute la côte, puis la manche et finissent par arriver à Rotterdam où les marchandises sont déchargées et mis dans des camions ou sur quelques fleuves pour rejoindre leur destination finale.

Ainsi, un bateau qui aurait pu s'arrêter et décharger à Marseille et remonter par les voies ferré, fluvial, canal, route, même s'il le faut, quoi que je sois contre. Et bien non, fera tout ce grand tour et redescendra depuis Rotterdam jusqu'à Marseille pour être vendu au aux populations qui s'y trouvent. Non non, 1000 fois non.

On peut pas être d'accord avec ça. Nous autres Français, nous avons par rapport à l'ensemble de cette circulation des marchandises des atouts écologiques que nous devons mettre en avant dans cette époque. premier à atout faire de Marseille et de Fosse plus exactement le point d'arrivée et de débarquement du maximum des marchandises qui ensuite pourrai remonter comme je viens de le dire par le sillon rodania et ensuite irriguer les autres pays au nord et à l'est de l'Europe tout aussi simplement qu'ils ne le font depuis Rotterdam.

Première possibilité. Deuxième possibilité, les navires qui feraient le tour trouveraient au Havre un port d'attache ou charger et déchargé. Le Havre est un très grand port français. 25 % de ceux qui transitent par la mer et arrivent dans notre pays passe par là.

On y trouve des installations qui peuvent être développées. On y trouve des personnels qui ont des qualifications professionnel de haut niveau. On y trouve une capacité à trier, dispatcher les marchandises pour les faire repartir.

Et puis lorsque l'avenir se présentera, c'est-à-dire lorsque les routes maritimes du très grand nord se seront ouvertes parce que le changement climatique fait que ces routes sont en train de s'ouvrir. Autrefois, on y passait une semaine [raclement de gorge] par an. Tout ça, c'est beaucoup étendu dorénavant.

On y passe pendant plus longtemps. Et cette route maritime par le Grand Nord réduit de 30 % la distance de ces marchandises qui transitent, de 30 % le carburant dont il faut alimenter les navires et par conséquent le moment venu, elle va représenter une force d'attraction extraordinaire pour tout ce qui vient d'Asie et qui vient de Russie. Quand je dis d'Asie, tout le monde comprend que c'est l'essentiel des marchandises qui s'importent en Europe puisque pour le reste, cela est beaucoup moins important en nombre, en volume et en masse d'argent dépensé.

Et ces bateaux qui passeront par le Grand Nord auront une caractéristique aujourd'hui inconnue. Ils pourront être beaucoup plus larges que ne le sont aujourd'hui les portes containers qui ont surtout à être les plus longs et les plus fins possibles pour pouvoir passer par les grands canaux comme Suèz par lequel transite tout ce qui vient pour nous d'Asie. Si bien que les ports qui sont sur cette ces façades maritimes auront eux-mêmes à changer pour accueillir ce type de navire.

Alors, à quoi bon aller renforcer le port de Rotterdam ? Pourquoi les Français ne seraient-ils pas d'abord soucieux de développer Fosse Marseille et de développer le Havre ? Pourquoi est-ce que ça n'est pas une solution plus simple, plus pratique à proposer ?

Alors oui, ça représente là aussi des nouveaux équipements, des travaux et bien nous avons la population pour le faire et il y a les capitaux, il y a aussi de grands entrepreneurs du transport maritime en France. N'avons-nous pas la compagnie CGM qui euh est le 3e transporteur du monde qui a des chantiers euh dans ma endroit en Asie pour produire les navires dont il a besoin et qui paraît-il voudrait en faire construire aux États-Unis d'Amérique si ce pays est encore en état d'en construire. Donc nous aurons pour nous l'avantage d'une situation géographique exceptionnelle.

Nous aurons pour nous l'avantage d'avoir prévu de longue ma ce que nous voulons faire. Mais il y certains travaux plus particuliers. Écoutez ceci.

Nous avons besoin de joindre le Havre à la scène dans des conditions qui permettent le transit des grands navires ou le rechargement de navires qui passeraient et transiterait par la scène et les canaux qui s'y rattachent. Alors, ce serait une magnifique voie fluviale qui serait ouverte en alternative au mouvement perpétuel des camions de tout côtés. Pour cela, il s'agit d'organiser une écluse, une châtière, une porte d'entrée à la sortie du port du Havre, à l'entrée de la scène.

En quelque sorte et pour résumer, le Havre deviendrait le port maritime de Paris car la distance n'est pas si considérable que ça. Ce serait très important et décisif pour la réorganisation du territoire en tenant compte des besoins, des nécessités de toute l'Europe du Sud, mais également d'une bonne partie de l'Europe de l'Est. Je veux dire qu'il n'y a aucune raison qui surdétermine la nécessité d'aller à Rotterdam et pour cela de creuser un canal qui coûte 10 milliards [raclement de gorge] aux français.

Nous n'en sommes pas d'accord et c'est la raison pour laquelle quoi que je ne puisse me rendre au rassemblement qui aura lieu samedi, je vous invite cependant à vous y joindre dans les conditions de calme, de tranquillité mais de fermeté dans la conviction qui nous appelle lorsque de tels sujets sont mis sur la table. Je suis certain que par conscience écologique et par attachement au développement de notre propre territoire et à l'idée que l'on consacre d'abord nos moyens à développer nos possibilités surtout quand il s'agit au fond de réaliser des économies de dégâts écologiques aussi considérables que ce que je vous celle que je vous propose de faire en faisant ce qu'il faut pour que ce canal ne soit pas creusé et qu'il n'ait pas lieu. Je préfère 1000 fois le développement du Havre, le développement de Marseille Fosse que ce délire gigantesque qui correspond à une autre période d'autres visions de l'équipement du territoire qui aujourd'hui ne devrait même plus avoir droit de citer tant les dégâts écologiques sont avancés et que chacun les a sous les yeux dans la période de canicule dans laquelle nous vivons.

Voilà pourquoi cette manifestation, ce rassemblement a un sens qui retient mon attention et celle des militants politiques de la France insoumise. Ah, je sais que certains souriront qu'on se préoccupe de port, que l'on se préoccupe de circulation, que l'on se préoccupe de canaux. Mais enfin, nous sommes au 21e siècle.

Mais enfin, nous sommes dans le changement climatique. Mais enfin, la catastrophe est commencée. Va-t-on continuer à se comporter comme si de rien n'était ?

Comme si on avait rien vu, comme si on avait rien compris, comme le disait le président Chirak à regarder ailleurs quand la maison brûle. Non, il faut réagir et c'est pourquoi je crois qu'il est du devoir de tous ceux qui le peuvent de participer à ce rassemblement et d'aider les associations qui de manière courageuse au pignâre depuis tant et tant d'années déjà organisent leur travail pour résister à la construction de ce canal et nous leur sommes redevables des efforts qu'ils ont consentis et nous devons remercier les personnes qui ont accepté de faire tous ces efforts pour que nous soi soyons maintenus en alerte jusqu'au point où aujourd'hui cela atteint la sphère politique avec assez de force pour que nous nous sentions tous concernés et à ma modeste place, je veux y concourir car il y a des années moi aussi que je m'oppose à ce canal. Je ne l'ai pas fait avec assez de force pour qu'on m'a entendu.

J'en suis conscient. Mes camarades, on fait autant au groupes parlementaires insoumis que ce soit au Parlement français ou comme c'est le cas en ce moment au Parlement européen. Voilà, le message est lancé, l'alerte est donnée, elle est dans vos mains.