Arnaud Montebourg : France, réveiller nos vieux démons ?
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Pouvez-vous vous présenter succinctement ?
- 0:48OuverteRéponse directe
Votre permis de conduire, vous avez perdu des points ?
- 1:27FerméeRéponse directe
C'était l'alcoolémie, excès de vitesse, c'était quoi ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Le radar arrive vite ou le radar est fait pour faire machine à fric ?
- 3:45OuverteRéponse directe
C'est quoi l'État ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous appelez oligarchie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17Invité politiqueFait
« Je m'appelle Arnaud Montebourg. Je suis né à Clemsy, dans la Nièvre, en 1962. »
- 0:22Invité politiqueFait
« Je suis entrepreneur. J'ai créé plusieurs entreprises de marques équitables dans l'alimentation. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Après avoir été avocat dans ma jeunesse, puis parlementaire et ministre de l'économie. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Le radar arrive vite ou le radar est fait pour faire machine à fric ? »
- 2:17Invité politiqueFait
« C'est ça que j'ai compris dans cette législation, que j'ai moi-même approuvée. »
- 3:56Invité politiqueFait
« L'État, normalement, c'est le bien commun et c'est le faiseur de bien commun. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Une oligarchie, c'est une élite qui a pris le pouvoir indépendamment des choix du nombre et de la multitude. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Entre Hollande et Macron, il n'y a pas de différence. »
- 7:54Invité politiqueChiffre
« Je crois qu'il y a un ou deux millions de personnes qui conduisent sans permis en France. »
- 14:28Invité politiqueChiffre
« Si on regarde la situation économique, il y a 3 millions de personnes qui travaillent dans le tourisme. »
- 14:35Invité politiqueChiffre
« 1 million de personnes dans les cafés, hôtels, restaurants. »
- 16:13Invité politiqueChiffre
« Il y a 130 milliards qui ont été distribués sous forme de dettes. »
- 16:46Invité politiqueChiffre
« 25% des entreprises taille intermédiaire, c'est-à-dire les très grosses PME, dont les dirigeants déclarent aujourd'hui, dans les enquêtes de conjoncture économique, qui seront des difficultés à rembourser les prêts garantis d'État. »
- 18:10Invité politiqueChiffre
« L'Union européenne a levé environ 350 milliards, a donné 40 milliards à la France, sous forme de subvention, mais il faudra rembourser 67 milliards. »
- 23:56Invité politiqueChiffre
« 75 millions de conversations ont été capturées en 6 mois sur les Français par la NSA. »
- 25:29Invité politiqueChiffre
« Il y a quand même environ 40 000 pièces qui sont concernées. »
- 27:27Invité politiqueChiffre
« Les Français ont un déséquilibre de la balance commerciale de 30 milliards par an avec la Chine. »
- 34:22Invité politiqueChiffre
« En Allemagne ou en Angleterre, qui sont deux pays de taille à peu près comparable, vous avez entre deux et trois fois plus de magistrats qu'en France. »
- 35:29Invité politiqueChiffre
« Les menaces de mort sont punies d'emprisonnement dans la loi. C'est 3 à 5 ans d'emprisonnement. »
- 37:27Invité politiqueFait
« Un des grands chantiers, c'est le démantèlement de l'islamisme politique au sens où il prend possession des esprits, cherche à diviser le pays et terrorise. »
- 37:44Invité politiqueFait
« Je pense à l'Algérie, par exemple. Dans les années 90 à 2000, vous avez eu une guerre civile et ils se sont attaqués, les islamistes se sont attaqués au cœur de l'État. »
- 40:56Invité politiqueFait
« Nous sommes menacés. D'effondrement économique intérieur. »
- 41:25Invité politiqueFait
« Et nous allons devoir être obligés de mettre des pare-feux, des protections. »
- 42:32Invité politiqueFait
« Edward Snowden qui a commis dans son pays un crime selon les États-Unis, mais qui a révélé et nous a rendu un grand service. »
- 43:52Invité politiqueFait
« Le seul plan social qui me réjouirait soit le plan social au sommet de l'État. »
- 44:30Invité politiqueFait
« C'est l'administration qui décide des lois, des textes, qui aujourd'hui régimente la société. »
- 45:44Invité politiqueFait
« Les gens qui dirigent l'administration, ils ont fait l'ENA il y a 30 ans. »
- 49:54Invité politiqueFait
« Ils ont brisé une forme de consensus républicain. »
- 50:38Invité politiqueFait
« Il n'y avait pas de masque, tout le monde a sa machine à coudre et on y va, on va faire des masques. »
- 1:02:01Invité politiqueFait
« Je l'ai faite mienne dans cet entretien que vous avez bien eu la gentillesse de m'accorder. »
- 1:02:16Invité politiqueFait
« C'est ce que font malheureusement les États qui n'ont pas d'autre choix. »
- 1:02:37Invité politiqueFait
« On n'a pas fait tourner suffisamment la planche à billets pour racheter les dettes publiques. »
- 1:02:42Invité politiqueFait
« Conséquence, on a fait des plans d'austérité en diminuant les salaires inutilement, en faisant respecter des traités carcans qui ont eu pour conséquence d'aggraver la situation plutôt que d'améliorer la conjoncture économique. »
- 1:03:17Invité politiqueFait
« C'est un rapport de force que les Européens vont devoir exercer contre les Américains. »
- 1:03:23Invité politiquePromesse
« La première mesure, c'est le démantèlement immédiat des GAFA. »
- 1:03:35Invité politiqueFait
« Je rappelle d'ailleurs que les Américains eux-mêmes, les fondateurs de certaines de ces entreprises, en appellent au démantèlement car considèrent qu'ils sont devenus dangereux. »
- 1:03:44Invité politiqueChiffre
« Je rappelle qu'il y a 50 procédures antitrust auprès des procureurs fédérés des États-Unis. »
- 1:03:53Invité politiqueFait
« Je rappelle aussi que nous avons ici, en Europe et en France, les ressources technologiques, scientifiques, financières, pour faire les mêmes. »
- 1:04:26Invité politiqueFait
« C'est tout le problème du projet européen qui n'est pas un projet de protection, c'est un projet d'illusion dans le reste du monde. »
- 1:06:13Invité politiqueFait
« Les Asiatiques qui ont appris de leurs expériences pandémiques antérieures, par exemple, la Corée du Sud, 50 millions d'habitants, nous en avons 67, c'est un pays à peu près comparable, 475 morts et ils n'ont pas confiné. »
- 1:06:31Invité politiqueFait
« Taïwan, 21 millions d'habitants, 7 morts et ils n'ont pas confiné. »
- 1:06:37Invité politiqueChiffre
« Nous, on a confiné deux fois, on a 40 000 morts. »
- 1:06:40Invité politiqueChiffre
« L'Allemagne, qui a moins confiné que nous, a des destructions plus faibles sur le plan économique, deux fois moindres, et a quatre fois moins de morts. »
- 1:07:11Invité politiqueFait
« Les menaces de mort peuvent être le prélude à des passages à l'acte. Donc elles sont... C'est un délit grave et donc les moyens policiers doivent être employés quand il s'agit d'infractions graves. »
- 1:07:41Invité politiqueFait
« Déjà, moins concentrer les condamnés en prison. »
- 1:08:06Invité politiqueFait
« C'est le rétrécissement du monde. »
- 1:08:15Invité politiqueFait
« La mondialisation a été une création des gouvernements mondiaux et particulièrement européens et particulièrement français qui consistait à abaisser tous les droits de douane pour ne plus protéger les économies. »
- 1:08:51Invité politiqueFait
« La mondialisation nous a appauvris à augmenter les inégalités est un phénomène de contagion instable saccage la planète. »
- 1:09:30Invité politiqueFait
« Il va falloir mettre un terme à des importations excessives de la part de pays qui aujourd'hui par le dumping en cassant les prix ont réussi à mettre par terre notre industrie et remonter nos industries à l'abri de ces protections. »
- 1:10:27Invité politiqueFait
« Réduire les pouvoirs du président. »
- 1:10:33Invité politiqueFait
« Changer la représentation des français à l'intérieur des parlements. »
- 1:10:37Invité politiqueFait
« Redéfinir les règles de la décentralisation. »
- 1:10:56Invité politiqueFait
« Donner le pouvoir de temps en temps à la volonté populaire à travers les référendums d'initiatives populaires. »
- 1:11:48Invité politiqueFait
« Je fais partie de ceux qui pensent qu'une nation a le devoir de contrôler ses frontières. »
- 1:12:13Invité politiqueFait
« Nous allons arriver dans une période extrêmement difficile et que ça va être quand même compliqué d'accueillir beaucoup de ceux qui sont des migrants économiques. »
- 1:14:47Invité politiqueFait
« Les proportions que nous sommes en train de voir arriver sont des proportions qui relèvent de ce qu'a été la grande crise de 1929, 1930. »
- 1:15:52Invité politiqueChiffre
« Les associations d'aide alimentaire, par exemple Secours Populaire, Secours Catholique, ATD Carmonde disent qu'il y a une augmentation de 30% des demandes de secours alimentaire. »
- 1:15:56Invité politiqueChiffre
« 45% des personnes qui arrivent sont des personnes qu'ils n'ont jamais vues. »
- 1:16:53Invité politiqueFait
« C'est la France des bacs pro, des BTS qui prend très très cher. »
- 1:19:02Invité politiqueFait
« Le bilan du président Macron en matière industrielle, c'est Alstom, Alcatel, Technip, Lafarge. »
- 1:19:59Invité politiqueFait
« La question de la nature et de la biodiversité est un sujet qui est central. »
- 1:20:37Invité politiqueChiffre
« 30% des émissions de carbone planétaire proviennent de Chine. »
- 1:21:01Invité politiqueFait
« Le nucléaire, c'est ce qui permet à la France d'avoir un très bon bilan carbone par rapport à l'Allemagne. »
- 1:24:17Invité politiqueFait
« Nous avons à traiter la question de l'immigration d'une façon à la fois ferme et humaine. »
- 1:24:37Invité politiqueFait
« Le système Schengen ne fonctionne pas. »
- 1:26:55Invité politiqueFait
« Même l'Allemagne qui a été la plus généreuse pour des raisons démographiques parce que l'Allemagne vieillit et cherchait un sursaut démographique et le patronat allemand cherche des bras comme d'habitude. »
- 1:29:22Invité politiqueFait
« L'Europe n'est pas un territoire has-been, c'est encore je crois l'une des premières puissances économiques au monde quand on additionne ces forces. »
- 1:29:27Invité politiqueFait
« l'Europe n'est pas un territoire has-been, c'est encore je crois l'une des premières puissances économiques au monde »
- 1:29:35Invité politiqueFait
« nous n'y arrivons pas et collectivement nous sommes faibles »
- 1:29:49Invité politiqueFait
« il est intrusif dans la vie des nations et il est incapable dans l'ordre international de nous protéger »
- 1:30:58Invité politiqueFait
« ce sont des monnaies purement spéculatives et donc dangereuses »
- 1:31:04Invité politiqueFait
« la monnaie traduit la réalité de la confiance de l'économie »
- 1:31:30Invité politiqueFait
« au Canada l'explosion de la consommation »
- 1:32:36Invité politiqueFait
« j'ai vu des femmes dans une commune à Beson des mamans qui montaient la garde en bas des immeubles »
- 1:32:49Invité politiqueFait
« l'état n'était pas là »
Temps de parole
- Arnaud Montebourg83 %
- Présentateur17 %
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Arnaud Montebourg, bonjour. Bonjour. Nous vous recevons aujourd'hui pour une chaîne internet qui s'appelle Thinkerview. Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succinctement ?
Je m'appelle Arnaud Montebourg. Je suis né à Clemsy, dans la Nièvre, en 1962. Je suis entrepreneur. J'ai créé plusieurs entreprises de marques équitables dans l'alimentation. Après avoir été avocat dans ma jeunesse, puis parlementaire et ministre de l'économie.
Aujourd'hui, on va prendre un peu de temps. On va discuter de choses difficiles pour la France. Des événements qui se profilent à l'horizon, qui risquent d'être tendus. On va commencer par quelque chose de plus cool. Le début de votre bouquin. Votre permis de conduire, vous avez perdu des points ? Vous avez perdu combien de points ?
Écoutez, il m'en restait, je crois, juste la quantité nécessaire pour survivre. Mais je crois que j'étais en danger. Donc j'ai pris la décision de repasser dans un stage de récupération de points. J'ai passé deux jours. Et donc c'est cette expérience de retour à la vie civile, après avoir perdu mes points. Ça m'intéressait finalement. D'abord parce que j'en ai besoin, je conduis.
C'était l'alcoolémie, excès de vitesse, c'était quoi ?
Oh, c'était des 55 km heure, des 76, des choses comme ça.
76 en ville ?
Non, non. Quand c'est limité à 70, c'est à 76, paf. Ou 95, parce que vous ne faites pas attention. Vous avez l'esprit ailleurs. Et donc, puis il y a des endroits un peu trapus, où le radar arrive vite. Le radar arrive vite ou le radar est fait pour faire machine à fric ? Ça marche comme ça, oui. C'est ça. En fait, c'est ça. Bon. Et donc, j'ai été obligé de repasser ce permis. Mais ce qui était intéressant, c'était de voir comment, finalement, l'organisation de l'État traitait les gens. En les infantilisant, en les rééduquant, en considérant que le problème de la France, c'est les Français. C'est ça que j'ai compris dans cette législation, que j'ai moi-même approuvée.
Puisque j'avais été parlementaire pendant quelques années, j'avais été membre du gouvernement. Donc, j'étais, en quelque sorte, responsable de tout ça. Et je leur ai dit, d'ailleurs, dans la discussion. C'était un moment un petit peu d'ironie à mon propre détriment. Et surtout, je me disais, c'est comme ça que ça se vit quand on est en bas. Alors, quand on est en haut, c'est du processus totalement anonyme, déshumanisé et bureaucratisé. Et, en fait, l'humain est quand même le but ultime de l'action publique. C'est d'abord pour les gens qu'il y a cet engagement. Et là, on voyait que c'était, en quelque sorte, absent de tout ce qui avait été organisé.
Et ça m'a rappelé, finalement, tous les sujets qu'on porte tous les jours dans nos vies quotidiennes sur la déshumanisation des services publics. Tapez un, tapez deux, vous attendez dix minutes. Que vous appeliez le gaz, l'électricité, les impôts, vous savez, il n'y a plus personne au bout du fil. Et on a accepté une société inhumaine où le service, la compréhension de l'autre n'est plus au cœur des rapports sociaux. Et ça, c'est une société qu'a construit l'État dans sa vision de ce que doit être la contrainte et la liberté, le couple infernal.
C'est quoi l'État ? L'État, c'est la casse de politique depuis les 50 dernières années, c'est l'administration, la casse administrative, c'est quoi l'État ? L'État, c'est nous ?
L'État, normalement, c'est le bien commun et c'est le faiseur de bien commun. C'est ce qui nous reste quand il n'y a plus rien. C'est ce qui subsiste. Donc, c'est celui qui rend la justice, initialement. C'est celui qui vient au secours de ceux qui sont les plus nécessiteux. C'est celui qui organise le progrès collectif par l'éducation, par les lois sociales, par les lois environnementales, protéger la nature et le bien qui nous est commun. Et c'est surtout l'outil par lequel on décide de notre futur, de notre destin. On va là plutôt que là. C'est ça un État. Et c'est une des raisons pour lesquelles c'est le lieu de la démocratie.
Parce que c'est là qu'on se prononce sur les décisions collectives qu'on a à prendre pour notre futur. Et c'est là que ça ne marche plus très bien. Parce que, un, l'État a été capturé par une espèce d'oligarchie qui, finalement, gouverne en choisissant le personnel politique. Le personnel politique est uniforme. Il est à peu près commun à la droite, à la gauche depuis, on va dire, 40 ans.
Qu'est-ce que vous appelez oligarchie ?
Une oligarchie, c'est une élite qui a pris le pouvoir indépendamment des choix du nombre et de la multitude. Les oligarches, c'est ceux qui ont le pouvoir indépendamment des processus démocratiques. Ça s'oppose à la démocratie. C'est le pouvoir d'un petit nombre. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, des mausses. De quelques-uns. L'oligarchie, c'est le pouvoir de quelques-uns.
Donc, pour moi, ce quelques-uns, c'est ce cercle invisible, invincible, qui est composé des principaux dirigeants politiques, ENARC, des grands postes-clés de la haute fonction publique, ENARC, des grandes entreprises multinationales françaises, à capitaux français, ENARC, et qui, des grandes banques, des assurances, et qui sont d'accord sur la politique à mener. Et on vote depuis des années, et la politique ne change jamais. Entre Hollande et Macron, il n'y a pas de différence. Pourtant, ils s'affrontent. Il y en a un qui a trahi l'autre, mais en fait, l'un conteste à l'autre le droit d'être là. Bon, il y a une espèce de lutte entre eux. Mais en fait, c'est le créateur et la créature.
L'un a nommé l'autre, d'ailleurs. L'autre a dépassé l'un. Mais en fait, c'est la même chose. C'est un magistrat à la Cour des Comptes, grand corps de l'État, et un inspecteur général des finances, grand corps de l'État. Et quand vous faites, finalement, l'histoire de la République, des premiers ministres, des présidents de la République, des patrons des grandes boîtes principales, qui pèsent, qui comptent, vous voyez la continuité et l'uniformité. Et ce cercle-là, il tient la France, il s'appuie sur l'Europe, et il décide à la place des gens. Donc vous pouvez aller voter, on vous fait des discours dans un sens, dans l'autre. C'est ce que j'ai voulu expliquer, témoigner.
C'est même pas expliqué, c'est un récit, parce que c'est un récit à travers des choses vues, ressenties, âprement ressenties. Voilà. Et donc c'est ça, le fonctionnement du système politique.
C'est un bouquin très triste, d'ailleurs, parce que c'est payé avec noix de blé, d'ailleurs. Pas votre bouquin, mais...
Non, mon bouquin, non. C'est avec ma pluie.
Vous avez quoi comme voiture ?
J'ai un Renault Espace.
La distance de freinage de 130 km heure à zéro, c'est combien ?
Je crois que c'est beaucoup, 70 mètres.
Sur terrain mouillé ?
Oui, mouillé, mouillé. Mieux vaut 70 mètres. C'est ce que j'ai appris à mon stage de récupération.
C'est bien quand même les stages comme ça.
Oui. Deux jours, c'est long.
Il y a quand même des chauffards qui sévissent en France.
Ceux-là, ils ne font pas les stages. Il y a plus de... Je crois qu'il y a un ou deux millions de personnes qui conduisent sans permis en France. Et on les croise tous les jours sur les routes.
Voilà. Sans permis, sans assurance ? Sans rien. Revenons à nos moutons. La police, en ce moment, on voit une loi débarquer pour flouter les fonctionnaires de police. Si on les filme, si on diffuse, ça doit être flouté. Comment vous percevez ça ? Est-ce que vous percevez ça comme un État qui se tend ? Parce qu'il anticipe une situation délétère et gravissime dans les mois à venir. Et il est en train de protéger son appareil répressif. Est-ce que vous voyez ça comme... Comment vous voyez ça ?
D'abord, je veux revenir aux fondamentaux. Toute société a le droit de demander des comptes à son agent public pour son administration. Donc c'est normal qu'il y ait des instances d'évaluation de toute administration, quelle qu'elle soit, justice, éducation, police. Et donc d'évaluation et de contrôle quand il y a des écarts. Comment on fait pour contrôler la police difficile ? Surtout quand c'est la police de maintien de l'ordre, qu'il y a des échauffourées, des affrontements, des attaques contre la police qui existent. Et quand il y a des ripostes, généralement elles sont équilibrées et graduées. Parfois, elles ne le sont pas.
On a l'expérience des Gilets jaunes où la stratégie était de blesser des manifestants, de les blesser cruellement, pour qu'ils apprennent.
D'après ce que dit l'IGPN, ce n'était pas une stratégie volontaire.
J'ai compris quand même que quand vous avez des dizaines de personnes qui subissent les mêmes blessures, dans des moments assez similaires, vous comprenez qu'il y a des choix collectifs qui ont été faits. Ce n'est pas des débordements individuels. Donc là, la responsabilité, ce n'est plus le policier, c'est son chef. Ou plutôt, c'est celui qui a organisé ça. Donc le contrôle, et on peut avoir, la police pour moi, est un bien commun. C'est-à-dire que c'est l'outil par lequel on peut vivre en sécurité. Et c'est un outil qui est républicain, c'est-à-dire qui défend la loi, rien que la loi, mais toute la loi. C'est fait pour ça.
Lorsqu'évidemment, on cherche à dissiper la fonction de contrôle, d'évaluation. Or, elle se fait comment sur le terrain ? Par des, j'allais dire, des échappés. Il se trouve qu'on a eu un témoin. Alors, s'il est oculaire, il n'est pas certain. S'il y en a deux, ça devient mieux. S'il y en a trois, c'est comme au foot. L'arbitre, il peut se tromper. Mais s'il y a une vidéo, là, on peut voir d'ailleurs. Et parfois, il y a des vidéos qui ont innocenté les policiers. Il y a des vidéos qui les ont accablées. Donc, ces faits, en quelque sorte, pourraient être une forme de juge de paix des excès des uns des autres.
Alors, pour moi, qu'une loi vienne porter atteinte à ça, n'a pas de fondement constitutionnel. Parce que c'est une atteinte à ce droit fondamental-là, qui est de pouvoir savoir, connaître et de s'informer. Et donc, là, je doute que cette loi ait un grand avenir.
Est-ce que vous pensez que la police a peur ?
Si vous voulez, on a envoyé la police faire des choses qu'elle ne faisait pas avant. Je ne suis pas un spécialiste. Et vous avez, ici, donné la parole à des gens beaucoup mieux qualifiés que moi, qui se sont retrouvés en situation très difficile. Pourquoi ? Parce que l'État macroniste était acculé et en grande difficulté, cerné. Par une révolte qu'il avait provoquée, qu'il n'avait pas comprise et qu'il a méprisé. Parce que des alertes avaient été données. Mais on n'en avait absolument pas tenu compte. Et donc, on s'est retrouvé avec une espèce de révolte, un accès de colère, pour moi légitime, qui a tourné au vinaigre et qui a mis en difficulté les forces de police elles-mêmes.
Et les stratégies qui ont été employées par les autorités préfectorales, à l'époque, d'ailleurs, ils ont tous été débarqués, à l'époque, ont été celles qui ont mis en danger la vie des manifestants, des policiers, alors qu'il eût été possible d'agir autrement. Et toutes les grandes démocraties font face à des mouvements, parfois violents, de rue, mais savent parfaitement les gérer de façon pacifique. Et là, ça faisait peur. Parce qu'en effet, moi je n'étais pas policier, mais je m'étais à la place des policiers. Pendant longtemps, moi j'ai été député. Et il y avait une compagnie de CRS dans ma circonscription. Je lui rendais visite régulièrement.
Et je me souviens, ils étaient revenus des événements de Villiers-le-Bel pendant les émeutes. Il y en avait beaucoup qui avaient été blessés par des grenades, des jets, par des tirs. Et c'était des blessures extrêmement dures à vivre. Mais ils avaient su garder leur sang-froid, ils avaient été organisés. Il y avait une espèce de contrôle, la situation. Là, ils ont perdu le contrôle. Donc je comprends, mais la peur est toujours mauvaise conseillère. Et donc, quand vous n'avez pas suffisamment d'effectifs, quand vous ne savez pas gérer vos effectifs, et quand en plus vous exposez l'avis des policiers, ça ne se termine pas bien.
Donc je trouve que la relation qu'a aujourd'hui la police avec sa hiérarchie n'est pas de grande confiance, en effet.
La théorie des baïonnettes intelligentes, ça vous parle ?
C'est une théorie qui a servi dans des moments critiques de l'histoire. Car lorsque les soldats décident de défendre la loi mieux qu'on ne leur a demandé de le faire, ils s'autorisent à le faire.
Passons à des sujets un peu plus touchy. La France a 5 ans, ça va être quoi ? Ça va être le Portugal de 1968 ? Ça va être un effondrement économique ? Ça va être une flambée du travail, le Pénampoulois ? Ou ça va être une recrudescence de violence dans un État qui ressemblera de plus en plus à un État failli ?
Je voudrais d'abord donner les fondamentaux de ce qui se prépare pour 2021 quand même. Si on regarde la situation économique, il y a 3 millions de personnes qui travaillent dans le tourisme, 1 million de personnes dans les cafés, hôtels, restaurants. Si on perd la moitié de l'activité, ça fait 1,5 plus 500, ça fait 2 millions de chômeurs de plus. Si on les perd, seulement 50%. Quand je dis seulement, espérons que ce sera beaucoup moins que 50% ce qu'on perdra. Mais ça n'est pas du tout certain. Parce qu'il y a là beaucoup d'entreprises qui sont en très grave difficulté. Les aides qui ont été annoncées et promises, je ne parle pas du chômage partiel qui est en train de se terminer.
Je parle des indépendants, des petites entreprises qui vivent finalement sur le travail de la personne qui l'a fondée. Qu'est-ce qu'un commerçant, un artisan ? C'est une personne qui n'a pour seul capital que son travail, son savoir-faire, son métier, qui a mis ses économies et qui fait fructifier tout ça, qui crée généralement un emploi, deux emplois, guerre plus. Et ça, c'est 80% de l'économie française. Donc cette économie-là, elle a été cassée par les deux confinements.
Et vous avez aujourd'hui des gens qui ont voulu reprendre le contrôle de leur vie, qui sont devenus des indépendants, qui ont voulu travailler par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et avec un engagement total, et qui se retrouvent en grave difficulté. Alors si on regarde ça, qu'on ajoute les salariés en CDD et intérim qui ont perdu leurs emplois, et qui n'ont pas droit à des éléments de chômage autant que ceux qui ont eu de l'ancienneté. Vous ajoutez les entreprises qui ont reçu du prêt garanti d'État. Il y a 130 milliards qui ont été distribués sous forme de dettes. Donc l'État s'est endetté pour injecter de la dette dans les entreprises privées. Donc on a la double dette, publique et privée.
On aurait pu imaginer que l'État au moins s'endette, lui, pour créer des fonds propres, qui auraient permis aux petites entreprises, en installant des fonds propres, il y avait des tas de techniques qui auraient permis de le faire, plutôt que de la dette, qu'il va falloir rembourser, et que beaucoup d'entreprises ne pourront pas rembourser. Il y a 25% des entreprises taille intermédiaire, c'est-à-dire les très grosses PME, dont les dirigeants déclarent aujourd'hui, dans les enquêtes de conjoncture économique, qui seront des difficultés à rembourser les prêts garantis d'État.
D'ailleurs, moi-même, dans mes petites entreprises, je n'ai pas pris de prêts garantis d'État, parce que nous avons déjà des crédits à rembourser. Et on ne sait pas comment on va rembourser le surcroît d'endettement. Donc on a préféré serrer les fesses, limiter les coûts, on a gardé nos employés, ça c'était le plus important, pourquoi ? Parce que le problème, c'est qu'on fabrique de la dette privée, donc des entreprises zombies, qui risquent à un moment ou à un autre de chuter, parce qu'elles ne pourront pas rembourser, d'ici que les aides promises par le ministre de l'économie arrivent, les 10 000 euros par-ci, par-là, eh bien, elles auront eu le temps de déposer le bilan.
Et c'est ce qui est en train de se profiler. J'ajoute à ça les déficits abyssaux, qui sont en train de s'accumuler, sociaux, et là, c'est des dizaines de milliards en plus. Je ne parle pas de la retraite, je parle du chômage, je parle des budgets sociaux, la santé, on a un déficit qui a explosé à cause des dépenses de santé liées à l'épidémie. Je parle de l'endettement public de l'État qui s'est porté au secours de l'économie, à juste titre d'ailleurs, mais avec des mesures qui, pour moi, n'étaient pas tout à fait ajustées. Et tout cela sur fonds d'endettement vis-à-vis de l'Union européenne.
Je rappelle que l'Union européenne a levé environ 350 milliards, a donné 40 milliards à la France, sous forme de subvention, mais il faudra rembourser 67 milliards.
Sur combien de temps ?
Sur, je crois, 25 ans, à peu près. Mais on reçoit 40, on rend 67. Il y a des États qui sont beaucoup plus prospères que le nôtre, par exemple la Hollande, pays du Nord, qui ont réussi à à peu près équilibrer ce qu'ils reçoivent et ce qu'ils devront rendre. Donc, on voit bien qu'on est un peu cerné par tous les bouts, en bas, en haut, et que cette dette qui est publique et privée n'est pas remboursable. Donc, il va falloir trouver une solution.
Cette solution, c'est quoi ? C'est répudier la dette ? C'est quoi ?
Alors, on ne répudie pas la dette.
C'est sortir de l'Europe ? Non. C'est un Frexit ?
Non, c'est que vous avez dans tous les pays européens le même problème. Soit l'Europe crée des ressources propres, donc une fiscalité, pour rembourser ce qu'elle a emprunté au nom des États, soit c'est les États qui vont rembourser par des contributions qu'ils ne pourront pas payer. Parce que ça veut dire qu'il va falloir faire des plans d'austérité, d'impôts pour rembourser tout ça. C'est impossible. C'est impossible. D'abord, ce serait la meilleure manière d'achever l'économie. Là, pour le coup, nous entrerions dans le sous-développement. Déjà, qu'on n'est pas bien. C'est une des raisons pour lesquelles il faut imaginer des solutions d'ingénierie financière.
Alors, aujourd'hui, je sais qu'il y a un débat au sein des membres de la Banque Centrale Européenne, au sein de la direction du Trésor à Bercy, de gens qui réfléchissent à la manière dont on pourrait entreposer la dette Covid de tous les pays européens dans une sorte de structure de défaisance, la mettre dans un coin en la déclarant perpétuelle et la Banque Centrale Européenne rachèterait tout ça et dirait « je le mets dans mon bilan, on verra, on remboursera quand on sera riche un jour, peut-être ou peut-être pas ».
Ça s'appelle une forme d'annulation de la dette qui est une manière de finalement soulager les États parce que les États ils garderont la dette antérieure à la dette Covid qui n'était pas neutre. Les États ils vont devoir investir dans la reconstruction de l'économie. Ce sont des milliards qu'il va falloir remettre. Parce que pour l'instant on bouche les trous, on part au plus pressé, on donne 7 milliards à Air France, comment on va s'en sortir ? On donne tant à Renault. Mais comment on va faire ? Ensuite, quand il va falloir reconstruire l'agriculture qui n'est quand même pas en grande forme et l'industrie qui est effondrée. Avec quel argent ?
Est-ce que la France est devenue un État zombie ?
C'est un État en tout cas qui, comme beaucoup d'États du monde mais particulièrement d'États européens, est en situation pour moi de ne pas pouvoir rembourser sa dette. Même si le ministre de l'économie ne peut pas faire autrement que dire le contraire. Mais en vérité... Pourquoi il ne peut pas dire le contraire ? Parce que s'il le dit, ça veut dire que la France se déclare en défaut puisque c'est la parole officielle du gouvernement. Or, ce n'est pas ce que la France doit faire. Elle ne doit pas se déclarer en défaut. La France, elle doit construire une stratégie de désendettement collectif et accéléré par la création monétaire. On ne se polie pas ses créanciers.
Je pense qu'à part la Chine, à qui on pourrait demander des comptes sur les conditions dans lesquelles tout ça est arrivé, pourquoi, comment... Je pense que nous n'avons aucune raison de se polier ceux qui nous ont fait confiance ou nous prétendent l'argent. En revanche, la Banque Centrale Européenne, elle, a le pouvoir de création monétaire, donc d'annulation de la dette. C'est à elle de prendre ses responsabilités dans les années à venir et cela doit être un des points sur lesquels l'économie européenne va pouvoir redémarrer.
Il n'y a pas de l'inflation avec ça ?
Il n'y a pas de risque d'inflation d'abord parce que ce qui crée l'inflation c'est l'économie réelle, ce n'est pas l'économie financière, c'est-à-dire l'augmentation des coûts de production, soit de l'énergie, ce qu'on a connu avec le premier choc pétrolier, soit une course salaire-prix, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. On est en déflation plutôt, c'est-à-dire qu'on anticipe des prix qui baissent, ce qui montre bien qu'on a besoin d'inflation. La Banque Centrale Européenne aujourd'hui se bat pour obtenir des niveaux d'inflation compatibles à 2-3% qu'elle n'arrive pas à obtenir. Donc nous n'avons pas d'inflation.
Et il nous en faudrait pour pouvoir justement arraser progressivement la dette, favoriser l'investissement plutôt que la rente. C'est un choix de société. Favoriser le risque et l'investissement plutôt que l'épargne et la rente.
Vous allez dire un jour que la sincérité est un risque à prendre. On va être sincère, imaginons demain vous êtes notre président de la République. Comment vous vous adressez à la Chine ? Comment vous vous adressez à l'Allemagne ? Comment vous vous adressez aux Etats-Unis ?
Pas de la même manière.
Sans doute bien. Pas avec le même interprète non plus, c'est ça ?
Pas de la même manière et certainement pas avec le même interprète. Le sujet central sont les empires, c'est-à-dire Chinois et Américains. Quel est l'empire avec lequel nous sommes alliés depuis de nombreuses années ? Les Américains qui nous ont fait quand même quelques lourdes infidélités. Pour ne pas dire nous ont porté des coups extrêmement durs. Alcatel, BNP, Alstom, Technip, ce sont des attaques très dures. La NSA et les écoutes dont je parle dans mon livre L'Engagement, les écoutes, 75 millions de conversations ont été capturées en 6 mois sur les Français par la NSA, ce qu'a révélé Edward Snowden dans sa fuite et dans les informations qu'il a délivrées au reste du monde.
c'est une grave atteinte. L'affaire Alstom elle a été construite par le Department of Justice à partir de 1 million de mails qui ont été capturés illégalement dans les serveurs d'Alstom et donc c'est une atteinte à la loyauté de la relation que nous pouvions entretenir avec les Etats-Unis d'Amérique et qui a permis par une opération de chantage d'État de nous prendre un actif stratégique fondamental en matière d'énergie.
Défense.
Et de défense. Et de défense. En vérité, cette déloyauté de la relation transatlantique se manifeste dans de nombreux domaines. Vous avez également la question Itard. Itard, c'est un accord stratégique sur les droits attachés à des pièces détachées qui sont des composants d'armes, que ce soit des avions de chasse, des bateaux militaires ou toutes sortes d'armements.
Et les Etats-Unis décident, il y a quand même environ 40 000 pièces qui sont concernées, décident que si une pièce figure dans la liste des pièces détachées Itard, ils peuvent bloquer à tout pays du monde par une décision unilatérale la vente d'un désarmement que nous sommes en mesure de vendre dans le reste du monde pour que eux puissent vendre les leurs. Donc ce sujet-là est absolument unilatéral et extrêmement dangereux en plus de l'extraterritorialité du droit.
J'ajoute les mesures de sanctions et d'embargos qui sont décidées contre nos entreprises à destination d'un certain nombre d'objectifs géopolitiques des États-Unis d'Amérique et qui, avec lesquels nous avons le droit d'être en désaccord, s'imposent à nous. Ça, c'est la troisième atteinte. La quatrième, elle n'est pas mince. Elle concerne les conditions dans lesquelles aujourd'hui, un certain nombre de données numériques sont capturées par des chevaux de Troyes qui entrent dans les systèmes des entreprises françaises et qui peuvent faire l'objet d'une capture de la part de nos amis américains.
Là aussi, il n'y a aucune protection contre cette forme de capture de données numériques qui sont des informations extrêmement sensibles de nos grandes entreprises. Donc, tout ça sans état de droit et avec des systèmes de renseignement. Donc, vous avez un premier empire qui cherche à nous dépouiller dont il va falloir se prémunir. Donc, évidemment, ce n'était pas facile avec la présidence Trump. Je ne sais pas si ce sera plus facile que la présidence Biden. En tout état de cause, nous allons avoir à exercer le rapport de force, nous les Européens, pour préserver nos intérêts et notre souveraineté.
Nous avons le même problème de l'autre côté avec les Chinois qui, eux, ont mis à plat notre industrie. Je rappelle que les Français ont un déséquilibre de la balance commerciale de 30 milliards par an avec la Chine. La quasi-totalité des pays européens, à part l'Allemagne, je crois l'Autriche et un troisième, la Finlande, sont excédentaires avec la Chine. Tous les autres pays européens font un chèque aux Chinois tous les ans. Donc, là aussi, la stratégie du président Trump qui visait à rééquilibrer les échanges par la force avec les Chinois me paraît devoir être l'outil avec lequel il va falloir agir et se défendre en Europe.
Ce qui suppose que les Allemands finalement fassent évoluer leur politique de cavalier seul. Les Allemands, qu'est-ce qu'ils veulent faire ? Ils veulent vendre des voitures au reste du monde, aux Américains et aux Chinois. Donc, en conséquence de quoi, on laisse tout faire et les Américains et les Chinois. Donc ça, c'est une politique qui ne pourra pas durer parce que nous, nos intérêts sont gravement menacés. Mais nous ne sommes pas les seuls en Europe. Les Italiens, les Espagnols, voilà, chaque pays est aujourd'hui en difficulté dans cette configuration géopolitique des deux empires qui nous prennent en tenaille.
Donc vous comprenez bien que les intérêts géo stratégiques de la France, qui est une nation qui compte, qui pèse, qui a une voie et qui a une puissance qui pèse, qui pèse encore et pèsera longtemps encore, il ne tient qu'à nous de nous en assurer. C'est d'abord de trouver des alliés en dehors des deux mastodontes. Donc il faut aller les chercher ailleurs. Donc, multiplier les fronts avec les uns et les autres me paraît contre-productif. Voilà. Deuxièmement.
Les alliés, on prend lesquels ?
C'est pas ce qui manque. Vous avez les Indiens, vous avez les Russes, vous avez les Turcs. Donc au lieu de se battre avec tout le monde... Les Turcs, ça peut être des alliés ? Au lieu de s'allier avec les Chinois, les Américains qui nous plantent des couteaux dans le dos. Peut-être serait-il utile plutôt que de multiplier les fronts des autres alliés potentiels qui nous permettraient de le faire. Par exemple, les Coréens, les Japonais, les Indiens, toute l'Asie. Toute l'Asie, aujourd'hui, du Sud-Est, cherche des alliances. Les Australiens. Et même les Anglais, d'une certaine manière. Et même les Anglais qui ont une vision de leur indépendance très forte.
On peut leur faire confiance aux Anglais.
Écoutez, je ne porterai pas de jugement à caractère général sur telle ou telle nation. Je vous dis que chaque nation a des intérêts et que parfois, ces intérêts peuvent converger avec les nôtres. Donc il faut, je pense, procéder à cette révision-là. Deuxièmement, il est important de faire évoluer l'Europe pour que nous puissions nous protéger. L'Europe est la passoire de la mondialisation. C'est-à-dire que c'est le continent le plus ouvert du monde et la France est certainement l'économie la plus ouverte de l'Union Européenne. Parce qu'il n'y a pas un suffisant patriotisme économique dans notre pays. Donc nous avons fort à faire pour rétablir nos intérêts.
Les Anglais, on va revenir sur leur dossier, alliés avec la NSA, est-ce qu'on peut leur faire confiance ? Est-ce que les Anglais, en fait, ce n'est pas une petite dépendance des Etats-Unis ?
Je crois que leur souhait c'est de construire une relation transatlantique. On n'oublie pas ce qu'avait dit Churchill au général de Gaulle. Il avait dit choisir entre le continent et les Etats-Unis, je choisirais toujours le grand large. Choisir entre la France et de l'autre côté de l'Atlantique, je choisirais toujours de l'autre côté de l'Atlantique. Donc ce sont des éléments géographiques, ça, qui sont constants. les Anglais cherchent une stratégie solitaire, mais avec des alliés, ils ne sont pas seuls. Ils chercheront certainement à trouver des alliés. Pour l'instant, l'administration Trump n'aura pas tendu tout à fait la main après le Brexit.
Nous allons voir ce qui se passera avec l'administration Biden si celle-ci a les coups des franches. Et il faut donc bien observer ce que font ces puissances, car il s'agit bien, je crois, d'organiser pour nous notre protection économique et le rétablissement de notre souveraineté qui est bien mise à mal.
Vous parliez de la Turquie. En voyant Erdogan se comporter face à notre président Macron en l'invectivant d'une façon très très très dure, est-ce que pour vous la Turquie est un partenaire encore viable ? Je crois... Est-ce que la Turquie avec ses deux millions de réfugiés ne pointe pas une grosse menace sur l'Europe ? Il le sait pertinemment et vu le courage politique que nos dirigeants ont, on risque de se retrouver un peu dans la panade avec eux ?
Je ne ferai pas l'éloge de la Turquie et de son évolution politique. Il y a des constances historiques dans le comportement de la Turquie. Donc il faut revenir à l'histoire et à la géographie. Ça permet d'éviter les excès. J'ai envie de dire que les Turcs veulent augmenter leur influence, mais nous avons plus intérêt à avoir une Turquie facteur de stabilité que facteur de déstabilisation de toute la Méditerranée. Et donc, il faut, je crois, chercher des solutions d'équilibre avec la Turquie. Qu'est-ce qu'elle veut ? Pourquoi ? Comment ? Quel est notre intérêt commun ? L'Allemagne a une vision de la Turquie qui est différente de la nôtre. Elle cherche le point d'équilibre.
Elle évite l'affrontement. Et donc, c'est peut-être l'intérêt de l'Europe d'avoir, de trouver un terrain d'entente. Il ne s'agit pas d'autre chose. et de faire en sorte que la Turquie soit un allié. Je vous rappelle que nous sommes alliés dans l'OTAN. Donc, c'est donc bien que nous appartenons, nous sommes censés appartenir à la même communauté d'intérêt. Nous ne sommes pas dans l'Europe ensemble, mais nous sommes dans l'OTAN ensemble. Donc, ça a un sens, quand même, de travailler à stabiliser la Méditerranée dans l'intérêt commun des partis.
Quand on voit le radicalisme de certaines communautés sur notre propre territoire, sur notre propre terrain, je prends l'exemple des descentes de Tchétchènes, des descentes de Turcs qui veulent se faire justice ou qui veulent haranguer et faire des démonstrations de force, imaginons-vous toujours président Montebourg. Il fait quoi président Montebourg ?
Vous savez, on a un problème en France, c'est qu'il y a une forme de faiblesse admise de ce qu'est l'État. Parce qu'on l'a démonté l'État. On a supprimé des jobs de policiers, il faut quand même voir ce qu'est la chaîne pénale. Aujourd'hui, la justice, l'État de la justice. En Allemagne ou en Angleterre, qui sont deux pays de taille à peu près comparable, vous avez entre deux et trois fois plus de magistrats qu'en France. Donc on n'a pas embauché de magistrats, on n'en a pas formé. Donc vous avez aujourd'hui une défaillance dans finalement le système juste d'application de la loi et de répression quand il y a des écarts graves et des infractions graves.
Donc vous avez des enquêtes qui durent des années, des taux d'élucidation qui ne sont quand même pas formidables et des échecs dans le maintien de l'ordre. Par ailleurs, pour tous ceux qui, je crois, aujourd'hui utilisent les faiblesses de l'État pour s'y insinuer, pour le terrorisme. Oui, il y en a extrêmement graves. Il va bien falloir que nous appliquions la loi dans toute sa rigueur. Les menaces de mort qui sont des préludes à d'autres choses qui s'est passé pour le professeur Samuel Paty. Les menaces de mort sont punies d'emprisonnement dans la loi. C'est 3 à 5 ans d'emprisonnement.
Où est passé l'appareil judiciaire pour faire procéder 1 aux arrestations, aux condamnations, c'est inadmissible. Donc déjà, appliquons nos lois. Le politique pense que c'est en augmentant le nombre d'infractions pénales qu'on réussit. Mais on ne les applique pas.
On connaît beaucoup le politique qui s'agit tout le temps.
Non mais un fait pas forcément divers, un fait grave, on crée une loi nouvelle et une nouvelle infraction. Nous sommes un pays qui avons, un des pays, je crois, d'Europe qui avons le plus grand nombre d'infractions pénales. Et de numéro vert peut-être. Mais je n'irai pas qu'à ironiser parce que ce sont des faits qui pour moi sont extrêmement graves. Donc quand vous avez un certain nombre de communautés qui ont des buts visant à déstabiliser notre pays et la République en utilisant la terreur, eh bien, la fermeté doit l'emporter. et le ressaisissement de l'appareil d'État doit être sans faille.
D'accord. Donc, on les incarcère dans des taudis où ils se concentrent, où ils se radicalisent encore plus. On fait quoi ?
Écoutez, il n'y a pas de fatalité à ce que la prison soit un lieu d'aggravation. C'est le cas. S'agissant de ce qu'on appelle le droit commun, c'est une réalité. Pour le reste, c'est à la justice pénitentiaire de faire son travail et de surveiller les gens.
Faire son travail, ils n'ont pas un radis, ils ont des locaux tout pourris, etc.
C'est la vérité. Là, je ne peux pas vous donner tort en vous disant que les ressources que nous affectons à ce grand chantier, pour moi, un des grands chantiers, c'est le démantèlement de l'islamisme politique au sens où il prend possession des esprits, cherche à diviser le pays et terrorise, utilise la terreur. Donc, il est évident que, vous savez, il y a des États qui ont failli y passer. Je pense à l'Algérie, par exemple. Dans les années 90 à 2000, vous avez eu une guerre civile et ils se sont attaqués, les islamistes se sont attaqués au cœur de l'État. Et il a failli y passer.
Et il a fallu beaucoup de courage aux Algériens pour supporter cette période très difficile où les gens se faisaient égorger, comme dans la rue, sans qu'on sache. Comme en France. Et j'écoute C'est ce que vous êtes en train de dire. Je ne vous dis pas le contraire. Il y a des gens qui se faisaient égorger en ombre dans la rue. Et Kamel Daoud, cet écrivain algérien, qui a une très belle plume, a dit ce que lui, il pensait, il dit. L'Algérie nous a appris ça. C'est qu'il faut être très ferme et ne jamais négocier et être très ferme. Et c'est comme ça qu'on gagne. C'est ce qu'il faudra faire en France.
La France se projette dans tout un tas de pays. C'est pour apporter les écoles aux petites filles, la démocratie, ou c'est pour des intérêts financiers ? Draper dans l'étendard de la vertu de nous sommes le pays des droits de l'homme, on va vous aider, vous apporter la démocratie, tout un point.
Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Est-ce que la France est responsable par ses attitudes à l'étranger d'une importation du conflit ?
Écoutez, je ne dirais pas ça. Je pense que nous, nous avons une politique étrangère qui doit être revisité. C'est-à-dire qui doit regarder davantage nos intérêts. Pourquoi ? Parce que nous sommes en danger. Nous sommes menacés. D'effondrement économique intérieur. Et nous avons l'obligation, vu la montée des puissances qui n'ont pas que, j'allais dire, que des bons sentiments à notre égard. Ça va nous obliger à nous débarrasser de cette espèce de naïveté internationale que nous avons toujours eue. On défend des valeurs. Je préférerais qu'on défende des intérêts. Et nos intérêts, ils doivent être réfléchis collectivement.
Ça mériterait d'ailleurs un travail de la part d'un gouvernement qui voudrait réviser sa politique étrangère d'en faire, j'allais dire, un forum. Il y a de quoi dire sur un pays comme le nôtre qui est une puissance moyenne mais une puissance qui pèse dans les débats mondiaux qui a une voix qui doit se faire entendre quels sont d'abord nos intérêts. Est-ce qu'on peut revenir à ça, à l'essentiel ? Et donc ça, c'est un travail qu'il faudra faire dans les années à venir parce que le monde a changé. Il est devenu beaucoup plus violent et dangereux. Et donc, il est important de réviser ces positions.
Vous êtes potentiellement ou probablement un présidentiable, peut-être. Vous ne pensez pas que les États-Unis sont déjà en train de vous écouter ?
Alors, nous avons à défendre notre souveraineté dans la mondialisation. Et la mondialisation, elle est sino-américaine. Les GAFA ont été un moyen de capturer les données personnelles et maintenant, vous avez un certain nombre d'entreprises qui se sont insinuées à l'intérieur des systèmes d'information de nos grandes entreprises qui sont des entreprises américaines qui sont entrées comme des chevaux de Troie à l'intérieur des systèmes français. Et nous allons devoir être obligés de mettre des pare-feux, des protections. Et là, ça suppose que là aussi, les autorités publiques décident finalement de sortir de la naïveté. Voilà. Il y a des alertes qui ont été lancées.
Vous n'avez pas répondu à ma question.
Laisse-je bien saisie.
Je vais la répéter. Vous êtes potentiellement un présidentiable ou quelqu'un, un influenceur de la politique intérieure française. Est-ce que vous pensez être écouté par la NSA ?
Ah, à titre personnel ? Bien sûr.
Vos mesures proactives quand vous voulez maintenir votre vie privée par rapport à ça, c'est quoi ?
Je ne dis rien au téléphone et je préfère voir les gens en vis-à-vis. Je me méfie comme naturellement de toute forme d'intrusion qui sont maintenant le low-comma des systèmes de renseignement.
Arnaud Montebourg, président, il donne l'asile politique à Edward Snowden
et Julian Assange. Ah oui, bien sûr. Julian Assange, peut-être pas, mais Edward Snowden...
Pourquoi peut-être pas ?
Parce que Edward Snowden qui a commis dans son pays un crime selon les Etats-Unis, mais qui a révélé et nous a rendu un grand service, il a révélé qu'elle était la nature de notre allié et donc il a rendu un service à la France en faisant ce qu'il a fait. Donc nous lui devons quelque chose, M. Snowden. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de Julian Assange, même si son cas humain mérite compassion, ce qui tient une autre décision. Si on prend une décision de souveraineté, je pense que Edward Snowden doit être accueilli en France.
Je l'ai dit d'ailleurs à l'époque, lorsque j'étais au gouvernement, c'était un point sur lequel, d'ailleurs je l'évoque dans mon livre, c'est une période difficile de nos relations avec l'oncle Sam.
L'oncle Sam. On va parler un peu de Bercy et puis on va on va recreuser le sujet terrorisme après. Bercy, est-ce que ce n'est pas un État dans l'État ? Est-ce que ce n'est pas un mammouth qu'il faut dégraisser ? Est-ce que ce n'est pas une plaie qu'il faut réformer ?
J'ai dit dans une formule un peu ironique que le seul plan social qui me réjouirait soit le plan social au sommet de l'État. Pourquoi ? Parce que vous avez aujourd'hui un certain nombre de hauts dirigeants de la fonction publique qui aujourd'hui ne s'intéressent pas à la société, la méconnaissent, pour ne pas dire la méprisent parfois, considèrent qu'ils gouvernent à la place du politique et qui, enfin, c'est l'administration qui décide des lois, des textes, qui aujourd'hui régimente la société. Et pour moi, c'est là que va devoir s'exercer la nouvelle formule qui, pour moi, est la meilleure, qui vise à organiser ce que les Américains appellent le spoil system.
Quand une nouvelle équipe gouvernementale arrive, tout le monde s'en va. Et donc, on peut les remplacer par d'autres profils. Moi, je suis pour qu'à la tête des administrations, on mette des syndicalistes, des entrepreneurs, des universitaires, des gens qui pensent différemment des patrons d'entreprise et qu'ils prennent en charge le bien public, le bien commun. Et qu'ils le fassent en ayant une expérience de la société, d'où ils viennent. Là où ils étaient. Dans leur entreprise, dans leur ONG, dans leurs travaux de recherche. Et qu'ils apportent ça à l'utilité collective. Donc, ça suppose, non pas une réforme de l'ENA, parce que l'ENA, quand vous... C'est une situation ?
Je ne pense même pas que ce soit le sujet. Quand vous supprimez les études, de toute façon, l'impact, c'est 30 ans plus tard. Parce que les gens qui dirigent l'administration, ils ont fait l'ENA il y a 30 ans. Donc, ça n'a pas de sens. Je pense qu'en fait, tous ceux qui accèdent à de hautes fonctions doivent avoir une connaissance de la société et donc d'avoir une autre histoire personnelle. que d'avoir réussi à 25 ans un concours qui a fait d'eux des gens qui ont acté ou acquis un privilège à vie. Je préfère des gens qui ont connu des accidents dans la vie, se sont reconstitués, ont eu des trajectoires, même accidentées, de parcours, qui ont appris des choses.
Moi, j'apprends tous les jours quand j'ai recommencé ma vie à 50 ans en montant des petites entreprises. J'apprends tous les jours. Je suis retourné à l'école pour me former. Tout le monde rigolait, mais on devrait faire ça à chaque fois qu'on a un accident de parcours ou de vie. On devrait retourner se former. C'est un accident de parcours d'être ministre sous Hollande ? Normalement, non, c'est un accident dans la vie d'exercer des responsabilités de cette nature. Il n'y a pas de plan de carrière. Ça arrive parce que ça arrive. Vous êtes là à un moment, on a besoin de vous, on pense à vous. Très bien, c'est comme ça.
Mais en vérité, dans tous les parcours de vie, il y a des remises en question. Et à 50 ans, on peut bien sûr se reformer. J'ai créé une école dans l'apiculture. Je vois arriver des cadres supérieurs qui ont décidé de changer de vie, de passer à autre chose, de se remettre en question, d'apprendre toute autre chose et de faire cet effort sur eux-mêmes. C'est tout à fait estimable. Et donc, on devrait encourager ce type de parcours dans notre pays plutôt que la célébration permanente du génie du surdiplômé, du génie supposé lié à son surdiplôme. Je préfère l'expérience pour ma part. et l'acquisition par l'expérience.
Hollande, il peut se montrer cruel ?
Que voulez-vous dire par là ?
Est-ce que Hollande a déjà été cruel ?
Comment vous répondre ? C'est un... C'est un... C'est un point personnel. pour moi, c'est un dirigeant politique qui a été cruel avec les Français parce qu'il les a abandonnés.
Il les a abandonnés ou il les a simplement pipotés ? Est-ce que c'était pas une course à l'égo ? Il a fait son petit régime juste avant pour monter sa transmutation de transformeur qu'il était capable de réagir ? Est-ce qu'il nous a pas... Est-ce qu'à chaque fois aux élections présidentielles, on se fait pas pipoter par des mecs qui sont devenus mégalos, qui ont des valises de copains qu'il faut remercier et ainsi de suite parce qu'on est sortis de son diplôme, on est montés dans le parti et on continue, on continue et la fin, l'ultime bosse de fin, c'est d'être le président qui t'a pipoté ?
Si vous voulez, pour moi, je vais vous dire une chose. Pourquoi ce livre, je l'ai appelé l'engagement ? Parce que pour moi, l'engagement, ça veut dire quelque chose. Il y a une part de sincérité, il y a une part de soi allant vers autrui. La politique, c'est la relation à l'altérité. L'autre est différent de soi et donc quand on décide de faire quelque chose de commun, de collectif, on va vers autrui. Donc on prend un engagement. On n'est pas obligé de le prendre d'ailleurs. Parce que Mital avait dit que les engagements des hommes politiques, c'est leur engagement. C'est Hollande qui est monté sur la camionnette à Florange en disant on va nationaliser, ne vous inquiétez pas, on est là.
Moi, j'étais pour. D'ailleurs, on aurait pu le faire, la solution était prête. On avait techniquement réglé le problème, on avait trouvé le financement, on avait trouvé une sorte d'alliage patriotique de toutes les forces politiques qui étaient d'accord. Il n'y avait pas de problème de Le Pen à Mélenchon en passant par la droite et la gauche. Il y avait deux personnes qui étaient contre, c'est Hollande et héros. Ils ont brisé une forme de consensus républicain. Pourquoi ? Je n'ai toujours pas compris pourquoi, j'ai compris qu'ils avaient peur devant la puissance.
Donc c'est pour moi le vrai sujet, c'est quand vous prenez un engagement, il faut se montrer à la hauteur de ce que signifie cette espèce d'échange des consentements au moment où un dirigeant politique parle, la parole porte, les gens écoutent, ils placent eux-mêmes de l'espoir dans cette parole. Le minimum, c'est de la respecter, ne serait-ce que se respecter soi-même parce qu'on l'a dit. Voilà, moi j'ai cette relation-là à l'action publique et si vous n'y arrivez pas à vous le dire, dire j'y arrive pas. Là, les masques, il n'y avait pas de masque, il fallait dire la vérité, il n'y a pas de masque, il n'y a pas de stock, on verra pourquoi, qui a fait des fautes, mais là il n'y en a pas.
Donc, au lieu de dire le masque est inutile, ne le portez pas, ce qui a mis en danger des gens et particulièrement les personnels soignants très exposés qui ont déposé des plaintes à juste titre contre les gouvernants qui ont menti. Mais tout le gouvernement a menti, du Premier ministre, la porte-parole, Madame Diaz, enfin, souvenez-vous. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait comme Churchill face à Dunkerque. Dunkerque, les soldats britanniques étaient coincés sous les bombes des Stuka allemands, de la Wehrmacht qui les bombardait, la Luftwaffe qui les bombardait et ils ne pouvaient pas partir. Qu'est-ce qu'a dit Churchill ? Tous les frêles esquives, les chalutiers, allez les chercher.
Tout le monde est parti. Eh bien là, il n'y avait pas de masque, tout le monde a sa machine à coudre et on y va, on va faire des masques. On n'est pas idiots, non ? On nous prend pour des... Des cons. Des quoi ? Vous avez dit ? Des cons. Ben voilà, moi c'est ça que je n'aime pas. Moi je pense qu'on mérite mieux en France et on a eu des dirigeants qui savaient respecter leurs paroles. On en a eu. Donc on peut en retrouver. Qui ? Il y en a eu, il y en a eu un paquet. Au moins trois. Ben moi je considère qu'on est le général de Gaulle. C'était un dirigeant. On a eu sous la Troisième République des grands dirigeants qui ont respecté leurs paroles. Val des Croussots. Voilà.
D'une certaine manière, François Mitterrand a respecté dans son premier septennat à l'époque. Il avait respecté son engagement. Je ne dis pas que ça a marché. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il a gardé... Il est encore au fond du cœur de beaucoup de gens. Moi je suis né dans sa circonscription. J'ai une relation particulière. Je n'ai jamais rencontré cet homme. J'étais trop jeune. Quand lui est mort, j'étais jeune avocat. Mais j'ai gardé ce lien avec lui parce qu'il a tenté de faire et agi en ce sens. Donc, je ne dis pas qu'il était parfait. Loin de là. Mais pour moi, ça dit quelque chose. Donc d'une certaine manière, l'engagement, c'est ça.
C'est cette relation implicite, invisible, mais sensible entre celui qui s'engage et ceux qui, en retour, s'engagent pour lui. Parce qu'aller un dimanche voter en mettant le nom de quelqu'un sur un bulletin, c'est un engagement. Vous avez fait un effort. Vous l'avez fait. Pour la cité. Vous n'êtes pas obligé. Vous pouvez aller à la pêche ce jour-là, comme on dit généralement ou trivialement. Mais vous le faites. Donc, ça signifie quelque chose. Donc, il y a un retour. Ça, pour moi, c'est sacré dans le contrat de refondation de la démocratie. Mais ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas.
Parce qu'entre le moment où on vote et où on se retrouve cinq ans plus tard, il y a des actes de participation des citoyens. Par exemple, après le mouvement des gilets jaunes... Après, il est toujours... Après le mouvement des gilets jaunes, il y a eu... Le gouvernement a organisé une consultation à travers des cahiers de doléances. Oui, mais moi, j'en ai lu des cahiers de doléances.
Aux archives dans les caves ?
Oui. Je suis allé dans les enfers de la Bibliothèque nationale et j'ai fait ressortir certaines archives de préfectures. C'est tout à fait bouleversant ce que les gens écrivent. Ils sont passés où ces cahiers de doléances ? On les a... Qui les a lus ? Est-ce que le président de la République, les ministres... Ils auraient dû en faire leur... C'est quand même le souverain qui parle. Excusez-moi, je m'emporte un peu. Je suis désolé, je suis passionné. Mais, en même temps, cette relation-là, pour moi, elle ne peut pas être détruite. Si elle est détruite...
On savait tous ce que c'était, l'histoire des cahiers de doléances. On savait que c'était... Je vous dis que, pour moi... C'était brassé de la fumée histoire de dégonfler le bordel.
Oui, mais... Je ne vous dis pas le contraire. Je prends cet exemple parce que, pour moi, cette relation-là de confiance, c'est la seule qui compte pour faire des choses dans un pays comme le nôtre. si on veut reconstruire ce pays, refonder la démocratie, reconstruire l'industrie et l'agriculture et le faire de façon écologique. Puisqu'on a raté le 20e siècle, il va falloir qu'on réussisse le 21e. Bon. Rebâtir tout ça suppose une relation de confiance.
J'avais discuté avec quelqu'un que vous devez connaître, Axel Lemaire, sur la sanction. Et elle m'avait répondu mais la sanction s'effectue dans les urnes. Est-ce qu'il ne faudrait pas un petit peu mettre dans la loi de si tu ne respectes pas ton programme, on te sanctionne ? Alors, soit financièrement, soit la prison.
Alors, moi, je suis favorable à... Retour des vraies traditions françaises ? Non, je suis favorable à la reddition des comptes. Ça a été inventé au 5e siècle avant Jésus-Christ, à l'époque de Périclès, la démocratie athénienne, où le magistrat rendait des comptes sur la place publique. Parfois, ça se terminait très mal. Mais, ça nous a... Finalement, ça a été transmis à travers les âges. C'est ce que les anglo-saxons appellent accountability, c'est-à-dire, vous rendez des comptes, c'est ce pouvoir du Parlement de mise en difficulté du gouvernement qui peuvent être renversés. c'est qu'ils arrivent beaucoup plus souvent dans d'autres démocraties que la nôtre.
Par exemple, en Grande-Bretagne, pays de la comptabilité. Vous voyez, l'Angleterre n'a pas que du mauvais. Elle est parfois aussi... Elle est le berceau de la démocratie qui est beaucoup plus ancienne que chez nous liée à la Révolution française. Et, pour moi, c'est là que nous avons à refonder la démocratie, c'est-à-dire organiser des processus de contrôle. et il faudrait une chambre qui se dédie exclusivement au contrôle du gouvernement. Pas le contrôle des discours. Est-ce que le discours est le même avant-après ? Non, c'est les actes. Et c'est très important d'évaluer, par exemple, la manière dont on prend des décisions.
On change la vie des gens à travers des lois unilatérales, des décrets, des circulaires, des normes en tout genre, mais on ne s'intéresse pas du tout à ce qui se passe dans la réalité. Jamais. C'est pour ça que j'ai parlé de ce permis de conduire. Parce que c'est intéressant quand on vous avait fait la loi de voir ce que ça donne quand vous en êtes vous-même l'objet, pour ne pas dire la victime. C'est intéressant. Le code, c'est le code. Le code, c'est le code. Je ne vous dis pas le contraire. Mais revenons à ce lien.
Donc moi, je suis favorable, par exemple, dans les collectivités locales, dans les gouvernements, je suppose qu'il y ait des révocations possibles, par vote, comme ça existe dans certaines démocraties. Par exemple, je suis pour qu'on rétablisse ce qui existait sous la Troisième République, ce qu'on appelait l'interpellation ministérielle, on passe au vote, un ministre est mis en question, vous n'avez pas fait si, vous n'avez pas fait ça, vous n'avez fait si, ce n'est pas bien, je demande un vote, et si le ministre est censuré, il démissionne. Ça permettrait d'abord, quand il y a des scandales, de ne pas laisser traîner les choses et de se débarrasser des gens indélicats. De Cahuzac ?
Par exemple. Mais dans chaque quinquennat, il y a toujours des événements de cette nature. Il y a toujours des histoires. Franchement, ça permettrait d'avoir un système qui fait le ménage en permanence, vous voyez ? Ce n'est pas inutile, ça.
Je vais vous poser une question qui me vient comme ça. Pour arriver à ce degré de responsabilité, il ne faut pas être un peu cinglé ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? Mégalos, arrivistes, sans foi ni loi, prêts à trahir, prêts à marcher sur la tête des autres, se faire pousser les dents tellement longues que ça traîne par terre, et maintenir un sourire toujours radieux ?
Je vais vous dire mon sentiment. Tout le monde me dit ça. Depuis des années. Moi, je ne crois pas. Je crois qu'avec la croyance du juste, la dose d'humilité nécessaire en disant là, je me suis trompé, reconnaissons-le, c'est nécessaire. Et la passion d'agir, parce que moi, ce qui me plaît dans la politique, c'est comme dans l'entreprenariat, c'est que c'est un projet, en fait. Qu'est-ce qu'on va faire de tout ça ? De ces forces, de tous ces gens qui y croient ? C'est extraordinaire. Ce qu'on pourrait faire avec la politique. On pourrait changer le pays. On pourrait même changer un morceau du monde. Peut-être pas le monde, mais un morceau du monde.
Franchement, il y a tellement de choses à faire. Tout ce qu'on pourrait faire. Et donc ça, c'est un fluide extraordinaire. Moi, ça, ça me passionne. Ça m'a toujours passionné, d'ailleurs. J'ai monté des entreprises pendant des années. La France ne m'a jamais quitté. La preuve, vous voyez, vous me retrouvez comme j'ai été il y a quelques années. Mais avec, évidemment, un changement. c'est que j'ai appris beaucoup de choses dans mon parcours. J'ai appris beaucoup de choses. Et y compris, ça a modéré beaucoup de points et ça a augmenté certains points où je suis plus dur que je ne l'étais avant. Vous voyez ? Et d'autres où je suis plus modéré.
Donc, finalement, on a besoin de réfléchir à ses propres erreurs et de les admettre. Avec ça, la passion, l'humilité et l'engagement. Mais on pourrait faire faire à un pays comme le nôtre des bons extraordinaires. Je crois à ça.
Question Internet. Que pense-t-il du rapprochement de Veolia et Suez ?
Alors, écoutez, pour moi, c'est un scandale. J'ai même fait une chose que je n'ai pas fait souvent. J'ai écrit au Premier ministre pour lui demander d'arrêter le massacre. Écoutez, on a deux champions de l'eau, deux champions mondiaux, Veolia et Suez. On va perdre les deux. C'est ça le tarif de cette opération parrainée par le Président de la République. Suez va être démantelée. Les gens vont être virés. Parce que quand il y a des doublons, vous connaissez, à chaque fois une fusion acquisition, on vire des gens. Et surtout, Veolia ne pourra pas absorber la charge de l'acquisition de Suez. Parce que ça fera trop de dettes. donc on va perdre le deuxième.
Donc, je demande solennellement au gouvernement d'arrêter le massacre. Et cette histoire, nous tiendrons responsables, M. Macron et M. Castex, d'avoir, non seulement laissé faire, ça c'est M. Castex, mais d'avoir organisé en sous-main cette opération pour des raisons qui resteront à élucider.
Alors, une question internet. Alors, que pense M. Montebourg du fonctionnement de la vie politique en France ? Là, on en a parlé un petit peu. Aussi, reconnaît-il les accusations que fait Ruan Branco à son encontre, à savoir une offre de 100 000 euros qui lui aurait été faite pour faire tomber Patrick Drahi ?
Pas du tout.
Que pense-t-il de la proposition de Gaël Giraud sur l'annulation des dettes publiques détenues par la BCE ?
Je l'ai faite mienne dans cet entretien que vous avez bien eu la gentillesse de m'accorder.
Autre question, encore Suez-Veolia qui revient beaucoup. La planche à billets, toujours ?
C'est ce que font malheureusement les États qui n'ont pas d'autre choix. Les États-Unis font ça. Ils ont une économie florissante avant le Covid. C'est comme ça qu'ils sont sortis de la crise de 2008. Nous, on a prolongé la souffrance des peuples européens après la crise de 2008, la grande crise des subprimes. On n'a pas fait tourner suffisamment la planche à billets pour racheter les dettes publiques. Conséquence, on a fait des plans d'austérité en diminuant les salaires inutilement, en faisant respecter des traités carcans qui ont eu pour conséquence d'aggraver la situation plutôt que d'améliorer la conjoncture économique. Donc, on a appauvri les Européens.
Tout ça s'est effondré au moment du Covid puisqu'on s'est aperçu qu'on pouvait faire autrement.
Autre question Internet. Comment lutter contre la législation américaine dont le caractère extraterritorial est de plus en plus marqué ? Facta, embargo, traité en dollars, etc.
Et bien là, c'est un rapport de force que les Européens vont devoir exercer contre les Américains. Donc, la première mesure, c'est le démantèlement immédiat des GAFA. C'est la première mesure de riposte qu'il va falloir prendre. Madame Vestager, qui est la commissaire à la concurrence, a dit qu'elle ne l'excluait pas s'il fallait le faire. Je rappelle d'ailleurs que les Américains eux-mêmes, les fondateurs de certaines de ces entreprises, en appellent au démantèlement car considèrent qu'ils sont devenus dangereux. C'est le cas d'un des fondateurs de Facebook. Je rappelle qu'il y a 50 procédures antitrust auprès des procureurs fédérés des Etats-Unis.
Donc, ce n'est pas un scénario aussi absurde. Je rappelle aussi que nous avons ici, en Europe et en France, les ressources technologiques, scientifiques, financières, pour faire les mêmes. Donc, excusez-moi, personnellement, je suis favorable au démantèlement des GAFA comme mesure de rétorsion de l'extraterritorialité américaine. On pourra en reparler s'ils retirent leurs législations.
Autre question. L'Europe ne semble même pas capable de protéger les siens. Comment pourrait-elle offrir une résistance sérieuse à l'impérium états-unien et chinois ?
C'est tout le problème du projet européen qui n'est pas un projet de protection, c'est un projet d'illusion dans le reste du monde. C'est un projet de mise en concurrence des Européens avec le reste du monde. Donc, ça ne peut pas marcher. C'est une des raisons pour lesquelles un pays fondateur comme la France a une responsabilité particulière pour redéfinir le projet européen. Et ça se passera certainement mal à l'intérieur de l'Union Européenne quand il faudra hausser le ton, exercer le bras de fer, mais il faudra le faire. Et on en passera par là, et peut-être qu'on en passera par un rétrécissement du champ de l'Union Européenne.
Parce qu'à force de s'élargir, je fais partie des 19 députés qui, en 2004, n'ont pas voté l'élargissement de l'Union Européenne. J'en suis très fier. Je me suis abstenu de voter pour, comme mon parti me le demandait. Alors, on parlait du communisme, etc. C'est surtout l'Europe qui passait de 12 à 27 est une Europe paralytique. Vous avez déjà fait des réunions de famille à 27 ? Essayez de voter à l'unanimité, vous allez voir. Et c'est la même famille.
Question, faut-il, pactiser avec les Russes ?
Je pense que notre intérêt étant de nous défier des deux grands empires, il va bien falloir trouver des forces avec lesquelles avancer. À la condition, évidemment, que nos intérêts ne soient pas mis en difficulté. Donc ça, ça fait partie des questions difficiles qu'il faut poser à nos vieux amis russes avec qui nous avons eu une alliance historique importante.
On l'a quand même abordée, mais je la repose quand même. Que pense-t-il de la gestion de la crise sanitaire d'épidémie du Covid-19 ?
Écoutez, je vais prendre un exemple, une comparaison. Les Asiatiques qui ont appris de leurs expériences pandémiques antérieures, par exemple, la Corée du Sud, 50 millions d'habitants, nous en avons 67, c'est un pays à peu près comparable, 475 morts et ils n'ont pas confiné. Taïwan, 21 millions d'habitants, 7 morts et ils n'ont pas confiné. Donc ils ont gardé leur économie et ils n'ont pas eu de morts. Nous, on a confiné deux fois, on a 40 000 morts. L'Allemagne, qui a moins confiné que nous, a des destructions plus faibles sur le plan économique, deux fois moindres, et a quatre fois moins de morts. Donc il faut peut-être qu'on se pose des questions sur la façon dont on est dirigé.
Question Internet. Les menaces de mort sont prises au sérieux. La preuve, on a arrêté quatre enfants de moins de 10 ans la semaine dernière. Il en pense quoi de cette utilisation des moyens policiers ?
Les menaces de mort peuvent être le prélude à des passages à l'acte. Donc elles sont... C'est un délit grave et donc les moyens policiers doivent être employés quand il s'agit d'infractions graves. Et donc moi, je ne suis pas pour la tolérance.
Autre question Internet. 63% des personnes condamnées à une peine de prison ferme sont recondamnées dans les cinq ans. Que faudrait-il faire pour faire baisser ce chiffre ?
Déjà, moins concentrer les condamnés en prison. Donc ça suppose un programme pénitentiaire imaginatif. Ça fait des années qu'on programme des places de prison et on voit bien que les résultats ne sont pas brillants. Néanmoins, vous avez des gens qu'on est obligé d'écarter de la société parce qu'ils sont dangereux. Donc on est obligé d'avoir des peines d'emprisonnement.
C'est quoi la démondialisation ?
C'est le rétrécissement du monde. C'est-à-dire là où la mondialisation a été une création des gouvernements mondiaux et particulièrement européens et particulièrement français qui consistait à abaisser tous les droits de douane pour ne plus protéger les économies. Donc on mettait en concurrence des vieux États industriels comme la France et les États-Unis les pays occidentaux principalement avec des nouvelles économies qui esclavagisaient leurs travailleurs. Donc on savait qui allait l'emporter et on sait ce qui s'est passé.
Donc nous avons perdu beaucoup de nos industries et aujourd'hui tout le monde est en train de prendre conscience que la mondialisation nous a appauvris à augmenter les inégalités est un phénomène de contagion instable saccage la planète puisque finalement on exporte la violation des lois environnementales ce qu'on ne produit pas ici on le produit ailleurs dans des conditions inadmissibles mais on se donne bonne conscience en se disant nous on a des belles lois environnementales mais on importe les produits même chose avec les lois sociales nous on a des lois sociales qui sont généreuses mais on accepte de prendre des produits avec des gens qui sont traités comme des esclaves il y a un moment le sujet pour moi fondamental si on veut être vraiment écologie si on veut défendre notre mode de vie notre modèle social et bien il va falloir mettre un terme à des importations excessives de la part de pays qui aujourd'hui par le dumping en cassant les prix ont réussi à mettre par terre notre industrie et remonter nos industries à l'abri de ces protections comme finalement les japonais ont fait quand ils ont monté leur industrie au début du 20ème siècle fin du 19ème début du 20ème siècle ils ont mis des protections ils ont appris tous les métiers et ils sont devenus la troisième puissance économique si on veut remonter notre économie et la reconstruire il faut se protéger c'est ça la démondialisation
donc du protectionnisme
exactement
qui évoque à notre invité l'expression remettre à plat nos institutions actuelles
la remise à plat est une expression un peu passive je préférerais les rebâtir il y a des choses donc là c'est un peu plus actif
les rebâtir
par exemple réduire les pouvoirs du président changer la représentation des français à l'intérieur des parlements redéfinir les règles de la décentralisation déléguer des pouvoirs aux institutions décentralisées notamment tout ce qui ne fonctionne pas de façon centralisée avoir une nouvelle relation avec l'union européenne notamment sur l'application du droit européen il y a beaucoup de choses à refaire donner le pouvoir de temps en temps à la volonté populaire à travers les référendums d'initiatives populaires ça fait beaucoup de choses à faire
question aussi d'internet monsieur Montebourg bonne récolte de miel cette année
oui ça va ça va on n'a pas beaucoup de miel bio parce que les apiculteurs sont en difficulté vous savez qu'il y a des problèmes quand même de nourriture des animaux des insectes et on a des difficultés pour avoir en France du miel bio voilà il n'y en a pas beaucoup
alors beaucoup de discours serait-il posséde rentrer dans le dur pense-t-il qu'il faut réguler l'immigration quelle est sa position sur ce sujet
alors moi je fais partie de ceux qui pensent qu'une nation a le devoir de contrôler ses frontières et qu'on doit on doit considérer que la question de l'immigration doit être un choix politique donc pour moi prendre le contrôle de l'immigration ça fait partie de ce que je crois nécessaire pour notre pays d'abord parce que nous allons arriver dans une période extrêmement difficile et que ça va être quand même compliqué d'accueillir beaucoup de ceux qui sont des migrants économiques je ne parle pas de ceux qui demandent l'asile politique ça c'est un c'est l'honneur de la France et nous avons des engagements internationaux mais donc nous allons devoir de toute façon regarder les choses en face
vous avez un avis sur BlackRock
premier fond américain qui se comporte comme un fond d'investissement il n'est pas le seul c'est un fond d'investissement américain
là en ce moment on voit notre ministre de la justice Moretti dire que dans les manifs il y a des gens qui ne sont pas journalistes et qu'il faudrait un petit peu les écarter parce qu'ils se lovent un peu trop autour de cette profession en gros tout ce qui n'a pas une carte de presse doit dégager des manifestations qu'est-ce que vous en pensez est-ce que c'est une façon de dire aux médias bon voilà t'as ta carte de presse donc si t'as ta carte de presse que tu respectes tu vas pas trop couvrir ça tu vas pouvoir rentrer dans les institutions pour faire des pseudo interviews avec des questions bien convenues avec un petit peu vous savez certaines présentatrices ou présentateurs avec un petit peu de bave sur le côté des lèvres et l'oeil qui brille quand ils posent des questions c'est quoi ça ?
la liberté d'expression elle appartient à chaque citoyen la liberté de s'informer elle appartient à chaque citoyen elle n'est pas liée à un statut professionnel
Moretti pourquoi il fait ça ?
vous avez le droit de vous informer par vos propres moyens c'est un droit fondamental vous n'avez pas besoin d'un médiateur qui s'appelle un journaliste donc c'est d'ailleurs c'est le sens de votre média je crois jamais mieux servi que par soi-même toujours
toujours quand Moretti fait ça quand on voit la police une loi qui passe pour flouter les policiers on va vraiment douiller quand on voit le pouvoir se réduire comme ça est-ce que vous pouvez dire aux français la hauteur de la dégelée qu'on va se prendre économiquement et essayer de nous donner des exemples parce que là ça me fait penser un petit peu aux histoires de ma grand-mère avec cette drôle de guerre qu'on ne voyait pas et ainsi de suite là est-ce que vous pouvez expliquer aux français la dégelée qu'on va se prendre
écoutez les proportions que nous sommes en train de voir arriver sont des proportions qui relèvent de ce qu'a été la grande crise de 1929 1930 ce sont les mêmes proportions et donc ça veut dire que les dégâts humains vont être considérables l'économie ça se voit pas ça se constate c'est quand c'est trop tard mais on voit pas la dégradation parce que c'est des micro-acteurs économiques par centaines de milliers qui en même temps connaissent des défaillances donc nous allons nous retrouver dans une situation de nouvelle grande dépression avec des dégâts incommensurables et des ruines qu'il va falloir remonter
ça va prendre quelle forme ça va faire plus de gens dans la rue des gens qui dorment dans la rue des gamins qui mangent pas vous avez déjà les femmes qui seront tabassées et tout ça
vous avez déjà les premiers éléments qui apparaissent les associations d'aide alimentaire par exemple Secours Populaire Secours Catholique ATD Carmonde disent qu'il y a une augmentation de 30% des demandes de secours alimentaire et 45% des personnes qui arrivent sont des personnes qu'ils n'ont jamais vues là il y a une association de mamans isolées qui vient en aide aux mères isolées qui élèvent seuls leurs enfants en Ile-de-France ils ont demandé ils ont lancé un appel pour des couches et du lait pour aider dans 53 centres de protection maternelle infantile vous savez c'est ce que les départements ont à l'édition des mamans et bien là vous avez des associations bénévoles qui viennent en aide aux mères et bien là la tension sur le terrain est très forte ce n'est que le début vous avez aujourd'hui des étudiants qui n'arrivent plus à se nourrir vous avez des jeunes actifs qui ont perdu leur travail et qui n'ont aucune perspective et qui n'ont pas les protections d'assurance chômage parce qu'ils n'ont pas assez d'ancienneté pour ça ni d'annuité et donc vous avez aujourd'hui c'est la France des bacs pro des BTS qui prend très très cher vous avez en plus les indépendants qui sont maintenant dans la tourmente à cause des mesures de reconfinement du gouvernement qui ont pris des décisions pour moi arbitraires brutales et désastreuses et donc tout ça cumulé fait que nous sommes dans une cocotte minute qui peut sauter oui qui peut sauter
Mélenchon il en pense quoi Arnaud Montebourg
c'est à dire
est-ce que Mélenchon serait un allié de choix pour diriger la France
écoutez moi j'ai beaucoup de sympathie pour Jean-Luc Mélenchon voilà il n'est pas le seul d'ailleurs moi j'ai des sympathies qui sont assez larges je considère qu'il y a des gens de droite avec qui j'ai des relations parce que ce sont par exemple des sincères patriotes et avec qui j'ai des relations d'amitié donc moi mon sujet c'est pas un tel ou un tel c'est comment on arrive à avoir un spectre si large qu'on puisse avoir des forces qui soient vraiment majoritaires sur un projet de reconstruction du pays voilà moi c'est comme ça que je vois le problème donc j'apporterai ma pierre autant que je peux autant que c'est possible c'est pour ça que je réfléchis à une forme d'engagement comment vais-je faire comment puis-je être utile voilà d'ailleurs ça concerne tout le monde pour ces questions dans la période actuelle
alors il y a un de nos followers qui est arrivé un peu tard mais on va quand même poser sa question pour lui faire plaisir bonjour à tous question pour monsieur Montebourg comment expliquer que la vente de Photonis l'affaire Alstom l'affaire Veolia Suez etc. etc. ne suscite pas l'unanimité contre l'exécutif comment Macron peut-il brandir ses ambitions de reconquête industrielle avec son bilan incompétence ou connivence médiatique
parce que l'heure n'est pas encore arrivée au bilan mais le bilan du président Macron en matière industrielle c'est Alstom Alcatel Technip Lafarge je ne parle pas de la Técoère Photonis tout ça c'est des petites boîtes mais rien que ça et maintenant Suez Veolia c'est un bilan pour moi sur le plan industriel accablant
et sur le reste
ce n'est pas brillant des détails je crois vous en avoir donné quelques illustrations tout au long de cet entretien fort passionnant d'ailleurs
L'écologie ça compte énormément pour vous quand on voit les néonicotinoïdes l'industrie qui pousse pour quand même garder ses désherbants et j'en passe et des meilleurs comment un président de la république peut dire maintenant ça suffit
moi je crois que la question de la nature et de la biodiversité est un sujet qui est central d'ailleurs la pratiquant dans mes entreprises
n'a pas été encore cédée
oui mais ils ont donné l'autorisation je crois de principe à une boîte américaine donc la question écologique elle est fondamentale elle est un surplomb d'ailleurs dans toutes nos têtes où qu'on soit qui qu'on soit quelles que soient nos histoires nos parcours donc la question de la biodiversité et de la préservation des ressources le besoin de réduire nos émissions de carbone même si 30% des émissions de carbone planétaire proviennent de Chine nous c'est plus près de 1% il est évident qu'il va bien falloir qu'on prenne des décisions relatives au déséquilibre économique entre les continents et notamment entre la Chine et l'Europe on voit bien pourquoi
le nucléaire il en fait quoi Arnaud Montebourg ?
moi je le garde parce que le nucléaire c'est ce qui permet à la France d'avoir un très bon bilan carbone par rapport à l'Allemagne par exemple qui a ouvert 23 centrales à charbon quand on ferme une centrale nucléaire on achète on achète de l'énergie fabriquée par des centrales à charbon allemandes quand on est en pointe et qu'on n'arrive plus à subvenir à nos propres besoins donc pour moi il y a une absurdité à se débarrasser du nucléaire alors que c'est l'industrie énergétique qui se développe le plus au monde en ce moment en Chine en Russie partout dans le monde pourquoi ?
parce qu'on ne peut pas lutter contre les deux fronts on ne peut pas décarboner et en même temps se débarrasser du nucléaire pourquoi ?
parce que sinon on réouvrira des centrales à gaz et à charbon voilà c'est ce que fait la Californie la Californie avait beaucoup d'énergie renouvelable c'est très bien nous aussi on en a de plus en plus on est à peu près à 20% mais comme les énergies renouvelables sont intermittentes vous divisez par deux le niveau d'utilisation des équipements le soleil ne luit pas la nuit et le vent ne souffle pas toujours conséquence vous avez eu un blackout en Californie alors que les équipements en énergie renouvelable sont conséquents et donc ils ont décidé de rouvrir des centrales à gaz
je suis persuadé que si on prend tous les politiques européens qu'on les met devant les éoliennes avec le degré de brassage de vent qu'ils font toute la journée on va en avoir des kilowatts là il y a Pierre Larouto qui a fait une grève de la faim pour en tant que rapporteur du budget européen pour dire voilà il faut taxer la spéculation financière Arnaud Montebeau il en pense quoi ?
d'abord qu'un rapporteur
du budget européen soit obligé de faire une grève de la faim pour essayer de faire bouger les choses et ensuite pour les taxes
j'espère que d'abord Pierre Larouto se porte bien que ça va la taxation des mouvements financiers donc des flux est la bonne solution elle a été mise en oeuvre de façon purement homéopathique pour ne pas dire anecdotique c'est le moyen par lequel nous pourrions renflouer nos états ça c'est sûr la taxe carbone aussi la taxe sur les données numériques également donc nous avons mais pour l'instant ce sont des taxes qui pourraient être imposées au plan européen pour alimenter le budget européen qui pourraient ainsi venir au secours des budgets des états membres qui sont sur-endettés donc c'est l'avenir
revenons sur l'immigration qu'est-ce qu'on fait avec les sans-papiers qui nous ont sauvés d'ailleurs pendant le premier confinement la plupart des livreurs la plupart pour certains étaient sans-papiers on fait quoi on les naturalise on fait quoi on les renvoie chez eux quand c'est la guerre ou quand c'est pas la guerre on fait quoi
d'abord tout le monde heureusement n'est pas sans-papiers quand il est étranger en France il y en a ça c'est certain nous avons à traiter la question de l'immigration d'une façon à la fois ferme et humaine c'est tout le paradoxe non mais c'est le paradoxe c'est-à-dire que l'un ne va pas sans l'autre
on laisse les libyens et on laisse la sous-traitance à la méditerranée pour les liquider on fait quoi
non on a besoin de reprendre le contrôle de nos frontières le système Schengen ne fonctionne pas nous ne pouvons pas déléguer à d'autres le soin de maîtriser les entrées sur notre territoire et rien que ce travail-là est fondamental après ceux qui sont arrivés sur notre territoire qui y montrent la volonté d'apprendre notre langue d'y acquérir un travail d'y fonder une famille tout ça est estimable et mérite finalement d'être soutenu c'est ce qu'on appelle les efforts d'intégration et tellement de générations ont fait la France de cette manière donc il faut le saluer aussi ça donc vous voyez c'est ces deux éléments-là donc moi je suis pour qu'on reprenne le contrôle aux frontières et qu'on investisse dans l'intégration
et on reprend le contrôle aux frontières comment ?
ah bah vous pouvez contrôler beaucoup plus ce qui se passe sur les arrivées de territoire il suffit de remettre des contrôles aux frontières il n'y en a plus puisque depuis que l'Union Européenne existe les entrées se font très librement comme vous le savez
revenons sur la Turquie l'Union Européenne donne du pognon à la Turquie pour contenir les migrants c'est quoi ? on délègue parce qu'on ne veut pas voir on délègue parce qu'on n'en veut pas parce qu'on n'est pas capable c'est quoi ça ? on renforce la Turquie grâce à cette arme c'est parce que c'est devenu une arme maintenant pour Erdogan on fait quoi ? je complète la Grèce qui a des camps de réfugiés qui ressemblent à des prisons d'un ciel ouvert où il y a des gamins qui se font violer tabasser où ils n'arrivent pas à bouffer où ils dorment dans des bidonvilles crasseux innommables
enfin on a la même chose porte de la chapelle donc il faut aussi regarder les choses en face donc pour moi la crise de 2015 a été une leçon puisque finalement lorsque les Turcs ont laissé les vagues de migrants qui venaient d'Afrique ou du Moyen-Orient enfin de Syrie fuyant la guerre ou l'Irak sont répandus en Europe vous avez eu à un moment l'incapacité pour les pays européens de prendre en charge tout ça même l'Allemagne qui a été la plus généreuse pour des raisons démographiques parce que l'Allemagne vieillit et cherchait un sursaut démographique et le patronat allemand cherche des bras comme d'habitude il n'y a plus personne il n'y a plus personne en tout cas ils ont du mal à trouver des employés l'industrie allemande surpuissante n'a plus assez de bras et de cerveau et c'est une des raisons pour lesquelles Mme Merkel a fait ce choix qu'elle a payé très durement sur le plan politique de façon ultérieure donc Erdogan en a profité pour passer un accord en disant je suis le verrou ce qu'il fait puisqu'il a 2 à 3 millions même de réfugiés dans les camps en Turquie en attendant que la Syrie se pacifie et se reconstruise je ne parle pas d'Irak d'ailleurs ça fait partie des accords que nous pourrions avoir avec la Turquie que l'Union Européenne pourrait avoir avec la Turquie pour stabiliser cette région reconstruire pacifiquement cette région la stabiliser politiquement et économiquement je ne parle même pas du Liban qui est aussi un point difficile donc toute cette région-là est déstabilisée je ne parle pas de la Libye dans laquelle nous avons une responsabilité puisque nous avons fait sauter finalement la stabilité gouvernementale de ce territoire qui est entré en guerre civile et qui est le lieu de tous les passages et de la remontée vers le nord puisque l'Algérie et le Maroc sont des territoires coopératifs ce n'est pas le cas de la Libye puisqu'il n'y a plus de gouvernement donc nous sommes maintenant dans une situation nous avons deux zones Afrique et Ouest-Est de la Méditerranée où l'un ne tient que par les efforts que la Turquie peut faire et l'autre par les solutions de paix bien hypothétiques que nous pourrons obtenir en Libye mais néanmoins nous avons besoin de travailler avec ces pays-là c'est une des raisons pour lesquelles nous avons besoin de trouver les éléments d'équilibre avec la Turquie
Pour la Chine arrive à signer le plus grand accord commercial dans la région avec le collier de perles de pays qui se baladent autour ça vous fait pas peur de voir l'Europe perdre sa vitesse perdre sa capacité à dialoguer avec les autres pays et être devenu complètement un territoire has-been
Non l'Europe n'est pas un territoire has-been c'est encore je crois l'une des premières puissances économiques au monde quand on additionne ces forces c'est donc que l'addition se fait mal puisque séparément nous n'y arrivons pas et collectivement nous sommes faibles donc rien n'est perdu il faut je crois retrouver de la force en organisant différemment le projet européen en le rétrécissant d'ailleurs il est intrusif dans la vie des nations et il est incapable dans l'ordre international de nous protéger donc ça c'est je crois la nouvelle frontière européenne dont il va falloir débattre avec les 5-6 pays qui comptent en Europe voilà l'Allemagne l'Italie l'Espagne la Belgique Benelux et tous les pays qui veulent refonder l'Union Européenne sur une base assez simple et assez claire
Benelux il va refonder l'Europe
la Belgique ah pardon la Belgique
question internet la Russie va peut-être lancer son rouble numérique quelle est la position
elle va peut-être j'ai pas compris
la Russie va peut-être lancer son rouble numérique quelle est la position de de Montebourg par rapport à ça
avec la Russie c'est ce qu'elle veut
est-ce que nous il faut qu'on fasse un euro numérique
ou un franc numérique si c'est un bitcoin je le je le déconseillerais
pourquoi ?
parce que ce sont des
parce que vous en avez pas c'est ça ?
non ce sont des monnaies purement spéculatives et donc dangereuses la monnaie la monnaie traduit la réalité de la confiance de l'économie et donc elle est l'instrument de mesure de la confiance
que pensez-vous de la légalisation du cannabis ?
j'y suis personnellement opposé pour des raisons de santé publique si on me dit que c'est bon pour la santé mais je crois pas que ça se soit je sais que beaucoup de pays légalisent mais les résultats qui ont été observés c'est une explosion de la consommation par exemple au Canada l'explosion de la consommation donc si on veut dire à la jeunesse allez-y prenez du cannabis et puis on verra ce qu'il reste de votre cerveau après je suis pas sûr que ce soit un bon conseil à donner aux jeunes générations donc j'y suis opposé mais je l'ai toujours été d'ailleurs je n'ai jamais réussi à rencontrer Dieu sait si beaucoup ont essayé de m'en convaincre de personnes qui ont réussi à ébranler cette conviction j'attends qu'on me le démontre si c'est bon pour la santé d'accord mais c'est pas bon pour la santé donc si c'est pas bon pour la santé pourquoi voulez-vous qu'on pénalise ?
comme le tabac ? bah oui le tabac on fait tout le tabac et l'alcool on fait tout pour réduire la consommation et là on va déclarer open bar
pour le cannabis c'est absurde on est le pays où on consomme le plus de cannabis c'est quoi ? on détourne la tête on fait une politique de la guerre contre la drogue qui ne fonctionne pas
mais il n'y a pas mais il n'y a pas mais il n'y a pas de guerre contre la drogue tout le monde écoutez elle est où la guerre contre la drogue il n'y en a pas moi j'ai vu des femmes dans une commune à Beson des mamans qui montaient la garde en bas des immeubles parce que là ils ne s'attaquent pas aux femmes les caillis de la drogue pour protéger leurs enfants parce que l'état n'était pas là
et si l'état prend la main là-dessus ah bah il faudra le faire
vous voyez les chantiers de rattrapage qu'il va falloir accomplir mais il faudra le faire ok moi je ne suis pas favorable à ce qu'on ferme les yeux et qu'on détourne la tête
voilà c'est tout trois livres à conseiller à notre communauté
Régis Debray d'un siècle l'autre Hubert Védrine Sauver l'Europe et Patrick Artus en finir avec l'austérité salariale
vous avez lu les trois
pas le premier je suis en train de le lire
Question internet avant de passer à la dernière question qui n'est pas une question Monsieur Montebourg inscrire Dieu dans la constitution n'est-il pas une façon d'agir contre le fanatisme
dans le pays de la Saint-Barthélemy je déconseillerais ce genre d'initiative
est-ce que vous avez un conseil pour les jeunes générations
lisez réfléchissez et agissez engagez-vous on a besoin de vous
Arnaud Montebourg merci
merci merci
merci merci
Arnaud Montebourg